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Full text of "Nouveau Testament : c'est a dire, la Nouvelle Alliance de nostre Seigneur Iesus Christ"

w 



• ^M 






£Xï* 




FROM THE LIBRARY OF 

REV. LOUIS FITZGERALD BENSON, D. D. 

BEQUEATHED BY HIM TO 

THE LIBRARY OF 

PRINCETON THEOLOGICAL SEMINARY 



Z5/73 





/ ^- 



Digitized by the Internet Archive 
in 2013 



http://archive,org/details/nouvmentOOster 



■■' 



jfâ&trt'^Y*/ 









. 1 




x^ 










LE 



■777 



B-crv v nv 



TE ST AM E NT 



C'EST A DIRE, 






LA N OV V ELLE A L 



lî ânce de nofîre Seigneur 
lejus Clmft. 







XTTA ROCHELLE, 



Par Hierofme Haultin. 



lut accompli en icelui :au lieu que les autres Euangelifles ont plus- m 
particulier rmêt pourfuiui les cir confiances de fhifioire de la con- 
nerjation de nojtre Sauueur en ce monde. S.Luc ejlant remotè iuf- 
ques à la naijjance de Jean Baptijte,& S. Matthieu tr autant dès 
l'entrée touchant le principal poinùl de la naijjance & incarnation 
! du Méfias. Quant à S. Marc y combien qu'il pourr oit fembler qu'il 
n'ait eferit que corne vn abbregé de ce qui ejiplus amplemet trait té 
en S.MatthieuJàty a,qu'cn vne telle ùriefueté, en laquelle il ton- 
ferme la mejme veritè^auecS Matthieujly ade tels ejc/arcîjjemc-s, 
&fîàpropos,qu'ô nejauroit ajje%recognoi\ire la prouidence du S. 
Bfprir , laquelle reluit fi clairemet en ces quatre Tiocleurs de l'£- 
glije Chrejtïêne,que nous y trouueros amplemet vérifié le propos te- 
nu par S.Tierreytàt enjon no que des autres ^pojlres^eigneurjà 
qui nous en irons-nous? tu as les paroles de vie éternelle^ nous a* 
nos creu 3 &auons cognu que tu es le Chrift,le Fils du Dieu viuant. 

L £ S 7^0 M S r D E S LIBRES T> V 

nouueau Tefiament, & nombre des chapitres. 

L'Euangile fclon S. Matthieu, contient Chap. 28 

L'Euangile félon S.Marcchap. 16 

L'Euangile fclon S.Luc,chap. 24 

L'f.uangile félon b. Iean, chap: 21 

A<5tes,ou faits des Apoftres, fécond liure de S.Luc, chap» 28 
LES E P I S T R E S* 

Sainâ: Paul aux Romains, Chapitres 

Lai. aux Corinthiens, chap. 

La I l.aux Corinthiens,chap. 

Aux Galatiens, chap. 

Aux Ep!iefiens,chap. 

Aux Phihppiens, chap. 

Aux Colofliens, chap. 

La l.aux ThefTaloniciens,chap. 

La 1 1. aux Theflaloniciens, chap- 

La l.à Timothee, chap. 

La 1 1. à Timothee , chap. 

A Tite, chap. 

APhilemon , chap. 

L'Apoftre aux Hefericux, chap. % 

L'Epiftre S. laques, chap. 

La I. Epiftre S.I'ierre,chap. 

La I l.hpiftre S. Pierre,chap.« 

La I.Epillre S. Ican, chap. 

La I I. Epiftre S.Iean, chap.' 

La 1 1 1 Epiftre S. Iean, chap. 

L'Epiftre S.Iude, chap. 

Heuelation, ou Apocsliypfe S.Iean, chap. 





LE NO VVE AV 



Teitamcnt. 



LE SAINCT EVANGI- 



LE DE NOS T RE SEIGNEVR 

Icfus Chrift félon fainét 
Matthieu. 



C H A P. I. 



Généalogie 18 & natjfancede le fus Chrisf. 19 Aduertiffe- 
ment de l'Ange concernant la vérité dufecret de l'incarna- 
tion du Fils de Dieu y 22 conforme à la prophétie d'E- 
faie. 



1 v n e * a de la génération de Ie- 
>s Chrift, b fils de Dauid,fils 

ctAbraham. 

2 '•' Abraham engendra Ifaac. 
* Et Ifaac engendra lacob. Et 
t Iacbb engendra Iuda &fes frè- 
res. 

3 Et " Iuda engendra Pharez& 
Zara de Thamar. Et Pharez en- 
gendra Efrom. Et Efrom engendra Aram. 

4 Et Aram engédra Aminadab.Et Aminadab engen- 
dra Naaflbn. EtNaafon engendra Salmon. 

5 Et Salmon entendra Booz de Rachab. Et* Booz 
engendra Obed 3e Ruth. Et Obed engendra Tefte. 

6 Et •' Iefïe engendra le roy Dauid.Et * le roy DauicJ 




* c. dénom- 
brement, 
ou, rolle de 
ceuxdcf uelî 
cftiHn Tcftis 
Chrift félon 
la chair, voy- 
ez Gen. 5.1. 
G en. 21. 



Ruth. 4. iS. v 1. Sam. 16. i.Sc 17. 1.1. cron. 2. 



* Gen.if. 

•îr Gen.yç, 

1 Gen.lS. 
ij.i.cron.2, 

b c. ifTu de L 
raie deDa 
( uid & d Abra ■ 
Ij. 4- 1. Sam. 12. fcf. 






î.Roh ii 
45'.i cron.x. 

io. & fui- 

uans. 

'•' 2. Roi' 20 

ai.e-zi.i8 
* 2.Ra:s 23 
34.1. cro.$6. 
4. 

■î , 2.R<j;5 24, 
é. i.cron. 3. 
17.18. 

cro;/. 3.17. 
&fu:uans. 
Touchant 
la diuerfité 
de ce recita- 
uec celui de 

S- LUC J.2J 

&fuiuans, fi 
peut noter 
en premier 
lieu, que S. 
Matthieu 
femble auoir 
fuiui le denô- 
brement de 
la fuccefsion 
légale , la- 
quelle tou- 
tes fois auroit 
tfte entrero- 
pue en Ie- 
chonias : du 
quel n'y aval 
eu pofterité : 
Z-orob^bellui 
eft attribué 
pour fiiccef- 
ëurlegltime, 
cftnt toutes- 



fcVANGIIE 



engendra * Salomon , de celle qui auoit efté femme ' 
d'Vrie. 

7 Et * Salomon engendra Roboam. Et Roboam en- 
gendra Abia. Et Abja engendra Afa. 

8 Et Afa engendra Iofaphat. Et Iofaphat engendra 
Ioram. Et Ioram engendra Hozias. 

9 Et Kozias engendra loatham. Et " Ioatham engen- 
dra Achaz. Et Achaz engendra Ezechias. 

10 Et * Ezechias engendra Manafle. Et Manaffé en- 
gendra Amon. Et Amon engendra Iofias. 

11 b Et * Iofias engendra Iakim. Et Iakim engendra 
Iechonias & fes frères , c fur le temps qu'ils furent 
transportés en Babylone. 

1 Etapres qu'ils eurent efté tranfportés en Babylo- 
ne, Iechonias engendra Salathiel. Et " S alathiel en- 
gendra Zorobabel. 

13 Et Zorobabel engendra Abiud. Et Abiud engen- 
dra Eliakim. Et Eliakim engendra Azor. 

14 Et Azor engendra Sadoc. Et Sadoc engendra 
Achim. Et AchimengendraEliud. 

15 EtEliud engendra Eleazar. Et Eleazar engendra 
Matthan. Et Matthan engendra Iacob. 

16 Et Iacob engendra Iofeph, le mari de Marie : de 
laquelle eft né Iefus, qui eft dit Chrift. 

1 7 Par ainfi toutes les générations depuis Abraham 
iufc<ues à Dauid., font d quatorze générations. Et de- 
puis Dauidiufques au temps qu'ils furent tranfportés 

n Babylone, quatorze générations. Et depuis qu'ils 
eurent efté trâfportés en Babylone iufques au Cnrift, 
quatorze générations. 

fois en ligne 

co'latcralle , defeendude Nathan frère de Salomon : voyez 1. Cro. ;. 16. & fiuuans : 
III lieu que S. Lucaprins la ligne naturelle dés icelui Nathan mefmes. Item ce qu'il 
/ a quelques omifsions en ce fécond récit des quatorze defeendans de Dauid, c'a efté 
jour retenir le nombre efgal en chaque quatorzaine. Item quant à ce que TEfcriture ne 
romprend ailleurs les noms des defeendans depuis Zorobabel iufques à Iefus Chrift, ne 
aut douter que la vérité n ait toufiours efté foigneufement teferuce entre les Saçrifica- 
eurs-nommement ,touchanjt les vrais defeendans de Dauid, comme en iceux gifant le 
hrefor cachcdelarefiburce cvefperaiîcederEglife.Itemquanràccque ces rolles fe rap- 
>orfert à [ofeph & non à Marie, c'eft d'autant que les Hebrieux comprenenr ordinairemét 
es femmes fous la famille des chefs d'icelles , nommément quand il n'y a doute que les 
èmmes ne foyent de la parenté des maris -.comme ileftoittout notoire d'entre Marie & 
ofeph. h ou, Et Iofias engedra [cchonias & les frères cfîcéfiiï. c Gr- fur le traniport de 
[eBabylon. d Cefte diftinclion en ces trois quatorzair.es femble remarquer les trois di- 
; ers changemens aduenns en l'eftat de l'Eglife^pour y lecognoiftre tant mieux la fermeté 
< e la condiiitedu Seigneur. 1 . 



SELON 8. MATTHTEV. 



* Luc 1.17 
35- 

a. affau. du- 
rant les fian- 
çailles, & le 
mariage non 
encore ac- 
compli. 
L II eft nom- 
mé mari , fé- 
lon l'vfâge 
de la Loy : 
entant que la 
promette de 
mariage oblt 
geoit les par- 
ties , & les 



.iS Or la naiffance de Iefus Chrift a eité telle : * corn 
'me Marie fa mère euiteité fiancée àIofeph,deuant 
qu'ils fuiTent enfemble, elle fut trouuee enceinte, 
tf/J^wo/VduS.Efprit. 

\9 Adonc Iofeph b fon man,d'autant qu'il eftoit c iu 
fte,8cne la vouloit point diffamer,la voulut d fecrette 
ment delaifTer. 

10 Mais comme il penfoit à ces chofes, voici, l'An 
gedu Seigneur s'apparut à lui par fonge,difant, Io 
feph fils de Dauid, e ne crain point de receuoir Marie 
pour ta femme: car ce qui ell 'engendré en elle, eft du 
fainctEfprit. 

21 Et elle enfantera vn fils , &*' appeleras fon nord J^ 1 ^ d d e c 
Iefus : car * il fauuera fon peuple de leurs péchés. 

22 Or tout ceci a efté fait, ann que fuit accompli ce 
dont le Seigneur auoit parlé par le Prophète, difant, 

23 * Voici , la vierge fera enceinte , & enfantera vn 
fils: & appeleront fon nom Emmanuel, qui vaut autât 
à dire que ,coiev-ave c-n o v s. 

24 Iofeph donc efueilléde fon dormir , fit ainfï que 
l'Ange du Seigneur lui auoit commandé, & h receut 
fa femme. 

2{ Et ne la cognut point» pendant le temps qu'elle 
deuoit enfâter fon premier- né,& k appelafon nôlefus. 

C H A p. 11. 

Iefus Chrift nouucUement né , eft adoré des Sages , adreffêi 
d'Orient en Bethlehem , ayanspaffè par ferufalem. 13 
puis pour euiter la fureur etHerode , 1 6 laquelle tombe 
fur les petis enfans de Betblehem s &d 'alentour ' P eft par l'ad- 
uertiffement de l'Ange tr an fportê en Egypte, 19 & delà 
rendu en T^a^arcth. 

* /"AR* Iefus eltantnéen Beth-lehem -ville de Tu 
vJ dee, au temps du rov Herode,voici arriuer des 

1 Sages en Ierufalem d'Orient,- 

D * tois de parti- 

ciper à quel- 
Îue faute. / ou , conceu: aifa. d'autant que des le premier inftant de la conception, 
efus Chïiftacftc parfaitement vrai Dieu & vrai homme, g c'eft le vrai titre du Fils de 
Dieu manifefté en chair, & vni àfonEglifê. h afla. pour faire mefnagc& demeurer en 
femble fous le nom & réputation de mariage, i ceci eft dit -.xclufiucmenr pourlepaffé 
8: non pour y comprendre Iad.ienir. k afla. quand il rut circoncis» Luc 2.21. 

•«• Luc 2.4. & fuiuans. / Le mot grec feprenoit pour lors félon l'vfage des temps & 
des lieu--', pour déclarer certains perfennages de profonde feience, nommément touchant 
les chofes celeftcs, ou autrement plus cachées & fecrettes en nature, à caule de quoi aufiï 

IUs cftoyent en grande authoritc vers les rois en Orient. 
A 4 



mari & fem 
me, encores 
que le maria 
ge ne fuft ac- 
compli. 
'•• Le I. 2,1 
* A^.4. 1 1, 
#£{a.j. 14, 
c c.quilcrai- 
gnoit ou de 
participer à 
qiulque fau- 
te, ou de mal 
iuger d'vnefï 
faincte per- 
fonne. 

d aff. fans lui 
en bailler dé- 
claration ex- 
près e félon 
l'vfage de la 
Loy: Deut. 
24. i.ou,fan 
Pexpofer à 
aucun dâger. 
e c. n'en fai 
point dedif- 
ficulté , com- 
me fi tu dou- 



— — ,,. 



g '"[•■' EVAHGÎIE 

» oui ©a eftji Difans/ Où eft le roy des ïuîïsquï efFné? Car nous 

celui qui «aurons veu b fort elioileen Orient, &fommes venus 

lie !\oy des ;. i 

Iuiftf , |I adorer. 

\ q n Ui f " r - v "r i 3 Le ro ^ Herode ayant entendu ces ob/èj fut troublé, 

dnïrc l qu°i1& toute Ierufalem auec lui. 

«leur à DieuL Et ay at affemblé tous les principauxSacrificateurs 

marquèrîo^l^ les Scribes du peuple , il s'informa d'eux, où le 

pourertrcparj c Chrilldeuoit naiftre. 

rirS°à e 4w"p Lefquels lui dirent, en Beth-Iehem™7k deludee: 

défi loin rV- car il eftainfieferit par le Prophète, 

iSlm \ 6 * d EttoiBeth-ichemterredeIuda, e tu n'es pas la 

lie l 'v'ftoit plus petite entre les gouuerneurs de Iuda , car de toi 

?°}™ eatie f fortira le conducteur quipaiftr-amonpeupled'Ifrael. 

mes. 

* Mtch.$.z. 
Jean j. il. 
c comme ne 
pouuât i^no- 
ftr en tout & 
par tout que 
ce peuple ne 
s ; atrendiità 
la naifïance 
dVnSauucur. 
«i II y a mot 
à mot au tex- 
te hebrieu, 
Tu es la plus 
petite : ou tu 
.«s petite : 
mais lefensy 
fc'uient tant 
mieux: que 
toute petite 
qu'elle affait, 
t-çutes-fois 
cil- ieroit 



7 Àdonc Herode ayant appelé enfecret les Sages, 
s'enquit d'eux foigneufement du temps que l'eitoile 
leur eiloit apparue. 

3 Et les enuoyant en Beth-lehem, leur dit , Allez , & 
vous enqueftez foigneufement touchant le petit en 
fant:&quàd vous l'aurez trouué,faites-le moi fauoir, 
afin que i'y aille aufsi,& que ie l'adore. 
9 Eux donc ayans oui le roy-, s'en allèrent : & voici 
l'eitoile qu'ils auoyent veuë en Orient, f alloit deuant 
eux,iurqaes à tant qu'elle arriua,6t s'arreftafurlelieu 
où eftoit le petit enfant. 

ie Et quand ils virent l'eitoile, ils s'cfîouïrent d'vne 
fort grand' ioye. 

1 1 Et eftans entrés en la maifon,ils frouuerent le pe 
tit enfant auec Marie fa mère : lequel ils adorèrent en 
fe iettant en terre,&" après auoir defployé leurs s thre 
fors, lui prefenterent des dons, c'efi ajjauoir de l'or, de 
l'encens,& de la myrrhe. 

i z Et eftans aduertis diuinement par fonge,de ne re- 
tourner vers Herode, ils fe fetirerét par vn autre che 
min en leur contrée* 

1 3 Or après qu'ils fe furent retirés, voici, l'Ange du 
Seigneur apparoift par fonge à Iofeph, difant, Leue- 
toi,&pren le petit enfant & fa mère, & t'en fui en 
Egypte, & te tien là iufques à tant que ie le te die 



fou Ukraine 

met agrandie 

à loccafiô de 

la naifsace du 

vrai Fils de 

Bauid le <àu- 

lierr de 1E- 

gltTe. 

t ou , tu n'çs 

mnleniétA'c. 

f s citât îceî- 

le difparue 

fin; leur arri- 

uee en Icrufa em, pour leur donner occafion dç publier îa canfc de leur venue, g c. les 

choies les plus precieufes qu'ils auoyent apportées de leur pais pour lui faire honneurs 

•nais non pas pour imaginer qu il y en euft quelque grande quantité, 



1. 



SELON S. M A T T flIEV, 



±=z 



* Ojeëi'i.j. 

Oîi V( US (IHt^ 



cit vota auer\ 

mterpretaJ, 

non de cet] 

j ie. | 
*> ilacftcap-j 
pelé le NjzaJ 

ôtre du 



car Herode c erehera le petit enfant pour le mettre 

mort. 

i 4 Io(ephdonceftantefueilléprintdenui<5t le petrt^S? 

entabt & C% mere,& le retira en Egypte. 

1 s Ijt le tint là iulques au trefpas d'Herode : afin que 

tulhucompli ce dont le Seigneur auoit parlé par lq °f 

Prophète, difrit,* fay appelé mo Fils hors d'Egypte, ~. 

16 Lors Herode le voyant mocqué des Sages , fui 
fort courroucé ; & ayant cnuoyéjcsgcns , mit à mort 
tous les entans qui eitoyenten Beth-lehem,&en tou- 
tes les marches d'iceile, depuis ceux de deux ans & nenfuVkS 
au deifous,iéîon le temps dont il s'eitoit exactement ^JjJ^jH 
enquis des Sages. -■• :1 — ' 

1 7 Adonc lut accompli ce dont auoit parlé Ieremie 
le Prophere,difant, 

18 Vncri aeitéouïenRama,compIainte,pIeur & 
grand bravement : Rachel pleurant Tes enf ans , & n'a 
voulu eitre confolee,de ce qu'ils ne {ont plus. 

19 Mais après qirHerode fut mort, voici, l'Ange du 
Seigneur apparoj.it en Egypte à Iofeph,par fonge, 
jo "Difant,Leue-toi , & pren le petit enfant & fa mè- 
re, & t'en va au pais d Ifrael: car ceux qui deman- 
doyent a l'ame du petit enfant font morts. 
21 lofer- h ao. icelueilléprint le petit enfant & fa me- 
re,&rs'en vmtaupaïsd'Ifrael : 
21 Mais quand il entendit qu'Archelaus regnoit en 
ludee au lieu d'Herode Ion père, il craignit de s'en 
aller là :parquoi eltant admonneilé diuinement par 
fonge,il fe retira es quartiers de Galilée. 
23 F.ty efrant venu, habita en la ville, qui eft appelée 
Nazarethrafinque ce qui auoit eité dit par les Pro- 
phètes tuft accompli , afjauoir , * il fera appelé b Naza- 
rien. 



C h a p. 1 1 r. 



Miniflere de Jean , & efficace d'hclni. 1 1 (Imfl annoncé 
par Jean. 13 c> recognu de fait , e(la?it baptisé. 16 
Tefmoignage rendu du delà Je fus Chrijt. 

J* /^V R c encetemps-B vintTean d Baptifte, pre£ pu^Lpic- 
KJ chant au defert de ludee. met ieâ m 5 



où il auoit cm 
ftc nourri en] 
/on premier] 
aage:ce nom 
fie Ka/aricii 
comprenant 
vnc iân<5tifi- 
cation fpe- 
ciale, dont il! 
femblequcla! 
figure euft 
précède en 
Samfon. 

c non pour 
joindre ce 
propos au 
précèdent 
cjitanc au 
temps , mais 
peur donner 
entrée à 1 00 
cafion delà 
pleine mant- 
teitarion du 
Seigneur 
par le minîr 
fteredelean. 
* Marc 1.4. 
lut Î-J. 
(/comme qui 
dit oit le Ba- 
ptizeuncom- 
p'renant /à 
charge &fbn 
minilierc 
Tous ce titre : 
fui 11 art ce 



10 



Evangile 



2 Et difant , a Amendez-vous : car le royaume h des 
cieuxeit prochain. 

3 Car c'eit ceitui-ci duquel il a eité parlé par Efaie le 
Prophete^difant/ La voix de celui qui crie au c defert 
eft 3 d Accouftrez le chemin du Seigneur , dreffez fes 
fentiers. 

4 v OrceIeaniciauoit Ton vertement c de poils de 
chameau, & vne ceinture de cuir à l'entourdefes 
reins,& f fon manger eitoit des § fauterelles& du miel 
fauuage 

? Adonc fortoyent pour venir vers lui ceux de Ieru- 
falem,& de toute la Iudee,& de la contrée qui eitoit à 
l'enuiron du Iordain. 

6 * Et eftoyent baptizés par lui au Iordain, côfeflans 
leurs péchés. 

7 * Lui donc voyant plufieurs des h Pharifiens & 
Sadauciens venir à fon baptefme,leur dit , H Engean- 
ces de viperes,qui vous a auifés de fuir l'ire à venir? 

8 Faites donc fruicts j conuenables à repentance. 

9 Et k ne prefumez point de dire en vous-mefmes, 
* Nous auons pour père Abraham: car ie vous di que 
Dieu peut de ces pierres-ici faire fourdre des enfans 
à Abraham. 

io Or eftiamefmela coignee mife à la racine des 
arbres,parquoi * tout arbre qui ne fait bon fruidt s'en 
va eifre coupé 3 & ietté au feu 
n l Vrai eft quant à moi que ie vous baptize d'eau 
en repentancermais * celui qui viét après moi eft plus 
fort que moi,duquel ie ne fuis pas digne de porter les 
fouliersàceluivousbaptizeradufain&Efprit, & de 
feu 

fert ne fe 

prend pas toijfiours fi eftroitement , voyez Luc !._?.?.& 8o. d c.oftez tout ce qui pour 
roitempeilhér de voftre part que fa venue nevous ioiràfalut,affa.en vous retirant de vo- 
ftre mauuais train,* comme redrefiant vos cœurs par repenrance. e voyez2.Rois I.8.& 
Zach. 1 j .4. f c.quil fe nourrifToic de ce que le lieu où il habitoit ponuoit porter : qui de 
noir eftre vne nourriture fi fimple,qu on n'euft feu dire dequoi il viuoit:fous 1 r-i 8- g c'e 
ftoit vne efpece de reptiles dont il eft parlé Leuit. 11.22. h qui eftoyet ceux qui tenoyét 
les premiers rangs au gouuernement de l'Eglife pour lors :& aufqucls nulneuftole dire 
leurs vérités. ; c.correfpondanspar voftreconuerfationàcefentirnent que vous mon 
ftrez auoii conceu duiugementde Dieu;monftrez par effe<ft voftre amendement, k c.ne 
vous fiçz pas en ce que vous eftes defeendus d Abraham félon la chair. / c'eft pour met- 
tre différence entre la marque extérieure appliquée par le miniftere, & la pleine effica- 
ce du baptefae fpiritucl, laquelle il falloit attendre dVn feul Chrift. voyez x.Picrrf 



c Le mot fi- 
gnifie pro- 
' premér, l J re 
dre nouuel 
aduis, en a- 
rnendant fâ 
mauuaife vii- 

* Efa.^v. 2 
marc r.j. 

1.25. 

v lWxrci.6. 
b c. Taccom- 

Etiffemét de 
deliurance 
de l'Eçliie 
par le Sau 
ueur,quis'en 
va eftre ma- 
nifefté. 

* Marc 15 
^Luc^.j. 
8 Sous 233$ 

* Iei 8. 3 9 
ftSous 7.10 
itan 1 j.e>. 
*MarcT. 7 
luc-i.x6.iea. 
1.16. tcl.i. 
5.&11.16 
&19.4. 

.* c'eftoit vn 
pais de mon 
ragnes au 
■ royaume de 
îuda , moins 
fréquenté, & 
comme non 
habité: com- 
bien que ce 
mot de de- 



I! 



ST.T.OM ». MATTHIEV. 



II 



xi »Il a b fa pale en fa main, & nettoyerafon aire 
« toute nctte 3 & atfemblera ion froment : mais il bruf- 
lera entièrement la paille au feu qui ne s'eiteind 
point. 

13 * Adonc Iefus vint de Galilée au Iordain vers 
Iean,pour eitre baptizé par lui. 

14 Mais lean Yen engardoir fort,difant, Moi , i'ai be- 
foin d'eltre d baptizé par toi.& tu viens vers moi? 

1 5 Et Iefus refpondant lui dit,Laifle faire pour main- 
tenante arainfï nous elt-il conuenable d'accomplir 
c toute iullice.Lors f il le laifïa/a/Ve. 

16 Et quand Iefus fut baptizé, incontinent il fortit 
hors de, l'eau :& voici les g cieux lui furent ouuerts, 
'•'6c i 7V.:/.'vidFefpritdeDieu defcendant comme vne 
b colombe,& venant fur lui. 

17 Voici aufsi vne voix du ciel, difant,Ceftui-ci esl 
* mon Fils bien-aimé, 'en qui i'ai prins mon bon 
plaifîr. 

C H a p. n 11. 

Je fus après le iufne de qu.rr.tv te io;rrs 3 expofé à dîner fe s ten- 
î.iiionsydord il obtient la vicfoire y 1 1 commence à pref* 
t\r le royaume de Dieu, nommément fur l'emprifonne- 
tnent de Jean, 1 8 appelé à foi Simon & André, puis Ja- 
ques & Jcan y 2 3 & desjloyefa vertu par toutes fortes 
deguerifons & deliurances qu'il donne. 

1* A Lors Iefus fut emmené k par l'Efprit au defert, 
A 1 pour eitre tenté par le diable. 

z Etquandileutiufné quarante iours 8c quarante 

nuicts,rinalement il eut faim. 

3 Et ■ le tentateur s'approchant de lui , dit, Situes 
Fils de Dieu,di que ces pierres deuiennent pains. 

4 Mais il refpondit,&dit , Il eft eferit , " L'homme 
viura point de pain feulement, mais de toute parole 



4 
ti 



* c. Ilrcpur- 
gerafoHKgli 
le en fcpaiac 
les vrais 1(1 
raclitcs : ma- 
nière de par- 
ler allégori- 
que. 

* Marc 1.9. 
lue 3.18. 
b on,fon van. 
c ou, tout 4. 
fait. 

d c. de rece- 
ler tic toi 
Vefrâ de ce 
dont i ai char 
ge dadmini- 
ftrer la mar- 
qu e.tcricu 
rc,'ni;;nnt ce 
fjii'il auoit 
tiirh'iriu'fme 
fus ver;" 1 r. 
'•• lean 1.33. 
e c. toute o- 
beiffance,& 
félon ma vo- 
cation , & fé- 
lon la tiene. 
XPfeau.y.j. 
eptie^i. 1. 
(lus 12.18. 
& 17.$ 2. 
fier. 1 . 1 7. 
^Marc i.iz 
lue ûf. 1. 
f cilioufTric 
de le bapti- 
7cr. 

11 Deut.%.1. 
ç affau. pour 
rendre tef- 

j^g moignage à 
latnaiefté de 
celui qui dai 
gnott tant 

s'abatiTer. h afTa.pour monitxer pour noftreefgard comme l'efprir de toute grâce &dou 
ceurrefide au Fils,ayant prins à ioynoftre nature. * afla.pour monftrcr que hors d'ice 
lui il ne fetrouuc que toute matière de l'indignation de Dku contre le genre humain. 
k c.par le SEl'prit,entantque Chrift comparoiflant en forme de leruitei'r » s'eft rendu fu- 
îet à la prouidence du Pcre,comme vne créature femblable à nous horfmis péché. / affau. 
pour fouftenir les griefs afiaux de desh"ancc,&: d'impatience, & d'outrecuidance & ambi- 
tion,dont iln'aeftcefpargnéaucunemenr-nnis il les a tous pleinement furmontés. m c, 
Tefptit malin qui induit tant qu en lui eft à oftenfer Dieu: & cft ainfï appel pour le me- 
fcicr qu'il a fait dés le commencement de foliciter les hommes à mal. 



fens du pafla 
ge:ou bie er 
deftournant 
ccpaffage de 
fon vrai fens. 

"T)eu.6 r6. 

t> afT. comme 
par vue def 
couuerre ex 
traordinaire 
& en eforit. 
c c.temettâ' 
bas comme 
pour me fai 
rehommaec: 
qui eftoit 1, 
façon de la 
doration. 
*Deu 6 i ? 
«£>• 10 :o r 



Tl 



VANCIIS 



" 5 Adonc le ; diable le tranfporte en la fain&e ville, & 

le met fur les créneaux du temple: 
voyes,oùgifl 6 t l lul clit,bi tu es Fils de Dieu,iette-toi en bas : car 
feJ2*l£l a ^. elt eferit,* Qu'ii donera charge de toi à les Anges, 

&ilsteportero; it en leurs mains, de peur que tu ne 

heurtes de ton pied à quelque pierre. 

7 Iefus lui dit,Derechef il efteferit,- Tu ne tenteras 
point le Seigneur ton Dieu. 

8 Derechefle diable le tranfporte fur vne fort haute 
montagne,& lui b monltre tous les royaumes du mo- 
de^ leur gloire : 

9 Et lui dit,Ie te donnerai toutes ces chofes , fi en te 
c profternant en terre,tu m'adores, 
io Adonc Iefus lui dit, Va Satan :car il eft eferit,* Tu 
adoreras le Seigneur ton Dieu, & à lui feul tu fer- 
uiras. 

1 1 Alors le diable le Iaifle , & voici , les Anges s'ap- 
prochèrent^ le feruoyent. 

: ° M 1 2 Or t Iefus ayant entendu que Iean auoit efté mis 



en d piifon,fe retira en Galilée. 

13 Et "ayant laiiïé e Nazareth,vint,&: habita en Ca- 
pernaum,viîle prochaine delà f mer, es marches de 
Zabulon & de Nephthali: 

14 Afin que fuit accompli ce, dont auoit efté parlé 
par Efaie le Prophete,difant, 

15 * Le pais de Zabulon &de Nephthali vers lèche 
mindela mer,outre le Iordain,§ la Galilée des Gen- 
tils: 

16 Le peuple qui gifoit en ténèbres, aveu vne gran 
de lumière : & à ceux qui gifoyent en la regiô & om 
brede mort,la lumière leur eft leuee. 

17 * Dés lors Iefus commença à prefeher, & dire, 
h Amendez-vous : carie royaume des cieux eftpro 
chain. 



48. 

«fc M*'C 1. 
14.1UC 4.14 

B LuCq.lô, 

& ?o. 

é 9. 1. où 

vous aue-ç 
Vexpofuien 
de ce p-'jfe- 

d aff parHe- 

rode:à Toccd 

fiôdequoi le 

miniftered : 

celui pou- 

coit fembîet 

côme aneâti 

"SrMfirç 1.1; 

* Marc 

l6. lue e.i 

e afla.ou il a- 

uoirlubirc 

anparauant 

ordinairemet. f c'eftoitle lac defurle Iordain.ainfî nomme fclon IVtège de l'efcriturc, à 

cau*c qu'il y auoit là vn grand amas c eaux, g autrement nommee la Galilée fupericure, 

fur les frontières de la Paleftinc>& aux extrémités d'icelle. h voyez fus 3. 2. i quiauoycc 

cfleaupauua it difciples dejean Baptifte:kan 1.40.4 1 



18 * Et comme Iefus cheminoit auprès de la mer de 
Galilée , il vid deux frères , ajfauoir Simon qui fia dit 
Pierre,& i André fon frere,qui iettoyent leur filé en 



SE ION S. M A T T H I E V. 



la mencar ils ettoyent pefcheurs. 

15? Et il leur dit , Venez aprez moi , 6c ie vous ferai 

pefcheurs d'hommes. 

20 Et eux incontinent delaiffans leurs filés > le fai- 
llirent. 

2 1 Et de là eftant paffé plus outre, il vid deux autres 
frères, àJfâMètr laques fils de Zebedee,&ïean fon frère 
envnena(Telleauec leur père Zebedee,qui raccou- 
irroyent leurs filés,&les appela. 
12 Et iceux incontinent ayans delaifle leur naffelle 
& leur pere,le miuirent. 

23 Et Iefus tournoyoit par toute la Galilée, enfei 
gnant en leurs Mynagogues,& prefehant TEusngile 
h du règne, eVgueriffant toute forte de maladie,& tou 
te forte de langueur entre le peuple. 

24 Adonc fa renommée courut par toute la Syrie: &: 
lui prefentoit-on tous ceux qui fe portoventmal , de 
tenus de diuerfes maladies &tormens, & démonia- 
ques^ lunatiques ,& paralytiques :& il les guerif- 
foit. 

2 $ Et fort grandes troupes le fuiuirent de Galilée, & 
de Decapolis,& de Ierufalem > & de ludee , & d'outre 
le Iordain. 



C H a p. v. 
Le Seigneur s'eflant mis à inl'ruirefes difcip!es,dedare le bon 
heur de ceux qui font en iou< cfgards efloignés d"s affecliôs 
mondaines, 13 exhorte f on Sglife ù monfirer la zraye 
profeffion de fa vérité abonnes en feigne s, 20 déclare par 
di tiers articles , tant les 'abus félon la tradition des Iuifs, 
quelevraifens&vfagefpiritue'cle la Loy, 11 afj'auoir 
touchant le meurtre. 27 l'adultère, 31 les diuorces, 
33 lesfermens, 38 la vengeance, 43 & l'amour du 
prochain. 

1 /"\ R Iefus voyant les troupes,mota fur vne mon- 
V^J taçne:8duy s'eflant afsis,fes difciples s'appro- 
chèrent de lui : 

2 Et ayant f ouuert fa bouche, il les enfeignoir, diJ nede gloirc * 
fant, 

3 * Bien -heureux/^/ 1 d les poures enefprit:car e le *P/?. 37.11 
royaume des cieux eft à eux. ***< 6 > 2 °* 



c'eftoycut 
pour lors 
les lieux des 
fàinâcs af- 

fcmblccs» 
nommément 
es iours du 
Sabbat. 
b c.du royau- 
me des cieux. 
voyerfos j.2 
c affau. pour 
donner à en- 
tendre , qu'il 
fe vouloir 
mettre à les 
enfeigner 

(>ar vne aflez 
ongue con- 
tinuation de 
dc<ffrine,ma- 
piere de par- 
ler hebrai. 
que. voyez 
lobjj.2. 
d c.vrayemct 
humbles en 
leur cœur, fe 
recognoifsâs 
dclnucs de 
tout bien en 
eux nie "nies. 
t c.lethrefor 
fini de la 
vie fpirituel- 
le &.' éternel- 
lc,toutc plei 



« c. qui ref- 
fentcnt la mi 
1ère du pè- 
che à quel- 
que occafion 
que ce foie. 
* Luc ô.ii. 
'Sf*.$$.i. 

b c. ceux qui 
font doux & 
patiens , & 



V A 



k g 1 1 js. — 

4 * Bien-heureux^r ceux a qui mènent dueil.-car ils 
feront confolés. 

5 Bien-heureux font les b débonnaires ; car ils c héri- 
teront la terre. 

6 '^Bien-heureux/^ ceux qui ont d faim & foif de 
iuftice:carils feront raiTafiés. 

Bien-heureux^ les e mifericordieuxxar miferi- 
corde leur fera faite. 
Sent? ne 8 H Bien-heureux/^ ceux qui font f nets de cœur : 
car ils s verront Dieu. 

9 Bien-heureux jto ceux h qui procurent la paix.-car 
ils feront appelés enfans de Dieu, 
io *Bie-heureux/0«£ ceux qui font perfecutés ''pour 
iulticercar le royaume des cieux elt a eux. 
1 1 Vous ferez bien-heureux quand on vous aura in- 
iuriés&perfecutés, &on aura dit k toute mauuaife 
parole contre vous," à cauiè de moi,en mentant, 
iz * Efîouïiîez-vous , & vousefgayez : car voftre 
1 loyer */? grand es cieux: car ainfî ont-ils perfecuté 
les Prophètes qui ont elle deuant vous. 
i$ Vous elles le m fel de la terre $ or fi le fel perd fa 
faueur, n auec quoi le falera-on? il ne vaut plus rien,fî- 
non pour eltre ietté dehors , & eitre foulé des hom- 
mes. 

14 Vous elles la lumière du monde:Ia ville afsife fur 
vne montagne ne peut eltre cachée. 
1 ? * Et on n'allume point la chandelle pour la mettre 
fous vn boilTeau.mais fur le chandelier , & elle efclai- 
re à tous ceux qui font en la maifon. 
\6 Ainfireluife voftre lumière deuant les hommes, 
afin qu'ils voyent vos bonnes œuures , & glorifient 
voltre Père qui ejî es cieux. 

17 Ne penfez point que iefoye venu pour anéantir 
la Ioy,ou les prophetes:ie ne fuis point venu pour les 



* P/é.iy.2. 
heb. 12.14. 

* c. auront 
repos au prix 
des quere- 
leux& impa 
tiens. 

•fc a. Cor. 4. 
jo.iiim. r. 
1 2.1. pier.3. 
14. 

■ x.Picr.4. 
14. 

d c. qui font 
i du tout aire 
étionnés à 
intégrité & 
droiture par 
vn regret co 
tinuel. 

* Marc 9. 
50. lue 14. 

« c. ceu;j qui 
ibnt efmeus 
de tompaJïiô 
entiers les 
autres. 

* Mire 4. 
2t.lliC S.l6. 
& «•??. 

'•' i.l? t er.2. 
12. 

fc.enam les 

afteclions de fa chair ne régnent point, g c.fèront faits participais de U félicité éternel- 
les laquelle ils iouiront de la prefence du Seigneur, h c.qui amortiifeut ou fuppoi tent 
toute occafiô de troubles & quereles. i c.pour maintenir la vérité du Seigneur, k c.tout 
le pis qui fepuirTedire,à la feule occafion de ce que vous m'aduouezpour voftre Sauucur. 
/ c.qtfil pla'ift à Dieu vous préparer après relprenuc de voftre pa;ience. m afl'.cu efgard à 
voftre mfnifterc qui confifte en doctrine & vie. « c.Iui fera-on reprendre lâueur'i ou, de 
quoi falera-on:c.dequoifèferuira-on pour filer. Gr.deuier,ou,diflbudre ; d'autant "qu< 
ies lois font des obligations par lefquelles oneftlié 



afil.CM S. MATTHUT, 



li 



aneantir,mais pour les a accomplir. 
1 8 * Car b en vérité ie vous di,que iufques à ce que 
le ciel fera pafle & la terre, c vn iota ou vn feul poincl: 
de la loy ne paifera.que toutes chofes ne foyét faites. 
i? Celui donc qui d rompra vn de fes c trespetis cô- 
mandemens,&enieigneraainfileshommes,feratenu 
le f plus petit au royaume des cieux:mais celui qui les 
aura faits teenfeignés, celtui-là fera tenu grand au 
royaume des cieux 

10 Car ie vous di que fî evoftre iulticenefurpafiTe 
celle des Scribes &Pharifiens,vous n'entrerez nulle- 
ment au royaume des cieux. 

2 1 Vous auez entendu qu'il a efté dit h par les anciés, 
*Tu ne tueras point.&qui tuera, ferapunaTable par 
iugement. 

22 Mais * ie vous di,moi,Que quiconque fe courrou- 
ce à fon frère fans caufe/era puniffable par k iugemét: 
& qui dira à fon frère, 1 Racha,fera puniffable par co- 
(èil:& qui lui dira," 1 FoJ/era puniffable par n la géhen- 
ne du feu. 

23 Si donc ° tu apportes ton offrande à I'autel,& là il 
te fouuient que ton frère a p quelque chofe à rencon- 
tre de toi 

24 Laiffe là 1 ton offrande deuant l'autel, & t'en va: 
appointe premièrement auec ton frere,Sdors vien & 
oftre ton offrande. 

25 * Sois bien toit d'accord auec ton aduerfe partie, 
tandis que tu es r en chemin auec lui,de peur que ton 
aduerle partie ne te liure auiuge,&quele iuge te li- 
ure au fcrgent,& que tu fois mis en prifon. 

26 En vérité ie te di, que tu ne fortiraspointdelà,jpou?môftrer 

iquiln y a vie 
proprement qui ne (bit haut Si de tref-grand pois en la parole de Dieu. / c.tenu pour nul 
enlEglife,quandle Seigneur la viendra recognoiftre. g c.fi vous n'eftes plus gens de bié 
que les Pharifieiw,qui toutefois s'en glorifioycnt. h ou,?ux anciens : entendant parce 
more cm qui les auoyent précèdes depuis qu'on auoit introduit les traditior.s:&ainfi con- 
fequemrnent. ; aff.comme 1 auteur & inrtaurateur delà loy,& du vrai fens d'icelle,contre 
lesfauflesexp-fitions. k c eftoyenrles diuers fîeges ou cogneiflfances félon la diuerfitc 
des crimes:pour monftrer qu'il n'y a rien de léger la où Dieu eft oftenfe. / c'eftoit vn mol 
dit comme par mépris &defdain. m afiau.enluidifant vn outrage tout forme, n voyez 
touchant ce mot ce qui cft <buuent ramentu de la vallée du fils de Hinnom , au vieil tefta- 
menneomme Icrem.^.ji.donteittirc ce nom de géhenne , pourreprefenter le feu d'en- 
fer, o Le Seigneur a efgard à la façon de fon temps,que les cérémonies duroyent encore. 
f c.quetque occafitYi de fe mefeontenter de toi. q aff.d'autanr que qui n'eft d'accord a- 
uec fon prochain ne peut eftrc d'accord auec Dien.r.Iean $.20. r aiiiuandis que tu peu* 
cheuir de lui,dc gré * grc»f*n$ pajj'er par le tau* du iuge. 



*Luc rê.if 

tt ou , rendre 
accomplis: c 
pour la taire 
valoir en ma 
perfonne, & 
en rcftablir 
le vrai Cens 8c 
vfage en 1 E- 
glife , enfei- 
gnant aux 
autres corne 
il la faut pra- 
tiquer. 
'•' 'fatj.Tt.io. 
l> le mot He- 
brieu Amen, 
fignifie vne 
mar>iere d'af- 
firmer fain- 
fte , & corne 
denat Dieu, 
x £xo. 20.13 
deut.$.ij. 
c c. le moin- 
dre poin<fry^ 
voire la moin 
dre lettre. 
d ou, anéan- 
tira : c. celui 

t ' 

ou de parole: 
auqucleft op 
pofe celui 
qui fait & en- 
feigne ce que 
il doit. 

•îr Luc 11. 

58. 

e c'eft par v- 
ne manière 
de parler, 



ui violera la 
y de fait 



l±= 



Ht 



j ]ts Eyakgiie 

* ™ ank [f f e ; iufques à ce que tu ayes rendu a le dernier qtiadriri. 

! «qÛc pa. e h°;2 7 Vous auez entendu _ qu'il a elle dit par les ancies> 

1 ouciie n mô-|* Tu ne commettras point adu'tere. 

I ei^facau! 2 : 8 Ma * s ie vous di,rnoi , Que ; quiconque b regarde 

, fe eaœrs ifemme pour] aconuoiter^il a defïa commis adultère 

Ifo'uwV^-lauecdleenfoncœur. ;= 

<irefon dc-j2^ * Que n ton c œil te fait chopper,arrache-ïe,, & le" 
ïhain. f ° pr °"!i ette arrière de toi ; car il te vaut mieux quVri de tes 

* exod. 20. Imembres n perifle,& que ton corps ne (bit point ietté 
14^.5.1 8! e n la géhenne. 

i i oh l ï ô'< % ° Et fi ta main droite te fait choppér.coupe-la, & la 
b-~*.„ *i Uette arrière aetoi : car il te vaut mieux quvn de tes 

Wjh 9 43. . . - , * , 

^a(fa. cncant ! membresperifie J & que ton corps ne loit point îette 
que la Loy en Ja aehenne. 

fedenilntj5j3 ' Il a erté dit aufsi, Si quelcun delaiffe fa femme, 
kdior.s exte-iq U 'iilui baille e la lettre de diuorce. 

neures - mais! - 1 . , • • j- . ~ . , 

auffi route la M * Mais le vous d^moi , *ç Que quiconque aura de- 
confcknce. jlailTe ia femme fors la caufe de paillardife,ii la tait de- 
* SowI ' ; ' 7 "|ueniradultere(re:& quiconque fe mariera à la femme 

rnarc io.ri. , , .Z ? , * 

/«c 16. 18. ideiameejcommet adultère. 

î.cnr 7. 10.13 3 derechef vous auez entendu qu'il a eité dit par 
" éVo.2o. 7 .j{es anciens/ Tu ne te pariurtraspoint 5 airis tu rédras 
leuit.ic.iz. au Seigneur f ce que tu auras promis par jurement. 

34" Mais ie vous di 3 mo'^Ne iurez $ aucu.iemét, h ne 
par le ciel,car c'eit le throne de Dieu : 
xi.lcuu.i^y Ne par la terre, car c J eit le marchepied de fes 
îo.dau. 19. piedsme par Ierufalem^car c'eft la ville du grand Roy. 

I *Z.»c 6 29 13 6 Aufsi ne iureras-tu par ta teiïexar tu ne peux rai- 
rom. 1 aiiy.Ve vn cheueu blanc ou noir. 

i.thef. 5 .x 5 .| 3 7 Mais voitre parole 1 foitoui J oui:nô 3 non:& ce qui 
i.^w.j ; 9. (eftpar demis eft' k du mal. 
H îaffaitc^quib 8 Volls auez entendu qu'il a eité dit , $ Oeil pour 

itcft le piuslœilj&dentpourdent. 

! çySJ° d u ntmP^ Ma * s * è v0us ^ m °J> * Ne ! refiliez point au mal: 

! j te ferres atti- 
tré à offenferDieu: d non pour l'entendre ainfi à la lettre proprement.mais c'eft encon- 
tinuant les termes delà comparai fon. e aff.par laquelle eftoit portée la caufe du diuorce. 

^; voyez Deu.24.1. / ou,tes vceus. g aff à la volée & fans i-.eceffite , &. contreuenant au 
l commandement de Dieu, h Le Seigneur ramentoit les diuerfes fortes de iuremens , par 
i lefqueMes docteurs des Iuifs difpenfoyenr de iurer,pourueuque cène fuft point le nom 
j formeldeDieiu& ainfi en railloyenr&rongnoyent à leur appétit, i c. en affermant con- 
I tentez-vous d'oui, en niant , contentez-vous de non. k aff.s'il n'eft necefTai^e : car quel- 
quesfois Ufâut adiouiterle ferment, i ailui. rendant nul pournul 3 & par vengeance. 

, ainsfi 



de ut 

# Exod. 21. 



SELON S. MATTHIEV. 



ains fi aucun te frape en ta iouc droite,tourne lui auf- 
û l'autre 

40 Et à celui qui veut a plaidoyer contre toi,&:t/oiter 
ton lhve,lailîe-lni aufsi le manteau. 

41 Et quiconque te voudra b contraindre d'aller vne 
lieuë\vas en deux àuec lui. 

42 * Donne àcelui.quitedemadei&netedeftourne 
de celui qui veut emprunter de toi. 
4; '•' Vous auez entendu qu'il a eitc dit, Tu aimeras 
ton prochaine c haïras ton ennemi. 

44 Mais ie vous di, moi, Aimez vos ennemis,* benif- 
iez ceux qui vous maudiOent/aites bien à ceux qui 
vous haiiïent:&t priez pour ceux qui vous courent 
fus,& vous perfecutent : 

4< Afin que vous foyez enfans de voître Père qui eft 
es cieux:car il faitleuer ion foleil fur bôs & mauuais, 
&enuovelapluyefuriuftes&iniuites. 

45 Car " fi vous aimez ceux qui vous aiment , d quel 
ialaireenaurez-vous? Les e peagers meimes ne font 
ils pas le mefme? 

47 Et û vous f faites accueil feulement à vos ? frères, 
que faites-vous d'auantage? les peagers mefmes ne 
font-ils pas aufsi le femblable? 

48 Que donc vous foyez h parfaits , comme voiîre 
Père qui eft es cieux eft partait. 

C ha p. v 1. 
Exhortation àfe garder de l'affeclaiion de la gloire du monde 
es exercices ordinaires de la vraye pieté , comme font l'au- 
mofne, ? la prière. 9 de laquelle le Seigneur donne vn 
formulaire, 16 <& le iufnc: 19 aitecvn aduertifjment 
exprès de Je def gage/ des lolicitudcs de la vie prefentc,pour 
tarit mieux profiter en lafiy. 



■ ou,dcbattr* 
alla, 'uiiiant 

les smueneg 
courucw > 
auxquelles 

ni a- 
Arcintcs par 
fois^cs per- 
cen- 
rcmptiblcs. 

* '£>««. i.5.9« 

10. lui 6 :$. 

■ aflfà. en pre- 
1 e mot 

<ic prochain 

trop t rt roi- 
tenu m-cV no 
félon le vrai 
fes tic U Loy. 

"lut 19.1g 

;< Lin 6 17. 
ton/. iz.;0. 
%Lnc 2: 34 
aft. 7. Co.i. 
cor. 4. u.r, 
pter.i.2$, 

* Luc 6. 32. 
d c quelle re- 
cempenfe en 
pouuez vous 
attendre'; 

c'éfioyenc 
eriones que 
on metroic 
ccnumcmët 
en exeple d'v 
ne vie moins 
confciêcicu- 
fe,côme ceux 
c;ui rece- 
uojetlcs da-- 
cec,& volon- 
tiers n cftoveC 
guerts gens 
de bien. 
f < ii:a!uez& 
en.braflez : 
«.ffa.par quel- 
que fîgne d'à 
mitie. 

g c.parenSjOU 
autrement 
proches. 

toyezGenei.ij.8. b cadonncsàtowe peifecl^on/aincretc&debor.nairérc,à l'exemple 
lenl partait cic celui duquel vous-vous renommes comme enfans. » voyez lus 5. 8. 
* manière de parler , pour déclarer tomme on fe vante dç ce qui a apparence d» 



1 T) Renez garde que vous nefaciezvofrreaumofne 
1 deuâtleshommes,poureitre regardés diceux 
autrement vous n'aurez point de 1 falaire vers voitr* 
Père qui eft es cieux. 
z Quand doc tu feras aumofne,nefai point k fonnei 



1 



ÏT~ 



V A N G I L E 



i c.foîs telle- a trompette deuant toi . ainfi que font les hypo- 
de toute am- :ntes es fynagogues & es rues , afin qu ils en foyent 
bloque par lonorés par les nommes:en vérité ie vous di. qu'ils 

manière de • \ r ^ • 

dire tdmef- recouient leur ialaire. 

mené radies 3 Mais quand tu fais aumofne , a ta main gauche ne 
ïïhfque "m ^che ce que fajt ta droite. 

mras faite: 4 Afin que ton aumofne foit en fecret, & ton Père 
SrSegV * Ç 11 * îev0lZ en fecret 3 b le te rendra à defcouuert. 
•iqae & ex- 5 Et quand tu prieras 3 ne fois point comme les hypo- 
V ac * crites:carils aiment de prier en fe tenant debout es 

àoui 25. ~ o ' • j r »•! r 

\l.luct/L lynagogues & es coins des rues: afin quils foyent 
3. veus des hommesren vérité ie vous dijquils reçoiuét 

c. te don- leurfalaire. 
rognoittre* 6 Mais toi,quand tu pries,entre en ton cabinet , & 
ieià P art,c5- ayant fermé ton huis^prie ton Père qui esl en fecret: 
m aur^eSé & ton P ere T a * te y0lt en fecret^le te rendra à defeou- 

igreable,foit uett. 

<St C< en l'au- 7 ^ r quand vous priez,nVfez point de vaines redi- 
& ainfi tes^commeles'Payens-carilscuidenteftre exaucés 



re 

_o^fe T .iem- Jp ar longparler. 

c.les natios 
ion compri- 
més en 1 allian 
ie,quine fo- 
uet que c'eft 
que de Dieu. 

Luc 1 1.2. 

afla.fui liant 

{cas de ce 
formulaire 

11 tout ac- 

ompli que 
vous en 

aille en ces 

ropres ter- 

es : & non 
point pour 
vous aftreîn- 

< re à autant 

< e mots. 
Marc 11. 

5.ecc.2.9.2. 



8 Ne leur reffemblez donc point:car voftre Père fait 
de quoi vous auez befoin,deuant que vous le lui de- 
mandiez. 

9 '"Vous donc priez d ainfi , Noftre Père qui es es 
cieivx^ton e Nom foit fandtifié. 

10 Ton f regneviene.Ta volonté foit faite ainfi en la 
terre comme s au ciel. 

1 1 Donne-nous auiourd'hui noftre h pain quotidien. 
i% Et nous quitte i nos dettes 3 comme aufsi nous les 
quittons à nos detteurs. 

13 Et k ne nous indui point en tentation , mais nous 
deliured^malin.Caratoieflleregne, &la puifTan- 
ce,& la gloire à iamais. Amen. 

14 Car * fi vous quittez aux hommes leurs offenfes, 
aufsi voftre Père celefte vous quittera les voftres. 



.que ce qui doit eftrerecognu de;toi foit fonuerainement honoré. / c.lc plein cfta- 
tîiflementde taiuftice. g affa.parles Saincts Anges, h c. tout ce qui eft requis pour 
r oftre entretenement félon ton bon plaifîr. * c.hos fautes & péchés , qui font autant de 
<3 ettes perfonnelles,dont nous^nous chargeons toufiours enuers Dieu durant cefte vie. 
cne nous abandonne à occafion quelconque d'eitre mis à leïpreuue de noftre naturel 
dupeché,oùdes afîàuts du monde & de Satan. / afiau. de Satan & defes tentations. 
TJoyezfons 1; 19. 



SELON S. MATTHIEV. 



12 



Sms i 8 . ? g 
^c.vous vous 
exercerez par 
abtrinecc ex* 
traordinairc 
avons huiT)i« 
lier déliant 
Diciij&àlirt 
uoqner plus 
attaiucinet. 
i c. nechage 
pointpour 

cLtuvifage 
ordinaire : 
plti'doir faï 
qu'on eirirne 
le contraire 
de toi', en te 
vo yanr. 
■Luciz.il 
i.tmi. Ciç. 
c ou , confu- 
mcr,t: faillit 
au ver. 20. 
d c. ce qui c5 
duit le corps 
par fa lumiè- 
re. 

t Ilentedpar 
l'œil l'intelli- 
gence : car 

grand on 4 

I efprit clair, 
on Je conduit 
tatplus frge- 
ment& fain* 
clément, 
u Luc 11. 14 
*Z>cï6.ï % 
f c. 116 orm£ 
que destene* 
bres d'igno* 
rance, ou d<* 
quelque mau 
uaifeafiecliô* 

II PJ'W 

iz.ii. pbtl» 
4 6 i.tim.'j. 
8. i.pier.f.f 

" voyez Luc 
16.9. 

h Le mot fi» 
gnific propre 
met vn foi: ci 
côioint aucc 
chagrin. 
, i ou, dep'.ut 
grand prix, 



ï5 * Mais fi vous ne quittez point aux hommes leurs 
offenfes,aufsi voftre Père ne vous quittera point vos 
oflfenfes. 

16 Et quand vous *iufnerez,ne deuenez point d'vn 
regard trifte,comme les hypocritesxar ils fe rendent 
tous desfaits de vifage,afin qu'il apparoitfe aux hom- 
mes qu'ils iufnent:en vérité le vous di,qu'ils reçoiuet 
leurialaire. 

17 Mais toi,quand tu iufnes, b oing ton chef, Se laue 
ta face : 

18 Afin qu'il n'apparoiffe point aux hommes que tu 
iufnes,mais à ton Père qui efi en fecret:& tô Père qui 
te voit en fecret,le te rendra «à defcouuert. 
i>> '•' Ne vous amaiTez point de threfors en la terre,où 
latigne&larouillure f gaftetout,8clàoù les larrons 
percent 8c defrobbent. 

20 Mais amafTez-vous des threfors au ciel, là où la 
tigne & la rouillure ne gaftent rien,& là où les larrôs 
ne percent ni ne defrobbent. 

21 Carlàoùeft voftre threfor, là aufsi fera voftre 
cœur. 

22 * d L J œileft la lumière du corpsifi donc ton e oeil 
eft f fimple,toutton corps fera efclairé. 

23 Maisiitonœileftma!in,toutton corps fera tene 
breux:fi donc la lumière qui elt en toi font ténèbres, 
combien grandes feront ces tenebres-îà? 

24 t Nul ne peut feruir à deux maiftres:car ou il haï- 
ra I'vn,& aimera l'autre/m il fe tiendra à Tvn, & mef- 
prifera l'autre , vous ne pouuez feruir à Dieu Zc à 
BMammon. 

25 Pourtant ie vousdi, " h n'avez point fouci pour 
voftre vie,que vous mangerez,&que vous boirez, ne 
pour voftre corps, dequoi vous iérez veitus : la vie 
n'eft-elle pas plus que la nourriture, &: le corps plus 
que le veltement? 

z6 Regardez aux oifeaux de l'air.-car ils ne fement,ni 
ne moiironnent,ni n'affemblenten greniers, & voftre 
Perecelefte les nourrit, n'eftes vous pas beaucoup 
*plus excellens qu'eux ? 

27 Et qui elt celui d'entre vous, qui par fon fouci 
puuTe adioufter à fa ftaturc vne coudée ? 
B ij . 



* ou , auant 
toutes cho 
les. 

b c. la vrayt 
droiture qu 
cftconioiiiK 
aucc repos 
de confcicn- 
ce: pour mo- 
ntrer que la 
feule bénédi- 
ction spiri- 
tuelle- appor 
te tout bien 
aucc foi 
c c.poiuTad- 
uenir 

i c. ne vous 
méfiez point 
ie iuger te- 
nerairement 
1 autrui : & 
îotez qu'il 
ie parle pas 
ci des iuge- 
nensnipoli. 
iques ni ec- 
leiialuques, 
pi de ceux 
qui ont char- 
ge d' autrui. 
t bo,recipfô> 
tiennent. 
Luc 6.17. 
rom. 2.1. i 

J.I. 

■ Marc 4.24 
lue 6 

c afiT quelque 



3111 te 
>ffenfêr en 
ui. 

K Luc6. 41. 
c. quelque 
Jtand vice , 
;ne faute bie 
jrofiîcre. 



20 



jbVANGltE 



28 Et pourquoi eiles-vous en fouci du veltement? 

apprenez bien comme croiflent les lis-des champs:ils 

netrauaillent,ni ne filent : 

25) Neantmoins ie vous di que Salomon mefme en 

toute fa gloire 3 n'a point eite accouilré comme Tvn 

d'iceux. 

30 Si Dieu donc reueftainfi l'herbe des champs qui 
eil auiourd'hui 3 & demain eit mife au fouine vous re- 
ueilira-il pas beaucoup plultolt^ ô gens de petite foy 

3 1 Ne (oyez donc point en fouci^difans , Que man- 
gerons-nousrou que boirons-nous?ou dequoi ferôs 
nous vertus? 

3 2 (Veu que les Payens recerchét toutes ces chofes) 
car voltre Père celeite cognoiil que vous auez befoin 
de toutes ces chofes-là. 

33 Mais cerchez premièrement le règne de Dieu, 
& fa b iuftice,& toutes ces chofes vous feront baillées 
pardeflus. 

34 Ne foyez donc point en fouci c pour le lédemain, 
carlelédemain fefoucierapourfoi-mefme:à chaque 
iourfuffit fa peine. 

C H A P. VII. 

Enfeignemcns touchant lafaintte diferetion à iuger d' autrui, 
6 & a proposer la doctrine de vérité. 7 Item touchant 
l'injiance à prier, 12 le deuoir mutuel entiers le prochain, 
13 le moyen d'obtenir Jàlut, 15 les faux prophètes 3 23 
les hypocrites, 24 <& ceux quifint leur profit de la parole 
de Dieu. 

i*XT E d iugéspoint,afm que vous ne foyez point 
lN iugés. 

2 Car de tel iugement que vous iugerez , ferez-vous 

iugés :& v de telle mefure que vous mefurerez, on 

vous mefurera e d'autre part. 

Et * pourquoi regardes-tu le f feftu qui eft en l'œil 
petite faute fie ton frere,& tu n'appercois pas vn s cheuron qui e(i 

In, t, rr pcut ., 1 1 J 1 J. 

lentonœil. 

Ou comment dis-tu à ton frere,Permets que i'ofte 
de ton œil ce féftu,& voici vn cheuron en ton œil? 

Hypocrite^ofte premièrement de ton œil le che- 
iron.& adonc tu regarderas le moyen d'oiter le feitu 
lors de l'oeil de ton frère. 



i.. 



SELON S. MATTHII V. 



21 



!e> * Ne donnez point les choies fainctes aux chiens," n/wom. 

• • ' t j - j mande vne 

& ne îertez point vos perles au deuat des pourceaux, q^^ $f CTt 
de peur qu'ils ne les foulent à leurs pieds, &fe retour- rion à »drd 
naiisnevousdefchirent. fa la vente 



ne 

faincte difere 

adref- 

itc, 

&ù ne prcfTer 

7 - Demandez, & il vous fera dônc:cerchez,&vous|paibcaiRor,p 
trouuerez:heurtez,& il vous fera ouuerr. 

8 Car quiconque demande, il reçoit : & quiconque 
cerche,iltrouue:&il fera ouuert à celui qui heurte. 

9 Et qui fera meftne l'homme d'entre vous qui donne 
vne pierre à Ton fils,s'il lui demande du pain? 
io Et s'il lui demande du poifTon , lui donnera-il vn 
ferpent? 

ii Si donc vous, b combien que vous foyez mauuais, 
fauez bien donner à vos enfans choies bonnes • com- 
bien plus voltre père c\i\ieft es cieux, donnera-il des 
biens à ceux qui les lui demandent? 
12 'Toutes les chofes donc que vous voulez que les 
hommes vous facent, faites /«Ieuraufsi femblable 
mentxar c'eit là la Loy & les Prophètes. 
12 K Entrez par la porte eftroitexar c'elt la porte lar- 
ge & le chemin fpacieux qui mené à perditiô,& beau- 
coup y en a qui entrent par icelle. 

14 Car la porte cfi eitroite & le chemin eftroit qui 
mené à la vie:& peu y en a qui le trouuent. 

15 Or donnez-vous garde des faux prophètes , qui 
vienent à vous en c habit de brebis: mais par dedans 
ils font loups rauifTans 

\6 ■£ A leurs fruicls les cognoiitrez-vous,cueiIle-on 
des grappes des eipines,ou des figues des chardons ? 

17 Ainfî tout bon arbre fait bôsfruictsimais l'arbre 
pourri faitmauuais fruicts. 

18 Le bô arbre ne peut faire mauuais fruicts,ne l'ar- 
bre pourri faire bons fruicts. 

19 " Tout arbre qui ne fait bon fruict , fe coupe & fe 
iette au feu. 

20 Vous les cognoiftrez donc à leurs fruicts. 

21 Chacun qui me dit,Seigneur,Seigneur,n'entrera 
p as au royaume des cieux :* mais celui qui fait la vo- 
lonté de mon Père qui eft es cieux. 

22 Plusieurs me diront en d celte iournee-Ià, Sei-j 
gneur,Seigneur,n'auons-nous pas prophetizéen ton lûgecs, 

B iii 



ceux qui s eu 
rëdctdutouc 

indignes. 

" àOUi 11. 

iz.tnit'C ir. 
2 4./ac 11.9 
b ou- qui eftes 

s : c. 
qui ne fauez 
ce qui cit de 
droit & de 
raifon , qui 
auez vn na- 
turel enclin à 
mal plufloft 
qu'àvoftre 
deuoir:ou, 
qui aucz vne 
amour du 
tout defrei- 
g!ec,& qui rc 
garde pluf- 
toft à vous 
qu'à vos en- 
fans. 

'•" Luc 6.11. 
tob.^.16. 
H Luc 17.24 
c manière de 
parler prinfe 
de la façô ou 
port exté- 
rieur des boS 
& Amples 
prophètes. 
% Luc 6.43. 
44- 



11 Sw 3.IO. 



* 7*7.1. 1 ù 

d afTa.au der- 
nier icur, au- 
quel toutes 
chofes feront 



* c. miracles, 
lefquels font 
ainfi nômés 
pource qu'ils 
font comme 
tefmoigna- 
ges extraor- 
dinaires de 
la verni infi- 
nie de Dieii; 
enritqueces 
dons-!a peu- 
lie;: aufficftre 
cônvarnqucs 
à tels qui ce- 
pendant ne 
font pas vrais 
en fan s de 
Dieu.Lucio. 
20. 
*Lucii.i6. 
27. 

"•'Sous 15.1; 

* Pfè.6. 9 . 

lue 6.4.7. 
i Gr.quiceu 
urés iniquité 
c affa.pource 
qu il parloir 
corne nia ; vtre 
& feuuerain: 
entât qu'où 
tre Texcellen 
ce incpmpa 
rable de îa do 
clnne, il y a 
uoiten fa m 
niere d'enïei 
gner vne ma 
ïefté fpirituel 
le 3 & rien pa 
l'extérieur de 
l'oftentation 
des Pharj- 
fiens. 

" Marc x. 
ii.luc^.iz, 
«$•• Marc I. 
qo.luc 5.1 z, 
d afT.pour vé- 
rifier la guéri 
fon,& par co 
fequent don- 
nera cognoij 
ftre de p 
en plus la verf 
eu du Sei- 
gneirc, 



il 



Evangile 



Nom?& n'auons-nous pas ictté hors les diables en 
ton Nom? & n'auons-nous pas fait plufieurs* vertus 
en ton Nom? 

23 Et * lors ie leur déclarerai tout ouuertement ,' ie 
ne vous cognu onques:*departez-vous de moi, b vous 
qui faites le meltier d'iniquité. 

24 ^Quiconques donc oit ces paroles queie di, & 
les met en effectue l'accomparerai à l'homme prudét 
qui a baiii fa maifon fur vne roche. 

25 Et quand la pJuyeelt tombée, & les torrens font 
venus,& les vents ont foufflé.,& ont heurté cotre ce- 
lte maifon-là^eile nV/zeitpointtombee:carelle efloit 
fondée fur la roche. 

25 Mais quiconque oit ces paroles que ie di,& ne les 
met point en erfecî,fera accomparé à l'homme fol,qui 
a bafti fa maifon furie fablon: 

27 Et quand la pluyeeit tombée, &: les torrens font 
venus,& les vents ont foufflé, &ont heurté contre 
cefte maifon làrellet^ tombée & fa ruine a efté gran- 
de. 

28 Et aduint que quand Iefus eut acheué ces propos, 
" les troupes furent eftonnees de fa doctrine: 

19 Car il les enfeignoit c comme ayant authorité , & 
non pas comme les Scribes. 

C H A P. vin. 

Vn lépreux nettoyé par l'attouchement du Seigneur, 5 te 
feruiteur du Çentenier guéri, 14 & la belle mère de 
Pierre deliuree de la fleure. 18 Le deuoir de ceux qui 
ont à fui ure le Seigneur: 23 item vn orage fnbit appaifè 
àfonfeul commandement, 28 & deux démoniaques de- 
liurès, 

1 * "JZJ T quand il fut defeendu de la montagne,gran~ 

X2* des troupes le fuiuirent. 

2 Et voici,vn lépreux vint & fe profterna deuant lui, 
difant,Seigneur,fi tu veux,tu peux me nettoyer. 

3. Et Tefus eftendant fa main , le toucha , difantje le 

vueil,fois nettoyé; & incontinent la lèpre d'icelui fut 

nettoyée. 

4 Puis Tefus lui dit,Garde que tu ne le dies à pèrfon- 

nç:mais t'en va^& te môftre au Sacrificateur,& d offre; 



SELON S. MATTHIEV. 



M 



'•' Lucj.i. 



le don * que Môyle a ordoné,en telmoignage à iceux; 

5 '•' Et quand Iefus fut entré en Capèrnaum, vn Cen- 
tenier vint vers Iui,Ie priant : 

6 Etdifant,Seigneur 3 mon garçon gift paralytique en 
la maifon,gneuement tormenté. 

Et Iefus lui ditje m'y en irai,& le guérirai. 

8 Et le Centenier refpondant dit,Seigneur,ie ne fuis 
pas digne que tu entres fous mon toift:mais feule 
ment di la parole,& mon garçon fera guéri. 

_ . J . '., & 5 .■>. , y? . .tf aff. cntarque 

9 Car îe fuis aufsi homme conltitue ious la puilian- 1 Bglifc fera 
ce d'autrui:& qui ai fous moi des gendarmes: & ie di wcneflHe"3a 
a lvn,Va,& il va:& a rautre,Vien,& il vicnt:& a mon 
feruiteur,Fai cela,& il le fait 

io Cequ'oyantlefuss'efmerueilla^&dità ceux qui 
le fuiuoyétjEn vérité ie vous di,que mefmes en Ifrael| enf^ns du 
ie n'ai point trouué vne û grande ïoy. 
1 1 Mais ie vous di que plufieurs viendront d'Orient] qttî auoyent 

reccu ccrte 
prerogatiue 
d'auoir efté 
en la 
ne de 



* c. feront 
participans 
d'vnc ir.efme 
vie éternelle: 



routes les na, 
tions du Mo- 
de. 

i comme qui 
diroit , Les 



& d'Occidét_ > & a ferôt à table au royaume des deux, 
auec Abraham,Ifaac,& Iacob. 

12 Et b les enfans du royaume feront iettés hors , es a ?^ 
ténèbres de dehors: 5 * là y aura pleur & grincement de Fe C 



lires à la co- 



dents. 

13 Adonc dit Iefus au Centenier 3 Va,&ainfi que tu îfeDieu?* 
as creu , qu'il te foit fait. Et en ce mefne inftantfon ^'^41 
garçon fut guéri. 



c^ 22. 13.$» 



4 Puis * Iefus eftant venu en la maifon de Pierre, î 4 /, '?, 

lîJI-U^II J>:_l ..: ~.r.~^ 1:0. o j| 2.5.3 o.i«c. 



vid la belle mère d'icelui gifante au lift, & ayant la 
fieure. 

15 "Etiltouchalamaind'icelle^&la fieure la lailTa* 
puis elle fe leua,&les feruit, 

16 Et * le foir eftant venu, on lui prefenta , plusieurs 
demoniaqueSjdefqueîsilietta hors les efprits malins 
par fit parole,& guérit tous ceux qui fe portovet mal. 

17 Afin que fuit accompli ce dont auoit elle parlé 
par Efaie le ProphetejdifantyHl a prins nos lâgueurs, 
& a chargé nos maladies. 

18 Adonc Iefus voyant grandes troupes à I'entour 
de foijCommanda c de paflèr à l'autre d riue. 

19 * Lors vn Scribe s'eftant approché^lui dit, Maiftrqp/tf» 
ie te fuiurai par tout où tu iras 

zo Et Iefus lui dit,Les renards ont des foffeSj&les oii* Ï** ^57. 
. B 111} 



13.28. 

•£ Marc t. 
29 'ne 4.36 
"M.j>x 1.32, 
lue 4.4^. 
4» Marc 1. 
32./MC4.4O. 

oùce paffàge 
a ejlép ternie 
rement ex- 
f,ofé. 

c c.qu'onap- 

prcAaft vr.e 

(Telle pour 



^alLdulacde 
Genczareth. 



4 



.H— 



* c. lui redre 
le dernier de- 
Uoir,eflar co- 
me fur le 
bord de fâ 
forte. 

* Marc 4. 5 5 
lue 8.22. 
b aflT.ceux qui 
viuenç feule- 
inent pour 
cefte vie , ne 
fâchans que 
c'eftdela vie 
éternelle, 
voyez 
Î.6. 

c ou » pour- 
èjuoy auez- 
»Olis peur 1 :' 
'•" Marc 5.1, 
/«c8.26. 
«î c. du lieu 
où eftoyent 
les fepulcres, 
que nous ap- 
pelé" aujour- 
d'hui ie cemi- 
:iere. 

ou, leren- 
ronrrerent. 
7 aflàu-Ics e- 
prits malins 
:n hperibn- 
je des demo- 
uaques>&nô 
>as les démo 
liaqitës com- 
ité deux, 
nefmcs. 
; ou , es-tu 
venu ici dé- 
liant le rëps": 
h ou, pour 
nous mettre 
«u tonnent. 



F 



VA" N G I L E 



féaux de l'air des nids .-mais le fils de l'home n 5 a point ? 
où il puifle repofer la tefte. 

2 1 Puis vn autre de Tes difciples lui dit,Seigneur,per- 
mets que faille premièrement a enfèuelir mon père. 

22 Et Iefus lui dit,Sui-moi , & laiffe les b morts enfe- 
ueli rieurs morts. 

23 *Et quand il fut entré en la naflèlle/esdifciples le 
fuiuirent. 

24 Et voici, vne grande efmotion aduint en la mer, 
tellement que la naifelle eitoit couuerte des flots, & 
lui dormoit. 

25 Adonc fes difciples vindrentj&î'efueillerent^di^ 
fans,Seigneur,fauue-nous,nousperiifons. 
16 Et il leur dit c pourquoi eites-vous craintifs, gens 

uTim. de petite foy? Alors eitantrefueillé il tanfa les vents 
& la mer :& y eut grande tranquillité. 

27 Adonc les gens s'efmerueillerent difans,Quel efl 
ceitui -cirque les vents aufsi & la mer lui obeiflent? 

28 ' Et quâd il fut parlé outre en la contrée des Ger- 
gefeniens,deux démoniaques eitans fortis d des fepul- 
cres e lui vindrent au deuant , le/quels eftoyent fort faf- 
cheux ; tellement que nul ne pouuoit paffer par ce 
chemin-là. 

2p Et voici f ils s'efcrierent,difans, Qu'y a-il entre 
nous &toi,Iefus,fils de Dieu? s es-tu venu ici h pour 
nous tormenter deuant le temps? 

30 Or y auoit-il vn grand troupeau de pourceaux 
loin d'eux qui paifïbit. 

3 1 Dont les diables le prioyent , difans , Si tu nous 
iettes hors,permets nous de nous en aller en ce trou- 
peau de pourceaux. 

32 Et il leur dit, Allez.Iceuxdonceitansfortiss'en 
allèrent au troupeau de pourceaux : & voila, tout ce 
troupeau de pourceaux fe rua du haut en bas en la 
mer,&: moururent es eaux. 

33 Adonc les porchers s'enfuirent : & eitans venus 
en la ville, racontèrent toutes ces chofes, & ce qui 
eftoit aduenu aux démoniaques. 

34 Et voici, toute la ville fortit au deuant de Iefus: 
& l'ayans veu le prièrent qu'il fe retirait de leurs 
quartiers, 



S E L ON S. M A T T H I E V. 



M 



C H A P 



IX. 



* Marc 2.2. 
Luc 5.18. 

« art", en Ca- 



te Seigneur guérit le paralytique, 4 wonflrc fort auihorité 
touchant le pardon des péchés , 9 appelé Matthieu lepea- 
ger à cjtre fitm tic je s difciples, 10 maintient fa procédure 
r.J à recercher les pécheurs, qu'à n'impo fer pour lors ejiroi- 
tedifipUne à.jes domefiques, zo guérit la femme affligée pernaurn , où 
depertedefang, 13 rejufcitevne fille trej^f/fèi^ 19 red^^^ 
la venë a deux aueugles , 3 1 deliure vn démoniaque, 3 5 rement 
& aducrtitfes difciples de leur deuoir en l'auancement de 
t'Eglije. 



1 A Donc *eftât entré en la nacelle, il pafla outre, 
l\ & vint a en fa ville. 

2 Et voicijOn lui prefenta vn paralytique gifanten vn 
lidt. Et lefus voyant D leur foy, dit au paralytique, Aye 
bon courage. mon fils, tes péchés te font c pardon 
nés. 

3 Et voici quelques vns des Scribes difoyent en eux 
mefmes, Ceftui-ci d biafpheme. 

4 Mais lefus voy ât leurs penfées , dit, Pourquoy pé- 
fez-vous mal en vos cœurs? 

5 Car lequel eit plus aile de dire , Tes péchés te font 
pardonnes: ou de dire, Leue-toi, & chemine. 

6 Or afin que vous tachiez que le fils de l'homme a 
authorité en terre de pardonner les péchés, Leue-toi, 
(dit-il au paralytique) pren ton lict, & t'en va en ta 
maifon. 

7 Et il fe leua,& s'en alla en fa maifon. 

8 Ce que les troupes voyans, elles s'efmerueillerent, 
& glorifierét Dieu qui auoit donné e vne telle autho- 
rité f aux hommes. 

9 v Puis lefus paffant outre vid vn home afsisau lieu 
du s péage, nommé h Matthieu: & lui dit, Sui-moi. Et 
feleuant, illefuiuit. 

10 Et aduint comme lefus eftoitàtableen la maifon 
d'icelui, voici, plufïeurs p'eagers & « malviuans, qui 
eltoyentlà venus, fe mirent à table auec lefus & les 
difciples. 

n Ce que les Pharifîens voyans , dirent à fes difei 
pies , Pourquoi k mange voftre maitfre auecles pea- 



^ a(T. rant de 
ceux qui por- 
toyenr le pa- 
ralytique, 
que du para-l 
lytique aufsi.l 
c Gr. quit- 
tes ; & ainfî 
coufequem 
nient. 

d aff entanc 
qu'il s'attri 
bue ce quiap- 
pirtient à vn 
letil Dieu 
e ou , vn tel 
pouuoir. 
'•' Marc 2. 
xq.lutp ïj, 
f Ils parlent 
ainfî en nom- 
b e pUiriel , 
ne confdc- 
rans en lefus 
Chtiit autre 
chofeque Ton 
humanité. 
g c. là où les 
tributs ou ga- 
belles fe 
payoyent. 

lequel cft 
aufsi appelé 
Leui,Luc y. 
27. 

i G r.' pé- 
cheurs: c. qui 
cftoyent mal 
renommés, 
voyez Pfe. T. 
1. &ainfi or- 
dinairement. 
k a<îa. com- 
me fe rendat 
leur compa- 
gnon. 



ÉVANGILE 



gers &" gens de mauuaiie vie? 

12 Etlefus ayant entendu cela, leur dit, Ceux qui 
font "enfanté, n'ont point befoin de médecin, mais 
ceux qui fe portent mal. 

13 Mais, allez , & apprenez que c'eft à <//>*, * le vueil 
mi(èricorde,& non point facrifice. Car '•' ie ne fuis 
point venu appelé r les iuf tes , mais les pécheurs à 
repentance. 

14 * Lors vindrent vers lui des difciples de Iean , ai- 
fans , Pourquoi b nous & les Pharifîens iufnons-nous 
fouuent,&tes difciples ne c iufnent point? 

1 f Et Iefus leur refpondit , Les gens de la chambre du 
nouueau marié peuuent-ils mener dueil pendant que 
le nouueau marié eilaueceux? mais les iours vien- 
dront que le nouueau marié leur fera ofté, & lors d ils 
iufneront. 

16 Àufsi perfonne ne met e vne pièce de drap eferu à 
vn vieil vertement: car ce qui eft mis pour remplir, 
emporte du vertement, & la rompure en eft pire. 

17 Pareillement on ne met pas le vin nouueau en 
ouaires vieux:autrèment les ouaires fe rompent, & le 
vin s'efpand , & les ouaires fe perdent; mais on met le 
vin nouueau en ouaires neufs,& l'vn & l'autre fe con- 
tregardent. 

18 Et * corne il difoit ces chofes,voici f vn Seigneur, 
lequel fe profterna deuant lui , lui difant, Ma fille eft 
maintenant trefpârTee: mais vien& mets ta main fur 
icelle,&elleviura. 

jp Et Iefus fe leuant le fuiuit, lui & fes difciples. 

20 Et voici, vne femme malade d'vne perte de fang 
depuis douze ans, vint par derrière, & toucha le bord 
de fon vertement. 

21 Car elle difoit en foi-mefme, Si tant feulement ie 
touche fon vertement, 2 ie ferai guérie. 

2 2 Adond Iefus fe retournant,& la regardât dit, Aye 
bpn courage, ma fille,ta foy t'a fauuee.Et en ce mefme 
inftant la femme fut deliuree. 

23 Et quand Iefus fut venuenlamaifon de ce Sei- 
gneur-la^ eut veu les menertriers,& h la troupe là af- 
fbmblee ] menant grand bruit: 

24 II leur dit, Retirez-vous 3 car la ieune fille n'eft pas 



« c*eftvne 
allufion des 
maladies du 
corps aux 
maladies de 
refprit. 
b c. menons 
vne vie aufte- 
rè , fuiuant 
l'exemple de 
noftre mai- 
ftre. 

* Ofèe 6.6. 
fous 1 2.7. 
Vi.Ti.Liy. 
34 Marc 2. 
ï8./kc.c.$î. 
c afîà. ainfi 
particulière- 
ment. 

d c. ils mè- 
neront vne 
vie plus e- 
ftroite, & fu- 
iette à tra- 
uaux. 
t c. la difei- 
pline exté- 
rieure fe doit 
accommoder 
à la capacité 
de FÉgîife. 
manières de 
parler aile go 
riques. 
•t Marc 5. 
22./KC8.41 
/ c'eftok vn 
des prefidens 
en lafynago 
gue, oui eft 
nomme Iai- 
tus en lhi- 
ftoire de S. 
Luc. 

g Gr.ie ferai 
teuuee. 
h ou, la fou 
le : & ainfi au 
ver. 25-. 

* aflT. comme 
les hommes 
font volon- 
tiers excef- 
fifs en telles 
ebofes. 



SELON S. M ATT H T E V. 27 

morte, maïs elle dort. Et il$ fe mocquoyent de lui. 

2^ Et quand la troupe là aiTemblee fuit mife dehors: 

il entra, & printlamaind'icelle, & la ieune fille fe 

leu.i. 

z6 Et le bruit en courut par tout ce quartier-la. 

27 Et comme Iefus palToit outre, deux aueugîes le 
fuiuirent, crians, &difans, Ayc pitié de nous, fils de 
Dauid. 

28 Puis quand il fut arriué en la maifon,ces aueugîes 
vindrét à lui, aufquels il dit, Croyez-vous que ie puis 
faire cela? llsluirç/p0??dirent,Ouivrayement , Sei- 
gneur. 

z? Adonc il toucha leurs yeux,difant, Qu'il vous foit 
fait félon voitre foy. 

3 o Et leur yeux furent ouuerts,8c Tefus leur défendit 
auec menaces , difant, Prenez garde que perfonne ne 
le fâche. 

3 1 Mais eux eitans partis firent courir la renommée 
d'icelui par tout ce quartier-la. 

32 Et * ainfi qu'ils fortoyent, voici, onluiprefentaj* Luc xi, 
vn homme muet, démoniaque. 
3 2 Et quand le diable eut elté ietté hors, le muet par- 
la: dont les troupes s'efmerueillerent , difans, Telle 
chofe ne fut onques veue en Ifraël. 
3 4 Mais les Pharifiens difoyent , Il iette hors les dia- 
bles '•' de par le prince des diables. 
3 ? Et * Iefus tournoyoit par toutes les villes Se bour- 
gades, enfeignant en leurs fynagogues, &prefchant 
l'Euangile a du règne , & guerilTant toute forte de ma- 
ladie & toute forte de langueur entre le peuple. 
36" Et "t voyant les troupes,il fut efmeu de compafsiô 
enuers icelles,de ce qu'ils eltoyent efeartés & efpars 
comme brebis qui n'ont point de palteur. 
3 7 Adonc il dit à fes difciples, ".Certes b la moiiïbn 
eit grande, mais il y a peu d'ouuriers, 
3 8 Priez donc le Seigneur de la moilfon qu'il poulie 
des ouuriers en fa moiïfon. 

C H a p. x. 

Iefus Qmft ayant ordonné fes douxe Apoflres , f leur déclare 
leur deuoir & condition, i 8 les exhorte } & en leurferfon- 



14. 



" Sous 1 1. 

24. 

Marc 3.22. 

Luc 11. 17. 

* Marc 6.6. 

LUC 17,. 22. 

voyez fus 

* Marc 6. 
34. 



11 Luc 10. 2. 
Jean 4. 35. 
h c.Ilyabic 
\ recueillir • 
moyennant 
u'il y euft 
e bons ou- 
uriers. 



w 



EVANGILE 



ne tousfîdeteSià maintenir la confefsion defonfainft mm] 
34 &ane s'attendre à vn repos ni entretenement d'ami- 
tié du cofté des leurs. 40 Quelle benediclion doiuent atten- 
dre ceux qui recueillirent les feruiteurs du Seigneur. 

1 T Ors * ayant appelé à foi Tes a douze difciples , il 
1— / leur donna pouuoir fur les efprits immondes, 

pour les ietter hors, &: guérir toute forte de maladie, 
& toute forte de langueur 

2 Or les noms des douze b Apoftres font ceux-ci 
c le premier eft Simon, nommé Pierre, & André fon 
frère: laques fils de Zebedee & I ean fon frère: 

3 Philippe & Barthelemi : Thomas & Matthieu le 
peager : laques fils d'Alphee , d Lebbee furnommé 
Thudee. 

4 Simon c Cananeem, &IudasIfcariot, qui mefmes 
le trahit 

5 Ces douze-la enuoyalefus, & leur donna mande 
mens, difant, N'allez point f vers les Gentils , & s n'ë 
trez point en aucuneville des Samaritains: 

6 Mais piultoft allez " aux brebis delà maifon d! 
rae! h qui font peries. 

7 Et quand vous ferez partis , prefchez , difans , Le 
royaume des deux eftprochain. 

8 * GuerifTez les malades, nettoyez les lépreux, re- 
fufcitez les morts, iettezliors les diables : pour néant 
"'auez-vous receu, donnez-le pour néant 

9 4 Ne l faites prouifion ne d'or, ne d'argent, ne k de 
monnoye en vos 1 ceintures: 

10 Ne de malette pour le chemin , ne m de deux rob- 
besne fouliers, ne de ballon, car " rouuriereftdigne 
de fa nourriture 

11 * Et en quelque ville ou bourgade que vous en- 
trerez , enqu eftez-vous n qui y eft. digne: & demeurez 
la iufques à ce que vous en partiez. 
ii Et quand vous entrerez en quelque maifon, 

entre les autres, d qui eft aufsi nommé Iude frère de laques, fils d'Alphee, 
e duquelnousauonsrEpiftreC«holique.voyerluc6.r6. e ou, le Canani- 
rc:c natif de Cana de Galilée. / Gr. au chemin des nations, g aifa.pourcefte première 
commiision. h c.qui font en extrême ignorance de leur falut. ? a(f d'autant qu il n'eftoic 
queftion que d'vn voyage qui fe deuoit paffer bien tort, k Gr.d'airaimd'autant que la peti- 
te monoyeeftoit d'airain. I alfa, d'autant qu'on feferuoit de ceintures en lieu de bourfes. 
ou, de ro^bes de rechange. « c. quia teGnoignage d'attendre le royaume de Dieu. 



* dont tou- 
resfois nous 
n'auons la 
vocation par- 
ticulière que 
de fix: & peut 
fembler qnat 
à ce nombre 
de douze 
qu il ait rap 
port aux dou 
2e patriar- 
ches. 

b c. ména- 
gers enuoyés 
auec charge 
fpecialc du 
Seigneur. 

* Mart 6.j. 
Luc 9 T. 
'■'Sousi$.i4 

** Luc 10.9 

^ Marc 6.2 

Luc p. '. & 
21.35 

B i.Cor.9.7 
x.Tim ?.i8 

* lucio.2 
c affa. ainfi 
qu'ils auoyet 
accoiiftumé 

\ d'aller par or- 
dre après leur 
Jî»aiftie,S: nô 
j pas qu il y eut 
i quelque de- 
|gré 4 e fupe 
jriorité eufe 
Ion qu'il a 
jpîcu au Sei- 
jgneur lui do 
!ner tefmoi- 
gnagefpecial 
de ù. grâce : 
mais rien 
moins que 
pour en faire 
vn fuperieur 
& c'eft ce lue 



SEION S. MATTHIEV. 



12 



a faluez-Ia. 

j 3 Que fi la maifon en eft digne,que voitre paix viene 
fur elle: mais fi elle n'en eit pas digne , que voitre paix 
retourne à vous. 

14 Et * quiconque ne vous receura, &n'efcoutera 
vos paroles , partans de la maifon , ou de la ville, b iè- 
couëz la poudre de vos pieds. 

1 5 En vérité ie vous di, que ceux du païs de Sodome 
& Gomorre feront traittés c plus tolerablement au 
iour du jugement que celte ville-la. 

\6 Voici/ie vous enuoye comme brebis au milieu 
des loups: foyez donc prudens comme ferpés , & fim- 
ples comme colombes. 

17 Et donnez-vous garde des hommes : car * il vous 
liureront d aux confiftoires, & vous fouetteront en 
leurs fynago : njes. 

1 8 Et vous ferezmenés deuant les Gouuerneurs , Se 
mefmes deuant les Rois , à caufe de moi , c en tefmoi- 
gnage à eux &r aux Nations 



" c. jpreftrM 

tczluila paix! 

delà pa-t de 

leur Sauueur 

qui vous en- 

uoyc vers 

eux. 

* Marc C. 

II. lucç.f. 

&1S.6. 

b aff.enfignc 
de detefta- 
tion. 

Luc ro.$. 

c. moins 
rigoureufe- 
menr. 

' A Sous 24.9. 
d c. deuant 
le confeil de 
la nation des 
Iuifs. 

e afia. afin 
ou'ils en 
foyent ren- 
dus tant plus 



19 Mais * quand ils vous liureront, n'ayez point de inexorables 
fouci quoi ou comment vous parlerez, car en cemef- 
me initantvous fera donné ce que vous aurez à dire. 

20 Car ce n'eftpas vous qui parlez,mais c'eft l'Efprit 
de voitre père qui parle en vous. 

2 1 Or le frère mirera fon frère à mort, & le père l'en 
fant :&lesenfans s'efleueront contre leurs pères & 
mères , & les feront mettre à mort. 

22 Et vous ferez haïs de tous, à caufe de mon Nom: 
mais " qui fouftiendra iufques à la fin , ceimi-la fera 
fauué. 

2 3 Or quand ils vous perfecuteront en celle vilîe-Ia, 
fuyez-vous-en f envn autre: car en vérité ie vous di, 
que § vous n'aurez point paracheué d'aller par tou-»>*»ïj. 20. 
tes les villes d'Ifraël, que le fils de l'homme h nefoit 
venu. 

24 ♦ Ledifciplen'eitpointpardefïiisle maiftre,nile 
feruiteur par deiïus fon feigneur. 

25 II fut fit au difciple qu'il foit comme fon mai{tre,& 
que le^ feruiteur foit comme fon Seigneur. * S'ils ont 
appelé 'le père de famille Beelezebub, combien plus 
fes domeftiques? 



deuant Dieu, 
•fc Marc 13. 
XX. lue 12. 
11.^21.14 



"Marci^. 

xx. 

f afia. pourf 

faire voftre 

charge. 

g Gr. vous 

n'aurez point 

parachcucles 

lies. 
* Luc 6.40, 



qu'il ne 
foit fuffifâm- 
nientnunife- 
fté. 

$rSus 9. 54. 
&fous 1 2. 
24. 

t afia. le Sei- 
gneur Iefus 
lui meiine. 



*Marc 4. ? 
a2.Zwc8.17. 
c^ 12.2. 

« comme qui 
<liroit,enpar- 
ticulier, ou 
fecrettemér. 
b c. haut & 
clairrayât ef- 
gard a ce que 
les toi<fts de 
cesejuartiers- 
la eiloyent 
faits en plate- 
forme, voyez 
Dent. 22.8. 
manière de 
parler pro- 
uerbiale. 
'•L«c2i.i8. 
*Marc 8. 
38./KCO.26. 
C^I2. 8.2. 
tim.iAi. 
e c. mad- 
noiïera pour 
Ion Sauueur. 
•^L«ci2.5i 
" Micb. j.6. 
*Lnt 14. 

& Sous 16. 
2^.marc 8. 
34.^9,23. 

C^l4- 2 7. 
*Sous \6. 
25. wmtjç 8. 

3$.Z#c.9.24. 
«H7. S?- 
»ed:»i2. 25. 
d U déclare 
cequideuoit 
aduenir en la 
plus part du 
mondeàlocr 
cafion de la 
prédication 
de rçùangi- 
le:no pas que 
cela foi r de la 
nature de TE- 



£3- 



V A N G I J^. 



26 Ne les craignez donc point : * car rien n'eft cou- 
uert qui ne fe defcouure , & rien n'eft fecret qui ne fe 
cognoiffe 

27 Ce que ie vous di a en ténèbres, dites le en lumie 
re, & ce que vous oyez en l'oreille , prefchez-le fur 
' les maifons 

28 Et ne craignez point ceux qui tuent le corps, & 
ne peuuét tuer l'ame, mais pluftoft craignez celui qui 
peut deltruire l'ame & le corps en la géhenne. 
z? Deux pafTereaux ne fe vendent-ils pas vne pite ? 
neantmoins Pvn d'iceux ne cherra point fur terre fans 
voitre Père 

3 o Et '•' les cheueux mefmes de voftre telle font tous 
contés 

3 1 Ne craignez point donc : vous valez mieux que 
beaucoup de pafTereaux. 

32 *Tout homme donc qui c me confelTera deuant 
les hommes , ie le confelfèrai aufsi deuant mon Père 
qui eft es cieux 

33 Mais quiconque me reniera deuant les hommes, 
ie le renierai deuant mon père -qui £/? es cieux. 

34 * d Ne péfez point que ie foye venu mettre la paix 
en la terre , ie ne fuis point venu mettre la paix , mais 

''efpee. 
3? Car ie fuis venu mettre en difTenfion " l'homme 
contre fon pere,& la fille cotre fa mère, & la belle fille 
contre fa belle mère 

36 Et les propres domeftiques de l'homme feront fes 
ennemis. 

3 7 * Qui aime père ou mère plus que moi , n'eft pas 
" digne de moi : ou qui aime fils ou fille plus que moi 
n'eft pas digne de moi 

3 8 # Et qui ne prend fa croix , & ne vient après moi 
n'eft pas digne de moi. 

3P *? Qui aura trouuéfa vie la perdra, & qui aura 

perdu fa vie pour l'amour de moi la trouuera 

40 Qui vous reçoit, il me recoit:& qui me reçoit, re- 

. çoit celui qui m'a enuoyé 

aufsi U vraye 

caufe de fa venue au monde, e c. le trouble,en defcouurant la mauuaïfe conftïcnce des m 
fidèles. / c. ie le reietter -u,& ne l'aduouerai point: il n'eft pas digne que iele tiene pour vn| 
des miens, g c qui penfera auoir trouué moyen de fauuer fa vie. 



SELON S- MATTHIEV 



31 



41 Qui reçoit vn Prophète a au nom de Prophete,re- 
ceura b falaire de Prophète: & qui reçoit vn iuite au 
nom de iuite, receura falaire de iuite. 
41 Et * quiconque aura dôné à boire vn verre d'eau 
froide feulement avnde c cespetis au nom dcdifci- 
ple, en vérité ie vous di qu'il ne perdra point Ton fa- 
laire. 

C H A P XI. 

Le Seigneur ayant déclaré aux difciples de Jean la vérité de fa 
pcrjo?:ne & office, 7 adioufle vne fmguliere recommanda- 
tioncPicelui: 12 & néanmoins préfère le temps de TE- 
lungïœ à tout le paffé : 1 6 reproche le mefpris incxcufable 
de la grâce de Dieu à ceux de cejiecle-la 3 20 les menaçant 
d'vne horrible vengeance de Dieu : 2$ puis après démon-' 
flre la grandeur de lafagejje du Tere 3 &conuie àfcy les af- 
fligés. 

1 A Près cela il aduint, quand Iefus eut acheué de 
l\ donner mandemens àfes douze difciples, qu'il 

fe partit de là pour enfeigner & prefeher en leurs 
villes. 

2 '•' Or Iean ayant ouï en la prifon les faits de Chrift, 
enuoya deux d de fes difciples lui dire, 

3 Es-tu celui qui deuois venir,ou fi nous en attendôs 
vn autre? 

4 Et Iefus refpondant leur dit, Allez & rapportez à 
Iean les chofes que vous oyez & voyez: 

* Les aueugles recouurét la veuè, les boiteux che- 
minent, les lépreux font nettoyés,& les fourds oyent, 
les morts font refufeités, &l'Éuangile eit annôcé aux 
poures. 

6 Et bien-heureux eft celui qui ne fera point e fcan- 
dalizéenmoi. 

7 Et comme ils s'en alloyent, Iefus commença à dire 
ide Iean aux troupes, Qu'elle s -vous allés voir au de- 
ifert? f vn rofeau démené du vent? 

j8 Mais qu'eites-vous ailes voir? vn homme veftu de 
[précieux veitemés?voici ceux qui portent habits pre 
; cieux, font es maifons des Rois, 
jp Mais qu'elles vous allés voir ? vn Prophète? voire, 
1 vous di-ie, &: plus que Prophète. 



t e. comme 
Prophète, & 
à l'efgard de 
fon minifte- 
rc. 

*Marc 9.4I 
b c. tefmoi- 
gnage d'vne 
bénédiction 
particulière 
du Seigneur 
en faueitr de 
Ton feruitcur. 
c c. au moin- 
dre qui Ce 
puifle dire 
des miens. 



v Luc 7. 1 8. 
d afT.lesren- 
uoyant au 
vrai maiftre : 
afin qu'ils fuÊ 
fent d'autant 
plus acertai- 
nésdece dot 
ils ne pou- 
u oyent dou- 
ter. 



t c- qm ne 
s'orfenfera 

foint pour 
infirmité 
qu'il voit en 
moi. 
/ afla. vn ho- 
me initable, 
ou infirme, & 
de peu d'ap- 
parence. 






*Mal.%.x. 
marc il. 

* c. ayant vn 
miniftere 

Î>lus excel- 
ent: Si notez 
qu'il fait ici 
comparaifon 
non pas des 
perfon nés, 
mais du mini- 
ftere éuange- 
lique auecle 
prophétique 
& celui de 
Iean , qui e- 
ftoit entre les 
deux. 

b c. celui qui 
eft appelé à 
îa charge de 
la pleine pré- 
dication de 
TEuangile. 
'-' Luc 16.16 

* Mal. 4.5. 
e c.onnere- 
uient plus à 
la cognoif- 
fànce de 
Dieu comme 
par longs cir- 
cuitSjmais on 
y entre, com- 
me tout du 
premier 
coup,par l'ef- 
ficace de la 
gracedeDieu 
4 Luc 7. gi. 



d Cela eft 
oppofé à la 
fauffe opinio 



lk 



EVANGIIE 



10 Car c'ett £eftui-ci duquel il eiteferit,* VoïciJ'eil- 
uoye mon meffager deuant ta face, qui appreitera ton 
chemin deuant toi. 

1 1 En vérité ie vous di, qu'il n'a point efté fufeité en- 
tre ceux qui font nés de femmes , aucun plus a grand 
que Iean Baptifte:toutesfois celui qui elt b le momdre 
au royaume des cieux,eft plus grand que lui. 

12 "Or depuis les iours de Iean Baptifte iufques à 
maintenant, c le royaume descieux efforcé, &les 
violens le rauiflent. 

13. Car tous les Prophètes & la Loyontprophetizé 
iufques à Iean. 

14 Et fi vous voulez receuoir mon dire , * c'eil d Elie 
qui doit venir. 

15 e Qui a oreilles pour ouïr, oye. 

16 t Mais à qui accomparerai-ie f celle génération? 
elle elt femblable aux petis enfans qui font aisis es 
marchés,& crient à leurs compagnons: 

17 Et difent, Nous vous auons iiulté, & vous n'auez 
point danfé: nous vous auons chanté complaintes, & 
vous n'auez point lamenté. 

1 8 Car Iean eft venu ° ne mangeant ni ne beuuant, Se 
h ils difent, Il a le diable. 

19 Le fils de l'homme elt venu 'mangeant &beuuât, 
& ils difent,Voila vn mangeur & beuueur,vn ami des 
peagers & des mal viuans: mais la fapience a efté k iu- 
ftiiiee par fes enfans. 

20 " Adonc il commença à reprocher aux villes ef- 
îuc lift ;." Quelles auoyét elle faitesplufieurs de fes vertus,qu'el- 

es ne s'ef toyent point amendées, difànt, 

21 Malheur fur toi , Corazin, malheur fur toi, Beth- 
touch.UK je jfaïdaxarfî enTyr & en Sidô eulfent elle faites les ver- 
tus qui ont elté faites au milieu de vous , ils fe fulfent 

à qiu Dieu a pieça amendés auec fie Se cendre. 



22 Pourtant vous di-ie que Tyr&Sidon feront plus 
tolerablement traittees au iour du iugement que 
vous. 



fait la grâce 

d étendre ces 

chofes, y pre- 

nent garde. 

voyez A cft. 16 

34. & ainfî 

confequemment. fc.lcs gens de ce temps-ici. g c.menantvne vieaufterc& retirée de! I 

la commune, h aif.les Scribes & ceux qui fe lailfentmenerà eux. i c. ne s eirrangont j 

d'aucun, k celle a efté approuuee pour iufte comme elle eft, Yoire pal ceux qu'elle a mef- I 

mes apprins la première à wrecogrioiftre. 



SE IOM S. MATTHIEV. 



u 



15 EttoiCapernaumquiaseité'efleuee iufques au 
ciel, tu feras abbaiflee iufques en enfer: carfienSo- 
domeeuifent eité faites les vertus qui ont eité faites 
au milieu de toi, elle fuit demeurée iufqu'à ce iour. 

24 Pourtant vous di-ie * que b ceux de Sodcme fe- 
ront plus tolerablementtraittés au iour duiugement 
que toi. 

25 v £n ce temps-la Tefus c prenant la paroledit, d le 
te ren grâces , o Père , Seigneur du ciel & de la terre, 
de ce que tu c as caché f ces choies aux fages,& enten- 
dus , cV les as reuelees aux e petis enfans: 

26 l\ci\ ainfî, Père, pourtant que tel a eité ton bon 
plaifir. 

27 *Touteschofes m'ont efté données en main de 
parmo Père: & tnulnecognoiftleFils fîncnlePeie, 
& aufsi nul ne cognoift le Pere,fînon le Fils^ck celui à 
qui le Fils l'aura voulu reueler. 

28 Venez à moi vous tous qui elles trauaillés & char 
gés, 8r ie vous h loulagerai. 

29 Chargez ■ mon ioug fur vous,& apprenez de moi, 
que ie fuis débonnaire & k hurr»ble de cœur : & u vous 
trouue rez repos à vos âmes. 
3 o Car mon ioug eit l aifé , & mon fardeau léger. 

C H A P. XII. 

te Seigneur redarguepar occaÇion ceux qui ne cerchoyct qu'à 
mordre fur je s dijciples, & Jur lut mefme fans fondement: 
1 o vn homme ayant ta ma'mjeche guéri: 16 la vérité au 
minijlere de C^rifl confermeefar ce qui en efloit prédit pur 
EJaie: 24 le blajf berne contre vn Jun miracle releué & 
dejcouuert, 3 1 ejiât rapporté aupecké contre le S. ejprit: 
3 8 l'endurcijjem et de fes aduerjaires & la mena c e du dt r- 
nicr iugement de Tfieu/ur eux. 

1 TH N * ce téps-la Ieliis alloit par les blés vn iour 
lit de Sabbat: &fes difciples avans faimcomrren.- 

cerét à arracher des efpis,& en les froyant les mâger. 

2 Les Pharifiens voyans cela, lui dirent, Voila tes di 
ciples font ce qui n'eft pas loifibie de faire au Sabbat. V p c 

l • • cftrefa o . 

» ordonnerai repu*. » c. ma doctrine- à laquelle ie vueik;ue vous obciiiiez, en vous 
rangeant franchement à icelle. k c. doux & bénin , ce qui ert oppofe à l'orgueil des Pha- 
rifiens. / afTa. à ceux qui ont obtenu la grâce de régénération pour iè conformer àU df- 
bonnairetede Ielus Chrift. voyex i.Icanj.j. 



afTa. acati 
fe de la grâce 
particulière 
qui aeftéde£ 
ployce en 
toi. voyez 
Luc 4. 15. & 
fus 4.15. 
*Sus 10. rj 
l> Gr. le pais 
de Sodome. 
c Gr.re'pon- 
djnt: & ainfî 
ordinaire- 
ment. 
v Luc 10. 21 

e- 6.16. 

d c. ietc fai 
reicgnoit 
fance » & ad 
in iie ta 1 bu- 
uerai ne fa- 
pienec & iu- 
ftîce , en ce 
que tu as re- 
ictti ies or- 
gueilleux. 
*fer.6.6> 

* c. n j s par 
reuelc parto 
iufte iuge 
ment. 

f c ce grand 
fecret de la 
pleine rtdé- 
ption en ma 
perfonne. 

* Ma,c 2 
23. lui 6.1 

g c. 3 ttux 
qui ne fe prî 
ient rien ,& 
qui ne pen- 
iei t rien de 
grand deux- 
mc:mes,aufc 
quels ont 
py es ceux 
nient 
lages 



6 

* afla. d'au- 
tan r que les 
cérémonies 
doiuent cé- 
der à la ne- 
ce/sité,là où 
il a y a point 
de mefpris. 
'•' Le un. 14 
6. 

h voyez E- 
yoi.2j.jo. 
&leuic. 24.6. 
*C [fie 6.6. 
/W9.13. 

afTa. en en- 
gorgeant les 
bertcs poul- 
ies Sacrifices, 
& traïuillant 
après les au- 
tres thofes 
recuites pour 
le feruice de 
Dieu. 
•fc Mate i. 
17. '8. 
^Ma'Ci 1. 
lue 6. 6. 
d afla.leSei- 
gneur,le^uet 
ils mefeo- 
guoiffoyent 
"* leur efciét. 

c de foulâ- 
ger l'afflige , 
& faillir à ce- 
la eft mal fai- 
re: Luc 6.9. 



/ afla. tous 
ceux qui é- 
ftoyent mala- 
des entre 
eux. 

^■Spt.^z. 1. 
ou vous a- 
ue\ l'expofi- 
ito de ce paf 
fhge. 

»Sus 5.17. 
fm 17.5. 



34 



ÎVAMGl'lB 



3 Mais il leur dit, a N'auez-vous point leu* ce que 
fit Dauid ayant faim, tant lui que ceux qui */?oye#fa- 
uec lui? 

4 Comment il entra en la maifon de Dieu,& mangea 
les pains b de propofïtion , '•* lefquels ne lui eftoit loifï- 
ble de manger,ni à ceux qui eftoyent auec lui,mais aux 
Sacrificateurs feulement? 

Ou, n'auez-vous point leu en la Loy, qu'au templ 
es iours des Sabbats les Sacrificateurs c violet le iour 
du Sabbat , & n'en font point coulpables. 
6 Or ie vous di qu'il y aici d quelqu'vn plus grand 
que le temple. 

Que iî vous fauiez que c'eft à dire* le vueil miferi- 
corde, & non point facrifice, vous n'eufsiez pas con- 
damné ceux qui ne font point coulpables. 

8 Car * le Fils de l'homme eft Seigneur mefme du 
Sabbat. 

9 " Puis eftant parti de là, il vint en leur fynagogue. 

10 Et voici, il y auoit là vn homme ayant la maînfe- 
che, & ilsl'interrognerent,difans, Eit-illoifiblede 
guérir queiqrfvn es iours des Sabbats ? afin de J'ac- 
eufer. 

11 Et il leur dit, qui fera celui d'entre vous qui ait v- 
ne brebis, laquelle eftant cheute au iour du Sabbat en 
vne foffe , qui ne l'empoigne & la releue? 

12 Et combien vaut mieux l'homme qu'vne brebis? 
Il elt donc loilible de e bien faire es Sabbats. 

1 3 Alors il dit au perfonnage , elten ta main. Et il l'e- 
itendit, Scelle fut rendue faine comme l'autre. 

14 Or les Pharifiens eftans fortis,prindrent confeil a 
l'encontre de lui, comment ils le feroyent périr. 

1 $ Mais Tefus cognoiffant cela , partit de là: & gran- 
des troupes le fuiuirent,& il les guérit f tous. 
\6 Etauec menaces leur défendit de ne ledecîarer 
point. 

17 Afin que fuft accompli ce dont auoit efté parlé 
par * Efaie le Prophète , difant, 

18 Voici mon feruiteur que i'aieileu, mon bien ai- 
mé, * auquel mon ame prend (on bon plaiiîr:ie met- 
trai mon Efprit fur lui , & il annoncera iugement aux 
nations. 



SEtON 5. M ATT HT EV. 



Si 



ip II n'efrnuera point,ni ne criera,&:peifonne n'orra 
fa voix par les rues. 

20 II ne brifera point a le rofeau cafte , & n'efteindra 
point le lumignon b qui fume : iufques a cequ'ilface 
venir en auant le iugemenr en victoire: 

21 Et en Ton nom auront efperance les nations. 

zz * Alors lui fut prefentévnperfonnagequi eitoit 
tormenté du diable, aueugle,&muet, lequel il guérit, 
tellement que celui qui auoiteitéaueugle, 8c muet, 
parloit, &voyoit. 

Z3 Dont toutes les troupes furent eitonnees,&di~ 
foyent,Ce(tui-ci n'eit-il pas c le fils de Dauid? 
Z4 Mais leb Pharifiens ayans entédu cela,- difovent, 
Cefhii-ci ne iette hors les diables finon deparBeel- 
zebub prince des diables. 

25- Mais Iefuscog'ioiilantleurpenfees,leurdit,Tout 
royaume diuiic contre foi-mefme, fera réduit en de 
fert: & toute ville ou maiibndiuifee contre foi-mef- 
me ne fubfiilera point. 

26 Or iî Satan iette hors Satan, il elt diuifé contre 
foi-mefme: comment donc fubf.itera d fon règne? 

27 Que fi ie iette hors les diables par Beelzebub,vos 
e fils oar qui les iettent-ils hors ? parquoi iceux feront 
vos iuçes. 

28 Mais fi ie iette hors les diables par f l'Efprit de 
Dieu , vrayement le royaume de Dieu s eft paruenu à 
vous. 

19 Sinon , cornent pourra quelcun entrer en la mai- 
fon d'vn homme fort- & piller h fon bien , il premier il 
n'a 'lie' l'homme fort,c\: alors il pourra piller la maifon 
d'icelui. 

3 o k Qui n'eil point auec moi,il efr. contre moi:&: qui 
n'aiTem jle auec moi,il efpard. 
3 1 ;< Pourtant vous di-'ie , tout péché & blafpheme 
*fera pardonné aux hommes : mais le m blafpheme co- 
tre l'Efprit, ne leur fera point pardonné. 
3 z Et quiconque aura dit parole cotre le fils de l'ho- 
me, il lui fera pardonné: mais qui aura dit parole con- 



011 , le b** 
lion 

. qui crt 

obicm , mais 

qui a encore 

quelque reite 

tvic 

Luc 1 1.14 
c. le Ré- 
dempteur 8c 

mis : S air./i 

ordiruire- 

r.iei:;. 

'•' Sui 9. $4. 
marc 3 .xi. 
l'-C 11. 1 j. 



foyatiecrepei'tance. m afi quand à ion cfcie:\t& de malice délibérée on 
la vérité don: on eit conuamcu en fon cœur, pour luine de U vérité mefme, 
goûte la grâce du Seigneur, 



-C-J 



e prend cotre 
:uoi qu'on ait 



de 



« affa. lors 

3uc l'eitat^ 
es confcié 
ces fera plei- 
nement ma 
nifeftc voyez 
i.Cor. 4. y 
* S«J 17. 
'•Lttc6.\$ 
& Manie 
parler aîlego 
riqne pour 
môftrer qu'i 
fauc iuger Je 
3a perfonne 
ou en bien ot 
en mal félon 
fks œuures 



* Sous 16.1, 
lue 11.29.1. 
cor.ï. zi. 

•îr Joms 2, 
I. a. 

c c. qui ne 
fert point ; 
édification, 
voyez Ephe. 
4.29. 

d c.toutleur 
fera mis en 
conte s'ils ne 
fe font amen- 
dés. 

"Luc 11.32. 
*f*7o**J3.5 

Gr. nous 
voudrions 
voir quelque 
fignedetoi 
fti.Rois 10 
1.1.0*00.9.1 
f Gr. au 
cœur. 
g Gr. Les 
hommes de 
Niniue. 

Luc 11.24 



g 



"ET 



AN6IIE 



tre le f àinct Hipnt, il ne lui fera pardonné,ni en ce fîc- 
cle-ci, ni en celui a qui eit à venir. 

33 Ou b faites * l'arbre bon, & Ton fruicl: bon: ou fai 
tes l'arbre pourri , & Ton fruicl: pourri : car l'arbre elt, 
cognu par le fruicl:. 

34 Engeances de vipères, comment pourriez-vous 
parler bien, eihns mauuais? car de l'abondance du 
cœur, la bouche parle. 

3 * • L'homme de bien tire hors du bon threfor de Ton 
cœur bonnes chofes , & l'homme mauuais tire hors 
choies mauuaifes du mauuais threfor de /on cœur. 
-$6 Orievousdi, de toute parole c oifeufe que les 
hommes auront dite , d ils en rendront conte au iour 
du iugement. 
37. Car tu feras iuftifié par tes paroles, &par tes pa- 
roles tu feras condamne. 
38 * Adonc lui refpondirent aucuns des Scribes & 
Pharilîens , difans, Maiftre , e nous te voudrions voir 
faire quelque ligne. 

35» Mais lui refpondant leur dit, La nation mefehan 
te & adulterefle demande d'abondant vn figne : mais 
fîgne ne lui fera donné, linon le ligne de lonas le Pro- 
phète. 

40 Car * corne lonas fut au ventre de la baleine trois 
iours & trois nuicts, ainfi fera le fils de l'homme 1 " de- 
dans la terre trois iours & trois nuidts. 

41 ■ s Ceux de Niniue fe leueront au iugement auec 
celte nation,& la condamneront,pourtant * qu'ils fe 
font amendés à la prédication de lonas : & voici il y a. 
ici plus que lonas. 

42, # La roine de Midi fe leuera au iugemét auec ce- 
lte nation , & la condamnera,pourtant qu'elle vint du 
bout de la terre pour ouïr la fapience de Salomon : & 
voici, #y a ici plus que Salomon. 

43 * Or quand l'efprit immonde elt forti d'vnhom- 
me,il va par les lieux fecs,cerchât repos, & n'en trou- 
ue point. 

44 Alors il dit , le retournerai en ma maifon dont ie 
fuis forti:& quand il elt venu,il la trouue vuide,baliee 
& parée. 

4$ Adonc il s'en va, & prend auec foi fept autres ef- 



SE ION S. MATTftlEV. 



20. 

me. la der- 
nière condi- 
tion. 

'•'Alarci.il 
lue 8. 20. 
t> art", fes plus 
proches pa- 
rens: comme 
fous 13. JJ. 

c afla. d'au, 
tant qu'il ni 
aucun de 



que fes disci- 
ples , que 
ceux que lç 
Pcreluiadô. 
nés. 



prîts pires que foi , lefquels eftans entrés , habitent là 
* & a la fin de ceil homme -la eft pire que le commen- 
cement:ainfi aduiendra il aufsi a celte peruerfe natiô. 
4c? , Et v comme il parloit encore aux troupes,voici fa 
mère & fes b frères eftoyent dehors , cerchans de par 
1er à lui. 

47 Et quelcun lui dit , Voila ta mère & tes frères font 
dehors cerchans de parler à toi. 

48 Mais lui refpondantdità celui qui lui auoit dit 
cela,Qui eit ma mère, &r qui font mes frères? 
4P Et eltendant fa main fur fes difciples,il dit, c Voici 
ma mère & mes frères. 

50 Car quiconque fera la volonté de mon Père q^ p î" s r ^ h " 
eft es cieux , icelui elt mon frère , & ma fœur , & ma 
mère. 

C H A P. XIII. 

Je fus Cbrift propofant diuerfes ftmilitudes au peuple, 3 affa- 
uoir celle du jemeur, 24 de la bonne femence, 31 du grain 
de femence de mouflarde, 33 duleuain, 44 dit tbrejor ca- 
ché, 4$ des perles, 47 <&• du filé, déclare quel [croit l'eftat 
du royaume de T>ieu iufques à la fin du Monde, 54 & def 
ployé fa faueur mefmes enuers lesplns ingrats & mefeo- 
pioifans. 
1 (~> E * mefme iour , Iefus eftant parti de la maifon, 

V> s'afsit auprès de la mer. 
% Et grandes troupes s'afîemblerét vers Iui,tellement 
<na'il monta en vne nafTelle, & s'afsit , & toute la mul- 
titude fè tenoit fur îa riue. 

3 Adonc il leur dit plufieurs chofes d par fimilitudes, 
difant, Voici, vn femeur elt forti pour femer. 

4 Et comme il femoit,vne partie de la femence cheut 
auprès du chemin, & les oifeaux vindrent, & la man- 
gèrent toute. 

ï Et l'autre partie cheut es lieux pierreux,où elle n'a- 
uoit guère de terre,& foudain fe leua, e pource qu'elle 
n'entroit pas profondement en terre. 

6 Etlefoleil eftâtleué,elle fut hauie:& pource qu'el- 
le n'auoit nulle racine, elle fe fecha. 

7 Et l'autre partie cheut entre les efpines. Et les ef- 
pines monterent,&reftoufferent. 

8 Et l'autre partie cheut en bonne terre, & rendit 

. Q-i 



* Mare 4.1, 
lu<.%.$. 



d c. par ma« 
nieres de 
jparlerallcgo- 

ques , & 
pourtant ob- 
feures. 



Gr.pource 
qu'elle n'a- 
,io!t point de 
profondeur 
de teirc. 



aflaii. aux 
troupes. 

h afij. entant 
rifils vous 
font famiiie 
rement expo- 
fés, 8c nô pas 
à v"u>c. 

28.29. marc 
4. i$,'uc8. 

ï 9.& 19.16 

ou , afin 

l'en voyant: 



> S 



Ë 



V A W ft T T. y 



ï; 



ne voyent : 
l&c. 

£/4.<î O. 
W/jrC .12. 
'«C&.IO 

le**; ^.40 

ro>n. II 8 

ou,deuenu 
»ras. 

L(4C IU.2J 



fruift , vn grain cent pour vn , l'autre foixàtitepourvr, 
&: l'autre trente pour vn. 

9 Qui a oreilles pour ouïr, oye. 

10 Adonc les difciples s'approchans lui dirent,Pour- 
quoi parles-tu * à eux par lîmilitudes? 

1 1 II refpondit,& leur dit,Pourtant qu'il vous eft do- 
né b de cognoiftrelesfecrets du royaume des deux, 
mais il ne leur ettpoint donné. 
12, Car* à celui qui a, il lui fera donné ,& il en aura 
tant plus : mais a celui qui n'a rien,mefmes ce qu'il a, 
lui feraoité. 

13 Pour cefte caufe parle-ie deux, par fîmilitudes: 
e pource qu'en voyant,ilsne voyent point: en oyant,ils 
n'oyent & n'entendent point. 

4 Ainfî eit accomplie en eux la prophétie d'Efaie,la- 
queile dit , 'En oyant vous orrez,& n'entédrez point: 
& en voyant vous verrez,&r n'apperceurez point. 
x 5 Cur le cœur de ce peuple d elt engraifTé,& ont ouï 
dur de leurs oreilles , & ont cligné de leurs yeux/afin 
qu'ils n'apperçoiuent des yeux, & n'oyét des oreiHes, 
& n'entendent du cœur, & ne fe conuertiffent, &que 
iene ! eçguarifïè. 

16 *Or font vos yeux bien-heureux, e car ils apper- 
. çoiuent:8ê: vos oreilles, car elles oyent. 
i.fiêr.i'X 17 Car en vérité ie vous di, que plufieurs Prophètes 
■ on , de ce g^ mites ont defiré de voir les choies que vous voyez, 
îerçoiuent. & ne N ont pas f veuè's : &: ouïr les chofes que vous 

ra.au prix oyez, & ne les ont pas ouïes. 
îous C en q dl l 8 * Vous donc °7 ez * a fimilitude du femeur. 
lonnémain- 19 Toute perfonne à quiiladaient d'ouïr la parole 
fenoîibe! C °" ^ U royaume, & qui ne l'entend pointée mauuais viét 
i m^c 4. & rauit ce qui elt femé au cœunc'eft celui qui a receu 
r +.iuc$.i 1 a femence auprès du chemin. 

20 Et celui qui a receu la femence es lieux pierreux, 
gé pour°S ce ^ ce ' u * ( î ui °^ ' a parole, & incontinent la reçoit a- 
fifficufcé uecioye. 
lappre- 2I jviais il n'a point de racine en foi-mefme, pourtât 

îedc ae per- , ., .. ,\ * r ,, . 3 r 

ke fes com- n eit- il qu a temps : tellement qu oppreision ou perle - 
nodités, & eutjon aduenant pour la parole , il eit incontinent 

le fouffnr „ r 1 \- > * r 

ueiqucaffli- sicandalize. 

il Et celui qui a receu la femence entre les efpines, 
jc'eft celui qui oit la parolede Dieu 3 mais le fouci d e ce 



SELON S. MATTHIEV . 



V? 



monde , &la fallace des richelTes eftoufîfent la parole 
& elle deuient infru&ueulè. 

23 Mais celui qui a receu la femence en bonne terre, 
c'eft celui qui oit la parole, & qui l'entéd: aflauoir ce 
lui qui porte & produit fruict, Pvn cent pour t ^l'autre 
foixante pour vn, &: l'autre trente/wr vn. 

24 II leur propofa vne autre fimilitude,difant, a Ie 
royaume des cieux refTemble à vn homme qui afèmé 
bonne femence en Ton champ. 
2f Mais pendant que les hommes b dormoyent, Ton 
ennemi elt venu,qui a femé de l'yuroye parmi le bled, 
puis s'en elt allé. 
16 Et après que la femence fut venue en herbe, &: eut 
produit du fruicl^alors aufsi s'apparut l'yuroye. 

27 Adonc les feruiteurs du père de famille eitans ve 
nus vers lui,lui ont dit,Seigneur,n'as-tu pas femé bô 
ne femence en ton champ?cl'où vient donc qu'il y a de 
l'yuroye? 

28 Mais il leur dit , C'eft c l'ennemi qui a fait cela. Et 
les feruiteurs lui rr//?o«dirent,Veux-tudonc,que nous 
y allions, & cueillions l'yuroye? 
zp Et il leur dit , Non : qu'il n'aduiene, qu'en cueil- 
lant l'yuroye, vous arrachiez le bled quant & quant 
3 o Laiffez-les croiftre tous deux en(emble,iufques à 
lamoilTon : &enlafaifondela moiflbn, ie dirai aux 
moiifonneurs , Cueillez premièrement l'yuroye, & la 
liez enfaiffeaux pour la brufler:mais alfemblez le bled 
en mon grenier. 

31 * Il leur propofa vne autre fîmilitude , difant , Le 
royaume des cieux elt femblable au grain de femence 
demouftarde , quequelcun a prins & femé en fon 
champ: 

3 2 Qui eft bien la plus petite de toutes les femences: 
mais quand il eft creu , il eft plus grand que les autres 
herbes,& deuient arbre : tellement que les oifeaux du 
ciel y viennent,& font leur nids en fes branches. 
3 3 '•' Il leur dit vne autre fîmilitude , L e royaume des 
cieux eft femblable au leuain qu'vne femme prend, & 
met parmi trois mefures de farine,iufques à ce qu'elle 
foit toute leuee. 

34 * Toutes ces chofes dit aux troupes en fimilitu- 
C_4 



■* c. Il en 
prend du 

ne des 
cieux tom- 
me d'vn ho- 
me qui au- 
roit femé 
bonne fe- 
mence en 
fon champ.. 
b alla, ou ne 
Ce doutans de 
rien , nu ne 
prenanspas 
bien ^aidedc 
pies à tout. 

c Gr. l'hom» 
me ennemi» 



* Mare 4. 

îo lue IJ. 



Luci^zo 



"Mire 4. 3 3 



é£. 



r A NGJ t E 



des,& ne parloit point à eux fans fîmilitude. 

35 Afin que fuft accompli ce,dôt auoit efté parle par 
pyS.78.2j le Prophète, difant, * rouurirai ma bouche en iîmili- 

rudes.: iedefgorgerai les chofes qui ont elle cachées 

dés la fondation du monde, 
ou , ayant 3 ^ Adonc Iefus a ayat lahTé les troupes,vint à la mai- 
ÎTt^Zf î bn ^ fcsdif ciplesvindrétàlui,difans 3 Dec:lare-nous 

la fîmilitude de l'yuroye du champ. 

3 7 Lequel refpondant leur dit, Celui qui feme labo- 

ne femence efl le Fils de l'homme. 

38 Et le champ eft le monde. La bonne femence , ce 

font les enfans du royaume. L'yuroye,ce font b les en- 
fans du mauuais. 

3 9 Et l'ennemi qui Ta femee,c'eft le diable. '" La moif 

fon,c'eftla fin du monde. Et les moiflbnneurs font les 

Anges. 

40 Tout ainfi donc qu'on cueille l'yuroye & qu'on la 
brufle au feu,ainfi fera-il en la c fin de ce monde. 

41 Le Fils de l'homme enuoyera (es Anges qui cueil- 
liront de fon royaume tous les fcandales , & ceux qui 
font iniquité. 

4a Et les ietteront en la fournaife de feu:* là il y aura 
pleur & grincement de dents. 

43 Adonc * reluiront les d iuftes comme le foleil , au 
royaume de leur pere:qui a oreilles pour ouïr,oye. 

44 Derechef,le royaume des cieux eft femblable à vn 
threfor caché en vn champ,que quelcun a e trouué ca- 
ché. Puis de ioye qu'il en a,il s'en va, & vend tout ce 
qu'il a, & f acheté ce champ-la.- 

45 Derechef , le royaume des cieux eft femblable à 
vn marchand qui cerche de bonnes perles. 

46 Lequel ayant trouué quelque perle de grand prix, 
s'é eft allé , & a védu tout ce qu'il auoit,& ra achetée. 

47 Derechefje royaume des cieux eft femblable à vn 
filé ietté en la mer , & amalfant de toute forte de cho- 
fes. 

48 Lequel eftant plein, les pefcheurs le tirent en haut 
fur la ritie,& eftans afsis, mettét le bon à part en leurs 
vaiffeaux,& iettent hors ce qui ne vaut rien. 

42 Ainfi fera-il en la fin du monde: les Anges vien-. 
drontj & fepareront les mauuais du milieu des iuftes» 



aux troupes 



apoc 14.15 
b c. ceux qui 
retiennent le 
naturel qu'ils 
ont commun 
auec Satan 
encores que 
pour vn téps 
ils foyent 
parmi les 
pons. 
ç ou, enn 
fommatiô : & 
ainfi au ver. 
49. 

fous 2i. I}. 

"t£>a«. iî-.j. 
ftp.i.j. 
d a fou. les 
vrais fidèles 
qui auront 
cheminé en 
la crainte de 
Dieu. 

c.adefcon- 
uert. 

f aflT.enpoft- 
pofant ton 
tes choies à 
ce threfor-la. 



{SELON S. MATTHIEV. 



m 



r n nt do- 



50 Et les ietteront en la fournaife du f eu:& là il y au- «curbicn r u f 
ra pleur &r grincement de dents. 

5 1 Iefus leur dit, Auez-vous entendu toutes ces cho 
fes?Ils lui yr$07zdirent,Ouï,Seigneur. 



apprins b quant au royaume des deux, c eft femblable 
à vn père ae famille,qui tire de Ton threfor chofes nou 
uel'es&ancienes. 

$ 3 Et aduint que quand Iefus eut acheué ces ilmili- 
tudes,il fe retira de celte contree-là. 
54 *Etelhntvenuenfon pais, il les enfeignoit en 
leur iynagoguctellement qu'ils eltoyent eltonnés, & 
di(ovent,d J où vient à celtui-ci celte làpience, & ces 
vertus 5 

5 s • Ceftui-ci n'eit-il pas le fils du charpentier? fa 
mère n'elt-elle pas ap elee Marie? &fes d frères, la- 
ques^* Iolès,& Simon,& lude? 
j6 Et les fœurs ne font elles pas toutes parmi nous? 
D'où vienent donc à celtui-ci toutes ces chofes ? 

57 Tellement qu'ils eftoyent c fcandalizés en lui. Et 
Iefus leur dit, *vn Proj hete fn'eftfanshonneurjfînon 
en fon pais,& en fa maifon. 

58 Et ne rit guère de vertus à caufe de leur incré- 
dulité. 

C H A P. XI III. 

7{ceit de l'occafion de la mort de Jean Baptîfle. 15 Le Sel 
gneur rcpaifl de cinq pains feulement & deuxpoiffons cinq 
mille personnes, 25 chemine fur les eaux, 27 raffeu 
refes difcip'es ejlans en la forment e s 3 1 retire Tierre 
qu'il nejoit enfoncé dans teau s fur laquelle il mar choit par 
fon congé. 33 e/? adoré de fes difciplcs» 36 & donne 
guéri jon àplufeurspar le feul attouchement de fa robbe. 

^"TNce temps là Herode le & tetrarque ouït la re- 
-L- nommée de Ielus. 

Et dit à fes feruiteurSjCeft Iean Baptiite,il eft ref- 
£ufcitédes morts,& pourtant vertus h montrent leurin C ql qlur^ 

"or Ce en lui. me parrie du 

3 Car ■ Herode auoit prins Iean,& Pauoit lié & mis S e £ de Iu ' 
en prifon, à caufe d'Herodias femme de Philippe fon h , ou » re def - 

C r - r r fr ployer en lui. 

*Ma,c6.î 7 



-je 
4î 



"Ë v a y g iTT 



*So(Uii.ï6 



Gr. au mi- 
lieu. 



ji. lue 9.10 



* Marc 



ce poit- 
uovent eftre 
quelques 
poiflonsfecs, 
& qui fe pou- 
uo) ent man- 
ger /ans au- 
tre appareil. 
« ou.il beuit. 



4 Carleanlui difoit, Il ne t'eft pas loifïble de Ta- >} 

uoir. 

? Et euit bien voulu le mettre à mort , mais il crai- 

gnoit le populaire, pource* qu'ils le tenoyent pour 

Prophète. 

6 Orauiourdu feftin de la naifTance d'Herode, la 
fille d'Herodias danfa* en pleine fale, &pleut à He- 
rode. 

7 Dont auec ferment il lui promit de lui donner tout 
ce qu'elle demanderoit. 

8 Bile donc eftant pouffee au parauât par fa mere,dit, 
Donne moi ici en vn plat la telle de Iean Baptiire. 

9 Et!eroyfutmarri.maisàcaufedesfermens,& de 
ceux qui eitoyent à table auec lui,il commanda qu'on 
la lui baillait. 

10 Et ayant enuoyé f exécuteur , il fit décapiter Iean ! 
enlapriion. 

n Et fut la telle d'icelui apportée envnplat,&don- j 
née à la fille,& elle la prelènta à fa mère. 

12 Puis les difciples d'icelui vindrét,& emportèrent ! 
foncorps,&renfeuelirent:& vindrent /'annoncer à! 
Iefus. 

13 ''Et Iefus l'ayant oui dire, fe retira de là en vne' 
nalTeî!e,envn lieu dcfertjour eftre là à part foi. Et quâd 
les trompes eurent entendu cela, elles le fuiuirent à 
Jpied des villes. 

A 14 * Et Iefus fortant vid vne grande mukitude,& fut 
jefmeu de compafsion enuers iceux,& guérit les ma- 
Jades d'entr'eux. 

15 Or comme il fe faifoit tard/es difciples vindrent 
à liUjdifanSjCelieueftdefertj&l'heure eft defîa paf- 
fee:donne congé à ces troupes: afin qu'elles s'en ail- 
lent aux bourgades,& achètent des viures. 

16 Mais Iefus leur dit. Lis n'ont pas befoin de s'en al- 
lendonnez-leurvous-mefmes à manger. 

1 7 Et ils lui dirent,Nous n'auons ici que cinq pains 
&deux b poiifons 

18 Et il leur dit, Apportez-les-moi ici. 

19 Et après auoir commandé que les troupes s'ar- 
rangeafTent fur l'herbe ,ilprint les cinq pains & les 
deux poiflbns,& leuâtles yeux au ciel/ il rendit gra- 



S E I 6 M S. ._ lyLAJ-T.HJiJ^ 



4? 



ces.Et après auoir rompu les pains, il les bailla aur 
difciple.Sj&rles difciples aux troupes. 

20 Dont ils mangèrent tous,8cfurent rafTa fiés : puis 
recueillirent le refîdu des pièces des pains, a douze 
pleines panerees. 

21 Or ceux qui auoyent mangé eftoyent enuiron 
cinq mille homes,fans les femmes & les petis enrans. 
zi Incontinent apres,lefus b côtraignitfes difciples 
de monter fur la naflelle,& de paffer outre deuant lui, 
cependant qu'il donneroit congé aux troupes. 

12 Et quand il leur eut donné congé , il monta en la 
motagne pour eftre à part foijafin de prier. * Et le feir 
venujil eftoit là feui. 

24 Or la nafîelle eftoit ia au milieu de la mer tormen- 
tee des ondes:car le vent eftoit contraire. 

25 Et fur la quatrième veille delà nuict, Iefus vint 
vers eux ch minant fur la mer. 

16 Lequel les difciples voyans cheminer fur la mer, 
furet troublés^ifanSjC'eft vn d fantofme:& de la peur 
s'eferierent. 

27 Mais incontinent Iefus parla à eux,difant, AfTeu- 
rez-vous:c'eftmoi, n'ayez point de p^ur. 

28 Et Pierre lui refpondant,dit,Seigneur, fl c'eil toi, 
commande que i'aille vers toi fur les eaux. 

20 II dir,Vien. Et Pierre deicendu de la nafTelle, che- 
mina fur les eaux pour aller à Iefus. 

30 Mais voyant le vent fort,il eut peur: & comme il 
commençoit à s'enfbnçer,il s'efcria,difant,Seigneur, 
faune- moi. 

31 Et incontinent Iefus eitendit fa main &Ieprinr, 
fui difant,Home de petite foy,pourquoi as-tu clouté? 
3 2 Et quand ils turent montés en la naiïelle , le vent 
s'appaifa. 

3 3 Lors ceux qui eftoyent en la nafTelle , vindrent &r 
I'adorerent,difans,Vrayement tu es fils de Dieu. 
34 '• Puis eftanspafTés outre ils vindrent en la con- 
trée de Genezareth. 

3 ? Et quand les hommes de ce lieu-là l'eurent reco- 
gnu,ils enuoyerent par toute la côtree d'alentour : & 
lui prefenterent tous ceux qui fe portoyent mal. 
^6 EtleprioyentquetanUeulement ils touchaient 



* ou , douze 
pleines cor- 
beilles. 



i> <-u. à route 
inlrancefit 
monter Ces 
difciplesj&c. 

* Marc 6.46 
ican 6 1 6. 



c a(T. félon la 
diïhibuiion 
de: gardesen 
quarre alïîe- 
tes de guet. 
d c. quelque 
cho-"e qui 
leur apparuft 
pour les ef- 
pouuanter. 



Marc 6. si 



«Gr.deliurcS; 
ûuucj. 



b c'eftoycnt 
des ordonna 
ces adiou- 
ftees à la Loy 
deDieu,bail 
lees de main 
en main par 
les docteurs 
des Iuifs. 
«voyes fus j 

21. 

* Mitre 7.1. 
d Gr. quand 
il mangée le 
pain, voyez 
Gen. a$. 2<r 
e cônie pour 
dire •> qu'ils 
s'arrtftoyenr 
à ce qui n'e- 
ftoit rien 
vrayement,& 
p3(Tbyentpar 
deffus ce qui 
eft defigran 
de confeque 
ce. 

'■'Pxo.io.iz 
detli.^.16 
tnhefô 1 



44 



Ev 



A N G I L E. 



leborddefonveftement:&tous ceux qui le touche 
rent,furent a guéris. 

C H A P. XV. 

jfefits Chrift redargue l'bypocrifie & impiété des Tbarifiens, 
de ce qu'ils prefèroyent leurs traditions aux commandemes 
deDieUy 10 monftre en quoi gift& dont procède ce qui 
rend l'homme fouillé enuers Dieu, 22 deliure la fille d'v 
ne Cananeene ctvn ejprit malin, à fa feule parole, 32^ 
repaifl quatre mille perfonnes de fept pains & de quelque 
peu depoîffons tant feulement. 

1* A DoncvienentàlefusdesScribes&Pharifïés 

£\ qui efloyent de Ierufalem,difans, 
2 Pourquoi tes difciples outrepafTent-ils b Iatraditio 
des c anciens? Car ils ne lauent point leurs mains, 
d quand ils prenent leurs repas. 

Mais lui refpondant leur dit, e Et vous pourquoi 
outrepaflfez-vous le commandement de Dieu pour 
voitre tradition? 

CarDieuacommandé,difant, '"Honore ton père 
& ta mère. Item , * Qui maudira père ou mere,meure 
de mort. 

Mais vous dites,Quiconque aura dit à fon père ou 
à fa mere,Tout don qui Jera offert de par moi,fera à ton 
profit. 

Encore qu'il n'honore pas fon pere,ou fa merefera 
hors de cout'pe:& ainii auez annullé le commandement 
de Dieu par volrre tradition. 

Hypocrites, Efaie a bien prophetizé de vous,di- 

fant, 

*fJ .zi.i4% * Ce peuple-ci s'approche de moi de fa bouche, & 

m'honore de/fleures: mais leur cœur eftbien fort 

efloignédemoi. 

9 Mais en vain m'honorent-ils , enfeignans des do- 
£tvines 3 qui ne font que commandemens d'hommes. 

10 " Puis ayât appelé les troupes à foi,leur dit, Oyez 
& entendez. 

1 t Ce n'elt pas ce qui entre en la bouche , qui f fouil- 
le l'homme :mai s ce qui fort de la bouche, c'eft cela 
qui fouille l'homme. 
1 2 Lors les difciples s'approchans lui dirent,N'as-tu 



huit 20,9 
prou.z 0.20. 
•£ ?/Â20 1 
" Marc 7. 14 
f c. fait que 
la conft ience 
foi t entachée 
de péché 
eau e dequoi 
eft requis vn 
lauement no 
point exté- 
rieur, mais 
Ultérieur. 



SE LON S. MATTHIE V. 



45 



■'Marc 7.1 j 

« ou,<âns in- 
telligence 



pas cognu que les Pharifiens ont efté feandalizés, 
, quand us ont ouï ce propos ? 

1 3 Et lui refpondant,dit,Toute plante que mon Père 
celtite n'a point plantee,fera delracinee. 

14 Laiflez-les,* ce lont aueugles,côduc"teurs d'aueu- Luc 6l * 
gles.Que fi vn aueugle conduit vn autre aueugle,tous 
deux cherront en la fofTe. 

1 ç '■' Adonc Pierre prenant la parole,lui dit , Expofe 
nous celle fimilitude. 

16 Etlefus dit.Vousaufsi, eftes-vous encore a fans 
entendement? 

17 N'entendez-vous pas encore que tout ce qui en 
tre en la bouche,s'en va au ventre , & eit ietté au re- 
trait ? 

18 Mais les chofes qui fortent de la bouche , partent 
du cœur,& ces chofes-1 à fouillent l'homme? 

19 Car du cœur fortent * b penfees malignes , meur 
tres,adulteres 3 paillardifesJarrecins,fauxtefmoigna- 
ges/ detraCtions. 

zo Ce (ont ces chofes-là qui fouillent l'homme:mais 
de manger fans auoir les mains lauees, cela ne fouille 
point 1 homme. 

z 1 * Apres Iefus partant de là, fe retira es quartiers 
deTyr&deSydon. 

zz Et voici vne femme Cananéen e , partie de ces 
qunrtiers-là^ui^s'efcriajui difant,Seigneur,Fils de 
Dauid,aye pitié de moi:ma fille elt miferablemét tor- û£. j 
mentee du diable. 

Z3 Mais il ne lui refpondit mot. Lors fes difciples 
s'approchans,le pnerent,difans,Donne lui côgé : car 
elle crie après nous. 

Z4 Et il refpondit,& dit," le ne fuis enuoyé fînon aux 
brebis peries de la maifon d'Ifrael. 
z$ Et elle vint,& l'adora difant,Seigneur,aide moi 
z6 Et lui refpondant , dit , Il n'eft pas bon de prendre 
le pain des enfans,& le ietter aux petis chiens. 
Z7 Mais elle dit 3 Il eft bien vrai,Seigneur : toutesfois 
les petis chiens mangent des miettes qui tombent de 
la table de leurs maiitres. 

z8 Lors Iefus refpondant,Iui dit , O femme,ta foy eft 
gr»de:ainfi te foit fait,côme tu veux.Et dés ce mefmç 



* G en. 6.}. 
&S.21. 

b ou,di:cours 

ou, propos 

malins. 

c oiijblafrncs, 

ou, blaphe- 

me$. 

•îr Marc 7. 

24. 



dou, s'efcrïa 
vers IuLdi- 



« Sut ÎO. 6. 

afî.i$.46. 



âé- 



■ E..v.a.w 6 i ta 



*M<trcj.ii 



« Gr.iette- 
rcnt. 



" Marc.S.i 



infhnt,fa fille fut guérie. 

19 * Adonc Iefus partant de îà,vint près de la mer de 

Galileerpuis monta fur la montagne,& s'afsii là. 

30 Lors plufieurs troupes vindrent à lui, avans auec 
eux des boiteux , des aueugles, des muets , des man- 
chots,&: plu fieurs autresdefquels ils a mirét aux pieds 
de Iefus,& il les guérit. 

3 1 Tellemet que les troupes s'efmerueillerét, voyâs 
les muets parlerjes manchots eitre foins, les boiteux 
cheminer,& les aueugles voir:& glorifièrent le Dieu 
d'Ifrael. 

3 z v Lors Iefus ayant appelé à foi fes difciples, dit, ïe 
fuis efmeu de compafsion enuers celle mu!titude:car 
il y a défia trois iours qu'ils ne bougent d'auec moi, 
& n'ont que manger,& de les renuoyer à iu(n ie ne le 
vueil point,qu'ils ne défaillent en chemin 

33 Et fes difciples lui dirent , D'où nous viendroyent 
au defert tant de pains , pour ralfafier telle multi- 
tude ? 

34 Et Iefus leur dit , Combien auez-vous de pains? 
ils lui dirent,Sept,& quelque peu de petis poiiïbns. 
3? Adonc il commanda aux troupes de s'arranger 
parterre. 

3 6 Et ayant prins les fept pains & les poiiTons , après 
qu'il eut rendu graces,les rompit, & les bailla à fes 
aifcipleSj& les difciples au peuple. 
3 7 Et tous en mangerent,6V furent rafTafîés: Se enle- 
uerent du refidu des pièces de pain, fept pleines cor- 
beilles. 

3 8 Or ceux qui en auoyent mangé , eftoyent quatre 
mille hommes,fans les femmes & les petis enfans. 

32 Adonc Iefus ayant donné congé aux troupes, 
monta fur vnenalfelle, & vint es marches de Mag- 
dala. 

C H A P. XVI. 

Le Seigneur redargue l'infidélité de ceux qui lui demandoyet 
figne, 6 remonflrc à fes difciples leur ignorée, 13 ayat 
tiré d'eux la confèjfîon de la vérité touchant fa perfon- 
nejeur en déclare l'efficace <& vertu à l'adueràr: 1 1 puis 
leur defcouurant ce qui ejîoit prochain touchant jèsfouf- 



ylTON S. MA T T II r F V. 



1 

471 



fiances , reprend Pierre de fonfens charnel, 24 & les *Af^c8.n 
aduerîittom, comment ils Je doutent diîjiofer à le bien J^'J^ 
future* 

1 * T Ors des Pharifiens & Sadduciens vindrent à 

JL !ui,& le tentans,lerequirét qu'il leur môlrralt 
quelque figne a du ciel. 

2 Mais lui refpondant leur dit , Quand le foir eftve- 
nu,vousdites,ll fera beau-temps, car le ciel elt rou- 
ge. 

3 Et au matin vous dites,îl fera aujourd'hui tempe- 
ire:car le ciel b malplaifant elr rouge. Hvpocrites,vous 
fauez bien iuger c de l'apparéce du ciel: & ne pouuez 
iuger des figues d des failbns? 

4 La nation mefehante & adultereiïè demande d'a- 
bondant figne:& figne ne lui fera point donné , finon 
* le figne de Ionas le prophète. Et les laifïant s'en 
alla. 

5 *tEt quand fes difcitles furet venus à la riue de de- 
là,ils auoyent oublié a prendre des pains. 

6 Et Iefus leur dit, Aduifez,& vous donnez garde du 
leuain des Pharifiens & Sadduciens. 

7 *Orpenfoyent-ils en eux-mefines, difans, C'eft 
pource que nous n'auons point prins de pains. 

8 Et Iefus cognoiiTint cela, leur dit, Gens de petite 
foy,qu'eit-ce que vous penfez en vous-mefmes , ton- 
chant ce que vous n'auez point prins de pains ? 

9 N'entendez-vous point encores, & ne vous fou- a« twduiô» 
uient-ilplus" des cinq pains des cinq mille hommes, *rrcûokks 
& combien f de panerees vous en recueilîiires? 

10 Ne * des fept pains des quatre mille hommes , & 
combien de corbeilles vous en recueilîiftes? 
n Comment n'entendez-vous , que. ce n'eft point 
touchant le pain que ie vous ai dit, que vous-vous 
donnifsiez garde du leuain des Pharifiens & Saddu- 
ciens? 

11 Lors ils entendirent qu'il n'auoit pas dit qu'ils fe 
donnaient garde du leuain du pain : mais du leuain de 
la s doctrine des Pharifiens $z Sadduciens. 
13 Et* Iefus venant es parties de Cefaree h de Phi 
lippe,interroguafesdifciples,difant, Que difent les 
hommes qui ie fuis,moi le Fils de l'homme? - 



qui i'uft fait 
an cid>OU dil 

ici. 

\b OU , toUC 
troublcjtri- 
fte. 

c Gi.dc la fa- 
ce. 
"Sut T1.J9. 

* l»uas 2.ï. 

* Marc 8. 

X^.lltC 12.1. 
d ait tOUcllît 

laduciierr.ee 
du royaume 
de Dieu, dot 
vous auez 
tant daduer- 
tilTemens , & 
en ma doctri- 
ne, &e'i mes 
ccuurcs. 
e ou, difeou- 
royêt-ils enr 
tre eux : Se 
ainfiauver.8 
/ ou, de cor- 
beilles. 
" Sut 14. 7. 
if an 6. 5 

* Sr« iy.?4 
g afl~.laquelle 
icus le titre 



homes à vnc, 
vaine opinio 
d'eux mef- 1 
mes, &' à vnc 
apparence de 
dcuotion, les 
rëdant enfles 
d'vne prefom 
ption de leur 
iuftice. 
* Marc 2. 

2J.l'iC 9. l8 
b ainfifurnô- 
niee pour la 
difterner da 
uec l'autre 
Cefâree qui 
cftoitvnporç 
de mer. 



48 EVAWGItB . 

14 Et ils lui rebondirent , Les vns , Tean Baptifte : les 
autres, Elie : & les autres , Ieremie , ouvndesPro- 
phetes. 

1 5 II leur dit,Mais vous,qui dites-vous que ie fuis? 

16 Simon Pierre refpondant,dit,* Tu es a le Chrift,le 
Fils du Dieu viuant. 

17 Etlefusrefpondantluidit, Tu es bien-heureux, 
Simon fils de Iona-'car b la chair & le fang ne te Ta pas 
reuelé } mais mon Père qui efi e's cieux. 

18 Etietedi aufsi, que c tues Pierre, 6V fur celte 
pierre l'édifierai mon Eglife: & d !es portes d'enfer 

n'auront point de force à rencontre d'elle. 

19 Ft ie te donnerai les f clefs du royaume des cieux: 
& * quoi que tu auras lié en terre,g il fera lié es cieux: 
&quoi que tu auras deflié en terre, il fera defliéés 
cieux. 

20 Lors il commanda expreffément, qu'ils ne diiïent 
à perfonne qu'il fuit Iefus le Chrilt. 

21 t Dés lors Iefus h commença à déclarer à fes di- 
fciples,qu > illui falloit aller en Ierufa!em,& fouffrir 
beaucoup de chofes de la part des Anciens, & des 
principaux Sacrificateurs,&des Scribesi&eltre mis 
a mort,& reilufciter au troifiéme iour. 

22 Adonc Pierre Payât prins à part,fe print à le tan- 
fer,difant,Seigneur,aye pitié de toi:' ceci ne t'aduié- 
dra point. 

23 Mais lui s'eftant retourné,dit à Pierre, Va arrière 
de moi,Satan,,tu m'es k en fcandalexar tu ne comprés 
point les chofes qui font de Dieu, mais les chofes qui 
font des hommes. 

24 Lors Iefus dit à fes difciples," Si quelcun veut ve- 
nir après moi^qu'il 'renonce à foi-mefme, & charge 
fur foi fa croix,& me fuiue. 



« de Meflîas 
&Redêpteur 
promis 
* Jean 6 69 
h c. ton lens 
naturelle 
chofe quel- 
conque qui 
foir de lhoni 
tne. 

comme s'il 
difoit,Tues 
vnroc & fur 
cefte roche, 
&c. enten- 
dant non pas 
la periome 
ni l'apoftolat 
de Pierre en 
particulier , 
mais la con- 
fefiiô pronon 
cee par ice- 
lui , laquelle 
cft le fonde- 
ment de la 
vraye religiô 
Chreftténe, 
au miniflere 
del'Eglife. 

lean r.42 
*Soi*lS..$ 
iean iq.iz. 

lucg.zz. 

c. tous les 
eftorts de Sa 
tan, qui ne fe 
ront aucune- 
ment efpar- • 
gnés contre 
ÎEglife. 
11 Sont 10.38 
marc 8.34. 
/«co.23. é* 
14.27. 
« ou,n'auront 

point k deflul d'icclle. / c.le gouuernement fpirituel de mon Eglife , entendant cela non 
pas de la perfonne particulière de Pierre,ni de celle mcfmede r es compagnons, mais de 
tout 1 Apoftolat &miniftcreeuangeiique,qui eft commela porte poui entrer au royaume 
des cieux. g c.fëlon que cefte charge fera deuc'ment exen.ee enterre , le tout fera ratifié 
deuant Bieu,cefte manière de parler cft prinfe par fimilitude des cmpriionnemens & af- 
franchi/Terriens corporels,entant qu'il accompare lacaptiuiré fpintuelledu péché à mort, 
à vue captinité corporelle, b aflau. pour les fortifier de bonne heure contre le fean- 
dale de la croix, i ou, qu'ainfi ne taduiene. k aflau- entant qu'il ne tient pas à toi 
que tu ne mempefehes d'accomplir ma vocation. / c qu il captiue entièrement fort 
fens & toute 
particulier. 



là volonté au bon plaifir de Dieu, ne fai&nt aucun eftat de foi pour fon 

2i_Ctt 



SELON S. M ATTHIE V. 



49 



2 5 Car' quiconque voudra tauuer 2 ion ame, il la 
perdra:& quiconque perdra fon ame pour l'amour de 
nioi,illatrouuera. 

16 Car que profite-il à l'homme, s'il gagne tout le 
monde,& qu'il face perte de ion ame? ou que donne- 
ra l'homme pour recompenfe de fon ame? 

27 Car * le Fils de l'homme doit venir en la gloire de 
fon Père auec fes Anges,&lors*il rendra à chacun 
félon b fesœuures. 

28 "En vérité ie vous di, qu'il y a quelques vns de 
ceux qui font ici prefens , qui ne goutteront point la 
mort.iufques à tant qu'ils ayét veu le Fils de l'homme 
venir en fon règne. 

C H A P. XVII. 

Jcfm Chrifl cft transfiguré deuant trois de fes difciples, 1 1 
aujquels il déclare ce qui auoit efte prédit par les prophètes 
touchant le fécond Elie Jean Baptijle. 15 Puis deliure 
vn enfant démoniaque 3 20 aduertit fes dijciple* de leur 
défaut x & leur remontre l'excellence de la foy 3 22 leur 
réitère ce qu'il leur auoit de fia déclaré touchant {es fouf- 
franccsy 25 & paye le tribut auec vn notable miracle. 

1 * "TJ T le fîxieme iour apres,Iefus prend Pierre , & 

-CL laques,&Iean fon frère, & les mené enyne 
haute montagne a part. 

2 Et fut transfiguré en leur prefence :&fa.face re- 
fplendit comme le foleil: & fes vettemens deuindrent 
blancs comme la lumière. 

3 Et voici Moife & Elie c furent veus parlans auec 
lui. 

4 Adonc Pierre prenant la parole , dit à Iefus , Sei- 
gneur^! eit bon que nous foyons ici:fî tu veux,faifons 
ici trois tabernacles,vn pour toi,& vn pour Moyfe,& 
vnpourElie. 

5 Et comme encore il parIoit,voici vne nuée refplen- 
diifante quilesenombraipuis voila vne voix qui vint 
de la nuee,difant * Cettui-ci ett mon Fils bien-aimé, 
* auquel i'ai prins mon bon plaifir 5 efcoutez-le. 

6 Ce que les difciples ayans ouï, cheurent fur leur 
face en terre,& eurent trefgrand'peur. 

7 Adonc Iefus vint vers eux 3 tk les toucha,leur difant, 



Sut iO.$ç, 
marc 8. 55. 
lui 9.24. &• 

7.??- "*« 
12.25. 

Marc S. 16 
IUC9.15. 
x Sous 16. 
64. 

c. félon le 
train de ta 
vie, ou félon 
tout ce à 
quoi il fe fe- 
ra adonne. 
«£ lob 34..1I 
pfe.6z.il. 
rom.1.6. 

Marc <j.\, 
lue 9.27. 



^Marcç.i, 
lue 9. 28. 2. 
pier.i.ij. 



c oiijletir ap- 
parurent (là:'> 
a(Ta. comme 
les Apoftres 
Tes peurenc 
recognoiftre 
par reuelatio 
intérieure. 



%r Sus 1. 17. 

£74.42.1. 



SSL 



E V A H G I I B 



il 



Leuez-VOUS & n'ayez point de peur. 

8 Et keux efleuans leurs yeux,ne virent perfonne , fï- 
non Iefus tout feul. 

9 Et comme ils defcendoyent de la montagne , Iefus 
leur commanda,difant,Ne dites à perfonne la vifîon, 
iufquesàtant que le Fils de l'homme foit refïufcité 
des morts. 

i o Et fes difciples l'interroguerent,difans 3 Pourquoi 
donc difent les a Scribes, * qu'il faut qu'Elie viene 
premièrement? 

Et Iefus refpondant leur dit,De vrai , Elie viendra 
premièrement^ reftablira toutes chofes. 
1 1 Mais ie vous di qu'Elie eft défia venu,& ils ne Pot 

f>oint cognu:mais c lui ont fait tout ce qu'ils ont vou- 
urainfï aufsi le Fils de l'homme doit fouflfrir par eux. 

13 Adonc les difciples entendirent Hen 3 q\ie c'elloit 
de Iean Baptifte qu'il leur auoit parlé. 

14 '•* Et quand ils furent venus vers les troupes, vn 
homme vint à lui,s'agenoiïillant deuant lui: 

1 5 Et difant,Seigneur 3 aye pitié de mon fils, car il eft 
lunatique,& ell miferablement affligé : car fouuent il 
tombe au feu,& fouuent en l'eau. 

16 Et ie l'ai prefcnté à tes difciples , mais ils ne l'ont 
peu guérir. 

17 Ètlefusrefpondant,dit,0 génération incrédule, 
& de fens renuerfé,iufques à quâd ferai-ie auec vous? 
iufques à quand finalement vous fupporterai-ie?arne- 
nez-lemoiici. 

Et Iefus tanfa le diable 3 lequel fortit hors d'icelui: 
& dés ce mefme inftant l'enfant fut guen. 

19 Adonc les difciples vindrent à part à Iefus, Se lui 
dirent,Pourquoi ne l'auons-nous peu ietter hors ? 

20 Et Iefus leur>T^(7dit,C'eîl à caufe de voftre incré- 
dulité:* car en vérité ie vous di , que fi vous auiez foy 
autant gros corne eit vn grain de feméce de moultar- 
de,vous d diriez à cefte montagne,Trauerfe d'ici là,& 
elle trauerferoit:8c e rien ne vous feroit impofsible : 

21 Mais cette force f de diables ne fortpoint,finô par 
oraifon & iufne. 

f Et comme ils conuerfoyent en Galilée, Iefus 



1 



SELON S. MATTHIHV. 



11 



leur dit,H aduiendra que le Fils de l'homme fera liurc 
^s mains des hommes: 

23 Et ils le mettront à mort,mais au rroifîeme iour il 
reffufciteraJ;t /«*#/?//>/** en furent grandement con- 
trilles. 

24 Et quand ils furent venus en Capernaum, ceux 
qui receuoyent a les didrachmeSjS'adrelferét à b Pier- 
re^ lui dirent, Voftre maiftre ne paye-il pas les di- 
drachmes? 

2.5-1! dit,Ouï.Et quand il fut entré en la maifon,Iefus 

lepreuint.difantjQjietefemblejSimon ? Les rois de 

la terre,de qui prenent-ils tributs ou impolis ? eit-ce 

de leurs enfans,ou des étrangers? 

t6 Pierre dit,Des étrangers. Iefus lui respondit, Les 

enfans donc font francs. 

27 Mais afin que nous ne les fcandaliz!ons,va-t"en à 

la mer,& iette le hameçon : &pren le premier poilîon 

qui montera:& quand tu lui auras ouuert la gueule, 

tutrouuerasvn c ftatere:pren-le,&leleur baille pour 

moi & pour toi. 

C h a p. x v 1 1 1. 
Jefus Qwift reprenant Jès difctples de ce qu'Us demandoyent 
d'eflreplm grands les vus que les autres, 4 en feigne com- 
bien l'humilité eft agréable a Dieu, 1 $ déclare le deuoit 
à remontrer les fautes tant en particulier, comme par CE- 
g/ife, 21 & monjlrc combien ejl gr ad le malheur de ceux 
qui ne veulent quitter les offtnjes à leurs frères. 

1 + "C N celte mefme heure les dilciples vindrent à 

d lefus,difans,Qui elUeplus grand au d royau 
me des cieux? 

2 Et Iefus ayant appelé à foi vn petit enfant,le mit au 
milieu d'eux. 

5 Puis dit, En vérité ie vous di,que fi vous n'eftes 
chagez,& ne deuenez comme les c petis enrans, vous 
n'entrerez point au royaume des cieux. 

4 Parquoi quiconque fe fera humilié ibi-mefme, cô 
me eft ce petit enfant, c'eft ceftui-là qui eft le plus 
grand au royaume des cieux. 

5 Et quiconque reçoit 1 * vn tel petit enfant en mon 
Nom,iIme reçoit. 

f '•' Mais quiconque feandalize vn de ces petis 
— — XMi 



4 c'efloit V» 
certain tri- 
but quori 
pay oit parte» 

lie. 

b aiHcommc 
à celui qui 
ciioit des 



>l'js près de 
a peribnne 
du Seigneur. 



ce deiioit 
eftrevne pic 
ce de mon- 

noye valant 
deux di- 
drachmes» 



* Marc 9.1, t 
lue 9. 46. 
d afl'.comme 
fi rêglife de- 
Doft reiTern- 
bler aux e- 
flats de te 
monde , au£ 

3ueh il y a 
iuers de- 
grés & prefe- 
renecs. 
e alT.de mali- 
ce , no:i \>iS 
defés. voyez 
i .Cor. 14. 
f afia. v n qui 
tiert vraye- 
iii ait de co- 
Ùc enfance 
fpintuelle. 
, v Marc 9 



« « afTa.de cel 
$ les que les 

âmes faifoyét 

tourner au 

moulin. 

h afTa. entant 



S* 



V A N G T t E 



croyentenmoi,illuiyaudroit mieux qu'on lui pen- 
diftvne meule a d'afne au col , & qu'il fuit plongé au 
profond de la mer. 

7 Malheur au monde à caufe des fcandales. Car il ell 
b neceflaire que fcandales aduienent: toutesfois mal- 
heur à l'homme par qui fcandale aduient. 

8 * Que fi ta main outôpiedtefaitchopper.,coupe- 
le , & le iette arrière de toi : car mieux te vaut entrer 
boiteux ou manchot en la vie, qu'auoir deux pieds 
ou deux mainSj&eitre ietté au feu éternel. 

9 Etfitonœiltefaitchopper 3 arrache-le, & le iette 
arrière de toixar il te vaut mieux entrer en la vie,n'a- 
yant qu'vn œtl,qu'auoir deux yeux,& élire ietté en la 
géhenne du feu. 

ftdîtpihon I0 ^ renez garde que vous ne mefprifiezvn de ces 
neur,aîafaç6:petis:car ie vous di qu'es cieux leurs Anges c voyenc 
des fer rands tou fî° urs ta ^ ace de mon Père qui efi es cieux. 
feigneurMejn Car 'le Fils de Thomme elt venu pour fauuer ce 

^wd^ ci ^ 01t d P e "' 

toufiwis cd 1 z * Qu. e vous femble?fi vn homme a cent brebis , & 

face. jqu'ilyenait vne efgaree, ne lahTe-il pas les quatre 

«^//"'Vingts&dixneuÊ&s'en va aux montagnes cercher 

d c^cVlonti celle qui eftefgaree? 

on faifoù îej j j Et s'il aduient qu'il la trouue,en vérité ie vous di, 

?a°sTou dont! qu'il a plus de ioye d'elle, que des quatre vingts & 

on auoit per-jdixneuf qui n'ont point elle effarées 

du tout- 
pciance quat 
aux hommes. 



Sue la proui- 
éce deDieu 
fe veut bien 
feruir de tel- 
les occafiôSj 
mais ce n'eft 
pas pour a- 
moindrir la 
condanarion 
de ceux qui 
font caufe 
des fcâdaîes. 
* Sut 5 . $ o. 
marc o 43 



14 Aufsi la volonté de voltre Père qui efi es cieux, 
n'eftpas qu'aucun de ces petis periiTe. 
■j 1 ? * Que fi ton frère a péché e enuef s toi, va & le re- 
pren entre toj & lui feul : s'il f t'efcoute , s tu as gagné 
ton frère 

16 Mais s'il ne t'efcoute, prens-en auec toi encores 
vn ou deux:afin " qu'en la bouche de deux ou de trois 
tefmoins h toute parole foit ferme. 

17 Que s'il ne daigne les ^fcouterjdi-Ie àM'Eglife: 

particulieremët,ou,toi feul le fâchât, f afT.cn recognoiffat fa faute, g c.tuasefté Tinftru- 
ruent de la grâce du Seigneur pour le lui regagner.au lieu qu'il fe fuft perdu, h c.taremon- 
ftrance ait plus de poids. i aff.oupourla première fois.ou à plus dVnc foisrentant que ces 
reigles ici fc doiuent pratiquer félon les circonftances qui y peuuent feruir. k afTa a ceux 
quidoiuentauo;'rl.)charee J ordinaire d'adminiftrerlâdocttin?& difeipline enlEglifej co- 
me il y en a toujours eu quelque vfage entre ie peuple de Dieu ; mais aoayuéiaejic cela « 
e#f reft*bli au miniftere euangelique fous les Apoftres. 



leuiî.io. 17 
frou.7^. 9 . 
i<irj.yi 9 . 
11 Vient. 19. 
I <$.ità 8.17 
2..c.or. 15. 1. 
heb. 10.28. 
e affa.t ayant 
offenfé tui 



SELON S. MAtTHIEV, 



« 



& s'il ne daigne elcouter PEglife , * qu'il te foit corné 
•lespayens êpeagers. 

18 En vérité ie vous di,'* que quoi que vous aurez lié 
fur la terre,il fera lié au ciel : & quoi que vous aurez 
deflié fur la terre,il fera deflié au ciel. 
i<? Derechefie vous dijque fi deux d'entre vous s'ac- 
cordent fur la terre , de toute chofe qu'ils demande- 
ront^ leur lèra fait de mon Père qui ejt es cieux. 

20 Car là où il y a deux ou trois aflemblés en mon 
Nom,là ie fuis au milieu d'eux. 

2 1 Lors Pierre s'approchant de lui,dit,Seigneur iuf- 
ques à combien d- fois mon frère pechera-il contre 
moi,& ie le lui pardonnerai ? * jera-ce bien iufques à 
fept fois? 

I 2 2 lefus lui rcïpond'it , Te ne te di point , iufqu'à fept 
fois,mais iufqu'à fept fois feptante fois. 
23 Pourtant le rovaume des cieux eft accomparé à 
I vn rovjlequel voulut faire conte auec fes feruiteurs 
' 24 Et quand il eut commencé à faire conte,on lui en 
prefenta vn qui lui deuoit b dix mille talens. 
25 Et d'autant qu'icelui n'auoit dequoi payer, fon 
feigneur commanda qu'il fuit vendu,lui & fa femme, 
&fesenfans,&tout ce qu'il auoit,& que la dette fuft 
payée. 

z6 Parquoi ce feruiteur fe iettât en terreje fupplioit, 
difant,Seigneur,aye patience enuers moi,& ie te ren- 
drai le tout. 

27 Adonc le feigneur de ce feruiteur efmeu de com- 
pafsion,le relafcha,& lui quitta la dette. 

28 Mais quand ce feruiteur fut partial trouua vn de 
(es ° compagnons en feruice,qui lui deuoit d cent de- 
niers dequel il faint,& e l'eitrangloit,difant, Paye moi 
ce que tu me dois. 
2p Et fon compagno en feruice fe iettant à fes pieds, 
le prioit,difant, Aye patience enuers moi,& ie te ren- 
drai le tout. 

30 Mais il n'en voulut rien faire :ains s'en alla, & le 
mit en prifon,iufqu'à tant qu'il euft payé la dette. 

3 1 Or fes autres compagnons en feruice voyans ce 
qui auoit elle fait,furent fort marris:dont ils s'en vin- 
arent^Ôc déclarèrent à leur feigneur tout ce qui auoit 

' D iij 



Sus 16 19. 
ititn 20. 2$. 
a ou, comme 
vn paye & va 
pej^er: (..to- 
me s'il ne- 

c plus d 
peuple de 
Uicurfaufs'il 
recognoift fa 
faute en a- 
pres. 



x Luc 17.4. 



b comme qui 
diroit , vne 
iome infinie. 



c comme s'il 
difoir, côfèr- 
uireurs:&ain- 
fi confequem 
ment. 
d afT.vnetref- 
petite Tom- 
me , & corne 
rie au prix de 
ce qui lui ve- 
noir d'eftre 
quitte. 
t c. le renofe 
à la gorge , le 
trairrant du 
tout inhu- 
maniement. 



é ott,aux«e- 



cutcurs. 
h afiau pour 
môftrer qt 
Dieu ie- 
quiert prin 
cipalemcnt 
Se propremet 
vue affection 
franche pro 
cedanr du 
cœiu:&neât 
moins que 
quant à l'ex- 
térieur , il 
n'eft pas dé- 
fendu d'vfcr 
de discrétion 
conuenable 
pour mon 
{tre 'arecon 
ciliation, en 
ibrre qu on 
Beprene oc 
cafion d'en 
abufer. 

* Sim 6 14. 
w ■-■ 11.26. 
'•'Marc 10 2 

e ou, fui'.iant 
le tilWge du 
ïord, in :an*à. 
laiffant Sj 
marie à main 
droite. 
d affau. ceux 
qui ëftoye - 
ma'ades de 
tie eux 

* Ge'n 1.17 
^Gen.i. -4 
I.CO' 6.16. 
eph<>r.$.-$2. 
e c Pelpiaos 
pour voir s'il 
ai.-oir quel 
que '.hofe 
contraire à la 
Loy. 

/ on , pour 
caufe quel- 

COr.q.je. 

* Deu 24.1. 
g afl*parAda 
in /pire diui- 
n entent 



comme pa 
tant au Nom 
du Seigneur. 
h Gr. repu» 

diçricçlle. 



U 



TANCÎH 



efté fait. 

3 z Lors Ton feigneur l'appela à foi, & lui dit , Séna- 
teur mefchant,ie t'ai quitté toute celte dette, pourau- 
tant que tu m'en as prié: 

33 Ne te faloit-il pas auffi auoir pitié de ton compa 
gnon en feruice,ainfî que i'auoy' eu pitié de toi? 
3 4 Adonc fon feigneur courroucé le liura a aux fer- 
geans,iufques àcequ'iiluieuftpayétoutce qu il lui 
eltoit dcu. 

3 5 * Ainfî vous en fera aufsi mon Père celefte,u* vous 
ne pardonnez b de cœur chacun à fon frère fes 
fautes. 

C H A P. XIX. 

Enfeignemens touchant tes diuorces y 8 la première inftitu- 
t ion du maria?e> 12 les eunuques fpirituels, 13 l'im- 
pofîi ion des mains fur les petit enfiins, \6 le moyen d'à- 
uoir la vie et émette* 27 & c e que doiuent attendre ceux 
qui quittent tout pour • future le Seigneur, 

ADuintque quand lefus eut acheué ces pro- 
posai fe partit de Gaîilee,& vint es quartiers 
de Iudee/ par outre le Iordain, 
- Et grandes troupes le fuiuirent,&là il d les guérit. 
; Lors des Pharifîens vindrent à lui ç le tentans , & 
ui difans, Eft-il loiiîble à l'home de répudier fa fem- 
me f pour quelque occalion que ce foit? 

Lequel refpondant leur dit^N'auez-vous point leu 
que ceJui qui les a faits dés le commencemét les fit 
mafle& femelle? 

$ Et qu'il s dit ,f Pour cette caufe l'homme delaiffera 
?ere & mere,& s'adioindra à fa femme,8c* les deux fe- 
ront vne mefme chair. 

6 Par amfi ils ne font plus deux,mais font vne mefme 
çhair.Çe donc que Dieu a conioint , que l'homme ne 
e iepare point. 

t Ils lui dirent," Pourquoi donc Moyfe a-il commâ- 
dé de bailler la lettre de diuorce , & h répudier fa 
èmme? 

S II leur dit,Celt que Moyfe pour la dureté de voltre 
çœur^vous a permis de répudier vos femmes : mais 



*(-; 



1 



SELON S. MATTHIIV. 



il 



du ■ commencement il n'eitoit pas aTrïïu 
5? * Or ie vous di,moi , que quiconque répudiera fa 
femme , finon pour cas de paîllardife , & le mariera à 
vne autre,commet adultere;& qui iè fera marié à cel- 
le qui eit repudiee,commet adultère. 
10 Ses difciples lui difent,Si tel eft b l'affaire de l'ho- 
me auec la femme,il n'eit point expédient de fe ma- 
rier. 

ii Mais il leur dit, Tous ne comprenent pas cela, 
mais ceux aufquels il eit donné. 

1 2 Car il y a des eunuques qui font ainfî nés du ven 
tre de leur mere:& y a des eunuques 3 qui ont elle faits 
eunuques par les hommes:& y a des eunuques qui k 
font c faits eunuques eux-mefmes pour le rovaume 
des cieux.Qui petit comprendre ceci,\t comprene. 

13 '•* Alors lui furent prefentés des petis enfans , an* 
qu'il leur impofafi: les mains , & qu'il priait, dont les 
difciples les tanferent. 

14 Mais Iefus leur dir,LailTez les petis enfans , & ne 
les empefehez point de venir à moi: car à tels eit k 
royaume des cieux. 
1 ? Et leur ayant impofé les mains,il fe partit de là. 

16 * Et voici,vn certain s'approchant lui dit, Maiirre 
qui es bon,quel bien ferai-ie,afin que i'aye la vie eter 
nelle ? 

1 7 II lui ^Ço»dit,Pourquoi m'appelles-tu bon?il n'\ 
a nul bon <\\ïvn :) aff'auoir Dieu:que fi tu veux entrer er 
la vie,garde les commandemens. 

18 II lui dit,Quels?Et Iefus lui refiondh,* Tu ne tue 
ras point.Tu ne cômettras point adultère. Tu ne def- 
roboeras point. Tu ne diras point faux tefmoigna 
ge: 

ip Honore ton père & ta merentem, Tu aimeras ton 
prochain comme toi-mefme. 

20 Le ieune homme lui dit,I'ai gardé toutes ces cho 
fes dés ma ieunefferque me defaut-il encore? 

21 Iefus lui dit, d Si tu veux eltre parfait , va , ven cq 
que tu as,& adonne aux poures:& tu auras vn thre- 
for au ciel,puis vien,& me fui. 
•22 Mais quâd le ieune home eut entédu celle parole 
îl s'en alla tout triite;car il auoit de grands biens, 
1 D_Jiij 



"" Su* j.?*« 

marc 10 11. 
lue 16.18.1. 
cor, 7. 10. 

4 r.ci) I- pre- 
mière infti- 
tution du nu 
riagcqtii de- 
uoiteir cnn- 
miub'e. 
b ou,lacon- 

dilfO'i. 

c a/feu ceu« 
qui <e fentâs 
p rtic: ,; eve- 
mert appelés 
polir vaquer 
au «et ui< c de 
Dieu sabftîe 
ne: t Tanche 
ment dcrn;i- 
te condition 
de meCnagc. 
'•* Mire 10. 
il. lue 18. 

d c.puiî que 
tu fensen xx 
corfcicnce, 
ci)e ru n'as 
pa„ cu'-re 
pi- fîté en la- 
mour de 
Dieu&detS 
p r or,'a'nc6- 
mc ru dois, 
retrâche vue 
bonne fois 
tout ce qui te 
peut ci <;„:- 
der de fcrutr 
c --± ->cliemcnc 
àr>ieu: 'o t 
ceft exemp'e 
n'a deu cAre 
tir- en con- 
icqi' 'i ce or- 
dinaire V^Ut 

en recueillir 
vnereîglc de 

perf'fli'Mi 
prPUi.ilue. 
* Marc 10. 
17 '«c 18. 
18. 

& fuutans. 



* ou.ch able. *g 
b aHau.quVM* 
riche attaché 
de cœur à Tes 
richerTes,foit 
fâuuc. 

e affa. entant 
qu'il defpouil 
le les riches 
de l'amour 
de ce Môcie. 
d eau refta- 
bliflement v- 
niuerfel. 
voyez A<ft.$. 
21. 

*Ier.zz.ij. 
'•' Marc 10. 
2 S. ImiZ. 

28. 

f afTtenansle 
premier rang 
entre les ef- 
leus deDieu, 
& eftas côme 
affeffeurs de 
Iefus Chrift 
en Ta gloire, 
ou, pour con- 
damner le 
Monde. 
^Luczi.^o 
f aJTau. à l'et 
gard du con- 
tentement de 
1'efpnr > ou 
mefme de 
TeffeA exté- 
rieur dvne 
bénédiction 
Extraordinai- 
re que le Sei- 
gneur lui 
peut en- 
uoyer. 

"£ Sou* io. 
lô.nuïC 10. 
31./KCI3. 
30. 

g c. pour le 
prix courant 
dumarchéjle 
denier des 
anciens valat 
de trois à 
quatre fouis 
tournois. 
h afïj. depuis 
le foleil leué: 
& ainfi con- 



"FT 



ANGILE 



23 A donc Iefus dit à Tes difciples, En vérité ie vous 
di,qu'vn riche entrera difficilement au royaume des 
cieux. 

24 Et derechef ie vous di,Tl eft plus aifé quVn a cha- 
meau pafle par le pertuisdVne aiguille , quVn riche 
entre au royaume de Dieu. 

25 Ces chofes ouies,fes difciples s'eftonnerent fort, 
difans,Qui eft-ce donc qui peut eftre faùué? 
16 Et Iefus les regardant leur dit,Quât aux hommes, 
b cela eft impofsible:mais quant à Dieu* toutes cho- 
fes c font pofsibles. 

27 -Adonc Pierre prenant la parole lui dit, Voici 
nous auons tout delaiffé,& t'auons fuiui.que nous en 
aduiendra-ildonc? 

28 Et Iefus leur dit,En vérité ie vous di,que vous qui 
nYauezfuiui, d en la régénération, quand le Fils de 
Thomme fera afsis au throne de fa gloire, * vous aufsi 
ferez afsis fur douze thrones , e iugeans les douze li- 
gnées dlfrael. 

19 Et quiconque aura delaiffe maifons,ou frères, ou 
fœurs,ou pere,ou mere,ou féme,ou enfans, ou châps 
à caufe de mon Nom,il en receura f cent fois autant, 
& héritera la vie éternelle. 

3 o tMais plùfieurs qui font premiers,ferôt derniers: 
& les derniers feront premiers. 

C H A p. XX. 

Similitude des ouuriers loés pour trauaiïler en la vigne. 1 7 
Le Seigneur aduertit derechef 'fes difciples defes fouffrcin- 
ces prochaines 3 & de fa refurreclion, 20 reprime l' am- 
bition de deux d'entre iceux, 30 & guérit deux aueu- 
glespres de Jerico. 

1 •"> Ar le royaume des cieux eft femblable à vn pe- 
V> re de famille , lequel eft forti incontinent au 

poinct du iour pour loer des ouuriers pour fa vigne 

2 Et quâd il eut accordé auec les ouuriers à vn s di 
nier par iour,il les enuoya à fa vigne. 

3 Puis eftant forti enuiron h les trois heures,il en vid 
d'autres qui eftoyent fans befongne au marché: 

4 Aufquels il dit, Allez-vous en aufsi à ma vigne, & 
ie vous baillerai ce qui fera de raifon, 



de- 



SELON S. M ATT H II V. 



57 



ï Et ils s'y en allèrent. Puis fortit derechef enuiron 
iix & neuf heures 3 & fit de mcfrnes. 

6 Et enuiron les onze heures il fortit, &r en trouua là 
d'autres qui eitoyent fansbefongne, aufquels il dit, 
Pourquoi vous tenez-vous ici tout le iour à rien 
faire? 

7 Us lui rendirent, Pource que perfonne ne nous a 
loués.£f il leur dit, Allez-vous-en aufsi à ma vigne, & 
vous receurez ce qui fera de raifon. 

8 Quand donc le foir fut venu, le mailtre de la vigne 
dit à celui qui auoit charge de Tes affaires, Appelé les 
ouuriers,& leur paye leur loyer : commençant depuis 
les derniers iufques aux premiers. 

9 Adoncceux de deuers les onze heures eftans ve- 
nus, ils receurent chacun vn denier. 

io Or quand les premiers furent venus, ils cuidoyét 
plus receuoir : mais ils receurent aufsi chacun vn de- 
nier. 

i r Et l'ayans receu, murmuroyent contre le père de 
famille, 

ii Difans, Cesderniers-ici n'ont befongne'qu'vne 
heure,& tu les as faits pareils à nous, qui auons porté 
le faix du iour & le halle. 

13 Et il relponditàlVnd'eux,&:dit,Compagnori,ie 
netefai point de tort:n'as-tupas accordé auec moi 
à vn denier? 

14 Pren ce qui efttien,& t'en va:mais fi ie veux don- 
ner à ce dernier autant comme à toi: 

1? Nem'eir-il pasloifible de faire ce que ie veux de 
mes biens? Ton oeil A eit-il malin de ce que ie fuis 
bon? 

\6 Ainfi* les derniers feront premiers : & les pre- 
miers, derniers :car •' plufieurs font appelés, mais peu 
efleus. 

17 Et * Iefus montant en Ierufalem,print à part fur le 
chemin fes douze difciples,& leur dit, 

18 Voici, nous montons en Ierufalem, & le Fils de 
l'homme fera liuréaux principaux Sacrificateurs & 
aux Scribes, & ils le condamneront à mort. 

19 Et le liureront aux nations pour s'en mocquer, & 
le fouetter, t 6c crucifier: mais au troifiéme iour il 



c. cft-i! 
cnuieux , fc 
defpitant du 
aien d'autroL 
Sus 19.20. 
marc 10.51. 
lui 13. 30. 

• Sous 2 2. 

[4. 
* Marc 10. 

12. lltC iS. 

3i- 

^Uani%* 

3*. 



V A N G I L E 



*Msn io. 
55< •■! 

* C. qtl ll$ 
tiencnt les 
premiers 
rangs en ton 
eftat, comme 
s'il s'acrifToit 
de quelque 
auancement 
en la cour 
d'vn grand 
Prince. 

b aflàu.ause 
deux fils d'i- 
celle,.-def- 
quels proce- 
doir la demâ- 
de. 

"Marc io. 
41. 

c c. porter 
voftre part de 
mes fouffran- 

cc-s,en voftre 
efgard. 
d ils carient 
ainfi fimple- 
ment , fans 
bien enten- 
dre dequoi il 
sagift. 
^Sous 23. 
II. 

<* Luc 22. 
^7- 

* 1. Tz'w 2. 

é.ttr.2.14.] 

fier. t. 19 

* Aftf rc ï o. 
46./»Ci8. 

c a(ïà. entant 
que cela de 
pend c vn 
autre eftat 
que n'eft le 
mie't prêtent. 
/afia. entre 
vous qui cftes 
ordonnés pa- 
ftcurs des a- 
mes,&n6pas 
Seigneurs 
des corps. 



~5* 

reifulcltëra. 

20 *Lors la mère des fils deZebedeevintàluiauec 
fes fils , fe proiternant , & lui demandant quelque 
chofe. 

21 Et il lui dit , Que veux-tu ? Elle lui dit , Ordonne 
que mes deux fils qui font ici , foyent a afsis Pvnà ta 
main droite^ l'autre à ta gauche, en ton royaume. 

22 Et Iefus refpondant, b dit, Vous ne fauez que vous 
demandez: pouuez-vous boire la c coupe que ie doi 
boire, & ertre baptizés dubaptefme duquel ie doi 
eftre baptizé ? Ils lui diiènt, d Nous le pouuons. 

23 Et il leur dit , De vrai vous boirez ma coupe , & 
ferez baptizés du baptefme , duquel ie ferai baptizé: 
mais de feoir à ma main droite ou à ma gauche,ce n'eft 
point à e moi de le donner, mais il fera donné à ceux 
aulquels il ell préparé de mon Père. 

24 "Les dix d^mayansouï cela , furent indignés 
contre les deux frères. 

25 Parquoi * Iefus les ayant appelés vers foljeur dit, 
Vous fauez que les princes des" nations les mailtri- 
fent; &les grands vient d'authorité fur icelles. 

16 Mais il ne fera point ainfi entre vous:ains quicon- 
que voudra élire grand f entre vous, foit voftre mini- 
ère: 

27 *Et quiconque voudra eftre premier entre vous, 
foit voftre (bruiteur, 

28 Tout ainfi "que le Fils de l'homme n'eft point ve- 
nu pour efrre ferui , * mais pour feruir, * & donner fa 
vie en rançon pour plufieurs. 

19 * Et comme ils fe partoyét de Ierico, grande trou- 
pe le fuiuit. 

3 o Et voici, deux aueugles qui eftoyent afsis près du 
chemin,ayans ouï que Iefus pafïoit, crièrent, difans, 
Seigneur fils de Dauid , aye pitié de nous. 
31 Et la troupe les tanfa, afin qu'ils feteufient: mais 
iceux crioyent tant plus fort, difàm, Seigneur, fils de 
Dauid, aye pitié de nous. 

3 2 Et Iefus s'arreftant les appela, & dit,Que voulez- 
vous que ie vous face? 

3 3 Us lui dirent, Seigneur , que nos yeux foyent ou- 
uerts. 



S E t OMS. M A T T H ItY. 



59 



34 EtTefusmeu decompafsion toucha leurs yeux:8? 
incontinent leurs yeux recouurerent la veuë , &ils le 
fuiuirent. 

C H A P. XXI. 

te Seigneur fait fon entrée royale en Jcrufalcm, 1 1 cb.ifje du. 
temple les marchands, \6 maintient l'accueil a lui fait 
{'M- les infans , contre h mite des Sacrificateurs, 1 8 mon- 
ftrcfa vertu, & la vertu de lafoy, à Poccafion d'vn figuier 
qu'il maudit, i 3 fermé la bouche aux Sacrificateurs, pré- 
tendant ignorer jon auiborité, 28 &p.ir deux fimilitudes 
bien cxprcjjcs les redrgue de leur mejebanceté. 

1 ^-x R* quand ils furent rres de Ierufa!em,&: furet 
V/ venus à Beth-ph igé, au mot des Oliuiers, lors 

Iefus enuoya deux difciples, 

2 Leur difant , Allez en la bourgade qui eft vis à vis 
de vous,&: incontinent vous trouuerez vne airelle at- 
tachée, tkfon poulain auec elle : deitachez-les , & me 
les amenez. 

3 Que fî quelcun vous dit quelque choie , Vous di- 
rez que le Seigneur en a à faire : a & incontinent il les 
enuoyera. 

4 Or tout cela fe fit , afin que fuit accompli , ce dont 
auoit elté parlé le Prophète, difant, 

Dites à la fille de S ion, Voici, * ton Roy vient à 
toi, débonnaire , 8c monté (urvneafnefTe, b & le pou- 
lain c de celle qui elt fous le ioug. 

Les difciples donc s'en allèrent, Se firent ainfî que 
Iefus leur auoit ordonné. 

7 Et amenèrent PafnefTe,& le poulain,& mirent leurs 
veftemens deiîus,&le firent arTeoir d fur iceux. 

8 Adonc grandes troupes eftendirent leurs robbes 
pa r le chemin,& les autres coupoy et des rameaux des 
arbres , & les eftendoyent par le chemin. 

Et les troupes qui alloyent deuant,& qui fuiuoyet, 
crioyent , difans , * Hofanna, e au fils de Dauid,benit 
{oit celui qui vient au nom du Seigneur : Hofanna es 
BtMxtrçf-hauts. 

io Et quand il fut entré en Ierufalem, toute la ville 
fut efmeuë,difant,Qui elt ceitui-ci? 
x 1 Et les troupes difoyent^Cell Iefus le Prophete,ds 



* Marc t r. 

.luciy.iy. 

a ou ,& qmn- 

ontinent il 
les rcmioye- 
ra:a(T. le Se»-; 
gneur>&no- 
tczque fcloa 
1 vû^e des 
anciens , kï 
lin es fer- 
a'oyent ordi- 
nairement , 
porter les 
peifonncs 
nefmcs de 
qualité, voi- 
:?. Ing j.io. 
•' Zac. 9.9. 
ean 12. 1 ç. 
<E/i.62 11. 

ou, afia.fur 
£ petit :i.:hu. 

.-'fa. d'vn 
ifnerTe c;ui 

clejouç. 
I aflair. ftir 
curs vefte- 
nenî. 

ou , pour 
c fils, &c. 8c 

nfi au ver. 

Pfe.uS. 
S .&26. 



l<fo E v a u g i tT 



* afTau. enbNazareth de Galilée. 

S* P a3 ** Et * Iefus entra au teple de Dieu,& chaffa dehors 
du peuple , jtous ceux qui vendoyent & achetoyent a au temple,& 

leîia'ift du t a c U j renuer ^ a ^ es ta ^ es des changeurs,& les felles de ceux 
pie. Iqui vendoyent les pigeons. 

Marc IÏ.J13 Et Meur dit, Il eitefcrit, 7 Ma maifon fera appelée 
Il !tl2V 'rnaifon de prière: * mais vous en auez fait vnecauer- 
J$ jne c de brigands.. 

b a (Ta.à ccuxj 14 Adonc des aueugles & des boiteux vindrent à lui 
rZr'l^tempIe^il les guérit. 

vne foire , & j 1 5 * Mais quandles principaux Sacrificateurs &les 
^ c ^ n gc ; ux |Scribes eurent veu les merueilles qu'il auoit faites,& 
Sacrifies- Iles enfans crians au temple^ difans, Hofanna au fils 
leurs qui îwjdg Daujd il s en furent indignés: 

y mainte- »-. t • j- ^- D • i«/- «▼ 

noyent. \i6 Et lui dirent. Ois-tu ce que ceux-ci difent? &Ie- 
-■ Efk. 5 6 .7. fus leur dit. Ouï: ne leuites-vous iamais , " Tu as d ac- 

* 1 e /' 7 ' * ** compli la louage parla bouche des enfans, & de ceux 

y- Marc n. ./\ . . y * 

^ 7 quitettent? 

■ pVè. 8.5. \ J 7 Et les ayant Iaiiïes, il fortit hors de la ville, pour 

c ahau. vousjs'en aller en Bethanie , & logea là. 

foSondes | J 8 * Or le matin comme il retournoit en la ville , il 

iâcrifîces & Jeutfaim. 

pour' eïerccr i *? Et v°y ant vn figuier , qui eftoit fur le chemin , il 

rcu-cs anari- s'y adrelTa , & n'y trouua rien finon des fueilles feule- 

"^fr p ,-,? f l"!nient,& lui dit, Que plus ne naiffe aucun fruicl: de toi 

de Dieu. a iamais, & incontinent e le hguier lécha. 

d ou,eftabii.l 20 £ es dirciples ayans veu cela,s'efmerueillerent,di- 

ao arc XI 'ifans 3 Commenteft le figuier à l'inftantdeuenu fec? 



*Sfcf 17 iopi Iefus refpondant leur dit, En vérité ie vous di, 
Sus 7.7. pourueu que vous ayez foy,&que vous ne foyez point 



*~ 7*. 

i»«rc n.24. |en doute ,~non feulement vous ferez ce qui a elle fait 



lue 1 r 9. 



au figuier:mais aufsi * Ci vous dites à celte montagne, 
v ./M^c ri; !Ofte-toi,& te iette en la mer,cela fe fera. 
iiMic ^o.r.122 * Et quoi que vous demandiez en priant, fi vous 
* ce qui ad- cr0 yez,vous le receurez. 

unit pur vue ■;. _ a . 1 1 r 11 • 

25 Puis quand il hit venu au temple, les principaux 
Sacrificateurs , Bdes Anciens du temple , vindrent à 
lui comme il enfeignoit,& dirent, De quelle authori- 
té fais-tu ces chofes? &qui eft celui qui t'a donné 



p 

fâincftc difpë- 
fârfon , pour 
monftrer la 

fouucr.îine 
puifîance du 

iKc gn fon ra * celte authorité? 

obeifftnce & 
&bmifsionau 



regard de fon aneantirïement. 



SELON S. MATTHIEV. 



f\ 



14 Iefus refpondant leur dît, Ievousinterroguerai 
aufsi d'vne chofejaquelle fi vous me dites,ie vous di- 
rai aufsi de quelle authorité ie f'ai ces chofes. 
i$ Le a Baptefme de Iean d'où eftoit-il ? b du ciel , ou 
r des hommes? Or ils difputoyent en eux-mefmes, di- 
fans, Si nous difons, Du ciel: Il nous dira , Pourquoi 
donc ne d l'auez-vous point creu? 
i6 Et fi nous difons , Des hommes : nous craignons 
les troupes: car * tous tienent Iean pour Prophète. 

27 Adonc ils refpondirent à Iefus, difans, Nous ne 
fauons. Et lui aufsi leur dit , le ne vous di point aufsi 
de quelle authorité ie fai ces chofes. 

28 Mais que vous femble?Vn homme auoit deux fils: 
& venant au premier,lui dit y Mon fils va-t'en, & befon 
gne auiourd'hui en ma vigne. 

Z9 Eticelui refpondant dit, le n'y veux pointer: 
mais puis après s eihnt repenti,il s'y en alla. 

30 Puis vint à l'autre, & lui dit de mefme , lequel re 
fpondit, & dit, l'y vai, Seigneur : mais il ne s'y en alla 
point. 

31 Lequel de ces deux fit la volonté du père ? Ils lui 
difent , Le premier. Iefus leur dit, En vérité ie vous di 
quclespecigers &les paillardes vous deuancent e au 
royaume de Dieu. 

3 2 Car Iean eft venu à vous par la f voye de iuftice,oV 
vous ne l'auez point creu: mais les peagers & les pail- 
lardes l'ont creu:& vous ayans veu cela, ne vous elles 
pointrepentis puis après pour le croire. 

33 Efcoutez vne autre fimilitude. v II y auoit vn père 
de famille, qui planta vne vigne , & l'enuironna d'vne 
haye, & creufaen icellevn prefïbir,& y battit vne 
tourpuis la loa à des vignerons,«& s'en alla dehors. 

34 Or la faifon des frui&s eftit prochaine, il enuoya; 
fes feruiteurs vers les vignerons,pour en receuoir les 
fruicts. 

35 Mais les vignerons ayans prins fes feruiteurs 
§ fouettèrent l'vn,& tuèrent l'autre,& alTommerent de 
pierres l'autre. 
%6 Derechef il enuoya d'autres feruiteurs en plus 
grand nombre que les premiers,& ils leur en firent de 
mefmes. 



* entendant 
aufsi par ce 
moc tout le 
miniitcrc 
d'icelui, 
b c. de Dieu, 
comme Dan. 
4. 26.&Iean 

.î-72. 

*Sus 14. J. 
c c. a-il efté 
introduit de 
rauthorité 
des hommes? 
à afTa. pour 
vous amen- 
der , & rece- 
uoir le réf. 
moignage de 
la venue du 
Sauueur par 
la bouche de 
Iean. 



e c. en ro- 
be iflance de 
l'EuangUe. 

/ c auec va 
tel tefmoi- 
gnage de vie 
& de doérri- 
ne qu'il n'y a 
rien eu à re- 
dire en lui. 

1er. 1. 21. 
mort 12.1. 

lue 20.9, 



g ou, bleue- 
rem lYn. 



'Souszé.i 
ér zy.i.teaa 
ïi.53. 



"V Cil 9.11 
tfa. 8. 14.^ 
28.16. //, 
2 0.1 7.4 c?. 4 
II. rom. 9. 
ll.i.pier.z. 

ou, la pnn 
cipalc pierre 
Sec. 

lue 20.18. 
h ou, efera- 
fera. 



* Luc 14. 

itf.apo.io 7 



61 



V A tt G ï L £ 



37 Finalement il enuoya vers eux ion propre fils ,di- 
îant, Ils porteront reuerence à mon fils. 
3 8 Mais quand les vignerons virent le fils, ils dirent 
entre eux, Ceftui-ci eit l'héritier: * venez, mettons-le 
à mort,& nous faififïbns de Ton héritage. 

3 9 Et l'ayans prins, le ietterent hors de la vigne, & le 
mirent à mort. 

40 Quand donc le Seigneur de la vigne fera venu, 
que fera-il à ces vignerons-la ? 

4 r Ils lui difent, Il les fera périr malheureufemét co- 
rne mefehans , & loè'ra fa vigne à d'autres vignerons, 
qui lui rendront les fruicts en leurs laiton s. 

42 Et Iefus leur dit, Ne leuftes-vous iamiis es Efcri- 

tures , '•' La pierre que les editians ont reiettee , eit de- 

uenue a la maiftreiTe pierredu coin. Ceci a efté fait par 

le Seigneur , & eit chofe merueilleufe deuant nos 

yeux. 

4$ Pourtat vous di-ie, que le royaume de Dieu vous 

fera ofté,& fera donné à vne nation qui rapportera les 

fruicts d'icelui. 

44 Or * celui qui cherra fur cette pierre, fera du tout 

froifler& celui fur qui elle cherra,elle le b brifera. 

4Ï Et quand les principaux Sacrificateurs & les Pha- 

riiîens eurent entendu ces fimilitudes , ils apperceu- 

rent qu'il parloit d'eux. 

4^ Et cerchans de l'empoigner, ils craignirent les 

troupes,pource qu'on le tenoit pour Prophète. 

C H A P. XXI 1. 

Similitude des nopees du fils de quelque grand roy , pour nous 
repre [enter comment le Seigneur nous attire k la commu- 
nion de [on Fils. 1 ? fefits cbrift fit is fait à la que ft ion des 
Vbarijîens touchant les tributs , 23 maintenant la vérité 
de la doctrine de la refurreftion ,35 re[pond touchant les 
commandemens de la Loy> 41 & déclare l'excellence de la. 
pcr[onne du Me[siaspar dejfus Dauid 3 par le propre tefinoî* 
gnage de Dauidmefine. 

1 T Ors Iefus prenant la parole, leur parla derechef 

-L en fîmilitude, difant, 

* Le royaume des deux eft femblable à vn roy qui 
fit les nopees de fon fils. 



StlON S. MATTHTET. 



-<ll 



5 Etenuoyafes feruiteurs pour appeler ceux oui a 
uovent efte conuiés aux nopces,mais ils n'y vouturét 
point venir. 

4 Derechef il enuoya d'autres feruiteurs, difant, Di- 
tes à ceux qui eftoyent conuiés, Voici, i'ai apprefté le 
difnet • a mes taureaux , & mes bettes engraiftees font * ™£fiuui£ 
tuées, &tout eft preft, venez aux nopces. 

5 Mais iceuxn'en tenans conte,s'en allèrent l'vn à fa 
metairie,&: l'autre à fa trafique. 

6 Et les autres prindrent fes leruiteurs , & les outra- 
gèrent^ tuèrent. 

7 Quand le roy l'entendit,il fe mit en colere,& y ay at 
enuoyé fes gendarmes , fit périr ces meurtriers-la , Se 
brufl.i leur ville. 

8 Alors il dit à fes ferurteurs, Or bien, les nopces 
font appreltees , mais ceux qui eftoyent conuiés n'en 
eftoyent pas dignes. 

5> Allez donc aux quarrefours des chemins,& autant 
que vous en trouuerez,conuiez-les aux nopces. 
io Adonc fes feruiteurs fortirent vers les chemins, 
& aftemblerét autant qu'ils en trouuerent,tant b mau 
uais que bons, tellemét que le lieu des nopces fut ré 
pli de gens qui eftoyent à table. 
1 1 Et le roy y eftant entré pour voir ceux qui eftoyét 
à table , vid là vn homme qui n'eftoit pas veftu de rob- * s«* 8. r ; 
be de nopces: 

i z Et lui dit , Compagnon, comment es-tu entre - ici 
fansauoir vne robbe île nopces ? & il eut la bouche 
clofe. 

1 3 Adonc le roy dit aux feruiteurs , Liez le pieds & 
mains , & le iettez es ténèbres de dehors , * là y aura 
pleur & grincement de dents. 

14 Car '•" plusieurs font appelés, mais peu font efleus. 

1 5 * Alors les Pharifiens s'eftans retirés , prindrent 
confeil comment ils l'enlaceroyent en parole. 

1 6 Et lui enuoyerent leurs difciples auec des c Hero- 
diens,difans.Maiftre,nous fauons que tu es véritable, 
& que tu enfeignes la voye de Dieu en vérité, & ne te 
chaut de perfonne: car tu ne regardes point à d l'appa- 
rence des hommes. 

1 7 Pi nous donc que te femble*eft-il loifible de don 



Ij c. fans iî~ 
ftinction de 
ceux qui tuf- 
fenr peu feni- 
blcr plus ca- 
pables les vn$ 
que les au- 
tres. 



fous 24. jr, 

'•' Sus 20 1 6 
* M*rc 1 i. 
1 $ . lue 20. 

20- 

c cepouuoi» 
ent eftrc de» 
gens fuiuan* 
quelque reli- 
gion affedee 
à Herode, o« 
mettans He- 
rode comme 
pour leur 
Sauueur , 
pour le ~M.eC- 
fias. 

d Gr. à la fa- 
ce des hom« 
mes. 



H 



E 



VANGILE 



« c'cftoit vne 
dette lacree 
en foi : mais 
depuis que 
les Magi- 
strats profa- 
nes auoyent 
obtenu puif- 
lânce fur les 
Iuifs , ils ne 
la leur pou- 
uoyent plus 
denier abfo- 
luemet,moy 
ennant que 
ils ne quittaf- 
fent leur de 
uoir en u ers 
le feruice de 
Dieu. 

*R 07?/. 13.7. 
'•'Marc ît. 
li.luc 20. 

^Deut. 25.5 
b aff. la pièce 
de monnoye 
qu'on payoit 
pour le tribut 
c ils alleguét 
expreuement 
Moyfe, pour- 
ce qu'ils ne 
saftraignoi- 
ent à aucun 
autre liure de 
l'Efcriture 
Jâincl:e,quai:t 
à eux. 

d affau. par 
droit & dc- 
uoir de pro- 
chaineté.voi- 
çzGe..?8.8. 
'C S 'ao. 1.6. 
" Sus 7. 28 
•*• Marc 1 2 



donner le a tribut à Ce(ar,ou non? 

18 Et lefus cognoiflant leur malice, dit,Hypocrites, 
pourquoi me tentez-vous? 

19 Monitrez-moi la mônoye du tribut. Etilsluipre- 
fenterent b vn denier. 

20 Et il leur dit, De qui eil cette image, & celle eferi 
ture. 

Ils lui difent, de Cefar. Lors il leur dit, * Rendez 
donc à Cefar les chofes qui font à Cefar: & à Dieu 
celles qui font à Dieu. 

2 2 Oyans cela,ils s'efmerueillerent,& le laiffans s'en 
allèrent. 

23 v Ce iour-la les Sadduciens,(qui difent qu'il n'y a 
point de refurrec1:iô)vindrét à lui, &l'interroguerét: 

24 Difans , Maiftre,* c Moyfe a dit s (i quelcun vient à 
mourir fans auoir enfans,fon frère d prendra la femme 
d'icelui,&fufcitera lignée à fon frère. 

25 Or y auoit-il parmi nous fept frères : dont le pre- 
mier après qu'il fut mari é,trefpafTa: & n'ayant point 
eu de lignée, biffa fa femme à fon frère. 

2cj Semblablement aufsi le fécond, puis le troifiéme, 
iufques au feptiéme. 

27 Or après eux tous mourut aufsi la femme. 

28 En la refurre<5tion donc, duquel des fept fera-elle 
femme > car tous l'ont eue. 
19 Mais lefus refpondant, leur dit, Vous errez, ne 
fachans point les Efcritures,ne la vertu de Dieu. 

30 Carenlarefurre&iô on ne prend ni ne donne- on 
femmes en mariage : mais ils font comme les Anges 
de Dieu au ciel. 

3 1 Et quant à la refurreétion des morts, n'auez-vous 
point leu ce dont vous a parlé Dieu mfwe> difant, 

3 2 * le fuis le Dieu d' Abraham,& le Dieu dlfaac, & 
le Dieu de lacob? Dieu n'eftpas le Dieu des morts: 
mais e des viuans. 

3 3 Et les troupes oyans cela," s'eitonnoyent defa do- 
ctrine. 

3 4 * Or quand les Pharifiens entendirent qu'il auoit 
fermé la bouche aux Sadduciens , ils s'affemblerent 



e aff. quant à 

leurs âmes 

tout premie 

rement:&par 

confequéten 

l'attétedure- 

ftabliffement 

entier de 

Jeurs perfonnfes , attendu que Dieu n'efl point le Dieu des fiens à demi. 



d'vn 



SELON $. MATTHIEV. 



cTvn accord. 

35 Et vn d'entr'eux , docteur de la Loy 3 l'intcrregua 
en le tentant, Scdifant, 

36 Maiiîre, lequel eit le grand commandement de la 

37' Iefus lui dit,* Tu aimeras le Seigneur ton Dieu 
île tout ton c œur, Se de toute ton ame , & de toute ta 
penfee. 

38 Ceftui-ci eit le premier & le grand commande- 
ment. 

19 Et le fécond a femblahle à i celui , eit, 'Tu aimeras 
ton prochain comme toi-mefme. 
I40 De ces deux commandemens dépendent toute la 
IjLoy & les Prophètes. 
'41 * Et les Phariilens eftans aliénables Iefus les inter- 
rogua, 

41 Difant, Que vous femble-il du Chriit ? de qui eft- 
il Fils? Us lui re'jpondirem , de Dauid. 

43 Et il leur dit, Comment donc Dauid l'appele-il 
b en Efprit,Seigneur?difant, 

44 t Le Seigneur a dit à mon Seigneur, Sieds-toi à 
ma dextre iufques à tant que i'aye mis tes ennemis 
pour marchepied de tes pieds. 

45 Si donc Dauid l'appelé Seigneur/ comment eft-il 
fonfils? 

46 Et nul ne lui pouuoit rçfpôdre vnfiul mot 3 ni per- 
sonne ne l'ofa plus d interroguer depuis ce iour-la. 

Chap. XXIII. 

le Seigneur ayant remarqué quel pouuoit cjlre Pv/àge de la 
vocation des Scribes & Tbarifiens, 8 e£- que lafovue 
raine authorité en l'Sglife doit cjlre rapportée au Tcre & 
à luiy 13 de fcouure par diuer s artkles ta corruption dam- 
Tmble qui regnoit lors tant entre la tfocli . oui le 

corps de la nation des Juifs ,34e" adioufie we terrible 
menace de la totale ruine de lerufalem. 

1 A Donc Iefus parla aux troupes, 8c à Ces difei 
/\ pies. 

2 Diiant, Les Scribes & Phariiîens Uc font afsis en la 
chaire de Moyfe. 

3 Toutes les chofes donques qu'ils vous diront que 
F. 



* Deut. 6.5. 
Ihc 10.!-. 
« c. qui 
rapporte de i 

end 

me: , comme 
.U cl h. tau de 
(âfource. 
'•' Ltuit. 10. 

l l é.7hA)<. 12, 

* Marc 12. 



parEf-, i| 



prit prophé- 
tique, & ,clo 
la verite qui j 
lir.dui: 
en parler 

fP/è.no.r. 
cotnme si! '■ 
difoit , N eft- 
rien j 
de plus -grandi 
que d dire ' 
filsdeDauid< ( ! 
d alfa, f 
monftrerque 
leScii;. 
les auoit fuf-j 
filûmment 
cnïc:ç::cs &l 
conQaim os. 

le ra; g & la) 

place ac i o- 

- com-| 

leurs de 
votJti"" cj l;i j 
acftécfl c 
de Dieu en 
la perfonne 
y Ce 
pour toute la 

tribu CC 
Lcui. 

■ Xehc. 8.4. 



^4 



afl.15.10, 

'-Deui.ô.S. 

»22 14. 
* Wzrc 12. 
38.I//CU.43 
E? 20 46. 

«SÎO 26 
*/c6 22.2^ 

prou 29.23. 
lue 14. II. 
laq.^d 6.1. 
pier. 5. j. 

•* L«C II.Ç2 

AJ«/-C I 2. 

40. /,.'C :o. 

47- 

« non pour 
approuuer 
generalemer 
leur doctri- 
ne, du leuain 
de laquelle il 
le auoit ad 
uerris de fe 
garderfus, 1 6 
tf.mais pour 
donner à en 
tendre, com- 
met on pou 
uoit tellemet 
fe feruir du 
titre de leur 
vocation , fe 
Ion laquelle 
ils auoycnt 
charge d'en- 
feigner pour 
lors , que ce 
neatmoinsen 
coparailon il 
auoit autant 



ff V A N G I I g" 



*£*"+* vous gardiez , a gardez- les, &: les faitestmaîs ne faites 
point félon leurs œuures.car ils difent & ne font pas. 
4 Car * ils lient enfemble b des fardeaux pefans & im- 
portables, & les mettent fur les efpaules des hommes: 
mais ils ne les veulent point remuer de leur doigt. 
ï Et font toutes leurs œuures pour eitre regardes des 
hommes car ilseflargiffent leurs c phylacteres,8<: al- 
longent les rranges deleurs veitemens. 

6 * Et aiment les premières places es banquets, & 
d les premières feances es fynagogues: 

7 Etlesfalutations es marchés, &eftre appelés des 
hommes, e Noftre maiitre,Noure maillre. 

8 Mais * vous, ne foyez point appelés, f Noftre mai- 
lire: car vn feul elt voftre docteur , ajfauoir, s Chrifl, & 
quant à vous, vous elles tous frères. 

9 Et n'appelez aucun en la terre h voftre père: ' car vn 
feul eft voftre Père , ajfauoir celui qui c(t es cieux. 

10 Et ne foyez point appelés docteurs, car vn feul eft 
voftre docteur , ajfauoir Chrift. 

11 Mais * celui qui eft le plus grand entre vous, foit 
voftre feruiteur. 

ii Car * quiconque s'efîeueraferaabbaifle, & qui- 
conque s'abbaifTera, fera eileué. 

13 * Mais mal-heur fur vous, Scribes & Pharifîens 
hypocrites , d'autant que vous fermez le royaume des 
cieux audeuant des hommes : car vous-mefmes n'y 
entrez point , & ne fouifrez point que ceux ' qui y en- 
trent, y entrent. 

14 v Mal-heur fur vous, Scribes & Pharifîens hypo- 
crites: car vous mangez tout entièrement les maifons 
des vefues, k voire en faifant femblant de prier beau- 
coup : pour cela en receurez-vousplus grande con- 

y auoit autant 

a c hoifîr en la dcctrine,qu'il y auoit à euiter en la vie: & ce entât que !a doctrine qu'ils,pre£ 
choyent feroit la doctrine de Mov r é: mais à leur vie il ne s y faloit nullemêt arrefler, b afT. 
des aftrjctions de cofeience en ob'eruations exuri-urcs , fans fin ne médire: & mefmes ou- 



tre & contre la parole de Dieu: dont néanmoins ils Ce difjrenfent quant à eux fans diffîcul- 

obbes, qui feruoyc 
me de mémorial . ou de marqu pour dire qu'on fe vouloir ronfîours ramenteuoir les cr 



té. c ce mot fè rapporte à certaines bordures larges au bas des robbes, qui feruoyent cô- 



mandemens de Dieu. voyezExo.ij.o. d ou, les premiers fieges aux aflemblees «Gr. 
Rabbi , Kabbi : qui eft vn mot Syriaque , comme fi ce n'eitoit pas affez d'efire ainfi 
Tiommezpom vne fois par honneur, f Gr. Rabbi. non pour faire confeience d vierde ce 
mot entiers les fidèles Docteurs mais pour en retrancher l'affectation, g afT. comme celui 
oii' ed r eul docteur , illuminant les autres docteurs par la vertu de fon Esprit: le mot grec 
lig ifie proprement vne guide: corne au si la L v eft nommée voye&adrefle. h afla.com- 
me au regard d'vn dcuoir fpirituel , & pour attribuer aux hommes quelque chofe du droit 
de Dieu.voyez i . Cor.4,1 j. rlc.çeiix qui y vçiilçc entrer, k. ou 3 & faites de lôgues piiercs, 



S. M ATT H EV. 67 

damnation 

ï$ Mal -heur fur vous,Scribes 8c Pharifîens hypocri- 
tes-car vous tournoyez la mer,&rla terre,afin de faire 
vn ■ profelite : &" quand il l'eft cieuenu , vous le rendez 
b fils de la géhenne au double plus que vous. 
\6 Mal -heur fur vous,coriduCteurs aueugles, qui di 
tes , Quiconque aura iuré par le temple, ce D'en rien: 
mais qui aura iuré par l'or du réple, c il eft redeuable. 
17 Fo!s,&aueuglescar lequel eft plus grand,l'or,ou 
le tempe qui d fanctifie l'or? 

1 S Et quiconque , dites-vous , aura iuré par l'autel ce 
n'eft rien : mais qui aura iuré par le don qui eft fur ice 
luijildrredeuable. 

19 FoIs,& aueugles.-car lequel eft plus grand,le don, 
ou * l'autel qui fan&ifîe le don? 

20 Celui donc qui rare par l'autel , iure par icelui, & 
par toutes les choies qui/^rdefTus icelui. 

2 1 Et quiconque iure par le temple,iure par icelui,& 
par '•' celui qui y habite. 

21 Et quiconque iure par le ciel,iure parle throne de 
Die u,&par celui qui eft afsis deftus. 

23 * Mal-heur iur vous , Scribes & Pharifîens hypo 
critesrcar vous difmez e la mente,l J anet &: le cumin,& 
delaiflez les chofes de la Loy , qui font de plus grande 
importance,tf#ài/fl/r f jugement, mifericorde>& loyau- 
té;il faloit faire ces choïes-ici , & ne laifîer point cel 
les-Ia. 

24 Conducteurs aueugles,qui coulez le moufchero 
& engloutirez le chameau. 

iS t Mal-heur fur vous , Scribes & Prnrifiens hvro 
crites:carsvous nettoyez le dehors de la coupe &du 
plat:rmis par dedâs ils fôt pleinsde rapines & d'excès 
2^Pharifien aueugle, nettoyé premièrement Iede> 
dâs de la coupe & du plat, afin que le dehors aufsi di- 
ceux foit net. 

7 "Mal-heur fur vous, Scribes & Pharifîens hypo 
critesxar vous eftes femblables aux (ëpulchres blan 
chis , qui apparoiftent beaux par dehors, mais par de 

cJiant la re 

Iicrcnce qui lui eft deue.& 1 humanité & droiture entiers le prochain, g c. vous v< us co- 
terez d'vre apparence extérieure de t'ai: îcteté, fans purifier au dedans la côfciencoi manière 
«lé parler allégorique voya Marc 7.*.&-i. 



c. vn qui 

de Payende- 
uient luit tic 
s'adioint au 
peuple de 
Dieu, pour 
faire pioiefc 
fi ••mi >.c : a ve- 
nte vnycr. 
I cuit. 17.8. 
8c zj 47. & 
nom 15 1 -r 
*£\o.:o 37 

b C.plus 1 1 II- 

dàtnnable, ca 

couure a 
mefchâtc vie 
eu nom de. 
religion. 
'•' I. R«fJ 9. 
I ;.2.ro.6% 
c cilefl coul- 
pabîe : ou , il 
eft tenu de 
fpn ferment. 
' A l.nc 1 1 4a 
d c. qui ap- 
porte à 1 or, 
oui y eft or" 
ferr,ce titre» 
o cfttctenu 
pour ctiofe 

fainfte 

±Lut 11. 9 
t c. vou re- 
ccrchcz iu£ 
ques au der- 
nier bouquet < 
dherbaf c du 
iardin , fi la 
difme n'a 
point efte 
fraudée, voy- 
ez Luc. 8. rz. 
& lcui. 27. 
50. 

D Luc 11.44. 
/ c.La décla- 
ration de» 
vrais articles 
du feruitede 
Dieu . tou- 



— 



178" 



h VA N G I t E 



phetes , à ref- 
pandve leur 
iàng. 

* Luc 11.47 
l c. vous 



! dans ils font tout pleins d'oilemés de morts^ de tou- 
« c.aumeur- teordure. 

^ 28 Pareillement aufsi vous monftrez-vous iuîtes par 
dehors aux hommes 3 mais par dedans vous elles pleins 
d'hypocrifïe & d'iniquité. 

Z9 * Mal-heur fur vous; Scribes frPharifiens hypo- 
STue'vouT critesl car vous bafhiïez les tombeaux des prophètes, 
• & reparez les fepulcres des iuftes. 

30 Etdites.Sinouseufsionseftéésiours denospe- 
res^nous n'eufsions point elle leurs compagnons a au 
fang des prophètes. 

31 Ainheites-vous b telmoins contre vous mefmes, 
que vous elles enfans des meurtriers des prophètes. 
3 1 Vous donc aufsi c acheuez de remplir la mefure de 
vos pères. 

3 3 '•' Serpens, engeance de vipères , comment euite- 
rez-vous le iugement de la géhenne? 
3 4 Pource voici , ie vous enuoye des prophètes , & 
des d fages ,& des e Scribes, & vous en tuerez , &en 
crucifierez,& en fouëtterez f en vos lynagogaes,,& les 
pourfuiurez de ville en ville. 

3 5 Afin que viene fur vous tout le fmg mile , qui a e- 
llé refpandu en la terre,depuis le fang* d'Abel le iufle, 
iufques au fang de Zacharie fils de sBarachie,* lequel 
vous auez mis à mort entre le temple & l'autel. 
36" En vérité ie vous di, que toutes ces chofes vien- 
dront h fur c elle génération. 

3 7 " Ierufalem , IerufaJem, qui tues les prophètes , & 
lapides ceux qui te fontenuoyésicombiendefoisai- 
ie voulu affembler en vn tes enfans, ♦ comme là pcul- 
le alfemble fes poufsins fous fes ailes > & vous ' ne Pa- 
uez point voulu? 

3 8 Voici, k vollre maifon s'en va vous élire laiflèe dé- 
ferre. 

7,9 Car,vous di-ie , dés celle heure vous ne me ver- 
rez plus, ' iufqu'à ce que vous diriez, Bénit foit celui 
qui vient au nom du Seigneur. 



SELON S. MATTHÏEV. 



69 ] 



C H A P. XXI I II. 

Je fus Chrîft prédit à [es difciplesla demolitkn prochaine du 
temple , 4 cnjemble les autres efclats au tugement de Dieu 
fur la nation des Jutfi : 9 & adiouïfe cependant que ce fera 
par Jes fidèles que Forage co.r;<noccra 3 mdis qu'il fera pour- 
ueu à te'urjatut } s'ilsperfifie?it en lafoy: 19 puis acefte oc 7 
cafion aduertit FEgliJè de ce qui aduiendra en V attente du 
dernier jugement y 42 ^exhortant à fe tenir tant plus fur 
fes gardes , 48 & 'nommément à cauje dumefehant Jewi- 
teur quift gHJfera au milieu d'icelle. 

A Donc * Iefus fortant s'en alloit hors du temple: 
<k lors fes difcipîes vindrent pour lui monf trer 
n les baftimens du temple. 

Et Iefus leur dit , Voyez-vous pas toutes ces cko- 
fes ? en ve rite ie vous di , qu'il '•" ne fera ici laiiïé pierre 
fur pierre ani ne foit démolie. 

3 Et lui eftant afsis fur la montagne des Oliuiers, les 
difcipîes vindrent à lui à part,difans,Di-nou,s quand 
aduiendrôt ces chofes,& quel fera le figne de ton ad 
uenement 3 & b de la fin du monde? 

4 Et Iefus refpondant leur dit;, Prenez garde** que 
quelcun ne c vous feduife. 

5 Car plufieurs viendront en rnô Nom^difans, le fuis 
le Chriit:&: en feduiront plufieurs. 

Or vous d auez a ouïr des guerres, Se bruits de 
guerres.prenez garde à vous, ne loyer point troublés: 
car il faut que toutes ces chofes aauienet:mais enco- 
re ne fera-ce pas c la fin. 

Carnation s'efleuera contre nation, & royaume 
contre royaume: & y aura famines , &r peltilences 3 
tremblemens de terre de lieu en lieu. 

Mais toutes ces chofes font f commencement 



&; 



de 6 



g douleurs. 

P Alors * ils vous liurerôt pour eftre affl ige~s,& vous 
tueront:& vous ferez haïs de toutes natiôs àcaufe de 
mon Nom. 

10 Lors plufieurs aufsi feront fcandalize's,& trahirot 
l'vn l'autre, &fehairontl'vn l'autre. 

1 1 D'auantage," plufieurs faux prophètes s'efleuerôtfe 

endurcis, j lemorgrcçlîgnifiçproprçrnçntlesdoiUcursdeceîleqni enfani: 

1 Ejy 



Marc 13. 
./«cu.y. 

aflf.comnie 
s'il n'y euft 
eu aucune ap- 
parence que 

1$ bairim-és 
deuflent ia- 
niais prendre 
fin. 

1 , de la 
confommar 
iion. 

-Luc 19.44 
t en leur per- 
sonne ilcô- 
prend tous 
paireurs & 
mefmes tous 
les autres 
membres de 
ITglife des 
lors & depuis 

ceci fe rap- 
porte à l'efiac 
de l'Eglife 
entre les 
Iuifs premiè- 
rement , & 

mmémenc 
certaines an- 
nées auparar 
uatla deftru- 
ction de le- 
rufalcm. 
xephefo.6. 
z.theff. 2.3. 
%Sus 10.Î7. 

îiC 21. 12. 

ichan 15.20 

'r 16. a. 

Vie.2.r. 



affa.dcs ca- 
lamités qui 
doiuct aoue- 
nir à cefte 
nationtou, la 
fin du mon- 
de. 

f afîa. au re- 

ard des c5- 

cempteurs 8c 



Ï3& 



* voyer fus 

3 7.&+.2J. 

é> du moven 
de laccptn- 
pUflement ^e 
ccl>e v rire 
s'en faut rap- 
p •vter m 
Sc^neur, ui 



p;ur tou:- 
iours vérifier 
par d~'"us 
r ite n nVe 
capacité: <âns 
Ci rec rch< r 
»âr curio(îtc 
exécution 
forme'le 
* T) an 9 in 
Ptarc 15.14. 
/«f ?.T. ;o 
r c que cha- 
cv 1 p c ïe 

'•afîô,que 
Bien lui 'eu 
présentera 

Îiour iê enir 
e plus loin ■ 



V A N G I t E 



& en feduiront pluiïëu rs . 

12 Etpourceque l'iniquité fera mu!tipliee,Ia chanté 

de plufieurs fe refroidira. 

r 3 Mais qui aura perfeueré iufques à la fin , ceftui-Ia 

fera fau ué. 

14 Et celt Euangile'du royaume fera prefché b en 
toute la terre habitable , en tefmoig*age à toutes na- 

lavrific,&ia|tions, & lors viendra la fin. 

15 Quand donc vous verrez * l'abomination de la 
defolation qui Ht dite par Daniel le prophète , eltre e-, 
fiablie au lieu faincl, (qui ht l'entende) 

1 6 A donc ceux qui leront en Iudee, c s'enfuyent aux 
montagnes. 

17 Et que celui qui fera fur la mai Ton , ne defeende 
point pour emporter aucune choie de fa maifon 

Et qje celui qui eft au chimp, ne retourne point 
en arrière pour emporter Tes habillemens. 

19 Mais mal-heur d fur les femmes enceintes, &fur 
cel les qui allaitteront en ces iours-la. 

20 Or priez que voftre fuite ne foit en hyuer e ni au 
iourdu Sabbat. 

21 Car lors il y aura grande affliction, telle qu'il n'y 
en a point eu de femblable depuis le commencement 
du monde iufques à maintenant,™ ne fera. 

22 Que fi f ces iours-la n'euffent elté s abbregés,nul- 
le perfonne ne ièroit 1 auué:mais à caufe des efleus,ces 
iours la feront abbregés. 

23 ■ Lors fi quelcun vous dit. Voici, le Chriftr/? ici, 
oxxilejl là, ne le croyez point. 

24 Car faux Chrifts & faux prophètes s'efleueront,& 
feront grands fignes& miracles : voire pour feduire 
les eflew«; mefine^'il eltoit pofsible. 
2$ Voici, le h vous ai prédit. 
2er * Si donc on vous dit,Voici, il eft au defert,ne for- 
tez point.-voici, il eft es cabinetsme le croyez point. 
27 Car comme l'efclair fort d'Orient , & fe monftre 
iufques en Occident, autant en fera-il aufsi de'l'ad 

plus à plain- 

die e ccftejmaniere déparier, fuir au iourdu Sabbat, fe prend ici comme en proueroe» 
pource qu'en ces io. rs L,on ne fe rrmuoit volontiers peur aller loin,& n'euft efté fuppQi- 
îc entre ceux de ceite ration-la A<fr. r.i r f c la condition de ces temps-la içra, aucune* 
ment modérée par le Seigneur pour le iupport dçs iïens. g ou, racourçis. 



3u'il pourra 
eleru'akrr 
fur laquelle 
s'en ira fon- 
dre le iusce- 
mé r de Dieu 
'-'Mure 1 i . 
21. 

*L**c 17.23 
d afTà.'io co- 
rne fî ç'eftoiq 
me maled 
ét'Vi en oi , 
d'tfr eouei 
ceintes ou [ 
mères nou 
ric?smais s 
çsaft «.jue 
Popprefsion 
fjùnt très- 
afpre & tref- 
fou-hne, el 
les feront le 



SELON S. MATTHIEV. 



71 



tienement du Fis de l'homme. 

28 Car * où (era le corps mort,U s'aflembleront aufsi 

les aigles. 

2P Or • incontinent après l'affliction de ces iours-la, 

* le foleil deuicdr 1 obfcur, & 1 1 Lut e ne dônera point 

fa lumiere,& les eiloiles cherront du ciel,&les vertus 

des deux feront esbranlees. 

30 Et adonc apparoiitra au ciel le figne du Fils 
de l'homme : tors aufsi * fe a lamenteront en fra- 

Ï>ant la poitrine toutes les lignées de la terre,&: verrot 
e Fils cle l'homme venir es nuées du ciel, auecpuif- 
fance & grande gloire. 

3 1 1 equel enuovera fes Anges M auec jgrand fon de 
trompette , qui aflTt mbleront en vn lès efleus des qua- 
tre vents, depuis l'vn des bouts descieux iufques à 
l'autre bout. 

31 Or apprenez la fimilitude du figuier.Quand défia 
fon rameau eft en feue, & qu'il iette les fueiîïes , vous 
cognoilTez que l'efté eft prochain. 

3 3 I Vous aufsi pareillement , quand vous verrez tou- 
tes ces chofes , fâchez h qu'il eft prochain à la porte. 
3 4 En vérité ie vous di , que ceite génération ne paf- 
fera point, tant c que toutes ces chofes-la foyét faites. 
3 ? * Le ciel & la terre paiTeront,mais mes paroles ne 
palTeront point. 

16 Or quant à ce iour-la& à l'heure, nul ne le fait, 
non pas les Anges du ciel,mais mon Père feul. 
.3 7 Mais comme efioyent * les iours de Noé , ainfî en 
prendra-il aufsi de l'aduenement du Fils de l'homme 
3 8 Car ainfî qu'ils eitoyent d es iours de deuant le de- 
luge,mangeans&beuuans,femarians&'baillans en 
mariage , iufques à ce iour-la que Noé entra en l'ar- 
che: 

39 Et n'apperceurent point le déluge iufqu'à ce qu'il 
fut venu,& les emporta tous: ainfi en prendra-il aufsi 
de l'aduenement du Fils de l'homme. 

40 * Adonc deux feront au champ : l'vn fera recueil 
li& l'autre laiffé. 

41 Deux moudront au moulin : Tvne fera recueillie: 
& l'autre lailïee. 
E iiij 



lut 17.37. 

'•' ALirC IJ. 
x\.luc il. 

*5 

*~{a IJ.IO. 

!:\r<b ? 2.7. 
10 L :.?,i 
■{■!(!< ii ir. 
■fc .-//'ûc.2.7, 
8 i.Comj. 
Si utbef. 
416. 

a affa. pour 
les cvttcnf" 
tés qui cui'cr- 
reroni tous 
les habirans 
H11 mo-ri" , 
fans ; qu'ils en 
facent leur 
profit pour- 
tant. 

b afTa.raduo 
nement du 
Seigneur. 
c afTa. tou- 
chant ladc- 
folation du 
remplc. 
* Marc. ïj. 
?* 

& 7. e. lue 
ij.-i6i.pte, 
7, ?o. 

d comme s'il 
di oit , C'cft 
vn article es- 
prés de 'a 
cognoifiance 
èn'ede la 
(bwu 1 iine 
Maicfté d'ail 
ne,laquel!cil 
rapporte or- 
dinairement 
à la perfonne 
du Père, non 
pour fcclor- 
relc Fils ou 
leS.E'pit. 






'■Luc 12. îq 

l.tbeff.^.i. 
I.Vier. 3.10, 
apoc.i.i.& 

« voyez fus 
34.25-. 

**.Lmc 1 2.44 
£ aff.ceuxqui 
ont la charge 
dugouuerne- 
mcnt de l'E- 
glife venans 
a s'abâtardir, 
& à fe vouloir 
rendre mai- 
ftreseuxmef- 
m es fur l'E 
glife: comme 
il ne Te peur 
nier qu'il ne 
foit aduenU; 
& de trop 
long temps 
r comme qui 
diroit,fes cô- 
feruiteurs : 
comme fus 
18.28. 
■£ Soi S. 1 2. 
& 13.42. 
fous 25. 3,0^ 
lue 13. 28. 
d c.ilenpre 
drade l'Egîi- 
fe comme de 
dix vierges, 
&C. 

e ceite com 
paraifon fe 
rapporte à 
î'vfige de ces 
temps -la,auf- 
quels on co 
uioit des ieu 
nés filles par 
honcur, pour 
venir chanter 
quelque chat 
nuptial en fa- 
ueûr de ceux 
aui fe ma- 
rioyent : ce 
quife faifoir 
volotiers fur 
uiimct. 



7* 



Evangile 



42 * Veillez donc : car vous ne fauez à quelle heur© 
doit venir voltre Seigneur. » 

43 Mais fâchez cela , " que fi le père de famille fauoit 
à quelle a veille d? la nitifi le larron deuroit venir, il 
veilleroit,& ne laififeroit point percer fa maifon. 

44 Pourtant vous aufsi foyez prefts: carie Fils de 
l'homme viendra à l'heure que vous ne cuiderez 
point. 

45 *Quieftdoncîeferuiteur fidèle tk prudent, que 
fon mailtrea eitabiifurla côpagniedefesferuiteurs, 
pour leur bailler la nourriture en temps. 
^6 Bien-heureux efi ce feruiteur-la que fon maiitre 
trouuera ainfî faifant, quand il viendra. 

47 En vérité ie vous di, qu'il Teftablira fur tous fe$ 
biens. 

48 Que û b ce mauuais feruiteur-la dit en fon cœur, 
Mon maiitre met long temps à venir: 
42 Et qu'il fe preneabatre c fes compagnons en fer- 
uice,& mefmes à boire & manger auec les yurôgnes: 

50 Le maiftre de ce feruiteur-la viendra au iour qu'il 
ne l'attend point^Sc* à l'heure -qu'il ne fait point. 

51 Etlefeparera^&lemettraau rang des hypocrites: 
* là yaurapieur & grincement de dents. 

C h a p. xx v. 

Similitude des vierges Cages & folles, 14 item des talens: 31 
auec vrie déclaration de lafentence d'abfohaïon & de con- 
damnation , que Je fus Chrisl prononcera au dernier iuge~ 
ment , lors que tous hommes cowparoifiront deuant fon 
throne. 

1 A Donc d le royaume des deux fera femblable à 
jf\ dix e vierges , lefquelles ayans prins leurs lam- 
pes,s'en allèrent au deuant de l'efpoux. 
z Or d'icelles y en auoit-il cinq làges , & cinq folles. 

3 Celles qui ejioyent folles , en prenant leurs lampes, 
n'aueyent point prins auec elles d'huille. 

4 Mais les fages auoyét prins de l'huile en leurs vaif- 
feaux auec leurs lampes. 

$ Et comme l'efpoux tardoit à venir,elles fommeille- 
rent toutes, 6c s'endormirent. 



SELON S. M AT T HTE V. 



"3 



\é Oràlaminui&ilfefitvn cri,difant,Voïcî,refpoux 
vient,fortez au deuant de lui. 

7 Adonc fe lcuerent toutes ces vierges-là, & apprê- 
tèrent leurs lampes. 

8 Et les toiles dirent aux fages , Baillez-nous de vo- 
itre huile , car nos lampes s'etteignent. 

9 M .lis les fages refpôdirent, difans, ï^ous nepouuom, 
de peur que nous n'en ayons point allez pour nous & 
pour vous : mais allez pluitolè vers a ceux qui en ven- 
dent,^' en achetez pour vous-mefmes. 

jo Or cependant qu'elles en alloyent acheter, l'e- 

fpoux vint : & celles qui eftoyent prêtées entrèrent a 

uec 1 ui aux nopces,&: la porte fut fermée. 

1 1 Puis après vienent aufsi les autres vierges,difans, 

Scigneur,Seigneur,ouure-nous. 

iz Mais Ieurïlren>ôdit,& dit,* En vérité ie vous di, 

que ie ne vous cogtioi point. 

i; ' Veillez doiic :car vous ne fauezne Ieiourne 

lheure,en laquelle le Fils de 1 homme viendra. 

14 Car ce\i cô me vn homme, lequel s'é allât dehors,, 
appela fë s ferui te urs,& leur commit les biens: 

15 Et à l'vn bailla cinq talens , & à l'autre deux , & à 
l'autre vn : à chacun b félon fa portée : & incontinent 
s'en alla dehors. 

16 Or celui qui auoitreceu les cinq talens, s'en al- 
la. & trafiqua d'iceuxicV en fit cinq autres talens. 

17 Sen-iblablement auisi celui qui auoit receu les 
deux,en gagna aufsi deux autres. 

18 Mais celui qui en auoitreceu vn,fe partit, & l'en- 
fouit en terre,& cacha 1 argent de fon maiftre. 

19 Or long temps après le mailtre de ces feruiteurs 
vient.&fait conte auec eux. 

20 Adonc celui qui auoit receu les cinq talens,vint, 
& prefenta cinq autres tales,difant, Seigneur,tu m'as 
commis cinq talens : voici , i'en ai gagné cinq autres 
f pardefîlis. 

21 Et fon feigneurlui dit,Cela va bien,bon feruiteur 
&loyal:tu as eité loyal en peu de chofe , ie t'ettablirai 
fur beaucoup : entre en la ioye de ton feigneur. 

22 Puis celui qui auoit receu les deux talens,vint,& 
«^Seigneur, tu nYas commis deux talens : yoici^i'en 



fa. non ci 
me fi cela 
pouuoix icr- 
Liir alors, 
mais c cft 
pour conti- 
nuer le but 
de la compa- 
rai fun. 



Sus 



7.27. 



'■Sus 24.4?. 
marc 1^.-3. 
lue 19.12. 



b afl*. félon 
qu'il les trou- 
uoit capa- 
bles : ce qui 
fedir finale- 
ment fe.lon 
l'vrâge des 
hommes. 



ou , aucc 
ccu.-là Se 

ainfiauvcrC 

22. 



74 



Evangile 



« Ceci ne 
doit point 
eftre prcflc 
p'us ourrc, 
tic tendant 
à monftrer 
finon que ! 
Seigneur ne 

{)cut allouer 
a lafcheté 
pour e\cu- 
fe,fous pré- 
texte que ce 
foit. 
b Ceci efl dit 
non comme 
pour apptau- 
lier ce train- 
là: mai s c'eft 
pour conti- 
nuer fimplc- 
ment le but 
de la compa- 
raison. 

Marc, 4. 25 
Luc S 18. 
S»j 8.12. 

& ïj.;2 
& îî.t > fa 
24 5 ï. 
«■ c. ce qu'il 
enide auoir, 
ou ce qu'il 
auoit. 

d c'eftpour 
monftrer la 
feule & 
vr^ye Sour- 
ce de tout 
leur bon- 
heur. 

*fV.34.i7 
e ce font les 
effeftsnaifs 
de la vrave 
foy,oiiuran- 
te par cluri 
té,-&' qui ne 
s'eft fente 
ni iafTee en 
fbn deuoir. 

**y* 58:7. 

€\e. 1 8.7. 
8 £ecl.j.-}6. 



aï gagné deux autres par defîus. 

23 Et ion feigneur lui dit ; Cela va bien,bon feruîfeur 
& loyal : tu as efté loyal en peu de chofe , ie t eftabli- 
rai fur beaucoup: entre en la ioye de ton feigneur. 

24 Mais celui qui n'auoit receu qu'vn talent vint, 8c 
dit,Seigneur,ie cognoifïbye que tu eitois homme ru- 
de , moifïbnnant là où tu n'as point femé,& aflèmblât 
Jà où tu n'as point efpars. 

25 Parquoi craignant > ie m'en fuis allé , & ai caché 
ton talent en terre:voici,tu as ce qui eft tien. 

26 Et Ton feigneur refpondant lui dit, Mauuaisfer 
uiteur&lafche,tufauois a que ie moilTonnoyelnoù 
ie n'ai point femé , & aifembloye là où ie n'ai point 
efoars. 

27 11 te faloit donc bailler mon argent aux bâquiers 
cV efhnt venu i'eulTe receu le mien b auec vfure 

28 Oiïez lui donc le talent, &Je donnez à celui qui a 
les dixtalens. 

29 * ( Car à chacun qui aura il fera donné,& il en au 
ra tant plus : mais à ceJuiqui n'a rien, cela mefmes 
c qu'il a,lui fera ofté.) 
3 o Iettez donc le fèruiteur inutile es ténèbres de de- 
hors .'-là y aura pleur & grincement de dents. 
3 r Or quand le Fils de l homme fera venu , auec fa 
gloire, & tous les fain&s Anges auec lui, adoncil fe 
ferra fur le throne de fa gloire. 

31 Et feront affemblees deuant lui toutes nations 
*&illesfepnren Iesvns d'auecles autres, comme le 
berger fepare les brebis d'auec les boucs. 
3 3 Et mettra les brebis à fa main droite, & les boucs 
à fa gauche. 

34 Alors dira le roy à ceux qui feront à fa droite, 
Venez les d bénits de mon Père, poffedez en héritage 
le royaume qui vous a efté appreité déslafondatiô du 
monde 

3 5 Car * i'ai eu faim , e & vous m'auez doné à man 
ger : i'ai eu foif,& vous m'auez donné à boire: i'efloy* 
ertranger,& vous m'auez recueilli. 
3 6 Feitoye nud, & vous m'auez vertu : i'eftoye mala- 
de, n & vous m'auez vifité : i'eitoy' en prifon 3 & vous 
elles venus vers moi. 



SELON S. MATTHIEV. 



75 



37 Ad5cIuirefpondrontlesiu(tes,diians,Seigneur. 

quand t'auons-nous veu nuoirfaim,&:t'auons.repeu. : 

anoir ioily\:t'auons donne à boire ? 

5 S Et quand t'auons nous veu eftranger,& t'auoiîs 

recueilli ? «u nud,&t'aiions veihi ? 

7,9 Ou quand t'auons-nous veu malade, ou en pri 

îoiiA' fommes venus vers toi ? 

40 V t le rov relpondant , leur dira , En verte ie vous 
di, qu'entant que * vous l'auez fait à Ivn de ces plus 
petis de mes freres,vous le rn'auez fait. 

41 Lors il dira aufsi à ceux qui ferôt à gauche, '"De 
partez-vous de moi, maudits au a feu éternel , qui eft 
préparé m diable &" à fes Anges. 

4z Car i'ai eu faim, & vous ne rn'auez point donné à 
mangeni ai en foif& ne rn'auez point donné à boire. 
4; I'eftoy* eltrager, 8c vous ne rn'auez point recueil- 
li : nud , & vous ne rn'auez point veilu : malade & en 
prilbn,&ne rn'auez point vifîté. 

44 Lors auisi ceux-là lui refpondront,difans,Sei- 
gncur,quand t'ai;ons-nous veu anoir faim,ou foif, ou 
eirre eiiranger,ou nud,ou malade, ou en prifon , & ne 
t'auons point b fubuenu ? 

45 Lors il leur refpondrn,dîfant,En vérité ie vous di, 
qu'entant que vous ne I'auez point fait à Ivn de ces 
plu< petis,vous ne me l'auez point fait aufsi. 

4^ Et * ceux-ci s'en iront aux peines éternelles :mals 
les iuires s'en iront à la vie éternelle. 

C H A P. XXVI. 

le Seigneur célèbre la Tafque aucc Je s Difciptes, 14 & J 'li- 
ais îfeariot fait marché aucc les Sacrificateurs ^pour le 
leur livrer. 16 Jefm Cbrift ordonne fa fin de Cene y 30 fe 
va rendre au lieu où ilàcuoit efirefaifi, 3 7 fe prépare par 
ardentes prières à l'agonie de fes fouf ronces, 47 eft faifi 
par la conduite de Judasletraiflre, 57 & eft mené vers 
les Sacrificateurs, 66 qui le condamnent fur ce qu'il s'ad- 
Hoi.'ù le Vils de Dieu. 69 La ebeute de Pierre , & fes lar- 
mes trefameres. 

1 *TT aduint quand Iefus eut acheué tous ces 
JlL propcs,qu'il dit à fes difciples. 

a Vous (auez que dedans deux iours la folénité de la 

Pafquefe fait, & le Fils de l'homme s'en va eftrc li- 



i.< OT.1.6. 

■Pfeô 9 . 
ftti 725. 
Luc i?. 27. 
t c'ert polir 
exprimer va 
tonnent du 

out extrê- 
me en temps 
Cv en fouf- 
franec. 



t> ou feruî. 



Dd».I2.2. 

lehan 5.19» 



•£ Mare 14, 

l.lllt 22.1. 



b6 TT 

* qui eftoit |uré pour eftre crucifié 

k grand co-. ,r nrça /r, mKU , nH 



VAN6IH 



reifde la na- B " L °^ s affemblerent a les principaux Sacrificateurs, 
tion des &■ J es Scribes , & les Anciens du peuple, b en la falle 

lu ibu uerain Sacrificateur, nommé Caiphe. 

î Et tindrent coniéil de faifïr Iefus par finefTe,&de 

e mettre à mort. 



luifs polir 
lors. 

*lex ir.47 
h ou, en la 

và&rci4-3 k Mais difoyent-ils, Non point durât la fefte,de peur 

Jehan 1 1. 2. qu'il ne fe face tumulte entre le peuple 

€fr\ w? ? '•' Et comme Iefus eftoit en Bethanie , en la maifon 

^fpeu^r de Simory^ c le lépreux 

ftrepour*. 7 Vne femme -eftoit venue à Iuï,ayât d vncboifte d'oi 

«oir ertc gue 
ri & nettoyé 
«ielalepre. 
d Gr. vn a la- |o 
baitre. pour- 



mement de grand prix , &l'auoit refpandu e fur la te- 
lle d'icelui efrant à table. 
Et f fes difciples voyans cela, furent indignés, di- 
te que tels' [fans, A quoi fert ce degaft ? 

Feîux èfei 9 ^ ar ce ^ °'g nem ^ t pouuoit eftre vendu beaucoup, 

fovent bien & eftre donné aux poures. 

«oprement T0 Mais lefus apperceuant cela , leur dit, Pourquoi 
donnez-vous fafcherie à celle femme? car elle a fait 
vn bon acte enuers moi. 

11 Pourtant que * vous aurez toufïours les poures 
auec vousrmais vous ne m'aurez point toufïours. 
12, Car ce qu'elle a refpâdu ceftoignement fur mon 
corps, elle l'a fait pour l'appareil de ma fepulture. 

13 En vérité ie vous di, qu'en quelque lieu que fera 
prefché ceft Euangile en tout le monde,cela aufsi que 
elle a fait fera recité en mémoire d'elle. 

14 * Adonc l'vn des douze , qui eftoit appelé Tudas 
IfcariotjS'en alla vers les principaux Sacrificateurs. 

15 Et leur dit, Que me voulez-vous donner, & ie 
le vous liurerai ? Et ? ils lui confîgnerent trente pie- 
ces d'argent. 

16 Et des lors cerchoit-il opportunité pour le liurer. 

17 " Or h le premier iour de la fefte des pains fans le- 
uain,îes difciples vindrét à Iefus lui difans,Oi\ veux- 
tu que nous t'appreftions à manger * l'Agneau de 
Pafques ? 

18 Et il reïpondh , Allez en la ville vers vn tel , & lui 



I» SELON S. MATTHIET. 7 

^ites , Le Maiirre dit , Mon temps eir près, îe ferai 1 
I Puique chez toi auec mes difciples. 
,19 Et les difciples firent comme lefus leur auoitor- 
; donné,Sc préparèrent la Pafque. 
.20 * Quand donques le ibir fut venu, il fe mit à tablej x " 
auec les douze. 

2 1 Et comme ils mangeovent,iI dit,En vérité ie vous 
di,que l'vn de vous mé~trahira. 
21 Alors ils furent fort contriités , c\: chacun d'eux 
fe print à lui dire,Seigneur, elt-ce moi ? 

23 Mais il leur refpondit , & dit , Celui qui a mis fa 
main au plat pour tremper auec moi, c'ejt celui qui 
me trahira. 

24 Or quant au Fils de l'homme,iI s'en va félon qu'il 
eit eferit de lui : mais mal-heur à ceft homme-la , par 
lequel le Fils de l'homme efl trahi: il eut efté bon à 
ceit homme-la de n'eitre point né. 
2 s Et Ludas qui îe trahiiToit refpondant dit, Maiftre, 
eit-ce moi ? Il lui dit,Tu Tas dit. 
z6 'Et comme ils man^eoyentjefus print le pain:& 
après * qu'il eut rendu grâces, il le rompit , & le bailla 
à (es diiciples , & dit. Prenez, mangez : ceci eil b mon 
corps. 

27 Puis ayant prins la coupe , & rendu grâces, il 1 
leur bailla difant,Beuuez en tous. 

28 Car 1 ceci eit mon fan g/ le fang c dunouueauTe- 
itament,leauel eitrefpandu pourplufîeursenremif- 
fiondes péchés. 

29 Or ie vous di,Que depuis ceftelieure f ie ne boi- 
rai de ce fruict-ici de vigne, iufques à ce iour-la que 
ie le boirai nouueau auec vous s au royaume de mon 
Père. 

50 Et quand ils eurent chanté h le cantique, ils s'en 
allèrent en la montagne des Oliuiers. 

3 1 * Lors lefus leur dit, Vous tous ferez celle nuicl 
fcandalizés en moi : car il eit eferit, '£ le fraperai k 
berger, 8c les brebis du troupeau feront efparfes. 

32 w " Mais après que ie ferai refTufcité, Lirai deuant 
vous en Galilée. 
3 3 Et Pierre prenat la parole,Iui dit,Encore que tous 

* & félon h louable coufturr.e des Ii'.tfiVprcs Ucclcbra:ioado'j«Puf-:ue- 



M/trc T4. • 



4- ^ 

'■' M \rc 14. 
zi. Luc 22. 
17.Letr.ita 

24. 

« ou , qu'il 

eut berne. 
b c. le vrai 
Sacrement 
de mon corps 
qui eit la 
vraye nour- 
riture fpiri- 
tueile de vos 
ames. 
c c. cefte 
coupe cft le 
vi..i Sacre- 
ment de mon 

-rie 
que! êrt efta- 
b!ie la ûir*. 
cle alliance 
de la pleine 
réconcilia- 
tion de Dieu 
auec les ho- 
mes. 

d Gr. celui, 
" Marc 14. 
17. 

•'?-7 
" Mon 14. 
28 <£• 16.7. 

e ou de l\ 

'eal- 
liance. 
/ c(*mmc 
s'il difoit, 
C'eft ici mo» 
dernier re- 
pas au re- 
gard de mz 
conuerûtion 
temporelle 
auec vous. 
g afT. d'vne 
fâç, -n ipiri- 
tuello 



* lehan 13 
38. 



7S 



Êyawgui 



v Mare 14, 

ltba» 18.1. 
« aiîau. les 
dix autres, 
ny ayant ap 
parcnccque 
ludas fe trou 
uaft lors auec 
eux. voyez 
Ichan ij.30. 
* afiau. entât 
cjue le Sei- 
gneur a ref- 
fenti alors 
particulicre- 
inent lamer- 
tume fp i ri- 
tuelle procé- 
dant ùt !::".- 
putation du 
nombre infi- 
side toutes 
fortes de pè- 
ches de fon 
Egliie ; lc tout 
cependant 
fv:i aucun 
excès, & auec 
vue rrefrar- 
fcite obêur 
6nce. 

«c'eftoitpotir 
les fouiner 
cux-melmes, 
fî l'infirmité 
ne les eiift 
par trop Tains 
d aff.au- pour 
monftrer co- 
rne iec> 

defon aneantiflement. e aflau.non comme pour refufet ce qu'il ftunit lui eftre ordonné, 
ce àquoy il ne demandoit que de (âusfàire.mais en la perplexité oui infirmité humai' e le 
rccuifoïr,;ans pèche, neantmeins il (e retient par trois fois déliant que pomioir franc hirîe 
pas : afin de monftrer pkis exprefitmet en l'extrémité d vn tel combat, la fir gu'.iere obeifian 
ce qui; a vend. c au Père pour nous tous, voyez Heb.T.7.& S. / commes il euft dit, Non 
point comme Infirmité naturelle qui eft en moi le voudroit, mais corne la foi -S: obeifîan 
ce le veut en toi:entendat ceci de la vo onté de la nature humaine du Seigneur,&' no point 
«Jefâvolontédiuine,en:relefquellesilyabicneudiue;ûtc,voire fans pcthc&non pas re- 
pugnâKce. g voftre affection venant d'e laeracc de Dieu,scftmonftreeprompte : ma:s il y 
abien plus cn:fi>rnitç en voftre naturel que vous ne cuidez. 



ibyët fcadalizés en roi, fi ne ferai-ie iamaîs fcâdalîzé. 1 
34 Iefus lui dit, * En vérité ie re di , qu'en celte pro- 
pre nui cl: , deuant que le coq chante 3 tu me renieras I 
par trois fois. 

3 5 Pierre lui dit, Quand mefmes il me faudroit mou- 
rir auec toi, fi ne te renierai-ie point. Autant auisi en 
dirent tous a les difciples. 

36 Alors Iefus s'en vint auec eux en vn lieu dit 
Geth-iemane: & dit à (es difV iples,Seez-vous ici, iuf- 
ques à tant que ie m'en aille,& que ie prie là. 

37 Lors il print auec foi Pierre & les deux fils de Ze- 
bedee : 8c commença b à eftre contriité,c\: a eftre tort 
angoifle. 

3 Àdôc il leur dit,Mon ame eft faifie de trilteffe iuf- 
quesàlamort:demeurezici,Ô\: c veillez auec moi. 
$9 Et s'en allant vn peu plus outre,il le d ietta en ter- 
re fur fa face, priant, & difant. Mon pere,s'il tft possi- 
ble, e que celte coupe palTe arrière de moi: toutes- 
fois non point comme f ie vueil, mais comme tu 
veux. 

40 Puis il vient à fes difciples, &lestrouuedorma% 
& dit à Pierre, Eft-il ainfi que vous n'ayez peu veiiier 
vne heure auec moi ? 

41 Veillez <k priez, que vous n'entriez en tentation* 
car quant à s i'eiprit, il eft prompt , mais la chair tft 
foible. 

a.z Derechef il s'en alla pour la féconde fois, & pria, 
difant , Mon Père , s'il n'eit pofsible que cefte coupe 
pafTe arrière de moi, fans que ie la boiue,ta volonté 
(bit faite. 

43 Puis il reuint,6c les trouue derechef dormansxar 
leurs veux eftoyent appefantis. 

44 Et les ayant Iaiiïës, il "s'en alla derechef,& pria 
pour la troifieme fois,difant les mefmes paroles. 



SllOH S. MATTHIBV. 



ZI 



> Côfflg pc.M 



4$; Adonc il vient à fes diiciples , 6V leur dit , a Doi 

mezdcreliuiu'it, & vous repofez : voici 1 heure eit 

prochaine ,6V le Fils de l'homme s'en vaeilreliuic es 

nuinsdes b mekhans. 

45 Lt-uez-vous/ allons: voici, celui qui me trahit 

s'approche. 

47 * Et comme il parloit encore, voici Iudas I vn 
' des douze vint,6V grande troupe auec lui,auec efptes 

& battons , de par les principaux Sacrificateurs & les 
Anciens du peuple. 

48 Or celui qui le trahifioit, leur auoit donné vn fi- 
gnal,difant,Celui que ie bailerai,c'eit lui : faiiiffez-ie 
4^ Et incontinent: s'approchant de Iefus , il lui dit, 
Maiftre,bie\ te foit • 6V le baifa. 

50 Lors .efus lui dit, Compagnon, à que faire es-tu 
ici? Adoncils s'approchèrent, ôVietterent les 
fur Iefus, &: le faifirent. 

5 1 Et voici , vn de ceux qui efloytm auec Iefus,auan- 
çant la main tira fon efpee , & en f râpa le feruiteur du 
(cuuerain Sacrificateur, & lui emporta Toreille. 

51 Lors lefusluidit, Remets ton efpee enfonlieu 
car v tous ceux qui auront prinsl'efpee, périront par 
Tefpee. 

53 Penfes-tu que ie/ne puifle maintenant prier mon 
Père, qui me bailleroit prefentement plus de douze 
légions d'Anges ? 

54 Comment donc feroyent accomplies * leseferi 
turcs, qui ciijwt qu'il fa ut qu' linfi toit lait ? 

55 A ce mefmeinftant Iefus dit d aux troupes, Vous 
elles fortisauec efpeescV ballons, comme après vn 
brigand,pour me prendre : tous les iours i'dtoye af- 
Jis entre vous enleignant au temple, 6V vous ne m'a- 
uez point faifi. 

$6 Mais tout ceci eftaduenu, afin quelesefcritnres 
des prophètes foyent accomplies. Adonc e tous les 
difciples l'abandonnerent,&V s'en fuirent. 

57 * Mais ceux qui auoyent faifi Iefus, l'amenèrent 
à Caiphe le fouuerain Sac nficateur,où les Scribes 6V 
les Anciens eftoyent aiTemblés. 

58 Et Pierre lefuiuoitde loin iufques à la cour du 
fouuerain Sacrificateur : & lui entré dedans s'afsit 



hei ^;uc 
) ayant lien 
ait poi'r «.c 
jU il leur en 
îiioit dit,ils 
1 cnalloycnt 
éveil- 
les d'vne au- 
:re façon. 
> Gr. pe- • 
licurs. 

' ce qu'il dit 
pour mon- 
trer de plus 
en plus vne 
franche & re- 
foluc obei£ 
fànce. 

Marc 14. 
4}. lue 22. 

'.ttba 18,$ 



G en, 9. 6. 
apec. 11, 10. 

d afTau.àla 
bande des 
fuldats qui 
auoyent e- 
fté envoyés 
pour faiiîr 
Iefus Chrifr. 
"t Mate 14. 
5 } . lia 2 2. 

<4- 

<ha)i 1^.24. 
! c la plus- 
sart : car 
Pierre Se 
Ichan uiuirct 
le Seigneur 
iufques de- 
dans la cour 
du fouue- 
rain Sacri- 
fia ateur, pour 
voir quelle 
m feioit U 
fi* 



«tlUft l HN 



Evangile 

auec les a oîftciers,arin qu'il en vjitia tin. "~" 

55? * Or les principaux Sacrificateurs,& les Andes, 

& tout le confeil cerchovent b faux tefmoignage con- 
tre Iefus,ifin qu'ils le miffent à mort. 
60 Et n'en rrouuoyent point :& combien que plu- 
sieurs faux tefmoins fuiTent venus, ils n'entrouuerent 
point de propres. Mais à la fin deux faux tefmoins s'ap- 1 
procherent. 



teurs: ou, fer 
geans. 
*Mare 14- 

b afT.ne de- 
mandans 
que quelque 
couleur de 
depofition 
courre luy, 
& fe pro- 

mettaas d en 61 Et dirent, Ceftui-ci a dir, c le puis deffaire le tem- 

£ aie de Dieu,5«r en trois iours le rebaftir 
« Voyez £2, Adonc le fouuerain Sacrificateur feleua ,& lui 
vSS 2 ? 9 ' ^ 3 Ne re f oor| ds-tu r i en ? qu'ell-ce que teirnoignent 
Soif 2ÎÏ2. • ceux ~ c * ^ ' encontre de toi ? 



14. 



63 Et Iefus v d fe teut. Lors le fouuerain Sacrinca- 
d affa. tant teur prenant la parole lui dit, e le t'adiure par le Dieu 
5tofc e coDt viuant , que tu nous dies fi tu es le Chriit , le Fils de 

preitàfubir Dïeil. 

Sont* que" *4 lefns lui dit, f Tu Tas dit : qui plus eft ie vous di, 
pour ks con- g ^ Ci après vous verrez le Fils de Thomme afsis à la 
foTSe^cï dextre de l a vertu de r Dieu 3 & venant es nuées du ciel 
deieurfauf- 6$ Adonc le fouuerain Sacrificateur h defehirafes 
fanlrf F °" veftemens,difant,Il a blafphemé . qu'auons-nous plus 
* &» 16.27. à faire de tefmoins ? Voici, vous auez ouï maintenât 
c^ 24.50. & fon blafphemé. Que vous en femble ? 
2$. ?i. rom. £6 £ ux refpondans dirent,Il eit coulpable de tno 
Ih'eUx l" ^ 7 Adonc ns m * * crachèrent au vifage,&fe buffete 
e exemple rent : &îes autres lui donnoyent des coups de leurs 

<fvn fau< 

zek ql (ous C <^3 "Difans, Chrift,prophetize-nous, qui elt celui qui 

couleur de [ s a frapé 

/!nSme\'ii *9 " Or Pierre eltoit afsis dehors en la cour: &vne 

difoir,Tuen chambrière s 5 addre{raàlui,difant,Tueliois aufsi a- 

teS5*ê uecIefusIeGalileen 

« Alan 14. '' 70 i Mais il le nia deuant tous , difant , le ne fai que 

66.iuc.21. tu dis. 

55.wa18.25 

g comme s'ildifcit, Vn ternes viendra que vous tentirez à voftre raine quel eft celui à 
qui vous-vons prenez, b aiTau. ne pouuant affez conrrefaire le zelareur, comme s'il n'euft 
peu porter vne relie parole du Seigneur: & notez qu'ils appelent blafphemé ce dont ils ne 
s'enquierent poinr félon leur charge , comme fi leur authoriré leur donnoit toute licence: 
veu qu'eux-mefmesaduouoyer.tque le Sauueur deuoit eftre Fils de Dieu: ne reftâ: eu à 
recoenoiftre Ieffrspout ceftui-ia : dont aufsi ils eftoyent conuaincus en toutes fortes. 

pie bien trifte & formel de ttiTue de la prefomption naturelle, auec vue confeience 
fimple toutesfpis & non renuerfee, eïUnt fouftênue par la gr4ce de Dieu» 

71 Et 



SELON S. MATTHIBV. 



?T 



71 Et comme il fortoit dehors au portail, vnc autre 
chambrière le vid:&rdit à ceux qui efioycnt là, Ceitui-ci 
aulsi eiroit auec Iefus le Nazanen. 
72. Ht de rechef il le nia auecferment,difant,Icneco- 
gnoi point cefr homme-!à. 

73 Et vn peu après ceux qui fe trouUoyent là , vin- 
Mrent,&diretàPierre,Vrayeméttues aufsi de ceux- 
|Ia : car a ton lang.ige te donne à cognoiftre. 

74 Lors il print à fe maudire, & à hirer, difaut, le ne 
cognoi point ceit homme-la ; & incontinent le coq 
chanta. 

7$ Adonc Pierre eut fouuenance de Ja parole de Ie- 
fus, qui lui auoit dit, Deuant cjue le coq chante,tu me 
renieras par trois fois. Ainfï il foi tit dehors, &pleu- 
ra amèrement. . 

C H A P. XVII. 

Lafinefpouuantabledejudas. 11 Çhrifl comparoiffant de- 



« afTiu. î« 

Calilcens, 
qui eftoie 
recoenu c5- 
mepïusgrojf 
fier. 



*Marc ij.f 
iuc ii h6. 
Uhàiî. _8. 
afr<*u. pour 
le faire ex tel» 
:er à mort, 



uant Tilate, 13 & trouuê fans charge quelconque paru autan i q Ue 
jcclni, 14 en fin eft condamné, mocqué ) crucifié i & outragé u 
de tom . 5 1 Siffles aduerms en la mort du Seigneur. 5 7 Dé- 
claration de lajèpulture d'icelui, 6% & du trouble de /es 
aduerjaires, pour tmptfcher la vérité de fa refurrefîion. 



* T\ Vis quand le matin ftitvenu,tous les princi 
1 paux Sacrificateurs & les Anciens du peuple 
tindrent confeil contre Iefus pour le mettre à mort. 
i A raifon dequoi ils l'amenèrent lié, &leliurerent 
à b Ponce PilateGouuerneur. 

Alors Iudas qui Y auoit trahi , voyat qu'il eftoit cô- 
êlamné, c fe repentit, & reporta les trente pièces d'ar- 
gent auxpnncipauxSacrificateurs,& aux Anciens. 
4 Difant, l'ai péché en trahilTantlefang innocent. 
Mais ils dirent,Que nous en chaut-il ? tu y aduileras. 

Adonc après auoir ietté les pièces d'argent dedans 
le temple,il fe retira, • & s'en alla,&: s'efïrangla. 
6 Et les principaux Sacrificateurs ayans prins les 
pièces d'argent, dirent , Il n'eft pas loifîble de les met- 
tre au threfor: car d c'eitprix de fang. 

Et après qu'ils eurent prins côfeil, ils en acheterét 
le champ e d'vn potier,pour la fepulture des eitrâgers. 

: E 



ils n'aoojxnt 
point cefte ; 
inhorité, 
quant à eux. ! 

le mot 
Grec figni- ' 
fie , le refTen» 
tir au con- 
traire de ce 
qu on a fait, 
fans toutes- 
fois qui] s'en 
enfoiiut amen- 
dement, &fc 
prend le plus 
fouiicnt en 
mal. 

*#.r.i&.j 
A ainfi ie ren- 
dent-ils te£ 
moins & iu> 
vxs contre 
eux-mefnies. 
ou , du po- 
tier, c. celui 
qui fut puis 
après com- 
munément 
appelé le 
champ du po- 
tier:^- ainfi 
au ver. io. 



Si" 



ÉVANGILE 



8 Et pour cefte caufe, ce champ-la a efté appelé iuf- 
ques à ce iourd'huy , * Le champ de fang. 

Lors fut accompli ce dont auoit efté parlé par Ie- 
xemie îe Prophète, difant, "Et ils ont prins trente pie- 
ces d'argent , ie prix de celui qui a efté apprécié , le- 
quel ceux d'entre les enf ans d'Ifrael ont apprécié. 

10 Et les ont baillées pour acheter le chap dVn po-j j 
tier,iélon ce que le Seigneur m'auoit ordonné. 

1 1 Or Iefus fut prefenté deuant le Gouuerneur, & 
le Gouuerneur l'interrogua, difant, Es-tu le roy des 
Iuifs ? Iefus lui dit, Tu lé" dis. 

12 Et comme il eftoitaccufé par les principaux Sa- 
crificateurs & Anciens , * il ne refpondoit rien. 

3 Adonc Pilate lui dit,N'ois-tu pas combien de teC- 
moignages ils amènent contre toi ? 

14 Mais il ne lui refpondit rien à vne feule paro- 
le : tellement que le Gouuerneur s'efmerueiUoit gra- 
de ment. 

15 * Or auoit de couftume le Gouuerneur de relaf- 
cher au iour de la fefte vn prifonnier au peuple , affa- 
uoïr celui qu'ils vouloyent. 

1 6 Et pour lors il y auoit vn prifonnier a notable, dit 
Barrabbas. 

17 Quand donc ils furent affemblés,Pilate leur dit, 
Lequel voulez-vous que ie vous relafche , ou Barrab- 
bas,ou Iefus qu'on appelé Chrilt ? 

Car il fauoit bien qu'ils l'auoyent liuré par 
er^iie. 

19 Et comme il eftoit afsis au lîege iudicial, fa fem- 
me cnuoya vers lui, difant, b N'aye que faire auec ce 
iufre-là: (car*i'ai auiourd'hui beaucoup fouffert en 
fongeant à caufe de lui.) 

20 u Adonc les principaux Sacrificateurs & les An- 
ciens perfuaderent aux troupes qu'ils demandaient 
Barrabbas,& qu'ils fifTent périr Iefus. 

21 Et le Gouuerneur prenant la parole leur dit, Le- 
quel des deux voulez-vous que ie vous relafche? Ils 
dirent, Barrabbas. 

Mais Pilate leur dit, Que ferai-ie donc de Iefus 
qu'ô appelé Chrilt ? Tous lui dirét, Qu'il foit crucifié. 
23 Et le Gouuerueur leur dit, Mais quel mal a-il fait? 



'•' Zacb.n. 
il. 



Sm 26.6$. 
Marc 15.5. 



%Mar.T5.6 
ïehà 18. î9> 



* ou, remar- 
quable, ou 
qualifié. 



I Gr. qu'il 
n'y ait rien 
entre toi & 
ce iuite-la. 
La prouiden- 
ce de Dieu 
s'eft feruie de 
celte occa- 
sion pourdô- 
aier tant plus 
J'apprchen- 
fion à Pila- 
te, du préci- 
pice d'iniu- 
flice, dont il 
approchoit 
a Marc 15. 
11. lue 23. 

18. 

Jehâ 18.40. 
^^.3.14 



SEtOK S. MATTHIEV. 



Lors ils crierctd'autatplus^ifanSjQii'iiroit crucifié. 
24 Pilace doncvoyanr qu'il ne profitoit rien, mais 
que le tumulte s'efleuoit tant plus,print de l'eau, o\rla- 
ua Tes mains deuant le peuple, dif ànt, le fuis innocent 
du fang de ce iufte-ici : vous y aduiferez. 
2? Et tout le peuple refpondant,dit, a Son fang/è/r 
^fur nous,& fur nos enfans. 

16 * Lors il leur relafchaBarrabbas,& leur liurale- 
fus,apres Tauoir fait tbuëtter,afin qu'il fuit crucifié. 

27 Adonc les gendarmes du Gouuerneur amenerét 
Iefus au prétoire, & affemblerent deuant lui toute la 
bande. 

28 Et l'ayans defueftu ., mirent fur lui vn manteau 
d'efcarlate. 

2 y Et plièrent vne couronne d'elpines 3 & la mirent 
fur fa telle, & b vn rofeau en fa maïn droite : & s'age 
nouillans deuant lui, fc mocquoyent delui,difans 3 
Bien te foit, Roy des Iuifs. 

3 o Et après auoir craché contre lui 3 ils prindrent le 
rofeau,& en frapoyent fa telle. 
3 1 Puis s'eitans mocqués de lui, ils lui defpoùilîerét 
le manteau,& le velHrent de fes veitemens,8cl'emme 
nerentpoureltre crucifié. 

3 2 • Et comme ils fortoyent,iIs trouuerent vn Cyre- 
nien, nommé Simon : lequel ils c contraignirent de 
porter la croix d'icelui. 

33 Et eftant arriué en la place dite Golgotha (qui 
vaut autant à dire que la place du Teft.) 

34 * Ils lui donnèrent a boire du vinaigre meflé a 
uec du fiel : & quand il en eut goufté , il n'en voulut 
point boire. 

35 t Et après l'auoir crucifié , ils départirent fes ve 
itemens , en iettant le fort , afin que fuft accompli ce 
qui eftditpar le Prophète/ Ils fe font départis mes 
veftemens : & ont ietté le fort fur mon faye. 
3^ Eteftans afsis,ils le gardoyent d là. 

37 Ils mirent aufsi au aeffus de fa tefte fon dic~!on 
par efcrit e?i ces ?nots s Cestvi-ci est Ilsvs 

LE ROY DES IVIFS. 

38 Lors furent crucifiés auec lui deux brigans 3 l'vn 
a droite,& l'autre à gauche. 
- lA 



predidion 
de grand 
poids,& qui 
a forti fon 
efFedt qui du- 
re cncores. 

Marc if. 



om , vne 
canne:& ainfi 
confcquôm- 
ment. 



■' Marc 15. 
21. lue. 25. 
26. 

c voyez tou- 
chant cemoc 
fus 5.41. 

* Marc r$. 
22. lue 23. 

leba 19.17. 
%Marc 15-, 

7y?. 2 2. 19. 
*Marciç. 
26. lue 23. 
3». 

iehan 19.19, 
d afla. d'autat 
que le fup- 
plicc de la 
croix n'em- 
porroît pas 

defme- 
mdnt fou- 
dain, mais 

e longue 



Tfe.it.2. 

'•'Sus 16.61 . 
Ub*m. 19. 



e. cm, nous 
lui adioulte- 
rons foy.c. 
nous croiros 
àfâ doctrine. 
b comme qui 
diroit, Iui- 
cues aux bri- 
gands met 
mes : car il 
n'y en eut 
qu'vn qui 
fur cela. Luc 
11.19- 

* P/e. 22.9. 
Sap.z.iî. 

e afTau.de lu- 
dee: comme 
fè reffentant 
de l'horrible 
crime & mef- 
chef qui lui 
aduenoit 
tout enfem- 
ble. 

* Pf.21.2. 

d ait", cuidans 
fe mocquer 
fur la ren- 
contre du 
mot,Eli. 
n Vf. 69 Zl. 

* Luc 23. 
46. 
#2.C;-0#.î. 



u 



EVAHGIIE 



3 <? Et ceux qui pafîoyent près de là, * lui difoyent ou- 
trages,hochans leurs telles. 

40 Et difans , '•" Toi qui desfais le temple, & en trois 
iours le rebaftis , fauue toi toi-mefme : fi tu es le Fils 
de Dieu,defcen de la croix. 

41 Semblablement aufsi les principaux Sacrifica- 
teurs , auec les Scribes & les Anciens , fe mocquans 
difoyent. 

42 lia fauué les autres, il ne fe peut fauuerfoi-meC 
me : s'il eft Roy d'ifrael, qu'il defeende maintenant de 
la croix, & nous a croirons à lui. 

43 * Il fe confie en Dieu.qu'il le deliure maintenant, 
s'il l J a pour agréable : car il a dit, le fuis leFiis de 
Dieu. 

44. Cela mefme lui reprochoyent aufsi b les bngâds, 
qui eftoyent crucifiés auec lui. 

45 Mais depuis fix heures il y eut ténèbres fur tout 
c lepaïs,iufques à neuf heures. 

46 Et enuiron neuf heures Iefus s'eferia à haute 
voix, difant,* Eli, Eli, lamma fabachrhani ? c'eit à di- 
re,Mon Dieu,mô Dieu, pourquoi m'as-tu abâdonné ? 

47 Et quelques vns de ceux qui eitoyentlàprelèns, 
ayans ouï ce!a,difoyent,Ceftui-ci appelé d Elie. 

48 Et incôtinent quelcun d'entr'eux courut, & print 
vne efpcnge : & l'ayant emplie de vinaigre, ■ la mit à 
l'entour d'vn rofeau,& lui en bailla à boire. 

49 Mais les autres difoyent,LahTé,voyons fi Elie vié- 
dra le fauuer. 

$0 Et * lors Iefus ayant crié derechef à haute voix, 
rendit l'efprit. 

51 Et voila, # le voile du temple fe fendit en deux, 
depuis le hautiufques au bas :& la terre trembla, & 
les pierres fe fendirent. 

5 2 Et les fepulcres s'ouurirét, & pîufieurs corps des 
Saindts qui auoyenteité endormis,fe Ieuerent. 

53 Lefquelseftansfortis des fepulcres après la refur- 
rection d'icelui, entrèrent en la faincte Cité, & appa- 
rurent à pîufieurs. 

54 Or le Centenier, & ceux qui efïoyent auec lui gar- 
dans Iefus , ayans veu le tremblement de terre , & les 
chofes qui eitoyem aduenues, eurent grand peur , di- 



ittOM 8 . M A TTHIE V . 



, 

« c. totlt au- 
tre chofe 
qu'homme» 
& né moins 
que coulpa» 
ble. 



fanSjVeritabLnKnt ecttui ci eftoit a Fils de Dieu 

55 11 y auoit 'à aufsi pi ufieurs femmes qui regarrloiét 
de loin, lesquelles auoyent fuiui Iefus depuis Galilée, 
enluifubuenant. 

56 Entre lelq^elleseftoit Marie Magdeleine,& Ma- 
rie mère de laques & de lofes, & la mère des fils de 
Zebedee- 

57 * Et le foir eftant venu , il vint vn riche homme, 
qui eftoit d' Arimathce, nommé Iofeph , qui mefmes a- 
uoitefte difciple de Icfus. 

58 ïcelui vint à Pihte,& b demanda le corps de Ie- 
fus. Lors Pilate commanda que le corps fuit rendu. 
5i? Ainfi Iofeph print le corps, &fenuelopadVn lin- 
ceul net. 

60 Et le mit en fon fepulcre neuf, qu'il auoit taillé en 
vn roc : & ayant roulé vne grande pierre à l'huis du 
fepulcre,s'enalla. 

61 Et Marie Magdeleine & l'autre Marie eftoyent là 
afsifès à l'endroit du fepulcre. 
6z Or le lendemain qui eft après la préparation du 
Sabbat \ les principaux Sacrificateurs,&les Phariiîens 
s'affemblerent vers Pilate. 

63 Difans , Seigneur , il nous fouuient que ce fedu 
&eur-la,quand il viuoit encores,difoit , Dedans trois 
iours ie relTufc itérai. 
^4 Commande donc que le fepulcre foit c gardé feu- 
rement iufques au troifîeme iour : de peur que fes 
difciplesne vienentdenuict, &ledefrobbent,& di- 
fent au peuple, Il elt refiufcité des morts : dont le der- 
nier abus fera pire que le premier. 
55 Mais Pilate leur dit, Vous auez la garde , allez, Se 
l'afTeurez comme vous l'entendez. 
66 Eux donc s'en allèrent, & affeurerent le fepulcre., 
d feellans la pierre , auec gardes. 

Chap. xxviii. 
la refurreftion du Seigneur manifeftee par les Anges. 9 & 
par le Seigneur mefmes aux femmes, qui eftoyent allées le 
p en fans trouuer encores au fepulcre. n Vimpofture des 
Sacrificateurs pour la faire tenir pour fauffe enuers le peu- 
ple. \6 le fus Chrift apparoiffant à fes dijciplesjew donne 
(barge de drejferfon Eglifepar tout le monde. 
— F iij 



4ï/acz3. 

11 h an 19.} 8, 
i afTau. afin 
qu'il n'en 
iuft pas fait 
comme des 
deux autres. 



ou,aflTeti. 



voyez Da* 
îiel 6. 17. 



OR au foir du Sabbat,au iour qui deuoît Iuïre 
a pour le premier de la femaine. Marie IVho-- 



lehâ 20. ii. , 

afou. félon V7 a pour le premier de la femame, Marie Mag- 
ivfigc des deleine, & l'autre Marie vindrent voir le fepulcre. 

Hcbneux, • • •. >- ^ 

qui commen- 



8rf" 



Ev 



ANGItE 



entrante. 
royez Gen. 

6 c. il reflem 
fcîoit à vn 
efclair à le 
egarder. 
c II fe peut 
faire que le 
propos fe 
rapporte par- 
ticulièrement 
aux difei- 
ples s auf- 
ucls Iefus 
-hrift auoit 
dit expreffé- 
menr, qu'a- 
près (â refizr- 
reeftion il s'é 
iroit deuant 
eux en Gali- 
lée: fus 2<S.JO. 
i affa.pourl 
;randeur de 
\ chofè que 
lies ne pou- 
noyent enco- 
res bonne- 
ment com- 
prendre. 
• Mar.16.9, 
iehun 20.14 
titre plein 
de confoîatic 
qui leur eftoit 
anfsi necef- 
faire: encorcs 
qu'ils ayent 
ait que le 
Seigneur les 
ait deu ranfer 
ufsi de leur 
trop grande 
efanteur. 
0U3& ferons 
que vous n'en 
ferez point 
empefehés, 
que vous en 
ferez fans 



Et voici il fe fit vn grand tremblement de terre,car 

™e du Seigneur defeendit du ciel, &vint, ^Trou- 
pierre arrière de l'huis du fepulcre ,& s'aisit fur 
icelle. 

Et b fon regard eftoit comme vn efclair, & fon ve- 
rtement comme neige. 

Et les gardes,pour la peur qu'ils eurent de Iui,furét 
effrayés,&: deuindrent comme morts. 

Mais l'Ange prenant la parole , dit aux femmes, 
Vous autres ne craignez point ; car ie fay que vous 
cerchez Iefus qui a eité crucifié. 

Il n'eft point ici : car il eft reffufeité corne il "auoit 
dit. Venez/voyez le lieu oùgifoit le Seigneur. 

7 Et vous en allez bien toit :& dites à les dif-iples 
qu'il eft reffufeité des morts,& voici,il s'en va deuant 
c vous en Galilée, là vous le verrez: voici, ie Je vous 
ai dit. 

8 Elles adonc fe partirent légèrement du fepulcre 
auec d crainte& grand' ioye : & coururent l'annoncer 
aux difciples d'icelui. 

'•' Mais comme elles alloyent pour l'annon cer à fes 
difciples : voici Iefus leur vint au deuant,difant,Bien 
vous foit. Et elles s'approcherent,& empoignerét fes 
pieds,& l'adorèrent. 

10 Adonc Iefus leur dit,Ne craignez point : allez, & 
annoncez à e mes frères qu'ils aillent en Galilée , & 
que là ils me verront. 

1 1 Or quand elles furent parties,voici,quelques vns 
de la garde vindrent en la ville, & rapportèrent aux 
Sacrificateurs toutes les chofes qui eftoyent adue- 
nues. 

1 2 Lors ils s'affemblerent auec les Anciens, & après 
qu'ils eurent prins confeil, ils donnèrent bonne fom- 
me d'argent aux gendarmes, 

13 Lm-difans, Dites, Ses difciples font venus de 
nuicl:,& l'ont defrobbé comme nous dormions. 

14 EtfiïeGouuerneur vient à entendre ceci, nous 
le lui persuaderons, [ & vous en mettrcuis hors de 



SELON S. MATTHIEV. 



peine. 

15 Eticeux ayansprins l'argent, firent ainfi qu'ils 
eftoyent enfeignez : tellement que ce propos aelté 
diuulgué entre les Iuifs,iufques à ce iourd'nui. 

16 Mais les onze difciples s'en allèrent en Galilée, 
en la montagne où Iefus leur auoit ordonné. 

17 Et quand ils l'eurent veu ^ ils l'adorèrent, mais 
quelques-vns doutèrent. 

1 8 Et Iefus s'approchant parla à eux, difant, * Toute 
puiffance A m'eft donnée au ciel & en terre. 
i5> '•" Allez donc, & endoctrinez toutes nations, les 
h baptizans au nom du Père, & du Fils, & du fainft 
Efprit. 

20 Etlesenfeignansde garder c tout ce que ie vous 
ai commandera: voici ie fuis auec vous toufiouts iuf- 
qu'à d la fin du monde. Amen. 



« aflâu.cntânt 
que ie fuis lo 
feul Sauueur 
&moycnneur 
del'Eçlifcc- 
ftant vrai 
Dieu & vrai 
homme ,& 
ayant efte dé- 
clare le vrai 
Fils de Dieu 
en puiffance, 
félon TE 'bric 
de famftihca- 
tion , par la 
refurrectiort 
des morrs. 
* Sus 11.27, 
'•' Marc 1 6. 

h affût, pour 
leur rcfmoi- 

;;ncr par vn tel Sacrement, qu ils font adiiouez & receus au nombre des enfans de Dieu, eit 
a perfonne du Fils,par 1 illumination du S. Efprit, cftans faits participais de la régénéra- 
tion fpirituclle. c affàu.comme la perfection y efhnt enclofe , & fans y adioufter ni dimi- 
nuer,^ que k vérité foirrec«uc&fuiuica^^ Rom.i.j. d ou,lacon- 
fraunatioflu 



F iiij 




■LE SAINCT EVANGILE 



DE NOSTR E SEIGNEVR 



IefusChrift félon S.Marc. 



A P. I. 

9 Je fus Chrifl eft baptisé, 



nelr autre 
chofe tjuela 
déclaration 
formelle de 
la vérité qui 
a efté cnfei- 
gnee & enre- 

Îjiflree par 
es Prophè- 
tes. Rom. i. î.i 
* Malac ;.fj 

vE/a. 4 p.j. ; 

M«âj. 3. j 
L«C5.4. 
leèatf i.2î. f 
t c cnaiTeu-: 




*«flâu.pôur , . C H 

tnonftrer que; &ttnistere de Jehan Baptide 

rtSTm J 3. pMtenté,i4exerce ' (on mini fier e en Galilée fur tem* 
prijonnemcnt de leban, 16 appelé oindre & Simon, 19 
Jaques & Jehan, 23 éfe'&pre vn démoniaque, 3 o g«f r/^ 
ta Délie mère de Simon, 40 nettoyé vn lépreux, 44 &plus 
il je retire, tant plus il eft recercbé de tom\ 

E commencement de l'Euangile de 
Iefus Chriit Fils de Dieu, 

2 Ainfi qu'il [eft efcrit a es Proohe- 
tes,* Voici, i'enuoye mon mefïàger 
deuant ta face,qui préparera ta voye 
audeuantdetoi. 

3 '•' La voix de celui qui crie au de- 
rance du par-!f e rt,W?, Accouftrez le chemin du Seigneur.drefFez ks 

don entier r • a 

& gratuit, le-; Rentiers. 

quel ferok «4 * Iehan'baptizoit au defert, &prefchoitIe Baptef- 

ïo*!f C ( r , e ie & i me de repentance, b en remifsion des péchés. 

ratifie par le J5 f Et tout le pais de Iudee,& ceux de lerufalem al- 

queTIfannô "^°Y Qnt vers lui, &eitoyent tous baptizés par lui au 

çoit laduene-jflèuuedu Iordain, confêfTans leurs péchés. 

™ e f- \6 Or lehanefîoit veftu de poiisde chameau, &auoit 

«t 44««f.^.^. ,vne ceinture de cuir autour de les reins: &mangeoit 

*t**tt j.'n. Ides fauterelles& du miel fauuage. 

Luc 3. 16. U Et prefehoit , difant, " Celui qui eft plus fort que 

Jehan 1.27. mo j ^ v ient après moi , duquel ie ne fuis digne en me 

^& an '*'V baiffant.de défiler la courroye des fouliers. 

2.4. é-n. 8 * Vrai dt que ie vous ai baptizés d eau: mais n 

16.& 19.4. ivous baptizera du fain&Efprit. 

*k Mat.}.i$. 9 ¥• Or aduint en ces iours-la <?#e Iefus vint de Na- 

i u . c s- 21 - zàreth ,viiie de Galilée »&fut baptîzé par Iehan au 

Jehan i*U. r 1 • * r r 

• J Tordain, ^ 



SEIOH S. M ARC 



99 



io a Etfoudain comme il fortoit hors de l'eau, /<?/.w8 
vidles cieux iè fendre, &le fain&Efprit comme vne 
colombe defcendant fu ri celui, 
i r Adonc fur faite vne voix venâte des cienx,difant, 

* Tu es mon fils bien aimé , auquel i'ai prins mon bon 
plaifir. 

12 Et incontinent l'Efprit le pouffa au defèrt. 

13 Et fut là au deièrt quarante iours eftant tenté de 
Satan:& elioit auec les bettes fauuages, & les b Anges 
leferuoyent. 

14 *Or après quelehaneuteftémisenprifonjlefus 

* vint en Galilee,prefchât c l'Euangile du royaume de 
Dieu. 

1 5 Et difant,Le temps eft accompli, & le royaume de 
Dieu eft approché:amendez-vous,& croyez à l'Euan 
gile. 

16 "Or en cheminant auprès delà merde Galilée, i 
vid Simon & André fon frère , iettans leurs filés en la 
mer(car ils eftoyent pefcheurs) 

17 Adonc Iefus leur dit,Venez après moi, &ie vous 
ferai eftre pefcheurs d'hommes. 

18 Et foudain laiffans leurs filés,ils le fuiuirent. 

19 Et de là paffant vn peu plus outre, il vid laques fils 
de Zebedee, & Iehan fon frère, qui racouftroyét leurs 
filésenlanaffelle. 

20 Et incontinent les appela,& iceux laiffans leur pè- 
re Zebedee en la naffelle auec les d ouu riers , le fuiui- 
rent. 

2 1 * Puis ils entrèrent en Capernaum : & toft après 
auiourdu Sabbat eftant entre en la fynagogue, ilen- 
feignoit. 

22 Et* ils s'eftonnoyent de fa doctrine: car il les en 
feignoit,comme ayant authorité,& non point comme 
les Scribes. 

23 * Or fe trouua en leur fynaeogue vn homme. 8 qui 
auoit vn efprit immonde, lequel s'eferia, 

24 Difant,Ha! qu'y a-il entre toi & nous,ïefus Naza 
rien? es-tu venu pour nous deftruire ? ie fai que tu es, 
aflauoir le Saindtde Dieu. 

25 Mais Iefus le tanfa , difant , Tai-toi, & fors de de- 
dans lui. 



ou,Ft fou- 
dain (lehan) 
montai hors 
de l'eau, vid. 

41. 1. mai'.^i 

17.&1J. 5. 
2 pur. 1.17. 
"Mati. 4.1. 

'UL 4. I. 

y aff après la 
rotation paf- 
fcc:M.!t.4.ir 
'■^ Mai 4.1 2. 
■fc Lu 4.14. 
tean 4.43 
c c riieureu- 
Ic noiuielle 
touchant la 
reconc liatiô 
de Dieu auec 
les hommes, 
oyez Marc 

.?.*.& 4 .J2. 

Mat. 4.18. 
lue 5.1. 



<* aflâu. auec 
ceux qui c- 
ftoyent à leur 
?ages pour 
les fëruir: gr. 
auec les mer- 
cenaires. 

4Mfte,4.f3 

IUC$. Jl. A 

lue 4. 2 2. 
*L«c 4 . ?J , 
Gr. en e- 

fpiitimiuon- 



• de déme- 
nant rudemét 
ça&rlà, com- 
me s'il leuft 
▼oulu defchi 
rcr par piè- 
ces. 



*Mat 8.14. 
lue 4. 38. 
t aflT. Iefus 
Chrift & Ces 
autres difei- 
ples. 



'-Ma*. 8.x 6. 



# afTau. de la 
maifon où il 
fe retiroic 
pour lors en 

Capernaum. 



A Gr.îe pour 
luiuirent. 



«I«C4.43. 



ou, fort!, 
foit de Ca- 
pernaumrfoit 
de ce qu'il e- 
ftoit venu de 
deuers k Pe 
re au monde 
'iMat. 8.2. 

IUC 5. 12, 



£o Evangile 

2* Adonc Pefprît immonde a le defrompant ,~& s'ef- 1 p 

criant à haute voix,fortithors d'icelui. 

27 Et tous furent en efmoi, tellement qu'ils s'enque- 
royent entr'eux, difans, Qu'eft-ceci ? quelle doctrine 
nouuellee/? cefte-ci?qu'il commâde d'authonté, mef- 
mes aux efprits immondes, & ils lui obeifTent? 

28 Parainfi fa renommée courut foudain par toute 
la contrée d'alentour de Galilée. 

29 * Et toit après eftans fortis de la fynagogue , b ils 
vindrent auec laques & Iehan en la maifon de Simon 
& André. 

30 Or la belle mère de Simo gifoit malade de fieure 
& foudain ils lui parlent d'elle. 

3 1 Adonc s'approchant,il la leua,en la prenant par la 
main, & foudain la fieure la laifTa,& elles les feruoit. 
3 2 '" Le foir eltant venu, comme le foleil fe couchoit, 
ils lui apportoyent tous ceux qui fe portoyent mal, & 
les démoniaques. 

33 Et toute la ville eftoit affemblee à c la porte. 

34 Et il guérit tous ceux qui eftoyent malades de di- 
uerfes maladies:& ietta hors plufieurs diables, ne per- 
mettant point que les diables diflènt qu'ils le cognuf- 
fent. 

35 Puis au matin comme il eftoit encore fort nuift, 
s'eftant leué,il fortit, & s'en alla en vn lieu defert , & 
prioitlà. 

3 6 Et Simon , & les autres qui eftoyent auec lui , d le 
fuiuirentiufques à ce qu'ils l'eiuTenttrouué. 
3 7 Et quand ils l'eurent trouué,ils lui dirent, Tous te 
cerchent. 

3 8 Adonc il leur dit, * Allons-nous-en aux prochai- 
nesbourgades,afin que i'y prefche aufsi:car pour cela 
fuis-ie e venu. 

32 Il prefehoit donc en leurs fynagogues, par toute 
Galilée, & iettoit hors les diables. 

40 * Et vn lépreux vint à lui le priant , & s'agenoùil 
lant deuant lui,& difant : Si tu veux , tu peux me net 
toyer. 

41 Adonc Iefus efmeu de copafsion eftenditfa main, 
& le toucha,& lui dit,Ie le vueil fois nettoyé. 

42 Et quand il /"eut dit , la lèpre fe partit foudain de 



SELON S. MARC. 



91 



!ui,& il fut nettoyé. 

4; Et l'ayant menacé,foudain il a le renuoya. 

44 Et lui dit, Gatde que tu n'en dies rien a perfonne: 

mais va-t'en,^ te monitre au Sacrificateur.^ prefen- 

te pour ta purification les choies * que Moyfe a com- 

mandees,pourtefmoignage à iceux. 

4ï Mais iceluieltant parti comméça à publiermain- 

tes chofes , &: diuulguer l'affaire : tellement que Iefus 

b ne pouuoit plus entrer à defcouuert en la ville , mais 

il le tenoit dehors en lieux deferts : & de toutes parts 

on venoit à lui. 

C H A p. 11. 



« Gr.leicm 
dehors. 



& fumant. 



I affàu. pour 
'"mportunî- 
tc de ceux 
|uiliiidema- 
oyenrince£ 
fâmment des 
deliuranees 
corporelles. 



te Seigneur guérit le paralytique , 8 montre fon authoritè 
touchant le pardon des péchés , 14 appelé Matthieu, 17 
mahi lient fa procédure touchant ce qu'Une s'ejlrange nul- 
lemratdes pécheurs ; 19 & qu'il n'impofe point cftroite 
difipline àfes domefliques, 23 & mefme touchant ce qu'il 
fupporte que/es dijciples arrachent quelques efpics au iour 
du Sabbut,pour les manger. 

1 f~\ Velques " iours après il entra derechef en Ca- » Matt. 9.1. 
V^^pernaum: &: le bruit fut qu'il eltoit en la/wc.y.iSï 

maifon. 

2 Etfoudain plufieurs s'y affemblerent,tellementque 
mefme l'édroit d'auprès de la porte ne les pouuoit te- 
nir^ il leur annonçoitla parole. 

3 Alors quelques vns vindrentàlui, apportans vn 
paralytique qui eftoit chargé par quatre. 

4 Mais pource qu'ils ne pouuoyent approcher de lui 
à caufe de la foule 3 ils defcouurirent le toift du lieu, où 
eft oit Iefus, & l'ayant perfé , aualerent le petit 1 ici: au- 
quel le paralytique gifoit. 

5 Alors Iefus ayant veu leur foy , dit au paralytique, 
Mon fiâtes péchés te font pardonnes. 

6 Or quelques vns des Scribes eftoyentlàafsis, & 
difputoyenten leurs cœurs, 

7 Pourquoi ceitui-ci , prononce-il ainfî des blafphe- 
mes? qui eft- ce qui peut pardonner les péchés, * linon 
vnfeulDieu? 

8 Et incontinent Iefus ayant cognu ! en fonefprit ; 



«/â.43.25. 
c ou par foa 
ciprit. 



»a 



VAM G II8 



ou, pou- 
uoir. 



toc 5. 27. 



"■"Ma/. 9.13 
1. m/» 1. 15 

W M« 9.14. 



qu'ils difputoyent ainfî en eux-mefmes,Ieur dir,Pour- 
quoi difputez-vous de telles chofes en vos cœurs? 

9 Lequel efrpIusaifé,ou de dire au paralytique, Tes 
péchés te font pardônés: ou de dire,Leue-toi,& char- 
ge ton petit lic1:,& chemine. 

10 Orafinquevous Tachiez que leFils de l'homme 
a a authorité de pardonner les péchés en terre, ( il dit 
au paralytique,) 

11 le te di,Leue-toi,& charge ton petit li&,& t'en va 
en ta maifon. 

12 Et icelui foudain fe leua,& ayant chargé fon petit 
licljil fortit en la prefenee de tous, tellement qu'ils fu- 
rent tous eftônés,& glorifioyét Dieu, difans,Onques 
ne vifmes-nous telle chofe. 

13 * Adonc il s'en alla derechef vers la mer , Se tout 
le peuple venoit à Iui,& il les enfeignoit. 

14 EtenpafTant^W**, il vidLeuifils d'Alphee afsis 
au lieu du péage, & lui dit, Suimoi: & icelui s'eitant 
leué, le fuiuit. 

15 Étaduint comme Iefus eftoit à table en la maifon 
d'icelui,que plufîeurs peagers & gens de mauuaife vie 
fe mirent aufsi à table auec Iefus Se fes difciples.-car il 
y en auoit beaucoup qui pareillement l'auoyent fuiui. 

16 Dont les Scribes Se Pharifîens voyans qu'il man- 
geoit auec les peagers Se gés de mauuaife vie, difoyét 
à fes difciples, Pourquoi mâge-il & boit auec les pea- 
gers &mal-viuans? 

1 7 Et Iefus ayant entédu cela,leur dit,Ceux qui font 
enfanté n'ont befoinde médecin : mais ceux qui fe 
portent mal : v ie ne fuis. point venu pour appeler les 
iuftes,mais les pecheurs,à repentance. 
i3 * Or les difciples de Iehan Se les Pharifîens iuf- 
noyent:lefque!s vindrent vers lui, Se lui dirent, Pour- 
quoi iufhent les difciples de Iehan Se des Pharifîens: 
mais tes difciples ne iufnent point? 

ip Et Iefus leur refpondk, Les gens des nopeespeu- 
uent-ils iufner pendantque le nouueau marié efi: auec 
eux?durant le temps qu'ils ont le nouueau marié auec 
eux, ils ne peuuent iufner. 

20 Mais les iours viendront que le nouueau marié 
leur fera ofté, Se adonc ils iufneront en ces iours-la. 



Ueut.2$.i$. 



S 1 1 O M S. M AUC. ?£ 

ïi Aufsi nul ne coud vne pièce de drap eferu à vu 
vieil veftement:autrement la pièce du dr.ip neuf,qui a] 
eftémife pour remplage, emporte la pièce du arapj 
vieil,& la rompure en eft pir^. 

22 Pareillement nul ne met le vin nouueau en vieux 
ouaires:autrement le vin nouueau rompt les ouaires 
&le vin s'efpand,&: les ouaires ië perdent: mais le vin 
nouueau doit eftre mis en ouaires neufs 

23 * Et aduint corne il pafïoitvn lourde Sabbat par-] *Mm.i 2.1. 
mi les blés,que fes difciples en cheminant fe prindrét J^f* 1 ' 
à arracher & froyer des efpics 
14 Adonc les Pharifiés lui dirent,Regarde,pourquoi 
font-ils ce qui n'eft loifible es Sabbats? 
1$ Mais il leur dit, Ne leuftes vous iamais '•' ce que fltj v , 
Dauid quand il eut necefsité, & qu'il eut faim, lui & 6 
ceux qui efloyent auec lui? 

%6 Comment il entra en la maifon de Dieu,au temps 
■d'Abiathar principal Sacrificateur , cV mangea les 
pains de propofition , * qu'il n'eftoit loifible de m ager 
finon aux Sacrificateurs: & en donna aufsi à ceux qui 
eftoyent auec lui. 

27 Puis il leur dit, Le Sabbat eft fait pour l'homme, 
& non point l'homme pour le Sabbat. 

28 Par ainfi le Fils de l'homme eft Seigneur aufsi du 
Sabbat. 

C H A P. III. 

te Seigneur guérit vn manchot an iour du Sabbat, 7 defploye 
fa grâce & vertu enuers toutes fortes d'affligés , accouraml 
à lui de toutes parts, 14 ordonne le nombre & ta charge, 
des lApoflres , 21 eft réputé des ftens hors du fens, 22 &\ 
■ blajphemépar les Tharifiens, 23 nujqueh ilfaitfentir iuf\ 
ques okpajfe leur blafpheme. 3 1 Les vrais parens du Sei- 
gneur. 

i|) Vis* il entra derechef en la fvnagogue, &là e- 
1 ftoit vn homme qui auoit la mainfeche. 



* nomme au- 
trement Ahi- 
melec au vieil 
t^ftament. 

* Leuit. 24. 
9* 



lue 6 6. 



2 Et b ils prenoyent garde fur \\x\,pour veoir s'il le pue 
riroit au Sabbat, afin qu'ils l'en aceufaffent. 

3 Lors il dit à l'homme qui auoit la main feche,Leue- ien$ ' 
toi en place. 

4 Puis il leur dit , Eft-il loifible de bien faire es Sab 



b afles Scrl- 
l»es & Phari- 



— 



**- 



^ F. T A N^GlJ-1. 



• ©u, firent 

%n complot à 

îencontre de 

lui. 

4 voyczMat 

aa. 16. 



e ou , toutes 
les chofes: 
afla. les mira- 
cles de tou- 
tes fortes. 



i Gr. anoyet 
des fléaux: 
alfa, de mala- 
dies. 

« afla. eflans 
en certaines 
perfonnes 



* Mat.io.i, 
lue y. i. 



/ oujît à Si- 
mon ilimpo- 
fâ no Pierre. 

g Heb.BENE 
R I GVE s : 
c'eftoitvn ti- 
tre d excel- 
lence entre 
les autres di- 
fciples. 
h nômé auf- 
fiLebbee, & 
Inde frère 
de laques. 

ou, le Ca- 
Kamté. 



bats, ou de mal fairef-de fauuer vne perfonne, ou de la 
la tuerPmais ils fe teurent. 

5 Adonc les regardant à l'enuiron auec indignation, 

6 pareillement marri de rendurcifïement de leur 
coeur,il dit au perfonnage, Eften ta main, Et il l'eften- 
dit:& la main fut rendue faine comme l'autre. 

6 Lors les Pharifïens eitans fortis , a confulterét auec 
les b Herodiens à Tencontre de lui, comment ils le fe- 
royent périr. 

7 Mais Iefus auec fes difciples fe retira vers la mer, 
& grande multitude le fuiuoit de Galilée &de Iudee, 

8 Et de Ierufalem,,& dldumee, & de par de là le Ior- 
dain. Et de ceux qui habitoyent à l'enuiron de Tyr & 
Sidon,ayansentendu c les grandes chofes qu'il faifoit, 
grande multitude vindrent vers lui. 

9 Et il dit à fes difciples .qu'vne petite naffèlle ne bou 
geaitdelà, pour lui feruir, à caufe.des troupes , afin 
qu'elles ne TemprerTaiTent. 

ïo Car il en auoit guéri beaucoup,telîemét que tous 
ceux qui d eftoyét affligés, fe iettoyent contre lui,afin 
qu'ils fe touchaffent. 

n Et e les efprits immondeSjquand ils le voyoyent,fe 
profternoyent deuant lui,& s'efcrioyent,difans,Tu es 
le Fils de Dieu. 
1 1 Mais il les tanfoit fort,afin qu'ils ne le declaraflènt 
point. 

1 3 * Puis il monta en vne montagne , & appela à foi 
ceux qu'il voulut,^: ils vindrent à lui. 
i4 Et il en ordonna douze pour eftre auec lui,& pour 
les enuoyer prefeher: 
i? Et auoir puiflancede guérir les maladies, & de 
ietterhors les diables. 
\6 î Ajfauoir Simon" le premier , lequel il furnomma 
Pierre. 

1 7 Puis laques fils de Zebedee , & Iehan frère de la 
ques,aufquels il impofa nom ° Boanerges,quivaut au 
tant à dire qu'enfbns de tonnerre, 
ïo" Et André,&Phili?pe,&Barthelemi,& Matthieu, 
& Thomas,& laques fils d'Alphee,& h Thaddee,& Si- 
mon ^eCananeen^ 
19 Et Iudas Ifcariot, qui aufsi le trahit. 



< KT OM a . MAK. 



5?? 



id Puis ils vindrent a enlamaifon : & derechef vne 
multitude s'aiTembla , tellement qu'ils ne pouuoyent 
pas mefme b prendre leur repas. 

2 i Et quand ceux qui lui attouchoyent eurent enté- 
du cela,ils fortirentpour lefaifir: car ils difoyent,qu'il 
#ftoithorsdufens. 
21 Et les Scribes qui eftoyent defcendus de Ierufa- 
lem,difoyent,* Il a Beelzebub,&iette hors les diables 
parle prince des diables. 

23 Mais lui les ayant appelés à foi, leur dit par fîmili- 
tudes , Comment peut Satan ietter Satan dehors? 

24 Car fi vn royaume eft diuifé contre foi-mefme, ce 
royaume-la ne peut fubfiiter. 

25 Et fi vne maifon eft diuifee contre foi -mefme , ce- 
lte maifon-la ne peut fubfiiter. 
%6 Pareillement , fi Satan s'efleue contre foi-mefme, 
& eft diuifé, il ne peut fubfïfter; ains il s'en va faillir 

27 Nul ne peut entrer en la maifon d'vn homme fort, 
& piller c fou bien,fî premièrement il d n'a lié le fort:& 
Jors il pillera la maifon d'iceltii. 

28 En vérité ie vous di, -que toutes fortes dépêchés 
feront pardônés aux enfansdeshommeSj&ta/^/w-- 
tes de blafphemes par lefquels ils auront blafphemé. 

29 Mais quiconque aura blafphemé contre le fain cl 
Efprit, n'aura point de pardon eternellement,ains fera 
coulpablede condamnation éternelle. 

50 C'eftipource e qu'ils difoyent, Il a l'efprit immon- 
de. 

3 1 * Alors donc fes frères & fa mère vindrent:& eftâs 
dehors enuoyerent quelques vns vers lui, pour l'ap- 
peler^ la multitude eftoit afsife à i'entour de lui. 

3 2 Ainfi donques on lui dit, f Voila ta mère & tes frè- 
res là dehors, qui te demandent. 
3 3 Mais il leur refpondit,difant,Qui eft ma mère, ou 
qui font mes frères? 

34 Et en regardant de touscoftés à I'enuiron ceux 
qui eftoyent afsis à I'entour de lui,il dit,Voici ma me- 
re,& mes frères. 

3 5 Car quiconque fera la volonté de Dieu, ceftui-Ia 
cil mon frere,& ma foeur, & ma mère. 



« aflfa.cn C*- 
pcrnaum. 

b Gr.mangot 

le pain. 



* Mat. 7.34. 

II.I5. 



c ou,fonb*. 

gage. 

d ou, n'a fait 

prifonnicr. 

•Mat.12.ll 

lue 12.10. 

I.iehau$ 16 



e afla. eftart* 
ncanrmoins 
conuaincus 
de la vérité 
en leurs pro- 
pres confeié- 
ces. 

*Mattb.u. 
46.IUC 8.19. 
f ou, Voila 
ta mère & tes 
frères te de- 
mandent Là 
dehors. 



$6 






ËVANGlt» 



ou , parmi 
le chemin: & 
ainfi au ver£ 

* Gr.pource 
qu'elle n'a- 
uoir point de 
>rofondeur 
Je terre. 



Efa.6.9. 
mat. 13.14 
lue. 8.10. 
ieban. 1 2. 
40.aai.2S. 
î6.rom.u,\ 
S. 



C H A P. II II. 

le fus Clmftpropofant diuerlesfimiùtudes au peuple, 3 affa- 
uoir celle dujemeur, iz de la cbandele, 16 delajemence 
3 o & du grain dejemence de mouftarde , déclare quel e(i 
i'eftat du royaume de Dieu t 37 & appaije va orage fubit 
par fa feule parole. 

1 T) Vis * il feprint derechef à* enfeigner auprès de 
1 la mer, & grandes troupes s'aflemblerent vers 
ui : tellement qu'eitant monté en vne narTelle il fe te- 
noit afsis en la najJêllê fur la mer,& tout le peuple ef toit 
fur terre auprès de la mer. 

Et il leur enfeignoit beaucoup de chofes par fîmili- 
tudes,& leur difoit en fa doctrine, 

3 Efcoutez,voici,vn femeur s J en alla pour femer. 

4 Et aduint qu'en femât,vne partie de lafemmee cheut 
* auprès du chemin, & les oifeaux du ciel vindrent, & 
la mangèrent toute. 

5 L'autre partie cheut en lieux pierreux, où elle n'a- 
uoit guère de terre, &foudainelIe fe leua b pource 
qu'elle n'entroit pas profondement en terre. 

Mais quand le foleil futleué,ellefuthauie,&pour- 
ce qu'elle n'auoit nulle racine,elle fe fecha. 

L'autre partie cheut entre les efpines:&les efpiries 
montèrent &l'eftoufferent,&elle ne rendit point de 
fruid. 

3 Et l'autre partie cheut en bonne terre , & rendit du 
fruiâ, montant Se croiffant : tellement qu'vn grain en 
apporta trente,& l'autre foixante,& l'autre cent. 
*? Adonc il leur dit, Qui a oreilles pour ôuïr,oye. 

10 Et quand il fut à part foi , ceux qui efloyent entour 
lui auec les douze , l'interroguerent touchant la fîmi- 
litude. 

11 Et il leur dit,II vous eft donné de cognoiftre le fe- 
cret du royaume de Dieu : mais à ceux-là qui font de- 
hors,toutes chofes fe traittent en fîmilitudes: 

12 '"Afin qu'en voyant ils voyent,& n'apperçoiuent 
point:& qu'en oyans ils oyent, & n'entendent point: 
de peur qu'ils ne fe côuertiiTent,& que les péchés leur 
foyent pardonnes. 

13 Puis iUeur dit , Ne fauez-vous pas celle fîmilitu- 
-i . i— — £_ date 



i.Ttm.6. 



*7« 



^EIOM S, MARC. 91 

de?&: cornet cognoiiirez-vous toutes les fîmilîtudes? 
14 Le femeurc'#/2 te"///' .////' ieme laparoîe. 
i< Et voici,ceux qui reçoiuent la lemence auprès du 
chemin,c« font ceux oùla parole ell (emee,mais après 
Qu'ils i'ont ouie,incontinct Satan vient, & ofte la pa- 
ro'c lemeeen leurs cœurs. 

16 Lt voici fèmblablement, ceux qui reçoiuent la fe- 
mence en lieux pierreux, ce font ceux qui ayans ouï 
la parole,foudain la reçoiuent auec ioye. 

17 Mais ils n'ont point de racine en eux- mefmes,& 
ne font qu'à temps: tellement au'opprefsion ou perfe 
cutionaduenant pour la parole ils font incontinent 
feandalizes. 

18 Aufsi ceux qui reçoiuent la femence entre les ef- 
pines,ce font ceux qui oyent la parole: 

19 Mais les folicitudes de ce môde 3 & * la fallace des 
richefTes, & les conuoitifes des autres chofes, elhns 
entrées en leurs efprits , eftouftènt la parole , fy elle dé- 
ment infruétueufe. 

20 Mais voici, ceux qui ont receu la femence en bon- 
ne terre, ce font ceux qui oyent la parole & la reçoi- 
uent,& portent frui£t:l'vn trente, & l'autre foixante, 
Sdautrecent. 

ii 11 leur difoit aufsi, " La chandele eft-elle apportée, 
afin qu'elle foit mife fous le boifleau , ou lous le lict? 
n'elt-ce point afin qu'elle foit mife fur le chande- 
lier? 

12 * Car il n'y a rien de fecret,qui ne foit en fin mani-|* Mat. 10, 
feité,& n'v a rien de cai hc, qui ne viene en euidence 

23 Si quelcun a oreilles pour ouïr, qu'il oye. 

t\j - 'Il Jn J ^ T Ma'. 7.2. 

24 D auatage il leur dit, Regardez ce que vous oyez: Luc6 ?8 
* de telle mefure que vous mefurerez, il vous fera me- - 
furé:& à vous qui oyez,il fera adioulté. 

25 " Car à celui qui a, il lui fera donne:& à a celui qui 
n'a rien, cela melme qu'il a lui iera ofté. 

26 D'auantage il dit, Le royaume de Dieu eft comme 
fi v 1 homme ayant Jette la feméce en la terre,dormoit, 
& b fe Ieuoit de nui A & de iour: 

27 Et que la femence germait & creuft,lui ne fâchant 
comment. 
a8 Car la terre d'elle-mefme, produit premièrement 



'■'Mat.$.i$. 

lue t.iô.dr 
n.13. 



?! 

celui qui 
cuideauoir, 

ou qui ne fc 
fert point dç 
ce qu'il a. 
"Mat. ij. 
I 2. & 2$. 
19. lin 8.18. 

b aflau. pour ! 

vifiter dili- 
i;cmraci>t I« 
tout. 



s 



E 



V A N G I t Ë 



lUClylS. 



-"M4r.13.34 



&c8. 22. 



'herbe , puis après les efpics, & puis le plein froment 
en efpic: 

Z9 Et quand le fruict s'eû monitré, foudain /'homme y 
met la faucille,à caufe que la moifïbn eit prelle. 

30 Puis ildifoit, * A quoi accomparerons-nous le 
royaume de Dieu? ou de quelle fimilitude le reprefen- 
terons-nous? 

3 1 II en prend comme du grain de femence de mou- 
tarde , lequel eflant femé en terre , elt bien le plus pe- 
tit de toutes les femences qui font iettecs en ia terre. 

32 Mais après eltre femé , ilfeleue, & deuientplus 
*rand que toute autre herbe:& iette de grandes bran- 
ches , tellement que les oifeaux du ciel peuuent baltir 
leurs logettes fous fon ombre. 
3 3 v Ainfi par plufieurs telles fimilitudes il leur trait- 
toit de la parole, félon qu'ils pouuoyent ouïr. 

34 Et ne partait point à eux (ans fimilitude: mais à 
part il dectaroit le tout à fes difciples. 
3 ï * Ce iour-la quand le foir fut venu,il leur dit, Paf- 
fons delà l'eau. 

3 6 Et après auoir laifle les troupes,ils le prindrent a- 
uec eux ainfi qu'il eitoit en la naiîelle , or y auoit-il 
aufsi d'autres petites naffelles auec lui. 
3 7 Lors vn grand tourbillon de vent fe Ieua,telîemet 
que les ondes fe iettoyent en la naffelle,de forte qu'el- 
le s'empliffoit défia. 

3 8 Or efloit-il en la pouppe, dormant fur vn oreiller: 
adonc ils l'eiueillent,8dui difent.Maiftre,ne te chaut- 
il que nous péririons? 

3 9 Mais lui eftât efueillé tanfa le vent,& dit à la mer, 
Tai-toi , tien-toi coye. Lors le vent ceffa , & fut faite 
grande tranquilité. 

40 Puis il leur dit, Pourquoi eltes-vous ainfi crain- 
tifs? Comment n'auez-vous point de foy? 

41 Mais ils craignirent de grande crainte , & difoyét 
l'vn à l'autre, Mais qui elt ceftui-ci,que le vét mefmes 
&la mer lui obeiflent: 

C h a_ p. v. 

Le Seigneur deliurevn démoniaque , 2? guérit vne femme 
malade d'vne perte de fang i 35 & rejfufcite vne fille , la- 
quelle ilauoit e fié prié de venir feulemït fecourir à ïextre* 
mité. '■ ; ' 



SELON 3. MARC. 



à 



i "Tp Tils*arrluerent delà la mer en la contrée des 

JZL a Gadareniens. 
ï Et quand il fut forti delà nafTelle, incontinent vn 
homme b qui auoit vn efprit immonde fortit des fepul- 
cres,e^ le vint rencontrer: 

2 Lequel auoit fa demeurance es fepulcres,& nul ne 
le pouuoit c tenir lie, non pas mefmes de chaines. 
4 Pource que fouuent ? quand il auoit eité lié de 
ceps &de chaines, il auoit rompu les chaines , & mis 
les ceps en pièces : &perfonne ne le pouuoit domter, 
% Et il eltoit continuellement de nui£t.&deiour es 
montagnes &és fepulcres, criant & fe frappant de 
pierres. 

6 Quand donc tout de loin ilvidIefus,ilaccourut,& 
**fe profterna deuantlui: 

7 Et criât àjuute voix,dit, Qu'y a-il entre toi Se moi, 
Iefus Fils du Dieu fouuerain? ie t'adiure de par Dieu, 
que tu ne me tormentes point. 

8 ( Car le fus lui difoit, Vuide hors de ceft homme , 
efprit immonde.) 

<? Adonc il l'interrogua , Comment as-tu nom ? Et il 
refponditjdifànt, Lai nom c Légion : car nous fommes 
plufieurs: 

io Et le prioit fort qu'il ne les enuoyaft point hors de 
la contrée. 

ï r Or y auoit-ii là vers les môtagnes vn grand trou- 
peau de pourceaux qui paiiToit. 

12 Et tous ces diables-la le prioyent^difanSjEnuoye 
nous es pourceaux , afin que nous entrions dedans i- 
ceux.Et Iefus incontinent le leur permit. 

1 3 Adonc ces efprits immondes eirans fortis , entre 
rét es pourceaux, & le troupeau fe rua du haut en bas 
en la mer, (or y en auoit-il enuiron deux mille) & fu 
rent eftoufte en la mer. 

14 Et ceux qui paiflbyent les pourceaux,s J enfuirent, 
& en portèrent les nouuelles en la ville,& par les vil- 
lages. 

15 Lors ils fortirent pour voir ce qui eftoit ac|ifenu,& 
vindrent à Iefus & virent celui qui auoit eftédemo- 
niaque,afsis & veftu,& de bon fens : voire celui qui a- 
uoit eu la légion, & eurent peur. 

: £ii- 



tî.lucY.xê. 
* ou,Gergc« 
fcnicns. 
b <ir. en ef* 

prit immon» 
de- 

e Gr.licr. 



d o'diViiar*. 



e Ccft le n* 
d'vne bande 
defix mille 
foldars enui- 
ron, àlvlage 
desRomaircs: 
qui eft bien 
pourmoftrér 
tant la mile- 
rablc condi- 
tion de ce 
poure per- 
sonnage, que 
la fouueraine 
grâce & ver- 
tu du Sei- 
gneur en la 
deliurance 
d'icelui. 



« ou , fe mi:. 



IOO 



VAN&II! 



*Mat.ç.i2 



I Gr. eftaru 
cn defluxior 
defàng. 



e Gr. la fon- 
taine. 



le? Et ceux qui auoyent veu cela t \eur racontèrent cô 
me il eltoit aduenu à ce démoniaque, & touchant les 
pourceaux. 

17 Adoncilsfe prindrent à le prier qu'il fe partie de 
leurs quartiers. 

1 8 Et quand il fut entréen la naflèlle , celui qui auoit 
efté démoniaque le prioit qu'il fut auec lui. 

19 Mais Iefus ne le lui permit point, ains lui dit, Va 
t'en en ta mailon vers les tiens,&r leur raconte côbien 
grandes chofes le Seigneur t'a hitt s 3 8c comment il a eu 
pitié de toi. 

20 II s'en alla donc,& a commençaàpublieren De- 
capolis combien grandes chofes Iefus luiauoit faites: 
&tous s'en efmerueilloyent. 

21 Et quand Iefus fut derechefpafieàl'autreriueen 
vne naflèlle , grandes troupes s'afièmblerent vers lui, 
& il eltoit près de la mer. 

22 * Adonc voici,vn des principaux de la fynagogue 
nommé Iaïrus,vint:& l'ayant veu,fe ietta àfes pie fs. 

23 Et le prioit fort, en difant,Ma petite fille eu: à l'ex- 
trémité je te prie, que tu vienes, & que tu lui impofes 
les mains,afin qu'elle foit guérie, & qu'elle viue. 

24 Jefïvs donc s'en alla auec lui:& grandes troupes le 
fuiuoyent,tellement qu'ils l'empreiioyent. 
2? Ory auoit-iî vne certaine femme b malade d' vne 
perte de fang depuis douze ans: 
2(5" Laquelle auoit beaucoup fouffert entre les mains de 
plufieurs médecins, & auoit defpendu tout le fien , & 
n'auoit rien profité , ains pluftolt eltoit allée en empi 
rant. 

27 Icelle ay at ouï parler de Iefus, vint en la foule par 
derrière, & toucha l'habillement d'icelui. 

28 Car difoit-elle,Si tant feulement ie touche fes ha 
billemens, ie ferai guérie. 

19 Et incontinent 6 le flux de fon fangs'eftancha,& 
elle fentit en fô corps qu'elle eltoit guérie de/0;? fléau 

30 Et foudain Iefus recognoiiïant en foi-mefme là. 
vertu qui eltoit itfue de foi,fe retourna en la foule,di 
fant,Qui a touché mes habillemens? 

3 1 Et fes difciples lui dirent,Tu vois que la foule t'é^ 
preflfej&tu dis,Qui m'a touché? 



+ 



SElOM S. MARC. 



101 



32 Maîsil regardoit tout à I'entour, pour voir celle 
qui auoit fait cela. 

33 Acionc la femme craignant & tremblant, fâchant 
ce qui auoit eité fait en (à perfonne, vint & fe ietta de- 
lunt lui,& lui dit toute la vérité. 

34 Et i! lui dit , Ma fille , ta toy t'a fauuee: va-t'en en 
rui>:,&:lois guérie de ton fléau. 

3 5 Comme"iI parloit encores , quelques vns arriue- 
rent de chez le principal de la iynagogue,ditans , Ta 
fille elt morte , pourquoi-trauailles-tu plus le mailtre? 
3 6 Et incontinent que Iefus eut oui ce qu'on difoit,iI 
dit au principal de la iynagogue,Ne crain point:croy 
feulement. 

37 Et ne permit point qu'aucun le fuiuiftjfinon Pier- 
re^ Iaques,& lehan frère de laques. 

38 Puis il vint en la maifon du principal delà fyna- 

togue, &apperceut le bruit, & ceux qui pleuroyent 
: menoyentgrand dueil. 
35? Et lors eftant entré dedans , il leur dit , Pourquoi 
menez-vous bruit & pleurez?l'enfant n'eft pas morte, 
mais elle dort. 

40 Et ils fe rioyent de lui: mais les ayans fait fortir, il 
print le père & la mère de l'enfant,& ceux qui eftoyent 
auec lui: & entra là où l'enfant eltoit gifante. 

41 Et ayans prins la main de l'enfant, lui dit , Talitha 
cumirqui vaut autant à dire,eftant expofé, que, Petite 
fille(ietedi)leuetoi. 

41 Et incontinent la petite fille fe.leua,& cheminoit: 
car elle eftoitaagee de douze ans. Dont ils furent e- 
itonnés d'vn grand eftonnement. 
4; Et il leur commâda fort que a perfonne ne le fèuit: 
Se puis dit,qu'on lui donnait à manger. 

C H A P. VI. 

jf e fus Qjrifl moins recognu entre ceux parmi lefqueh ilcon- 
uerfoit ordinairement, 7 donne charge à [es *Apoflres tou- 
chant leur premier enuoy. 14 7)iuer [es opinions de la per- 
sonne du Seigneur entiers Herode , duquel eft deferite U 
cruauté contre Jehan Baptifte. 3? Miracles d'vn grand 
peuple nourri de cinq pains & de deuxpoijjbns tant feule- 
ment , 50 & à e s ^ipoftres raffeurés par le Seigneur che- 
minant fur la mer, 

; G ii j 



t aflau. pour 
"heure: com- 
me peu de 
gens ertans 
encores bien 
capables de 
profiter en 
Ces ceuureJ. 



Ï01 



V A N G I L E 



i A Près * il partit delk,& vint en ion pais : & tes 
l\ difciples le fuiuoyent. 



"■Mat. 13. 
54.^4.16. 

'• iebattô. u Et quand le Sabbat fut venu, il feprint à enfeigner 
4 «ci peut £n la fynagogue : & beaucoup de ceux qui l'oyoyent, 
mcmftrer ce s'eilonnoyent, difans, ' D'où vienent ces chofes à ce- 
&efttre- ftui-ci? & quelle eft celle fageffe qui lui eft donnée? 
marqué l uc que meimes telles vertus Te font par fes mains* 
hï£3F 5 Celtui-ci n'eft-il pas * charpentier? fils de Marie, 
n'auoit def- frère de Iaques,&de Iofes,&de Iude,&de Simon Mes 
daigne defai- fœurs aufsi ne font-elles pas ici parmi nous? Et ils e- 

rc le meitier n r j 1 • / j 1 • 

de iofeph (lovent feandalizes de lu» 

m * Tl de J a • * Adonc Iefus leur dit/ Vn Prophète n'eft fans hon- 

famfrc, plZ neur,fînon en fon païs,& entre fes parens , & ceux de 

dant qu'il a ^ fa famille 

me n pe r rronn e' * * Et S ne P euc &' 1 * $ aucune vertu,finô qu'ifguerit 
priuee e n ce quelque peu de malades, leur ayant impofé les mains 
to°ith*n 4. ^ Et s'efmerueilloit de leur incrédulité : n & tour- 
44< noyoit à l'entour des bourgades , enfeignant. 

%Mmb.iî. 7 * Adonc il appelales douze, & commença de les 
5*« enuoyerdeux à deux, & leur donna puifTance furies 

luïiVi' ef P ritS lmmonde S. 

♦ Mai io'.i 8 Et leur commanda de ne rien prendre pour/>w/*r 
fus1.14.luc fur le chemin,finon vn ballon feulemét:ne malette, ne 
9. 1. pain, ne monnoye en leur ceinture: 

dai« r :c d omm n e" * Mais <3 u ' iIs fimrent chauffés b de fouliers^&qu'ils ne 
aa. 1 1. 8. fe veftiflent point de deux robbes 

&Mttt. 10 
14. Luc 9.$, 
&io.\i. 

v Mrfr.t4.i. 
{ucç.j. 

c c'eftoit vn 
don de mira- 
cles , accom- 
pagné de ce 
fteapplicatiô 
extérieure 
d'huile mate 
rielle.-dontle 
Seigneur a 
eftendu l'vfa 
ge en fon E 
glife longue 
ment: laques 
$,iq, d affiuAç Iefus,au Nor* duquel fc fiùlbyent les miracles par Içj Apoftre* 



10 Il leur difoit aufsi, En quelque part que vous en- 
trerez en vnemaifon, demeurez-y iufqu'à tant que 
vous partiez de là. 
n * Et tous ceux qui ne vous receuront , & ne vous 
orront,en partât delà,* fecouèz la pouldre de defîous 
vos pieds, en tefmoignage contre iceux. En vérité ie 
vous di, que ceux.de Sodome& Gomorrheferôtplus 
tolerablement traittés au iour du iugement que cefle 
ville-la. 

ii Eux donc eftans partis prefeherent qu'on s'a- 
mendall. 

13 Et ietterent hors plufieurs diables , f oignirent 
d'huile plusieurs malades,&les guérirent. 

14 '•* Or le roy Herode en ouït parler , (car le nô d d'i* 



:j 



SïtON S. MARC. 



10: 



celui eftoït fort célèbre) &cïït: Ce Iehan qui bapti* 

2 'it,eihcflu (cité des mortSj&pourtât vertus» mon- * °u>fc «fi- 
ltrent leur force en lui. !ia. ye " ** 
i 3 Les autres difovent , Ceft Elie : Et les autres di- 
ioyér,C'eft vn Prophète, ou corne l'vn des Prophètes. 
1 5 ' Quand donc Herode eut entendu cela, il dit, * Luc 3.1$. 
Ceftui-ci eft ce lehan que i'ai decapité;il eft reflufcité* 
des morts. 

17 Car Herode ayant enuoyé fes gens ,auo\t fait pren- 
dre Iehan, & Pauoit lié en prifon , à caufe d'Herodias 
femme de Philippe fon frere,pource qu'il Pauoit prin- 
feen mariage. 

18 Car Ielian difoit à Herode, ''Il net'eftpasloifible : Le.ii.i6 
d'auoir celle qui eit femme de ton frère. 

ip Et pourtant Herodias en auoit à lui, & defîroit de 
le faire mourir mais elle ne pouuoit. 

20 Car Herode craignoit Iehan, fâchant qu'il eftoit 

home iufte &fainct, &: Pauoit b en reuerence, & Payât b a/r.d'aurant 
oui , raifoit beaucoup de chofes, &Pefcoutoit volon- ^ncVcon. 

tiers. traint quel- 

21 Maisvn ioureftantvenu opportun, que Herode JJJJ."^ Ic$ 
faifbit c lefeftindu iourde fa naiflanceauxgrâdsfei- mefmesde 
çneurs , & aux capitaines , & aux principaux de Ga- J-^fJ" ' 
Filée: 

2i Et la fille d'Herodias eftant entree,& ayant danfé, 
& ayant pieu à Herode, & aufsi à ceux qui eftoy et en 
femble à la table: le roy dit à la ieune fille , Demande- 
moi ce que tu voudras,& ie le te donnerai. 

23 Et lui iura,difant,Tout ce que tu me demanderas, 
ie le te donneraiyiwe iufques à la moitié de mon roy- 
aume. 

24 Elle donc eftant fortie dit à fa mère , Que deman- 
derai-ie?&elle dit,La tefte de Iehan Baptiire. 
2f Et incontinent eftant rentrée auec grande affectiô 
vers le roy,elle lui fit requefte,difant, le voudroy' que 
tout à celte heure, tu me donnantes en vn plat la tefte 
de Iehan Baptifte. 

7.6 Et le roy^ eftant tref-marri , ne la voulut toutesfois 
efconduire,à caufe du ferment, & de ceux qui eftoyet 
à table auec lui: 
27 Ains enuoya incontinent i vnde fes gardes, & «««*. *' 



,_. 



G iiij 



les 
ruiteurs da 
Dieu:maisils 
n'en font 
point chagés 

λour cela,oix 
egardoit(eu 
prifon.) 
* Gr. lefott- 
per, 



* Luc 9.10. 



'-'Mat 1. 14. 
13. lue £.10, 



^Mat.ç. 36. 
«^ 14.14. 

"i Luc 9.11. 

"M4f.14.15 
wita» 6. 5. 



104 



"FT 



A N <S I L S 



*Matt. 14 

ze6a» 6. 9. 
Gr. ban- 
quets ban- 
quets. 

J> ou,comme 
par quar 
reaux. 
OU, il bénit. 



commanda qu'il apportai* la telle ctteelui : lequel s'y 

en aîla,& le décapita en la prifon: 

28 Et apporta la tefte d'i celui en vn plat,&la donna ; 

h ieune fille,& la ieune fille la donna à fa mère. 

19 Et fes d'fciples ayans ouï le fait , vindrent & em 

portèrent fon corps, &le mirent en vn fepulcre. 

30 * Et les Apof 1res fe raflemblerent vers Iefus,& lui 
racontèrent tout ce qu'il auoyent fait & enseigné. 

31 Et il leur dit , Venez-vous-en à part en vn lieu re- 
tiré , & vous repoies vn petit: car il y aucit beaucoup 
d'allans&: devenans verslefut, tellement qu'ils n'a 
uoyent pas mefmes le loifîr de manger. 

32'- Ils s J en allèrent donc en vne nalfelle 3 en vn lieu 

retiré à part. 

3 3 Mais le peuple les vid s'en aller, &pJufieurs le re- 

cognurent &y accoururét à pied de toutes les villes, 

& y vindrent deuant eux,& s'amafierent vers lui. 

34 * Adonc ïefus eftant ibrti, vid là de grandes trou- 

pes,&fut efmeu de compafsiô enuers eux,de ce qu'ils 

èftoyent comme brebis n'ayans point de berger , t & 

fe mit à leur enfeigner plufieurs chofes. 

3 $ u Et comme il eftoit délia grande heure,fes difei- 

ples vindrent à Iuidifans,Celieueftdefert, & ileft 

délia grande heure. 

3 6 Donne-leur congé,afin qu'ils s'en aillent aux vil 

lages & bourgades d'alenuiron,& qu'ils achètent des 

pains pour eux,car ils n'ont que manger. 

37 Et refpondant il leur dit , Mais vous donnez-leur 
à manger.lls lui dirent,Irions-nous acheter des pains 
pour deux cens deniers , & leur donnerions à man- 
ger? 

38 Et il leur dit, Combien auez-vous de pains ? allez 
lk regardez* Et après l'auoir feu , ils dirent , Cinq & 
deuxpoifTons. 

3^ Adonc il leur commanda qu'ils les fiiTenttous af- 
feoir a par tablées fur l'herbe verde. 

40 Et ils s'afsirent b par rangées , par centeines & 
cinquanteines. 

41 Et quand il eut prins les cinq pains &Ies deux 
poiflbns , regardant vers le ciel , c il rendit grâces , & 
rompit les pains, & les bailla à Ces difciples,afin qu'ils 



T 



SE t O N $. MAUC. 



IOJ 



les leur mifTent deuant : & départit les deux poiflons 
à tous. 

42 Et tous f»mangerent,&: furent raiT.ifié<;: 

43 Et ils recueillirent des pic ces de fâin douze plei- 
nes pinereesA r quelq..e reite des poiflons. 

44 Or ceux qui auoyent mangé eltoyent enuiron 
cinq mille hommes. 

45 Incontinent arres cela a il contraignit fes difei- 
ples de monter fur la naflelle,& aller deuant lui b ou- 
tre iamer vers Bethfaida , cependant qu'il donneroit 
congé aux troupes. 

46 Et quand il leur eut donné congé,il s'en alla en la 
montagne pour prier 

47 * Le foir venu, c la nafTelle eitoit au milieu de la 
mer, &rle(lon lui ieul fur terre. 

48 Et vid a qi. J ils auoyent grande peine à tirer, car l^^enlL 

quelle cftoj- 
entfcs di- 
fciplcs. 
à ou, qu'ils 
efioyent rra- 
uaillcs en 
tirant. 

e afTau. corne 
s'il euft vou- 
lu pafler ou- 
tre fans s'ar- 
refter auec 
eux, pour les 
efmcuuo'r 
tant mieux 
à le requérir. 



le vent leur eitoit contraire : & enuiron la quatrième 
veille de la nuicfil vint vers eux cheminât fur la mer, 
& c les vouloir pafler 

49 Mais quand ils le virent cheminant fur la mer, ils 
cuiderent que ce fuit vn r~antoïme:dont ils s'eferierét. 

50 Car ils fevoyoyenttous,& furent troublés mais 
incontinent il parla à eux, 3c leur dit, Aifeurez-vous, 
c'eft moi . n'ayez point de peur. 
5 r Adonc il monta en la nafleîle vers eux , & le vent 
cefla : dont ils s'eitonnerent beaucoup plus fort en 
cux-mefmes,& s'efmerueillerent 

51 Car ils n'auoyent pas bien prins garde au fa.it 
des pains, d'autant que leur cœur eitoit itupide. 
53 Et quand ils turent parles outre, ils vindrent en 
la contrée de Genezareth,&prindrent port. 
V4 Et comme ils furent fortis de la nafleîle , les gens le 
recognurent incontinent: 

55 Et coururent çà& là par toute la contrée d'alen 
tour, &: fèprindrent à lui apporter cà& là en des pe 
tis li&s ceux qui fe portoyent mal , là où ils oyoyent 
dire qu'il eitoit. 

56 Et par tout où il eitoit entré es bourgades, ou vil 
les,ou villages,ils mettoyent les malades es marchés 
&lepriovent que pour le moins ils peuflènt toucher 
le bord de fa robbe : 3c tous ceux qui le touchoyent 



eu, à ton- 
te infta tt .1 
fit ni Literies 
di r < iples,frc* 
b jflao. outre 
le bras du lac. 



* NUtt. 14. 

2*. 

Irh-iti 6 \6. 



'■'Matth.i^. 
33- 34- 



-4 



lo6 



m Gr. deli- » 
arcsjfâuués. 



* Mat.if.i 

t ouAls s'en 
mcfcontcn- 
toyent. 
« ou, iufques 
au coude,en 
frottans les 
mains l'vne 
cotre l'autre 
gr. auec le 
poing. 

4 voyez Matt 
y.2t'. 

e le mot Grec 
fignifie corne 
fe plonger en 
l'eau, pour re 
marquer que 
ils en vfoyent 
fort large- 
ment. 

/ c'eftoyenc 
certains 
grands vaif- 
féaux de bois 
ou autre ma- 
tière à tenir 
le vin, ou au- 
tre bruuage 
pour feruir à 
table. 
'-Sfa.i9.l-i. 

5 Gr.desvaif- 
feaux d'ai- 
rain. 

b c'eftoyent 
certaines pe- 
tites cou- 
chettes, fur 
Iefquelies ils 
fè repofoyent 
en prenant 
leur repas, 
fuiuant" Pvû 
ge de ces 
temps-la. 
voyez Efïer 
1.6. 

! Gr.mangcnt 
kpïia. 



eftoyent a guéris. 



,E T A M G I II 



C H A P. VII. 



te Seigneur redargue fhypocrifîe & impiété des Vhari fient, 
de ce qu'ils preferoyent leurs traditions aux commande- 
mens de Dieu, 14 remonftre dont procèdent les chojes, 
par Iefquelies l'homme eft fouillé en fa confciencc, 2.4 deli- 
ure la fille d'vne Çananeene d'vn efprit immonde, 32 & 
puis après vn autre démoniaque four d & ayant le parler 
empefehé. 

1 * A Donc les Pharifiens & quelques-vns des 
l\ Scribes qui eftoyent venus de Ierufalem, 

s'aflèmblerent vers lui : 

2 Et voyans quelques-vns des difciples d'icelui pré- 
dre leur repas auec les mains communes,(c'elt à dire, 
fans eftre lauees ) b ils les en blafmoyent. 

3 (Car les Pharifiens & tous les Iuifsne mangent 
point qu'ils ne lauent c fouuent leurs mains,retenans 
les traditions d des Anciens : 

4 Et retoumans du marché,ils ne mangent point,que 
ils ne foyent e laués : il y a aufsi beaucoup d'autres 
chofes qu'ils ontprinfes à garder,comme les lauemés 
des coupes, des f brocs, s"de la vahTelle,& b des cha^ 
lits.) 

5 Là deffus les Pharifiens & les Scribes l'interro- 
guerent, difans, Pourquoi ne cheminent point tes 
difciples félon la tradition des anciens : mais ■ pre 
nent leur repas fans lauer les mains ? 

6 Ilrefpondit, & leur dit, Certainement Efaie a bien 
prophetizé de vous autres hypocrites : comme il eft 
eferit, '•" Ce peuple-ci m'honore de fes leures, mais 
leur cœur eft bien fort efloigné de moi. 

7 Mais en vain m'honorent-ils,enfeignansdes do- 
ctrines qui ne font que commandemens d'hommes. 

8 Car en delaifîant le commandement de Dieu, vous 
retenez la tradition des hommes, affauoir les lauemés 
des brocs , & des coupes,& faites beaucoup d'autres 
chofes femblables. 

9 II leur dit aufsi, Vous annuliez bien le commande 
ment de Dieu, afin que vous gardiez voftre tradi 
tion. 



SfltPN i. MARC 



loi 



£pbef.6.i. 
'■'£xo.i\.if. 
Leun. 20.9. 
'l J ro. 20.20. 
« ou . Qni 
mcfdira de 
perc ou de 
nierc. 



10. 



to Car Moyfe a dit,* Honore ton père & tamere.-j*^o.2o.u. 

Item, 3 Qui maudira père ou mère meure de mort. 

11 Mais vous dites,Siquelcun dit à Ton père ou à fa 

mère, Lecorban, (c'eilàdire le don) qui Jcrafhitàt 

par moi, viendra à ton profit, il fera hors de cou/pe. 

1 z Et ne Jui fouffrez faire plus rien à Ton père ou à fa 

mère: 

13 Ainfi mettans la parole de Dieu à néant par vo 
irre tradition, que vous auez elhblie, & faites plu- 
fîeurs chofes femblables. 

14 * Puis ayant appelé à foi toutes les troupes, il leui 
dit, Elcoutez-moitous,& entendez. 

15 11 n'y a rien de ce qui entre par dehors en l'home, 
qui le puilfe fouiller : mais les chofes qui fortentde 
lui, ce font celles qui fouillent l'homme. 

16 Si quelcun a oreilles pour ouir,qu'il oye. 

17 Puis quand il fut entré en la maifon, s'efiantretirt 
d'auec les troupes, fes difciplesl interroguerenttou 
chant la fîmilitude. 

38 Et il leur dit, Et vous eires-vous ainfï fans b enté- 
dement? n'entendez-vous point encore, que tout ce 
qui entre en l'homme par dehors ne le peut fbuil 
1er? 

19 Car il n'entre point en fon cœur, mais au ven- 
tre, & fort dehors au retrait, purgeant toutes les 
viandes. 

20 II leur difoit donc , Ce qui fort de l'homme } c'efl 
ce qui fouille l'homme. 

21 Car * dudcdanSjfVyZ^V^ducœurdeshômeSj 
fortent c mauuaiies penfees; adultères, paillardifes, 
meurtres. 

22 Larrecins, d mauuaifes pratiques pour auoir Pau 
trui,mefchancetés, fraude, infolence, c mauuais re- 
gard, f bIafme,fierté,folie. 

23 Tous ces maux-la fortent du dedans, & fouillent 
l'homme. 

24 ■ Puis s'eftant leué de là , il s'en alla aux mar 
chesdeTyr ScdeSidon:& eltant entré en vne mai- 
fon , il vouloit que perfonne ne le feult^mais il ne peut 
eftre celé. 
*$ Car vne femme , de laquelle vne petite fille auoit 



b ou,intcîl». 
genec 



&• 8.2 1. 

c 01:, propos, 
difeouri mi- 
lins. 

d Gr. con- 
uoicifes de 
plus auoir, 
auarices. 
t Gr. œil 
nuuuaijjou, 
malin. 
/ ou, blaf- 
pheme, 

il. 



! 



io8 



Evangile 



m aflâu.entant 

Sue ce nom 
e Grec fclon 
l'vfage de 
rEfcriture,fe 
prend pour 
tout eftran- 
ger,de quel- 
que narion 
«]U il foit. 

h Gr. des 
miettes des 

enfans. 
c c'eftoyent 
comme au- 
ranr d'aides 
exterieMres 

Four foulager 
infirmité du 
pcrfonnage, 
&.aufsipour 
yiomtrer co- 
rne tout bien 
& deliurance 
procède de fa. 
feule persône 
*■ aflau pour 
monftxertant 
mieux fa com- 
pafsion , & 
donner à co- 
gnoiftre que 
celte œuure 
eftoir celefte. 
« S. Marc a 
ainfirepre- 
fenteles pro- 
pres termes; 
dont vfa le 
Seigneur, 
pour tefmoi 
gnage de la 
fomi'eraine 
authorrté tfi- 
celui,Sr non 
comme pou 
les employer 
à vu vfage or- 
dinarre ftos 
fondement. 
f Gr. droi- 
rem enr. 



vn efprït immonde , joudain qu'elle eut ouï parler de 
lui,vint, & fe ietta à les pieds: 

26 ( Or celle femme eiloit a Grecque,Syropheni 
ciene de nation) &leprioit qu'il iettaille diable hors 
de fa fille. 

27 Et Iefus lui dit. Souffre que les enfans foyent les 
premiers raffafiés : car il n'ell pas bon de prendre le 
pain des enfans,& le ietter aux petis chiens. 

28 Mais elle refpondit,& lui dit, Il elt bien vrai,Sei- 
gneur, car les petis chiens mangent fous la table b des 
miettes que les enfans laiffent tomber. 
2> Alors il lui dit , Pour celle parole va trémie diable 
ellfortidetafille. 

m o Et cm ad elle s'en fut allée en fa maifon , elle trou- 
ua que le diable eiloit forti, & fa fille couchée fur 
le licl. 

3 r Puis Iefus ellant départi derechef des quartiers 
de Tyr & de Sidon , vint à la mer de Galilée par le mi- 
lieu des quartiers de Decapolis. 
3 2 Adonc on lui amena vn fourd ayant le parler em- 
pefché,& le pria-on qu'il lui impofall les mains. 

33 Et l'ayant tiré à part de la multitude , il c mitfes 
doigts es oreilles d'icelui,& ayant craché lui tou- 
cha la langue. 

34 Puis en regardant au ciel, il d foufpira, & lui dit, 
Hephphatah,c'erl à dire,Ouure-toi. 

3 ï Et incontinent fes oreilles furent ouuertes , Se le 

lien* de fa langue fut deflié,& il parla f aifément. 

3 6 Et il leur commanda de ne le dire à perfonne:mais 

plus il le defendoit.tant plus ils le pubhoyent. 

37 Et s'eflonnoyent tant & plus,difans,Il a tout bien 

fait : il fait ouïr les fourds, & parler les muets. 

C H A P. viii. 



Je fus (jhrtfl repaift vn grand '-nombre dépeuple de fept pains 
& de quelque peu dcpoijjbns tant feulement, 1 1 reiette 
ceux qui lui demandent (îgne, 15 reprend la fîupiditc de 
fes difcip'es, 23. rend la veueavn aucugle, 27 fefkit 
recognoifire par fes .Apoftres, 3 3 tanfe TPierre de fa pré- 
emption , 34 & aduertk tous de leur àeuoir à le bien 
fui ure. 



»ttON S. MARC. 



lop 



i *"TJ N ces iours-la comme il y auoit fort grandes 
d croupes, & iceux n'ayans que manger , Iefus 
appela à foi les difciples,& leur dit. 
i le luis elmeudecompafsion enuers les troupes: 
car il y a défia trois iours qu'ils ne bougent d'auec 
moi, & n'ont que manger 
5 Et fi ie les renuoye à iufn en leur maifon, a ils de- 



Matt. rc, 



i non que 

Vaudront en chemin : car quelques vns d'entre euxj ,c seigneur 

ne les peuft 
fuftenter par 
ft vertu inui- 
f;b!c : mais 
d'autanr qu'il 
la leur vou- 
loir faire co- 
Îmoiftrc fe- 
onleur infir» 
mité par le 
miracle qui 
s'enfuit. 



font venus de loin 

4 E r les difciples lui refpondirent , D'où les pourra- 
on ralfafier ici de pains en ce defert ? 

5 Lors il demanda, Combien auez-vous de pains r ils 
dirent, Sept. 

6 Adonc il commanda aux troupes des'afTeoirpar 
terre : &printles feptpains,& après auoir rendu gra 
ces, les rompit, & les bailla à fes difciples,pour les leur 
mettre deuant : & ils les mirent deuant les troupes 

7 Us auoyent aufsi auelque peu de petis poiflbns ; & 
après b qu'il eut rendu graces,il commanda qu'ils les 
leur milTent deuant aufsi. 

8 Us en mangèrent donc , & furent raffafiés : & em 
portèrent du refidu des pièces de pain fept corbeilles: 

9 (Or ceux qui auoyent mangé eftoyent enuiron 
quatre mille) & puis il leur donna congé 

10 '•" Et monta incontinent en vnenaiTelle auec fes 
difciplcs,&: vint es quartiers de Dalmanutha. 
ii * Et les Pharifiens s'en vindrent, &• fe prindrent à 
difputer auec lui, lui demandans quelque figne du ciel; 
en le tentant 

12 Adonc il dit en foufpirant profondement enfon 
efprit,Pourquoi demande figne celte génération ? En 
vérité ie vous di, c que figne ne fera point donné à ce- 
lte génération. 

U *Et les ayant laiffés,il monta derechef en la naf- 
felle, & palTa a l'autre riue. 

14 ■ Or auoyent-ils oublié à p-édre du pain,& n'en 
auoient au'vn auec eux en la nalfelle. 

15 Et il leur commanda, difant,* Aduifez, donnez 
vous garde du leuain des Pharifiens , & du leuain 
d'Herode 

16 Dont ils d penfoyent en eux-mefmes, difans, Cejl 



y ou, qu'il 
eut bénir. 



39- 

* ttatth. 12. 
$$.& 16.1, 



c ou. Ci figne 
eft donne à 
cefte généra- 
tion, voyes 
Gen.i4.lJ. 
■£ Mat. 16. 4. 

H Mat. 16. $. 
♦ Mat. 16.6. 
Luc 12. 1. 

d ou, difeou- 
royent , di(l 
putoyent en- 
tr'eux:& ainfi 
au ver. 17. 



IIO 



VANGIU 



*Af*/M4. 
ao./«»4.3. 
Jeta» 6. i s 



*•* Mauh.i$ 
37- 



jLkc 9. 1 8. 



pource que nous n'auons point de pains. 

17 Et lefus cognoilfant cela, leur dit , Pourquoi 
penfez-vous touchant ce que vous n'auez point de 
pain ? ne confiderez-vous point encores , & n'en- 
tendez-vous point ? auez-vous encore voltre cœur 
ltupide ? 

18 Ayans des yeux ne voyez-vous point ? ayans des 
oreilles , n'oyez-vous point ? & n'auez-vous point de 
fouuenance? 

19 *Quâd iediftribuailes cinq pains aux cinq mille 
hommes , combien en recueilliites-vous de pane- 
rees pleines du refidu des pièces de pain} Ils lui dirét. 
Douze. 

20 v Et quand ie diftribuai les fept pains aux quatre 
mille hommes 3 combien en recueilliftes-vous de cor- 
beilles pleines du refidu des pièces de pain ? lis lui ai- 
rent,Sept. 

2 1 Et il leur dit,Comment n'entendez-vous point? 

22 Puis il vint en Bethfaïda, & ils lui prefenterent vn 
aueugte,& le prioyent qu'il le touchait. 

23 Lors il print la main de l'aueugle, & le mena hors 
de la bourgade , & ayant craché fur les yeux d'icelui, 
& lui ayant impofé les mains , il lui demanda , s'il 
voyoit quelque chofe. 

24 Et l'homme ayant leué la veuë,dit,Ie vov des hom- 
mes: car i'appercoi marcher des homme s qui font com- 
me des arbres. 

25 Puis après il mit derechef les mains fur les yeux 
d'icelui,&lui fit leuerla veuë, &il fut reftabli, & les 
voyoit tous de loin clairement. 

16 Puisillerenuoya en fa maifon , difant , N'entre 
point en la bourgade , & ne le di à perfonne de la 
bourgade. 

27 * Et lefus & fes difciples eftans partis de la , vin- 
drent aux bourgades deCefaree^Vf de Philippe :8c 
furie chemin ilinterroguafes difciples , leur difant, 
Qui difent les hommes que ie fuis ? 

28 Ils refpondirent,L«z/7W, lehan Baptifre : & les au- 
tres,EIie:&les autres,vn des Prophètes. 

25) Adonc il leur dit, Et vous, qui dites-vous que ie 
fuisrPierrejefpondantlui dit,Tu es le Chrift. 



tt 



iJIO H S» MARC. 



m 



30 Et il leur défendit auec menaces, qu'ils ne diflent 
cela de lui à perfonne. 

31 Et commença à les enfeigner, qu'il falloitque le 
Fils de l J homme fourjfriil beaucoup, & qu'il fuit reiet- 
té des Anciens, & des principaux Sacrificateurs, & 
des Scribes : & qu'il riilr mis à mort , & qu'il refiufci- 
tait trois iours après. 

31 Et tenoit ce propos tout ouuertement. Lors 
Pierre le print, &fe mit à le tanfer. 
3 3 Mais lui fe retournant , & regardant fes difciples, 
tanfa Pierre,difant,Va arrière de moi, Satan: car tu ne 
comprens point les chofes qui font de Dieu,mais cel- 
les qui font des hommes. 

34 Puis ayant appelé les troupes à foi auec fes difci- 
ples, il leur dit,* Quiconque veut venir après moi, 
qu'il renonce à foi-mefme, & charge fur foy fa croix, 
&mefuiue. 

3 5 v Car quiconque voudra fauuer fon ame , la per- 
dra : mais quiconque perdra fon ame pour l'amour de 
rooi&del'Eiungile, ceftui-làlafauuera. 
z6 Car que profitera- il à l'homme s'il a gagné tout 
le monde, & qu'il face perte de fon ame ? 
37 Ou, que donnera l'homme pour recompenfe de 
fon ame? 



* Matt. 19. 
38.^1^24 
Luc 9. 23. 
& 14. 27. 

Matt. 10. 
19 & \6.i% 
Luc 9. 24. 

é 17. 3 3- 
Iebà 1 2. 25". 

** M,ztt. 10. 
Luc 9. 26. 



qui ne 

38 * Car a quiconque aura eu honte de moi & de mes K auia P oinc 

■ fait ceû hon- 
neur de m«r« 
cognoiftre, & 
duouè'r pour 
fon Seigneur. 



Î>aroles parmi celte nation adulterefle & pechereffe, 
e Fils de l'homme aura aufsi honte de lui, quand il fe- 
ra venu en la gloire de fon Père auec les faincts An- 
ges. 



C H A P. 



IX. 



Le Seigneur eft transfiguré deuant trois de fes Apoflres , 1 1 
au/quels il déclare ce qui auoit eflé prédit par t'es Trophe~ 
tes touchant le fécond Elie,Ieban Baptifle , 14 puis deli- 
ure vn enfant démoniaque y 3 1 aduertitjes dijciples tou- 
chant jes foujfrafees prochaines , 3 3 les reprend de ce 
qu'ils demandoyent d'efire plus grands les vns que les au- 
tres, 3 5 enjeigne combien l'humilité ejl agréable à Dieu, 
4z & remonjire qu'on nefauroit affe\ ejloigner de foi 
tout ce qui peut fiandaliier. 



* Matt. \6 



'•'M«M7.i 
Luc 9.2$, 



111 



Evangile 



*Mat.xj.9- 
c. comment 
eda s'enten- 
doit qu'il a- 
Uoitdit de fa 
refurre&ron. 
■£ M ala.^. 

Vfe.zi. 7 . 

b II femble 
que ceci doit 
eftre rapporté 
à la doctrine 
générale de 
VEfcriture 
touchant le 
mauuais trai- 
tement que 
lcsluifsont 
ordir.airemët 
fait aux fcrui- 
reurs de Dieu 
firnô pas qu'il 
y ait quelque 
predicftion 
expreffe delà 
mort delehâ 
Eapcifte. 



i *T L leur difoit aufsi, En vérité îe vous dï, qu'il y 
1 a quelques-vns d'entre ceux qui font ici pre- 
fens.qui ne goufteronr point la mort,iufques à ce que 
ils ayentveu le règne de Dieu élire venu auec puif- 
fance. 

2 v Et le fîxieme iour apresjefus print auec foiPierre, 
& laques , & Iehan , & les mena feuls à part fur vne 
haute montagne : & fut transfiguré deuant eux. 

3 Et fes veitemens deuindrent reluifans.& fort blâcs, 
comme neige, tels qu'il n'y a foulon fur la terre qui 
les feuft ainfï blanchir. 

4 Puis fut veu Elle auec Moyfe : & ils parloyent a- 
uec Iefus. 

5 Adonc Pierre prenant la parole dit à Ieftis,Maiftre, 
ileftbon que nous foyons ici . faifons-j» donc trois 
tabernacles, vn pour toi,& vn pour Moyfe, & vn pour 
Ehe. 

6 Or ne fauoît-il qu'il difoit : car ils eftoyent efpou 
uantez. 

7 Et vne nuée vint qui les enombra : puis de la nuée 
vint vne voix qui difoit , Ceftui-ci eftmon Fils bié 
aimé: efcoutés-le. 

8 Et foudain ayant regardé à l'enuirô ils ne virent 
slus perfonne,flnon Iefus feul auec eux. 

9 * Et comme ils defeendoyent de la montagne , il 
leur commanda exprelTément qu'ils ne racontaient 
à perfonne ce qu'ils auoyent veu , finon après que le 
Fils de l'homme feroit refïufcité des morts. 

io Dont ils retindrent celte parole-la en eux-mef- 
mes,s'entredemandans a que c'eitoit à dire cela, Ref- 
fufeiter des morts. 

ii Puis après ils l'mterroguerent , difans , Pourquoi 
difentles Scribes qu'il taiït * qu'Elie viene premiè- 
rement? 

12 II refpondit ,& leur dit, Devrai, Elieeftant venu 
premièrement doit reltablir toutes chofès , & faut, 
" comme ileltefcritduFilsde l'homme, qu'il fouffre 
beaucoup,& qu'il foit anéanti. 

13 Mais ie vous di, que mefmes Elie eft venu, & ils 
lui ont fait tout ce quïls ont voulu, comme il eft b et 
crit de lui. 
: H P ui * 



JïlON S. MARC. 



tl 3 



* M M 1. 17. 
4JUL9 3$. 

« (■■ qui le». 
pCchc de 
parler. 

voyez fus 
1.26. 



14 Puis eftant reuenuvers les difcîplesjl vidvne 

Erade troupe a l'entour d'eux,& des Scribes qui que- 
îonnoyent auec eux. 

15 Et incontinent toute la troupe le voyant fut en et 
moi, &" accourans ven lui y i\s le (iiluerent. 
J6 Lors il interrogua les Scribes * difant ,Dequoi 
eites-vous en queltion auec eux ? 

17 * Et quelcun de la troupe refpondit,&r dit, Mai 
ftre,ie t'ai amené mon fils qui a vn efprit * muet. 

1 8 Qui le b defrompt par tout où il le prend : & lors 
il efcume& grince les dents ,& deuient (tc.tk i'ai 
requis tes difciples qu'ils le iôttaffent hors, mais ils 
n'ont peu. 

\9 Adonc Iefus lui refpondant , dit, O nation incré- 
dule , iufques à quand finalement ferai-ie auec vous? 
iufques à quâd finalement vous fupporterai-ie? Ame- 
nez-le moi. 

10 Ils c l'amenèrent donc iufques à lui :& d quad il 
l'eut veu,inconti net l'efprit le defrompit, dont l'e ïifhnt 
cheut à terre, & fe tournoit çà-&-là en efeumant. 
ai Adonc il interrogua le pe re è'kzlu'^àijantf Com- 
bien y a-il de temps que ceci lui eit aduenu? Lequel 
dit, Dés fon enfance. 
zi Et fouuent l'a ietté , &: au feu &en l'eau , pour le J5f r f a p?op?e 
faire périr : mais fi tu y peux quelque chofe,aide- 1~~ 
nous,elhnt efmeu de compafsion enuers nous. 
25 Lors Iefus lui dit, Si tu le peux croire,toutes cho- p^t^upo- 
fes font pofsibles au croyant. 
14 Et incontinent le père de l'enfant s'eferiant auec 
hrmesjdit, le croy,Seigneur : fubuien à mon f incre 
dulité. 

25 Et quand Iefus vid que le peuple y accouroit com- 
me l'vn fut l'autre, il tanfa l'cfprit immonde , lui di- 
fant, Efprit muet & fourd, ie te commande, moi, 
fors hors de lui,& que tu n'entres plus iamais eaK'Wre^ppe- 



c. le lui 

prefenterenr. 
i afiau. quand 
enfant eue 
vtu Iefus. 
ceftoit 
pour loi faire 
:anr mieux 



e enfant 
afin quilpro 
fitaft tanc 
mieux aufsî 
en la deliurS» 
ce. 

f c au d«k 
faut de foy 
que iereco- 
gnoy,& qu'il 
" merire 



lui 



icj Adonc Peïprit fortit, en S'efcriant,& le defrompat 
bien fort: dont l'enfhnt deuint comme mort, tellement | dcsfiaûcc 
queplufieurs difoyent,Il eit mort. 
2.7 Mais Iefus l'ayant prins par la nnain,ledreiTa,& 
ilfcleua, 
H 



lée foy, mais 
pluijrcft in- 
crédulité 04 



114- 



Matt.rj. 



Matt. 18.1 
lue 9.^6. 

ou, quil 
foit le der- 
nier. 

* Luc 9. 4y 

6 c. leluia- 
uons défen- 
du : affau. fut 
l'authoritc 
que tu nous 
as donnée, 
que nous a- 
uons penfè 
fe deuoir e- 
ftendre iuf- 
ques là. 
4:i.<"or.zi.$ 
Matt. 10. 

4*- . 

:. qui ne fe 

fente efmeu 
à recognoi- 
ftre nu veri- 
té,par le pro- 
pre ielmoi- 
gnagequife 
tnonftre de 
»na vertu,!a- 
quelle ie def- 
ploye mef- 
itjc par lui. 
d c. qui ne 
febandcàfon 
efeient cotre 
moi,& conrre 
les miens. 



7F 



VANGItl 



8 Mais lui eftât entré en la maifon, Tes difciples I'in* 
terroguerent à pait^ijans, Pourquoi ne rauons-nou» 
peuietter hors? 

19 Et illeur refpondit, Cette efpece de diables ne peut 
autrement fortir que par oraifon &par ieufne. 

30 *. Puis elhns partis de là,ils cheminèrent par Ga- 
lilée: & ne vouloit point qu'aucun le feuit. 

31 Car il er.feignoit fes difciples,& leur difoit, Le 
Fils de l'homme s'en va eitre liuré es mains des hom- 
mes, & ils Je feront mourir : mais après qu'il aura elle 
mis à mort,-il reiïufcitera au troifieme iour. 

3z Mais ils n'entendoyent point ce propos ^ & crai- 
gnoyent de le lui demander. 

33" Apres ces chofes il vint en Capernaum:& quâd 
il tut venu en la maifon, il les interrogua , difanr, De- 
quoi difputiez-vous entre vous par le chemin ? 
34 Et ilss fe teurent : car ils auoyent difputé lesvns 
contre les autres en chemin 3 qui eftoit le plus grand 
d' cm/ eux. 

3 5 Et quand il fut afsis , il appela les douze , & leur 
dit, Si quelcun veut eitre le premier, a il fera le der- 
nier de tous,& leruiteur de tous. 
3 6 Et ayant prins vn petit enfant , il le mit au milieu 
d'eux : & après l'auoir prins entre fes brasseur dit. 
37 Quiconque receura vnde tels petis enfans en 
mon nom,il me reçoit , & quiconque me reçoit , il ne ! 
me reçoit pas, mais reçoit celui qui m'a enuoyé. 
3 S * Adonc lehan print la parole,& dit, Mailtre nous 
auons veu quelcun qui iettoit les diables hors par| 
ton Nom , lequel loutesfou ne nous fuit point : & nous 
Tauons engardé,d'autant qu'il ne nous fuit point. 

39 Et IefusdirNeTengardez point: * car il n'y a nul 
qui face vertu par mon Nom/ qui foudain puifTe mal 
parler de moi. 

40 Car d qui n'eft point contre nous,eft pour nous. 

41 " Car quiconque vous donnera vn verre d'eatt 
boire en mon Nom , pource que vous eltes à 

Chrift,en vérité ie vous di, qu'il ne perdra pas fon 

falaire. 

41 # Et quiconque feandalizera l'vn de fes petis qui 

croyeQtenmoijilluivaudroit mieux qu'on lui mift 



JEtÔN S. MARC. 



»f 



*ne pierre de meule à l'entour de ion col , « qu'on le 
iettaitcnlamer. 

43 * Que fi ta main te fait chopper , coupe-la : il te 
vaut mieux entrer manchot en la vie,qu'auoir deux 
m lins, & aller en la géhenne, au feu qui ne s'elteind 
point. 

44 • LàoùIeurvernemeurtpoint,8defeun'efteind 
point. 

45 Et fi ton pied te fait chopper, couppe-Ie : il te vaut 
mieux entrer boiteux en la vie, qu'auoir deux pieds, 
&eftreietté en la géhenne, au ieu qui ne s'eileind 
point: 

4^ Là où leur ver ne meurt point, & le feu ne s'e 
iteind point. 

47 Si aufsi ton œil te fait chopper , arrache-le • il te 
vaut mieux entrer n'ayant qu'vn œil au royaume de 
Dieu , qu'auoir deux yeux,& cftre ietté en la géhenne 
du feu: 

48 Là où leur ver ne meurt point , &le feu ne s'e 
iteind point. 

45? Car vn chacun fera falé a de feu : * & toute obla- 
tion fera falee de fel. 

50 * Celt bonne chofe que le fel : mais fi le fel perd 
fa faueur,dequoi lui rendra-on fa faueur ? 

51 Ayez du fel en vous-mefmes,&foyez en paix ea 
trevous. 

C H A p. X. 

Znfeignemens touchant les diuorces, 6 la première inflku 
tion du mariage, 13 l'impofition des mains fur les pe lis 
enfhns, 17 le mo) en d' obtenir la vie éternelle > 19 & la 
félicité de ceux qui quittent tout pour fitiure le Seigneur. 
3 z Jefuk Qorifi aduertit derechef jes difctples defes fouf 
francesproohaincsy 3 5 reprime l'ambition de deux d'entre 
içeux, 46 & rendlaveuè àvn certain aueuglepres de 
Jerico* 

1 n T) Vis eftant parti de là,il vint es quartiers de lu 
1 dee, b par outre le Iordain , &r derechef les 
troupes s'affemblerent vers lui , & derechef il les en 
feignoit, comme il auoit accoutumé. 
1 H ij 



w Mattb. 5-, 

"gfa.66.%4, 

^Leuti.i. 
M- 

Lut 14.34. 

* ou , par 
feu:c'eftvnc 
rencotreque 
!c Seigneur 
accommode à 
(on propos» 
touchant ce 
qu'on ne deie 
faire difficul- 
té de Appor- 
ter quelques 
amertumes 
en le feruant: 
d'autant que 
tout vrai fi- 
dèle doit 
monftrer en 
foi par crfect, 
ce qui eftoic 
figure en la 
loy , où le 
fel cftoit ad- 
ioufté à l'of- 
frande p^ut 
la rendre a- 
Çreaule , cV 
icelle eftoic 
accomplie 
eftant mife 
furie feu de 
l'auttl:dont 
fuimnt cel* 
toirt fidèle 
doit tenir du 
fel depatiéce 
pour ne per- 
dre ûforce,5: 
du feu de Tct 
P'-emieS: af- 
fliction pout 
cftre receu 
par deuers le 
Seigneur. 

* tAttt. 19. r. 
h ou,fuiuâtle 
rîuagc du Ior 
dain:a(fa. laif- 
fant Samarie 
à main droi- 
tc,ou,par le 
chemin de 
ielà !« lord 



Ile? 



liVANÔÏLl 



% Adoncles Pharifiens vindrét & lui demandèrent, 
le tentâs,Eft-illoifible à l'homme de delaifler fa fem- 
me? 

3 II refpondit , & leur dit, Qu 3 eil-ce que Moyfe vous 
a commandé ? 

4 Us dirent,* Moyfe a permis d'efcrire la lettre de di< 
uorce, & de la delailfer. 

t \ 5 Et Iefus refpondant leur dit, a 11 vous a efcrit ce 
commandement, pour la dureté de voftre coeur. 

6 Mais au commencement de la création, • Dieu les 
fit m afle& femelle. 

7 Pour cefte caufe l'homme delaiffera fon père & fa 
mère, & s'adioindra à fa femme : 

8 Et x deux feront vne mefme chair : parquoi ils ne 
font plus deux,mais vne mefme chair 

9 Ce que Dieu donques a conioint,que l'homme ne 
le fepare point. 
io Derechef les difciples l'interroguerent de cela 

. mefmeenlamaifon. 
ii Et il leur dit, * Quiconque delaiffera fafemme,& 
fe mariera à vne aurre,commet adultère contre-elle. 
1 1 Pareillement fi la femme delaifle fon mari, & fê 
marie à v-i autre, elle commet adultère. 

13 Et " ils lui prelènterent des péris enfans , afin quej 
il les touchait: mais les difciples tanfoyent ceux qud 
les prefentoyent. 

14 Ce que Iefus voyant, il en fut indigné, &leur dit, 
Liftez lespetis enfans venir à moi, & ne les empef- 
chez point : car à tels eftle royaume de Dieu. 

15 En vérité ie vous di, Quiconque ne receura le 
royaume de Dieu corne petit enfant, n'entrera point 
enicelui. 

16 * Et après les auoirprins entre fes bras, leur im- 
Luc 18. 18J pofant les mains, il les bénit. 

17 Et comme il tortoïtpotirfè mettre en chemin, queî- 
cun accourut,&s J eftant agenouillé deuât lui, l'inter 
rogua , difant, Maifîre , qui es bon , que ferai-ie pour 
hériter la vie éternelle ? 

18 Mais Iefus lui Y cV?ond\t > Pourquoi rn'appeles-tu 
bon ? Il nV a nul bon qu'vn^àtf/wV, Dieu. 
\9 Tufais^les Commandemens.Nex:ommets point 



*7>*».44»i 

« c. il vous a 

P< 

IaùTer vos 
femmes plu- 
ft >ft que de 
les tormen- 
ter, en vous 
oiaonnaiitck 
leur ba.i'er ]< 
libelle de re- 
fus , ou de 
diuorce. 
'•' Gen.i. -.7 
Mâ/r.19.4. 
* Gex.1.14., 
I. Cor. 6.16 
Spkefii.S 
«t Mit 5.5 z 
& 19 q.Liu 
1 6,1^.1. cor. 
7. 10. 



■ Mattb.i 

15- 

Luc 18.15 



\6. 



* txoA. 20. 
'3- 






SI l ON S» MA» C. 



JtI2 



< ou, n'o#« 
rfen à per- 
sonne :<>u, n« 
dcf..niûc pei* 

lbttlK. 



£ ou, cIjâ- 
blc. 



adultere.Ne tue point.Nedeiïobbepoint.Nedi point 
faux tefmoignage. a Ne fai dommage à perfonne.Ho- 
pore ton père & ta mère. 

20 II refpôdn\& lui dit, Maiftre i'ai gardé toutes ces 
chofes dés ma ieunefle 

21 Et Iefus avant ietté l'œil fur lui, l'aima , & lui dit, 
Vn poinct te défaut :va,& ven tout ce que tu as, & le 
donne aux poures, & tu auras vn threior au ciel : pui 
vien-t , en,fui-moi,ayant chargé la croix. 
2x Mais il fut fafché de ce mot, & s'en alla tout mar 
ri : car il auoit de grands biens. 

23 Alors Iefus ayant regardé à l'entour , dit à <es âh 
fcipIes,Combien difficilement entreront au royaume 
de Dieu ceux quiontdesrichefies ! 

24 Et fes difciples s'eitonnerent de ces paroles. Mais 
Iefus derechef prenant la parole, leur dit,Enfans, que 
il eft difficile à ceux qui iè fient es richelTes , d'entrer 
au rovaume de Dieu. ! 

2f II eftplusaifé qu'vn b chameau pafTe par Ieper- 
tuis dVne aiguille, que qu'vn riche entre au royaume 
de Dieu. 

16 Dont ils s'eftonnerent d'autant plus , difans en- 
tr'eux,Et qui peut eftre fauué ? 

27 Mais Iefus les ayant reg^rdés.ditjll eft impofsible 
quant aux hommes, ma ; s non point quanta Dieu: 
* car toutes choies font pofsibles à Dieu. I* /«*.$ i.1-7, 

28 '•■ Adonc Pierre fepnnt à lui dire, Voici, nous a- v m*m.i? 
lions tout delaifie , & t/nuons fuiui. z7.iuc1V.1S 

29 Iefus re(bondant,dit En vérité ie vous di,qu'il n'y 
a nul qui ait faiffé maifon , ou frères, ou fœurs, ou pè- 
re, ou mère , ou femme, ou enfans , ou champs , pour 
l'amour de moi &r de l'Euangile. 

30 Qui n'en reçoiue maintenant en ce temps-ici céc 
fois autant,maifons,&freres,& fœurs,&mere,& en 
fans, & champs, auec perfecutions : & au fiecle à ve- 
nir,la vie éternelle. 

31 * Mais plufieurs qui font premiers,ferôt derniers ; 
&Ies derniers feront premiers. 
$t * Or eftoyent-ils en chemin, montans en Te- 
rufalem, & Iefus alloitdeuanteux , &ils s'efpouuan- 
toyent,& craignoyenten le fuiuant: & Iefus ayant|j 
C BJÎJL. 



9* Mat. 19, 
?o. e> 20. 
Ï6. Lui 13. 

fJftft, 20. 
17. tuai, 
1. 



r 



* Mm. 29 

ao. 



SE 



EVANGIIB 



« où, du faift 
de laques & 
de Iehan : gr 
de laques 8c 
de Iehan. 
'• L'+i 22. 

* ou, qui font 
en réputa- 
tion. 






derechef prin s les douze , fe mit à leur deciarer lés 
chofes qui lui deuoyent aduenir. 

33 *Dijaîtt y voici, nous montons en Ierufalem: & le 
Fils de l'hemme fera liuréatrx principaux Sacrifica- 
teurs, & aux Scribes : & ils le condamneront à mort, 
oc le'liureront aux nations; 

34 Et fe moequeront de Iui,& le fouetteront , & cra- 
cheront contre Iui,puis le feront mourir : mais il ref- 
fufeitera au troifîeme iour. 

j 5 * Adonc laques & Iehan fils de Zebedee vienent 
a lui, difans,Maiftre, nous voudrions que tu nons fif- 
fés ce que nous demanderons. 
$6 Et il leur dit 3 Que voulez-vous que ie vous fa- 
ce? 

3 7 Et ils dirent , Ottroye nous, que nous foyons a& 
fis en ta gloirej'vn à ta droite,& l'autre à ta gauche. 

38 Et Tefus leur dit, Vous nefauez que vous de- 
mandez : pouuez-vous boire la coupe que ie doi boi- 
re , & eftre baptizés du baptefme dont ie doi eftre ba- 
ptizé? 

39 Et ils lui dirent, Nous le pouuons. Etlefusleur 
dit , Vrai eft que vous boirez la coupe que ie doi boi- 
re, & vous ferez baptizés du baptefme dont ie doi 
eftre baptizé. 

40 Mais de feoir à ma droite, & à ma gauche,ce n'eft 
point à moi de le donnenmais il fera donné à ceux aux- 
quels il eft préparé. 

41 Ce qu'ayans ouï les dix autres, ils commencèrent 
à s'indigner a contre laques & Iehan. 
41 Mais lefus les appelant à foi leur dit, v Vous fa- 
uez que ceux b qui font eftat de dominer furies na- 
tions, ]esmaiftrifent:& les grands d'entr'eux vfent 
d'authorité fur icelles : 

43 Mais il ne fera point ainfî entre vous:ains qui- 
conque voudra eftre le plus grandentre vous,fera vo- 
ftreminiftre. 

44 £t quiconque d'entre vous voudra eftre le pre- 
mier,fera le feruiteur de tous. 

4f Car aufsi le Fils de l'homme n'eftpoint venu pour 
eftre ferui,mais pour feruir * & donner fa vie en ran^ 
çonpourplufieurs, 



SÏIÔW S. MAtC. 



TTJ 



^ * Puis après ils arriuerent en Ierîcoî& lui partant 
de îerico auec fes difciples , & vne grande troupe , vn 
aueugiedit, a Bartimee, c'eftàdire, le fils de Timee, 
eitoit? afsis auprès du chemin,6\:mendioit: 

47 Lequel ayant entendu que c'eftoit Iefus le Naza- 
rien, fe print à crier, & à dire,Iefus fils de Dauid , aye 
pitié de moi. 

48 Et plufieurs le tanfoyent , afin qu'il fe teuft : mais 
il crioit tant plus fort, Fils de Dauid, aye pitié de 
moi. 

4? Et Iefus s'eftant arrefté dit qu'on l'appelaft : & ils 
appelèrent l'aueugle , lui difant , Pren courage , leue- 
loi, il t/appele. 

50 Et iettant bas b Ton manteau, il fe leua,& s'en vint 
vers Iefus. 

51 Alors Iefus prenant laparoIe,luidit,Que veux-tu 
que ie te face ? Et l'aueugle lui dit, Maiitre, que ie re- 
couurela veuë. 

5 1 Et Iefus lui dit,Va-t'en,ta foi t'a fauué. 
53 Et incontinent il recouura la veuë, &fuiuoit Ie- 
fus par le chemin. 

C H A P. XI. 

Le Seigneur fkitfon entrée royale en lerufalem, 1? chajje 
du temple les marchands, 13.20 montfre fa vertu ,& la 
içrtu de lafoy , à Poccafion d'vn figuier qu'il maudit y 27 
& ferme la bombe aux Sacrificateurs 9 pretendans igno- 
rer fon autboritç, 

1 "'FT comme ils approchoyent de Terufaîem, 
JlL eftans près de Bethphagé, &: Bethanie , vers le 
mont des Oliuiers,il enuoya deux de fes difciples. 
1 Et leur dit , Allez-vous-en en celte bourgade qui 
cft vis à vis de vous : & incontinent que vous y en- 
trerez,vous trouuerez vn afnon attaché,fur lequel ia- 
mais homme ne s'afsiit : defhchez-le,& l'amenez. 
3 Et fi quelcun vous dit , Pourquoi faites-vous cela? 
dites que le Seigneur en a à faire :& incontinent il 
I'enuoyera ici. 

Us fe partirent donc,& trouuerét l'afnon qui eftoit 
: H_iiij 



* Mattb. 20. 
i9.tu< 18.3 j 
« oii,Tinu-c, 
ou,Barr-mce 
fils de Tuace. 



I ou,fonH». 
bilkmenr. 



'M4tt.îl.t t 
Lut I?.2?> 



m «u , fur le 
grand che- 
min, là où 
le chemin le 
fourchoit. 



* lehifi 1 2. 
14. 



vpyri 18.25 



"Matth.ii 
10. 



* Mw, ai 
1*. 



ItO 



lîVANeitl 



« M*?.2ï.i: 
I»c 19.45 



♦ Ma». 21. 

15. lue 19. 

46. 

#é , ,*.5&7. 

* Icr.7.rz. 



attacfieTefiors auprès de la porte, * entre deuxchc^ 

m'ms,>k le deftacherent. 

5 Et quelques-vns de ceux qui eftoyent là leur diret, 
Que faites-vous de defiacher l'afnon ? 

6 Mais ils leur médirent, comme Iefusleur auoit 
commandé : & ils les laiflèrent aller. 

7 Ils amenèrent donc l'afnon à Iefus,& mirent leurs 
veftemensiur icelui, * Ôcils'afsitdefîùs. 

8 Et plufieurs eilendoyét leurs veitemens par le che 
min, les autres coupoyentdes rameaux des arbres, & 
les eJpandoyent par le chemin. 

9 Et ceux qui alloycnt deuant 3 & ceux qui fuiuoyét, 
crioyent, difans, '•' Hofanna, benit/w* celui qui vient 
au nom du Seigneur. 

10 Bénit fèit le règne de Dauid noftre père , lequel 
vient au Nom du Seigneur : Hofanna es lieux tref- 
hauts. 

1 1 * Àinfi Iefus entra en Ierufalem , & au temple : & 
quand il eut tout regardé de toutes parts , & que défia 
ileitoittard, il foitit pour aller en Bethanie auec hs 
douze. 

ii tEtle lendemain quand ils furent partis de Be 
thanie,il eut faim: 

13 Et voyant de loin vn figuier qui auoit des fueil- 
les,il s'y en zWzpourvoir s'il y trouueroit quelque cho- 
fe : & y eftant venu , il ne trouua rien finon des fueil- 
les : car il n'eiioit pas la faifon des figues. 

14 Lors Iefus prenant la parole dit au figuier, Que 
plus à iamaisnulnemangefruic"tde toi. Et fes difei 
pies l'entendirent. 

1 5 " Ils vindrent donc en Ierufalem , & quand Iefus 
fut entré au temple , il fe print à ietter hors ceux qui 
vendoyent & achetoyent au temple ,& renuerfa les 
tables des changeurs, & lesfellesde ceux qui ven- 
doyent les pigeons. 

16 Et ne permettoit point que perfonne portait aucun 
vaifleau par le temple. 

17 * Et enfeignoit en leur difant , N'eft-il pas eferit, 
* Ma maifon fera appelée M aifon d'oraifon par tou- 
tes nations ? * mais vous en auez fait Yne cauerne de 
brigands, - 



SB ION S. MARC. 



m 



18 Cequ'ayans entédu les Scribes &Ies principaux 

Sacrificateurs, ils cerchoyent comment ils le feroyét 
périr: car ils le craignoyent, à caufe que tout le com- 
mun peuple a s'eironnoit de la doctrine. 
i? Et le foir venu Ieiiis ibrtit de la ville. 
îo Et le matin comme ils paflbyét auprès du figuier, 
ils le virent feché dés la racines. 
i 1 Alors Pierre s'efbnt refouuenu , lui dit , Maiftre, 
voici,le figuier que tu as maudit eit feché. 
xi Et Ieliis refpondant leur dit , b Ayez la foy de 
Dieu. 

23 * En vérité ie vous di , que quiconque dira à ceire 
montagne, Enleue toi, & te iette en la mer : & ne fera 
point de difficultéenfoncœur, mais croira que ce 
qu'il dit,fe ferartout ce qu'il aura dit, lui fera fait. 

24 • Pourtant vous di-ie,tout ce que vous demande- 
rez en priat,& croyez que vous le receurez, & il vous 
fera fait. 

2? x Mais quand vous-vous prefenterez pour faire 
oraifon,pardonnez fi vous auez que'cnie chofe contre 
quelcun,afin qu'aufsi voirie Père qui eji es cieux vous 
pardonne vos fautes. 

16 Car fi vous ne pardonnez, vofixe Père qui ejtés 
cieux ne vous pardonnera point vos fautes. 
27 * Puis derechef ils vindrent en IerufaIem:&com-|*Ma* **. 
me il cheminoit au temple , les principaux Sacrifica-j 2 *-^ 10,t 
teurs, & les Scribes, &les Anciens vindrent vers 
lui: 

18 Et lui dirent,De quelle authorité fais-ru ces cho- 
fes , & qui eit celui qui t'a donné cette authorité que 
tu faces ces chofes. 1 

29 Et Iefus refpondant leur dit , le vous interrogue- 
rai aufsi d'vne chofe, Se me refpondez: &lors ie vous 
dirai de quelle authorité ie fai ces chofes. 
3 o Le Baptefme de lehan elloit-il du ciel , ou des ho- 
mes ?refpondez moi. 

31 Or ils difputoyent entr'eux , difans, Si nous di- 
fons , Du ciel: il dira , Pourquoi ne l'auez-vous point 
creu? 

| 3 2. D'autre part, fi nous difons, Des hommes , c nous 
craignons le commun peuple. Car tous tenoyent que 



c. eftoit 

comme raut 

en ajn.ii.irio 
ù «iocci- 
nc 



i> c. tenez- 
vous termes 
en lafiTeunm- 
ce de h ver- 
tu de Dieu, 
pour le glori- 
fier envofc* 
vocation. 
* Mail. 17. 
20.I c 17 6. 
'•' M<ut. 7.7. 
lue 1 1.9. 
iehavi^.i 3. 
& 1 S 7 <*• 

6. 24. uzf. 

.6.%, leham 
3 12 
*Mai Ci 4. 



Gr.is crai» 
gaovcrs. 



tiz 



ttta m g 1 1 1 



*efi.$.t. 

terem.2.21 

kt£ 20.?. 



P/TriS 12 
efa.zS.i6. 
7na1t.11.41. 
aft 4.11. 



Iehah auoit efté vrai Prophète. 
3 3 Adonc pour refponfe ils dirent à Iefus, Nous ne 
fauons:& Iefus refpondant leur dit, Aufsi ne vous di- 
rai-ie point de quelle authorité ie fai ces chofes. 

C H A P. XII. 

Je fus Ckrîjlpar vne Çimilitude bien exprcffe redargue la mef- 
chancetè des Sacrificateurs , 1 3 fatisfait à la queflion des 
Tharifies touchant les tributs , 1 8 maintient la vérité de 
la doctrine de la rejurreâtion , 28 refpond touchant les 
commandemes de la Loy 3 3 f déclare l'excellence de laper* 
fonne du Mefsias par deJJksT>auid y 41 & recommande 
la pieté d'vnepoure vefue faifant fon offrande. 

1 T) Vis il fe print à leur dire par fimilitudes,* Quel- 
1 cun planta vne vigne,& l'enuironna d'vne haye, 
&ycreufavne foffe pour vn preffoir, & y battit vne 
tour: puis après la loa à des vignerons^ s'en alla de- 
hors. 

a Or en la faifonilenuoyavn feruiteur vers les vi- 
gnerons , afin de receuoir d'eux du fruict de la vigne 

3 Mais iceux le prenans, le bâtirent & le renuoyerét 
vuide. 

4 Derechef il leur enuoyavn autre feruiteur, & lui 
iettans des pierres ils lui froifferent toute la tefte,& le 
renuoyerent l'ayant honteufementtraitté. 

Et derechef il en enuoya encore vn autre, lequel ils 
tuèrent: 8c plufïeurs autres , defquels ils bâtirent les 
yns,& tuèrent les autres. 

Or ayant encore vn fils bien-aimé,il le leur enuoya 
aufsi pour le dernier , difant , Us reuereront mon 
fils. 

7 Mais ces vignerons-la dirent entr'eux, C'eft ici 
l'héritier, venez,tuons-le,& l'héritage fera noftre. 

8 Par^uoi le prenans^ils le tuerent,& le ietteréthors 
de la vigne. 

Que fera donc le Seigneur de la vigne? Il viendra, 
&fera périr ces vignerons -la., &: baillera la vigne à 
d'autres. 

10 Et n'auez-vous point mefmeleu cefteEfcriture, 
•'La pierre- que les edifians ont reiettee, eitdeuenue 



SELON S. MARC. 



"3 



MamaiftreiTe pierre du coin? 
ii Ceci a eité fait par le Seigneur, &eitchofe mer- 
ueilleufe deuant nos yeux. 
1 i Adonc tafcherent-ils de le faifîr, mais ils craigni- 
rent le peuple:car ils cognurent Lien qu'il auoit dit ce- 
ire fimilitude contre eux : parquoi le laillans, ils s'en 
allèrent. 

13 * Or ils lui enuoyerent quelques vns des Phari- 
fiens &des Herodieris,fourl'ei lacer en parole 

14 Lefquelsefrans venus vers /w,luidirent,Maiftre, 
nous lauonsque tues véritable 3 tk ou'il ne te chaut 
d'aucun : car tu n'as point d'efgard à l'apparence des 
hommes, mais tu enfeignes la voye de Dieu en vérité, 
Eft-il oifïblede payer le tr:butàCefar,ou non? le 
payerons-nous, eu ïî nous ne le payerons point? 
iï Lui cognoifïantleui hypocrifie , leur dit, Pour- 
quoi me tentez-vous ? apportez-moi vn denier,queie 
levove. 

I o Et ils le lui prefenterent. Lors il leur dit,de qui eft 
celle image & b celte eicriture? Ils lui dirent de Ce- 
far. h 

17 Etlefus refpcndant leur dit, v Rendez à Cefar les 
chofes qui font à Cefar:&a Dieu celles qui font à 
Dieu: &ils furent efmerueillés de lui. 

18 *Adôc les Sadduciens(qui difent qu'il n'y a point 
de refurre&ion) vindrent à lui & l'interroguerent,di- 
fans, 

19 MainVe,*MovfenousalaiiTcparefcrit, que fi le 
frère de quelcuneitrr.crt, &a laiflé fa femme, &n'a 
point Iaifle d'enfans,que for. frère prene la femme d'i- 
celui, & qu'il fufeite lignée a fon frère. 

20 Or y auoit-il fept freres,dôt le premier print fem- 
me, & mourant ne laiiTa point de lignée. 

II Et le fécond la print & mourut,& lui aufsi ne laif- 
fa point de ligneerle troifîefme femblablement. 

22 Les fept donc la prindrert, ne laillans point de li- 
gnee.La femme aufsi mourut la dernière de tous, 
a $ En la refurreclion donc, quand ils feront reifufci- 
lés y duquel d'iccux fera-elle remme?car les fept l'ont 
eue à femme. 
24 JLors Ieius refpondant leur dit, Ce que vous-you s 



ou,1a prin- 

cip.iltpicnc, 



* Malt, 12. 
15 lue 20. 
29. 



b ou, cette 
infcription5 

Root. 13. 7. 



*Matt. ïx. 
2$. lue 20. 
27.atf.23. 8 



«*4 



EVANCIt! 



«#.7.3*. 



Ma*, a a. 



34- 



fot 10. 27. 



iZ.mn. il- 
39 rom. 13, 



*. c. vaut 
mieux pour 
le repos de la 
confeience , 
& eft plus 
agréable à 
Dieu voyez 
I. Sam.ij. 
ni. 

i ou, en ho- 
me entendu. 
*M.att.l%, 



fouruoyex, n'eft-cepas d'autant que vous ne faue» 
point les Efcritures,ne lapuifïance de Dieu? 

25 Car quand ils feront reflfufcités des morts , ils ne 
prendrôt point à femme, ni ne feront baillées femmes 
en mariagermais ils feront comme les Anges cpàfont 
es cieux. 

26 Et quant aux morts, pour montrer qu'ils reiïufci- 
tent, n J auez point leu au liurede Moyfe, comment 
Dieu parla àluiaubuiflbn , dilànt, * le fuis le Dieu 
d'Abraham , & le Dieu d'Ifaac , & le Dieu de la- 
cob? 

17 Dieu n'eft point le Dieu des morts , mais le Dieu 
des viuans: vous-vous fouruoyez donc grandement. 

18 v Lors quelcun des Scribes eftant venu là , les 
ayant ouis difputer enfembîe , & fâchant qu'il leur a- 
uoit bien refpondu à propos,l'interrogua oifant,Quel 
eft le premier commandement de tous? 

Z9 Iefus lui refpondit , Le premier de tous les com- 
mandemense/?, * Efcoute Ifrael , le Seigneur noftre 
Dieu elt le feul Seigneur. 

3 o Pourtant tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout 
ton cœur , & de toute ton ame , & de toute ta peniee, 
& de toute ta force. Ceftui-ci eft le premier comman 
dément. 

31 Et le fécond fêmblable h celui y tbfi Tu aimeras ton 
prochain comme toi-mefme. Il n'y a point d'autre 
commandement plus grand que ceux-ci. 
$1 Et le Scribe lui dit,Maiftre,tu as bien dit à la véri- 
té , qu'il y a vn Dieu , & qu'il n'y en a point d'autre 
que lui: 

3 3 Et que l'aimer de tout le cœur, & de toute Pintel 
Iigence,& de toute l'ame,& de toute la force:& aimer 
fon prochain comme foi- mefme,eit a plus que tous les 
holocauftes &facrifices. 

4 Et Iefus voyant qu'il auoit refpondu b prudemmét, 
tti dit, Tu n'es pas loin du royaume de Dieu:& nul ne 
bfoit plus interroguer. 

3 ? n Et Iefus enfeignant au temple, prenant la parole, 

leur dit, Comment difent les Scribes que le Chriit eft 

filsdeDauid? 

7,6 Car Dauid melhie a. dit par le fainft Efprit , Le 



1 



«ILON S. MARC. 



l*ï 



i 



Seigneur a dit à mon Seigneur , * Sieds toy à ma dex-' * Tf.x io.t. 
tre, iufqu'àtant que i'aye mis tes ennemis pour mar- 
chepied de tes pieds. 

37 Dmiddonclui-mefme l'appelé Seigneur: com- 
ment donc eft-il fon rlls?Et grades troupes a prenoyét * ? u fo f t ^ 
plaifîr a l'ouir. lontiers. 

38 D'auantage il leur difoit en fa doctrine, Donez-)'- 'M»«. i 5 . 
vous garde des Scribes,qui aiment àfepourmeneren Ô / Ul1 '^' 
xobbes longues,& les falutations es marches: * ou?i« P re- 

39 Et b les premières feances es fynagogues, & lesjnucrs fieget 
premières places es banquets. bkJ^™' 

40 * Qui mangent tout entièrement les maifons des! * Mm. 23. 
vefues , c voire en i aifant femblant de prier beaucoup^ 14- h* ÎO - 
ils en receuront plus grande condamnation. J7» 

41 f Iefus aufsi ettant afsis vis à vis du tronc,prenoiti appar-nce 
garde comment le peuple mettoit argent au tronc. tont longue» 
41 Or plufieurs riches y mettoyent bcaucoup:& vnej ^Lmc ai.x. 
pourevefue vint, laquelle y mit deux petites pièces 

qui font vn quadrin. 

43 Lors appelant à foi fes difciples,il leur dit,En véri- 
té ie vous disque celte poure vefue a plus mis au tronc 
que tous ceux qui y ont mis. 

44 Car tous y ont mis de ce qui leur abonde:mais ce-j d cu de & 
ire-ci y a mis à de fa poureté tout ce qu'elle auoit, voi-! t ££%akèè 
re c toute fa fubftance. <*ôt elle pou- 

; uoieviurc. 
C H A P. XIII. 

Je fus Cbrift prédit a fes difiples la démolition prochaine du- 
■ temple 3 & lafubutrfion de Jerufalem, 9 adiouslant que ce\ 
fera par fes fidèles que l'orage commencera: 24 & à tesle'. 
occajiên iladuertit l'Eglifede ce qui aduiendra en l'attente 
du dernier ingénient, 33 l'exhortant afe tenir tant pUts 
fur fes gardes. 

iFT' comme il partoit du temple , vn de fes difci-ji Mttt.z^x 

XL pies lui dit, Mailtre, regarde quelles pierres, & /«cn.5. 
quels baitimens. 

a Lors Iefus refpôdant lui dit , Vois-tu pas ces grâds 
baltimens^Il ne fera Iaifle pierre fur pierre qu'elle ne * LtK l t* 
foit démolie. 44» 

5 Et comme il eftoit afsis au mont des Oliuiers vis à 
Vis du temple , Pierre Se laques , Iehan & André Tin- 



zabejj.i.y 



Matui*. 
*7« 



19. lue 12. 
II. 0*21. 14 



îMich. 7 .6. 



*Mdtt. 21. 
22. 

wi.ftz.24.15 

il. 



terroguerent à part, 



Evangile 



H- 



Ztf/ass , Di-nous quand feront ces chofes , & quel 
fera le fîgne quand toutes ces chofes doiuent eftre ac- 
complies. 

5 Lors Iefus leur refpondant , commença à leur dire. 
Prenez garde * que queicun ne vous ieduife. 

Car plufieurs viendront en mon Nom,difans,Ceft 
moi qiiijuh le Cbrijt, & en feduirontpiufieurs, 

7 Or quand vous orrez des r-^rres&des oruits de 
guerres, ne foyez point troublés: car il faut que ces 
chofes aduienent : mais encore ne jèra-ce pas la 
fin. 

8 Car nation s'efleuera contre nation , & royaume] 
contre royaume:&y aura tremblemés de terre de lied 
en lieu,& famines, & troubles, ces choies feront corn- 
mencemens de douleurs. 

P "Mais prenez-garde àvous-mefmes:car ilsvou 
liureront aux coniïfto ires, &aux fynagogues : vou 
ferez fouettés , & ferez prefentés deuantïes gouuer 
neurs,& les rois à caufede moi, en tefmoignage à! 
iceux. 

10 Et faut que PEuangilefoit premièrement prefchd 
en toutes nations. 

11 *Orauand ils vous mèneront pour vous liurerj 
ne foyez aeuant en fouci de ce que vous aurez à direJ 

6 n'y méditez point : mais tout ce qui vous fera donJ 
né en ceftinftât-la, dites cela,car ce n'eftpas vous qui 
parlez,mais le fainctEfprit. 

1 z * Lors vn frère liurera l'autre frère à mort,& le pè- 
re l'enfant , & s'efleueront les enfans à l'encontre des 
pères & meres,& les feront mettre a mort. 

13 Et ferez hais de tous à caufede mon Nom: mais 
8 qui fouftiendra iufques à la fin , ceftui-la fera fau- 
ue. 

14 * Or quand vous verrez l'abomination de la defo- 
lation(quielt dite par Daniel le Prophète )' eftre efta- 
blie,là où elle ne doit : ( qui lit,l'entende) * alors que 
ceux qui feront en ludee s'enfuyent aux montagnes. 

15 Et que celui qui fera fur la maifon , ne deïcende 
point en la maifon, & n'y entre point pour emporter 
aucune chofe de fa maifon. 



SBIOH S. MARC. 



1*7 



Ï6 Et que celui qui fera au champ, ne retourne point 
en arriere,pour emporter Ton habillement. 

17 Mais mal-heur fur celles qui feront enceintes ,& 
fur celles qui allaitteront en ces iours-la. 

18 Priez donc que voitre fuite n'aduiene point en 
hyuer. 

ii> Car a en ces iours-là il y aura telle affli&ionjqu'ii 
n'y en a point eu de femblable depuis lecômencemét 
de la création des chofes que Dieu a cree'es iufqucs a 
maintenant,™ ne fera. 

20 Et fî le Seigneur n'euft abbrègé ces Iours-la,* nul 
le perfône ne leroit fauué:mais il a abbregé ces iours 
Ia,a caufe des efleus qu il a efleus. 
ai Et alors * fi quelcun vous dit, Voici , le Chrift efi 
ici:ou voici, ile[i\à 3 ne le croyez point. 

22 Car faux Chrilts &taux Prophètes s'efleueront, 
& feront des fîgnes &r miracles pour leduire meimes 
les efleus, fi pofsible eltoit. 

23 Mais donnez-vous garde: voici, ie vous ai prédit 
le tout. 

24 Aufsi en ces iours-la après celte affli&ion-Ia 7 le 
foleil fera obfcurci , & la lune ne donnera point fa 
clarté. 

2 5 Et les eftoiles du ciel cherront , & les vertus qui 
font es cieux feront esbranlees. 

26 Et * lors ils verront le Fils de l'homme venir es 
nuées auec grande puiMance cV gloire. 

27 tAdonc ilenuoyerafes Anges, & afiembîera en 
vnfes efleus de tous les cottes des quatre vents, depuis 
le bout de la terre iufques au bout du ciel. 

28 Or apprenez la fimilitude du figuier : Quand fon 
rameau elt en feue , & qu'il iette les fueilles , yous co- 
gnoifTez que Peité elt prochain. 

19 Vous aufsi pareillement, quand vous verrez que 
ces chofes aduiendront , fâchez c qu'il elt prochain , à 
la porte. 

a o En vérité ie vous di , que celte génération ne paf- 
lèra point tant que toutes ces chofes foyent fai- 
tes. 

3 1 Le ciel & la terre parleront , mais mes paroles ne 
parleront point. 



* Gr. cet 

iours-la f<3» 
ront affli- 
ction. 



b Gr. nulle 
chair. 



* Mat. 24. 
23. lucij. 



2J. 



'•'E/â.ij.ï» 
e\ech. 3 2. 7. 
iocl 2.31.^» 
3.15. 



* Matt.14* 

30. lue 21. 

2j.apoc.i.f, 
%Jiatt. 24. 
31. Libéria,. 
16. 



t a(T. Ic ioCT 
du Seigneur. 






* aflau. afin 
inelVnnefe 



que 
de:'c 



12S ^ H v a wei 1 1 

3 2 Or quant i ce iour-là & à J'heure,nul ne le faît,no 

pas les Aoges qui font au ciel, ni auîsile Fils , mais le 

Père. 

33* Prenez garde à vous 3 vei\kz,$c priezrcar vous ne 
fauez quand fera ce temps-la. 
3 4 C'eft ainfi comme fi vn homme allant dehors , laik 
foit fa maifon,&donnoitauthorité à les feruiteurs,& 
vn chacun fa tafche,& commandoit au portier qu'il 
veillait. ^ 

35 Veillez donc : car vous ne fauez quand le Sei- 
gneur de la maifon viendra au foir, ou a minuict, ou à 
rheure que le coq chante, ou au matin: 
3 5 De peur qu'arriuât foudain,il ne vous trouue dor- 
mans. 



e.'chatgerur ? 7 Or les chofes que ie vous di, ie les di a à tous, 

ai tre : ou ^ |H £ 
luvn tout VClIIC^,. 



y 

îéulne penfe 
prc r dre tout 



a foi 



lue ZZ I 
iehan 11.55 



Chap. XIII I. 
litdas indigné de ce qu'vne femme auoit verfê vn oignement 
précieux jur Je jus Chrift , s'en va adrefjer aux Sacrifie a* 
teurs , & fait marché aucc eux pour le leur liurer. iz Le 
Seigneur célèbre laTafque, 22 inp.itue{afainc~ieCene y 
27 aduertitfcs difciples de leur infirmité prochaine, 32 
fe va rendre au lieu où il deuoit eflre faifi, 35 fe prépare 
par ardentes prières , à l'agonie de fesfouffrances, 43 efi 
fa'fi par la conduite de Judas le traiftre, 53 & mené vers 
les Sacrificateurs, 64. qui le condamnet a mort fur ce qu'il 
s'aduouë le Fils de Dieu, 66 La cheute de Tierre, &fet 
larmes. 

1 ^-x R '"deux iours anres eftojt lafefte dePafque, 
kJ & des pains fans !euainr& les principaux Sa- 
crificateurs & les Scnbes cerchoyent comment ils le 
pourroyentfaifir par finefTe,&: le mettre à mort. 

Mais difoyent-ilSjNon point durant la feite,depeur 
qu'il ne fe face tumulte entre le peuple. 
*Mat.i6.6. 3 * Et comme il eltoit enBethanie en la maifon de 
uhan 1 2. 3. s\rnon y dit le lepreux,& eltoit à table, il vint là vne fé- 
me qui auoit vne boilte d'oignement d^fpic liqui- 
de precieux:& rompit la boilte, & efpandit l'oignement 
furlatefted'icelui. 

4 Dont quelques vns furent indignés en eux-mef- 
— : mesj&' 



StlOH S. MARC. 



Si 



mes , & difoyent , A quoi fert le degaft de ceft oigne 
ment? 

5 Car ceft oignement pouuoit elrre vtdu plus de trois 
cens deniers, & eitre donné aux poures. Ainfi Wsen 
fremifWent à l'encontre d'elle. 
* Mais Iefus dit, Laiifez-la pourquoi lui dônez-vous 
fafe hcrie.-elle afaitvn bon acteenuers moi. 

7 * Pourtant que vous aurez touh'ours les poures 
auec vous, & toutes les fois que vous voudrez , vous 
leur pourrez bien faire:mais vous ne a m'aurez point 
toufiours. 

8 Elle a tait ce qui ertoit en ellerelle a anticipé d'oin- 
dre mon corps pour l'appareil de ma fepulture. 
P En vérité ie vous di , qu'en guelque lieu que fera 
prefchc celt Euangile , en tout le monde, cela aufsi 
qu'elle a fait fera recité en mémoire d'elle. 

io • Adôc Iudas Ifcarior,l'vn des douze s'en alla vers 
les principauxSacrirîcateurs, b afin qu'il le leur liurair, 
1 1 Lefquels l'ayans oui s'efioùirent, & lui promirent 
de lui donner argent : & il cerchoit comment il le li- 
ureroit commodément. 

iz * Or le premier iour des pains fans leuain qu'on 
facrifioit c l'agneau de Pafque,fes difciples lui dirent, 
Où veux-tu Que nous allions,afin de t'appreiïer à mâ- 
ger l'agneau de Pafque? 

13 A clone il enuoyadeuxde ces difciples,£c' leur dit, 
Allez en la ville , & vn homme vous viendra à l'encô- 
tre,portant vne cruche d'eau:fuiuez-le. 

14 Et en quelque lieu qu'il entrera , dites au maiftre 
de la mai(on,Le maiitre dir, Où ele le logis où ie man- 
gerai l'agneau de Pafque,auec mes difciples? 

1 5 Et il vous monltrera vne grande chambre d ornée 

6 prepareerappreitez-nous I à l'agneau de Tafjne. 

16 Ainfi les difciples partirent,oc vindrent en la ville, 
& trouuerent comme il leur auoit dit, & apprellerenc 
l'agneau de Pafque. 

17 * Puis le foir venu, il s'en vint auec les douze. 

iS Et comme ils eltovent à table, & mangeoyent , Ie- 
fus dit,En vérité ie vous di, que l'vn de vous qui man- 
ge auec moi,me trahira. 
ip Lors il le prindrent à fe contrifter : &lui dirent 
P 1_ 



*Dtt/MJ. 
II. 

1 aflj. quant 
ï la prc'cncf 

coi p<; telle. 



'•Matt.ié. 

4./«C2 2.^ 
afla. pour 
pratiquer a- 
uec eux de If 
leur hurcr. 

*Matt.i6. 
17 lue 22.7. 
t Gr. la l'aG 
que : & ainfi 
confequert 
mène. 



d ou,tendue. 



%Matt. 16, 

20. iucii. 
i+.ubum Ij, 
21. 



on > vn par 
nu 



*■ Matt.iô. 

l6.l,'Or.l\. 

cu,benit. 



ou , de la 

îouuelle al- 
iance. 



lue 21.31. 

*Zub. 13. 7 
%Sous 16.7. 



" Matt. 16. 
34. Luc 22. 

38. 



•* M<itt. 26. 
36. /«£ -.2. 
39.iebani$. 
1. 



l^L 



E'TAMGÎ LE 



l'vn après l'autre , Eit-ce moi? & l'autre > Eft-ce moi? 

20 Mais il refpondit, & leur dit, C'eit l'vn des douze, 
lequel trempe auec moi au plat. 

21 Certes le Fils de l'homme s'en va, félon qu'il eft 
eferit de lui: mais malheur à celt homme là par lequel 
le Fils de l'homme eit trahi:ileuft eilé bon à ceft hom- 
me-là de n'eitre point né. 

22 * Et comme ils mangeoyent, Iefus print le pain:& 
après auoir b rendu grâces il le rompit, puis le leur 
bailla & dit, Prenez, mangez, ceci efrmon corps. 

23 Puis ayant prins la coupe, il rendit grâces , & la 
leur bailla, & ils en beurent tous. 

24 Et il leur dit, Ceci elt mon fang , le fang c du nour 
ueau Teltament,lequel eit refpandu pour pîufieurs. 
2? En vérité ie vous di,queie ne boirai plus du fruicl: 
delà vigne iufques à ce iour-làqueie le boirai nou- 
ueau au royaume de Dieu. 

16 Et quand ils eurent chanté le cantique, ils s'en al- 
lèrent en la montagne des Oliuiers. 

27 v Adonc Iefus leur dit, Vous tous cette nuict ferez 
feandalizésenmoi : car il ell eferit, * le frapperai le 
berger, & lés brebis feront efparfes. 

28 f Mais après que ie ferai reiïufcité , i'irai deuant 
vous en Galilée. 

2.9 Et Pierre lui dit, Quand bien tous feroyent fean- 
dalizés,fineleferai-iepointquantàmoi. 

30 ! Lors Iefus lui dit, En vérité ie te di, qu'aujour- 
d'hui en celte propre nuii5t,deuant que le coq ait châ- 
té deux fois,tu me renieras par trois fois. 

31 Miis il difoit encore de plus fort, Quand mefmes 
il me faudroit mourir auec toi , fi ne te renierai-ie 
point Et tous aufsi difoyentde mefmes. 

3 2 *Puis après ils vinarent en vn lieu nommé Geth- 
femané: Et il dit à fes difciples , Seez-vous ici iufques 
à tant que i'aye prié. 

33 Lors il print auec foi Pierre, & laques, & Iehan, 
& commença à s'efpouuanter, & à eftre fort angoilTé. 
j-34 Adonc il leur dit, Mon ameeft faifïede trilteiïc 
I iufques à la mort,demeurezici,& veillez. 
[ 3 ? Et s'en allant vn peu plus outre, il fe ietta en terre: 
.&prioit5-que s'il fe pouuoit faire , l'heure fe palTaft 



-k 



SBION S. MARC. 



m 



arrière de lui. 

5<ç Et dilbit , Abba Père , toutes chofes te fontpofsi- 

blcs, tranfporte cette coupe arrière de moi toutesfois 

non point ce que ie vueil,mais ce que tu va<w 

37 "Puisilvientj&lestrouuedormasi&dità'Pier- 

re,Simon,dors-tu? n'as-tu peu veiller vne heure? 

3 8 Veillez , & priez que vous n'entriez en tentation 

wr quant àl'efpnt, il efi 'prompt, mais la chair efttoi- 

ble. 

3y Et derechef il s'en alla ,& pria, difant le mefme 

propos. 

40 Puis eihnt retourné , il les trouua derechef dor- 
mans , car leurs yeux ettoyent appelantis : & ils ne fa- 
uoyent que lui refpondre. 

41 Puis il vint pour la troifieme fois, &: leur dit, Dor- 
mez d'orefenauant , & vous repofez il futfir , l'heure 
elr venue. Voici le Fils de l'homme s'en va eitreliuré 
es mains desmefchans. 
41 Leuez-vous,allonsvoici,celui qui me trahit,s'ap- 
proche. 

43 Et foudain comme il parloit encores, Iudas (qui 
ciroit l'vn des douze ) vint &r grande troupe auec lui, 
auec efpees & ballons, de par les principaux Sacrifi- 
cateurs,&les Scribes,&'es anciens. 

44 Or celui qui le trahilîbit auoit donné vn fignal en- 
tr'eux,difant, Quiconque iebaiferai, c'elt ceflui-la 
faifi{fez-le, & l'emmenez feurement. 

45 Quand donc il fut venu incontinent il s'approcha 
delui,&dit, b MaiitTe,Maiftre:&Iebaila. 

46 A donc ils ietterent les mains fur lui,& le faifîrent 

47 Et quelcun de ceux qui eirovét là prefens tira fon 
efpee,& eh frappa le feruireur du fouuerain Sacrifica- 
teur,^ lui emporta l'oreille. 

48 Lors Iefus print la parole, & leur dit , Eftes- vous 
fortis comme après vn brigand auec efpees & baitôs, 
pour me prendre? 

49 I'eftoy' tous les iours entre vous enfeignant au 
temple, & vous nem'nuez poi t faifï • mais /««/ ceci eji 
adiunu afin que les Efcritures foyent accomplies. 

50 \donc tous l'avans delaiffé, s'enfuirent. 

51 Et va certain ieune homme le iuiuoit,enueloppe 

— ^ 



* M<tff. ie* 

4.0. lue 11. 

4s- 

.1 jfTcommt 

j ccîin qui 

s'eftoii le 

plus pi omis 

de lou de- 

uoir. 



'•• Matt.îg, 
47. lui 22. 
47 tehan 18, 
3». 



b Gr.Rabb;, 
Rabbi. 



« Ce pou- 
noir eftre 
quelque cou- 
verture fans 
façon de rob 
lie. voyez lu 
ges 14.12. 
*Mati.z6. 
jj.luczi. 
54 letia. 18, 
1*. 



•' Mm. 16. 
5>- 



h ou.fuffifans 
pour côclur- 
re contre lui. 
& ainfi au 
vcrC.59. 

iehanz, jo. 



1VU. 



V A N G I I g 



r c'eft à la 
façon des 
Hebrieux , 
qui ne nom- 
ment volon- 
tiers le nom 
de Dieu , 
qu'auec ce 
titre de be- 
nit:Rom.a.y 
* Mat t. 24. 
30. 



dVn a linceul fur le corps nud: & quelques ieunes cens 
le faifirent. 

52, Mais en Iaiffant Ton !inceul,il s'étuit arrière d'eux 
tout nud. 

5-3 * Or de là ils emmenèrent Iefus au fouuerain Sa- 
crificateur: chez lequel s'arTembîerent tous les prin- 
cipaux Sacrificateurs,!es Anciens, &les Scribes. 

54 Or Pierre le fuiuoit de loin iufques dedans , en la 
cour du fouuerain Sacrificateur . & eltoit afsis auec 
les feruiteurs, ik fe chaurfoit au feu. 

55 '-'Orlesorincipaux Sacrificateurs & tout !e 
fïltoire cercnoyent tefmoignage contre Iefus pour le 
mettre à mort; &if en troùuoyent point. 

^6 Carplufîeurs diibyent faux tefïnoi 
lui , mais lestefmoignagesn'eftoyent poi. f . ...for- 
mes. 

57 Alors quelques vns s'efleuerent,& portèrent faua 
tefmoignage à l'encontre de lui, difans, 
$2 Nous l'auons ouï qu'il difoit,*Ie desferai ce tem-| 
ple-ici qui eit fait de main , & en trois iours i'en reba-| 
ferai vn autre qui ne fera point fait de main. 

59 Mais encor ainfi leurs tefmoign-ages n'eftoyent 
point conformes. 

60 Adonc le fouuerain Sacrificateur fe leuant au mi- 
lieu,interrogua Iefus , difant,Ne refpo-tu rien-qu'eit- 
ce que tefmoignent ceux-ci à l'encontre de toi? 

61 Mais * il le teut , &: ne refpondit rien. Derechef le 
fouuerain Sacnficateurl'interroguaj&lui dit, Es-tu 
le Chriftle Fils de r Dien c bénit? 
61 " Et Iefus lui dit, le le fuis?& vous verrez le Fils de 
l'homme afsis à la dextre delà vertu de Dieu, & venant 
es nuées du ciel. 

63 Lors le fouuerain Sacrificateur defehira fes vefte 
mens, &dit, Qu'auons-nous encor à faire de tef 
moins? 

£4 Vous auez ouï le blafpheme : que vous en femble? 
Adonc eux tous le condânerent comme eftant coul- 
pable de mort. 
6$ Et quelques vns fe prindrent à cracher contre lui, 
& à lui couurir la face , & à lui bailler des beuffes : & 
lui difoyent , Prophetize-nous. Et les fergeans lui 



SHON S. MARC. 



m 



"Baîlîoyent des coups de leurs verges. , 

i 66 * Qx comme Pierre eïtoit en bas en la cour , vne 

ides chambrières du ibuuerain Sacrificateur vint. 

! 67 Et quand elle eut apperceu Pierre qui fè chauffait, 
elle le regarda en face , & dit, Et toi, tu eirois auec Ie- 
fus le Nazarién. 

jéS Mais il le nia, difant, le nefceognoi point, & ne 
faique tu dis: & il fortit dehors auportail,& le coq 
chanta. 

69 Et quand !a chambrière l'eut veu derechef, elle 
fe print à dire à ceux qui eftoyent là prefens , Ceflui- 
cielt 'de ceux-là. 

70 Mais il le nia derechef. Et derechef vn peu après, 
ceux qui eftoyent là prefens, dirent à Pierre, Vraye 
ment tu es de ceux-la:car tu es Galileen,& ton langa- 
ge s'y rapporte. 

7 1 Lors il print à fe maudire , & à iurer , difant , le ne 
cognoi point ceft homme-la que vous dites. 
71 Et le coq chanta pour la féconde fois : * & Pierre 

Ife refouuint cie la parole que Iefus lui auoit dite , De 
liant le coq ait chanté deux fois, tu me renieras par 
trois fois.Et s'eitant ietté hors,il pleura. 

C H A P. XV. 

Je fus O^ift comparo'i fiant douant Tilate, 13 & trouuéfans 
charge quelconque par icelui, 1? efl en fin condamné jnoc- 
que, crucifié, & outragé de tous, 39 & meurt rendant vn 
tefmoignjge fïngulicr defoy & confiance: 42 &puis après 
eft honorablement enfeuelipar Jofeph d' jlrïmathee . 

1 TJ Tt incontinent au matin les principaux Sacri 
-El ficateurs auec les Anciens & les Scribes , & 

tout le con fiitoire,ayans tenu confeil,Jierent Iefus, & 
l'emmenerentj&le liurerent à Pilate. 

2 "Et Pilate l'interrogua, difant, Es-tu le Roy des 

Rluifs. Iefus refpondant lui dit, Tu le dis. 
3 Et les principaux Sacrificateurs l'accufoyent de 
1 plufîeurs chofes:mais lui ne refpondoit rien, 
4 * Pilate donc l'interrogua derechef,difant, Neref- 
pon-tu rien? voila combien de chofes ils tefmoignent 
contre toi. 

î Mais Iefus ne refpondit rien non plus:tellemét que 
~— I-iif 



* Matt.ié. 

69.IUC 22. 

16.17. 



Matt.26. 
71. lue 22. 
5$.iebam2» 

* aff.de ceux 
qui ont fait 
profefsionde 

fuiurclcfw. 



* Ma*/. a*. 

27. 



fM^r.27.1. 
tue il. 66. 
&2^.i.ieb* 






* Matt. 17. 
2. 



t$ '"C ;.I7 



« aflf.à requé- 
rir pluftwt 
que Ban ab- 
bj< fuftrelaf- 

dé. 



!M 



V A N G I t E 






& qui pcuuër ■ 
auoir efté 
perfonnages 
rec gnus 
pii's^pre^ en 
treîes fice- 
lés 
c affa. leSei 

f"euraVa"r 
ien comme 
ce à la p- 
; te-,mai.s ne 
ipoiîuanc pli 
j po» èr r eul à 
ica Se de for 
imbécillité 



J2."'<2; 2! 

•^ M crt. >7 

3?. iebs* ly 
'7* 



Milite jV» efrneroeîlloftT 

6 * Or leur relafchoit-il à la fefte vn prifonnier,qui 
quecefuji qu'ils demindafient. 

7 Etven auoitvnditBarrabbis,lequel eftoitprifon- 
nier auec Tes complices «Je fedition, lefquels auoyenc 
commis meurtre en la fedition. 

8 Et le peuple s'eferiant tout haut 3 feprint à deman- 
der qu'il p';t comme il leur auoittoufiours fait. 

Pilatedôc leurrefpondit. difànt, Voulez-vous que 
Je vous relafche le Roy des Iuifs? 
10 Car il fauoit bien que les principaux Sacrifica- 
teurs l'auoyentliuré par enuie. 

Mai<> les principaux Sacrificateurs efmeurent 3 le 
peuple, afin qu J illeur relafchaftpluffoflBarrabbas. 
1 z ici Pilate refpondant leur dit, derechef, Que vou- 
lez vous donc que ie face .1 celui que vous appelez Roi 
des Iuifs?' 

1 3 Et derechef ils s'eferierent, V//2rw,Crucifie-le 

14 Adonc Pilate leur dit, M lis quel mal a-il fait? Et 
ils. s'eferierent tant plus fort,Crucifie-le. 

15 P'1 ite donc voulant contenter le peuple , leur 
relafcha Barrabbas , & âpres auoir fait fouetter Iefus, 
leliura, ahn qu'il fufterucifié, : 

itf" Aclonc les gendarmes l'emmenèrent dedans la 
cour qui eit le prètoire,& appelèrent toute la bande. 
17 Et le vêtirent d'vne robbe de pourpre , & lui mi^ 
rent à l'entoura /a te/fovne couronne d'efpinçs qu'ils 
auoyentpliee. 

1 3 Et (e prindrent aie faluer,f« difantJSknte foit 3 Roi 
des lui- s. 

19 Et lui franovent la tefte auec vnrofeau, &cra- 
chovent contre lui: & le mettâs à genoux, lui faifoyét 
lareuerençe. 

20. Puis âpres quand ils fe furent mocqués de lui, ils 
ledefuefb'rentde la robbe de Pourpre,&le reueltirent 
de fes veitemens,& l'emmenèrent dehors pour le cru- 
cifit-r. 

2,1 * Et contraignirent vn certain partant, nomme Si- 
mon Cvrenien,( lequel venoitdeschamps,quieitoit 
père b d'Alexandre & deRufus) <• de porter la croix 
d'iceî.ii. *■ 
% 2. t Et puis le menèrent en la placé de Golgotha,qui 



S F T. ON S. MAKC. 



X 3Ï 



Vaut autant à dire que la Place du teft. - 

13 Puis lui donnèrent à boire du vin mixtionné auec 

de la myrrhe:mais il ne le print point. 

24 Et quand ils l'eurent crucitié, ils départirent fes 

veitemens , * en iettantle fort fur iccux, pour jauoir ce 

que chacun en emporteroit. 

2? Or eiroit-il ■ trois heures quand ils le crucifierér. 

26 Et le dicton de b fa condamnation portoit en ef- 
crit, Le roy des ivifs. 

27 Us crucifièrent aufsi auec lui deux brigands : l'vn 
à fa main droite,& l'autre à fa gauche. _ 

Ainfï fut accomplie l'Efcriture, quidit Etilae- 
ité mis au rang des mal-faiteurs- 

29 Et ceux qui paiToyent près de Ià,lui difovent ou- 
trages hochans leurs te(tes,& difans,* He!joi,qui dcC- 
fais le temple,& en trois iours le rebaftis: 

30 Sauue-toi toi-mefme,cV defcen de la croix 

3 1 Semblablemct aufsi les principaux Sacrificateurs 
mefmes fe mocquâs,auec les Scribes, difoyent les vus 
aux autres,ll a fauué les autres,il ne le peutfauuer foi- 
mefme. 

3 2 Que le Chrift , le Roi dlfrael defcende maintenât 
de la croix, afin que nous le voyons, & Croyons. Et 
ceux aufsi qui eitoyent crucifiés auec lui,lui difoyent 
outrages. 

3 3 Mais quand il fut fixheures,tenebres furent faites 
fur tout le pais iuiques à neuf heures. 
34 Et à neuf heures Iefus cria à haute voix, difant, 
* Eloi, Eloi, Iamma fabachthani? qui vaut autant à di- 
re que, Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m'as tu abâ- 
donne'? 

3$ Et quelques vns de ceux qui eftoyent làprefens, 
ayans ouï cela, difoyent, Voici, il appelé Elie. 

36 Et quelcun accourut, & emplit vne efponge de vi 
naiçre,&T la mit à l'entour d'vn rofeau, n & lui en bail- 
la à boire, difant, LaifTez, voyons fi Elie viendra pour 
l'otter. 

37 Et Iefus après auoir ietté vn grand cri, rendit 
refprit. 

38 Et le voile du temple fe fendit en deux depuis le 
haut iufqu'au bas. 
I iiij 



*Tf.lZ.l 9 . 

Wtftr.j7.35. 

ebrn 19. 2?» 
1 ou, la troi- 
sième heure: 
le c< inmé- 
eçment de U 
croifkme 
pjr.ic du 
iourdiuiicea 
cjuatrc. 
L ou , d :■ fou 
accH ation. 
•" -/* vM2t 
lin 22J7- 
*S«< 14 58 

tehan 2. 1$. 



tP/è.2 2.î. 
mat. 27. 46. 



P/e.^.îJ. 



îU- 



E 



r A N G I ï. E 



« »<T.auccvr 
tefmoignagc 
fingulierd 
ne telle force 
tï confiance 



»Iw8.i. 






*Iwc 24.1 

t ou , des 
drogues. 



3 j? Et le Centenier qui droit là vis à vis de lui, voyat 
qu'il auoit rendu l'efprit, a en criant ainfi,dit, Vérita- 
blement ceit homme eiroit Fils de Dieu. 

40 II y auoit aufsi des femmes qui reçardoyent de 
loimentrelefquelleseftoit Marie Magdeleine,&: Ma- 
rie mère de laques le petit & de lofes, & Salomé, 

41 * Lefquelles dés lors mefme qu'il eiroit en Gali- 
lee,l'auoyét fuiui, & lui auoyent fubuenu:& plusieurs 
autres lefquelles eftoyent montées enfemble auec lui 
en Ierufalem. 

42 • Et le foir eftant ia venu ( d'autant que c'eftoit le 
jour de la Preparatioruqui eft deuant le Sabbat.) 

43 Iofephd' A rimathee,confeiller honorable (lequel 
aufsi eltoit attendant le règne de Dieu) avant prins 
hardiefie s'en vint vers Pilate , & lui demanda le corps 
deleiùs. 

44 Et Pilate s'efmerueilla , s'il eftoit défia mort : puis 
ayant appelé le Centenier, il l'interrogua , s'il y auoit 
long temps qu'il étroit mort. 

45 "Ce qu'ayant cognu du Centenier,il dôna îe corps 
à lofeph. 

4tT Et icelui ayant acheté vn linceul , le defeendit de 
la croix, & l'enueloppa du linceul, &le mit dedans vn 
fepulcre qui eltoit taillé en vn rocpuisroula vne pier- 
re à l'huis du fepulcre. 
47 Et Marie MagJeleine& Marie mère de lofes re- 
gardoyent où on lemettoit. 

C H A P. XVI. 

la refurreelion de le fus Ckrifi m.znifeftee aux femmes, lefquel- 
les eftoyent allées le penjans rctrouuer aufipulcre , 6 pre- 
mierement par F~4nge , 9 & puis après par le Seigneur 
mefme, qui eftant apparu à fes difciples à diuerfesfois , leur 
donne charge de dreffer fon Eglife par tout le iïionde, 1 7 
promettant d'accompagner leur prédication de fa fouuer ai- 
ne vertu. 

1 f-v R* îe Sabbat eftant paffé,Marie Magdeleine & 
V_/ Marie mère de laques , & Salomé achetèrent 
b des onguens aromatiques ,. pour le venir embau- 
mer. 
\ Parquoi fort matin, le premier iour de la femaine, 



S Et ON S. MA R C. 



571 



elles arriuerent au fepulcre,le fbleil eftant leué. 

3 Et difovent entre elles , Qui nous roulera la pierre 
arrière de l'huis du fepulcre 

4 Et ayans regardé, elles virent que la pierre eftoit 
roulée : car elle eftoit fort grande. 

5 * Puis eftans entrées dedans le fepulcre, elles virét 
vn ieune homme afsis à main droite , veihi d J vne rob 
be blanche : dont elles s'elpouuanterent. 

6 " Mais il leur dit, Ne vous efpouuantezpoint:vous 
cerchez Iefus leNazarien qui a efté crucifié: il eft 
reiïuicité , il n'eftpoint ici : voici le lieu ou on l'auoit 
mis. 

7 Mais allez , dites à fe s difciples, & a à Pierre, qu J i 
s'en va deuant vous en Galilée . là vous le verrez, 
* comme il vous a dit. 

8 Et elles foudain partans delà s'enfuirent arrière 
du fepulcre*: car tremblement & frayeur les auoit fai- 
tes : & n'en dirent rien à perfonne : car elles auoyent 
peur 

9 *Or Iefus eftant relTufcité , le matin aupremier|j'^°.™vrt 
iourdelafemaine, s'apparut premièrement à Marie V o^gc,ouae 
Madeleine , " de laquelle il auoit ietté hors fept vouant pas 

diables encores eftre 

GiaDieS. \ . ^ recognu. 

io et elle s'en alla , & l'annonça a ceux qui auoyent * Luc 24. 

efté auec lui : lefquels menoyent dueil & pleu- 

royent 

11 Iceux ayans entendu qu'il viuoit, & qu'elle l'a- 

uoit veu, ne le creurent point. 

1 1 Puis après ces chofes,il fe monftra b en autre for-j enfembie"! 

rable. 

affau.àtous 
hommes de 
quelque qua- 
lité Si condi- 
tion qu'ils 
foycnt,au lieu 
qu'à leurprc- 
mict cnuoi il 
les auoit en- 
uoyés vers la 
feule nation 
desluifs. 
*£ leban 20 
15?. 

*Mat.iS.ï9. 
'•'le&S 12.48 



"Mat.iS.x. 
leban 20.12 
'•' Mail. 26, 
32.yiMi4.2g 
x affa. comme 
à celui qui a- 
uoit le plus 
de befoiri de 
conlolariô, & 
qui s cftok 
tome dégra- 
de tant qu'en 
lui auoit cite 
du rang Js 
difciple, en- 
cotes que fit 
foy ne ruft 
entièrement 
défaillis pour 
tant , par la 
gtace du Sei- 
gneur. 

* leban 20. 
<6- 

•îr LucZ.i. 
H Lucxûf 13. 



e aflati.aux A- 
pof>res,au* 
onze difci- 
ples. 
d ou, eftans 



me * à deux d'entr'eux, qui eftôyent en chemin pour) \ 
aller aux champs. 

13 Et ceux-là eftans retournés l'annoncèrent c aux 
autres,mais ils ne les creurent non plus. 

14 ^Finalement il fe monltra aux onze, d eftans en- 
femble afsis, &leur reprocha leur incrédulité & du- 
reté de cœur : d'autant qu'ils n'auoyent point creu 
ceux qui I'auoyent veu relTufcité. 

i? Et il leur dit, * Allez-vous-en par tout le mode, 
cxrprefchezl'Euangileà e toute créature. 
16 Qui aura creu& aura efté baptizé, fera fauué: 
: mais qui n'aura point creusera condamné. 



« affa. félon la 
difpenfarion 
du Seigneur, 
&non com- 
me fi enuers 
tous indiffé- 
remment, il 
deuoicadue- 
nirair.fi- 

* .4fl.i6. 
18. 

[O. 6. 

■fc ^ff.28 S 
« Lac 24, 

5*- 

* Heb 2.4. 
£ vovezLuc 
de l'efficace 1 



1*8 



EVANGILH 



17 Et et font ici les fignes * qui accompagneront 
ceux qui auront creu , * ils jetteront hors les diables 
par mon Nom : '• ils parleront nouueaux langages : 

18 * Ils changeront les b ferpens. Et quand ils auront 
beu quelque chofe mortelle, elle ne leur nuira nulle- 
ment. * Ils impoferont les mains iur les malades, & 
ils reporteront bien. 

19 " Or" le Seigneur Jefm après auoir c parlé à eux, 
fut efleué en haut au ciel : & s'afsit à la dextre de 
Dieu. 

20 Eux aufsi eftans partis prefeherent par tout, * d le 
Seigneur ouurant auec eux , & confermant la parole 
par les fignes qui s'en enfuiuoyent. 



o.rç- c aflTau. à diuerfes fois: ride. 1.2. 
: fon Efprir. 



d. accompagnant leur prédication 




LE SAINCT EVANGILE 



DE NOSTRE SEIGNEVR 



Ief us Chrift félon S. Luc, 



C H A P. 



Vromejfe de la nai/fance de: Jehan Baptifle>adre(fce à Zacba- 
rie [Jon pere 3 ixeria?it la facrificaHtre 9 ro aueevn certain 
cbafJmnt \our \a doute. 16 Mcfla^epar II moyen de 
Fy4nçt Gabriel à la vierge Marie tpanèk à foj.ph , ton- 
chant le S.>uucnr qui deuoil naijlre d'elle. $9 Comment 
elle vijiie cii^abttb Ja cou fine , 46 & met en auant vn 
ex ,'.'e/it t antique. 57 Naijjancede lehan y 67 & le 
cantique de Zaïbarie jon père. 




* Hfemblc 

3r.e ceci fe 
tiiite enten- 
dre de quel- 
ques peribn- 
iîcicuiauoictj 
(irsffe cer- 
tains recueils 
ce 1 hilteire 
dei'Euangilc, 
lefcjiiel.s n cm 
pas'.cfté ce- 
puis recens 

1 fcgiife. S 
jnonp'~.int des 
s autres Euan- 
lo fa- 
ire s, qui or.t 
e.cvit com- 
me on 'eftime. 
apres S. Luc. 
I aiuu. entant 
eue \*iï efié 
en rour & par 
tour conduit 
& adrefie pai 
leS.Efpfic. 

Combien qu'il ne fî>it mention de ce perfennac-e qu'en ceft endroit, & ju commence- 
ment des AcTx-s, firéfaiit-ildouterquecc n'ait efte vn perfor.rage de grande recomman 
dation en l'Egide de ce remps-la'. à Le mot Grec figniné ri'nftrucHon qu'on donnoit de 
vir.e voix , & non pas pat c,'crir ; & Te rapporte pom la plufpari à ce qui precedoit la pfbfW 
fion de lafoy auBapteffnc. t afla.dTicrode le gr3J ; filsd Ar.tipatcr./ ou..|àutoiir.voy« 
Nchem.124» 



Ource que a plufieurs fe font appli- 
qués à mettre par ordre vn récit c'es 
thofesqui ont efté pleinement cer- 
.j) t' fiées entre nous: 
v h î Comme nom ont baillé à cognoi- 
|>f|^g^& itre ceux qui dés le commencement 
^\^£%-/**Jï\ cs Qnt eux i rie f mes veuès 3 &:onrefté 

mir.iftres de Ja parole: 

3 II b m'a aufsi femblé bon 3 après auoir tout cô 
dés le commencement iufques au bout 3 tref-exceiien: 
c Théophile, que ie t'en efc'riué par ordre. 

4 Afin que tu cognoifles d la certaineté des chofes 
defquelles tu aseité informé. 

V temps e d'Herode roy de Iudee, ilyauoitvn 
certain Sacrificateur nommé Zacharie, f du 
hng d J Abia:& fa femme cfloit des filles d'Aaron:&" 



A 



le nom d'îcelle eftoit Elizabeth. 

Et eltoyent tous deux a iultes deuant Dieu,chemî 
nans en tous les commandemens& b ordonnances du î 
Seigneur/ fans reproche. 

Et n'auoyent point d'enfans , à caufe qu'Elizabeth 
eftoitfîeriIe,& tous deux cftoyentfort d auancésen 



140 



Evangile 



« gens debie 
&craignans 
Dieu,cn{ïn- 
ccrité, &non 



iftifi- 



arfeinti 
I 

carions. Ce 
mot fe prend 
pour les fairi- 
étes cérémo- 
nies ordon- 
nées du Sei- 
gneur, tou- 
chant le fer- 
uice extérieur 
eftabli en fi 
Loy. 

c c fans qu'o 
peuft troi'ucr 
rien à redire 
en eux._ 
d Gr. allan- 
tes en leurs 
iours. 

t ou, à fon 
tour. 

/ aff en cefte 
partie dut é- 
ple qu'on nô- 
moitlelieu 
Sainift, là où 
cftoit l'autel 
des parfums. 
g affa.c'u tem: 
pie , au parais 
qu'on appe- 
loitdu peu- 
ple. 

h Gr.dn par- 
fum. 

i G:, crainte 
tomba fur lui. 



8 Or aduint comme Zacharieexerçoitla facrifïca- 
ture deuant le Seigneur, e à fon rang. 

9 Que félon la couftume de la facrihcature,le fort lui 
efcheut f d'offrir le parfum, entrant s au temple du 
Seigneur. 

10 Et toute la multitude du peuple eftoit en prière 
dehors, à l'heure h qu'on offroit le parfum. 
1 r Adonc l'Ange du Seigneur s'apparut à lui , fe te- 
nant du cofté droit de l'autel du parfum, 
il Et Zacharie fut troublé quand il le vid,& i crainte 

faifît. 

1 3 Mais l'Ange lui dit,Zacharie,ne crain pointiM'au- 
tant que ta prière eft exaucée , & Elizabeth ta femme 
enfantera vn flls,& tu appeleras fon nom, îehan. 

14 Et en auras ioye & lielfe , & plufîeurs s'efîouironc 
defanaiffance. 

1 5 Car il fera grand deuant le Seigneur ,&r ne ï boira 
ne vin m ne ceruoife : & fera n rempli du Sain cl Efprit, 
dés le ventre de fa mère. 

16 Et p conuertira plufîeurs ^ des enfans d'Ifrael au 
Seigneur leur Dieu. 

17 Et * ira deuât lui en l'efprit& vertu r d'Elie,'' afin 
Md. 4 y. çp'jj conuertiffe les cœurs f des pères aux enfans, & 

v'StJ ! é 4 ^ es rebelles à la prudence des iuftes, afin qu'il prépare 
k foït qu'il* au Seigneurvn peuple bien r ordonné. 

euft fait priè- 
re pour foi en particu!ier,eibnt induit à cela par IeS.Efprit:on foit qu'il fift prierefim- 
plément pour le reftabiificmenr de 1 Eglife félon fa iharee. / aflàu. pour monftrer çu'il 
feroit particulièrement côfacré au Seigneur, m voyez Lcuit.i 0.9. n c.aura des marques 
extraordinaires en toutes fortes de la vertu de Dieu particulière en lui. o voyez fous ver. 
44. p aiTa.commeir.ltrumentde Lig-ace deDieu. <f ceci monttre que le nom d Ifrael 
pour lors eftant (âincî du cofté du Seieneur,routesfcis entre cepetiple-lail n'y auoitpour 
la plufpar: qu'vne apoftafîe contraire a la vrr.ve pieté, r c. comme vn fécond reftaura- 
reiir de la vérité & pietc,ainfi qu'Elie auoit cfté fufeité de (on temps : & 3iifsi auec vue fin- 
guliere marque c"e îa vertu eu Seigneur en fon miniftere. s comme fi à l'occafion de la 
cor; uption du feruice de Dieu , il eftoit entreuenu vn diuorce des vrais Pères qui auoyent 
embraffê l'alliance au Seigneur.d'aucc leur pofterite,qui s'eftoit indignement abaftardic. 
r ou, dreffé. 



SELON 8. tVC. 



ni 



ï9 Lors Zachariedit à I'Ange,Commétcoe^oiilrai 

iececi? carie fuis ancien, & ma femme eft fort aa- 

gee. 

i>> Et l'Ange refpondantluidit,ïefuis Gabriel qui 

aisifte deu.mt Dieu : & ai efté enuoyépour parler a 

?bi,& ■ l'annoncer ces bonnes nouuelles. 

20 Dont voici,tufer.\s fans par!er,8<r de fait ne pour- 
ras parler iufques au iourqueces chofes aduiendrôt 
d'autant que tu n'as point b creu à mes paroles,qui fe- 
ront accomplies en leurfaifon. 

21 Or eitoit le peuple attendant Zacharie,& s'ef- 
merueilloyent de ce qu'il tardoit tant au temple. 

22 Et quand il fut forti , il ne pouuoit parler à eux 
lors ils cognurent qu'il anoit veu quelque vifion au té- 
ple: car il le leur donnoit àentendre par figues : & de- 
meura muet. 

23 Et aduint que quand les iours defon miniftere 
furent ac heués, il c retourna en fa maifon. 

24 Et après ces iours-la, Elisabeth fa femme con 
tetft, & fecachoitparl'efpacede d cinq mois, comme 
di.anr, 

25 Certes le Seigneur m'a faitainfie's iours efquels 

regardee,pour oiter e mon opprobre d'entre les 
hommes. 

26 Or au f fîxieme mois l'Ange Gabriel fut enuoyé 
de Dieu en vne ville de Galilée laquelle auoit nom 
Nazareth, 

27 " Vers vne vierge fiancée à vn homme, qui auoit 
nom ïo'eph. de la maifon de Dauid: & le nom de la 
Vierge eftwit Marie. 

28 Et l'Ange eitant entré ° au lieu où elle eûolt, lui 
idit,Bienteibit,fl«*« h receue en grâce. LeSejgneur 
e,; auec toi tu chenille entre les femmes. 

29 Et quâcl elle /'eut veu,elle fut fort troub!ee,à cau- 
fe des paroles d J icelui:&penfoitenelle-mefme quelle 
efroit cefte falutation. 

30 Adonc l'Ange lui dit, Marie, ne crain point: car 
tu as trouué çrace deuant Dieu. 

D * Mat.i.i9. 

aflau. d'autant que félonies bcncdi<ftions temporelles celles qui eftoyent Hcriles , e- 
ftoyenr moins honorées. / affau. du terme quElizabcthauoit commence à eftrc encein- 
te, g Gr. vers elle, h ou, 1 agréée: ou, qui as receu grâce. 



« Gr. t'euin- 
gelizer c« 

chofes. 
b c. d'autant 
que tu n'as 
Cas reccu (i 
Franchement 

mon mcffjge 
que tu dc- 
uois. 

c Qbclques- 
vns rccucillct 
d h i que les 
Sacriftcatettri 
ne fe tenaient 
auec leurs 
femmes durât 
le :emps au- 
quel il leur 
faloit rendre 
leur feruice 
au temple. 
d alf non co- 
rne par def- 
fianre .mais 
peuir ne fe 
rendre aufii 
prefomprueu- 
fc,en attendit 
que loccafio 
sauançaft da- 
uantage de 
recognoiftre 
la grâce du 
Seigneur. 
Il fepeut fai- 
re au, m' que 
ceci fe rap- 
porte à la 

ci;flumc des 
femmes cn- 
ceii tes pour 
lors en Ifrael, 
lefqueîles gar 
doyent ain/î 
la maifon du- 
rant la pluf- 
part de leur 

rofTcfle. 



I4t 



Ev A N G I L B 



'• Mif.I.2 1 

« c. il fera 
tel, à la véri- 
té , & pour 
ici il fera re- 
cognu. 
*EJk.?;% 



31 Et voici, * tu conceuras en ton ventre, &renfan> 
teras vn fils >' & appeleras ion nom hsvs. 
3 z Icelui fera grand, & a fera appelé Fils du Souue- 
rain , & :î le Seigneur Dieu lui donnera le throne de 
Dauid Ton père. 

33 Et il régnera fur la maifon de Iacob eternelîemét, 
* & n'y aura nulle fin à Ton règne. 

34 Lors Marie dit à l'Ange , Comment fe fera ceci, 
veu que b ie ne cognoipoiiitri homme? 

^5 Et l'Ange refpondantluidit , Le (air <5tEfpritfur- 

uiendra en roi, & la vertu du Souuer un t'enombrera, 

dont cela aufsi quinailtra^/<?/' (ainct, fera appelé le 

Fils de Dieu. 

36 Et voila, Elizabeth ta couiine,elle aufsi aconceu 

vn fils en fa vieillerie . &ce mois icieitle fixieme à 

celle qui eftoit appelée ltetile. 

3 7 " Car c choie quelconque fera impofsible à Dieu. 

33 Et Mciriedit,Voicilaicruanre du Seigneur: qu'il 

me foit fait félon ta parole. Ainfï l'Ange fe partit 

d'auec elle. 

39 Or en ces iours-Ia Marie feleua, & s'en alla d ha- 
ihuementaupaisdes montagnes, en vne ville de lu- 
da. 

40 Et entra en la maifon de Zacharïe , & falua Eli- 
zabeth. 

41 Et aduint que fi toft qu'Elizabeth eut oui la falu- 
tatioti de Marie , le petitenfant treflaillit en fon ven- 
tre, & c fut Elizabeth remplie du S Efprit. 
41 Ets'efcria à haute voix, &d't. Tu es bénite entre 
les femmes, & bénit ejt lefruift de ton ventre. 

43 Et d'où me vient ceci, que la mère de monsei- 
gneur viene vers moi ? 

44 Car voici , incontinent que la voix de ta faluta- 
tion eft\ paruenuë à mes oreilles, le petit enfant a 
2 trefTaiîli de iove en mon ventre. 

45 Or bien-heureufe efi celle qui a creu : car les 



14 & 2-7- 

" /'?■. 32.17 
b ou, ien'ai 
point cognu 
c homme: 
©Ujieneco- 
gnoiftrai 
point cThom 
nie :affa. d'au 
tant qu'elle 
prcuoyoit 
par ciprit 
prophétique 
que cefie co- 
ception ne 
pouuoit eftre 
naturclk,âirrs 
fùrmontoit 
par excellen- 
ce tout cequ 
peutaduenir 
i'elovt le cours 
de nature. 
e Gr.parole 
quelconque 

ne fera impofsible entiers Dieu c! ou , en diligence, e c receut vne infpirarion diuî- 
îie , pour rendre rcfmojgnage de te miracle fi i'-.comprehenfible de ! incarnation du Sau- 
r.cur. f Elle l'appelé mère de <bn Seigneur, entant que celui ' ui eftoit petit enfant 
peur lors au ventre de la vierge Ma r ie eft vne feule perfonne^afTi. le Fis de Dieu ma;:ife- 
fté en chair, g aflàu. par vn mouuement extraordinaire , comme fi Iehan tout petit qu'il 
eftoitye'uft corinicncé à rccognSjftrje ion Seigneur en peribanç. 



SBtON 3. IYC 



-LU- 



chofes qui lui ont elle dites a parle Seigneur, auront * i>^« p«ic 
accompliilement. {on Ange: 

46 Adonc Marie dit , Mon amc magnifie le Sei-|fi"verf.jo. 
gnenr: 

47 Et mon efprit s'eft efgayé en Dieu qui eft mon 
Sauueur. 

48 Car il a regardé la petitefTe de fa feruante : voici, 
certes dorefnauanttousaages me diront bien-heu- 
re ufe. 

4P Car le puiffant m'a fait chofes grandes , & fainft 
eitfon Nom. 

50 Et la mifericorde eft de génération en gênera 
tion, à ceux qui le craignent. 

51 * b 11 a befongnépuillammentparfon bras,ila 
difsipé les orgueilleux en lapenfeecfeleur cœur 
çz II a mis bas de leurs thrones les puiflans,& a eile- 
uélespetis. 

53 v 11 a rempli de biens ceux qui auoyent faim : il a 
renuoyé les riches vuides. 

54 * Il a c receuen protection Ifrael fon feruiteur 3 
afin d'auoir fouuenance de fa milericorde. 

55 * (Selon qu'il en a parlé à nos pères, ajfauoir à A- 
braham & à fa poiterité ) à iamais. 
55 Et Marie demeura auec elle , enuiron trois mois, 
puis s'en retourna en fa maifon. 
$7 Or le terme d'Ehzabeth fut accompli pour en- 
fanter : & elle enfanta vn fils. 

58 Et /h circonuoiiîns,&fesparensnyans entendu 
que le Seigneur auoit amplement déclaré fa mife- 
ricorde enuers elle , ll s'en reiiouïfïoyent auec el- 
le. 

59 Et aduint qu'au huictiemeiour ils vindrent pour 
circoncir le petit enfant, &l'appeloyent Zacharie du 
nom de (bn père. 

60 Mais fa mère print la parole , & dit , Non : mais il 
fera nommé Iehan. 

61 Et ils lui dirent, Il n'y a aucun en ta parenté qui 
foit appelé de ce nom. 

éi Lors ils firent fîgne au père d'icelui qu'il declarajl 
comment il vouloir qu'il fnft nommé: 
<*3 Lequel ayant demandé vnes tablettes,efcrniit 3 di- 



b C'cft com- 
me vue pro- 
phétie tou- 
chant le re- 
nôuuclle- 
nient dclE- 
glife , cjui fe 
rapporte au 
cantique 
dAnne mère 
de Samuel- 
* £ja 52.10. 
'•' 1 Sam. 2. 

c^4>. 9. éf 
5 1 5 àfr.ji- 
5. & 20. 

c ou, rclc- 

ué. 

d c. pour 

montrer 

qu'il auoit eu 

fouuenance. 

•£ Genef.Tj. 

19.& 2:. 16. 

u Siuver.14. 



>3. 



ver. 



* c. la vertu 
extraordinai- 
re du Sei- 



*44 



fant, * ïehaneltlbnnom 

ueillés. 



V A N G I L E 



Dont tous furent efmer- 



64 Etàrinftant fa bouche futouuerte, & fa langue 
efe/Z/>e,teIlement qu'il parloit en louant Dieu 
6% Dont crainte furuintà tous leurs circonuoifins, 
&toutes ces paroles furent diuulguees par tout le 
pais des montagnes de Iudee. 

66 Et tous ceux qui les entendirent/^ mirent en 
leur cœur, difant, Que fera- ce de ce petit enfant ? Et 
la a main du Seigneur eftoitauec lui. 

67 Lors Zacharie fon père fat rempli du S. Efprit, & 
:>rophetiza,difanr, 

noi-t U a r co-° n " r 8 Bc , nit &!* Ie Seigneurie Dieu d'Ifrael, de ce qu'il 

gnoirtrefûr a vifité & fait deliurance de fon peuple. 

enfance f °" ^ Et nous a en " eu é ^ b corne de (àlut en la maifon de 

* c.hforce c Dauid fon feruiteur. 

n P ui{Ta . n " 7° v A inlî qu'il en a parlé par la Couche de fes fain&s 

«""7! ' Prophètes, q ui ont elle d de tout temps. 

c aflàu. en la 71 Que nous feriôs fauués d'entre les mains de e nos 

Sauueur , du- 
quel la vierge 
eftoirencores 
enceinte 
p~urlors. 

VIY74.12. 

Jtr^.6. 
d Gr.désle 
fîecle. 

e aflau.prïn- 
cipa'ement 
cfe la puiifan- 
ce de Satan, 
&dupcchc> 



1 [ennemis, & de la main de tous ceux qui nous haïf- 



fent, 

72 Pour f faire mifericorde enuers nos pères , Ôca- 
uoir mémoire de fa faindle alliance: 

73 *£>jù eft le iurement qu'il a iuré à Abraham no- 
ltre père: 

74 Jfjhwir qu'il nous donneroit , qu'après eltre deli- 
urés delà main de nos ennemis , nous luiferuirions 
fans crainte, 

7? * En fain&eté & iultice deuant lui, tous les iours 
de noltre vie. 

76 Et § toi petit enfant,tu feras appelé le Prophète du 
Souuerain:car tu iras deuât la face du Seigneur, pour 
apprefter h fes voyes. 

77 Et pour donner cognohTance du falut à fon peu- 
ple,par la remifsion de leurs péchés : 

78 Par les entrailles de la mifericorde de noltre 
J 5- I 

/ afiau. d'autant que l'entier accomplifiement de la promeffc , à laquelle ils s'cftoycnt atte- 
dus,pèndoit infques au temps de lelusChrift, mais non pjs l'effet!:, g Zacharie adreffe 



^ du pc 
&deîa 



chair. 



t7f».T2.3. 



& 17. "4.0* 
22. \6.Heb. 

■fc 1. Pier. 1. 



fon propos à I 
compliffcmen 
entrée. 



han Ton fi!s, comme s'il remarquoit femblablement en lui défia le plein ac- 
de ce qui lui auoit cfté reuelé. h ou,fon chemin : comme qui diroit , fon 

Dieu, 



«jT.ON 4. 1YC 



JU1 



Dieu , defquelles nous a vifité * a l'Orient d'en- 
haut : 

7 9 Afin qu'il rcluife à ceux qui font afsi s b en tene 
bres & en ombre de mort : pour adreifer nos pieds, au 
chemmdepaix. 

80 Et le petit enfant croiiToit, & eftoit fortifié en 
efprit : & fut c es deferts iufqu'au îour qu'il deuoit 
eitre d manifetfé à Ifrael. 



C H A P. 



I I. 



le fus Qmft naïjl en Betblebem , 8 y eft recogiupar des ber 
grrsadreftés par les Anges, 21 esl circoncis, iz puis fé- 
lon la Loy pre fente au temple , z<} où il eft recognn par 
Simon, 35 & par ^inne la prophète]] e : ^6 enapm u 
■ eft retrouuêen l'aage de dou^e ans entre les Douleurs y où 
il r endoit tefmoig/îage de fa ]apïençe pins que fupernatu 
relie. 

1 ^x R aduint e en ces iours-la quVnedit futpu- 
VJ blié de la part de Cefar Augulte , que tout ( le 
monde fuftenroollé. 

1 ( Celte première defeription fut faite,lors que Cy- 
renius auoit le gouuernement de Syrie.) 

3 Ainfitous aljoyét pour ettreenroollés,vn chacun 
1 en fa ville 

4 Iofeph aufsi monta de Galilée en Iudee , affauoir de 
la ville de Nazareth v en la cité de Dauid, qui elt ap- 
pelée Beth-lehem ( à caufe qu'il eltoit de la maidbn & 
famille de Dauid) 

5 Pourelhe enroollé auec Mariera féme h qifi lui a- 
uoit efté fiancee,Iaquelle eftoit enceinte. 
é Et aduint comme ils eftoyent 1 à,que J le terme d'i- 
celle pour enfanter fut accompli. 

7 Et elle enfanta k fon fils * premier né,& l'emmaillo- 
ta, & le coucha en vne crèche , à caufe qu'il n'y auoit 
point de place pour eux en Pholtellerie. 

8 Oryauoit-ilen la mefme contrée des bergers cou 
chans aux champs, & gardans les veilles de lanuift 
fur leur troupeau. 

lequel 



12. 

GJiii 

qui nous eft 
leue d'en- 
Juur,rffa du 
cichtomnie 
celle compa- 
rai ion efunc 
prinié des 
Ptxphetcs 
pour magni- 
fier 1 enuojr 
du Seigneur. 
£ voyez 
Matth-4.i6. 
c voyez 
Matth.j.j. 
d ou, donc à 
cognoiftre. 



> qui lui auoit cfté baillée à femme. ; Gr. les iours. k c. deuant 
>oiut eu d'eafaus 3 comme aubi elle n'en a point eu depuis. 



c. enuirorl 
ces temps-là. 
affau. enuiron 
fix mois âpre* 
la naifiince 
de lehan. 
f aflàu.tous 
ceux qui c- 
ftoyent fous 
l'empire Ko- 
main, qui c- 
ftoit vne 
bien grande 
partie du 
Monde. 
•' Jelwn 7. 
41. 

g c. affau. 
['autant qu« 
les peuples 
qui auoyent 
encorcs leurs 
origines fé- 
lon leurs tri- 
bus, fe fai- 
foyent ainfl 
recognoiltre 
en la ville d« 
leur tribu. 
H Matth. r. 

elle n'auort 



. ou, là gloi- 
re. 
Gr. ils 

craignirent 
«ie cuiate. 

€ Gr. euau- 
gelizç. 



I4l 



i voyez Ge- 
nef.2.1. 



ou,& bien- 
vueillance 
aux hommes: 
ou entiers les 
hommes de 
bié-vueillâce: 

bien vou- 
lus & fauo- 
rifez par le 
Seigneur. 
f ou, en dili- 
gence. 
g ou,les ra- 
portant les 
rncs aux au- 
tres 

* Gett.ijiz 

Jehan n^z. 

• Matt-i 21. 
Sut i.;i. 

** Leui.iz.6. 

ou , d'i- 
ceux-.enceci 
eftant coprin- 
fe la perfonne 
de noftre Sau- 
ueur,entant 
qu'il lui a 
pieu ainfi ac- 
complir toute 
îuftice, & non 

fiuil euft be 
oin d'aucune 
purification. 



JE V A N G I t B 



9 Et voici l'Ange dh Seigneur furuint vers eux,& a la 
clarté du Seigneur revendit autour d'eux,dont b ils 
furent fai/ïs cP vne fort grande peur. ' 

10 Adonc l'Ange leur dit, N'ayez point de peur : car 
voici, ie vous c annôcc vne grande ioye, laquelle fera 

tout le peuple. 

i Celt qu'auiourd'huienla cité de £)auidvousefl 
né le Sauueur, qui eft Chriit le Seigneur. 
U Et vous aurez ces enfeignes , c'eir que vous trou- 
uerez le petit enfant emmaillotté , & gifant en vne 
crèche 

13 Etfoudain auec l'Ange il y eut vne multitude des 
" armées celeftes loiians Dieu, & difans. 

14 Gloire foit à Dieu es deux très-hauts , & en terre 
paix c enuers les hommes, bonne volonté. 

[5 Et aduint qu'après que les Anges s'en furent ai- 
es d'auec eux m cid,ces gens-la aff'aimrjes bergers,di- 
rent entr'eux, Allons donc iufqu'enBeth-lehem,& 
voyons celle çhofe qui ell aduenue, que le Seigneur 
nous a notifiée. 

16 Ils vindrent donc f à grand' halte , & trouue- 
rent Marie Ôc Iofeph , & le petit enfant gifant en 
la crèche. 

17 Et quand ils l'eurent veu,ils diuulguerentce qui 
leur auoit elté dit touchant cepetit enfant. 

Dont tous ceux qui les ouïrent s'efmerueillerent 
des chofes qui leur eftoyent dites par les bergers. ' 

19 Et Marie gardoitfoigneufement toutes ces cho- 
fes,s les ruminant en fon cœur. 

20 Puis après les bergers s'en retournèrent glorifias 
& loiians Dieu de toutes les chofes qu'ils auoyent 
ouïes & veuësjfelon qu'il leur en auoit elté parlé. 
zi Et quand * les huit iours furent accomplis pour» 
circoncir l'enfant, adonc fon nom fut appelé I e s v s, 

lequel auoit elté nommé par l'Ange de uat qu'il fuit 
conceù au ventre. 

Et quand * les iours de la purification V d'icelle 
furent accomplis felonla Loy de Moyfe,ils le por- 
tèrent en Ierufalem pour le prefenter au Sei- 
gneur. 



SEL ON s. trc. 



SâL 



* £xo. ij. t. 
nom.%.\6. 
'•■ Le»;. 12.8. 

* ou, dcuo- 
ticux. 

b c. la mani- 
feftation du 
Saui;eur:cô- 
nie Selon les 
prophéties, la 
failbn en de- 
uoit cftre rc- 
cognuc pour 
lors entre les 
fidèles, 
c G r. vint en 
l'Efprit. 
d c. Iofeph 
le mari de la 
vierge , qui 
eftoic tenu 
pourleperc 
de Iefus 
Chrift : fous 

J.2?. 

* P/To8.2. 
€fa. 52.10. 

c. en repoj 
afreurcdcla 
vie éternelle. 
■î-fytf.42.6. 
&$9. 6". 
f c. celui par 
lequel tu do- 
neras deliura- 
ceàtôEglife. 
" £/à.8.I 4 . 

i.Pier.i.y. 

g comme qui 
diroit , vne 
bute contre 
laquelle cha- 
cun viiêra- 
h c. Toi la 
mère en fe- 
ras étrange- 
ment naurec 
en ton cœur: 
a{Ta.afsiftant 
mcfmes à la 
mort d'icc- 
lui. 

» Gr.auanc«« 
en plusieurs 
iours. 



23 ( Côme il eil eferit en la Loy du Seigneur, * Que 
tout malle ouurantla matrice, fera appelé fainct au 
Seigneur:) 

24 Et pour offrir Toblation , feloo qu'il cil dit en la 
Loy du Seigneur ,aJ]auoir 3 Vne paire de tourterelles,ou 
deux pigeonneaux. 
'25 Or voici, il y auoit vn home en Iemfale qui auoit 
nomSimeon : ceit homme eltoit iufte& a craignant 
Dieu, lequel attendoit b laconfolationd'Ifraelj&lc 
fainét Efprit eltoit fur lui. 
16 Et il auoit cite aduerti diuinement parle faincl 
Efprit,qif il ne verroit point la mort que premièrement 
il n'euil: veu le Chriil du Seigneur. 

27 Icelui c efhntmeu par rEfprit vint au temple: & 
comme d le père &: la mère portoyent dedans le petit 
enfant Iefus , pour faire de lui félon la coultume de la 
Loy: 

28 II le print entre Ces bras,& bénit Dieu,& dit^ 
25? Seigneur,tu laines maintenant aller ton feruiteur 
• en paix félon ta parole. 

30 Car mes yeux * ont veu r ton falut: 

31 Lequel tuas préparé pour cjlrc mis deuant la face 
de tous les peuples. 

32 t Lumière pour J'efclarcilTement des nations, & 
la gloire de ton peuple Ifrael. 
33" Et Iofeph & la mère d'icelui s'efmerueilloyét des 
chofes qui eltoyent dites de lui. 

34 Et Simeon les bénit, 8c dit à Marie mered'icelui, 
Voici, " ceftui-cy eil mis pour le trebufehement , & 
pourlereleuement de plufieurs en Ifrael,&pours vn 
figne auquel on contredira. 

35 (Et mefmes aufsi h vne efpee percera ta propre 
ame, ) afin que de plufieurs cœurs les penfees foyent 
defcouuertes. 

35 llyauoit aufsi An ne la prophète (Te, fille de Pha 

nuel , de la lignée d'Afer ; laquelle eltoit ia J auancee 

en aage , & auoit vefeu auec fon mari fept ans depuis 

fa virginité. 

37 Et icelleeihntvefue d'enuiron quatre vingts & 

quatre ans , ne bougeoit du temple,feruant à T>kn en 

ieufncs & oraifons, nuicl; & iour. 

■ _ K ij 



uS 



y a w c i i g 



«aflau. entant 
que .c corps 
humain pre- 
nant ion, ac- 
cr tfflement 
pa laage,ii 
tenloit lame 
ti it ptos di- 
lpolce î uc- 
îro. ;'t cr les 
effe#s de ls 
nature diui- 
nc,à laquel- 
le cite cttnc 
vnic peribn- 
neilement. 
* >eut. \6. 
16 . 

b a^au. Io- 
feph & Ma- 
rie , ayans »■ 
meic Ieius 
auec eux. 

aflau. de 
ceux de Na- 
zareth, en tant 
que les Ifrae- 
lites alloyent 
ainft . ar trou- 
pes aux reftes 
iblemielles 
en Ierufâlem. 
d comme qui 
«liroit , E- 
floyenttous 
rams en ad- 
m ration 
e alfa. Iofeph 
& Marie. 
/ c ils ne 
comprindrét 
point iul- 
ques où s = e- 
ftendoitvne 
telle refpon- 
ce, encore 
que ni l'vn 
ni '.autre ne 
fuflent is>no 
rans del. ve- 
nte de la 
pe :(onne d'i- 
ccliii. 



38 Cefte-ci donc eihnt iuruenue en cemeime ïn- 

ih:.t, loùoit aufsi de fa part le Seigneur, & parloic 

de lui à tous ceux qui attendoyent la deliurance en 

ltrufalem. 

19 Et auand ils eurent accompli tout ce qui efr félon 

la Lov du Seigneur , ils s'en retournèrent en Galilée, 

en N azareth leur ville. 

40 Or le périt entant * croilToit & fe fortifioit en 
efbrit , eftant rempli de fapience : & la grâce de Dieu 
elioitfurlui. 

41 Or fon père & fa mère alloyent tous les ans en 
lerufalem, * à la feite de Pafque. 
4z Lui donc eftant venu en Pdage de douze ans , co- 
rne b ils furent monte's en lerufalem félon la couftu- 
me de la fefte : 

43 Quand ils eurent accompli les iours de la fefte, 
eux s'en retournans , l'enfant Ielus demeura en Ieru- 
fâlem,. & Iofeph , & la mère d'icelui ne s'en apperceu- 
rent point. 

44 Mais eftimans qu'il eftoit c en la compagnie, ils 
cheminèrent vne iournee :& le recerchoyent entre 
leurs parens & ceux de leur cognoiiTance. 

45 Et ne le trouuans point 3 ils s'en retournèrent en 
Ierufalem,le cerchans. 

45 Et aduint que trois iours après ils le trouuerent 
au temple afsis au milieu des docteurs, les efeoutant, 
&les interroguant. 

47 Dont tous ceux qui l'oyoyent/ s'eftonnoyent de 
fa fapience & de fes refponfcs. 

48 Et quand e ils le virent, ils sillonnèrent, & fa 
mère lui dit, Mon enfant, Pourquoi nous as-tu ainfï 
fait ? voici , ton père & moi te cerchions efhns en 
grand' peine. 

4«p Adonc il leur dit, Pourquoi eft-ce que vous me 
cerchiez? ne fauez-vous pas qu'il me faut eftre oc 
cupé es affaires de mon Père ? 
50 Mais f ils n'entendirent point ce qu'il leur di 
foit. 

? 1 Adonc il defeendit auec eux,& vint en Nazareth: 
& leur ehVit fuiet, &fa merc contregardoit toutes 
ces paroles-là en fon cœur. 



m oN s. ire, 



U9 



fi Et Tefus s'auançoit enfapience ^flataire, 8c en 
grâce enuers Dieu & les hommes. 

C h a p. i i r. 

Miniflere, 7 prédication, 9 & emprifonnement de Jehan 
Baptijte. 1 r fcfits Cbtifi baptisé par icelui , rei oit té- 
moignage du ciel. 23 Généalogie naturelle du Seigneur, 
en remontant iufques à ^Adam. 

x /^\R l'an quinzième de l'empire de Tfoere Ce- 
v_ ) iàr,lors que Ponce-Pil ire eftoit a gouucrnei'r 
en Iudee,& qu'Herode eftoil b tetrarque en Gi'ilee,& 
fon frère Philippe pareillement retrarque enlacon 
tree d'Ituree, & de T rachonite, & ty iànias tetrarque 
en Abilene : 

1 Sous* Anne &:Caiphe c fouuerains Sacrificateurs 
- la parole de Dieu fut adreffee à IchannlsdeZacha 
rie,au defert. 

3 Et il vint en toute la contrée d'alentour le Tor- 
dain , prefehant le Baptelme de repentanceen remil 
iion des pèches. 

4 Comme il eft eferit au liure des paroles dEfaie le 
Prophète , difant, x La voix de celui qui crie au de 
fert, efl, Accouftrez le chemin du Seigneur ^drelfez 
fes fentiers. 

5 Toute vallée fera comblée , & toute montagne & 
coftau fera abbai!Té 5 8c feront les chofes tortues faites 
droites, & les chemins raboteux feront a:-planis: 
tf Et * toute chair verra e le falut de Dieu. 

7 Ildi^oitdonc aux troupes qri venoventpour eflre 
baptizés de lui, ' Engeances de vipères, qui vous a a 
uifés de fuir l'ire qui eft à venir? 

8 Faites des frirctsconuenables à repentanceA r ne 
vous prenez pointa dire en vous-mefmes, Nons a- 
uons Abrahnn pour père, car ie vousdi . que Dieu 
peutmefm.ment de ces pierres-i ci, faire iourdre des 
enfant à Abraham. 

9 * Or elHa mcfmela coigneemïfe à la racine des 
arbres : parquoi tout arbre qui ne fait bon fruicl:, s en 
va eftre coupé,& ietté au feu. 

ment de fon Sainftfrprit pour «x/iccr fa charge, t wpt fus 2. jo. 

! * ni 



que le ijuar- 
tiei in; nom- 
me prp| c- 
ncnt la io- 
dée . an ;ic 
ft\ ofte au 
■îls aifnc c 
Hcrodc cV re- 
cuit •ou% va 
1 ne* 
I pi .i- 
u'.ie-. 

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trient ^ 
Je la 1 'aidât- 
nc. 

* Wc7.4 «. 
'•' M m - 1. 
M . -.•.4. 

K -fa. + ( 3. 

M mk. \ i r 

H** 1. ?. 

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P/i. 2.10. 
u M^f .3.7. 

* 2-.'?. 

'autant 

qu'en U con- 
iv.fion Hc ces 
nins-la An- 
r 5: ( jiplie, 
beaupeit & 
ge dre, • tii- 
riftro\eir 1» 
fouiicrjjne 
(âcnrîcjture 
tour à 'r-ur, 
ouautrei éc, 

& P '• !l ClC 

deuât .opre- 

i-uva 

:' ni fi UUC- 
in Sacrifie* 
ur. vovez 
rfcan n.îr. 

* M n o. 

s il 

lui i»UU •• li 

t. le n Uc 
pÂuicLUiere- 



aflau.poirr 
euiter ce iu- 
gemcnt de 
Dieu dont tu 
nous mena- 
ces. 

* Mat.3.11. 
Marc 1.8. 
lebam.26. 
Acl. \.$. 

Il ne con- 
damne point 
le train de re 
ceuoir les 
péages: mais 
remarque la 
corruption 
qui y étroit 
ordinaire. 

Il ne con- 
damne non 
plus ceftevo- 
cation 3 moyé- 
nanti qu'elle 
foit reiglee 
comme il ap 
parti car. 

aflkû. félon 
qu'ils pou 
uoycnt auoir 
vue cognoif- 
fmcç confufe 
de h venue 
du Mefsias. 

Mat.^.iz. 

ou, l'on 
van. 

f Ceci cft dit 
pour com 
prendre com- 
me en fom- 
mairc le 
cours du mi- 
nistère de 
Iehan, lequel 
a duré enui- 
ron vnan. 

Marc 6.1 y. 

Marc r . 9. 
Jçban 1.32 

■ MjK.r.i, 



I£D_ 



E V A N G I L g 



10 Adonc'Ies troupes l'interroguerent , difans , Que 
a ferons-nous donc? 

11 Lui refpondant leur dit,* Que celui qui aura 
deux robbes , en eilargiffe à celui qui n'en a point : & 
qui a à manger, face le femblable. 

1 2 Et il vint aufsi des peaçers pour efrre baptizez, & 
ils lui dirent,Mailtre,que ferons-nous? 

13 Et il leur dit, b N'exigez rien outre ce qui vous eft 
ordonné. 

14 Les gendarmes aufsi ftnterroguerent, difans , Et 
nous que ferons-nous? il leur dit , c N'vfez point de 
coneufsions , & ne circonuenez perfonne , ains con- 
tentez-vous de vos gages. 

1 ? Et comme le peuple attendoit , & que tous pen- 
foyent à Iehan en leurs cœurs, d s'il ne feroit point le 
Chrift. 

1 6 Iehan print la parole , Se dit à tous, v Vrai elt que 
ie vousbaptized'eau:mais il en vient vn plus fort que 
moi,duquel ie ne fuis pas digne de deflier la courroye 
des fouîiers , c'eft celui qui vous baptizera dufainct 
Efprit 8c de feu. 

17 v Ila e fa pale en fa main, & il nettoyera toute net- 
te fon aire , 8c aiïemblera le froment en fon grenier, 
mais il brullera entièrement la paille au feu qui ne 
s'efteind point. 

18 Ainfi donc admonneftant aufsi de plufîeurs au- 
tres chofes, f il euangelizoit au peuple. 

19 * Mais I-îerode le tetrarque , eftant repris par ice 
lui, à caufe d'Herodhs femme de Philippe fon frère, 
8c de tous les maux qu'il auoit faits, 

20 Adioufta encores par deiTus. tous les autres ceftui- 
ci,c'</? qu'il mit Iehan en prifem. 
2i * Or aduint que comme tout le peuple eftoit ba- 
ptizé,Iefus aufsi efhntbaptizé, 8c priant, le ciel s'ou 
urit : 

2i Et le faincl Efprit defeendit en forme corporelle 
fur lui, comme vne colombe, 8c il y eut vnevoix du 
ciel,difant, Tu es mon Fils bien-aimé, i'ai prins en toi 
monbonpîaihr. 

23 Et Iefus commençoit d'eftre enuiron de trente 
ansjfilsfçomme on l'eitimoit)de Iofephj ■ fis d'Heli; 



EI9N 5t IYC. 



ut 



14 Fils de Matthat , fils de Leui,fils de Melchi ,fls de 

Ianna,^/idelofeph: 

Z5 Fi/s de Matthatie,J?/j d'Amos,/?Ade Nahum,jÇ/* 

d'Hefli,?AdeNaggé: 

atf Fils de Maath,JîA de Matthatie^A de Semei^A de 

Iofeph,j?A de luda : 

27 F/A de lohanna, fils de Rhefa, fil* de Zorobabel ,fîk 

de Salathiel,//A de Neri : 

8 Fils de Melchi,jî/j d* Addï,fils de CofamjîA d'Elmo- 
dam,J?AdeEr: 

ip Fils de lol'éyfih d'Eliezer, fi ls de Iorim 3 fils de Mat 
that,J?AdeLeui: 

30 Fils de Simeon^/s de luda,/?/* de Iofeph/A de Io 
nao/AdEliakim: 

3 1 F/A de Mdca,fils de MaïnanjîA de Mattatha^A de 
Nathan ,//A de Dauid: 
3 2 Fils de IefTé, //A d'Obed,fi!s de Booz fils de Salmon, 
jf/s de Naaifon : 
3 ; Fils d' Aminadab ,/A d'Aram ,fils dEfrom , j?A de 
Pharez^Adeluda: 
3 4 F/A de Tacob ,fils d'Ifaac , fils d'Abraham, a fils * de 
Thara, /zAdeNacnor: 
3 5 Fils de Sarug , jîA de Ragau ,fils de Phaleg ^A de 
Heber,J?AdeSaIa: 

3 £ F/A de Caïnan,j?A d'Arphaxad, '•' fils de Sem, fils de 

Koé^i de Lamech : 

3 7 Fils de M athufala, j?A d'Henoch^A de Iared,j?A de 

Mahalaleel,jîA de Caïnan : 

3 8 Fils d'Enos, fils de Seth^A d'Adam 3 qui fut créé de 

Dieu. 



C H a p. 1 1 1 1. 

Le Seigneur après auoir iuÇnè quarante iours , eft expofé h 
certaines tentations , lefquelles il Jitrmonte toutes, 1 6 co- 
mence à exercer jon miniïtcre par l'expofition de ÏFjcri- 
ture , 24 reproche le mespris de ja parole, 3 3 deliure 
vn démoniaque, 3 8 guérit la belle mère de Vierre de la. 
fieure , 40 & plusieurs autres malades & trauaillés de.s 
écrits malins, 

K iiij 



S. Luc re- 
monte ici 
iufquesàA- 
dam , par les 
vingt généra- 
tions qnifc 
rroiuienr en- 
tre Abrdham 
& Adam,pouc 
nous faire car, 
mieux rcro- 
gnoiftre en la 
nature hu- 
maine du Sei- 
gneur la com- 
tnuaauté qu'il 
lui a pi eu a 
uoir auec tout 
le genre hu- 
main. 

• Gm.^.%, 
é-fuiuant. 



* Matt. 4. 1 
Marc 1 . 1 1. 

« Gr. en, on, 
par 1 Efprit; " 
ainfî au ver 
14. 



Deut.%.3. 



* Deater.6. 
13.& 10.20 
r.fam.j.}. 



tP/^i.u, 



ïDeut.6.16. 



y voyez Iehâ 
14.30. 



c on, ma- 
gnifié, exalté. 
3* Ma». 13. 
$<\.tnarc 6.x. 
lehan 4. 43 . 



ija 



TV 



A N G I t E 



* O R Ief ^P Ieinciu ^ma: Efprit s'en retourna " ' 
vy de deuers le Iordain,& fut mené 3 parila ver-| 
tudeTE^pritaudefert. 

2 Et là fut tenté du diable par quarante iours, & ne 
mangea rien du tout durant ces iours-Ià: mais après 
qu'ils furent paffés,finalement il eut faim. 

3 Et le diable lui dit , Si tu es Fils de Dieu , di à ce- 
lte pierre-ci qu'elle deuiene pain. 

4 Et Iefus lui refpondit , difant, '•' Il eft efcrit,Que 
l'homme ne viura point de feul pain, mais de toute 
parole de Dieu. 

Adonc le diable l'emmena en vne haute montagne, 
& lui monllra en vn momét de temps tous les royau- 
mes du monde. 

6 Et le diable lui dit , le te donnerai toute cefte puif- 
fance des royaumes & leur gloire :car elle m'eit bail- 
lée, & ie la donne à qui ie vueil. 

7 Parquoi fi tu te veux profterner deuant moi , tout 
fera tien. 

8 Mais Iefus refpondant lui dit , Va arrière de moi, 
Satan : car il eh: eferit, * Tu adoreras le Seigneur ton 
Dieu,&.à lui feul tu feruiras. 

9 II le mena aufsi en Ierufaîem , & le mit fur les cré- 
neaux du temple,& lui dit, Si tu es Fils de Dieu, iette 
toi d'ici en bas. 

10 Car * il eft eferît , qu'il donnera charge de toi à 
fes Anges pour te contregarder: 

1 1 Et qu'ils te porteront en leurs mains , de peur que 
tu ne heurtes de ton pied à quelque pierre. 

12 Mais Iefus refpondant lui dit, "lia efté dit, Tune 
tenteras point le Seigneur ton Dieu. 

13 Et quand toute la tentation fut finie, le diable fè 
partit de deuers lui b iufqu'àvn temps. 

14 Et Iefus par la vertu de l'Efprit retourna en Gali- 
lée : &la renommée d'icelui courut ça&là par toute 
la contrée d'alenuiron. 

1 5 Car il enfeignoit en- leurs fynagogues , & eltoit 
c honoré de tous. 

16 * Or il vint en Nazareth , où il auoit elle nourri, 
& entra en la fynagogue , au iour du Sabbat , félon la 
çoufturoe : & fe leua pour lire. 



SELOK S. MARC. 



I 



17 Adone le *liure du Prophète Efaîeluifut b bai 
& quand il eut defployé le liure,il trouua le partage où! fvSgï dc°u 
jleitoitcfcrit, 

1 8 * L'Expert du Seigneur eft fur moi , d'autant qu'il 
m'a oint : il m'a enuoyé pour euangelizer aux poures: 
pour guérir ceux qui ont le cœur froifle: 

19 Pour publier deliurance aux captifs,& aux aueu 
gles le recouurement de la veué: c pour enuoyer à de 
Jiure ceux qui font foulés, & publier l'an agréable du 
Seigneur, 

20 "Puis ayant ployé le Iiure, & l'ayant rendu d au mi 
niftre , il s'afsit : &les yeux de tcus ceux qui eitoyent 
en la fynagogue eitoyent fichés fur lui, 

2 1 Lors il commença à leur c dire, Auiourd J hui celte 
Efcriture eft accomplie f vousl'oyans. 

22 Et tous lui rendoyent telmoignage,& s'efmcrueil 
loyent des paroles pleines de grâce qui procedoyent 
de fa bouche: & difoyent , Ceitui-ci n'eft-il pas le fiis 
de Iofeph? 

23 Dont il leur dit, Vous médirez tout à plein s ce 
prouerbe , Médecin gueri-toi toi-mefme : fai aulsi ic: 
en ton païs toutes les chofes que nous auons oui dire 
auoireftéfaites/w/o/'-'enCapernaum. 

24 Mais il leur dit 3 En vérité ie vous disque nul Pro- 
phète n'eft receu en Ton païs. 

25 Or ie vous di pour vrai,<?«'il y auoit plufieurs vef- 
ues t au temps d'Elie en Ifrael , lors que le ciel fut fer- 
mé trois ans & fîx mois: tellement que grande famine 
aduint par tout le païs. 

1.6 Et toute* fois Elie ne fut enuoyé vers aucune d'en 
tr'elles , fïnon à vne femme vefue en Sarepta de Si 
don. 

27 Ilyauoitaufst plufieurs lépreux en Ifrael au téps 
d'Elifee le Prophète: toutesfoispas vn d'entr eux ne 
fut nettoyéjlinon Naaman le Syrien. 

28 Et ils furent tous remplis de courroux en la fyna- 
gogue,oyans ces chofes. 

29 Dont ils fe leuerent,& le ietterent hors de la ville, 
& le menèrent iufqu'au bord de la montagne ( fur la- 
quelle leur ville eftoit bailie) pour le ietter du haut en 
bas. 



on volume 
i afla. fcloa 



[eftnrc &cx. 
pofùion de- 
l'Efc! i 

doit de 
fctcc à ceu* 
qui le trou- 
uoyent lu a- 
ucc quelque 

depouuoir 

édifier l'af- 

fcmbîcc. voy- 
ez Acl.13.1j 

c ou, pour 
mettre en li- 
berté. 

d afla. à que!- 
cun quieftoic 

telle charge 
& ■ es ftm- 

blabîes. 
e c. à leur 
déclarer Se 
expofer le 
partage qu'il 
auoitleucit 
la ina'.ierc 
qui s'enfuir. 
" Gr. en vos 
oreilles. 

ou , cefte 
fin>i!;tude. 

^Mal. 13.57 
iehatt 4 44. 
-tf.TÇow 17 
9^.5.17. 



' 2. Rois 5. 
14. 



IÏ4 



Evangile 



«rf'C I.2I 

*•" Mat. y. 29. 
mare 1.2 a. 

*Man 1.23 



•£^f<7*.8 14 
?/;<wc 1.30, 



»M«.8.i£ 
w^ci.32. 



*Jf*rci.$4 



30 Mais ilpaflapar le milieu d'eux,&s'en alla. 

31 * Et descendit de Capernaum, ville de Galilée , Se 
là les enfeignoit es Sabbats. 

32 'Et ilss'eftonnoyentdefado&rinercarfaparole 
eitoit auec authorité. 

33 * Or y auoit-il en la fynagogue vn homme qui a- 
uoit vn efprit immonde du diable : lequel s J efcria à 
haute voix, 

34 Difant^Haîqu'y-a-il entre nous & toi, lefus Na- 
zarie? es-tu venu pour nous dellruire.'Ie fai que tu es, 
ajjauoir le Sainctde Dieu. 

3 ? Et lefus le tanfa, difant,Tai-toi:& fors hors de lui. 
Et le diable après auoir ietté d'impetuofité l'homme 
au beau milieu , fortit hors de Iui,ne lui ayant fait au- 
cun dommage. 

3 6 Adonc il y eut eftonnement fur tous , & ils par- 
loyent entr'euXjdifanSjQuelle parole eft cefte-ci,qu'é 
authorité Se vertu il commande aux efprits immôdes, 
Se ils fortent? 

37 Et le bruit de lui paruintentous les quartiers du 
pais d'alentour. 

38 t Et quand lefus fe fut leué de la fynagogue, il en- 
tra en la maifon de Simon : Se la beile-mere de Simon 
eitoit détenue d'vne groffè fieure^dôt il prièrent pour 
elle. 

3P Ets'eftantpanchéfurelle,iltanfala Meure, & la 
fleure lalaiffa: &: incontinent elle fe leua, & les fer- 
uoit. 

40 " Et comme le foïeil fe couchoit, tous ceux qui 
auoyent des malades de diuerfes maladies , les lui a- 
menerent:& lui impofant les mains fur vn chacun,les 
guerifïbit. 

41 *Les diables aufsi fortoyent hors de plufieurs, 
crians Se difans , Tu es le Chriit , le Fils de Dieu: mais 
il les tafoit,& ne leur permettoit de dire qu'ils (èuffent 
qu'il eftoit le Chriit. 

41 Et quand il fut iour,i! fe departit,& s'en alla en vn 

lieu defert : & les troupes le cerchoyent , Se vindrent 

iufques vers lui,&r le retenoyent afin qu'il ne fe depar- 

tiitpointd'aueceux. 

43 Mais il leur dit , II me faut aufsi bien euangelizer 



SF.I.OK S. I V C 



V 



aux autres villes le royaume de Dieu: car' pour cela 

iiiis-ieenuoyé. 

44 Et il preîchoit es fynagogues de Galilée. 

C h a p. v. 

Le Seigneur efant fur vne najfelle, eh 'feigne le peuple, 4 at- 
tire à foiTicrre&fcs compagnons parvncpcjcbc nùra-r 
culcufe ,qu'il leur fait adrejjcr, 12 nettoyé vn lépreux, 21 
m.tintic?it fon authoritc touchant le pardon des pèches , 24 
guérit vn homme perclus > 27 appelé a foi Le ni , 31 & 
rend lacaufe pourquoi il ne rcictte les pécheurs de ja com- 
pagnie, 3 4 item pourquoi il n'aflraign oit pour lorsfes di- 
fciplcs h iufner extraordinairtment. 

1 ^v R*aduint comme la foule eftoit toute fur lui, * Mat+tf, 
Vy pour ouïr la parole de Dieu , que lui fe tenoit r,uu 1. \6 

fur le bord du lac de Genezareth. 

2 Et voyant deux naffelles qui eitoyent près de la riue 
du lac, ( or les pefcheurs en eitoyent defcendus,& la- 
uoyent leurs rets ) il monta en Tvne des naffelles qui 
eftoit à Simon: 

3 Et le pria de la mener vn peu arrière de terre : puis 
efhnt alsis il enfeignoit de la naffelle les troupes. 

4 Et quand il eut ceffé de parlerai dit à Simon, Mené 
en pleine eau,& lafehez vos rets pour pefcher- 
f Lors Simon refpondant lui dit, Mailtre, toute la 
nuiétnous auonstrauaillé,&n'auonsrienprins:tou- 
tesfois à ta parole ie lafeherai les filés. 

6 Ce qu'ayans fait ils enfermèrent vne grande quan- 
tité de poîfïons , tellement que leurs filés fe rom- 
poyent. 

7 Dont ils rirent fîgne à leurs compagnons qui efloyet 
en l'autre naifelle , qu'ils vinflent pour les aider : les- 
quels vindrent,& ils remplirent les deux naffelles,tel 
lement qu'elles s'enfoncoyent. 

8 EtquandSimon Pierreeutveucela,ilfe iettaaux* Ceftofc.vn 
genoux de Iefus difant,Seigneur, a depars-toi de moi: ^°"oXcn 
car ie fuis vn homme pécheur. ccproccdam 

9 Car vne frayeur l'auoit du tout faifi , & tous ceux ^ c 1? 4T r< -"^ 

• n J 1 • n ,-11 • r i -rr lion de la ma- 

qui e (t oy ent zuec lui, a caule delà pnnie despoiflons, iefte tin Sei- 
qu'ils auoyent faite : femblablement aufsi laques &p ca 2£ xi - e 
Iehan fils de Zcbedee , qui eitoyent compagnons ™ 



V* 



Evangile 



rnxit 1.40. 



&fwuazs. 



de Simon. 

10 Alors Iefus dit à Simon , N'aye point de peur : do- 
refnauant tu feras preneur d'hommes viuans. 

1 1 Etquand ils eurent amené les nafTelles à terre , ils 
abandonnèrent tout , & le fuiuirent. 

12 * Or aduint comme il eftoit en vne ville, voici vn 
homme plein de lèpre , lequel voyant Iefus , fe iettant 
en terre fur fa face,le pria,difant, Seigneur, û tu veux, 
tu me peux nettoyer. 

13 Etileftéditlamain,Sdetoucha,difant,IeIevueiI, 
fois nettoyé. Et incontinent la lèpre fe partit de 
lui. 

14 Et i! lui commâda qu'il ne le dift à perfonne.-mais 
va,dit-il, & te monftre au Sacrificateur , Coffre pour 
ta purification comme Moyfe a commandé en tef- 
moignagcàiceux. 

1 $ Et de nlus en plus il eftoit bruit de lui : tellement 
que grandes troupes s'aflembloiét pour l'ouïr,8cpour 
eftre guéris par lui de leurs maladies. 

16 Mais il fe tenoit retiré es delerts, Srprioit: 

17 Et aduintvniour qu'il enfeignoit,que des Phari- 
fien s & docteurs de la Loy eftoyent là afsis, qui e- 
ftoyent venus de toutes les bourgades de Galilée, & 
de Iudee, & de Ierufalem : & la puhTance du Seigneur 
a eftoit là pour les guérir. 

18 * Lors voici des hommes qui portoyent envnlicl 
vn homme qui eftoit perclus, & cerchoyent de le por- 
ter au dedans, & le mettre deuant lui. 

19 Et ne trouuans point par quel cofté ils le pour- 
royent mettre dedans, à caufe de la foule,iIs monterét 
fur la maifon ,& le deualerent par les tuiles,auec le pe- 
tit lier, au milieu, deuant Iefus. 

20 Dont voyant la foy d'iceux,il lui dit,Homme, tes 
péchés te font pardonnes. 

21 Adonc les Scribes & Pharifiens commencèrent 
b ou, âdif- bàp en f er .difans ,Qui eftceftui-ci qui prononce blaf- 

ver. pnemes?quj eft-ce qui peut pardonner les pèches Iino 
vn feul Dieu? 

21 Mais Iefus cognoiffant leurs penfees , print la pa- 
role , & leur. ditT, Que c difeourez-vous en vos 
cœurs? 



m c. fe mani- 
feftoit en 
toutes for- 
tes. Se en uers 
tous. 

* Matt.y. 1 
mai 0.3. 



courir 
ïinfî au 
32. 



c ou.penfez 

•u, difputez. 



SEION s. tvc. 



±£Z 



a 5 Lequel eft pi us ailé, ou de dire, Tes péchés te font 
pardonnés,ou de dire,Leue-toi,& chemine, 

24 Or afin que vous lâchiez que le Fils de l'homme a 
a authorité en terre de pardonner les péchés, (il dir au 
par alyt:qne)Ie te di, leue-toi, charge ton petit lid, & 
t'en va enta m.iifon. 

25 Et à l'inftant icelui s'eftant îeuédeutmteux , char 
gea/tftf lift, fur lequel il gifoit, & s'en alla en fa maifon, 
glorifiant Dieu. 

26 Et vn eifconnement les faifit tous , dont ils glori- 
fîovent Dieu:& furent rtmplis de crainte, difans,Cer 
tes nous auons veu auiourd'hui choies qu'on n'euft 
iamais entendues. 

27 * Apres ceschofes, il s'en alla, &:vidvnpeager 
nomméLeui,afsis au lieu du peage,& lui dit,Sui-moi. 

28 -Lequel abandonnant tout,fcleua,& le fuiuit 
19 Et Leui fit vn grand baquet en fa maifon, où eftoit 
vnegroirealfcrmblee depeagers, & d'autres gens qui 
eitovent auec eux à table. 

30 Et b ceuxd'entr'eux qui eftoyent Scribes cVPha- 
rifiens murmuroyent cotre fes diicipies,difans,Pour- 

3uoi mangez-vous & beuuez auec les peagers, & gés 
emauuailevie? 
3 1 Adonc Iefus prenant la parole , leur dit, Ceux qui 
font en fanté,n'ont befoin de médecin, mais ceux qui 
feportent mal. 

22 • le ne fuis point venu pour appeler les iuftes,mais 
les pécheurs, à repentance. 

33 x Ils lui d-iét auisi, Pourquoi iu<hentfouuent les 
difciples de Tehar,& font prières, lemblablemét aufsi 
ceux des Pharifiens: mais les tiens mangent & boi- 
uent? 

34 Et il leur dit,Pouuez-vous faire iufner les cens de 
lachimbre du nouueau marié, pendant quelenou- 
ueau marié eft auec eux? 

35 Mais les iours viendront que le nouueau marié 
leur fera o(lé:idonc ils iufneront en ces iours-là. 

3< Puis il leur dit vnefîmiHtude, Nul ne met vne pie- 
ce d'vn veftement neuf à vn veitement vieil: car autre- 
ment ce qui eftneufd^fchire ,& la pièce du neuf ne 
fe rapporte point au vieil. 



* eu 
uoir. 



peu- 



* Mat t. f.f. 
nuic 2.14. 



i Gr. lenrr 
Stiibes: afTi. 
les Scribes 
de ce lieu-la: 
non pa* tou- 
restois qu'ils 
fuflentafsis 
à table auec 
les autres. 

'•* Matt 9. 1 5 
i.tim.i. ij. 

x Af.tt.9.14. 

marc a.lb. 



37 Pareillement nul ne met le vin nouueau en ouai- 
res vieux : car autrement le vin nouueau rompra les 
©uaires,&:fe refpandra,& les ouaires feront perdus. 

38 Mais le vin nouueau doit eftre mis en ouaires 
neufs,& ainiî feront contregardés tous les deux. 
$9 Etnyaperfonne qui boiue du vieil, quivueille 
1 antof t du nouueau: car dit-il,Le vieil vaut mieux. 



Mdtt.Tt.i 

tna.rc2.zi. 
{ deut. 25.25. 
U comme qui 
Kiiioit , lo- 
jcfoue du Sab- 
pat: ceftoit 
Be dernier 
hour de la fc- 
jfte des pains 
[fans leuain, 
ainfî appelé 
pource qu'il 
ëftok fol 
nel comme le 
premier. 

ï.Sam.i 
6. 

le un. z 4.9, 



I58. 



E 



V A N G I I E 



Ch 



A P. VI. 



% Mat. 12. 9. 
marc 3.1. 



le fus Chrifi maintient le fait defes difciples en cas de necefité 
au iour du Sabbat 3 6 guérit vn homme qui auoit la main 
fecbe , 1 z ordonne le nombre de fes dow^e <Jpoflres 3 1 7 
ckjp/oyefà grâce & vertu par dîners miracles , 20 met en 
auan't dîners enfeignernens touchant ? exercice de patience, 
charité , & modeftie, 47 & adioufie quelle fera l'iffke de 
ceux qui auront oui fa doQrine. 

1 /^v R * aduint au iour du Sabbat a fécond premier, 
KJ qu'il palfoit par les blés : Se fes difciples arra 
choyent des efpics,& les froyans entre leurs mains en 
mangeoyent. 

Et quelques vn s des Pharifîens leur dirent, Pour- 
quoi faites-vous ce qu'il n'eft loifible de faire es Sab- 
bats? 

Adonc Iefus prenât la parole,leur dit,N'auez-vous 
pas au moins leu '•' ce que fit Dauid quand il eut faim, 
lui,& ceux qui cjîoyent auec lui. 

4 Comment il entra en la maifon de Dieu,&print les 
painsdepropofition,&en mangea, & en donna aufsi 
à ceux qui ejloyent auec lui:* lefquels il n'eft loifible de 
•manger fïnon aux Sacrificateurs feulement? 

5 Puis il leur dit,Le fils de l'homme eft Seigneur aufsi 
du Sabbat. 

6 * Il aduint aufsi en vn autre Sabbat,qu'il entra en la 
fynagogue , & enfeignoit: & là eftoitvn homme du- 
quel la main droite eltoit feche. 

7 Orles Scribes & Pharifîens prenoyent garde fur 
lui ; s'il le gueriroit au Sabbat , afin qu'ils trouuaffent 
de quoi l'accufer. 

8 Mais il cognoiffoit leurs penfees: dont il dit à l'hô- 
me qui auoit la main feche, teue-toi,& te tien debout 



S IION S. IYC. 



ia 



au miîieUjEt icelui fe leuant,fe tint debout. 

Iefus donc leur dit, le vous demanderai vnechofe, 
Èir-iJ Ioifible es Sabbats de bien faire,ou de mal-faire? 
de fauuer vne a perfonne,ou de la tuer. 
10 Et quand il les eut tous regardés a l'enuiron,il dit 
au perfonnage , Eiten ta main. Ce qu'il fit, & la main 
lui rut rendue faine comme Pautre. 
ii Dont ils furent remplis de forcencrie, & b deui- 
foyent enlèmble que c'eii qu'ils pourroyent faire à 
Iefus 

i a * Or il aduint en ces iours-là, qu'il s'en alla en vne 
montagne pour prier : & fut toute la nuicten priè- 
re à Dieu. 

Et quand leiourfutvenu, il appela fes difciples: 
& en efleut douze , lelquels il nomma aufsi Apo- 
ftres: 

14 ,A\]anoir Simon/ qu'il nomma aufsi Pierre,8c* An- 
dré fon frère : laques & Iehan : Philippe &Barthele- 
rni: 

if Matthieu & Thomas : Iaques./?/id*Alphee, & Si- 
mon appelé Zelotes: 

16 d ludc firerè de laques : &Iudas Ifcariot, qui aufsi 
fut traifrre. 

17 Puis defeendantauee eux, il s'arreftaenvneplai 
ne auec la troupede (es difciples: & grande multitude 
de peuple de toute Iudee,& de IerufaJem,& de la con 
tree maritime deTyr &:Sidon, lefquels elfoyentve 
nus pour l'ouir,&pour elfre guéris de leurs mala- 
dies: 

i3 Et ceux qui eftoyent tormentés des efprits immo 
des:& furent guéris. 
\9 Et toute la multitude tafehoit aie toucher: car 
vertu (ortoit de lui: & il les guerifîoit tous. 

20 Adonc icelui efleuant fes yeux vers fes difciples,, 
leur difoit, Vous eftes bien-heureux, vous poures , car 
le royaume de Dieu eitvoitre. 

ai * Vous eftes bien-heureux ,. vous qui. maintenant x 
auez faim, car vous ferez raffariés. * Vous eftes bien- 
heureux , vous qui pleurez maintenant, car vous ri- 
rez. 



Gr. v«c 

lame. 



h mi, difbyet 

1CS Vin AUJt 



*Mrftt.I0.1. 

marc ? . 1 3 . 
&6.j. 



e eu , qu'il 
auoit nom- 
mé. 



d nommé 
autrement 
Lebbce , ob 
Thaddec. 



î£ft.6u$. 



Vous ièrei bien-heureux quand les hommes 



"M4».y.ii, 



* aflT.envous 
excommu 
riant deleurs 
fynaçogues 
&a<ïemblces. 
i atT. comme 
s'il eftoit de 
reftable & 
malencon- 
treux: 

* Amas 6.1. 
ecd. jr.8. 

e aflTau. vous 
mauuais ri- 
chcs,Ljuiabu- 
fez, de vos ri 
ciiefies , y 
met uns. vo- 
ftre cœur. 

^Mîîr.j 44. 
rew». 12. 20 

i.eor. 6.7. 
d c. oui n'a- 
uez efgard 
qu'à voftre 
ral'afîement 
corporel. 
e c. qui vous 
abandon: icv. 
à ioye diûb- 
îue & char- 
nelle. 

* M.ut. j.ri. 
ioh 4.16. 

* yVf^r.5.46 
/ aflà. entant 
que vouspre- 
tendez eftre 
bie couuerts 
déliant Dieu 
«iu tefmoi- 
gnagc du 
monde. 

8.^.1^.5.42. 
^Lm.5.45 

* affà. par 
moyens illi- 
cites : mais 
eu.'.tepîuf- 



XjÉÛ. 



IVANGin 



vous haïront, & vous a retrancheront, &vous diront 
outrages, & reietterot voitre nom b comme mauuais, 
à cauie du Fils de l'homme. 

23 EfiouifTez-vous en ce iour-Ià , & fautez de ioye: 
car voici, voitre falaire eft grâd au ciel : car de mefmes 
en faifoyent leurs pères aux Prophètes. 

24 * Mais mal-heur fur vous c rjches:car vous empor- 
tez voitre confolation. 

2$ v Mal-heur fur vous qui d eftes remplis : car vous 
aurez faim. Mal-heur fur vous qui e riez maintenant: 
car vous lamenterez & pleurerez. 
2tT Mal-heur fur vous, quand tous les hommes f dirôt 
bien de vous : car leurs pères en faifoyent de mefmes 
aux faux prophètes. 

27 Mais a vous qui oyez, ie vous di, * Aimez vos en- 
nemis:faites bien à ceux qui vous haïffent. 

2 8 Beniffez ceux qui vous mauduTent , & priez pour 
ceux qui vous courent fus. 

19 * Et à celui qui te frape en vne ioué' , prefente lui 
aufsi l'autre: & fi quelcun t'olle ton manteau, ne l'em- 
pefche point de prendre aufsi le faye. 
30 Et a tout homme qui te demande baille-lui: &à 
celui qui t'ofte le tien , § ne le redemande point. 
51 fl Et comme vous voulez que les hommes vous fa- 
cent,faites leur aufsi femblablement. 

3 2 * Car fi vous aimez ceux qui vous aiment , h quel 
gré vous en faura-on? car les mal-viuans aiment aufsi 
ceux qui les aiment. 

33 Et fi vous faites bien à ceux qui vous font bien, 
quel gré vous en faura-on?carlesmal-viuâs font aufsi 
le mefme. 

34 *Et fi Vous preftez h. ceux de qui vous efperez le 
receuoir, quel gré vous en faura-on? caries mal-vi- 
uans preftent aufsi aux mal-viuans , afin qu'ils en re 
çoiuent la pareille. 

3 5 Pourtant aimez vos ennemis, &r faites bien,& pre- 
nez fans 'en rien efperer:& voitre falaire fera grand, 

toft " ic r tïcn, & * vous ferez fils du Souuerain : car il eft bénin en- 

s'il eft expé- 
dient pour la gloire de Dieu & édification de l'Eglife. h ou , quelle grâce rrronftrercz- 
▼ousencela'.&ainficoiifcquemment. i c. quand bien il ne vous pourroic eftre rendu: 



Aflà. eu il eft 



ueftien. de monftrei U vraye charité &la bonne confcicncc. 



uers 



S El ON S. IV C. 



m 



rs lesTngrats &mauuais. 
3<5" Soyez'donc mifericordieux, comme aufsi voftre 
Père eit mifericordieux. 
37 * D'auatagene iugezpoint,cVvous ne ferez point 
iugés:ne condamnez point &: vous ne ferez point cô- 
dimnez quittez, ik il vous lera quitté. 
3 8 Donnez, & il vous fera donné. On vous donnera 
au fein bonne mefure, prtflce&entarTee,& qui se ira 
par defTus : car de la melure que vous mefurerez , on 
vousmefurera d'autre part. 

3P Pareillement il leur diioit vnefimilitude, *Fft-iI 
pofsible qu'vn aueugle puifie mener vn autre aueugle? 
ne cherront-ils point tous deux en la foffe? 

40 *Le difciple n'eit point par deflus fon maifrre.mais 
toutdifciple qui fera bien accompli, fera rendu cen- 
forme à fon maiitre. 

41 " D'auantage pourquoi regardes-tu le feflu qui eit 
en l'œil de ton frère, & tu n'apperçois point vn che- 
uron en ton propre œii? 

41 Ou comment peux-tu dire à ton frère, Frère, per- 
mets que i'oite le léftu qui eit en ton œil . toi qui ne 
vois point vn theuron qui eït en ton ail ? Hypocrite, 
iette premièrement le cheurcn hors de ton œil, & 
adonc tu regarderas de ietter hors le ieitu qui eit en 
l'œil de ton frère. 

43 ♦ Certes l'arbre n'efr point bon qui fait fruift 
pourri:ni l'arbre pourri,qui tait bon fruict. 

44 * Car chacun arbre eft. cognu par iô proprefru'cT:. 
* Car aufsi des efpines ne fe cueillent point les figues, 
ni du buiflbn ne vendenge-on point les raifins. 

45 L'homme de bien tire hors chofe bonne du bon 
threfor de fon cœur : & le mauunis homme tire hors 
chofe mauuaife du mauuais threfor de fon cœur : car 
c'elt. de l'abondance du cœur que la bouche parle. 

46 *Mais pourquoi m'appelez-vous Seigneur, Sei- 
gneur^ ne faites point ce que ie di? 

47 * Quiconque vient à moi,& oit mes paroles,& les 
met en effe&, ievous montrerai à qui il eft lembla- 
ble. 

48 II eit. femblable à l'homme qui en baftiffant vne 
maifon,aura foui & creufé , & aura mis le fondement 

— L 



M4/.7.1. 



Mar.7.a. 
rnan 4.24. 



x M«.i5.i4 



•£ Mrfr.io. 

16 & 15.20 



"MtfM, 



7-3- 



* Mai.u. 
*Mat. 7 Jé. 
Mat. 12. 



* Mat.j.ît, 
roni.z ig. 

%at] 1. 2 2. 
t M^.7.24. 



ÏÊ 



Evangile 



: Gr. airxo- 
eilles du 
>euple. 
' Uatt. 3.J. 
Ceci fem- 
>le deuoir 
tftrc rappor- 
:é aux Iuifs 

Bui vfoyent 
ece propos 
comme au^ 
10m du Cc- 
cenier:lequel 
de fa part mô- 
[tra bien vne 
plus grande 
foy & reue- 
rence enuers 
IcSeigncKr. 
ou, que (,1e 
Seigncurjlui 
ottroyaft ce- 
la. 

d Ce récit 
(ëmole mon ■ 
ftrer que le 
Ccntenier 
n'a comparu 
en per Tonne 

Eourfaire ce- 
e requefte, 
|& pourtant 

Eue ce qui eft 
itMatt.8. j. 
fedoit expo 
comme fi 
le Seigneur 
liant refpo- 
aux amis 
|duCëtcnier s 
^'adreiToit à 
[ui-mclrne. 



fur la roche: & quand il eft venu vne rauîne d'eaux , le 
fleuue a heurté contre celte maifon-là, mais il ne Ta 
peu esbranler, car elle eftoit fondée fur la roche. 
45» Mais celui qui les a ouïes , & ne les a point mifès 
en erTec~t,eft femblable à l'hommequi aura bafti fa mai- 
fon à terre, fans fondement : contre laquelle le fleuue 
a heurté, & incontinent elle eft tombee,& la ruine de 
cefte maifon-là a efté grande. 

C H A P. VII. 

' te Seigneur guérît le feruiteur d'vn Çententcr abfent, 1 1 ref- 
k fufeite le fils vnique d'vne femme vefue 3 18 déclare aux 
dlfciplcs de îehan la vérité defaperfonne, 24 recommande 
fmgulierement le minifiere d'icclui , 31 remarque l'indi- 
gnité & ingratitude de [on fiecle 3 36 rend vn excellent 
tefmoignage de repentance à vne grande pecberejje, contre 
' la préemption du Pbarijien qui l'auoit conuié cbc\lui. 

1 /^\ R quand il eut àcheué toutes ces paroles, 3 le 

VJ peuple l'efcoutant, il entra en Capernaum. 
2, * Et le feruiteur d'vn certain Centenier, qui lui e- 
ftoit fort cher,eftant malade,s'en alloit mourir. 

3 Et quand te £?#/^7>r ouït parler de Iefus, iienuoya 
vers lui des Anciens des Iuifs, b le priant qu'il vinft 
pourdeliurerfon feruiteur. 

4 Lefquels eftans venus vers Iefus , le prièrent afife- 
àueufement , difans 3 qu'il eftoit digne c qu'on lui ot- 
troyalt cela. 

<; Car, difoyent-ils il aime noftre nation , & nous a ba- 
fti lafynagogue. 

6 Iefus donc s'en alloit auec eux. Et comme défia il 
n'eftoitplus gueres loin de la maifon,le Cétenier d en- 
uoya vers lui ks amis , lui difant, Seigneur, ne te tra- 
uaille point, car ie ne fuis pas digne que tu entres 
fous mon toiâ. 

7 Parquoi aufsi ne me fuis-ie point réputé digne d'al- 
ler vers toi : mais di la parole, & mon feruiteur fera 
guéri. 

8 Car ie fuis aufsi homme coeftitué fous la puirTin-i 
ce d'autruiy ayant fous moi des genfdarmes. Et iedi 
à l'vn, Va,& il va:6c à l'autre, Vkn,.& il vient;& à mo 






SELON S. tVC. 



13 



feruiteur,Fai-cela,& il le fait. 
P Lefquelles chofesouïes,lefuss'efmerueiIIadeIui:& 
fe retournant dit a la troupe qui Je fuiuoit, Te vous di, 
que ie n J ay point trouué ii grande foy , mefmes en If- 
rael. 

10 Et quand ceux qui auoyenteftéenuoyés, furent 
retournés en la maiion,iIs trouuerent le feruiteur,qui 
auoit eité malade,fe portant bien. 
ii Or aduint le tour iuiuantquelefus alloit envne 
ville nommée 8 Nain :& plusieurs de fes difciples & 
groffe troupe alloyentaueclui. 
i i Et comme il approchoit de la porte de la ville,voï- 
ci, on portoit hors vn mort, fils vn jque de fa mère, la- 
quelle eitoit vefue : & grand' compagnie de la ville e- 
itoit auec elle. 

13 Et quand le Seigneur l'eut veue, il fuit efmeude 
compaision enuers elle: & lui dit,Ne pleure point. 

14 Et s'eihnt approché, il toucha la bière, (or ceux 
qui portoyent le <ror/>i,s J arrefterent) & il dit,Ieune hô- 
me,ietedi,leuetoi. 

15 Et celui qui eitoit mort, fe rafsit, & commença à 
parler. Et il le b rendit à fa mère. 

16 Et crainte les faifit tous, & glorifioyent Dieu , di- 
fans , Certes vn grand Prophète s'ell leué entre nous, 
& certes Dieu a vifité lbn peuple. 

17 Et ce bruit courut de lui par toute Iudee,& par 
toute la contrée d'alentour. 

18 * Or toutes ces chofes furent rapportées à Iehan 
par fes difciples. 

19 Dont Iehan appela deux de fes difciples,& les en- 
uoyaversIefus,difant,Es-tu celui qui deuoitvenir,ou 
fî nous en attendrons vn autre? 

ao Or iceuxellans venus vers lui, /«/dirent, Iehan 
Baptifte nous a enuoyés vers toi, c difant , Es-tu celui 
qui deuoit vesir, ou fi nous en attendrons vn au- 
tre? 

21 Oren ceire mefme heure-là il en guérit plufieurs 
de maladies Se fleaux,& de malins efprits : & donna la 
veuè à plufieurs aueugles. 

ai Puis refpondant leur dit, Allez, & rapportez à 
Iehan ce que yous auez veu&ouï:*02w0/> ''que les 
- MJ 



« CVftofr v« 

ne ville de 
Galilee,cn h 
lignée d'If» 
char, près de 
Tiberias. 



h Gr. donna. 



Matt. il.» 



e. pour te 
demander de 

fa part. 



•*Ai5-*« 



*MaUc.yi. 



m c.rècôgnu- 
rc ne franche- 
ment la véri- 
té de Dieu, 
conformé- 
ment à eeque 
le Seigneur 
leur en ramé, 
teuoit. 
'-'Mat.i i.jf 
b c.la doctri- 
ne de l'Euan- 
gile,qui con- 
tient vne dé- 
claration de 
la volonté de 
Dieu 
noftre fa'ut. 
voyez Act.20 

27- 

e c. ce qui 
«ft tourné à 
leur propre 
condamna- 
tion. 

d ou, celte 
forte de gës'i 



Ï64 



ËVANGIIB 



touchât VOUS 



aueugles recouurent la veuè , les boiteux cheminent, 
les lépreux font nettoyés, les fourds oyent , les morts 
reflufcitent,rEuangileellprefchéauxpoures. 

23 Et bien-heureux eir quiconque n'aura point efté 
feandalizéenmoi. 

24 Puis quand les meffagers de Iehan furent partis, il 
fe print a dire de Iehan aux troupes, Qu'eites-vous al- 
lés voir au defert? vn rofeau démené du vent? 

25 Mais qu'eftes-vous allés voir ? vh homme reueflu 
de précieux veflemens ? voici ceux qui font magnifi- 
quement veihis , & qui viuent en délices, font es mai 
ions des rois. 

16 Mais qu'elles- vous allés voir?vn Prophète? voire, 
vous di-ie, &plus que Prophète. 

27 C'eil celui duquel il eit eferit,* Voicj, i'enuoye 
mon mefïager deuant ta face,lequel préparera ta voye 
deuanttoi. 

28 Car ie vous di qu'entre ceux qui font nés de fem 
me , il n'y a nul Prophète plus grand que Iehan Bapti 
fte : &toutesfois celui qui elt le moindre au royaume 
de Dieu elt plus grand qu'icelui. 

2«? Et tout le peuple qui oyoit «•/;*, & les peagers qui 
auoyent efté baptizés du baptefme de Iehan, a iuiline 
rent Dieu. 

2 o Mais les Pharifîens, & les docteurs de la Loy , qui 
n'auoyent point elté baptizés par icelui,reietterent 
b le confeil de Dieu c à l'encontre d'eux-mefmes. 
% t '* Lors le Seigneur dit, A qui donc accôparerai-ie 
d les hommes de celte génération ? Et à quoi refïem- 
"blent-ils? 

32 Ils font femblables aux enfans qui font afsis au 
marché, & crient les vns aux autres , &difènt,r^ous 
vous auonsrlufté, &vousn'auez point danfé: nous 
auons chanté complaintes, & vous n'auez point 
pleuré- 

3 3 Car Iehan Baptifte elt venu ne mangeant point de 
pain, & ne beuuant point de vin: & vous dites, lia le 
diable. 

34 Le Ftîs de l'homme eft venu mangeant & beuuant: 
& vous dites, Voici vn mangeur & vn beuueur, vn 
ami des peagers &: gens de mauuaife vie. 



SELON S. LVC. 



'*£ 



3Ï Maïs IaTapîence a eltc iultirieepar tous Tes en- 
fans. 

3^ Etvn desPharifiens le pria de manger chez lui 
dont il entra en la maifon du Pharifien , & fe mit à ta 
b!e. 

37 Or voici , il y auoit vne femme de la ville - 1 qui a- ^"jf^ 
uoit eftédemauuaifevje, laquelle ayant cognu qu'il 
eitoit à table en la maiibndu Pharifien, apporta vne 
boitte d J oignement: 

38 Et fe tenant derrière aux pieds d j icelui,&pleurat, 
elle fe print à les arroufer de larmes-& les énuyoït b de 
fes propres cheueux,& lui baifoit les pieds , & les oi- 
gnoit de l'oignement. 

33? Lors le Pharifien qui l'auoit conuié,l'ayant apper- 
ceuè',ditenfoi-mefme , Siceltui-ci efroit Prophète, 
certes il fauroitqui & quelle cil celle femme qui le 
touche.carelleeltde mauuaife vie. 

40 Et lefus prenant la parole,Iui dit, Simon i'ai quel- 
que chofe à te dire,Et il dit,M \iftre, d\-/a. 
4r Vn créancier auoit deux detteurs : l'vnluideuoit 
cinq cens deniers, & l'autre cinquante. 

41 Et comme ils n'auoyentdequoi payer, c il quitta à 
tous deux leur dette. Or di donc , lequel d'iceux l'ai- 
mera le plus? 

43 Simon refpôdantlui dit, Teftime que c'eft celui à 
qui il a quitté le plus;& il lui dit, Tu as droitement iu- 
gé. 

44 Lors fe tournant vers la femme, il dit à Simon, 
Vois-tu celte femme ? ie fuis entré en ta maifon , & tu 
ne m'as point donné d'eau pour huer mes pieds : mais 
cefte-ci a arroufé mes pieds de larmes,&;les a efïuyés 
de fes propres cheueux. 

45 Tu ne m'as point donné vn baifer,mais elle,depuis 
que ie fuis entré,n J a celîé de baifer mes pieds. 
4<^ Tu n'as point oint ma telle d'huile,mais elle a oint 
mes pieds d'oiimement. 

47 A raifon de quoi te di-ieque fes péchés , qui font 
grands, lui font pardonnés: d car elle a beaucoup aimer 
&r celui auquel eft moins pardonné, celtui-là aime 
moins. 
43 Puis il dit à la femme, Tes péchés te font pardon- 

■ — ^HJ 



uaifevie. 



JGr. des 
cheueux de /à 
tcfte: &ainfi 
au ver. 44. 



e Gr. il Rt 
grâce à k ous 
deux. 



d cen'eftpas 
pour dire que 
l'amour que 
cefte Rnime 
atefmoigné 
entiers fc Sei- 
gneur, ait e- 
fic !a cau.c 
du pardon 
qu'elle a ob- 
tenu: <ai ceft 
anîcurnicf- 
Tne procède 
du pardon: 
mais c'eft 
pourmon- 
ftrer comme 
£ 
àcosnoiiîre 
combier elle 
ff rcfîentoic 
arter.ue au 
Stigneux, 



ï«L 



HNGIIB 



mes. 

4<? Et ceux qui eftoyent enfemble à table fe prindret 

à dire entr'eux, Qui eir ceitui-ci qui rnefme pardonne 

les péchés? 

$o Mais il dit à la femme, Ta foi t'a fauuee, va t'en en 

paix. 

C H a p. VIII. 
Je fus Chrîft enfetgncfouslafimilitudede la femcncequi efi 
mi je en terre , quelle eft ïijjite de la prédication de la paro- 
le ', 19 déclare qui il recognoift pour parûn> 3 n appaije l'o- 
rage dont fes di/ciples ejtoyent tormentés , 16 deliurevn 
démoniaque ejlant en tres-e(lrange captiuitè , 43 guérit 
vne femme malade d'une perte de fang, 45* &rejjufcitela 
fille delàirm. 

1 Ç\ R aduint puis après qu'il aljoit de ville en vil- 
V/ le , & de bourgade en bourgade , prefchant & 

a annonçant le royaume de Dieu : & les douze eftoyent 
aueclui. 

2 Et aufsi quelques femmes qui auoyent efté par lui 
guéries des malins efprits,& de maladies: afjauoir Ma- 
rie qu'on appeloit Magdeleine , * de laquelle eftoyent 
fortisfept diables. 

3 Et lehanne femme de Chuzas , lequel au oit le ma- 
niement des arrairesd J Herode:& Sufanne,&pluneurs 
autres.lefquelles luy fubuenoyent de leurs biens. 

4 Et comme grande troupe s'aflfembloit, & que plu- 
fleurs alloyentàlui de toutes les villes, ''il dit par fï 
militude, 

5 Vnfemeurfortitpour femerfafemence, Se en fe- 
mât, vne pavùedelafemence cheut b auprès du chemin, 
&fut foulée, & les oifeaux du ciel la mangerét toute. 

înfi h a e .nî«|.*l^ ^ r '* autre P art i £ cheut fur des pierres, & quand elle 
fut leuee, ellefefecha, à caufe qu'elle n'auoit point 
d'humeur. 

Et l'autre partie cheut entre les efpines , & les efpi- 
nesfe leuerent enfemble,&l'eftoufferent. 
8 Et l'autre partie cheut en bonne terre: & quand elle 
fut leuee, elle rendit du fruict cent fois autant. En di- 
fant ces chofes , il crioit , Qui a oreilles pour ouïr, 
oye. " 



«e Gr. cuan- 

gclizdnt. 



*M.xrci6.9 



' M<M.I?.2. 

marc 4.1 



ou , parmi 
le chemin 
mi, lfe long 



ainh au ver. 
iz, 



SELON S. IV C. 



1*7 



5 Et fes difcïpks rinterroguerent,demandans quelle 

cltoit celle fimilitude là. 

10 Et il rejpondh, Il vous elt donné de cognoiftre les 

fecrets du royaume de Dieu : mais aux autres il n'en e(l 

parlé que par fimilitudes:* afin qu'en voyât ils ne voyét 

point,& qu'en oyant ils n'entendent point. 

i r Or voici, la fîmilitude:La fèmence c'elt la parole 

de Dieu. 

iz Et ceux qui font auprès du chemin , ce font ceux 

qui oyent laparole : & après le diable vient , & oite de 

leur cœur la parole, afin qu'en croyant ilsnefoyent 

fauués. 

13 Et ceux qui font en lieux pierreux, ce font ceux, les- 
quels après auoir oui la parole , la recoiuét auec ioye r 
mais ils n'ont point de racine : iceux croyent pour 
vn temps , mais au temps de tentation , a fe reti- 
rent. 

14 Et ce qui elt cheut entre lesefpines, ce font ceux 
qui ont oui ta paroleimùs eux b partis font eitouffés par 
les folicitudes & richeflès, , & voluptés de celte vie , & 
ne rapportent point de iruid à maturité. 

1 ? Mais ce qui eft cheut en bonne terre , ce font ceux 
qui de cœur honnelte&bon ayans ouï la parole, la 
retienent, & en rapportent fruidl c auec patience. 

16 K Nul après auoir allumé la chandelle,ne la couure 
d'vn vaifleau,ni ne la met fous le li<5t:mais la met fur 
chandelier , afin que ceux qui entrent voyent la lu- 
mière. 

17 * Cariln'yafecretquine foitmanifeltérni cho- 
fe cachée qui ne fecognoiATe, & qui ne viene en lu- 
mière. 

1 8 Regardez donc comment vous oyez: " car quicô- 
que a, il lui fera donné: & quiconque n'a, rnefme ce 
qu'il cuide auoirjui fen ofte. 
ip * Lors fa mère & fes frères furuindrent vers Iui,& 
ne pouuoyent l'aborder pour le prelTe. 
zo Et il lui fut rapporte en difant, Ta mère & tes fre 
res fe tienent là dehors,defirans de te voir. 
21 Mais lui refpondant leur dit, Ma mère & mes frè- 
res font ceux-là qui oyent la parole de Dieu,& la met 
tent en eftect. 
- '. T. iiij 



e/8 



* eft. (,.<>. 

mat. 13.14. 
marc4.11. 
iehatt 11.40, 
a&.th 26. 
♦ om.ii. . 

'•'Mtt.z3.1f 

mure 4. 15 



" ou,fcre« 
uoltent. 



l> ou, chemî- 
nanspar les 
erpines , en 
auanontlcur 
chemin. 



ousir $j, 



afTa.en fup- 
porrant tou 
tes incom- 
modités , 8c 
tafehans d'à 
ttancer roufc 
iours en la 
grâce fpiri- 
tucilcduSci 
çncur. 

£ Matt. 10. 
z 6. marc 4. 
•>i.[ous\2.: 

à 25 29. 
nurt j.zj. 

pii't 19 z6 
* Mat. 12, 
46.marcj> 
3*. 



I. 



ou , peril- 
loycnt:c s en 
allôy'e'nt per- 
dre, c e/r vn 
mot de mari 
ne. 






153 



V A N G ILE 



*M<tf.s.2$. 22 *OriI acîuintvn jour qu'il monta en vne nafTeïïë, 
marc 4. j 6. ] u j & f es difciples, & il leur dit, PafTons outre le lac.Et 
ils fe partirent. 

23 Or comme ils voguoyent 3 ils'endormit,&" vne të- 
peitede vent deicendtt au lac. tellement qu'ils s'em- 
plifloyent d'eau, & a eitovent en péril. 

24 Adonc ils vindrent vers lui, &l'efueillerent, di 
fans, Mailtre, Maiftre, nous periflbns. Mais lui eitant 
efueillé, tanfa le vent & la tempefte de l'eau , lefquels 
ceiferent,& fut faite tranquillité. 

25 Alors il leur dit , Où eit voitre foy ? lefquels ayans 
crainte,s'efmerueillerent,difans entr'eux,Mais qui ell 
ceftui -ci, qu'il commâde mefmes aux vents,& à l'eau, 
& ilsluiobeifTent? 

z6 Puis ils tirèrent à la côtree des Gadareniens,qui 
elt vis à vis de Galilée, 

27 Et quand il fut forti de la najfeUe fur terre , vn cer- 
tain homme de celte ville-lavintàl'encontre de lui, 
qui auoit les diables dés longs temps: & n 'eftoit point 
veitu de vêlement , & ne demeuroit point en maifon, 
mais dedans les fepulcres. 

28 b [celui donc apperceuant Tefus, &s J efcriant,fe 
iettadeuant lui, & dit àhautevoix, Qu'y a-ilentre 
moi & toi, Iefus Fils du Dieu fouuerain ? ie te prie ne 
me tormente point. 

25? Car il commandoit à l'efprit immondequ'il fortin: 
hors de l'homme : car il c l'auoit tenu enferré dés long 
temps, Se iceliû eftoit bien lié de chaines , & gardé aux 
ceps : mais defrompantles liens, il eftoit emporté par 
le diable aux deferts. 

3 o Adonc Iefus l'interrogua,difant, Comment as-tu 
nom?& il dit, Legion,car plufieurs diables eftoyét en- 
trésenlui. 

3 1 Et ils le prioyent qu'il ne leur commandait point 
d'allerenl'abifme. 

32 Or là eftoit vn grâd troupeau de pourceaux, paif- 
ians en la montagnerdont ils le prioyent qu'il leurper- 
mift d'entrer en iceux:& il le leur permit. 

33 Les diables donc fortans de l'homme , entrèrent 
dedans les pourceaux- & le troupeau fe rua de haut en 
bas au lac,&f ut eitouffé. 



J aflâ. le dé- 
moniaque, 
entant que 
l'efprit malin 
parloir en la 
perlonne <Ti- 
cclui,commc 
s'il eurt efté 
la mefmepe 
fonne. 

e ou , l'aucir 
détenu en le 
tourmentât . 
ou îauiflànt. 



■SEiaH-&..-IJL£*. 



l£2 



3 4 Et quand les porchers eurent veu ce qui eftoit ad- 
uenu,iJss'entuirent:& elhns partis le racontèrent 
en la ville & par les champs. 
35 Adonc testent fortirent pourvoir ce qui eftoit ad- 
uenu , & vindrent vers Ietus,& trouuerentl homme 
duquel les diables eftoy enrfortis , afsis aux pieds de 
le lus , eltant veftu , & de iens rafsis o\rpolé : dont ils 
eurent peur. 

1,6 Etceuxaufsiquiauoyentveu le tout , leur racon- 
tèrent comme le démoniaque auoit eitédeliuré. 
3 7 Lors toute la multitude de la contrée circonuoi- 
fine des Gadareniens le prièrent qu'il fe partift de de- 
uers eux : car ils eftoyent faifis de grande crainte. Lui 
donc monté en la naîTclle s'en retourna.. 

38 Et l'homme duquel les diables eftoyent fortis, le 
prioit qu'il fuit auec lui. mais Tefus le renuoya, difant. 

39 Retourne-t'en en ta mai Ton, & raconte combien 
grandes choies Dieu t'a faites. Il s'en alla donc pu- 
bliant par toute la ville toutes les chofes que Iefus lui 
auoit faites. 

40 Aduint que quand Iefus fut retourné, la multitu- 
de le receut : car tous l'atrendoyent. 

41 * Lors voici, vnhomrre vint, qui auoitnomïaï- 
rus,îequel eftoit le principal de la fynagogue:&fe met- 
tant aux pieds de Iefus, le pria qu'il vmtt enfamai- 
fon. 

41 Car il auoit vne fille vnique.d'enuiron douze ans, 
quifemouroit. Or comme il s'en alloit, les troupes 
l'emprefibyent. 

43 Adonc vne femme qui auoit vne perte de fang 
depuis douze ans, laquelle auoit defpendu tout fon 
auoir en médecins , & fi n'auoit peu eftre guérie 
de nul: 

44 S'approchant de lui par derrière , toucha le bord 
de fon veftement :& à l'inftant fon flux de iàngs'e- 
ftancha. 

45 Adonc Tefus dit, Qui eft-ce qui m'a touché? Et 
comme tous le nioyent,Pierre dit,&: ceux qui ejîoyent 
auec lui, Maiftre les troupes te prennent & foulent, &j 
tu dis, Qui eil-ce qui m'a touché ? 

4* Mais Iefus dit , Quelcun m'a touché : car r*ai co'- 



* Mat. 9 ] 
Marc 5.zz. 



170 



Evangile 



ou,deli- 
uree. 



i ou , en 
menoycnt 
dueil. 



gnu que vertu eftiffuë de moi. 

47 Celle femme donc voyant que cela ne lui auoit 
point elle caché,toute tremblâte vint:& fe iettant de- 
uant Iui,Iui déclara deuant tout le peuple,pour quelle 
caufe elle l'auoit touché , & comment elle auoit efté 
guérie à l'inftaht. 

48 Et il lui dit, Fille,affeure-toi , ta foy t'a guérie , va 
en paix. 

49 Corne il parîoit encore , quelcun de chez le prin- 
cipal delà fynagogue vint,lui difant,Ta fille eft morte, 
ne trauaille point le Maiitre. 

50 Mais Iefus l'ayant entendu, refpondit au père de 
la fille,difant, Ne crain point : croy feulement, & elle 
fera a guérie. 

5 1 Et quand il fut entré en la maifon , il ne lailfa en- 
trer perfonne, finon Pierre, & laques , & Iehan , & le 
père & la mère de la fille. 

52 Or touspleuroyent,& b la plaignoyent: mais il 
dit, Ne pleurez point, elle n'eftpas morte, mais elle 
dort. 

53 Et ils ferioyent de lui , fachans qu'elle eitoit 
morte. 

54 Mais lui les ayant mis tous dehors, & ayant prins 
la main d J icelle,cria dif.int,Fille,leue toi. 

55 Et Tefprit d'icelle retourna, & elle à l'inftant fe le- 
ua,&il commanda qu'on lui baillaft à manger. 

5 6 Et le père & la mère d'icelle furent eltonnés,mais 
il leur commanda qu'ils ne diflènt à perfonne ce qui 
auoit elle fait. 

C H A P. IX. 

Snuoy des dou\e ^Aposlrcs auec leur commifsion, 7 Herodc 
empefché en fon ejprit du bruit qu'il oit de Je fus. 11 Le 
Seigneur repaifl cinq mille perfonnes de cinq pains & de 
deux poljfons tant feulement , 18 lire de fes Apoflres 
la confefion de la vérité touchant fa perfonne , 22 les 
aduertit de [es fouffrances prochaines , 23 & comment 
jls do'ment eftre disfofes à lef;:iure y 28 fefait voir tranf- 
figuré à trois defes ^Apoïfres, 3 8 dcliure vn enfant dé- 
moniaque, j^6 condamne l'ambition de fes difciples, 51 
fe met en chemin pour fe venir rendre, à fouffrir en Jerit- 



SELON S. LVC. 



171 



ftleitt, ^4 réprime le ^elc inconfideré de laques & Jehan, 
54 & douve trois âiucrjes refponfcs , touchant le moyen 
de le bien future. 

i *Ty Vis après Jefus ayant appelé Tes douze difei- 
1 pies tous enfemble, leur donna puilîance & 
authorité fur toutes fortes de diables,6\:de guérir a les 
malades. 

2 ''Il les enuoya donc publier le royaume de Dieu, 
& guérir les malades, 

3 K Et leur dit,Ne portez rien pour le cheminée ba 
fions, ne malette , ne pain , n'argent : Se n'ayez point 
vn chacun deux habillemens. 

4 Et en quelque maifon que vous entriez,demeurez- 
y, & b vous en allez delà. 

"i Et par tout où on ne vous receura point, en par 
tant de celteville-là, fêcouèz de vos pieds la poudre, 
en tefmoignage contr'eux 

6 Eux donc efhns partis alloyentde bourgade en 
bourgade,euançelizans,&guerirTans par tout. 

1 OrHerode^letetrarqueouit^r/er de toutes les 
chofes que faifoit Iefus:& eitoit en perplexité à caufe 
que quelques vns difoyent quelehan eitoit refïufci- 
té des morts. 

8 Et quelques vns , qu'Elie eitoit apparu : & les au- 
tres , que quelcun des anciens Prophètes eitoit ref- 
fufeite. 

9 Adonc Herode dit, I'ay décapité Iehan:qui eft dôc 
ceihii-ci de qui i'enten telles chofes? Et cerchoitde 
le voir. 

io * Puis les Apoftres eihns retournés, lui raconte 
rent toutes les chofes qu'ils auoyent faites.* Lors Ie- 
fus les print, & fe retira à part en vne contrée deferte 
de la ville appelée Bethfaida. 

1 1 Et quand les troupes le feurent,ils le fuiuirent: & 
lui les ayant receus,leur parloir du royaume de Dieu 
& guernToit ceux qui auoyent faute ae guerifon. 
* Or auoitle îour commencé à décliner, dont 



*Jlf4MO.I. 
mate 6.j. 
« Gr. les ma- 
ladies. 

Mit.io.-j. 

* M.n.iQ.9. 
marc 6.X. 

l> c demeu- 
ez-y iulqiiM 

à tant que 
vous foiriez 
du lieu au- 
quel vous fe- 
rez entres, 
pour ne faire 
en vn me fuie 
lieu pluiîcms 
logis pourfî 
peu de temps. 
£ Mat. 1 o. 
14. piau6. 
1 1 .fou- 1 o. 

ï». 

u Mat. 14. t. 
marc 6.1 a,. 



*Marc 6.iq 
* Mat. 1 4. 
1 ;. 
marc 6.32. 



Il 



les douze venans vers lui, lui dirent, Donne con 
gé à cette multitude , afin qu'ils s'en aillent aux 
bourgades , & villages qui font à Tenuiron , pour. 



* watt. 14. 

1 $.marc 6. 
IfJthà 6. $. 



m Gr. cou- 
che. 



*Matt.i6. 
M- 

ManB.zj 



'■' Mart.i6 

21-& I7.J2.I 
Marc 8. $1 

54 M.itt.10. 
38 ^ î6 24 
Aï<*>c 8.74. 

/OK* 14. 27. 

dM7 ??• 
■îrM itt.io. 

Marc S. 1 j. 
foui 1-7 ? 5. 
8 vi^?.io.5 3 
jAa-c% j8. 

yôi^ 12.9. 

a.rrw.a.i», 



*7* 



Evangile 



s'y retirer &trouuër à manger : car nous Tommes ici 

en pais defert. 

13 Mais il leur dit, Vous autres donnez-leur à man- 

ter. Et ils dirent, Nous n'auôs pas plus de cinq pains 
: deux poifïbns : finon que nous allifsions acheter 
des viures pour tout ce peuple. 

14 Car ils eftoyentenuiron cinq mille hommes. A- 
donc il dit à fes difciples, Faites-les arranger par cin- 
quantaines en chacune a rangée. 

1 5 Et ils firent ainfi,&les firent tous arranger. 

\6 Lors il print les cinq pains & les deux pouTons, & 
regardant vers le ciel, les benit,& les rompit, & les 
diihibua à Tes difciples , afin qu'ils les miffent deuant 
la troupe. 

17 Ainfî en mangerent-ils tous,& furent rafsalîés , Se 
fut recueilli de ce qui leur eftoit demeuré de relie, 
des pièces dfc/w;z, douze panerees. 

18 * Or il ad uint que comme il eiroit à part en priè- 
re, & que les difciples eltoyent auec lui,il les interro- 
gua,difant,Qui dilent les troupes que ie fuis ? 

1 9 Eux refpondans 3 dirent,Le5 zw, Iehan Baptifte : & 
les autres,Élie.&Ies autres,Quekun des anciés Pro- 
phètes efr reflufeité. 

20 Et il leur dir,Et vous qui dites-vous que ie fuis?& 
Pierre refpondant dit, Le Chrifr de Dieu. 

2 r Adonc vfint de menaces il leur commanda qu'ils 

ne le diflènt à perfonne : 

22. Difant j " Il faut que le Fils de l'homme fouffre 

beaucoup, &: foit reietté des Anciens & principaux 

Sacrificateurs, & des Scribes:& qu'il foit mis à mort: 

& qu'il reflufeité au troifïeme iour. 

25 * Puis difoit à tous, Si quelcun veut venir après 

moi, qu'il renonce à foi-mefme, & charge fur foi de 

iour en iour fa croix , & me fume. 

24 f Car quiconque voudra fauuer fa vie,il la perdra: 

mais quiconque perdra fa vie pour l'amour de moi, 

celbii-làlafauuera. 

2? Car que profite-il à l'homme s'il gagne toutle 

monde, & qu'il fe dettruife foi-mefme, & qu'il face 

perte de foi-mefme. 

16 H Car quicôque aura honte de moi &de mes pa- 



SB ION S. IV C. 



7-' 



rôles , le Fils de iTTomme aura honte de lui , quancT il 
viendra en fa gloire ,&: du Pere,& des faincts An 
ges. 

27 * Et ie vous di pour vrai qu'il y en a de ceux qui 
font ici prefens , qui ne goutteront point la mortiuf- 
ques à tant qu'ils ayent veu le règne de Dieu. 

28 • Or aduint enuiron huit iours après ces paroles, 
qu'il print auec foi Pierre,& Iehan, & Iaques,& mon 
ta en vne montagne pour prier. 

29 Et comme il prioitja forme de fa face deuint tout 
autre, & Ion veltement deuint blanc, & refplendiifant 
comme vnelclair. 

30 Et voici , deux perfonnages parloyent auec lui, 
qui elloyer.t Moy fe & Elie : 

31 Qui apparurent en gloire, & parloyent defonif- 
iuë qu il aeuoit accomplir en Ierufalem. 

31 Or Pierre & ceux qui ejioycnt auec lui eftovent 

appelantis de fommeil : & quand ils furent refueillés ; 

ils virent la gloire d'icelui,& les deux perfonnages 

quieftoyent auec lui. 

33 Et aduint comme ces perfonnages -là fe depar- 

toyent d'auec lui, que Pierre dit à Ieius, Maiftre, il ell 

bon que nous foyons ici : faifons-y donc trois taber 

nacles,vn pour toi, & vn pour Moyfe,&vn pour Elie: 

ne fâchant qu'il difoit. 

j4 Et comme lui difoit ces chofes, vne nuée vint qui 

les cnombra j&ainlï qu'ils entroyenten la nuée, ils 

eurent peur. 

3 j Adonc vint vne voix de la nuée, difant, Ceftui-ci 

eit mon Fils bien-aimé, efcoutez-le. 

3* Et commelavoixfeprononçoit,Tefus fetrouua 

feul : & ils fe teurent tous , & ne rapportèrent en ces 

iours-là rien à perfonne de ce qu'ils auoyent veu. 

37 x Or aduint le iourenfuiuant, qu'eux eftansdeû 

cendus de la montagne, vne grand' troupe le vint 

rencontrer. 

3 8 Et voici, vn homme d'entre la troupe s'efcria, di- 

fant,Maiftre,iete pne,regarde à mon fils : car il m'eit 

vnique. 

39 Et voici vn efprit le prend , St il s'efcrie foudaine- 

ment,& a le defrompt b en le faifant efcumer, & à 



•" Mat.ij.t, 
Alan $.1. 



* Marf.17. 
tomate ?. 
*7« 



,'oyrt 
Marc 1.16. 
6 Gr. auec 
cltumc. 



124, 



TTV 



A N <5 I I E 



grande peine fe départ de lui , mefmes en le froif- 
fant. 

40 Or ai-ie prié tes difciples qu'ils le iettaflent hors, 
mais ils n'ont peu. 

41 Et Iefus refpondmt dit, O génération infidèle & 
de iens renuerfé , iufqu'à quand finalement ferai- 
ieauec vous, & vous fupporterai-ie? Amené ici ton 
fils. 

41 Et comme il approchoittant feulement,le diable 
lefroiffa,&ledefrompit:maisIefus tanià l'efpnt im- 
monde^ guérit l'enf ant,& le rendit à Ton père. 

43 Et tous furent eftonnez de la a magnifique vertu 
de Dieu. Et comme tous s'efmerueilloyent de tout 
ce qu'il f aifoit, il dit à Tes difciples, 

44 * Vous autres mettez ces paroles en vos oreil- 
les : car il aduiendra que le Fils de l'homme fera liuré 
es mains des hommes. 

4ï Mais ils n'entendcyent point celte parole , & elle 
leur eftoit tellement cachée, qu'ils ne la comprenoyent 
point: & craignoyent de l'interroguer touchant celte 
parole. 

46 v Puis ils b entrèrent en difpute entr'eux, afïauoir 
lequel d'entr'eux eltoit le plus grand. 

47 Mais Ieius voyant c la penfèe de leur cœur, print 
vn petit enfant, & le mit auprès de foi : 

48 Et leur dit , Quiconque receura ce petit en- 
fant en mon Nom , me reçoit : & quiconque me 
receura, reçoit celui qui m'a enuoyé: Car celui qui 
eit le plus petit d'entre vous tous , ceitui-la fera 
grand. 

49 * Et Iehan prenant la parole, dit, Maiftre,nous 
auons veuqueîcunquiiettoit hors les diables en ton 
Nom : & l'en auons engardé, d'autant qu'il ne te fuit 
point auec nous. 

50 Lors Iefus lui dit , Ne l'engardez point : car qui 
n'eit point contre nous,il elr pour nous. 

5 1 Or aduint quad d les iours de fon efleuation s'ac 
fblurlfb compliftoyent, 4 U ^ drelfa fa hce 3 toutre/oln d'aller 

enlerufalem. 

5 1 Et enuoya des meffagers deuant foi, lefquels par* 

tis entrèrent en vne bourgade des Samaritains , pour 



Gr. Je la 
magnificen- 
ce. 

*Mat. 17. 

12. mxn 9 
31. 



"• vutt 18.1. 
marc 9.1 ~{. 

ou, il fiir- 
in'nt vne di- 
fpute en- 
tt'eux. 

ou, le <iî- 
fcours, ou 
larraifonnc- 
mcnr. 



sure 9. 



n 



i aff>. îcteps 
cie fu mou 



fcité,îlaefté 

clcué puis 
après en 
gloire. 



SEtON 8. IVC. 



*3t 



lui préparer logis. 

53 Mais les Samaritains ne le receurent point, pour- 
tant que la face ettoit comme de celui quialloitenle- 
rufàlem. 

54 Et quand Tes difciples , affauoir laques & Tehan 
virent cela, ils dirent,Seiçneur, veux-tu que nous di- 
fîons>que le feu defeende clu ciel,8c*les confume,* co- 
rne aufsi fit Elie? 

55 Mais Iefus fe retournant les tanfa, & dit, Vous ne 
fauez a de quel efprit vous elles quant à vous. 
55 Car '■' le Fils de l'homme n'efl point venu pour fai- 
re périr les âmes des hommes, mais pour les fauuer. 
Ainfi ils s'en allèrent en vne autre bourgade. 

57 x Et aduint comme ils alloyent par le chemin, 
qu'vn certain lui dit, le te fuiurai Seigneur, quelque 
part que tu ailles. 

58 Mais Iefus lui refpondk, Les renards ont des fof- 
fes , & les oifeaux du ciel ont des nids : mais le Fils de 
l'homme n'a point où repofer la telle. 

5P * Puis il dit à vn autre, S ui-moi: lequel dit, Per 
mets-moi premièrement d'aller enfeuelir mon pè- 
re. 

éo Iefus lui dit , Laifle les morts enfeuelir leurs 
morts : mais toi va,&" annonce le royaume de Dieu. 
61 Lors vn autre aufsi dit, le te fuiurai, Seigneur: 
mais permets-moi de prendre premieremét congé de 
ceux qui fonten mamaifon. 
6z Mais Iefus lui refpondit, b Nul qui met la main à 
la charue, & regarde en arrière , n'elt bien difpofé 
pour le royaume de Dieu. 



*z.Rois 1. 
10.12. 



* c. quele- 
fprit vous 
goutierne, on 
induit à vne 
telle penfee, 
(bus ombre 
devofhczela 
entiers moi. 
'•'Ichi ^.17. 

* Mat. 8.19. 



^Mat.S.ix. 



C H A P. X. 

Enuoy des feptante ,& leur commifîion, 10 Déclaration 
de la condition dei lieux qui auront mefprifé la parole de 
Dieu. 21 Le Seigneur recognoifl que c'ejl du feul bon 
plaifir du Tere dont procède la manifestation de fa vérité, 
1 3 rend tefmoignage à Ces fidèles de l'auantage qu'ils ont 
par deffm les anciens, 1 5 refpond à va docteur de la Loy 
touchant famour du prochain, 38 & rcmonsïre à Mar- 
the en quoi fa fieur eji mieux aduifee qu'elle. 



f> Ceci fem- 

bleeftreprins 
d vu proucr- 
bc ancien, 
qu'il ne faut 

λas mettre vn 
îommo trop- 
icune à con- 
duire la cha- 
rucpoui mô- 
ftrer que nul- 
le charge pu- 
blique ne 
"oit cure co- 
mife à ceux 
cjui n'en fonc 
pas capables- 



aflâu. pour 
ofter tout 

Îrerexre aux 
Ifffs de na- 
Uoir cftc fut" 
fîOmment 
aduerris de 
fa venue. 

*-' Mat. 10. 

16 

** 2R0O4, 

a 9. 

^M/w/;.io. 

12. 

Aforc 6. 10. 



è ou, de ce 
cjuils vous 
pre [enteront. 
* Deut. 24. 
14 mai. 10. 
10 x.tim 5. 
18. 



17* 



EvAKGItE 



Ï4./5» 9.5. 
*4#. 13.51 



20. 



I /"\ K après ces chofes le Seigneur en ordonna 
V_/ aufsi feptâte autres,&!es enuoya deux à deux 

deuant fa face, a en toute ville & lieu ou il deuoit 

venir. 

z Et leur difoit, * La moifToneft grande, mais //^ a 

peu d'ouuriers: priez donc le Seigneur de la moif- 

fon,qifil pouife des ouuriers en famoiflbn. 

3 Allez, '" Voici,ie vous enuoye comme agneaux au 
milieu des loups. 

4 Ne portez ne bourfe,ne malette,ne fouliers:* & ne 
faluez peribnne par chemin. 

y t Et en quelque maifon que vous entrerez , dites 
premièrement, Paix Coït à celte maifon. 
6 Que fî quelque enfant de paix elt là, voftre paix re- 
pofera fur icelui : linon, elle retournera à vous. 

Et demeurez en celte maifon-là mangeans Se beu- 
uans b de ce qui fera mis deuant vous :" carl'ouurier 
eft digne de fon falaire. Ne pafTez point de maifon en 
maifon. 

8 Mefmes aufsi en quelque ville que vous entrerez, 
& qu'ils vous receuront, mangez de ce qui lêramis 
deuant vous. 

9 Et gueriflèz les malades qui feront en icelle,3deur 
dites,Le royaume de Dieu elt approché de vous. 

10 Mais en quelque viiîe que vous ferez entrés, & ils 
ne vous auront receus , iortez es rues d'icelle, & 
dites, 

I I * Nous fecoiïons cotre vous mefme la poudre de 
voftre ville,qui s'elt attachée à nous: toutefois fâchez 
cela,que le royaume de Dieu eft approché de vous. 

12 Or ie vous di , qu'en celte iournee-là ceux de So- 
dome feront plus tolerabiemêt traittés que celle vil- 
le-là. 

13 # Mal-heur fur toi Chorazin, maî-heur furtoi 
Bethfaïda • car il enTyr & Sidon euffent eité faites 
les vertus qui ont elle faites en vous',iadis gifans auec 
fac & cendre, ils fe fulfent amendés. 

14 Pourtant Tyr& Sidon feront plus tolerablement 
traittees au iugement que vous . 

15 Et toi Qapemaum , qui as elle elleuee iufqu'au 
ciel, tu feras abbaiifee iufqu'en enter. 
16 "Qui. 



SELON S. 1VC. 177 

ï * Qui vous efcoute , il m'efcoute, & qui vous re- 
iette , il me reiette : or qui me reiette, il reiette celui 
quinVaenuoyé. 

1 7 Or les feptante s'en reuindrent auec ioye , difans, 
Seigneuries diables mefmes nous font aiïiiiettis en 
ton Nom. 

18 Etilleurdit, a IecontemployeSatan tombant du 
ciel comme vn efclair. 

19 Voici , ie vous donne puiflfance de marcher fur 
ferpens , & fur fcorpions, & fur toute la force de l'en- 
nemie rien ne vous blefTera. 

io Toutesfois ne vous efiouïffez point en ce que les 
efprits vous font aiïuiettis , mais efiouifTez-vous 
pluitoll, b pource que vos noms font efcrits es 
cieux. 

h En ce mefme infhntlefus s'efîouïten efprit, &: 
dit , le te ren grâces , ô Pere,Seigneur du ciel &" de la 
terre, de ce que tu as caché ces chofes aux fages & 
entendus,& les as reuelees aux petis enfansill eit ain- 
fi Pere,pourtant que tel a elté ton bon plaifïr. 

22 * Toutes chofes m'ont efté données en main de 
mon Père : & * nul ne cognoift qui eit le Fils, fînon le 
Père : ne qui cille Pere,finon le Fils : & celui auquel 
le Fils le voudra reueler. 

23 Puis fe retournant vers les difciples, il dit à part, 
1 Bien-heureux font les yeux quivoyent ce que vous 
voyez. 

24 Car ie vous di, que plufîeurs Prophètes &Rois 
ont defiré de voir les chofes que vous voyez, & ne 
les ont point veuès: & ouïr les chofes que vous oyez, 
&ne les ontpoint ouïes. 

15 * Alors voici vn docteur de la Loy, qui feleua le 
téntant,& difant,Mailtre, En quoi faifant heriterai-ie 
la vie éternelle? 

16 Auquel il dit,Qu 5 clt-il efcrit en la Loy ? comment 
hs-tu ? 

27 Eticelui refpondit,&dit, * Tu aimeras le Sei- 
gneur ton Dieu de tout ton cœur , & de toute ton a- 
me,& de toute taforce,&detoutetapenfec:* &ton 
prochain comme toi-mefme. 
18 Alors il lui dit, Tuas droitement refpondu : fai 
M 



* Matt.to. 
40.iehan 1 3 
20. 



* comme ri 
difoir,Ie pre- 
uoyoy' bien 
la fubi te rui- 
ne & destru- 
ction du roy- 
aume deSatî 
par l'aduan- 
cement de la 
prédication 
de l'Euangi- 
le. 

1 c. de ce 
cjue vous c- 
ftes cfleus & 
ordonnes à 
vie éternelle, 
comme vous 
enauezre/l 
moignage en 
vos cœurs 
par l'Efprit 
d'adoption. 

y MJttt.ii, 

* Jehan 3 

15- 

^Jfehat.iZ 
&6. 4 6. 
n Mat. il 



* Wlatt- 22 
3 5. marc xi. 
S*. 



* Deut.6. S 

* Leu.19.it 



e. (c main- 
tenir iufte, 
& qu il aaoic 
accompli ia 
vraye dire- 
ction com- 
prinfe en la 
Loy. 



h affau. deux 
pièces de 
>.moyc 
courante 
pour lors. 



7 A N G I L E 



e afljut.en rc- 
:ognoifïVat 
parciculiere- 
ment pourto 
prochain tou 
te perfonne 
qui eft en af- 
fliction. 



cela, &tuviuras. 

zp Mais icelui fe voulant a iuftificiyiit à Iefus.Et qui 

elt mon prochain? 

30 kfus refpondant,dit, Vn homme defeendok de 
Ierufalern en Terico,& tomba entre les mains des bri- 
gands qui le defpoiïillerent,& après qu'ils l'eurent 
nauré de pèufieurs coups,ils s'en allerentje biffons à 
demi mort. 

31 Or par rencontre vn Sacrificateur defeendoit 
par le mefme chemin,& quand il le vid,il pafïà de l'au- 
tre cofté. 

3 2 Semblabiement aufsi vn Leuite eftât arriué à l'en- 
droit, & le voyant,paffa de l'autre cofté, 

33 Mais vn Samaritain paffant fon chemin , vint 
à l'endroit d'icelui,& le voyant fut efmeu de com- 
paision. 

34 Et s'approchant lui refferra Tes playes,& y mit 
deiTus de l'huile & du vin : puis le mit fur fa befte , & 
le mena en 1 hof leilerie, & le penfa. 

35 Le lendemain au départir il tira deux b deniers, 
&les bailla à l'hofte,& dit, Penfe-le:& tout ce que 
tu defpendrasd'auantage,iele te rendrai à mon re- 
tour. 

■3,6 Lequel donc de ces trois te femble auoirefté le 
prochain à celui qui tomba entre les mains des bri- 
gands ? 

37 Et il lui dit, Celui qui a vfé de mifericorde en- 
uers lui. Iefus donc lui dit, Va, c & fai toi aufsi le 
'femblable.^ 

3 8 Or aduint comme ils s'en alloyent , qu'il entra en 
vne bourgade : & vne femme nommée Marthe le re- 
ceut en fa maifon. 

39 Or elle auoit vnefœur nommée Marie, laquel- 
le aufsi fe tenant afsife aux pieds de Iefus, efeoutoit 
fa parole. 

40 Et Marthe eftoit difrraite à faire beaucoup de 
fcfuice : laquelle eftant furuenue vers lui, dit, Sei- 
gneur, ne re chaut-il point que ma fœur me laiiTe fer 
uir toute feule ? di lui donc qu'elle m'aide aufsi de fon 
cofté. 

41 Et Iefus refpondant } lui dit , Marthe , Mar* 



SE t ON 5. 7 V C. 179 

the , tu as fouci , & te trauailles après beaucoup de 

chofes. 

4 i Mais vne chofe eftneceiTaire,or Marie a choifila 

bonne » part,qui ne lui fera point offee. 

C H A P. XI. 

JeÇus Cbnft injlruit [es di(< iples comment il faut prier Dieu 
5 e> de quelle instance & ajjeurance il le faut prier , î 4 
de Hure vn démoniaque , 17 maintient javertu dintne 
qu /7 de sployoit, contre les blajpbemes des Tbarijkns , 14 
C^ les menaces que l'esprit malin r' entrera en eux plus que 
jamais , 2> rcdar^ite ceux dé ces temps-la de leur fin dur- 
cijjement inexcusable , 33 remouslre quelle ejtlavraye 
cognniljance de la vérité , 3 9 & reprend viuement l'by- 
ûocrifTe & impiété des Scribes^barifiensy & Douleurs de 
la Loy. 

IL iiduint aufsi comme il effoit en prière en quel- 
que lieu, après qu'il eut cetîe\ que quelcun de Tes 
dite iples lui dit,Seigrieur,enfeigne-nous à prier,ain- 
fî que Iehan aufsi a b enfeîghé les difciples. 

2 Et il leur dit,* Quand vous prierez, dites, N offre 
Père qui es es cieux, Ton nom (bit fanaifiéi Ton rè- 
gne viene. Ta volonté foit faite en la terre comme 
au ciel. 

3 Done-nous c de iour à autre noffre pain quotidien. 
Et nous pardonne nos péchés : car nous pardon- 
nons aufsi à tous ceux qui nous doiuent. Et ne nous 
indui point en tétarion , mais nous deliure du malin. 
ï Puis il leurdit, Qui fera celui d'entre vous qui 
aura vn ami, lequel ira à lui à la minuidl, & lui dira, 
Ami,preffe-moi trois pains : 

6 Car vn mien ami m'ettiuruenu en paffant,&ie n'ai 
rien pour lui prefenter : 

7 Et que celui qui eff dedans refponde, &r die, Ne me 
fafche point:car défia ma porte elt rèrmee,& d mes pe- 
tis enfans font aueemoien la couche :ie ne me puis 
leuer pour t'en donner? 

8 le vous dijaçoit qu'il ne fe leue point pour lui en 
donner,pourtant qu'il e(t fou ami.toutesfois pour fon 
e importunité il fe leuera, & lui en donnera autant 
qu'il en aura befoin. 
. MJi 



afTaU.dc va- 
quer tciir 
prcmicrcmcc 
a ce qui con- 
cerne le roy- 
aume do 
Dieu. 



3(T en 1er* 
dônant quel- 
que formu- 
laire parrîcu- 
licr de prière 
& ovation- 
* Mat.fi o. 
c ou, iour- 
nejlement» 



: 

d c. nous 
fommes toits 
retires ,8c n'y 
a ordre de 
nous penfet 
faire leuer 
maintenant. 
e G. impu- 
dence : c. ia-\ 
flanc-fans 
aucun ç& 
gatd. 



& 21.22. 

marc 11.14. 
]fehan 15. 7, 
__7. 1.6I. 
*e/?<*« 3.22. 
• Mauh.J.9. 



t8o 



c\ tour ac 
croisement 
des grâces 

fpintuelles. 

(£•12.22. 

e^ 12.24. 
!l Mat. 16.1. 

«m 3.24. 



TAHUB 



i voyez E- 
xod.g.i^. 



9 Et moi,ie vous di, * Demandez,& il vous fera don- 
né:cerchez,& vous trouueres ; heurtez à U porte, & il 
vousfeiaouuert. 

10 Car quiconque demande, reçoit :& qui cerche, 
trouue : & à celui qui heurte,il fera ouuert. 

n '•* Que fi vn enfant demande du pain à quelcun 

d'entre- vous qui ioit père, lui baillera-il vne pierre? 

Ous'il demande du poiffon, lui baillera-il au lieu de 

poifîonvnferpent? 

n Ou s'il demande vn œuf, lui baillera-il vn feor- 

pion? 

13 Si vous donc quieltesmauuais,fauez donnera 
vosenrans chofes bonnes, combien plus voftre Père 
celefte donnera-il le a fainctEfprità ceux qui le lui 
demandent ? 

14 * Lors il ietta hors vn diable , qui eftoit muet • Se 
aduint quand le diable fut forti,que le muet parla: dôt 
les troupes s'efmerueillerent. 
i? Et quelques vns d'entr'eux dirent, * C'eit par 
Beelzebub prince des diables , qu'il iette hors les dia- 
bles. 

16 Mais les autres pour le tenter , D lui deman- 
doyentfigneducieL 

17 * Mais lui cognoiiïant leurs penfees, leur dit, 
Tout royaume diuifé contre foi-mefme fera réduit en 
defert , & toute maifon diuifee contre foi-mefme s'en 
va bas. 

18 .Que fi Satan eft aufsi diuifé contre foi-mefme, 
comment fubfiftera fon règne ? pourtant que vous di- 
tes que par Beelzebub ie iette hors les diables : 

9 Que fi ie iette hors les diables par Beelzebub, vos 
fils par qui les iettent-ils hors ? pour celte caufe ferôt 
ilsvosiuges. 

20 Mais fi ie iette hors les diables par b le doigt de 
Dieu, certes le règne de Dieu eit paruenu à vous. 

t Quand vn fort homme bien armé garde fon hoftel, 
les chofes qu'il a,font en feureté : 
22 Mais fi vn plus fort que lui furuient qui le furmo- 
te , il lui oite toutes fes armes , efquelles il fe confioir, 
& départit fe$ defpouilles. 

3 Qui n'eft auec moi , il eft contre moi : & qui n 



SELON S. .IV r. 



JLSl 



recueille auec moi, il efpard. 

24 * Quand l'efprit immode eft forti de quelque ho 
me,il chemine par lieux fecs,cerchant repos :& n'en 
trouuant pointjdit, le retournerai en ma maifon, d'où 
ie fuis forti. 

25 Et quand il vient, il la trouue baliee & parée. 

16 Etadoncil s'en va, & prend auec foi fept autres 
efprits pires que lui : & y entrent & habitent là : telle- 
ment '■' que la dernière condition de ceft homme-là 
eft pire que la première. 

27 Or aduint côme il difoit ces chofes, quVne fem- 
me d'entre les troupes efleua fa voix , & lui dit , Bien- 
heureux eft le ventre qui t'a porté, & les mammelies 
quetuastettees. 

28 Adonc il dit, Mais pluftoftbien-heureuxyô;zr ceux 
qui oyent la parole de Dieu, & a la gardent. 
19 Et comme les troupes s'amafïbyent, il fe print à 
dire,** Celte génération eft mefchante : elle demande 
fîgne, Se figne ne lui fera point donné, * fînon le fîgriè 
de Ionas le Prophète. 

30 Car corne Ionas fut figne à ceux de Niniue , ainfî 
le fera aufsi le Fils de l'homme à celte génération. 

31 "La roine de Midi fe leuera au iugement auec les 
hommes de cefte generation,&les condânera : pour 
tant qu'elle vint du bout de la terre pour ouïr la fa 
pièce de Salomoni&voici,^ a ici plus que Salomon. 

32 * Les gens de Niniue fe leueront au iugement a- 
uec cefte génération, & la condamneront: pourtant 
* qu'ils fe font amendés à la prédication de Ionas : & 
voici,/*/;' a ici plus que Ionas. 

33 * Or nul n'allume la châdelle,&: la met en lieu ca 
ché.nefousvn bohTeau: mais fur le chandelier, afin 
que ceux qui entrent voyent la lumière. 

34 v La chandelle du corps, c'eft l'œil: fi donc ton 
oeil eft n*mple,touttô corps aufsi fera b efclairérmais 
s'il eft malin,ton corps aufsi fera tenebreu x. 

35 Regarde donc que la lumière qui eft en toi ne 
foyent ténèbres. 

36 Si donc tout ton corps eft efclairé,n'ayant aucu- 
ne partie tenebreufe , il fera efclairé par tout > comme 
quand la chandelle t/efclaire par fa c lumière. 
_ M iij 



* Matt. 
43. 



•• z.Tiern 
2.20, 



c. s'y adon- 
nent de bon 
cœur pour ' 

1 en unirc. 

;{ Mil 12.38 

■£ Ionas z. 1. 



11 1. 7{ois 

IO.J. 

z.tron.9.1. 
mat, 12.41. 

4» Matt. 12. 

41- 

* louas î, . 5 , 



marc 4.21. 
(m 8.16. 



'•' Mat.é.ii. 

b ou 3 efclai- 
ranr. 



f ou, lueur. 



iSa 



v . a N 



GUE 



37 Et comme il parloit , quelque Pharifien îe pria de 
difner chez lu};& Iefus y entra, & le mit à table. 

38 Mais le Pharifien * s'efmeruei'la de ce qu'il vid 
qu'il ne s'eftoitpremieremaitlauédeuant le difher 
33? Et le Seigneur lui dit," Vous au v res Pharifiés net- 
toyez le dehors delà coupe & du plat: mais a le de- 
dâs de vous elt tout plein de rapine & de mefchâceté. 

40 Infenfes, celui qui a fait le dehors,n'a-il pas fait 
aufsi le dedans ? 

41 Mais piuitoit eflargifTez en aumofne ce que vous 
auez, & voici, b toutes chofes vous feront nettes. 

41 * Mais mal-heur fur vous Pharifiens : car vous 
difmez bien la menthe, & la rue, & toute manière 
dherbage, & biffez en arrière le iugernent & lâcha- 
nte de Dieu : il faloit faire ces chofes ici,& ne laiffer 
point celles-là. 

*M<*f.ïj.£ % Mal-heur fur vous Pharifiens, qui aimez les 
[ou* 20. 46Jp rem,eres fonces es fynagogues , & les falutations 
es marchés. 

44 " Mal-heur fur vous Scribes & Pharifiens hypo- 
crites : car vous elles comme les fepulcres qui n'ap- 
paroilfent point , & les hommes qui palfent par deflus! 

Sans S45 Alors qutlcun d des docteurs de la Loypnnt Iej 

î£% £i + P ro P°Sî& lui dit,Maiftre,en difât ces chofes tu c nous 1 

ftoyentinter- dis <Ul r si outrage, 

46 Et il dit,* Mal-heuraufsi fur vous docteurs de la 
loy : car vous chargez les hommes de charges impor- 

C M tables, mais vous-meimesne touchez point les far- 

1 p i 111 1 • 

deaux de 1 vn de vos doigts. 

47 * M al-heur lui* vous ; car vous bairiiTez les fepul- 
cres des Prophètes, f le f quel s vos pères ont tues. 

48 Pour vrai tefmoignez-vous que vous confentez 
aux adtes de vos pères": car ils les ont tués,& vous ba- 
itiffez leurs fepulcres. 

42 Pour cette caufe aufsi laSapience de Dieu a dit, 
le leur enuoyerai des Prophètes & des Apoilres, 
ils en tueront, & en dechaflferont: 
40 Afin.quele iàng de tous les Prophètes, qui a ti\é 
refpandu de'sJa fondation du monde,foit redemandçj 
de cefte mion* , . ■ 



*Mdrç 7 5. 
'•' Matth. 23. 

« Gr. voftre 
dedans. 



t c. %-s 

vous p >ur- 
rez vfer de 
toures chofes 
en bonne cô- 
feience. 



affa.de ce 



prêtes de [2 
Loy, mais 1 
doiteurs pou 
Uoyeat 
ceux qui e 
ftoyeut gra 
dues entre 
les Iuifs. 

*4ëi. iç.io 
& Manb,i$, 

29. 

e ou, nous 
fais aufsi 
tort. 

f on, 8c ce 
foit vos pè- 
res qui les 
ont tués. 



SELON S. IV C. 



iSi 



: * Depuis le fangd'AbelJufqu'au fang'-'deZacha- 
rie qui fut tue entre l'autel cV: le temple : voire ie vous 
di qu'il fera redemandé à cette nation. 
5i * Mal-heur fur vous docteurs de la loy : c.ir avans 
retiré la clef z de cognoiifance , vous-mefmes n'v 
cires point entrés, &aucz engardé ceux qui y en- 
troyent. 

53 Et comme il leur difoit ces chofes, les Scribes Se 
les Pharifiens fe prindrenr à le tenir de près 3 & à lui 
tirer de la bouche pluf eurs cholVs : 

54 En l'efpiant, & tafchantde recueillir captieufe- 
ment quelque chofede fa bouche, afin qu ils l'accu- 
fartent. 

C H A P. X II. 

Le Seigneur instruit fis difciplcs à je garder du leuain des 

Pharijicns , 4 &a fe fortifier en la craint 
raine puiffance de Tticu, 11 & eulapromefje di 
Jlancedu S. S (prit à ceux qui feront receubfa peur main 
tenir fi vérité y 15 redargue l'auaricc & la fôlitilvde 
des chofes de cejte vie, 3 5 c^ recommande au.\ fiens leur 
deuoir en leur charge , 4^ adiou[lani vn aduertifjemt nt 
touchant l'i/pte de la publication de fan Euangi 'c , 6S & 
comme il ne faut différer à Je réconcilier auec fon pro- 
chain. 

1 /^> Ependant les troupes s'eftâs aflembleesà mi- 
V-> liers, tellement qu'ils (efouloyent les vftsles 
autres,ilfeprintàdire àlèsdilcipîes, * b En premier 
lieu donnez-vous garde du leuam des Pharinens ; qui 
elthypocrifie. 

1 M Car rien n'eft couuert, qui ne doiue eftre reuelé: 
&Wcv/tfV/2caché ) quinedoiuee(trecognu. 

3 Pournnt les chofes que vous auez dites en ténè- 
bres, feront ouïes en lumière: & ce dont vous auez 
parlé en l'oreille, es chambres, c fera prefché fur les 
maifons. 

4 * Or à vous mes amis ie di, N'ayez point de peur 
de ceux qui tuent le corps , & qui après cela ne fau- 
royent rien faire d'auantage. 

5 Mais ie vous monitrerai qui vous deuez craindre: 
craignez celui qui apuiflance , après qu il a tué,d en- 
- M iiy 



Î.O0.24. 
21. 

* Niait 2$. 

I?. 

u, d'in- 

Itruclion. 



'> nu. fnrrou- 
:es chofes. 

. . 
16 m.vt 4. 
22./W ^.17, 
«i* siatth. 10. 

c'eft pont 
monftrer ii> 
me la verite 
ne cet cl c 
p ■],'. d'elÛÈ- 
mc'me à c- 
ftre tachée, ne 
:e : ce 
ei\ le pro- 
pre <kl livpn- 
rifie&t'aulfil 
uoCumc. 



i aflTau. qu'il 
ne fâche ce 
qu'il lui plaift 
qu'il demcne. 

marc$.i2. 
I.tirn. 2.12. 
** t*at.\ i.j i 
marc $.2**. 
l.iehan 5.16 

•î: M.imo. 

19. >».?><; 13. 

li.fotuii. 

14. 

b ceci fcmble 
eftrc ici rap- 
porté parti- 
culièrement, 
pour remar- 
quer la diffé- 
rence qu'il y 
a entre ceux 
qui en leur 
infirmitc n'ad 
uouent pas la 
verité,& ceux 
qui vuident 
comme leur 
cœur de tout 
amour de ve- 
ritc,iufquesà 
combarre cô 
tre icelle de 
malice déli- 
bérée. 

ou, prefen- 
teront. 
d afifau. pour 
auoir cefte 
charge d'or- 
dinaire: dau- 
tant que le 
Seigneur n'a 
voulu s'entre 
mettre de ce 

}ui n'eftoit 
e fa vocatiô 
exprefie. 
Sccl. 1 1 . 1 9 
ou, ce n ; eft 
point en ce 
qui abonde à 
«juelcun que 
ftvicconfifte 
en fon auoir- 

ou , mes 
frwdte. 



[84 



ijLAJsU5.JLX^_ 



uoyer en la géhenne : voire , ie vous di , craignez ce 

itui-la. 

6 * Ne vend-on pas ci nq petis paffereaux deux pites, 

6 vn feul d'iceux n'eft point a oublié deuant Dieu. 

7 Mefmes aufsi tous les theueux de voftre telle font 
contés: ne craignez donc point: vous valez mieux 
que beaucoup de palïereaux. 

Or ie vous di que quiconque me confeffera de- 
uant les hommes,le Fils de l'homme le confefTera auf- 
fî deuant les Anges de Dieu. 

Mais qui me reniera deuant les hommes, il fera re- 
nié deuant les Anges de Dieu. 

10 * Et b quiconque dira parole contre le Fils de l'ho- 
me, il lui fera pardonné: mais à celui qui aurablaf- 
phemé contre lefain&Efprit, ilng lui fera point par- 
donné. 

11 * Et quand ils vous c emmèneront aux fynago- 
gues, & aux Magiitrats & puiffances,ne foyez en fou- 
ci comment ou quelle chofè vous refpondrez,ou que 
vous aurez à dire. 

12, CarlefaindtEfpritvousenfeignera encemefme 
initant-là ce qu'il vom faudra dire. 

1 3 Et quelcun de la troupe lui dit, Maîftre, di à mon 
frère qu'il partage auec moi l'héritage. 

14 Mais il lui rejponâit,0 homme,qui m'a d eltabli iu- 
ge ou partageur fur vous? 

if Puis il leur dit, Voyez, & vous gardez d'auari ce: 
car e encore que les biens abondent à quelcun,fï n'a-il 
pas vie par fes biens. 

16 Et leur recita vne similitude , difant , Les 
champs de quelque riche homme auoyent rappor 
té à foi fon : 

17 Dont il penfoiten foi-mefme , difant, Que ferai- 
ic , car ie n'ai point où ie puifîe afTembîer mes 
frui&s ? 

18 Puis il dit, H Voici que ie ferai : i'abbatrai mes 
greniers,& en baitirai de plus grands,&y affemblerai 
tous f mes reuenus & mes biens. 

19 Puis dirai à mon ame, Ame , tu as beaucoup de 
biens affembl^s pour beaucoup d'années : repofe-toi, 
mange,& boi, & fai grand* chère. 



«>r nu «■ 1. V<!. 



JS 



zo Mais Dieu lui dit , Infenfé , en celle mefme nuicl 

* on te redemandera ton ame , & les chofes que tu b as 
appreftees à qui feront-elles? 

21 Ainfi en prend-il de celui qui fait grand amas de 
biens pourfoi,&n'e/?point c riche en Dieu. 
il Adonc il ditàfesdifciples, *Pourcelrecaufe ie 
vousdi, ne (oyez pointen fouci de d voftre vie, que 
vous mangerez:ne de voftre corps, dequoi vous ferez 
veftus. 

13 La vie eft plus que la viande,& le corps plus que 
vertement. 

24 Confiderez que les corbeaux ne fement point ni 
nemoifibnnent, &fi n'ont point de celier, ne de gre- 
nier, '•'& toutesfois Dieu les nourrit:de combien valez 
vous mieux que les oifeaux? 

27 Et qui eft celui de vous qui par fon fouci puifle ad 
iouftervne coudée à faftature? 
■l6 Si donc vous ne pouuez mefme ce qui eft tref-pe- 
tit,pourquoi eftes-vous en fouci du refte? 

27 Confiderez comment croifTent les lis , ils ne tra- 
uaillent,ni ne filent, & ie vous di que Salomon mefme 
en toute fa gloire n'eftoit point veftu comme lVn 
d'eux. 

28 Que fi Dieu reueft l'herbe qui auiourd'hui eft au 
champ, & demain eft mife au four,combien plus vous 

'ireucftra-il, o gens de petite foy? 
19 Vous donc ne demandez point que vous mange- 
rez , ou que vous boirez , & ne foyez point en fu- 
fpens: 

30 ( Car les gens de ce monde font après à recer 
cher toutes ces chofes: mais voftre Père fait que vous 
auez befoin de ces chofes.) 

3 1 Ains pluftoft cerchez le royaume de Dieu, & tou- 
tes ces chofes vous feront baillées par deflus. 
3 2 Ne crain point , petit troupeau : car le bon plaifir 
de voftre Père a efté de vous donner le royaume. 
3 3 Vendez ce que vous auez,& dônez-e n l'aumofne: 

* faites vous des bourfes qui ne s'enuieilliflent point, 
vn threfor es cieux qui ne détaille iamais^d'où le larrôV 
n'approche point, e^ oh la tigne ne gafte rien: 
34 Car là où eft voftre threfor, la aufsi fera voftre 



« Gr. ils te 

redemandée. 
h comme qui 
<iiroit,Tes 
grandes pro- 
uifions. 
c ou, enuers 
Dieu: c qui 
cftji, triche 
en bonnes 
cemircs & en 
pieréjdcpend 
delà proui- 
dece du Sei- 
gneur pour 
«erepoferfur 
luifcul, &n5 
fur les biens 
de ce Mode. 
*Mat.6.2$. 
d Gr. vortre 
ame : & ainfi 
au ver.?;. 
■■•P/î.147*. 



XMat.6.10. 
oui 1 6.9. 
1. tint. 6. 19, 



Mat, 4 4: 

apoc. 3.3. ©<■ 
16.15. 

d voyez 
Mate. 14. 25- 

e c. entre- 
prend de fe 
renJremai 
ftre & vfi 
pareur fur la 
Biaifbn de 
fon Sei- 
gneur,^: rrai- 
ibrme le mi 
niîtere qui 
lui aiioit cité 
commis en v 
ne domina- 
tion tempo- 
relle & du 
tout ryranni 
quc&apofta 
tique , enco- 
re^ qu'il do 
ne à encen 
dre. quec'ert 
à borir.e in- 
tention , & 
pour la co.n 
îèruation de 

de i'kglife. 
f ou, le met 
CH a a rang. 



■8,< 



E v 



AJS . fi T m 



*i.Çfci.i3 cœur. 

çofde^eut 3 ï * QH e vos a reins foyent trouffes , & vos b chan- 

quife:icnenc delleS aliumeeS. 

Semc \n * * Et 9 ue vous jfyexfemblables aux feruireurs qui at- 
œuurccnfe rendent leur maiftre quand il retournera des nopees, 
ri^cauVe a ^ n ^ ue <l uan d il f era venu,& heurtera à la porte, incô- 
de launicià tinent ils lui ouurent. 
laquelle eft ~ ? Bien-heureux /to ces feruiteurs-là que le maiftre 

accompare le ■> .„ J ... . _ ~ . , . 

temps queles trouuera veirtans,quand u arnuera. En vente le vous 
fidèles ont à & qu'il fe trouflera , & les fera mettre à table , & L s'a- 

demeurer en * ' 1 r • 

ceMondceo uancant les feruira. 

attcndantie 38 '•' Que s'il arriue furla feconde d veille,&pareille- 
r ol n paflint ment mr I a troifieme , & qu'il les trouueainfî, bien- 
pa- mieux, heureux font ces feruiteurs-là. 



19 * Or fâchez ceci, que file père de famille euft feu 
à quelle heure le larron euft deu v enir,iî euft veillé., & 
n'euft point laiiTé percer fa imifon. 

40 Vous dôc aufsi fovez prefts:car à l'heure que vous 
ne cuiderez point, le Fils de l'homme viendra. 

41 Lors Pierre lui dit, Seigneur,dis-tu celte fîmilitu- 
de pour nous, ou aufsi pour tous? 

41 Et le Seigneur dît» "f Mais qui eft le defpenfier fi- 
dèle &prudent,que le maiftre aura eftnbli fur fon mef- 
nage pour leur donner en temps l'ordinaire? 

43 Bien-heureux eft et feruiteur-là que fon maiftre 
trouuera ainfî faifant,quand il arriuera. 

44 le vous di pour vrai, qu'il l'eftablira fur tout ce 
qu'il a. 

45 Que fi ce feruiteur-là c dit en fon cœur,Mon mai- 
ftre met longtemps àvenir,&qifilfeprene àbatreles 
feruiteurs &les feruantes,& à manger,& à boire, & à 
s'enyurer. 

4^ Le maiftre de ce feruiteur-là viendra au iour qu'il 
ne /'attend point , & à l'heure qu'il ne fait point , & le 
fèparera, & r le traittera de mefmes les defloyaux. 

47 Or ce feruiteur qui a cognu la volonté de fon mai- 
ftre, & ne s'eit point mis en dcuoir, &rn'a point fait fe- 

on h volonté d J icelui,fera batu de plufieurs coups. 

48 Mais celui qui ne l'a point cognuë,ôc a fait chofes 
dignes d'ejtï&batu , fera batu de moins de coups". & à 



SELON S. L V C. 



m 



vn chacun qu'il aura eflé beaucoup donné , beau- 
coup lui fera redemandé: & à celui à qui il aura e- 
iré beaucoup commis , tant plus lui iera il rede- 
mandé. 

4 y * le fuis venu mettre le feu en terre : & que vueil- 
ie/>//*.v s'il eft ia allumé? 

50 Orai-ie à ettre* baptizéd'vnbaptefme, cV com- 
ment fuis-ie prefleiufqu'à ce qu'il Toit parfait? 

51 Cuidez-vous queiefoye venu mettre la paix en 
terre?Non, vous di-ie:mais b pluitoit diuifion. 

5 1 Car déformais ils feront cinq en vne maiion,diui- 
iés,trois contre deux,& deux contre trois. 

53 Le père fera diuifé contre le fils, & le fils contre le 
père : la mère contre la fille , & la fille contre la mère: 
la belle- mère contre fa belle -fille,&: la belle-fille con- 
tre fa belle-mere. 

54 Puis il difoit aux troupes, v Qunnd vous voyez 
vne nuée qui fe leue d'Occident,incontinent vous di- 1 
tes,l.a pluye vtertô& il en aduient ainfi. 
5ï Et quand vous voyelle vent de Midi fouffîer , vous 
dites qu'il fera chaud,& il aduient air-;i. 
%6 Hypocrites,vous fauez bien difeerner c l'apparen- 
ce du ciel & de la terre:& commet ne difeernez-veus 
celle faifon? 

57 Et que ne iugez-vous aufsi de vous-mefmes ce 
qui d eft iulte? 

58 *Or quand tu vas au Magiftratauec ton aduerfe 
partie,mets peine en chemin d'eitre deliuré de lui afin 
qu'il ne te tire deuant le iuge, & que le iuge te liure c à 
l'exécuteur, & que l'exécuteur de te mette en prifon. 

59 le te di, que tune fortiras delà iufqu'à ce que tu 
ayes rendu la dernière pite. 

C H A P. XIII. 

lefus Chrift enfe igné comment il faut profiter aux exemples 
des iugemens de ?)icu ftfr les pécheurs 3 io redargue Ihy- 
pocrifie du maijirc de la fynagogue , à Nccafion d'zn mira- 
cle fait par lui au tour du Sabbat, 1 8 monflre par deux co* 
faraifons quel eft Cefiat del'Eg'ije , 24 refponâ comment 
on doit tajeber d'eftre des faunes s 3 1 rcici te la peur qu'on 
lui penje donner d'Herode , 34 & remarque le jugement 
de Dkhfur lerufalem* 



* ftf.ttt.ia. 

34- 

t V05C/ Mac 

20.22. 



b OU , T3^t 
Iculcmti.tdi* 
Uil'ion. 



•' Mzt.iCx, 



c Gr.laface. 



i( r.ff.i rou- 
thantla ven- 
te de mon a J- 
uenement. 
•M K.5 52. 
t ou ,auicr- 
gear.t. 



ia£ 



F. Y A N fi T T. E 



Ilfemble 

Sue ce fufféc 
ïalileens i- 
dolarres. voi 
ez Iofephe 
liu.i8.desan 
tiquités. 



b c.vousn'e 
uiterez non 
plus le àiite 
iu cernent de 
Dieu. 

qui eftoit 
aftife fur le 
ruifTeau de 
Siloé, ou au- 
près de ce 
ruifleau-là. 
d Gr.fuifent 
dertcurs.voi. 
ez Mac. 6.12. 



»ou, rend-il 
autant de ter 
rc perdue*: 



f c. vne ma- 
ladie extraor- 
dinaire, & 
procedâte de 
quelque at- 
teinte de l'e- 
lpiit malin. 
Gr.defiiee. 



irNce mefme inftant-là quelques vns qui fe trou- 
JH uoyent là prefens , lui racontèrent touchant les 
a Galileens , defquels Pilate auoitmeflé lefangauec 
leurs facrifices. 

z Et Iefus refpondant leur dit , Cuidez-vous que ces 
Galileens-làfuffent plus pécheurs que tous les autres 
Galileerts , pourtant qu'ils ont fouffert telles cho- 
fes? 

3 Non,vous di-ie:mais û vous ne vous amédés, b vous 
périrez tousfemblablement. 

4 Ou cuidez-vous que ces dixhuit fur lefquels tom- 
ba la c tour en Siloé,& les tua/ eufsét oflfenfé plus que 
tous les habitans de Ierufalem? 

5 Non, vous di-ie:mais fî vous ne vous amédez,vous 
périrez tous femblabîement. 

6 II difoit aufsi celle fimilitude, Quelcun auoit vn fi- 
guier planté en fa vigne, & y vint cercher du fruic~t,& 
n'en trouua point. 

7 Dont il dit au vigneron , Voici il y a trois ans que 
ievien cercher du frui&ence figuier ,& n'en trou- 
ue point:coupe-le:à quel propos aufsi c empefche-il la 
terre? 

8 Et le vigneron refpondant, lui dit, Seigneur, laiffe le 
encores pour celte année iufques à ce que iel'aye def- 
chaurTé,& que i'y aye mis du rient. 

Que s'il fait fruicl:, bien : iînon tu le couperas ci- 
apres. 

io Or comme il enfeignoitenvnede leurs fynago- 
gues en vn iourde Sabbat, 
1 1 Voici il furuint vne femme qui auoit vn f efprit de 
maladie ia parl'efpace de dixhuit ans: laquelle eitoit 
courbee,& ne pouuoit aucunement fe redrefler. 

Et quand Iefus l'eut veuè", il l'appela à foi, &Iui 
dit,Femme tu es s deliuree de ta maladie. 

13 Et lui impofa les mains : & à l'inftant elle fut re- 
dreflèe,& glonfioit Dieu. 

14 Mais le mailtre de lafynagogue, indigné de ce 
que Iefijs auoit guéri au iourdu Sabbat,prenant la pa- 
role dit à l'affemolee, Il y a fîx iours cfquels il faut ou- 
urer:venez donc en ces iours-là,& foyez gueris,& nô 
point au iour du Sabbat. 



SELON S. LVC. 



I$9 



15 Dont le Seigneur lui refpondit,& dit, Hypocrite, 

chacun de vous ne deflache-il pas Ton bœuf, ou Ton 

afnedela crèche au iour du Sabbat, & les mené ab- 

bruuer? 

\6 Et ne faloit-il point deflierdecelienau iour du 

Sabbat celte ci,qui eil fille d'Abraham, laquelle Satan 

auoit liée il y a ia dixhuit ans? 

17 Lui difant ces chofes, tous fes aduerfaires efloyet 
confirmais toutes les troupes s'efiouïfibyentde tou- 
tes les chofes glorieufes qui efroyent faites par lui. 

18 *Lors ildifoit, A quoi ell femblable le règne de 
Dieu, & à quoi l'accomparerai-ie? 

19 II elt femblable au grain de femence de mouftarde, 
qu'vn homme print, & mit en Ton iardin:lequel creut, 
& deuint vn grand arbre,tellement que les oifeaux du 
ciel faifoyent leurs nids en Tes branches. 

20 • Derechef il dit, A quoi accomparerai-ie le règne 
de Dieu? 

2 1 II ell femblable au leuain , cmVne femme print & 
mit parmi trois mefures de farine, iufqu'à ce qu'elle 
fuit route leuee. 

21 * Puis il s'en alloit par les villes & bourgades en- 
feignant^ tenant le chemin vers Ierufalem. 
2.3 Et quelcun lui dit,Seigneur,y a-il peu de gens qui 
foyent fauués? 

24 Adoncilleurdit, f Mettez peine d'entrer par la 
porte eftroitercar ie vous di , que plufieurs tafeheront 
d'entrer,& ne pourront. 

2? Et quand le père de famille fera Ieué,& aura fermé 
la porte, & que vous ellans dehors vous mettrez à 
heurter à la porte, difans, Seigneur, Seigneur ouure- 
iious,^ que lui refpondant vous dira, le ne faid'où 
vous elles: 

%6 Adonc vous-vous prendrez à dire, Nous auons 
mangé & beu en ta prefence , & tu as enfeigné en nos 
rues^ 

27 Lors il dira , le vous di , ie ne fai d'où vous elles: 
"departez-vousde moi vous tous 2 qui faites le me- 
ftier d'iniquité. 

28 * Là y aura pleur & grincement de dents:* quand. 
Vous verrez Abraham & Ifaac , &Iacob, & tous les àiLù't.fy t 



marc 4.31. 



Mat. il* 

35. 



XMatt.ç.îi 
marc 6.6. 



^Matt.j.ii 



mat.y.z$.&> 

« Gr. ou- 
tiriert d'ini- 
quité. 

14.51. 



190 



H V A 



N G I L E 



Prophètes au royaume de L>ieu,& que VOUS ferez iet- 
tés dehors. 

^9 Aufsi yen viendra-il d'Orient,& d'Occident, & 
d'Aquiiô, & de Midije (quels feront à table au royau- 
me de Dieu. 

30 *Et voici, ilyen a des derniers qui ferontpre- 
miers,& des premïers,qui feront derniers. 

31 En ce mefme îaur-i à quelques Phariiïens vindrét 
vers lui , lui cîifans, Depars-toi, & t'en va dïci:car He- 
rode te veut tuer. 
3 2 Adonc ii leur dit , Allez , & dites à ce a renard-là, 



* Matt . 1 9 

30.J- 20 16 
*wc 10.3 1. 



« 11 l'appeh 
ainfi pour rc- 



taux niafquc 
entant qu il 
Contre faifoit 

le zélateur de 

la religion 
des liiiiS > le 
tout feule- 
ment pour 
fon a clona- 
ge particu- 
lier. 

b ou , ie fuis 
confomme, 
ou, ccmfàcré. 
voyez t< li- 
erait ce mot 
Heb 2. 10, 
'•'M.1/.23.37 



warquér foii|Voici,ie iette hors les diables, & acheue de donner 
gueriion auiourd'hui & demain , & au troifieme iour 
Meprenfin. 

3 3 Tant y a qu'il me faut marcher aujourd'hui & de- 
main, & !e iour enfui uant : car il n'elchet point qu'au- 
cun Prophète meure hors de Ierufalem. 
34 v Ierufalem, Ierufalem, qui tues les Prophètes , & 
lapides ceux qui te font enuoyés : côbien de fois ai-ie 
voulu raflemoler en vn tes entas, ainfî que fait la pou- 
le fa couuee fous fes ailes. & ne l'auez point voulu? 
3 ? * Voici,voitre maifon s'en va vous eltre LulTee dé- 
ferre. Or en vérité ie vous di , que vous ne me verrez 
point iufqu'à ce qu'il aduiendra que vous direz, Bénit 
g foit celui qui vient au nom du Seigneur. 
C h a p. x 1 1 1 1. 

Je fus Omft 3 guerijfant vn hydropique au iour du Sabbat, 
maintient jon œuùre contre la calomnie des Tharifens , 7 
exhorte ks fidèles à Je retirer de toute ambition, iz & à 
exercer charité , 1 6 mon [ire combien de vaines exeufes on 
trouue quand il cft que fi on duferuice de T)ieu y z6 & ad- 
uertit chacun defe dépouiller de toutes affections , entant 
qu'elles le pourroyent retarder de future le Seigneur. 

ï T Laduint aufsi que lui eftant entré en la maifon 
JLd'vn des principaux des Phariiiens vn iour de 
Sabbat, pour c prendre fa refe&ion, ils prenoyét gar- 
de Pur lui. 

Et voici, vn homme hydropique eftoit/ù deuant 
lui. 

Et Iefus prenant la parole, parla aux docteurs de la 



Gr. pour 
ïnanger du 
pain. 



IÏLON S. IV C. 



ii?r 



]o\\ & aux Pharifiens , difanc , Eit-il loifible de guenr 
au iour du Sabbat? 

4 Et ils ne dirent mot Lors ayant pvint le m ilade, il le 
guerit,S<:lerenuoya. 

jï Puis leur refpondant, il «lit, Qui fera celui d'entre- 
jyous ! ,qui auravn aine, ou vn bœuf, qui tombe en vn^ 
lpuits,qui ne le retire hors incontinét au iour du Sab- 
bat? 

6 Et ils ne lui pouuoyent répliquer à ces chofes. 
'"'7 II propofoit auîsi aux conuies vne fimilitude , pre- 
i 'nant garde comme ils choiiîtïbyent les premières pla- 
] ces à table, en leur difant. 
8 Quand tu feras conuié par quelcun aux nopees, 
ne te me^s point à table a au plus haut lieu , de peur 
;■; qu'il n'aduiene qu'vn plus honorable que toiloit con- 
nue par iceluû 

! !'5j Et que celui qui aura conuié & toi & lui, ne viene, 
!&: ne te die , Fai place à ceftui-ci : & que lors tu com- 
mences auec honte de tenir b le plus bas lieu, 
io Mais * quâd tu feras conuié,va 7 & te mets au plus 
j b ts !ieu:a'in que quand celui qui t J a conuié viendra,il 
te die. Mon ami monte plus haut. Lors cela te tourne- 
ra à honneur deuant tous ceux qui feront à table aucc 
toi. 

ii C ar quiconque s'efleue, fera abbaiiTé,&r quicon-; v Tobn.î? 
que s'abbaiflè, fera elle né. prou. 29.23, 

Il lldifoitaufsi à celui qui l'auoit conuié, Quand tu "pP-y* 1 * 
fais vn difner ou fouppe^n'apnele point c tes amis, ne ^±.6. 
tes freres,ne tes parens,ne tes riches voifins: que par- 
auenture ils ne te conuient de leur part , <k que la pa- 
reille ,re lbit rendue. 

13 A in s quand tu feras vn banquet, conuié les pou- 
res,imporens,boiteux,& aueugles: 

14 Et tu fer îs bien-heureux:pourtant qu'ils n'ont de- 
quoi te rendre la pareilleicar la pareille te fera rendue 
en la refurrection des iuftes. 

1 ç Et vn de ceux qui eftoyent enfemble à table,ayant 
ouï ces propos , lui dit, Bien-heureux fera celui qui 
mangera du pain au royaume de Dieu. 
■ - Mais il dit , Vn homme fit vn grand fouper , &y 
conuia beaucoup de gens. 



« Gr.au pre- 
mier lieu. 



b Gr. le der- 
nier lieu : & 
ainfi au ver. 

TO 

* ProK.25.7 



i.pier.y.f. 
c Ce D'eft 

pas pour con- 
damner l'ho- 
nefteté com- 
mune enceft 
endroit: mais 
pour recom- 
maJer le de- 
uoir de chari- 
té, il fcmMe 
qu il rciette 
tout ce qui 
n'en a point 
la vraye mar- 
que. 
* M.«.2 2.ï. 



121. 



TANGILB 



^ Mcitt.io. 

* c. nepoft 
pofe toute 
aflfeftion na 
turelleaude 
uoirqiulaau 
Seigneur, 
pour moftrer 
qu'il n'aime 
rien que le 
Seigneur, ou 
pour l'amour 
dicelui. 
'•' Mati.io. 
38. & 16.24 
marc 8.2,4. 
fus o. 23. 



17 Et enuoya Ton feruiteur à l'heure du fouper dire à 
ceux qui eltoyent conuiés , Venez , car tout ef t défia 
preft. 

18 Mais ils fe prindrent tous dVn accord à s'exeufer, 
Le premier lui dit,rai acheté vn heritage,&il me faut 
neceffairement partir pour l'aller voir:ie te prie /tien 
moi pour exe ufë. 

19 Et l'autre dit , l'ai acheté cinq couples de bœufs 
& m'en vai pour les efprouuenie teprie,tien moi pour 
exeufé. 

20 Et l'autre ditj'ai prins femme en mariage,&pour 
tant n'y puis-ie aller. 

21 Ainfi le feruiteur s'en retourna, & rapporta ces 
chofes à fon mailtre. Adonc le père de famille tout 
courroucé,dit àfon feruiteur,Va-t'enviitemétparles 
places &par les rues de la ville, & amené céans les 
poures &impotens,&:boiteux,& aueugles. 

22 Et le feruiteur dit, Mailtre, il a elle fait ainfi que tu 
as commandé,& encore y-a-il de la place. 

23 Et le Mailtre dit au feruiteur, Va par les chemins 
&: hayes, & contraint d'entrer , afin que ma mailon 
foit remplie. 

24 Carie vous di, que nul de ces hommes-là qui a 
uoyent efté conuiés ne gouttera de mon fouper. 

2 5 Or grandes troupes alloyét auec lui:& lui fe tour- 
nant leur dit, 

z<5 * Si quelcun vient vers moi,& a ne hait fon père & 
fa mère, & femme & enfans, & freres,& fœurs,& en- 
core mefme fon ame, il ne peut eftre mon difciple. 

27 v Et quiconque ne charge fur foi fa croix,&ne viet 
après moi,il ne peut eitre mon difciple. 

28 Car qui elt celui d'entre-vous , qui voulant baftir 
vne tour,premieremét ne s'affee, & ne calcule les def- 
pens, s'il a pour la paracheuer? 

29 De peur qu'après qu'il aura pofé le fondement, & 
n'aura peu paracheuer, tous ceux qui le verront ne 
commencent à fe mocquer de lui, 

3 o Difans , Celt homme a commencé à baitir , & n'a 
peu paracheuer. 
3 1 Ou,qui ejt le Roy qui parte pour donner bataille à 
vn autre Roy , qui premièrement ne s'afsee , & ne cô- 
filfc 



S E ION S. UC 



fuite s'il pourra auec dix mille aller rencontrer celui 
qui vient auec vingt mille contre lui? 
3 1 Autrement ce Roy-la. efhnt encore loin , il enuo] 
tn amba(Tade,& demande les moyens de paix. 
3 3 Ainfi donc chacun de vous qui ne renonce à tout 
ce qu J il a,ne peut eftre mon difciple. 
a 4 * Le Tel elt bon: mais fi le fel perd fa faueur, dequoi 
le falera-on? 

35 II n'efr propre, ni /ww raWfreenlaterre,ni au fu- 
mier : mais on le iette hors. Qui a oreilles pour ouïr, 
oye. 

C H A P. XV. 

Le Seigneur maintient à /'encontre du murmure des Tbari~ 
Cens t 3 tant par deux fimilitudes 3 n que par l'exemple 
de l'enfant desbautbé , & depuis retêurné en grâce enuers 
fonpcreyque ce font pour la plus part les plus grâds pécheurs 
enuers lefquels 7)ieu defployefa mifericorde. 

i >^v R tous les peagers & gés de mauuaife vie s'ap- 

Vy prochoyent de lui, pour l'ouïr, 
i Dont les Pharifiens & les Scribes murmuroyent, 
difans, Ceftui-ci reçoit les gens de mauuaife vie, & 
mange auec eux. 

3 Mais il leur propofa celle fimiiitude, difant. 

4 '• Qui elt l'homme d'entre vous qui ayant cent bre- 
bis , s'il en perd vne , ne laiflfe les quatre vingts & dix 
neufaudefert, & ne s'en aille après celle qui elt per- 
due, tant qu'il l'ait trouuee: 

% Et l'ayant trouuee , ne la mette fus fes efpaules bien 
ioyeux: 

6 Puis eftantvenu en Iamaifon n'appelé fes amis & 
voifins, & leur die , Efiouiflez-vous auec moi: car i'ai 
trouué ma brebis qui eitoit perdue? 

7 le vous di, qu'ainfiy aura-il ioye a au ciel pourvn 
îêul pécheur venant à s'amender,plus que pourquatre 
vingts & dixneuf iuftes,qui n'ont pas faute b de repen- 
tance. 

8 Ou qui eft la femme qui ayant c dix drachmes, fiel 
le perdvne drachme, n'allume la chandelle,& ne balie 
la maifon,&: ne la cerche diligemmér,iufqu'à ce qu'el- 
le l'ait trouuee: 
>ia 



marc ?.$©. 



•Mdttî.1% 

• pour mon- 
trer que lc$ 
Anges mef- 
mes partici- 
pent au bien 
& falut des 
pécheurs re- 
pentons. 
t a(f. en pre- 
nant ce mot 
de repentan- 
te pour la cô- 
uerfion du 
pecheur,eft3C 
tombe en 
quelque fau- 
te particulie- 
re:artendu au 
demeurâtqne 
la vie de tout 
fidèle ne doit 
eftre autre 
chofe qu'vn 
exeteice con- 
tinuel de 
vraye repen- 
tance. 

comme qui 
diroit,Dix 
pièces de 
prix , & qui 
font, de gar- 
de. 



£££ 



VANGIIE 



ii e. qUi me 
>ourroit ef- 
:hoir en par- 
:age. 



i oUjdiuolu- 
mcnt. 



fe ren- 
vn des 
citoyens. 



ou 
dit à 



à ou 
goflfes 



des 



. c. contre 
Dieumefmes 
comme pour 
dire , Fai 
rtefgrande- 
inent offenfe 
Dieu, voyez 
Mat.21.25. 



Et quand elle Ta trouuee , n'appelé Tes amies & voi- 
sines, chfant, Efiouiffez-vous auec moi:car i'ai trouué 
la drachme que fauoy' perdue? 

10 Ainfi vous di-ie,qu'ii y aura ioyedeuant les An- 
ges de Dieu pour vn le ul pécheur venant à s'amen- 
der. 

1 1 II leur dit aufsi, Vn homme auoit deux fils: 

1 2 Dont le plus ieune dit à Ton père, Mon père, don- 
ne-moi la part du bien a qui m'appartient. Ainfi j1 leur 
partagea les biens. 

13 Et peu de îours après , quand le plus ieune fils eut 
toutaflembléjil s'en alla dehors en pais lointain : &là 
difsipa Ton bien en viuant b prodigalement. 

14 Apres qu'il eut tout delpendu, vne famine aduint 
en ce païs-ladont il commença d'auoir difette. 

iï Alors il s'en alla, & c fe mit auec vn des citoyens 

du lieu,qui l'enuoya en Tes pofTefs ions pour paiih e les 

pourceaux. 

\6 Et il defîroit de remplir Ton ventre d des efcoffes 

que les pourceaux mangeoyent:maisperfonuenelui 

en donnoit. 

17 Dontettantreuenuàfoi-mefme,ildit, Combien 
y a-il de mercenaires enlamaifonde mon père, qui 
ont du pain tant & plus / & moi ie meur de faim? 

18 le me leuerai, & m'en irai vers mon pere,& lui di- 
rai, Mon père, i'ai péché contre c le ciel , &deuant 
toi. 

19 Et ne fuis plus digne d'eftre appelé ton fils:fai moi 
comme Pvn de tes mercenaires. 

20 Ainfi donc il partit,^ vint vers fon père, Or lui e- 
flant encore loin,fon père le vid , & fut efmeu de com- 
pafsion,& accourut, & fe ietta à fon col:& le baifa. 

21 Mais le fils lui dit, Monpere,i'ai pechécontrele 
ciel , & deuant toi : & ne fuis plus digne d'eltre appelé 
ton fils. 

22 Or le père dit à fes feruiteurs, Tirez-wa/horsla 
plus belle robbe, & le veitez 1 , & lui donnez vnaneau 
en fa main,&des fouliers en fes pieds: 

23 Et m'amenez le veaugras,&letuez,&faifonsbô- 
ne chère en le^mangeant. 

24 Car mon fils que voici eftoit mort,& il eft retour- 



SELON S. LVC. 



W 



né a vie : il eftoit perdu, mais il eft retrouué. ] 

mencerent à faire bonne chère. 

25 Or eitoit Ton fils aifné es champs,comme en venât 

il approchoitdela maifon, il oùit la mélodie & a les 

danfes. 

16 Er appela vn des feruiteurs, & l'interrogua que 

c'eftoit. 

27 Lequel lui dit, Ton frère eft venu, & ton père a 
tué le veau gras , pourtant qu'il Ta recouuré fain & 
fauf. 

28 Miisiceluifemet encholere,&ne voulut point 
entrer. Son père donc eftant forti \cpr\oh d J entrer : 

29 Mais il refpondit , & dit a Ton père, Voici,il v a tat 
d'années, que ie te fers, &iamaisien'outrepaiTaiton 
cômmdemjrit, &tu ne me dônas iamais vn cheureau 
pour faire bonne chère auec mes amis. 

o Maisquâd ceftui-ci ton fils, qui a gourmande fon 
ien auec les paillardes, eft venu, tu lui as tué le veau 

gras. 

31 Et le père lui dit , Mon enfant , tu es toujours auec 

moi, &tous mes biens fonttiens. 

3z Or raloit-il faire bonne chère &s'efiouïr, pour 

tant que ceihii-ci ton frère eitoit mort,& il eft retour 

né à vie:il elloit perdu & il eft retrouué. 

C H A P. XVI. 

Le Seigneur monflrepar l'exemple d'vn defpenfier qui aurolt 
mieux pourueu à j'ai qu'aux affaires de/on ma ijire commet 
il faut vferdes ricbejjesence Monde , 10 aduertit les fi- 
dèles de mettre différence entre ce qui leur doit eflrevraye- 
ment propre, & les biens de ce [te vie, 14 & réprime l'by 
potrijie & orgueil des Tbarifiens, &• leur auarice, 19 ad- 
ioujtant l'exemple du ntauuah riche damné pour n'auoir 
vejcufe'nn la parole de Dieu. 

1 T L difoit aufsi à fes difciples , Il y auoit vn riche 
X homme qui auoit vn maiftre d'hoftel , lequel fut 

aceufé enuers lui comme difsipateur des biens d'i- 
celui. 

2 Lequel il appela, &Iui dit, Qu'eft-ce que i'oy dire 
de toi: ren conte de ton adminiftration: car tu n'auras 
plus la puiflance de manier la defpenfe. 

3 Adonc lemaiitre d'hoftel dit enfoi-mefme, Que 
— Nij 



t eeeî eft dît 
félon la façon 
cômimc des 
feftutf,où on 

auoit la mo- 
fique pour 

tant ^lus 

dcliouijlaji- 

ce. 



ceux qui 
n'ont que les 
chofes de ce 
Monde au 
cœur - mon 
firent plus 
d'adrefle en| 
leurs depor 
temens, quejii 3 
ne tont ceux * M 






196 



E VA NGIII 



ferai- ie,que mon maiftre m'oite l'adminiftration?ie ne 
î c ceux qui puis fouir la terre fcÇiù honte de mendier. 

4 Or iefai que ie ferai, afin que quand mon admini- 
ftration mêlera oftee, quelques vas me reçoiuenten 
leurs maifons. 



cjmonrreceujcr Lequel dit, Cent a mefures d'huile.Etil lui dit,Pren 
" ta fceaule. &t*alsieds viite,& en eferi cinquante. 
7 Puis il dit à vn autre. Et toi combien dois-tu ? Le- 



lluminatio 
du S. Efprir, 
pour s'exer- 
cer es am- 
ures Ipiri- 
tuelles. 
e Gr.dtl Ma 
mon , qui eft 
vn mot Hc- 
brieu ligni- 
fiant threfor, 
pource qu'on 
aaccouftumc 
de ferrer & 
cacher les 
chofes pre- 
cieufes. Oi 
font les ri- 
chelTes appe- 
lées iniques 
foit entant 
quelles font 
pour la pluf- 
part acquifes 
iniuftement 
foit qu'elles 
font pofle- 
dees ou em- 
ployées au- 
trement qui] 
n'appartient, 
* Mat.6.24, 
d c. afin que 
vous avez tef 
moignage 
d'auoir mon- 
ftrévncvrayt 
compafsion 
enuers vos 
poures frères 
chemenr qui 



Lors il appela vn chacun des detteurs de fon mai- 
ftre, &dit au premier, Combien dois-tu a mon mai- 



quel dir,Cent mefures de froment. Et il lui dit,Pren ta 
fcedule,& en eicri quatre vingts. 

8 Et le maiftre loua le maiitre d'hofrel inique,pourtât 
qu'il auoit fait prudemmét : par ainfî b les enfans de ce 
hecle font plus prudes en leur génération, que ne font 
les enfans de lumière. 

9 Et moi aufsi ie vous di , Faites vous des amis c des 
richelfes iniques: d afin que quand vous defaudrez, ils 
vous reçoiuent es tabernacles éternels. 

10 Qui elt loyal en bien e petite chofe,iI eft aufsi loyal 
en grande chofe:& qui elt f iniulle en bien peu de cho- 
fe,iî eft aufsi iniufte en grande chofe. 

1 1 Si donc vous n'auez elle loyaux es richelfes ini- 
ques,qui fe fiera en vous des vrayes richelfes? 
ii Et fi s en fautrui vous n'auez efté loyaux,qui vous 
baillera ce qui elt voftre? 

1 3 * Nul feruiteur ne peut feruir à deux maiftres , car 
ou il haira lVn,& aimera l'autre: ou il fe tiendra à Pvn, 
& mefprifera l'autre. Vous ne pouuez feruir à Dieu 3c 
aux richelfes. 

14 Or les Pharifiens aufsi qui eftoyentauarîcieux, 
oyoyent toutes ces chofes , & fe h mocquoyent de 
lui. 

15 Et il leur dit, Ceft vous qui vous ' iuftifiez vous 

,en recognoiffant cependant que vous ne vous en eftes pas acquîtes fî fran- 
euftefté requis, e alfa comme font les biens de cefte vie caduque, au prix 
des biens éternels, f comme s'il difoit. L'auarice eft caufe mefme de rendre les hommes 
defloyaux au maniement de la doctrine, g affa. entant que ce n'eft pas le vray partage des 
di pcnfâieurs des fecrets du Seigneur, que les biens remporelsS: caduques h alfa, de ce 
qu'il ne faifoit nul cas des choies dii monde, au lieu que de leur part ils y eftoyent affe- 
ctionnés tant & plus, i c. qui cuidex vous maintenir par h réputation des homme» 3 fans • 
peoler vrayement à Dieu. 



SELON S. IV C. 



12L 



meimes deuant les hommes :mais Dieu cognoift vos 
cœurs: car a ce qu : elt haut deuant les homes, ett abo- 
rr ination deuant Dieu. 

16 *LaLoy &les Prophètes ont duré iufqu'à Tehan: 
depuis ce temps-là le règne de Dieu eit euungelizé,&: 
chacun le force. 

17 ' Or il ef t plus aifé qiîe le ciel & la terre fe paiTent, '* w« s 1 2 
que qu'il tombe vn feul poincl de la Loy. 

1 8 * Quiconque delaifTe fa femme , & fe marie à vne 
autre,commet adultcre:8c* quiconque prend celle qui 
cit delailTee de fon mari, commet adultère. 

19 Or y auoit-ilvn riche homme , qui fe veftoitde 
pourpre & de fin lin , & qui par chacun iour fe trait- 
toit bien & m i gnifiquement. 

10 II y auoit et autre part vn poure, nommé b Lazare, 
qui gifoit à la porte d'icelui , eftant tout plein d'vi- 
ceres. 

2 1 Lequel defiroit eftre ralTafîé des miettes qui tom- 
boyent de la table du riche , & mefmes les chiens ve- 
noyent , &: lui lechoyent fes vlceres. 

22 Oraduintquelepoure mourut, & qu'il fut porté 
parles Anges au c fe in d'Abraham : orlericheaufsi 
mourut, & fut enfeueîi. 

23 d Et lui eftant en enfer,&:efleuant fes yeux, comme 
il eftoit es tormens , il vid de loin Abraham & Lazare 
aufeind'icelui. 

24 Et s'efcriâtjil dit, Père Abrahnm,ave pitié de moi, 
&enuoye Lazare, afin qu'il mouille d'eau le bout de 
fon doigt, & qu'il rafrraifchiffe mu langue : car ie fuis 
griefuementtormenté en celte flamme. 

25 Et Abraham r^o?7dit,Fils,fouuienne toi que tu as 
receu tes biens en ta vie, & Lazare femblablement les 
maux:& maintenant il elt confolé,& tu es griefuemtt 
tormenté. 

z6 Et outre tout cela,il y a vne grande abifme efrabMe 
entre vous & nous: tellement que ceux qui veulent 
[palier d'ici vers vous,ne le peuuentine de là paffer ici. 
jz7 Et il dit. le te prie dôc,pere, que tu l'enuoyes en la 
maifon de mon père. 

I28 Cari'ai cinq frères, afin qu'il leur en attefte : de 
[peur qu'eux aufsi ne vienent en ce lieu de torment 



* c. et donc 
les hommes 
font grand 
cas felo leurs 
fens. 

*M<tf.TT T» 

Mai 5.18. 



m*ri 10. II. 
I. Coi.J.ll, 



h ce nom 
fi r. pré- 
Pair, e- 
ftimerquece 
<ok ici vne 
chofe vraye- 
nicnt aduc- 
rme. 

c c. au lieu 
à a repos des 
fidèles , dont 
Abiaham eft 
tciifiotirs re- 
cognu corne 
cpcreer.co- 
rcs après la 
vie présente. 
d Ceueilre- 
prefenre co- 
rne fi l'vn & 
1 autre ruf- 
fcntlàcfteen 
corps & ei.a- 
me, d'autant 
qucrtfttJw 
elprtrs ne 
peutefirede- 
cLrrà nofrre 
efgard,finon 
patccVcf ma- 
nières de par- 
ler accom- 
modées à ce 
qu'à en peut 
comprendre 
lY.on la con- 
dition de ce* 
ftc vie. 



N 



"J 



193 



F. Y A N fi T T, E, 



Mat. l%.y. 
maii 9.42 

Gr. d'afne. 
b Le vrai 
moyen d ob 
uier aux flan 
dales, eft d'e 
ftre prompts 
à s'entrere 
monftrcrj&à 
(è réconcilier 
auec fes pro 
chains. 
*M«. 1 R 1 5 
e c. plufîcu'.s 
& diueries 
fois: nombre 
certain pour 
vn incertain, 
vovez Matt. 
18 22. 
■£ Mi«. 17 

«' Gr. Syca 
min. 

e c. rien ne 
vous feroit 
defhié : aflTa. 
félon voftre 
■vocation. 
/Le Sei- 
gneur veut 
preuenir le 
danger de la 
préemption 
ou lafchcté 
en Ces ferui- 
teurs , pour 
leur moftrer 
qu'il ne faut 
cftre ferui- 
teius à demi, 
mais en tout 
ëc partout. 



* Bfa. 8.10. Z9 Abraham lui refpondk, * Us ont Moyfe Se les Pro 

phetes,qu'ils les efcoutenr 

30 Mais il dit, Non, père Abraham: mais fi quelcun 

des morts va vers eux ils s'amenderont. 

3 i Et Abraham lui dit, S'ils n'eicourent Moyfe & les 

Prophètes, non plus fèront-ils perfuadés , quand bien 

quelçundes morts reiïufcitera. 

C h a p. x v 1 r. 

Le Seigneur adiiertit les fidèles touchant lesfcandales , & le 
moyen d'y pour noir, 5 leur monftr étant £ efficace, que le 
vrai vfage de la foy, 1 z nettoyé dix lépreux à fa feule pa- 
role, <& n'esl recognupuis après que par l'vn d'entr'eux^ zz 
& en feigne quel fera l'efiat du règne de Dieu aux derniers 
temps, 

1 s~*\ R il dit à fes difciples , '•' Il ne fe peut faire que 
\~s fcandales n'aduienent : toutesfois mal-heur à 

celui par qui ils aduienent. 

z 11 lui vaudroit mieux qu'on lui miftvne pierre 3 de! 

meule à Pentour de fon col,& qu'il fut iette en la mer, 

que de feandalizer vn feul de ces petis. 

3 Prenez garde à vous. * b Si donc ton frère a péché 
enuers toi , repren-Ie : & s'il s'amende , pardonne 
lui. 

4 Et fi c fept fois le iour il a péché enuers toi , & que 
fept fois le iour il retourne à toi,difant,Ie me repemtu 
lui pardonneras. 

Lors les Apoftres dirent au Seigneur, Augmente 
nouslafoy. 

•fc Et le Seigneur dit , Si vous auiez foy autant gros 
comme eltvn grain de femencedemouftarde, vous 
pourriez dire à ce d meurier , e Defracine toi,& te pla- 
te en la mtt:Sç il vous obeiroit. 

Mais f qui eft celui d'entre -vous qui ait vn feruiteur 
labourât , ou paiflant le beftail,qui le voyant retourner 
des champsjui die, Auance-toi incontinét,& te mets 
à table: 

8 Etneluidiepluftoft, Appreftemoià fouper, & te 
troufTe,& me fers iufqu'à ce que i'aye mange & beu:& 
après cela tu mangeras & boiras? 

9 Sait-il gré a ce feruiteur-là pource qu'il a fait ce 
qui lui auoit efté commandé?Ie ne le cuide pas. 



SEIQN S. IVC. 



199 



io Vous aufsi femblablemtt, quandvous aurez fait 
toutes les choies qui vous iont commandées, dires, 
Nous fommes feruiteurs inutiles: d'autant que ce que 
nous eltions tenus de faire, nous /'auons fait. 

Et iduint qu'en allant en Ierufalem , il palToit par 
le mi'ieu de S.tmarie &de Galilée, 
ii Et comme il entroiten vne bourgade, dix hom- 
mes lépreux le rencontrerentjefquels s'arrefterent de 
loin, 

13 Et efleuerét leurs voix difans,Iefus, a wo/?r^ maiftre 
aye pitié de nous. 

14 Et quâd il les eut veus,Il leur dit,* Allez,m6frrez- 
vous aux Sacrificateurs.Et aduint qu'en s'en allans ils 
fuient nettoyés. 

15 Et vn d'entr'eux voyant qu'il eftoit guéri, s'en re- 
tourna, glorifiant Dieu à haute voix. 
\6 Et (è ietta en terre fur fa face aux pieds d'icelui, 
lui rendant grâces. Or icelui eftoit Samaritain. 

1 7 Lors Iefus prenant la parole , dit , Les dix ont-ils 
pas elle nettoyés?&les neufoù/o;zr-ils? 

18 Nul ne s'eft trouué qui foit retourné pour rendre 
gloire à DieUjfinon ceft eif ranger. 

19 Adonc il lui dit,Leue-toi: va ta foy b t'a fauué. 

20 OreftantinterroguéparlesPharifiens quand c le 
règne de Dieu viendroit, il leur tefpondit, &dit, Le 
règne de Dieu ne viendra point d auec apparence. 

21 Et ne dira on point, Voici,//*/? ici,ou voila,// efl là 
car voici, le règne de Dieu eiî e dedans vous. 
21 II dit aufsi a f fes difciples,Les iours viendront que 
vous délirerez de voir l'vn s des iours du Fils del'hô- 
me,& ne le verrez point. 

23 '•' Lors on vous dira, Voici , Heft ici: ou voila , ileft 
là: mais n'y allez point, & ne les fuiuez point. 

24 Car comme l'efclair efclaire de l'vn des coftés de 
deffous le ciel, & reluit iufqu'à l'autre qui efl fous le 
ciel , tel fera aufsi le Fils de l'homme en fon iour. 

25 Mais premièrement il faut qu'il fourfre beaucoup, 
& qu'il foit reietté h de cette nation. 

7.6 Et * corne il aduint es iours de Noe',ainfï mefmes 
fera-il es iours du Fils de l'homme. 
N iiij 



Oit , Mai- 
ftre :c. qui aS 
Coure autho- 
■ité fur tous. 

c. t'apporte 
refmoignage 
feftre rcceil 
e: trcles en- 
fans de Dieu, 
afïa. enten- 
dons cela de 
la manifefta- 
tion du Mcf- 
fîas auec des 
marques ex- 
térieures fé- 
lon leur fens. 
* Leu.i+.i. 
&futuans. 

ou, en for- 
te qu'il fe 
puilfe remar- 
quer rafla, fé- 
lon le fens 
extérieur. 
e ou , parmi 
vous rafla, s'il 
ne tient à 
vous de le re- 
cognoiftre- 
ft afla.d'autât 
qu'ils fete- 
noyent com- 
me attachés i 
fa prefence 
extérieure, 
g afla. au re- 
gard de ma 
prefence cor- 
porelle, & du 
repos auquel 
ie vous ai en- 
tretenus iuf- 
qu'à prefent. 
'•'Mat. 24. 7 4 
marc 13.21. 



h ou,de cefte 

génération 

ici 

*Gen.6.$. 
&j ^.mat. 

24.3?. 
i.pitr.i.io, 



« c. Ils fê te- 
noyent en 
toute affeu- 
râce, comme 
s'il n y euft 
eu rie à crain 
dre de tout 
ce dont le 
S-igneur les 
aduertiflbit fi 
expreflTement 
parNoé , & 
par l'exemple 
d'icelui. 
*Gen. 19. 24 
* Gr. Ces 
vaifieaux. 



* Matt. 11. 
19.& \6 25 
«rare 8. \ y . 
f«< •?. 24. 
éekan 1 2. 25 
■£ /V/dtr. 24, 
40. c^4i. 

«ratt. 24. 28. 
c comme s'il 
difoit, le Sei 
gneur donc 
ra toufiours 
fentiment de 
û vertu 
ceux t qui il 
aura doué vn 
vrai defir de 
le recen. her s 
quelque con- 
fufion qui ad 
uienemeP 
mes enl'E- 
glife. 

* 7(om. 12, 
iz.i.tbejj.$ 



200 



V A N G- I I E 



17 On mangéoît a & beuuoit, on preno jt & baîïïoTta 

femme, iuiqu'auiour que Noé entra en l'arche, & le 

déluge vint qui les fit tous périr. 

28 Semblablement aufsi,comme il aduint es iours de 

Lotron mangeoit^on beuuoit 3 on achetoit^on védoit, 

on plantoit,& on baftifïbit: 

19 Mais*auiourque LotfortitdeSodome, il pleut 

feu & fouffre du ciel,qui les fit tous périr. 

30 Tout ainfî fera-ce au iour que le Fils de l'homme 
fera reuelé. 

31 En ce iour-là qui fera fur la maifon , & aura b fon 
mefnage en la maifon , qu'il ne defeende point pour 
l'emporter: & qui fera es champs/emblablemét ne re- 
tourne point à ce qui efl demeuré en arrière. 
3 2, v Ayez fouuenance de la femme de Lot. 
3 3 * Quiconque cerchera à fauuer fa vie.la perdra 3 & 
quiconque la perdraja viuifiera. 
3 4 le vous di,t qu'en cette nuidfc-Ià deux feront en vn 
mefrne li&rl'vn fera prins,& l'autre biffé. 
35 II y en aura deux lefquelles moudront enfèmble: 
lVne fera prinfe 3 & l'autre laifTee. 
3 6 Deux feront es champs : Tvn fera prins , & l'autre 
laiffé. 

3 7 Et eux refpondans lui difent 3 Où Seigneur:Lequel 
leur dit ," En quelque lieu que fera le corps mort y c là 
aufsi s'affembleront les aigles. 

Chap. xviii. 
Enfeignemens touchant l'afsiduité , 9 <& humilité requife en 
la prière. 1$ Jtem touchant l'impofition des mains fur les 
petis enfans , 18 & le vray moyen deparuenir à la vie e- 
ternelie. 31 Le Seigneur aduertït [es difciples de ce qui 
lui doit aduenir en Ierufalem, 3 $ & rend la veu'è a vn a- 
ueuglcpres de 1er ko. 

1 ^*v R il leur dit aufsi vne fïmilitude , tendant à ce 
KJ- * qu'il faut toufiours prier,& ne s'anonchaloir 

point. 

2 DifantJÎ y auoit vn iuge en vne villejequel ne crai 
gnoitDieUj&nerefpeétoitperfonne. 

2 Or y auoit il en cefte ville-là vnevefue, qui vint à 
fuijdifantj Fai-moi iuflice de ma partie aduerfe. 
\ Et pour long temps il n'en voulut rien faire. Tou? 



SELON S. I . V <ri. 



zoi 



"tesfois après cela il dit'en foi-mefme,Cornbîenque îe 
ne craigne Dieu, & ne refpecte perfonne: 

5 Neantmoins,pource que cefrevefue * me donne 
peine, ie lui ferai iuftice,que finalement elle ne viene, 

6 b me rompe la telle. 

6 Et le Seigneur dit, Efcoutez que dit Je iuge inique. 

7 Et Dieu ne vengera-il point les efleus qui crient à 
lui iour & nuidt, combien c qu'il diffère de fe cour- 
roucer pour l'amour d'eux? 

8 le vous di, que bien toit il les vengera. Mais quand 
le Fils de l'homme viendra , cuidez-vous qu'il trouue 
* foy en la terre ? 

$ Il dit aufsi celte fîmilitude à quelques vns quife 
confïoyent en eux-mefmes d'eftre iuftes,& qui te- 
noyent les autres pour rien : 

io Deux hommes montèrent au temple pour prier, 
Pvn Pharifîen,8c l'autre peager. 



« oh , me 

fùllllC. ■ 

* ou,mefjc c 
rougir de 
honte. 

on, qu'il 
vfe de longue 
attente à .ai- 
re vengeance 
pour .tus. en 
faueur di- 
cenx. 

gnage .: 
renr de îato- 
gnoiflance 
de Ton Nom, 
Sedefactei :c 
de fon aduc- 

noœejc. 



ii LePharifienfetefantàpart,prioiten foi-mefme, 

dijant telles chofes , Dieu , ie te ren grâces , que ie ne 

fuis point comme le reite des hommes , qui \ohi rauil- 

feurs , iniuf tes, adultères : ni mefmes aufsi comme c© 

peager. 

iz le iufne deux fois la femaine : ie donne ladifme 

de tout ce que ie poîTede. 

ix Mais le peager fe tenant loin, c n'ofoitpas mefmes 

efleuer les yeux vers le ciel: frapoit fa poitrine, difant, 

Dieu fois appaifé enuers moi qui fuis pécheur. 

14 le vous di que ceftui-ci defeendit f iuftifié en fa 
maifon pluftoit* que l'autre. * Car quiconque s'efle 
ue,fera abbaiffé : & qui s'abbaifTe,fera efleue. 

15 •' Or on lui prefenta aufsi des petis enfans,afin 
qu'il les touchait, ce que voyans les difciples, s les f«* 14- " 
tanferent. 

16 Mais Iefus les ayant fait venir à foi, h dit, Laîflez 
les petits enfans venir à moi , &: ne les empefehez 
point : car à tels eil le royaume de Dieu. 

17 En vérité ie vous di, quiconque ne receura com- 
me enfant le règne de Dieu, n'entrera point en icelui 

18 *Lors quelque Seigneur l'interrogua,difant,Mai- 
ftrequi es bon, que ferai-ie pour hériter la vie éter- 
nelle? 



Gr.ncvou- 

oit. 
f c receu en 

grâce par la 
feule mife- 
ricorde du 
Seigneur. 
* lob 72.?.p. 

Mtftt.aj.i 2. 



r Pwr.5 j. 

'•" Mail 10. 

marc ïo.i ?. 

atoll, ceux 
qui les ap- 
ortoyenr. 

aflau.a "es 
difciples. 

utn 10.17. 



202 



V A N G I t E 






on, chaMc, 



' le r. 1 1. 17. 

\* Mat. 19. 

27»»Wf 10 

là». 



*:Mxttb.2o. 

57. 



ip- Iefus lui dit , Pourquoi m'appeles-tu bon ? Il n'y a 

ul bon qu'vn, aflauoir Dieu, 
zo Tu fais les commandemens, * Tu ne commettras 
point adultere.Tu ne tueras point. Tu ne defrobberas 
point. Tu ne diras point faux tefmoignage. Honore 
ton père & ta mère. 

2i Etceftui-la dit, l'ai gardé toutes ces chofes dés 
ma ieunefle. 

22 Quand Iefus eut ouï cela , il lui dit , Vn poinct te 
défaut encores : ven tout ce que tu as , & le diltribue 
aux poures,& tu auras vn threfor au ciel: puis vien,& 
me fui. 

23 Icelui ayant entendu ces chofes deuint fort trifte, 
car il eftoit fort riche. 

24 Iefus voyant qu'il eftoit deuenu fort trifte , dit, 
Qu'il eft maî-aifé que ceux qui ont des biens, entrent 
au royaume de Dieu ! 

25 II eft certes pi us aifé qu'vn a chameau entre par le 
pertuis d'vne aiguil!e,que qu'vn riche entre au royau 
me de Dieu. 

z6 Et ceux qui ouïrent cela, dirent, Et qui peut donc 
eftre fauué? 

27 Et il leur dit, '•' Les chofes qui font impofsibles 
aux hommes/ont pofsibles à Dieu. 

28 * Et Pierre dit, Voici, nous auons tout delairTé, Se 
t/auons fuiui. 

2*? Et il leur dit , En vérité ie vous di , qu'il n'y a pas 
vn qui ait delailïé fa maifon , ou parens , ou fre 
res,oufemmes,ouenfans pour l'amour du royaume 
de Dieu. 

3 o Qui ne reçoiue beaucoup plus en ce temps ici, Se 
au fiecle à venir la vie éternelle. 

31 t Puis Iefus print à part les douze, & leur dit, 
Voici, nous montons en Ierufalem, Se feront ac- 
complies touchant le Fils de Phomme,toutes les cho- 
fes qui font eferites par les Prophètes. 

32 Car il fera liuré aux Nations, Scfera mocqué,& 
iniurié,& deferaché. 

33 Et après qu'ils l'auront fouetté, ils le mettront à 
rnortimais au troifieme iour il reffufeitera. 
3 4' Et ils n'entédirent rien de ces chofes, ains ce pro- 



SELON S. LVC. 



lO: 



pos leur eftcit caché : &n'entendoyent point ce qu'il 

/<///• diibit. 

3 5 * Aduint comme il approchoit de Ierico,qu'il y a-r Matth. 20, 

uoit vn aueugle alsis près du chemin,& mendiant : y 9 - ' ;;4K IO 

36 Lequel oyant la multitude qui paiîbit, demanda; 4 ' 
que c'droit. 

37 Et ils lui rejpondhét , que Iefus le Nazarié pafïbit. 
3 8 Lors il cria , difant , Itiiis Fils de Dauid } aye pitié 
de moi. 

39 Etceuxquia11oyentdeii3nt,letanfoyent,aflnque 
SI (e teuihmais il crioit beaucoup plus fort, Fils de 
Dauid,aye pitié de moi. 

40 Et Iefus s'elfant arreité commanda qu'on l'ame- 
nait vers lui : puis quand il fut approché , il l'interro- 
ge 

41 Difant , Que veux-tu que ie te face?Et il rcjpondit, 

Seigneur,que ie recouure la veuè. 
41 Et Iefus lui dit, Recouure la veuè'ta foy t'a fauué, 
42. Et à Pinftant il recouura la veuè: & le fuiuoit,glo- 
rifiant Dieu. Et tout le peuple voyant cela, donna 
louange a Dieu. 

c h a p. xix. 

Jefus Qmfl conucrtitàrepentanceZachee, \z reprefentt 
la condition de ceux qui font eftab/ps au ministère de la pa- 
role 3 par lafimilitude des talem, z 8 fait [on entrée royale 
en ferufilem, 41 pleure à l'occajion du jugement de 
t Dieit y qiii deuoit tomber fur icclle, 4$ & cbajje du Tem- 
ple les acheteurs & vendeurs. 



1 "TJ T/f/foeftant entré en Terico,alloit par la ville 
JG z Et voici vn homme appelé Zachee,qui eftoit 
principal peager,& eftoit riche. 
3 Et tafehoit à voir lequel eltoit Iefus : & ne pouuoit 
pour la foule,car il eltoit de petite ftature. 

Parquoi il accourut deuant 3 & monta defius 
yn fycomore pour Je voir : car il deuoit pafTer 
par là. 

ï Et quand Iefus fut venu à l'endroit 3 regardant en 
haut,il le vid,&lui dit 3 Zachee defeen haftiuementjCar 
il me faut aujourd'hui demeurer en ta maifon. 



* ou, ens'et 
iouilïànt. 
b gr. calom- 
nie :c. pnns 
le bien d'au- 
trui àfauffes 
enfeignes: 
comme c'eft 
volontiers le 
meftier de 
telles sens: 
tdlemét que 
Zachee ne 
parle pas ici 
comme en 
l'air , mais co- 
rne aduotiant 
qu'il a tenu 
le train d vu 
homme adon- 
né à rapines, 
aHn d'en 
crier merci 
à Dieu,d'en 

[farisfaire aux 
hommes, & 
de s'eflargir 
franchement 

jenuers les 
poures, de ce 

jqui lui refte- 
| jroit de bon & 

jbien acquis. 

\c a(fa. fous le 

Jchef eftait 

jcomprms le 

'corps de la 

! famille. 
d c. fideile, 
monftranc (à 
foy enuers 
D ieu à bon- 
nes enfei- 
gnes. 

*M4r.l8.II. 

*-' Matt. i$. 
i •. 

f Gr. mines: 
chacune des- 
quelles pou. 
lioicrcuenir 
à la fomme 
de dix efeus, 
qai eftoit la 
foixantieme 
partie d'vn 
talent. 



104 



Et an q h.,e 






6 Adonc icelui defeendithaftiuement, Se le receut! 
auec ioye. 

7 Et tous voyans cela,murmuroyent , difans qu'il 
eftoit entré chez vn homme de mauuaife vie pour y 
loger. 

8 Et Zachee feprefentantlàj dît au Seigneur, Voici, 
Seigneur , ie donne la moitié de mes biés aux poures: 
& fi l'ai b circonuenu quelcun de quelque chofe , i'en 
ren le quadruple. 

9 Adonc Iefus lui dit , Auiourd'hui falut eft aduenu 
à celte maifon ici : pourtant que c ceftui-ci aufsi eft 
d fils d'Abraham. 

io * Car le Fils de l'homme eft venu cercher,&fau- 
uer ce qui eftoit perdu. 

ii Or eux oyans ces chofes , Iefus pourfuiuit Ton 
propos , & propofa vne fimilitude , pource qu'il eftoit 
près de Ierufalem , & qu'ils cuidoyent qu'à l'inftant le 
règne de Dieudeuoiteftremanifefté. 
1 1 II dit doc, '•' Vn noble homme s'en alla en vn pais 
lointain, conquefter pour foi vn royaume, puis re- 
tourner. 

13 Et ayant appelé dix liens feruiteurs, il leur donna 
dix e marcs, & leur dit, Trafiquez iufqu'à tant que ie 
viene. 

14 Or Tes citoyens le haifTovent: parquoi ils enuoye- 
rent vne ambafTade après luî,en difant,Nous ne vou- 
lons point que ceftui-ci règne fur nous. 

1 5 II aduint donc après qu'il fut retourné ayant con- 
ïquefté le royaume,qu'il commanda qu'on lui appelait 
ces feruiteurs-là,aufquels il auoit baillé l'argent, afin 
[qu'il feuft combien chacun auroit gagné par fa tra- 
fique. 

\6 Adonc le premier vint, difant,Seigneur,ton marc 
a fait dix autres marcs. 

17 Etilîuidit,C'eft bien fait bon feruiteur: pour- 
tant que tu as elle fidèle en peu de chofe , aye puifTan- 
ce fur dix villes. 

1 8 Et l'autre vint , difant , Seigneur , ton marc en a 
fait cinq autres. 

1 9 Et à ceftui-ci il dit aufsi,Et toi fois fur cinq villes. 

10 Et l'autre vint , difant, Seigneur , voici ton marc 



. 



SELON S. TTC. 



1°1 



que i'aî tenu enueloppé en vn » linge. 

2 1 Car ie t'ai craint,pource que tu es homme rudc:tu 
| prés ce que tu n'as point mis, & moilfonnes ce que tu 

n'as point (èmé. 

' zz Et il lui dit, Mcfchant feruiteur, ie te iugerai par ta 
! parole : tu fauois que ie fuis homme rude /prenant ce 
; que ie n'ai point mis,& moiflbnnant ce queie n'ai 
I point femé. 
! 23 Et pourquoi n'as-tu mis mon argent en banque,& 

à mon retour ie l'euffe redemandé auec vfure? 
1 24 Lors il dit à ceux qu i eftoyent prefens,Of tez-Iui le 
' marc,& le donnez à celui qui a les dix. 
,25 Et ils lui dirent,Seigneur, il a dix marcs. 

16 Ainli vous di-ie,qu'à vn chacun qui aura, ieradô 

né : * & à celui qui n'a rien, encore b ce qu'il a,lui fera 

olté. 

27 Aufurplus amenez ici ces miens ennemis, qui 
n'ont point voulu que ie regnaiTe fur eux , & les tuez 
deuantmoi. 

28 Ces chofes dites,il alloit c deuant eux , montant en 
Ierufalem. 

19 ' : Etaduint corne il approchoit de Beth-phagé& 
de Bethanie,vers la môtagne qui eft appelée des Oli 
uicrs,qu'il enuoya deux de Tes difciples. 
30 Disât, Allez à la bourgade qui eft vis à vis de vous, 

I en laquelle eitans entrés,vous trouuerés vn afnon at 
tache,fur lequel iamais homme ne monta : delbchés 
!le,& l'amenés. 

j 3 r Que fi quelcun vous demande pourquoi vous h 
ideihcKés vous lui dires ainfi,Pource que le Seigneur 
Jena à faire. 

32 Et ceux qui eftoyent enuoyés s'en allerét, & trou 
Uerent ainfi qu'il leur auoit dit. 

33 Et corne ils deltachoyent l'afnon, les maiitres leur 
dirent,Pounjuoi delbchés -vous ceïl afnon? 

34 Ils rr//w77cîirent,LeSeigneurenaà faire. 
3 5 Ils l'amenèrent donc à Iefus : & ietterent leurs ve- 
ïtemens fur l'afnon: * puis mirent Iefus deflus. 
16 Et comme il alloit,ils eitendoyent leurs veitemerrs 14. 
par le chemin. 
37 Et comme defîa il approchoit à la defeente delà 



* on, mou- 
choir. 



* Matth. 1 j. 
12. (£• 25.19 
Marc 4. 25. 

b c. ce cjii il 
cuideauoir: 
fus 8. 18. 
c a(f. pour 
donner tant 
plus à co- 
gnoiftre (on 
franc coura- 
ge en te der- 
nier voyage 
qu il faifbic 
en Ierufalé. 

Mat 2r.r. 
Marc 11. 1. 



Tfiiit.zt 



2.06 



V A N G I L-Ev. 



m afïlen cefte 
faifon que 
Dieu ce pre 
fentoit fâ 
grâce en l'ac- 
conipliffemét 
«îe Tes pro- 
meflfes. 



Marc 13,2 

/ôfi» 21. 6. 

* Mat.iï.u 
Marc ir iy. 

* E/a. 5^.7, 

A4a;.2i.ij. 
Marc if. 17 
« 7cr. 7 .n, 
<*• Marc ir, 
18. 

i Gr.eftoit 

pendu (à fil 
bouche ) en 
l'oyant. 



montagne des Oliuiers , toute la multitude des difei- 
pies s'efïouiffant , fe print à louer Dieu à haute voix, 
pour toutes les vertus qu'ils auoyentveu es. 
38 Difans,* Bénit Joit le Roy qui vient au nom du 
Seigneur:paix/ozr au ciel,& gloire es lieux très- hauts. 
3? Adonccjuelques-vns d'entre les Pharifiens delà 
troupe lui dirent,Maiflre repren tes difeipies. 

40 Lui refpondant , leur dit,Ie vous di que il ceux-ci 
fetaifent,Ies pierres melmes crieront. 

4 1 Et quand il fut approché, voyant la ville, il pleura 
fur elle,difant, 

42 Ofi toi aufsi euffes cognu , voire au moins en 
cefte a tiene iournee,les chofes qui appartienent à 
ta paix ! mais maintenant elles font cachées de deuât 
tes yeux. 

43 Car lesiours viendront fur toi que tes ennemis 
aufsi t'afsiegeront de tranchees,& t'enuironneront & 
enferreront de tous collés. 

44 Et te raferont toi, & tes enfans qui font en toi , & 
'•' ne bifferont en toi pierre fur pierre, pourtant que tu 
n'as point cognu le temps de ta vifitation. 

45 * Puis eftant entre au temple , il fè print à ietter 
hors ceux qui vendoyent&achetoyent en icelui* 

46 Leur difant,Il eilefcrit^ t Ma maifon eftla maifon 
de prière : mais vous " en auez fait vne cauerne de 
brigands. 

47 Et elloit tous les iours enfeignant au temple. * Et 
les principaux Sacrificateurs & les Scribes , & les 
principaux du peuple tafehoyent à le faire mourir. 

48 Mais ils ne trouuoyent chofe qu'ils lui peuffent 
faire:car tout le peuple b elloit fort ententif à l'ouïr. 

C H A P. XX. 

le Seigneur ferme la bouche aux Sacrificateurs & Scribes 
prêt en dan s ignorer fon auhoritè , 9 redargue leur mef- 
ch an ce té par vne fimilitude bien exprejfe , 2,0 refpond à 
leur quejiion touchant les tributs ,27 maintient la verh> 
té de la doctrine de larefurreBion y 41 déclare FexceU 
lence de laper forme du Méfias par dejfws Dauid, 45 & 
remarque l'ambition & hypocrifie des Vharifiens* 



SEL O 



S. LVC. 



107 



O 



R aduint en Tvn de ces iours-Ià , comme il *Mat îi.îj 
enfeienoit le peuple au temple , &: euangeli- Març "■ *f* 
zoit, que les principaux Sacrificateurs , Se les Scribes 
auec les Anciens, iuruindrent, 

Et parlèrent à lui,difans,Di-nous, de quelle amho. 
rire tu rais ces chofes:ouquieil celui qui t'a donne 
celte authorité. 

ht lefus relpondant, leur dit, le vous intërroguerai 
moi auisi d'vn poin&,& me refpondez : 

Le Baptelme de lehan elloit-ii du ciel, ou des 
hommes ? 

Or dilbutoyent-ils entr'eux,difans, Si nous difons, 
Du ciel.il dira, Pourquoi donc ne l'auez- vous creu ? 

Et fi nous dilons , Des hommes : tout le peuple 
nous lapidera: car ils font perfuadez que lehan eftoit 
fèrophete. 

Parquoi ils refpondirent qu'ils ne fauoyent d'où 



cjîoii. 



* aflau.IeB*. 
ptefme de 
lehan. 



••• efa.u 

1er. 2.21. 



8 Lors lefus leur dit , le ne vous dirai point aufsi de 
quelle authorité ie fai ces chofes. 

Alors il fe print à dire au peuple ceftefîmilitude, 
Quelque homme planta vne vigne,& la loa à des vi- 
gnerons,& fut dehors vn long temps, 
xo Etquandvintlafaifon,ilenuovavn fienfcruiteuri' M<l '- 2,, *3 
vers les vignerons, afin qu'ils lui baillafTent du frui&j^ 
de la vigne, lelquels l'ayans batu,lerenuoyerent î 
vuide. 

1 1 Et derechef y enuoya vn autre feruiteur : lequel 
l'ayans aufsi batu, après rauoirvilainemét traitté, ils 
le renuoyerent à vuide. 

ii Et depuis y enuova aufsi le troifieme, lequel ayas 
aufsi nauré,ils le ietterent dehors. 

13 Adonc le Seigneur de la vigne dit, Que ferai-ie? 
l'y enuoyerai mon fils,le bien aimé : peut eftre quand 
ils le verront,qif ils le reuereront. 

14 Mais quand les vignerons le virent, ils tindrent 
propos enrr'eux,difans,Ceftui-ci eft l'héritier: venez, 
tuons-le,afin que l'héritage deuiene noftre. 

15 Et le ietterent hors de la vigne, & le tuèrent. Que 
leur fera donc le Seigneur de la vigne ? 

16 11 viédra, & fera périr ces vignerôs-là , & baillera 



îo8 



£ V A NO I l E 



£/l 2*.l6. 

* <ih, laprin 
cipaîe pierre 
«iu coin. 



-" Mac*. 2. 
K\»ttirc 12. 



» ou,re (cri- 
turc. 
^Row.13.7 

* ou,Icfur- 
prendre en 
parole. 



23 .marc, ïî 
i8.«âtatj 8, 

9 £>£«;. 2 5. 5, 



la vigne à d'autres. Ce qu'ayans outils dirent, Ainfî 
n'aduiene. 

17 Lors il les regarda , & dit , Que veut donc dire ce 
qui eft eferit? * La pierre que les edifians ont reiettee, 
eitdeuenuë a la maiftreffe pierre du coin. 

18 Quiconque cherra fur cefte pierre- là, fera froif. 
le : &el!e brifera ceiui,fur lequel elle cherra, 
ip Adonc les principaux Sacrificateurs & les Scri- 
bes en ce mefme inlhnt tafeherent à mettre les mains 
fur lui (mais ils craignirentlej>euple:)carils cognu- 
rent bien qu'il auoit dit celte fimilitude contr'eux. 

20 Parquoi regardans fur lui,ils enuoyerent des gés 
attitrés, qui contrefaifoyent les gens de bien , pour le 
furprendre en parole : afin deleliureràla feigneurie 
& puifîance du Gouuerneur: 

21 Lefquels rinterroguerent,difans, " Maiftre, nous 
fauonsquetudis &enfeignesdroitement,& ne re- 
gardes point à l'apparence des perfonnes, mais enfei 
gnes la voye de Dieu en vérité. 

2 z Nous elt-il loifîble depayer le tribut à Cefar , ou 

non? 

2 3 Mais lui ayant apperceu leur rufe , lehr dit, Pour 

quoi me tentez-vous ? 

24 Monilrez-moi vn denier : de qui a- il l'image & 

b Pinfcription ? Eux re(pondans,dirent,De Cefar. 

2$ Et il leur dit, * Rendez donc à Cefar Ieschofes 

qui font à Cefar,& à Dieu les chofes qui font à Dieu. 

26 Ainfî ne peurent-ils c trouuerà redire en fa pa- 
role deuant le peuple: mais tousesbahisde farefpo- 
fe,ilsfeteurent. 

27 Lors quelques'-vns * d'entre les Sadduciens (qui 
nient formellement la refurre&ion) s'approchèrent, 
&l'interroguerent, 

28 Difans , Maiftre, n Moyfe nous a IailTe par eferir, 
Si le frère de quelcuneit mort ayant femme, &r qu'il 
foitmort fans enfans: que fon frère prenela femme 
d'icelui,& qu'il fufeite lignée à fon frère. 

29 Or y eut-il fept frères, dont le premier ptint fem- 
me,^: mourut fans enfans. 

30 Et le fécond la print,&: mourut aufsi fans enfans* 

3 1 Puis le noifieme la print , & fèmblablement tous 
^ — : : k. 



SEION S. 



I V C. 

aifïeenfans. 



20^ 



; les fept,& moururent fins auou 

3 i Apres tous,la femme aulsi mourut. 

3 3 Duquel d'iceux doue iera-elle femme en la refur 
Ireclion^carlesfeptront eue à femme. 

34 Et Iefus refpondant leur dit , a Les enfans de ce 
fiecle-ci prenent & font pri ns en mariage. 

3 ? Mais ceux qui feront faits dignes d'obtenir ce fïe- 
cle-là & la refurrection des morts,ne prendront ni ne 
feront prins en mariage. 

35 Car ilsnepourront plus mourir, d'autant qu'ils 
feront b parçjls aux Anges, & feront fils de Dieu, c e- 
ihns fils delarefurre&ion. 

3 7 Or qu'ainfi foit que les morts reiïufcitent , Moyfe 
imefme Ta monitré auprès du buifïbn, quand * il appe- 
Seig'ieur, le Dieu d'Abraham, & le Dieu d'Iiaac, 
i& le Dieu de Iacob. 

tt8 Or n'ell-il point le Dieu des morts, mais desvi- 
pans- car tous viuent à lui. 
:jj«? Et quelques- vns d'entre les Scribes refpondans, 

dirent,Mai(tre,tu as bien dit. 

40 Or ne l'ofovent-ils plus interroguer de rien. 

41 v Mais lui leur dit,Comment dît-on que le Chnft 
cil fils de Dauid? 

42, Veu que Dauid mefme dit au Iiure des Pfeaumes, 
* Le Seigneur a dit à mon Seigneur, Sieds toi à ma 
dextre, 

42 Iufqu'à tant que i'aj'e mis tes ennemis pour mar- 
cnepied de tes pieds. 
44 Dauid donc l'appelé Seigneur : & comment eft-il 
fon fils? 

I 45 Et comme tout le peuple efeoutoit , il dit à fes 

Hfeiplts, 

K-* Donnez-vous garde des Scribes, qui volon- 
s le pourmenent en robbes longues, & qui aiment 
les falutations es marchés,& les premières feances es 
fynagogues,& les premières places es banquets : 
47 " Lelquels mangent tout entièrement les maifons 
desvefues, d voire enfaifantfemblant de prier beau 
coup,ils en receurontplus grande condamnation. 

O 



c. Ie« hom- 
mes qui ont 

vnirc en ce 
monde , &- 

pas parti- 
culièrement 
lesirfidclcj, 
c mme lus 

,.8. 

afTàu. fftan« 
'endus im- 
morrels & 
ncorrupti- 
jIcs. 

c tûans 
efîiiicirez à 
ie ik gloire 
:rernclle. 

Sxod.l.6, 



Matth. 22, 
41. marc 12. 
ÎJf. 

P/Tnar, 



11.43. 

■M4f.25.14 
d ou, & fonc 
longues priè- 
res eu app*- 
vence. 






* Mare 12 



'•'M«. 24.8 
marc 13. 1. 



* OU 
à ces 



na. 



E v a Nom 



C, H A P. XXI. 

Le Seigneur recommande l'oblation faite par vnepoure vtfue, 
5 prédit ladeslruclionde lerufalem& dute?nple 3 z$ &• 
à cefie occafion aduertit l'Eglife de ce qui aduiendraen 
V attente du dernier iugement ,34 l'exhortant à fe tenir 
tant plus foigneufement fur fes gardes. 

1 * "TJ T comme il regardoit,ilvid les riches qui 
S2i mettoyent leurs dons au tronc : 

2 II vid aufsi vne poure vefue qui y mettoit deux 
rites. 

Dont il dit, ie vous di pour vrai, que celte poure 
ve'ue a plus mis que tous les autres. 

Car tous ceux-ci ont mis aux offrandes de Dieu de 
ce qui leur abonde : mais celte-ci y a mis de fa diiètte 
tout le viure qu'elle auoit. 

Et comme quelques vns difoyent du temple, qu'il 
eitoit orné de belles pierres & dons,il dit, 
v/chSS"' 6 a Eft-ce cela que vous regardez > * les iours vien- 
^uc'vous rc-idront efquels ne fera laiflèe pierre fur pierre qui ne 

gardez , les 
iours, &c. 
54 Sut 19.44. 

fera-ce donc que ces chofes aduiendront?&quel li- 
gne y aura-il quand ces chofes deuront aduenir ? 

8 Et il dit , "t Prenez garde que vous ne foyez fe 
duits : car pluficurs viendront en mon nom , difans, 
Ceft moi qui fuis le Chrift , & le temps approche : n'al- 
lez donc point après eux. 

9 Et quand vous orrez des guerres & b feditions, ne 
vous elpouuantez point : car il faut que ces chofes 
aduienent premièrement, mais la fin ne fera point in 
continent. 

10 Adonc leur dit-il, Nation s'efleuera contre naf 
tion,&: royaume contre royaume. 

11 Et grands tremblemens de terre feront de lieu en 
lieu,& famines &peftilences,& y aura efpouuante- 
mens,& grands lignes du ciel. 

12 " Mais deuanttoutes ces chofes, ils mettront lef 
mains fur vous , & ^o/^perfecuteront,^^;^ liurans 
aux (ynagogues, & aux prifons : c & vous tireront 
deuant les Rois & les gouuerneurs , pour l'amour d« 
mon Nom. 



■£ Epbefo.6. 
z>The{f.2.i 



b OU , dis 
«roufcles. 



■ Mat. 14.8 
marc 13.9. 
« ou, afin 
que vous 
foyez menez 
deuant les 
Xois,&c. 



$ EL ON S. I V C. 



III 



\ Et cela vous a feruirapourtefmoignage. 
14 * Mettez donc en vos cœurs de ne préméditer co- 
rnent vous refpondrez. 

if Car ie vous donnerai bouche & fapience,i la- 
quelle ne pourront contredire ne refîlter tous ceux 
qui vous feront contraires. 

16 Aufsi ferez-vous liurés de pères & mères , & 
frères , & parens, & amis : & en feront mourir d'en- 
tre-vous. 

17 • Et ferez haïs de tous pour l'amour de mon 
Nom. 

18 Mais vn cheueu de voftre tefte ne fera point 
perdu. 

ip b Poflèdez vos âmes par voftre patience. 
10 Et quand vous verrez Ierufalem eitre enuiron- 
nee d'armées 3 fâchez adonc que fa defolation ett 
prochaine. 

»i Alors ceux qui font en Iudee, qu'ils s'enfuyét aux 
montagnes : & ceux qui font au milieu d'icelle , qu'ils 
fe retirent : & ceux qui font es champs, qu'ils n'entrét 
point en icelle. 4 

il Car ce feront-Ià les iours de vengeance , afin que 
foyent accomplies toutes * les choies qui font ef- 
crites. 

13 Or mal-heur fur celles qui feront enceintes, 
& fur celles qui allaitteront en cesiours-làrcaril y 
aura grande extrémité fur celte contrée, & ire en ce 
peuple. 

24 Et ils tomberont « autrenchantde l'efpee, &r fe- 
ront menés captifs en toutes nations : & Ierufalem 
fera foulée par les nations, iufqu'à ce que d les temps 
des nations foyent accomplis. 
ij D'auantage, * il y aura lignes au foleil & en la 
lune , 8c es efîoiles , & deitrefTe aux nations,tellemcnt 
qu'on ne faura que deuenir fur la terre/ la mer bruy ât 
&les ondes. 

De forte que les hommes feront comme rendans 
l'ame,de peur, & à caufe de l'attente des chofes qui 
furuiendront au monde vniuerfel: car les venus des 
cieux feront esbranlees. 
Q ij 



c. ce roui 
fera vnc en- 
feigne quo 
cft le Sei- 
gneur qui 
vous met en 
oc-uure. 
* Matth.io. 
19. marc 13, 
U. fui 11.11 



• M.1MO. 

22. marc ij. 

M» 

b c. remette! 
vous tellemé< 
à la preuidea- 
ce de Dieu, 
que vous ne 
fnyra aucune- 
ment trou- 
bles en vos 
efprits,vou5 
repofânt en- 
tièrement fui 
Ton bon plai* 
Cr. voyez 
T.Pier.5.7. 

* Datt.9.19, 
27 . mat. 14, 
ie. marc 11, 

14. 

c Gr. par la 

bouche. 
d c. la faifon 
des iugemens 
de Dieu fur 
le refte du 
monde, 8c 
nommément 
fur l'cftat de 
l'empire Ro- 
main. 
■£ £fà. 11,10 
E\ecb$i.j. 

Iftl 2. 31. 

marc 13.24. 
e afTa.côme fi 
tourçs créa- 
tures por- 
toyent l'ef- 
froy de ce 
tomp«-là. 



ÎU 



V A N G I L I 



27 Et alors on verra le Fils de l'homme venir cnvne 

nuée auec puifTance & grand 1 gloire. 

28 Or quand ces chofes commenceront à aduenir, 
a drefifez-vous en haut, & leuez vos telles, d'autât que 
*voftre b deliurance approche. 
19 Et il leur dit vne fîmilitude, Voyez le figuier & 
tous les arbres : 

3 Quâd défia ils poufTent,vous cognoiffez de vous- 
mefmes en regardant,que l'efté ell défia près. 

31 Vous aufsi pareillement, quand vous verrez ces 
chofes aduenir,fachez que le règne de Dieu eît près. 

32 En vérité ie vous di,, que c ceitaagene palfera 
point iufques à ce que toutes ces chofes foyenc 
faites. 

3 3 Le ciel & la terre parleront , mais mes paroles ne 
parleront point. 

34 Prenez donc garde à vous-mefmes , que d'auen- 
ture •' vos cœurs ne foyent greués de gourmandife 
& d'yurôgnerie , & des foucis de celle vie : & que ce 
iour-làfbudain ne vous furprene, 



Tï 



* Row.8.22. 

-t afTau.vous 
qui eites de 
mes fidèles, 
en monftrant 
lafeimcré de 
voftreefpe- 
rance,alors 

3ue le Mon- 
e fe fçntira 
comme abba- 
tu en la 
frayeur du 
iugement de 
Dieu. 

t stffà. Terrée! 
de voftre e- 
fperance tou- 
chant la 
vraye beati- 
rude. 

e afia. entant 
que la plus 
* grande par- 
tie de ces 1 

iihu^enut '35 Car il furprendra comme vnlaqptous cenx qui 

ron quarante [habitent fur le defïiis de toute la terre. 

an$ après, \^$ Veillez donc, prians en touttemps , afin que vous 

oœ.13.13 f y ez £ a j ts lignes d'euiter toutes ces chofes qui doi- 

uent aduenir , & que vous puifsiez fubiîlter deuant le 

(Fils de l'homme. 

3 7 Or eltoit-il de iour enfeignant au temple : 5c for- 
tant demeuroitlaTiui&enlarnontagne qui elt appe- 
lée des Oliuiers. 

3 8 Et dés le poinct du iour tout le peuple venoit vers 
lui au temple,pour l'ouïr. 

c H A p. XXII. 

Hauts ïfcariotfiiit marché auec les Sacrificateurs pour leur li- 
urer Jefm Qorifi'. 7 qui célèbre la Tafque auec Ces difei- 
ples, 19 infîituefafaincieÇene, 24 reprime l'ambition 
desApoïïres, 28 les confole& fortifie, 39 fe va rendre 
au lieu, où il deuait eftrefaifi, 4 1 fe prépare par ardentes 
prières à l'agonie de fesfoujfrances , 47 eft jaifi par 
conduite de ludas le traiftre, 50 repare le fcandale 
Fvn de fes difciples , ayant vfé de voye de fait, $4 



SELON S. 



-_▼ C. 113 

Itjt menfcJje 1 ^ le Jàuuerain Sacrificateur 3 où tls'aduouë le 
Fils de Dieu . %6 La cheute de Tiens , & [es larmes 
tref-ameres, 

I * f\Rla fefte des pains fans leuain, qu'on appelé 
\J Pafque , approchoit. 

I Et les principaux Sacrificateurs & les Scribes 
cerchoyent comment ils le pourroyét mettre à mort: 
car ils craignoyent le peuple. 

3 " Mais Satan entra en Tudas furnommé Ifcariot, 
qui eltoit du nombre des douze. 

4 Lequel s'en alla, & parla auec les principaux Sacri- 
ficateurs & les Capitaines 3 comment il le leur li- 
ureroit. 

f Dont ils furent ioyeux , Se accordèrent de lui bail- 
ler argent. 

6 Eulenconuint aucceux , &cerchoit temps propre 
pour le leur liurer a fans efmeute. 

7 * Or vint le iour des pains fans leuain^auquel il fa- 
loitfacrifier b l'agneau de Pafque. 

8 Et lefi'J enuoya Pierre & khan, difant, Allez, & 
nous appreltez l'agneau de Pafque, afin que nous le 
mangions. 

9 Et ils lui dirent, Où veux-tu que nous l'appre- 
ttions? 

10 Et il leur dit, Voici , quand vous ferez entrés 
en la ville , vous rencontrerez vn homme portant 
vne cruche d'eau : fuiuez-le en la maifon où il en- 
trera. 

II Et dites au maiftre de la maifon , Le maiftre t'en 
uoye dire , Où eft le logis où ie mangerai l'agneau de 
Pafque auec mes difciples ? 
iz Et il vous montrera vne grande chambre haute 
c parée : appreltez là l'agneau de Tafque. 

13 Lors ils s'en allerent,& trouuerent félon qu'il leur 
auoit dit,& apprefterent l'agneau de Pafque. 

14 * Quand donc l'heure fut venue , il fe mit à table, 
& les douze Apoitres auec lui. 
iç Adoncilleur dit, l'ai grandement defiré déman- 
ger cell agneau de Pafque auec vous deuant que ie 
< fouffre. 

: — Q iij 



Mat. 16.1, 
vian 14 1. 



Métt.l6. 

ij.mart 14-, 
10. 



1 ou,enI'ab- 
r ence de U 

lutudc. 
* Mattrfi. 
17. marc 14, 
12. 

- Gr. laPaA 
}ue : & ainfi 
on'ctjueaï- 
nent. 



ou, tendue. 



■£ tsiauié. 
20. marc. 14 

2 7- 

d afTau 1 
mont. 



U4- 



TT 



A N G I L E 



\6 Car ie vous di , que ie n'en mangerai plus, a iuf- 
iuityies qu'à ce qu'il foit accompli au royaume de Dieu. 

17 Et il print b la coupe ;& rendit grâces , & dit, 
Prenez-là,& la diftribuez entre vous. 

18 Car * ie vous di, que ie ne boirai plus du fruiclde 
la vignejiufqu'à ce que le règne de Dieu foit venu. 

c Puis prenant le pain,& ayant rendu graces,il le 
rompit,& le leur bailla, difant,Ceci eft mon corps, le- 
quel eft donné pour vous: faites ceci en commémo- 
ration de moi. 

20 Semblablement aufsi leur bailla-il h coupe après 
lefouper,difant, Celle d coupe eft lenouueauTefta 
ment en mon fang,qui eft refpandu pour vous. 

21 * Toutesfois voici, la main de celui qui me trahit, 
eft auecmoiàtable. 

22 Et ceites le Fils de l'homme s'en va, félon qu'il eft 
ch;ji,"fuiuantj déterminé : toutesfois mal-heur à ceft homme-là, par 
^rkuiilefttrahi 
\* Mau. x*. 23 Lors ils le pnndrertt a s entredemander rvn a rau- 

ly.marc f 4. 
25 



ce qu ayant 
accompli par 
le moyen de 
nia mort , le 
myftere de 
volrre rede- 
ption,ie vous; j 
rende parti- 
ci pans de la 
vie fpiriruel- 
le,l'accom- 
>lilfemenr de 
aqiaelle nous 
attendons au 
dernier iour. 
voyez 1.C0- 
tinth. 5.7. 
b afia.pourla 
cloiture du 
fouper de l'a- 
gneau paf- 



tre,affauoir-mon qui feroit celui d'entr'eux à qui il 

aduiendroitde commettre cela. 

rc 1J 24 ^ aduint aufsi vne contention entr'eux , lequel 



Mttt.iô. 



ix. 1. Cor. 
11. 24. 

c aflau. après 
qu'il eut laué 
les pieds de 
tes difciples 
& qu'il fe fui 
remis à table 
pourinftituei 
la faincte Cè- 
ne 

* Matt.26. 
21. marc 14, 
iS.iehaniz. 
13.P/C41.10. 

•fcM.tff.20. 

z$.marc 10, 
4i 



d'entr'eux feroit eftimé le plus grand 

i$ Mais il leur dit, . * Les Rois des nations les mai 

ftrifent : & ceux qui vfent d'authorité fur icelles , font 

nommés e bien-faiteurs. 

16 Mais il n'en fera point ainfi de vous: ains te plus 

grand entre vôus,ibit comme le moindre : & celui qui 

fgouuerne, comme celui qui fert. 

27 Car lequel eft plus grand, celui qui eft à table, ou 
celui qui fert? n'eft-ce point celui qui eft à table? " or 
fuis-ie au milieu de vous comme celui qui fert. 

28 Or s eftes-vous ceux qui auez perfeueré auec moi 
en mes tentations. 

19 Parquoi ie vous difpofe h le royaume corne mon 
Père le m'a difpofé 

«Maf.xo.iZ 

d aiTau. entendant par la coupe , lebruuage qui eftois contenu enîcelle, & par le bru- 
uage, ce dont il eftoir Sacrement, e ou, irugnifiques : c. font honorés de titres félon 
leurs dignités,& ce fuiuant la façon des hommes qui ont accouftiimc deflater les grands, 
/ afTati. félon l'ordreque le Seigneur a eftabli en fonEglile, fans y introduire aucune 
prééminence félon le inonde, g Ceci femble auoir efte dit, Iudas eftant défia parti, 
h aifau. comme à mes feruiteurs les plus fauorjs; mais non pas pour les e/galec k 
foi en forte quelconque. 



•SELON S. IVC, 



21S. 



30 Afin que vous mangiez & beuuiez à ma tablé en 
mon royaume, * &que vous foyez afsis fur thrones, 
jugeans les douze lignées d'Ifrael. 

31 Aufsi le Seigneur dit, Simon, Simon, voici," Sa- 
tan ademâdéinitâment à vous cribler comme le blé. 
3 1 Mais i'ai prié pour toi,que ta foy ne défaille point: 
toi donc quand quelque fois tu feras a conuerti , con- 
ferme tes frères. 

33 Et il lui dit , Seigneur, ie fuis tout preft d'aller a- 
uec toi,& en prifon,& a la mort. 

34 Mais Iefus dit, *Pierre,ie te di,que le coq ne châ- 
tera point aujourd'hui, que premièrement tu ne re- 
nies par trois fois de m'auoir cognu. 
3 $ Puis il leur dit, * Quand ie vous ai enuoyés fans 
bourfe,fans malette, & fans fouliers , auez-vous eu!/*» 1°. 4. 
faute de quelque chofe t Et ils rebondirent , De 
rien. 

$6 Et il leur dit, b Mais maintenant qui a vne bour- 
fe,la prene:& quia vne malette fèmblablement : & 
qui n'en a point , vende fa robbe , & acheté vne 
cfpee. 

37 Car ie vousdi, qu'il faut que ceci aufsi qui eft 
eferit , foit accompli en moi , ajfauoir, " Et il a elt 
au rang des iniques. Car certainement les chofes 
^ui font dites de moi,s'en vont eftre accomplies, 
s 8 Et ils dirent, Seigneur, voici deux efpees. Et il 
leur dit, c Ceitadez. 

35» * Puis il fe partit, & s'en alla félon fa couftu- 
me au mont des Oliuiers : & fes difciples aufsi le 
fuiuirent. . 

40 Et quand il fut venu au Iieu,il leur dit, # Priez que 
vous n'entriez en tentation. 

41 Adonc ilfe retira loin d'eux enuiron vniedfcde 
pierre,& s'agenouillant prioit, 

42 Difant , Père, iî tu voulois tranfporrer celte coupe 
arrière de moi : toutesfois que ma volôté ne foit point 
faite, maislatiene, 

43 Et vn Ange s'apparut du ciel à lui, d le fortifiant. 

44 Etluieitantenagonie,prioitpIusinitamment: & 
fa fueur deuint comme grumeaux de fang decoulans 
en terre. 

. a 



•■ x i t Vier.s.Z 



* c reuenu 
à toi par vne 
vraye repen- 
tanec. 



* Matt. 26. 

H.marc 14. 
lo.iehan ij. 

•£■ Mat. jo.o 



h comme s'il 
leur diloir, Il 
fe faut difpo- 
fer à fouffrir 
& àfouftenic 
beaucoup 
daflauts poux 
la vérité. 
1S « Sfa.si.it 
marc 15. 28. 



* Matt. 26. 
lù.marc 14. 
z.2.ith*%.L 

* Matt. 26. 
^z.marc 14. 
3 8. 

c comme s'il 
difoit, C'eft 
a fiez parlé, 
refrcftvoiis 
apprendra 
combié vous 
auez à fouf* 
r'rir pour 
mon nom. 
à côme cftat 
lors particu- 
lièrement va 
peu abbaiffé 
au deffous 
des Anges, 
Heb.2.-. 



111) 



* muté. 

47. 'nan 1 4, 



Z16 



E v 



A N 3 I I g 



'•'Mat.26.52 
marc 14,47. 



« Matt.26. 
^^Tniarc 14, 
4*. 



« affa.entsntj 
que ie Sei- 
gneur veut 
que cefte cô- 
fufîoti a<i- 
uiene pour 
cefte heure, 
pou; y faire 
tellure nc.mr 
moins ik fîn- 
gulicreproui. 
dence: AA. 
4 .t8. 

* Mat. 16. 
57. mi c 14, 
5i.ieha.ii 18 
II. 

69. y n?r( 14. 
<■>£. {.£/><* s 

15. 



45 Puis s'efhnt leué de fa priere,iî vint vers Tes difei-] 
ples,lefquels il trouua dormans de triftefle. 
4^ Et leur dit , Pourquoi dormez- vous ? leuez-vous, 
& priez,que vous n'entriez en tentation. 

47 * Ht comme il parloit encore, voici, vne trou-j 
pe,& celui qui fe nommoit Iudas, I'vndes douze,! 
vint deuant eux , & s'approcha de Iefus pour le' 
baifer : 

48 Mais Iefus lui dit,Iudas,trahis-tu le Fils de l'hom- 
me par vn baifer? 

49 Alors ceux qui eftoyent autour de lui,voyans 
ce qui s'en alloit aduenir,lui dirent, Seigneur, fra 
perons-nous de l'efoee ? 

50 ■ Et vn certain d'entr'eux frapa le feruiteur du 
fouuerain Sacrificateur , & lui emporta l'oreille 
droite. 

51 Mais Iefus prenant la parole, dit, LaifTez les 
faire iufques ici . Et ayant touché Toreille d'icelui 
le guérit. 

$i^* Puis Iefus dit aux principaux Sacrificateurs, & 
aux capitaines du temple . & aux Anciens qui eftoyét 
venus contre lui , Ettes-vous fortis comme après vn 
brigand auec efpees & battons ? 

5 3 Comme ainiî foit que i'aye efté iourneîlement au 
téple auec vous , vous n'auez point èftendu les mains; 
fur moi :mais c'elt ici voftre heure & a la puifTance 
des ténèbres. 

54 * Adonc ils l'empoignèrent, & l'emmenèrent, & 
le rirent entrer en lamaifondu Souuerain Sacrifica 
teur. Or Pierre fuiuoit de loin. 

5? * Et ayans allumé du feu au milieu de la cour, 

6 s'eftans afsis enfemble, Pierre aufsi s'afsit au mi- 
lieu d'eux. 

56 Et vne chambrière le voyant afsis auprès du 
feu,& ayant l'œil fiché fur lui , dit , Ceftui-ci aufsi 
eitoit auec lui. 

57 Mais il le renia, difant, Femme, ienele cognoj 
point. 

58 Et vn peu après vn autre le voyant, dit, Tu es 
aufsi de ceux-là-, Mais Pierre dit,0 homme, non 
fuis, 



" ~TÊXO ¥ S. LY C. " ZÏ7 

<^ Et enuîron l'efpace dVne heure apres,quekpje au- 
tre aflfermoit , Pour vrai ceftui-ci auisi eitoit auec lui: 
carileit Galileen. 

60 Et Pierre dit, O homme, ie ne fai que tu dis. Et à 
rinflantjcomme il parloit encore,le coq chanta. 

61 Et le Seigneurie retournant, regarda Pierre, & 
Pierre feramenteut la parole du Seigneur, comme il 
auoit dit , * deuant que le coq chante , tu me renieras 
par trois fois. 

61 Adonc Pierre eftant forti dehors , pleura amere 
ment. 

U3 Or ceux qui tenoyent Iefus femocquoyent de 
lluij&lefrapoyent. 

64 Et l'ayant bandé Iuidonnoyentdes coups fur la 
face: & I'interroguoy et, difans,Prophetize qui eft ce- 
lui qui t'a frapé. 

rff Et difoyent plufieurs autres chofes contre lui,* en 
l'outrageant de paroles. 

66 Quand le iour fut venu, les Anciens du peuple,& 
les principaux Sacrificateurs, &les Scribes s'alfem- 
blerentj&l'emmenerent dedans le confeil. 

67 Et/a/dirét, b SituesleChriu\diIenous.EtilIeur? °" ., 
refpondit. Si îe le vous di,vous ne le croirez point. 

68 Que fi auisi ie vous mterrogue,vousnemerefpo- 
drez point,ni ne me laiiTerez aller. 

69 Déformais le Fils de l'homme fera afsis à la dexrre 
de la vertu de Dieu. 

70 Lors ils dirent tous, Es-tu donc le Fils de Dieu? Il 
leur dit,Vous le dites vous-melmes,que ie le fuis. 

71 LorsiIsdirent,Qu'auons-nousbefoinencoresde 
tefmoignage ? car nous mefmes l'auons ouï de fa bou- 
che. 

Chap. XXIII. 
Le Seigneur eftant mené prifonnier deuatTilate , 4 &trou- 
ué fans charge quelconque , 7 eft renuoyé deuant Herode y 
1 1 qui s'en eftant mocquè Refait ramener à Vilate, 14 par 
Uquel il eft enfin condamné à eftre crucifié : 28 puis eftant 
mené au lieu dufupplice , il aduertit les femmes qui le la* 
mentoyent de ce qui leur deuoit aduenir àl'occafion de ce 
fpecladc: 3 f & eft moqué & outragé en toutes fortes. 40 
Vvn des brigâs crucifié auprès dt lui 9 çomtertipar vnefinr 



* Mat, 16. 

38. 



"M/tt.16. 
6 y. marc 14. 
65. 



t ou, en bla- 
fphemam cô* 
tre lui. 



Eç-ru 



F- 



* M1M7.I. 

«<*/c 15.1. 
ieban 18.18 
<< alla, la na- 
tté des Iuifs. 

V M«2/.22.2I 

votre 12.27. 
#z*rc 15.2. 



lui. 



V A W G I L E 



i ou, auec les 
gendarmes. 
c ou , hono 

rable, nug.ii- 



* Mtfl. 27, 
2?. mèrCï$ 
i^tebaHiS. 

38.^ 1? 4, 



gultere vertu 46 Je fus Chrifl ayant rendu Cefprh en priât 
en la croix , ejl reconnu diuerfemet par ceux quiy afiiftoyet, 
$0 & eft en/eueli honorablement par lofeph d'^rimatbee. 

I T) Vis * a P r es toute la multitude d , iceuxfeleua,& 
1 lemenaàPilate. 

i Et fe prindrent à l'accufer,difans, Nous auôs trou- 
ué ceftui-ci fubuertilTant * la nation, & défendant ■" dç 
bailler le tribut à Cefar,&fedifant élire ChriftleRoy. 

3 * Lors Pilate l'interrogua, difant, Es-tuleroyde$ 
IuifV Lui redondant dit, Tu le dis. 

4 Et Pilate ait aux principaux Sacrificateurs & aux 
troupes, le ne trouue aucun crime en cefthomme ici 

Mais ils s'erTorçoyent tant plus, difans , Il efmeut 
lepeuple,enfeignantpar toute Iudee^yant commen 
ce depuis Galilée iufques ici. 
6 Quand Pilate ouït parler de Galilée , il demanda lî 
le perfonnage eltoit Galileen. 

Et ayât entendu qu'il eltoit de la iurifdiâion d'He- 
rode, illerenuoya versHerode : lequel aufsi en ces 
iours-là eltoit en Terufalem. 

8 Et quand Herode vid Iefus,il en fut fort ioyeuxxar 
ià dés pieçà defïroit-il le voir , à caufe qu'il oyoit 4 dirc 
plusieurs chofes de lui, &efperoit qu'il lui verroit fai- 
re quelque ligne. 

Or l'interrogua-il par diuers propos : mais il ne lui 
refpondoitrien. 

10 Et les principaux Sacrificateurs &: les Scribes cô 
parurent là, l'aceufans auec grande véhémence. 

I I Mais Herode b auec fes gens l'ayant mefprifé , & 
s'elhnt mocquédelui , après qu'il Peut reueltu d'vn 
veltement c blanc,le renuoya à Pilate. 

11 Et en ce mefine iour deuindrent amis entr'eux Pi' 
hte & Herodexar auparauant ils eftoyent en inimitié 
entr'eux. 

13 Adonc Pilate ayant appelé les principaux Sacri- 
ficateurs,*^: les Gouuerneurs,& le peuple,leur dit, 

14 t Vous m'auez prefenté ceit homme comme fub- 
uertîflànt le peuple : & voicij'en ayant fait refpondre 
deuant vous, ie n'ai trouué en ceit homme aucun cri- 
me de ceux defquels vous l'aceufez: 

* 5 Ni mefme Herode:car ie vous ai renuoyés vers lui 



SELON S. LVC, 



2Ï<? 



& voici , * rien ne lui a elle fait qui emporte qu'il foit di 

gnedemort. 

itf Quand ie l'aurai b chaitié , ie le relafcherai. 

X7 * Or faloit-il qu'il leur relafchait quelcon à la 

feire. 

18 Dont toutes les troupes s'efcrierent enfemble,di- 
fans, c Ofte nous ceitui-ci,& nous relafcheBanabbas, 
JP Lequel auoit elle mis en prifon pour quelque fedi- 

' tion faite en la ville,auec meurtte. 

. 20 Derechef donc Pilate , d parla à c //^voulant relaf- 

jcherlefus. 

[21 Mais ils s'efcrioyent.difans^rucifie, crucifie-le. 

z i Et pour la troifieme fois il leur dit , Mais quel mal 
ja fait certui-ci ? ie ne trouue en lui aucun crime c-'igne 
de mort. L'ayant donc fait fouëtter,ie le relafcherai. 

23 Mais ils rechargeoyent à grands cris,demandans 
Iqu'il fuit crucifié:& leurs cris & ceux des principaux 
Sacrificateurs i't renforçoyent. 

24 Adonc Pilate prononça là defîus que ce qu'ils de 
mandoyent,fuf t fait. 

Bj Et leur relafcha celui qui pour fedition&meur- 
jtre auoit efté mis en prifon, & lequel ils demandoy et 
i & abandonna Iefus à leur volonté. 
26 '• Et comme ils le menoyent, ils prindrentvn cer- 
tain Simon Cyrenienquivenoit des champs, & lui 
chargèrent la croix pour la porter après Iefus. 
17 Et grande multitude de peuple & de femmes le 
fuiuoyentjlefquelsfefrapoyent lapoiclxine, &lela- 
mentoyent. 

1 28 Mais Iefus fe retournant vers elles,dit,Filles de le- 
rufalem, ne pleurez point fur moi, mais pleurez fur 
vous-mefmes & fur vos enfans. 

19 Car voici, les iours viendront efquels on dira, 
• Bien-heureufes les fteriles, & les ventres qui n'ont 
point enfanté, & les mammelles qui n'ôt point allaité. 
jo * Lors ils fe prendront à dire aux montagnes, Tô- 
bez fur nou's:& aux coftaux , Couurez nous. 

3 1 Car s'ils font ces chofes au bois verd, que fera-il 
fait au bois fec? 
3 1 Deux autres aufsi qui eftoyent mal-faiteurs,fur£t 
aiencs pour les faire mourir aucc lui. 



011 , II n'a 

nen ci.iii'iiu 
digne de 

linrt. 

l> c. fait toi 
ettcr 
*M.zr.:7 $. 
1 î>th*k 1 5 
6 iehsn 18. 

39- 

c. extermi- 

ic, tAJmou- 
u. 
d ou,* atlref 

ks rappela 



•Mat. 27. 
$ i.nsart. 1 J, 
21. 



)fce 10.8. 
xpoi.6. \6. 



|220 



E V A 



GILE 



' 



*Mat.zi. ? i 3 3 * Eftans donc venus au lieu qui eft appelé le Teft, 

pt.ircis.2i. jj s ( e crucifierétlà:&Iesmal-faiteurs,I J vn àladroite. 

^-•^««•&I-autreàIagauche. 

34 Mais Iefus difoit,Pere,pardonne Ieurrcar ils ne fa- 

v?f 22.i 9 . uent ce q U 3 iîs font. • Puis faifans le partage de fes ha- 
billemens, ils ietterent le fort. 
3 ? Et le peuple fe tenoit là regardant: pareillemétles 
Gouuerneurs fe mocquoyent de lui auec eux,dif3ns, 
II a fiuué les autres , qu'il fe fauue foi-mefme, s'il eft 
ChriiH'efleu de Dieu. 

1 6 Lès gendarmes aufsi fe mocquoyent de lui , s'ap- 
:>rochans, & lui prefentans du vinaigre, 
5 7 Et difans , Si tu es le roy des Iuifs , fauue toi toi- 
mefme. 

3 8 Or y auoit-ilvn eferiteau fur lui, eferit en lettres 
Grecques, & Romaines, & Hébraïques, races mots, 
Cestvi-ci est le roy des ivifs. 
3p Etvndesmal-faiteurs qui eftoyent pendus, Pou- 
trageoit, difant, Si tu es le Cnriit , fauue toi-mefme & 
nous. 

40 Mais l'autre refpondât le tanfoit,difant, Au moins 
ne crains-tupoint Dieu,veu que tu es en la mefme cô- 
damnation? 

41 Et quant à nous, nousyfommes iuftement : car nous 
receuons chofes dignes de nos forfaits,mais ceftui-ci 

* ou,demal. n'a rien fait, a qu'il ne deuft auoir fait. 

42 Puis il difbit à Iefus, Seigneur,aye fouuenance de 
moi,quand tu viendras en ton règne. 

43 Lors Iefus lui dit,En vérité ie te di,^«'auiourd'hui 
tu feras auec moi en paradis. 

44 *Or eftoit-il enuiron fix heures, & ténèbres fu 
rent faites par tout le pais iufqu'à neuf heures. 

45 Et le foleil fut obfcurci, * & le voile du temple fut 
fendu par le milieu. 

4* Alors Iefus criant à haute voix dit, "Père, ie re- 
mets mon efprit entre tes mains.* Et ayant dit cela, il 
rendit Pefprit. 1 

47 ^Orle Centenier voyant ce qui efloit aduenu, 
glorifia Dieu, difant, Pour vrai ceft homme ici eft 
iufte. 

48 Et toutes les troupes qui s'eftoyent afTemblees à 



» Mat. 27 
4yvta.rci$. 
M- 

$\.*narc\$. 

38. 

* Mai. 27. 
$o.»ia-c\s. 
Sj.iebatt 19 
jb. 

H- Mat. 17 



SELON S. ITC. 



Î1I 



ce fpeâacIe,voyans les chofes qui eftoyent aduenueSj 

s'en retournoyent frapans leurs poitrines. 
4P Or tous ceux de fa cognoiffance fe tenoyent loin_ 
&les femmes qui enfemble l'auoyent fuiui de Galilée, 
regardai! s ces chofes. 

50 * Et voici vn perfonnage appelé Iofeph,^/ efloit 
confeiller,homme de bien & iuite: 

fi Lequel n'auoit point confenti à leur confeil, ni à 
leur adte,^ cfioit d'Arimathee ville des Iuifs,qui aufsi 
attendoit le règne de Dieu. 

5 1 Icelui eftant venu vers Pilate , demanda le corps 
de le fus. 

53 Et l'ayant defcédu de la croix, l'enuelopa en vn lin 
ceul, & le mit en vn fepuîcre taillé en vn rocher , au- 
quel aufsi perionne n'auoit encores efté mis. 

54 Or eftoit-ce le iour de la préparation^ le iour du 
Sabbat commençoit à venir. 

55 Et les femmes aufsi qui eftoyent venues auec lui 
de Galilée, ayans fuiui Io/cph, regardèrent le fepuîcre, 
& comme le corps d'icelui feroit mis. 

%6 Puis elhns retournées, elles préparèrent des fen 
teurs & oignemens: & le iour du Sabbat elles fe repo- 
ferent félon le commandement. 

Chap. xxiii 1. 
les femmes qui eftoyent allées au feptdcre pour oindre le corps 
de Je fus Chrifly 5 font aduerties par les *Anges>comme il 
eftrejfujcité des morts: 9 ce qu'elles rapportent auxdifci- 
ples : 1 3 &le Seigneur lui-mefme fefait recognoiflre par 
deux certains , tenans propos de lui par le chemin : 3 6 & 
puis après fe manifefle tout à plein hfes Apoflres, 48 e^ 
leur ayat donné charge de prejeher repenta.ee en [on l^om, 
efî efleué au ciel en leurprefence. 

e premier iour de la femaine, eftât encores 
brt matin, elles vindrent au fepuîcre, appor- 
tans les fenteurs qu'elles auoyent préparées : & quel- 
ques autres auec elles. 

2 Or elles trouuerent la pierre roulée de deuantle fe 
pulcre. 

3 Et eftans entrées ne trouuerent point le corps du 
Seigneur Iefus. 



\Ut 



* Mat. 17. 
5 7. marc iç« 
4 .uban if 
S*. 



" M arc 16.1 
teban 20.1. 



afla. deux 
Anges qui 
«pparoifibyÉ 
en forme 
d'hommes. 



Mait.ij. 
il. marc 9. 
l\. [tu 9.12 



*> •u,(ônges. 

'ïehaio.6. 



** Marc 1 6. 
a. 



e c. comme 
esbiouis, en- 
tant que le 
Seigneur les 
vouloit faire 
tant mieux 
profiter par 
ce moyen. 



1.2S 



E v 



ANGItE 



Et'aduint que comme elles eftoyent en grand per* 
plexité touchant cela , voici , a deux perfonnages fur- 
uindrent vers icelles enveftemens reluifans comme 
efclair. 

5 Et comme elles eftoyent tout efpouuantees,& baif- 
foyent la face en terre , ils leur dirent, Pourquoi cer- 
cliez- vous entre les morts celui qui eft viuant? 

6 II n'eit point ici,mais il eft relTufcitcrqu'il vous fou- 
uienne * comme il parla à vous, quand il eftoit encore 
en Galilée. 

Difant, qu'il faîoit que le Fils de l'homme fuft liuré 
entre les mains des mal-viuans,& qu'il fuft crucifié:& 
qu'il reiTufcitaft au troifieme iour. 

Et elles eurent fouuenance des paroles d'icelui. 

Et eftans retournées de deuers le fepulcre,elles an- 
noncèrent toutes ces chofesaux onze dijap!es 3 & à 
tous les autres. 

10 C'eftoit Marie Magdeleine,&Iehanne,& Marie 
mère de Iaques,& les autres auec elles, lefquelles dirét 
ces chofes aux Apoftres. • 

1 1 Mais les paroles d'icelles leur femblerent comme 
* refueries,& ne leur creurent point. 

12, '•' Toutesfois, Pierre s'eftant leué, courut au fepul 
cre:& s'eftant courbé pour regarder,vid feulement les 
lin ceux mis à partrpuis fe partit, s'efmerueillâtenfoi 
mefme de ce qui eftoit aduenu. 

13 * Or voici,deux d'entr'eux eftoyent en chemin en 
ce mefmeiour, pour aller en vne bourgade nommée 
Emmaus , laquelle eftoit loin de Ierufalem , enuiron 
foixanteftades: 

14 Lefquels deuifoyent entr'eux-de toutes ces chofes 
i eftoyent ad ue nue s. 

15 Or aduint comme ils deuifoyent & en conferoyét 
entr'eux, que Iefus aufsi lui-mefme s'eftant approché, 
"" mit à cheminer auec eux. 
\6 Mais leurs yeuxeftoyét c retenus,qu'ilsnelepeu- 
rentrecognoiftre. 
1 7 Et il leur dit, Quels font ces propos que vous te- 
nez entre vous en cheminant ? & pourquoi elles vous 
touttriftes? 
1 S Lors l'vn d'iceux,qui auoit nom Cleopas, refpcm- 



SELON S. LYC. 



AU 



it,& luf3it , Es-tu feul effranger en Ierufalem ', qui 
ne fâches point les chofes qui y font aduenues ces 
iours-ici? 

ï 9 Et il leur dit, Quelles? Ils répondirent , Touchant 
lefu's le Nazarien , qui a efté homme Prophète , puif- 
fanten œuures & en paroles deuantDieu & tout le 
peuple. 

20 Et comment les principaux Sacrificateurs } & nos 
GouuerneursJ'ont liuré en condamnation de mort,& 
a l'ont crucifié. 

ii Orefperions-nousquece fut celui qui deuoit de 
liurerlfrael: & encore auec tout cela, c'eftauiour- 
d'hui le troifieme iour que ces chofes font aduenues 

22 Mais aufsi quelques femmes b des noftres nous 
ont c grandement eltonnés , qui ont ef té de grand ma- 
tin auièpulcre: 

23 Et n'ayanstrouuéfon corps, font venues, difans, 
que mefmes elles auoyent veu vne vifion d'Anges,lef- 
quels difoyent qu'il elt viuant. 

24 Dont aucuns des noftres font allés au fepuîcre,& 
onttrouué ainfîqueles femmes auoyent dit: mais ils 
ne l'ont point veu. 

15 Lors il leur dit, Ogensdefpourueus de fens, & 
tardifs de cœur à croire à toutes les chofes que les 
Prophètes ont prononcées. 

16 * Ne faloit-il pas que le Chrift fouffrifi ces chofes 
& qu'ainfi il entrait en fa gloire? 

27 Puis commençant par Moyfe , Scfuiuant par tous 
les Prophètes , il leur declaroit en toutes les Efcritu- 
res les chofes qui ejloyent de lui. 

28 Ainfiils approchèrent de la bourgade, où ils al 
loyent: mais lui faifoit femblant d'aller plus loin. 

29 Parquoi ils le parforcerent,difans, Demeure auec 
nous: car le foir commence à venir:& le iour elt ta de 
cliné. Il entra donc pour demeurer auec eux. 
50 Et aduint que comme il efloit à table auec eux , il 

Î>rint le pain, d &: rendit graces,puis l'ayant rompu/ le 
eurdiltribua. 

?|i Adonc furet f ouuerts leurs y eux, tellement qu'ils 
e recognurentimais il fe difparut de deuant eux. 
j i • Lors ils dirét entr'eux,Noitre cœur ne brufloit-il 



1 afTa. Pilare 
s'eftant pluf- 
toft laiflc em- 
porter à leur 
malice j qu'y 
ayant con- 
fenti. 

b edeneftre 
cognoiffan- 
ce , & qui le 
tenoyct pour 
le Sauucur 
comme nous, 
ou mis co- 
rne hors de 
nous mef- 
mes. 



*I.Pl>.X.II 



on , Se bé- 
nir. 

e afTa. à la fa- 
çon commu- 
ne des He- 
brieux , lors 
qu'ils pre- 
noyent leur 
repas. 

f aflàu.par 1* 
mefme difpé- 
(ârion ; parIa. 
quelle il les 
auoyent eu 
comme fer- 
mes , fans 
pouuoir re- 
cognoiftrele 
Seigneur au- 
parauanu 



.Cor. 15- 



"•'Marc tC. 
14. iebi 20. 



2M 



E Y A N x r. K 



ce fut pour 
les refoudre 
vne bonne 
fois de la ve 
rite de ù na 
rurehumai- 
ne.en laquel- 
le il eftoit 
reffufeicé: & 
non qu'il euft 
plus befoin 
pour l'efgard 
«Ji celle , de 
cefte nourri- 
ture corpo- 
relle. 

b a(T. comme 
pour les dé- 
tourner de 
e< /te opinio, 
qu'ils enflent 
encores à cô- 
nerfer auec 
lui comme 
auparauanUâ! 
mort. 



pas dedans nous, quâd il parloit à nous par le chemin, 
& nous declaroit les Efcritures? 

33 Er fe leuans au mefrne iRitanty ils retournèrent en 
Ieruf alem,où ils trouuerét les onze aflèmblés,& ceux 
quiefloyent auec eux: 

34 Qui difoyent, te Seigneur eftvrayement reflufei- 
té , * &s'efl apparu à Simon. 

3 ç Dont ceux-ci aufsi récitèrent les chofes qui leur e- 
floyent aduenues en chemin,& comment il auoit eité re- 
cognu d'eux en rompant le pain» 
3 6* • Et comme ils tenoyent ces propos,Iefus lui mef- 
rne fe prefenta au milieu d'eux , & leur dit, Paix/0/* a- 
ueevous: 

3 7 Mais eux tout troublés & efpouuante's eftimoyet 
voirvnefprit. 

3 8 Dont il leur dit , Pourquoi eftes-vous troublés,& 
pourquoi montent penfemens en vos cœurs? 
3 9 Voyez mes mains & mes piedsxar ce fuis ie moi- 
mefme:tartez-moi, & voyez: car vn efprit n'a ne chair 
ne os,comme vous voyez que i'ai. 

40 Quand il eut dit ces ctiofes , il leur monftra fes 
mains &fes pieds. 

41 Mais comme encores de ioye ils ne croyoyent 
point,&s'efmerueilloyent,illeurdit, Auez-vous ici 
quelque chofe à manger? 

41 Etilsluiprefenterent vne pièce de poilTon rofti, 
& d'vn rayon de miel. 

43 Et l'ayant prins, a il en mangea deuant eux. 

44 Puis leur dit, Ce font ici les propos que ie vous 
tenoye, b quand i'eftoye encores auec vous^qu'il fâloic 
que toutes les chofes qui fôt eferites de moi en la Loy 
de Moyfe , & es Prophètes , & Pfeaumes , fuffent ac- 
complies. 

45 Lors il leur ouurit l'entendement pour entendre 
les Efcritures. 

46" Et leur dit , Il eft ainiî eferit , & ainfî faloit que le 
Chriitfouftriit, & reffufcitalt des morts au trofieme 
iour. 

47 Et qu'on prefehaft en fon Nom repentance & re- 
mifsion des péchés par toutes nations, en commen- 
çant depuis Ierufalem. 

• gS Or 



SELON S. LVC. 



12' 



48 Oreftes-vous tefmoinsde ceschofes , & voici, 
ie m'en vai enuoyer la promette de mon Père fur 

vous. 

49 Vousdonques, demeurez en la ville de Ierufalem 
iufqu'à tant que vous foyez reueitus de la vertu d'en- 
uut. 

5 j Apres il les mena dehors iufqu'en Bethanie : puis 
efleuanties mains en haut, il les bénit, 
çr '• Et aduint qu'en les beniflant, iliè retira d'auec 
:ux,&fut efleuéauciel. 

f* Et eux l'ayans a adort^s'en retournèrent en Ierulâ 
em auec grande ioye. 

f 3 Et eltoyent toufiours au temple, louans & benif- 
fans Dieu. Amen. 



*lehan 15») 

26.<«f/.I.<J. 



•Marc 16» 
19 ac~l .1.9. 

« afla. com- 
me leur vrai 
Dieu & Sa* 

ucur. 



LE SAINCT EVANGILE 



DE NOSTRE SEIGNEVR 



Iefus Chrift félon S. Iehan, 



C H A P. 



I. 



l'éternité de la parole refidente au Tere: 3 l'efficace fi- 
celle en la création, à l'endroit des hommes , &jur tout du 
peuple de Dieu: 14 & [on incarnation & certaine ap 
probatioa. 19 Le tefmoignage authentique de felmnBa 
ptifte tout hant le Fils , tant à l'endroit des Juifs , que de 
quelques vas defes difciplts. 3 7 Le Seigneur lui-mefme 
reconnu par quelques vns> & nommément par sAndré> 4 1 
puis par Simon Ion frère , 43 par Thiiippe , 47 & par 
u\[athanaeL 




V * 2 commencement b eftoit c la Pa- 
role , & la Parole d eftoit auec Dieu 
& celle Parole eitoit Dieu. 
1 '•' Elle e(toit au commencement a 
uecDieu. 

3 * Toutes chofes ont elle faites par 
icelle: & fans icelle rien qui ait elle 
P 



*Pro«.8.t2. 
î.uhan 1.1. 

* c. deuant 
toute cholie 
créée. 

l> c.auoitlba 
ertre. 
c afTaii.laS*. 
gefle effen- 
tielle du Pe« 
re,par laquel- 
le nous eft 
déclarée la 
volonté d'i- 
celui. 

à c fubfiftoh 
au Père en di- 
stinction pej> 
fonrelle. 
'•' Sous îj.f, 

col. 1 1 6, 

fa*. i.s. 



116 



T A N G I L E 



St. 

marc 1 .4. 
lue si. 

a afla. entant 
que par la 
feule perfon- 
ne du Fils , 
qu> eft la Pa- 
role , toute 
vigueur & 
vertu eft cô 
muniquee 
auxcrearuivS 
X&ons 8.12. 

&9 $>& 
12.46. 

* Hé. i.j 
€^ »i.J. 

/«c 2 7. 
&Mat. 1 7. 2. 
«.^ier.1.17, 
j&Co/.I. 10. 

* c. parmi le 
genre hu- 
main , qui ne 
peut eftrc 
mefme ce 
qu'il eft en 
core> après 
le peché,que 
par ce qui 
lui refte corn 
me du layon 
delà îaifon 
& intelligen- 
ce, que ctfto Lumière lui communique, c c- laParole n'a efte recognue par les nommes 
mefmes, quiportoyentneantmoins comme m rayon de fa clarté en leur ame & intelli- 
gence, d affade cefte Parole éternelle, par laquelle les hommes font illuminés- e afla. 
entant que lame de l'homme reçoit Ton intelligence &fon vrai élire, qu'on appelé com- 
mu<iénient,laRaifon,deccfte Lumière. / afla. laParole: de laquelle il continue àparler 
en laperfonnedelefusChrift. g c.ceux de la nation de laquelle il s'eft allié de fi pres,que 
d'en vouloir prendre fa nature humaine, a(T. lapofterité d'Abraham, h 3(T.lors que les ayât 
illuminés par Ton Efprit , il leur a communique le don de lafoy,pour Ce. faire recognoîftre 
par eux, dont eft aduenu qu'ils ont efte aduoués pour entans.de.L)ieu. nou,cefte pré- 
éminence, ou,prerogatiue. k c. en lui-mefir.e 5 felon qu'il nous eft prefché & nunifefté en 
fa Parole:& ainfi ordinairement. / Gr.des fangs:c. de la parenté qui fuft en reputation,ou 
d'aucune prerogatiue naturelle , ou mefme pour aucun efgard delà génération naturelle. 
ra afla. entant qu'ils ont efté changés & renouuellés par le don de grâce fupcrnaturehe en 
ïefus Chrift. voyez fous j.j. & iPier.i. 2^.24. » c. s'eft rendue vifible & palpable en la 
nature humaine qu'elle a prinfe à foi en vrritc de perfonne. • aff.entant quolè a conuet- 
fé au monde en y exerçant fonminiftere. f afla lui s'eftant manifefte en chair , foit en la 
transfiguration, fpecialement : foit en toute ûconuerfation,aux miracles, q c ayant en, 
«efte nature humaine toute perfection requife pour noftre entier reftabliffemenr, 



fait, n'a efté fait. 

* En elle a eftoit la vie, & la vie eftoit la lumière des 
hommes. 

fct la Lumière luit b es tenebres,& les ténèbres c ne 
l'ont point comprinfe. 

Il y e v t vn homme enuoyé de Dieu,qui auoit 
nom Iehan. 

7 Ceftui-ci vint pour /w/er tefmoignage , à ce qu'il 
rendift tefmoignage d de la Lumière, afin que tous 
creuifentparlui. 

8 Lui n'eîroit pas cefte Lumiere-là , mais ejîoit enuoyé 
pour tefmoigner de la Lumière. 

* Celte Lumiere-là eftoit la véritable , qui illumine 
c tout homme venant au monde. 

10 C e fl e Lumkre-là eftoit au m5de,& * le mode a efté 
fait par icelle : mais le monde ne Ta point f cognue. 

1 1 II eft venu chez foi: &les s liens ne l'ont point 
receu. 

iz Mais tous ceux qui l'ont receu, il leur a h donné 
'cedroict d'eftre faits enfans de Dieu, ajfauoir à ceux 
qui croyent k en fon Nom. 

1 3 Lefquels ne font point nés l de fang,ne de la volô- 
té de la enair, ne de la volonté de l'homme : mais font 
171 nés de Dieu. 

14 "Et cefte Parole a efté n faite chair,& ° a habité en- 
tre nous ( & * nous auons contemplé fa p g!oire,voi- 
re vne gloire comme de l'vnique ijflt du Père) * i plei- 



SELON S. IEMAN. 



u: 



ne de grâce & de vérité. 

1 5 Ienan a rendu tefmoignage de lui,& a crié,difanr, 

Ceftui-ci elt celui duquel ie difoye, Celui qui vient a- 

pres moi, eit préféré à moi , car il eitoit a premier que 

moi. 

15 Et nous auons b tous receudela plénitude d'ice 
lui,& c grâce pour grâce. 

1 7 Car la Loy a elle donnée par Moyfe : d h grâce Se 
la vérité elt aduenue par. Iefus Chrilt. 

18 *Nul ne e vidonc Dieu :1e fils vniquequi elt f au 
fein du Père, lui-mefme ? l'a déclaré. 

19 h C'elt donc ici * le telmoignagedelehan , lors 
que les Iuifsenuoyerent de IerulàîemdesSacrifica 
teurs& Leuites, pour rinterroguer,^//^/, Toi, qui 
es-tu? 

20 Etiladuoùaj&'neleniapoint : voire il aduoiia, 
éifant, * Ce n'eft pas moi qui fuis le Chriit. 

21 Adonc ils l'inrerroguerent, Qui es-tu donc? es-tu 
Elie? Et il dit,Ie ne le fuis point.Es-tu k le Prophete?Et 
ilrefpondit,Non. 

2i Ils lui dirent donc, Qui es-tu?afin que nous don-i 
nions refponfe à ceux qui nous ont enuoyés? que dif- g£J 
tu de toi mefme? 

^l II dit , " le fuis la voix de celui qui crie au defert, to 
Applanilîc-z le chemin du Seigneur,ainfï qu'a dit Efaie 

J le Prophète. 

24 Or ceux qui auoyent elle enuoyés vers lui eftoyét 
d'entre ' les Pnarifiens. 

25. EtiIsri;irerroguerent,8duidirent,Pourquoidôc 
baptizes-tu,fi tu n'es point le Chrilr,ni Elie, ni le Pro- 
phète? 

16 Iehan leur refpondit, difant, * le baptize d'eau 



« C.tTOpplu* 
excellent: ou 
tttoit douane 
que ie fuffe 
moi n'eftanc 
que créature 
& feruiteur 
tk lai eibne 
le Fr éter- 
nel, & le Sri 
gnei.' :&ainfi 
conequem 
ment 

* \.l>r>i 6. 
16 . 1. ulu» 
4.12. 

•M>M (.27 
lue 10 ?:. 

* i"o«i 5: 33 
■Î*5o«j 3.28. 

«tf.IJ 2J 

b attirons les 
ficelés, tant 
depuis la ve- 
nue du Sei- 
cur en 
que 
mefmes de 



auparauanc. 

ntdtt. *.$« 
mate 1.3. 
liù'î.4, 
* Mali il 
marc 1.7. 

1 c. au lieu 
delà premiè- 
re alliance la 
féconde , qui 

eft encores pîns excellente, d c. l'accompli'Acment de touteequi eftoïtr :quis,oufigu- 
ré,mais non accompli. ni exhibe en la Loy. e a<£ pourenauoircefteparuitecognoifun- 
ce, en laquelle çiil lavrayefelieitéde l'ame humains. / c qui refide au Père, tkeft (à Sa» 
pienec eflentiellc. g afla. ce qu'il faut croire & iàuoir du Père en la perfonne^u Fils , eu 
qui le '.'erefe donne pleinement àcognoiftre. voyez ibus 14.9. h ou , C'eft ici aulsi. 
i le^ Hebrieux redoublent ainfi s pour affermer tant plus exprefiemenr. K arum, d'autant 
qu'ils s attendoyent à la venue de quelque excellent Prophète , dcitan» que le fcitfiias ap- 
paruft. / &parconfcquent gens «e réputation , & quineulTent tantdeferç à Iehan ùnf 
grand fondement. 

p ij 



* afla. t c m 



r 2Î5" 



TT 



A N G I LE 



préparer 1 en 
iree qui lui 
cft deue. 
b ou,au paffa 



mekSei- j quant à moi : mais il y en a vn au milieu de vous , que 

gncur.moi VO us ne cognohîez point: 

pour'biSe *7 C'eit celui qui vient a après moi, qui eit préféré à 

moi,duquel ie ne fuis pas digne de deflier la courroye 

diifoulier. 

2 3 Ces chofes aduindrentenBethabara, b outre le 
f l^l.Hlordain, là où Iehan l baptizoit. 
rement pour 29 Le lendemain Iehan vid Iefusvenira lui, & ait, 

. Voici d l'Agneau de Dieu,qui e olte f lepeche du mode. 

3 o Ceft ce(hii-ci duquel ie difoy' , Apres moi vient 
vn perfonnage qui eil préféré à moi : car il eftoit pre- 
mier que moi. 

3»i Et de moi , ie ne s le cognoifToy 1 point : mais afin 
qu'il foit manirefté à Ifraél , pourtant fuis-ie venu ba- 
ptizer d'eau. 

3 z Voire Iehan en rendit tefmoignage , difant , * l'ai 
veuFEfprit defeendant du ciel comme vne colombe, 
qui aufsi eft demeuré fur lui. 

33 Et de moi, ie ne le cognoirToy' point : mais celui 
qui m'a enuoyébaptizerd'eaUjm'auoitdit, Celui fur 
qui tu verras l'Efprit defeendre & demeurer fur lui, 
v c'eft celui qui baptize du fainct Efprit. 

34 Et pourtant ie l'ai veu,&en ai rendu tefmoigna 
ge, Que c'eft lui qui eit le Fils de Dieu. 
3 ? Le lendemain derechef Iehan s'arrefta, & deux de 
h fes difciples. 

3 6 Et regardant Iefus qui cheminoit, dit, J Voila l'A- 
gneau de Dieu. 

37 Et les deux difciples rouïrent, k tenant ce propos, 
dont ils fuiuirent Iefus. 

3 8 Lors Iefus fe retourna , & les voyant qu'ils le fui- 
uoyenrjeur dit, Que cerchez-vous?IIs lui refponditét, 
R aboi (qui vaut autant à dire que Maiftre) où demeu- 
res-tu? 

19 II leur dit, Venez, Scie voyez. Ils y allèrent, Revi- 
rent où il demeuroit:& demeurèrent auec lui ce iour- 
làrcar il eftoit enuiron l dix heures. 

40 Or André frère de Simon Pierre, eftoit l'vn des 
deux qui en auoit ouï parler à Iehan, & qui Tauoyent 
fuiui. 

4 1 Ceilui-ci trouuâ le premier Simon fon frere,& lui 



lors. 

d c. celui qu 
cri la venté 
de tous le* 
iàcrifices 
pour le pé- 
ché. 

e ou, qui 
chargefurlbi, 
/ aflà.tour ce 
qui réd 1 hô 
me condarn 
nable enuers 
Dieu,&fub- 
ïetà fa maie 
diction , que 
S. Iehan ap- 
pelé les œu 
lires de Sata: 
1. iehan j ï. 
g aftau. ni de 
conuerfatiô 
ni de veue 3 
extérieure- 
ment. 

*Utt.z.i6. 
toarc 1.10. 
lue x.zz. 
'•' Mat. 1 . 1 1 
h aff.de ceux 
qui l'auoyent 
fuiui ordinai- 
remet pour e 
ftrc'endoftri- 
ncs par ice 
lui. 

s affau. pou 
monftrerquc 
tout fon but 
n'eftoit que 
d'adreffer les 
perfonnes à 
Iefus Chrift. 
K Gr. parlant 

enuiron 
deux heures 
deuant le fo 
ïcil couche. 



SELON S. MARC. 



21 



dit, NousauonstrouuéleMefsias (qui vaut autant à; 
dire que le Chriit.) 
41 Et le mena vers Iefus. Iefus ayant ietté la veue fur 
lui j dit,* Tu es Simon le fils de ïona , tu feras appelé 
Cephas(qui vaut autant à dire,que a Pierre.) 

43 Le lédemain Iefus voulut aller en Galilee,&trou- 
ua Philippe, auquel il dit,Sui-moi. 

44 Or Philippe eltoitde Bethfaida,la ville d'André & 
de Pierre. 

45 Philippe trouue Nathanael,& lui dit, Nous auons 
trouué Iefus qui eft h de Nazareth , fils de Iofcph, ' qui 
eft celui- duquel Moyfe a efcritenlaLoy , & les Pro- 
phètes. 

4<£ EtNathanaelluidit, Peut il venir quelque cho'fe 
de bon de c Nazareth? Philippe lui dit,Vien, & ypy. 

47 Iefus apperceut Nathanael venir vers lui, &: dit de 
lui,Voici vrayemét vn Ifraelite auquel n'y a point d de 
fraude. 

48 Nathanael lui dit , De quoi e me cognois-tu?Iefus 
refpondi^ & lui dit, Allant que Philippe t'euft appelé, 
quand tu eftois fous le figuier, ie te voyoye. 
4P Nathanael refpondit,& lui dit,Maiftre,tu es le Fils 
de Dieu: tu es le Roy d'Ifrael. 

50 Iefus refpondit,&rluidit,Pource que ie t'ai dit que 
ie te voyoy' fous le figuier,tu crois:tu verras plus gra- 
des chofes que ceci. 

5 1 II lui dit aufsi, En verité,en vérité ie vous di. Déf- 
ormais vous verrez le cielouuert, & les Anges de 
Dieu montans &defcendans fur le Fils de l'homme, 

C h a p. 1 r. 
Le Seigneur fait fort premier miracle , couertiffant de l'eau en 
vin, à des nnpces en fana dé Galilée: 13 puis fe trouuant 
en jerufalem chaffe du temple les vendeurs , acheteurs , e> 
changeurs , 23 & monjlre fa vertu diuine parpluficurs 
miracles. 

1 ^v R trois iours après on faifoit des nopees en 
\J Cana de Galilée : &; la mère de Ie(us eftoit là. 

2 Et Iefus fut aufsi conuié aux nopees,//*/ & fes difei- 
ples. 

3 Or le vin eftant failli , la mère de Iefus lui dit, Ils 
n'ont point de vin. 
P iij . 



« c. roche. 



b afla. ne ù- 
chans enco- 
res pour lors 
comme il e- 
ftoic venu 
naiftre en 
Bcthlchem: 
ou fuinans en 
cela le com- 
mun vfage de 
parler. 

'•' 6<«.î.if. 
& 22.itf.^e 
49- lo.de ut. 
18.18.^.4. 
2.^40 10. 

c.tf-??-»*- 
Ij.eifc 34. 

tî>& ?7.:4 
dan.y 24. 
\uhar. 6.XZ 
&$ <) &\l 
10. 

c II en parle 
ainfî félon la 
cômune pre- 
occupariorr. 
d. voyez Pie. 

e II reçoit 
comme auec 
vnc fàinde 
honre vn tef- 
moig \igc Ci 
rare qui lui 
eft rendu , & 
lequel eft a- 
ucré par /à 
confcfsion 
fumante. 



U$- 



V A N G I L E 



4 Mais Iefus IxAréfpondit > Qu'y a iïen/temoï &toî 
a femme? mon heure n'ert point encore venue. 
? La mère dit aux feruiteurs,Faites tout ce qu'il vous 
dira. 

6 Or y auoit-il fix cruches de pierre.mifes b félon IV- 
fage de la purification desluifs, c lefquelles conte- 

We riftre «H no 7^ nt vne chacune de deux à trois mefures. 

7 Et Iefus leur dit.Ernpliflez ces cruches d'eau. Et ils 



« aAT. non co 
me s'il ne h 
tenoit plus 
pour mère, 
mais peur lu 
donner occa- 
iïo&aux. au- 



luicequiiur- 

pafî'oitla cô- 
dition <ie la 
créature , & 
dontaufs.ide- 
pendoit le 
miracle qu il 
vouloir faire 
h voyez Marc 
7? .& iuiuâs 
e c. qui e- 
ftoyent d'vne 
fcpnnc capa- 
cité. 



4 ou, mira- 
cles. 

e e.mrenttâr 
plus ce n fer- 
mes en la foy 
au Heu que 
ceux du lieu 
tten fir :nt û 
bienlempro 
«t. 



/ ceft afte 
doit auoir 

{•recedé de 
on g temps 
ce qui eft ré- 
cité Mat. 2i. 
I?. 



* Tfi.6 9 ip 



VM4M. 2 4.. 

*Mrc 14.58. 

#• 15. z#. 



les emplirent iufques au haut, 

8 Adonc il leur dit/Veriez-w maintenant, &en por- 
tez au maiitre dhoitel. Et iis lui en portèrent. 

9 Quâd le maiitre d'hôitél eut goutté l'èau qui auoit 
eité conuertie en vin (or ne fauoit-il d'où cela venoit, 
mais les feruiteurs qui auoyent puifé l'eau , le fauoy et 
bien) il appelé le marié, 

io Etluidit, To u t homme fert le bon vink premier, 
& pu's lé moindre après qu'on abeu plus largement: 
mais toi tu as gardé le bon vin iufau'à maintenant. 
ii Iefus fit ce commencement de d figues en Cana 
ville.de Galilée, cVmanifefta la gloire: de fesdifciples 
c creurent en lui. 

12 Apres cela ildefcendît en Capernaum , Iuf & fa 
mère, 8c fes frères, & fes difciples : & demeurèrent là 
vnbieripeudeiours: 

13 Car hfèkmihédèU Pafque des Iuîfs eftoit pro- 
chaine. Iefus donc monta en lerufaJem. 

ï4 Et trôuua au téple des gës qui védoyeht bœufs,& 
bvebis,& pigeos : & les châgeurs qui y eltoyent afsis. 

15 -Et" f ayant fait vnfouè't de cordelettes, ïllesietta 
tous hors du tempïe,& les brebis,8cles bœufs: 8c* ref- 
pa'ndit la mônoye des châgeurs, c>* réuerfa les tables. 

1 6 Et dit à ceux qui vendoyent les pigeonssOftez ces 
chofes d'ici,^ ne faites point de la maifon de mon Pè- 
re vn lieu de marché. 

17 Lors fes difciples eurent fouuenance qu'il eftoit 
éferit, * Le zèle de ta maifon m'a rongé. 

i3 Les luifs donc prenans la parole,Tui dirent, Quel 
figne nous monftres-tu,que tu entreprensde faire tel- 
les choies? 

\$ Iefus refp6dit,8c' leur dit,'- Abbatcz ce temple-ici, 
8c en trois jours ie le" releuerai. 



SELON S. ItHAN. 



• iîx 



lo Les Tuifs donc dirent, On a cfté quarante & 

ins à baftir ce templc,&ru le releueras- en trois iours. 

li Mais il parloit du temple a de fon corps: 

;z Parquoi quand il fut reflufcité des morts, fesdi- 

[;iples eurent fouuenance qu'il leur auoit dit cela,& 

creurentà l'Efcriture, & à la parole que Iefus auoi: 

dite. 

25 Et comme lui eftoit en Terufalem à Pafque au 'tour 

de la fefte,plufieurs creurenten fon Nom,contemplâs 

les fignes qu'il faifoit. 

24 Mais Iefus ne (è b fioit point à eux,par ce qu'ils ies 

cognoiffoittous: 

2?*" Et qu'il ne lui eftoit point de befoin qu'aucun lui 

rendift tefmoignage de l'homme:car lui-mefme iauoit 

ce qui eftoit en l'homme. 

C h a p. III. 
Le Seigneur injlruitT^iiodeme touchant le fecret de la régé- 
nération, 10 & par mefme moyen touchant japerjonne 
&la caufe pour laquelle il a efié enuoyê au monde. 23 
'Déclaration de Jehan Baptifîe touchant l'excellence de ht 
personne de Je fus ft>rijl } & du bien qui eftprejenté en /ce- 
lui par la foy. 

1 ^v Ryauoit-il vn homme d'entre les Pharifiens 
vJ nommé Nicodeme^ryn c des principaux d'être 

les lui fs, 

2 Ceftui-civintde nuicl:àlefus,&'luidit, Maiftre, 
nous fauons que tu es vn Docteur venu de D eu : car 
nul ne peut faire ces fignes que tu fais, fi Dieu d n'tft 
aueclui. 

3 Iefus refpondit, & lui dit, En verte,en vérité ie te 
di,Sinon que quelcun fôit né derechef, il ne peut voir 
le royaume de Dieu. 

4 Nicodeme lui dit,Comment peut l'homme naiftre, 
quand il eft ancien ? peut-il derechef entrer au ventre 
de fa mere ? &* naiftre? 

5 Iefus refpondit, En vérité, en vérité ie te di , Sinon 
que quelcu n foit c né d'eau & f d'Efprit , il ne peut en- 
trer au royaume de Dieu. 

6 s Ce qui eft né de la chair,eft chair:& h ce qui eft né 



31 i< 
ele 



P iiij 



« c. on n'ap- 
©erçoitpoint 
la force & 
vertu du vÉt, 
finon par les 
tgvâs. 
h affâ. entant 
qu'il reçoit 
vn mouue- 
ment inté- 
rieur de la 
grâce & ver- 
tu du Sei 
gneur , dont 
on nefauroit 
rien apperce 
uoir que par 
les errecl 
c c. nousn'é 
parlons pas 
parreuelatiô. 
mais poura- 
uoir la fource 
de veriré en 
nous-mef 
me r : parlant 
ainfi de foi 
comme en 
pluriel. 
*Nom.ii.ç 

foUS 12. ? 2. 

d le Seigneur 
femble ainfi 
nommer les 
premiers ru 
dimens de h 
foy 

'•' i.Iehat.ç 
* Luc 9.5 6. 
f 0Jls 9-19-& 
12-47. 
*î* %oas ç,24 
£?• 6 40. 47. 
& 10.7,1. 
°Sus I.ç.y. 

t aff. pour rc 
uelerle fe- 
crer de Dieu 



11% 



UN6II ■ 



de 1'efprit, eft efprit. 

7 Ne t'efmerueille point que ie t'ai dit,Il vous faut 
lire nés derechef. 

8 ■ Leventfouffle où il veut, & tu ois lefon â'ktlw, 
maistu ne fais d'où il vient,ne où il va:ainfi en prendil 
b de tout homme qui eirné de l'Efprit. 

9 Nicodeme refpondit,& lui dit,Comment fe peuu.'t 
faire ces chofes<j 

10 Iefus refpondit,& lui dit,Tu es do&eur d'Ifrael,& 
ne cognois point ces chofes? 

1 r En vérité, en vérité ie te di , Que ce que nous fa- 
uons, nous le difons, & c ce que nous auons veu,nous 
le tefmoignonsimais vous ne receuezpoint noflre tef- 
moignage. 

ii Si ie vous ai di les chofes d terrienes,& vous ne les 
croyez point : comment croirez-vous fi ie vous di les 
chofes celeltes? 

1 3 Car perfonne n'eft monté c au ciel,finon celui qui 
eit defeendu du cieJ,^i«wr f leFils de l'homme qui elt 
au ciel. 

14 Or * comme Moyfe efleua le ferpét au defertrainiî 
faut-il que le Fils de l J homme foit efleué: 
1? Afin que quiconque croit en lui, ne peri/Te point, 
mais qu'il ait vie éternelle. 

1* Car ''Dieu a tellement aimé le s monde, qu'il a 
h donné fon Fils vnique , afin que quiconque croit en 
lui ne periffe point,mais ait vie éternelle. 

17 *Car Dieu n'a point enuoyé fon Fils au monde 
pour condamner le monde: mais afin que le mode foit 
fauuéparlui. 

1 8 * Qui croit en Iui,ne fera point condamné : mais 
qui ne croit point, eft défia condamnércar il n'a point 
creu au nom du Fils de Dieu. 

\9 Or voici la condamnation," c'eft que la ' Lumière 
elr. venue au monde , 8c* les hommes ont mieux aimé 

parfait emetj k ] es ténèbres que la Lumière: pource que f leurs 

expourdoner * r t 

accès aux hommes vers le Père, f aff.enrant que ce mcfme Fils de l'homme, c'eft à dire ce 
vrai homme que tu vois ,e ft toujours le vrai Fils éternel refident au père, g c. fesefleus 
qu'il a choifîs d être les homes fans diftinclio de nat io ni de qualité quelcôqiie. h c.enuoyc 
pour prendre nature humaine,en 'aquelle cft reuelee Si accomplie la grâce de Dieu à falur. 
i afià la Parole,ayant prin< < hair humaine pour illuminer le monde àla cognoiffance de la 
v«rité. K. c.leur train naturel, qui tft tout vicieux & corrompu. / c.tout le train deleut 
vie ftlon leur naturel. . 



SELON S. 1EHAN. 



^TI 



ceuiires fontmeichantes. 

20 Car quiconque s'adonne à cbofes mefchantes, 

hait la lumière, & ne vient point à la lumière, de peur 

que fes œuures ne lovent redarguees. 

z\ Mais celui a qui s'adonne à vente, vient 4 la Ly 

miere, afin tiue tes œuures fbyent manifettees,d'autât 

qu'elles font faites félon Dieu. 

22 Apres ceschofes Iefus auec fes difciples vint au 
territoire de Iudee : & là demeuroit auec eux, & b ba- 
ptizoit. 

23 Or Iehan baptizoit aufsi en Enon , près de Salim, 
pourtant qu'il y auoit là beaucoup d'eaux :& venoit 
on là,&yeltoit-onbaptizé. 

24 Car * Iehan n'auoit point encore efté mis en 
prifon. 

25 Or il y eut vne queftion meuë des difciples de 
Iehan auec les Iuifs touchant c la purification. 
16 Dont ils vindrent à Iehan, &r lui dirct, Maiflxe ce- 
lui qui eitoit auec toi d outre le Iordain, auquel tu as 
rendu tefmoignage , voila , il baptize , & tous vienent 
à lui. 

27 Iehan refpondit , & dit , L'homme ne peut e rece 
uoir chofe aucune,finon qu'il lui foit donné f du ciel. 

28 Vous-mefmes m'eltes tefmoins , que i'ai dit , Cetë 
n'eft: pas moi qui fuis le Chrift, * mais que ie fuis en- 
uoyé pour aller deuantlui 

19 Celui qui a la mariée, eft le marié: mais l'ami du 
marié qui afsiite,& qui l'oit, ett tout efiouipour la 

ivoix du marié : dont cefte miene ioye eft accomplie 

30 II faut qu'il croi(Te,mais que ie foye amoindri. 

31 Celui oui elt venu d'enhaut, elt par deflus tous: 
celui qui elt iflii de la terre,eft de la terre , & parle com- 
me ijju de la terre: celui qui elt venu du ciel eitpardef- 
fus tous : 

32 * Et ce qu'il a veu & ouï, il le tefmoigne-mais 
g nul ne reçoit fon tefmoignage. 

33 Celuiquiareceufontefmoignage,a h feeIlé "que 
Dieu eft véritable. 



Îe. la plus-part de ceu* qu'on appelé le peuple de Dieu, reietre la verirp 
c. a donne comme approbation exprefletee qui n eft antre cho r e quelc 
» aflau. en laccompHlVemcnt de fes promettes en laper. ocuie du Filï. 



« Gr. fairve- 
ritc.c.quiche 
mine en ron- 
deur de con- 
fliencedeuar, 
Dicu,conime 
ileft conue- 
nableaux en- 
fin* d iceluj. 
ù afldU.paî le 
moyen îl'i- 
ceux : fouz 
4.1. 

* Mat. 14.3. 
'•"Sa* 1.15. 
27.J4. 
H Su* t. 20. 
M*lttc.$ . 1. 
Marc 1.2. 
Luc 117. 
c foirdela 
conférence 
du Baptefme 
auec les laue- 
mens de la 
Loy,<nibicrt 
de ce que Ie- 
fus aufsi fiù- 
ibitbaptizer 
par fes difci- 
ples. 

ou,au pat 
face du Ior- 
dain. 

* c. auoir au- 
cun don ni 
charge , en 
degre quel- 
conque. 
fc.de Dieu? 
"Matrh.îi-2f. 
entanr quele 
Seigneur fcul 
afsigncàTn 
chacun les 
dons qifil lui 
plaift lui attri- 
buer. 
% Sottt $.Ip 

I». 49. & 
14.10. 

du Seigneur, 
don dclafoy. 



Etang rx b~~ 

4 Car celui que Dieu a enuoyé, annonce les paroleJ 
e Dieu: car Dieu ne lui donne point l'efprit a par 



*34 



« art*, comme 
me à tons les 
fiieles,rmis 

lui commu- mefnre. 

Stfôgnp 3 5 Le Père aime le Fils , & * lui a donné toutes cho 

en perfeclio, 

comme au 

Fils. 

* Mat. r t. 

2T& *8 18 

17. 2. «jei.ï. 

8. 

'• 1 . Ithun 5 . 

10. 

b .ifTa.enrant 
que b foy 
emporte ro- 
be i (fan ce, & 
h defobei£ 
fanceau con- 
trai ieredar- 
gue i"i.-,£ide- 
licé. 
*2Ai:. 1.22. 



c appelée au- 
trement Si- 
chem. 

* GtntUn. 
j). & +*. 

22. 10 f 2$. 

5 2. 

d les He- 
brieux nom- 
ment d'vn 
mefmenom 
vu puits & 
vne fource 
creu<ee. 
e a'Gu après 
lefoleil feucj 
fur le midi. 
/ ou,du pays 
de Samarie. 



g c. la grâce 
que Dieu te 
prefe.itepar 

çch:i qui 
parle à toi. 



fesenmain. 

6 '■' Qui croit au Fils ,a vie éternelle* : mais qui 
6 defobeit au Fils, ne verra point la vie :ains Tire de 
Dieu demeure fur lui. 

c H a p. 1 1 11. 

La rencontre du Seigneur auec la femme Samaritaine, 13 & 
lamerueiUeufeconuerfiond'keUe, 28 & à l'occafion d'el- 
le } de plu peurs autres de fa ville. 46 La guerijon d'vn en- 
fhtit Malade abfent en Cana de Galilée 3 àla Jeule parole de 
IejusCbrift* 

1 f^y Vand donc le Seigneur eut cognu que les 
V^ Pharifîés auoyent ouï dire * qu'il ïàifoit & ba 
ptizoït plus de difciples que Ieharr. 
2j ( Toutesfois Iefus ne baptizoit point lui-mefme, 
mais c'cffoyentfes difciples.) 

3 H IaifTa la Iudee,& s'en alla derechef en Galilée. 

4 Or il faloit qu'il trauerfaft par Samarie. 

5 II vint donc en vne ville de Samarie , nommée 
c Sichar, qui efi f près de la poflefsion que Iacob dôna 
à Iofeph fon fils. 

6 Or là eltoit vne d fontaine de Iacob: Iefus donc 
laiïé du chemin , fe tenoit là ainfî afsis fur la fontaine, 
c'eftoit enuiron e les fïx heures. 

7 Vne femme f Samaritaine,viét pour puifer de l'eau, 
& Iefus lui dit,Donne-moi à boire. 

8 Car fes difciples s'eneftoyent allés à la ville pour 
acheter des viures. 

9 Celle femme Samaritaine donc lui dit,Comment 
toi qui es Iuif, me demandes-tu à boïre,à moi qui fuis 
femme Samaritaine ? car les Iuifs n'ont point de com 
munication auec les Samaritains. 

10 Iefus refpondit , & lui dit, Si tu fauois le s don de 
Dieu, & qui eft celui qui te dit, Donne-moi à boire: 
tu lui en euiTes demandé toi-mefme 3 %c il t'eult donné 
de l'eau viue. 



SELON S. T 1 H A N. 



8 



Ii La femme lu >dir , Seigneur, tu n'as pas en quoi 
puilèr,& le puits ett prorond,d'oùastu donc celle 
eau viue? 

12 Es-ru plus grand 3 que Iacob noltre père, qui 
nous a donné ledits, 8clui-melme en a beu,& Tes en 
fans, &r Ion beltail? 

13 Ieiusreipondit,&:luidit, Quiconque boit de ce 
ire eau-ci,aura encores foif : 

X4 Mais * qui boira de le iu que ie lui donnerai, n'nu- 

ra plus iamais foif: mais " l'eau que ie lui donnera 

fera faire en lui vne fontaine d'eau Taillante en vie 

éternelle. 

15 La femme lui dit, Seigneur, donne- moi de cette 

eau, afin que ien'ave plus foif , 8c que ie ne viene plus 

plus ici pour tn puifer. 

\6 Ielus lui dit, Va-t'en, Rappelé ton mari, & t'en 

vien ici. 

17 La femme refpondit ,' & lui dit , Te n'ai point 
de mari ,Iefus lui dit , Tuas bien dit, le n'ai point 
de mari. 

18 Car tu as eu cinq maris :& celui que tu as main- 
tenant , tfdt point ton mari : en cela as-tu dit la 
vérité. 

\9 La femme lui dit, Seigneur , ie voy que tu es 
Prophète. 

20 Nos pères ont b adoré en celle montagne , & 
* vous dites qu'en Iciufakm eft-le lieu ou" il faut 
adorer. 

2 1 Iefus lui dit , Femme ; croy-moi,que l'heure vient 
que c vous n'adorere2lePere,niencelte montagne, 
nienlerufalem. 

22 * Vous d adorez ce que vous ne cognoilTez point: 
nous adorons ce que nous cognoilTons :carlefalut 
eltdes luifs. 

23 Mais l'heure vient.&eft maintenant, que les vrais 
adorateurs adoreront le Père en efprit & vérité: car 
aufsi le Père en demande de tels qui l'adorent. 

24 " Dieueft e efprit : & faut que ceux qui l'adorent, 
l'adorent f en efprit & vérité. 

rapport aucun auec les chofes extérieures , mais qui fe rapporte à l'Inccri«uç 
es. f 4'vn« faç^nquûonuiç«cplu$propr€in«*ùûjMwç. 



II< r cnonn 
ni'-yc; t crv 
fimi de Ia- 

co 1 ', pour 
maintenir 
qu ils ne- 

comme les 
luifi lesre- 
pûtoyent. 
* Som 6.3 e, 
'••Son. 7., 
b Ce mot 
comprend en 
fui A ai 1 ce r© 
xeroce de I4 
vraye reli- 
tron-par la- 
quelle on ic- 
cognoit le 
vray Dieu 
qui paidor- 
e aux pé- 
cheurs, fui- 
liant fa fai;i- 
cte alliance. 
** Dent. 11, 

a(T. comi 
pour arra- 
cher le Ici nt- 
ce de Dieu à 
quelque iieu 
particulière- 
ment. 
"i'2.T(où 17. 

cft p-r 
ne manière 
«rler que 
gneur 
conjoint iû 
ces deux 
poirwfts ,ado« 
«tic ne'..' i- 
gnprançc: 
d'autant que 
1s nepeuuéc 
Amplement 
iiiM:tteren- 
fcmble. 

2. Cor, 3, 
(i 7 - 

c. d'vne na- 
rure qui n ; a 
vicia coofc& 



de pari 

1cSl : ; 



4 <. cci mon- 
ftrc qu'il y a 
voit quelques 
p?tis rayons 
^e cognoif- 
fance u'e la 
vérité en cc- 
ite uaiion-li 



«tf 



lui 



Evanoui 



reftondit, * ' le fai que le Mels7àT(qïïT 
) aoit venir : quand donc icelui fera 



zi rrfemme 

efl apppelé Chriit) aoit venir : qu 

venu, il nous annoncera toutes chofes 

26 lefus lui dit,Cc fuis-ie,moi qui parle à toi. 

27 Et fur ce fes difciples vindrent,& s'efmerueiïle- 
rent de ce qu'il parloit auec vne femme : toutesfois 
nul ne dit, Que demandes-tu ? ou, Pourquoi parles-tu 
auec elle? 

La femme donc laiiTa fa cruche , & s'en alla à la 
ville, & dit aux gens. 

29 Venez , voyez vn homme qui m'a dit tout ce que 
i'ai fait,Ceftui-ci n'eit-il point le Chrift? 

30 Ilsfortirentdoncdelaville,&vindrentverslui. j 
3 1 Or cependant les difciples le prioyent , difans,; 
Maiftre,mange. 

32 Mais il leur dit, l'ai à manger d'vne viande que' 
vous nefauez point. 

3 3 Les difciples donc difoyent entr'eux, Quelcun lui I 
auroit-il apporté à manger ? 

34 lefus leur dit, b Ma viande eft queie face lavo-l 
îonté de celui qui m'a enuoyé,& parf ace fon œuure. 

35 Ne dites-vous pas qu'il y a encore quatre mois, Se 
la moiffon viendra?* voici, îe vous di, leuez vos yeux, 
& regardez les contrées: car elles font ia blâches pour 
moiflbnner. 

16 Or celui qui moiflbnne reçoit falaire, & afîèmble 

lefruiclen vie éternelle: afin que celui qui feme ait 

enfemble ioye,& celui qui moiflbnne. 

37 Car en cela eft ce dire véritable, QuVn feme,& 

l'autre moiffonne. 

3$ le vous ai c enuoyésmoiffonnerceenquoi vous! 

n'auez point trauaillé: d autres ont trauaille, &vousj 



* comme s'il 
cuit cit,Cs 
do:>tie \i, 5: 
en '.;uoi <eul 
ie pren mon 
vrai conten- 
tement, 
*Mrr.Q.$7. 
lue 10.2 



JÏÏE^feflteS entrés enleurtrauail 



c a(Ton,par 
le premier 
er.uc. , ou en 

î ' 

lac 

lion de leur 
change delà 
en auanr. 
d affau. les 
Prophètes 
par leur mi- 
nière. 



39 Or de celte ville-là plufieurs des Samaritains creu- 
rent en lui, pour la parole de la- femme, laquelle a- 
uoit rendu ce tefmoignage , Il m'a dit tout ce que i'ai 
fait. 

40 Quand donc les Samaritains furent venus vers 
lui , ils le prièrent qu'il demeurait auec eux , & il de- 
meura là deux iours. 

! 4 1 Et beaucoup plus'de gens creurétpour fa parole. 



SELON s. Iehan, 



2£3\ 



42 Et difoycnt à la femme, Ce n'cft plus pour ta paro- 
le que nous croyons: car nous-mefmes l'auons ouï: 
&fauons que ceitui-cieft véritablement le Chrifl, le 
Sauueur du monde. 

43 Or deux iours après il fe partit de là : & s'en alla 
a en Galilée. 

44 Car * Iefusauoit rendu tefmoignagequ'vn Pro- 
phète n'eit point honoré en Ton pais. 

45 Quand donc il fut venu en Galilée , les Galilcens 
le receurent, ayans veu toutes les chofes qu'il auoit 
faites en Ierufalem au iour de lafeite,car euxaufsi 
cltoyent venus à la fefte. 

46 ïefus donc vint derechef v en Canax'/V/c de Gali- 
lée, où il auoit conuerti l'eau en vin. Or y auoit-il vn 
w feigneur de cour , duquel le fils eltoit malade en Ca- 
pernaum. 

47 Ceftui-Ià ayant entendu que Iefus eltoit venu de 
Iudeeen Galilée, s'en alla vers lui, & le pria qu'il de- 
feendit , pour guérir ion fils : car il s'en alloit mourir. 

48 Adonc Iefus lui dit,Si vous ne voyez fignes & mi 
racles, vous ne croyez point. 

49 Adonc ce feigneur de cour lui dit,Seigneur,defcé 
deuant que mon fils meure. 

50 Iefus lui dit,Va,ton fils c vit. Ceft homme creut à 
la parole que Iefus lui auoit dite : &: s'en alloit. 

51 Et comme défia il defeendoit, fes feruiteurs lui 
vindrent au deuant , & lui apportèrent des nouuelles, 
difans,Ton fils vit. 

52 Adonc il leur demanda à quelle heure il s'efloit 
trouué mieux. Et ils lui dircnt,Hicr fur les fept heures 
lafieurelelaifla. 

<3 Le père donc cognut oue c'eftoit à celte mefme 
heure- là que Iefus lui auoit dit,Tô fils vit. Et il d creut, 
&:toutefamaifon. 

?4 Ce fécond figne fit encore Iefus, quand il fut venu 
de Iudeeen Galilée. 

C H A P. V. 

Le Seigneur ayant guéri vn paralytique , 16 & effant con- 
damné par les Juifs ttauoirfàit porter le petit licî à celui 
au'il auoit guéri oh iour du Sabbat, 1 7 maintient par la 



* afTiu.poury 
cftrc à (ou 
particulier. 

* Maitb.i j. 
5 j.marc 6. 
4./«C4.24 # 



'•' Sm 2.1. & 
il. 



b le mot ff- 
gnifie comme 
vn homme 
du Roy,c'cft 
à dire 5 dc la 
cour du Koy 
Hcrodc. 



e e.fëporra 
bicn:&ainfî 
confequem- 
mciit. 



d c. fitpro- 
fcfsion da- 
uouër Iefus 
Chrift pour 
fon Sauueur. 



« afïâu. enla 
place pro- 
chaine du té 
pie , à l'en- 
droit de la 
porte du ber 
cail voyez 
Nehem f.i. 
A c. maifon 
defrufion.afT 
à l'oceanon 
des eaux 

3uV>n y con- 
uifoit pir 
des canaux 
pour lvftge 
ou temple. 
e on,detéps 
en temps 
d ce pouuoit 
eftrc vne 
marque par- 
ticulière <ie 
la faneur du 
Seigneur en- 
ne rsfonpo- 
ure peuple, 
pour les con- 
fier en l'at- 
tente de l'ad- 
Uenement du 
Seigneur. 

* Gr. grab- 
bat : c'eftoit 
Vne forte de 
petite cou- 
chetrc,aifee à 
remuer, & 
roefmes à 
charger fur 
foi. voyez 
Marc 2.4. 

* ler.iy. 21. 



i3 8 



E V AMGILE 



vérité du fait , & par tous autres tcfwoignages, qtfilejî û 
Fils de D ieu: 29 & que ce qu'il if eft recognu tel par eux, 
ne procède que de leur impiété, 

I À Près ces chofes ily auoit vnefefte desluifs: 
JLx parquoi Iefus monta en Ierufalem: 

a. Or y a il en Ierufalem, a au marché aux moutons 
vnlauoir, qui eft appelé en Hebrieu b Bethefda,ayant 
cinq porches : 

3 Efquels gifoit grande multitude de malades , aueu- 
gles, boiteux, ^ gm qui auoyent les membres fecs, 
attendans le mouuement de l'eau. 

4 Car vn Ange defeendoit c en certain temps au la 
uoir, & troubloit l'eau • & lors le premier qui defeen- 
doit au lauoir après le troublement de l'eau, d eftoit 
gueri,de quelque maladie cui'il fuit détenu. 
ï Or y auoit-il là vn certain homme qui eftoit détenu 
de maladie depuis trente-huit ans. 

6 Iefus le voyant gifant par terre, & cognoifïant 
qu'il auoit ia efté là long temps, lui dit , Veux-tu 
élire guéri? 

7 Le malade lui refpondit .Seigneur, ie n'aiperfon- 
ne qui me iette au Iauoir quand l'eau eft troublée: car 
cependant que i'y vien, vn autre y defeend deuant 
moi. 

8 Iefus lui dit , Leue-toi , charge ton e petit lift, & 
marche. 

9 Et incontinent l'homme fut rendu fain, & char 
gea fon petit lia: , & marchoit. Or eftoit-il Sabbat 
en ceiour-là. 

10 Lesluifs donc dirent à celui qui auoit efté ren- 
du fain, * Il eft Sabbat, il ne t'eft point loifible de 
charger ton petit lict. 

II II leur refpondit, Celui qui m'a rendu fain, m'a 
dit,Charge ton petit lic~t,& marche. ^ 

iz Adorîc ils lui demandèrent, Qui eft ceftuMà qui 
t'a dit, Charge ton petit li£t,&: marche ? 
13 Et celui qui auoit eftégueri ne fauoitqui c'eftoit: 
car Iefus s'eftoit efeoulé du milieu des troupes qui 
eftoyent en ce lieu-là. 



SELON $. TlHAIf. 



14 DepuisIeiusletrouuaautc.mple,&Muidit,Voici, 
tu as cité rendu fain: ■ ne pèche plus déformais, que 
pisnet'aduiene. 

15 Ceft homme s'en alla ,& rapporta aux Iuifs que 
c'eftoit Iefiw qui l'auoit rendu lain. 

16 Pour celte caufe donc les Iuifs pourfuiuoyent Te- 
fus, &cerchoyent à le faire mourir, d'autant qu'il a- 
uoit fait ces chofes au Sabbat. 

17 Mais Iefus leur refpondit,Mon Perebefongneiuf- 
qu'a maintenant, & b iebefongneaufsi. 

18 * Pour cette caufe donc les Iuifs tafchoyent tant 
plus de le mettre à mort ,pource que non feulement 
il auoit violé le Sabbat , mais aulsi qu'il diloit que 
Dieu eftoit fon propre Père, c fe fauant efgal à 
Dieu. 

1.9 Parquoi Iefus refpondit, & leur dit, * En vérité, 
en vérité ie vous di , que le Fils ne peut rien faire de 
par foi-mefme , finon qu'il levoye faire au Père, car 
quelque chofe qu'icelui face , d le Fils aufsi Je fait 
femblablement. 

20 Cnr le Père aime le Fils , & e lui demonftre 
toutes chofes qu'il fait: voire lui demonitrera plus 
grandes œuures que ceite-ci,afin que vous vousef- 
merueiiliez. 

Car comme le Père reflufeite les morts & les 



* c. ne t ad&. 
ne plus àpe- 
chc,imnraj 

1 bon eft ient 

ton profû de 
la grâce du 
Seigneur. 



21 



viuifie, femblablement aufsi le Fils viuifie ceux qu'il 

veut. 

12 Car le Père f ne iuge perfonne,mais * adonné 

s tout jugement au Fils. 

23 Afin que tous honorent le Fils, comme ils hono 
rent le Pere:qui n'honore point le Fils,n'honore point 
le Père qui l'a enuoyé. 

24 En vérité ie vous di, * que celui qui oit ma paro 
le,& croit à celui qui m'a enuoyé,a vie eternelle.'& ne 
viendra point en condamnation, mais eitpalTé de ' 
mort à la vie. 

25 En vérité , en vérité ie vous di, que l'heure vient, 

ce & vertu en la diftinftion & en l'ordre des perfonnes , du Père & 
lui communique intérieurement félon lvnion personnelle, f c.n'exercc p 
fonne fon gouuernement & authon'té furies créatures , mais adminiftre 
perfonne du Fils, g c. tout le gouuerucracnt & adminiftution. en pi : 
de Dieu. 



b C\'rt pour 
monrtrer que 
comme Dieu 
a toujours la 
main à la u- 
ure pont dif- 
polcr de fes 
créatures , lui 
aufsi comme 
le Fils du 
Tere, coopè- 
re auec icelui 
fans eftre 
aftreimàquel 
que obferua- 
tion de icur 
ni de temps 
fous ombre 
de La Loy. 

* Son 7.29. 
'•' Sow 8. 1 8. 
e ce qui eft 
bien conclu 
par eux: maît 
mal appliqué 
en ce cju ils 
ne veulent 
remarquer eit 
IeftyChrift 
que la nature 
humaine qui 
s'y apperce- 
uoit extérieu- 
rement. 

mat. 1 1.17. 

* Sus 3.1?. 
"oui 6. 40. 

& 47. 
d affau. pour 
monftrer vne 
me'me e(Ten- 
lu Fils.' e c. 
inr en fa per- 
le t eu' par Li 
inc auihontc 



la/s 



m e. ceux qui 
n'ont nul fen- 
riment de la 
vrayevie que 
ielcur appor 
te,en (eront 
faits partki- 
pans. 

i c. ceux qui 
auront creu 
à bon efiient 
à la Parole, 
receurontlc 
don de la vie 
fpiri ruelle, 
c affa. en ce- 
tte condition, 
çn laquelle il 
fe manifefte 
ayant prins 
chair humai- 
ne : ou la lui 
communiquât 
intérieure- 
ment àl'ef 
gard de IV- 
jiiondes per- 
sonnes. 
d c. entant 
mefme qu'il* 
prins à foi la 
nature humai- 
ne en vnitc de 
perfonne. 
e aflfau de ce 

3ue le Fils 
onnela vie 
fpirituelle des 
à prefent. 

* Mat. iç. 

♦" Soies 6. 1 

f afla.conime 
la rapporta nr 
à moi à parc 
du Père. 

* Mat. 5.17. 
"t S«> 1.15. 
19. & 27. 
u Sou* 10.15 
*7) 



E V A N G 1 r E 



i4û 

&eft défia , que les» morts orront la voix du Fils de 

Dieu,& b ceux qui l'auront ouïe,viuront. 

16" Car comme le Père a vie en foi-mefme,ainfî a-il 

c donné aufsi au Fils d'auoir vie en foi-mefme. 

27 Et lui a donné puiflfance d'exercer aufsi iugemét, 

entant d qu'il eft Fils de l'homme. 

8 Ne foyez point efmerueillés c de cela : car l'heure 
viendra, en laquelle tous ceux qui font es fepulcres 
orront la voix d'icelui. 

19 * Et (brtiront , affauoir ceux qui auront bien fait, 
en refurre&ion de vie : mais ceux qui auront mal fait, 
en refurrection de condamnation 

20 le ne puis rien faire de par moi mefme :ie iuge 
ainfi que i'oy , &rmon iugement eft. iufte : '•' car ie ne 
cerche point f ma volonté, mais la volonté du Père 
quim'aenuoyé 

31 Si 2 ierentefmoignage touchât moi-mefme, mon 
tefmoignage n'elt point L digne de foy 
32* C'elt vn autre qui rend tefmoignage de moi , & 
ie fai que le tefmoignage qu'il rend de moi eft digne 
de foy. 

33 * Vous auez enuoyé vers Iehan , & icelui a rendu 
tefmoignage à la vérité. 

34 Or » ie ne cerche point tefmoignage des homes: 
mais ie di k ces chofes afin que vous foyez fauués. 
3 ï Icelui eftoit vne chandelle ardente & luifante : & 
pour vn peu de temps vous auez voulu vous efgayer 
en fa lumière. 

35 Mais moii'aivn tefmoignage plus grand que ce- 
lui de Iehan: car les " œuuresquemon Père m'a do- 
nees pour les accomplir, ces œuures-là mefmes que 
ie fai,tefmoignent de moi que mon Père m'a enuoye. 
37 Et le Père quim'aenuoyé, a lui-mefme l rendu 
tefmoignage de moi : iamais vous n'ouilles fa voix, 
* ni ne villes fa femblance. 

2 38 Et n'auez point fa parole demeurante en vous: car 
* air.comnie vous ne croyez point a celui qu'il a enuoyé. 

prenant de 

moi- mefme, & rapportant à moi-mefme Taiithorité demes oeuures & de ma doctrine, & 
non au Père : enrant qu'en la perfonne du Fils le tout fe rapporte toujours à la perfonne 
dp Père, voyez fous S. 14. b Gr.veritable : & ainfi confequemment. ? Gr. ie ne pren 
J>oint:& ainfi confequemment. k aflau. touchant le tefmoignage que Iehan vous a jen- 
/ iT.enLiLoy Si aux Piophetefjou corne Mât.;. 17, & i?.},ou en mes œuures. 

: — l? Epque- 



du de; 



" SELON S. IBHAN. 14* 

39 a Enqueftez-vous diligemment des EFcrïtures : 

car vouseftimezauoirpar icellesvie éternelle :& ce 
font elles qui portent teimoignage de moi. 

40 h Mais vous ne voulez point venir à moi, pour 
auoirvie. 

41 le ne cerche point la gloire de par les hom- 
mes. 

41 Mais ie cognoi bien que vous n'auez point l'a- 
mour de Dieu en vous. 

43 le fuis venu au nom de mon Père , & vous ne me 
receuez point: fi vn autre vient en ion propre nom, 
vous receliez ce(hii-là. 

44 Comment pouuez-vous croire , veu que vous 
* c cercliez gloire l'vn de l'autre, & ne cerchez point 
la gloire qui vient de Dieu feul ? 

45 Ne cuidez point que ie vous doiue aceuferenuers 
mon Pere,Moyfe auquel vous d auez eîperance, eit 
celui qui vous aceufera. 

45 Car fi vous croyiez à Moyfe, vous croiriez aufsi à 
moi: car il aefcritdemoi. 

47 Mais fi vous ne croyez point auxeferits d'icelui, 
comment croirez- vous à mes paroles ? 

c H A P. VI. 

Je fus Ckr'tft ayant repeu de cinq pains & de deuxpoïjfons cinq 
mille pirfomiesjar la benedielion de [a prière , 1 5 fe reti- 
ra à part dit peuple, 1 $ vh ni reiroauerfes dijciplcj eftans 
en tormcntejiir la mer, & les rajjeure : 2 z puis ayant efiê 
recerché par ceux qui auoycnt rcceu deluicejïe nourriture 
miraculé ufc , il leur déclare comment ils doiuent s'adonner 
principalement à la nourriture de vie étemelle , dont il leur 
baille l'adrejfe entière en fa propre perfonné : 41 ce qu'ils 
ne comprenant nullement quant à eux. 



bu, von » 
fondez les 
Efcriturcs. 

ou, Ht fi 

vousnevQU* 
Izi poinr, &c« 



APr< 
de 



Près ces chofes Iefuss'en alla c outre la mer 
Galilée, qui eft de Tiberias. 
Et grandes troupes le fuiuoyent , à caufe qu'ils 
voyoyentlesfignes qu'il taiibit fur ceux qui eiloyent 
malades. 

Mais Iefus monta en vne montagne , & là s'afsit a- 
uecfesdiiciples. 

: o 



r c.vousrap* 
porter tout 
àvoirre repu- 

tion des 
vns entiers le» 
autres, & ne 
vous efleuez 
point par defl 
fus le nigemct 
du monde. 
Sou* 12.43 
alla, entant 
que vous 
vous fondez 
fur lui comme 
ayant efte vrai 
fmiitcur de 
Dieu, fins re. 
cognoiitre 
cependant le 
vrai but & 
fondement 
duminiftere 
d iceliii. 

G en. 3.1$. 
& 12. j. &* 
1 8 1 *.& 22. 
\%. & 49. 
n>.deut.i2. 



S- 



e afi*a. partant 
vn bras d'eau, 
& non tra- 
ueriavt dvne 
rincà l'autre, 
pour fe ren- 
dre à ces vil- 
les ici men- 
tionnées -qui 
(ont toutes 
d\n mefme 
collé du lac. 



*Matt. 14. 
l^.marc 6. 



lâk 



liVANGILH 



'•Mat, 14.1 
marc 647. 



4 Or /e ;W «fe Pafque ( qui eitpit la fefte desluifs ) 
eftoit prochain. 

? * Iefus donc ayant Ieué fis yeux, & voyant que 
grandes troupes venoyent à lui, dit à Philippe, D où 
achèterons-nous des pains, afin que ceux-ci ayent à 
manger ? 

6 ( Or difoit-il cela pour l'efprouuer : car il fauoit bié 
ce qu'il deuoit faire.) 

7 Philippe lui refpondit, Pour deux cens deniers 
de pain ne leur fuffiroit à ce que chacun d'eux en 
prinft tant foit peu. 

8 Et l'vn de fes difciples, ajfauoir Andréa frère de Si- 
mon Pierre,! ui dit. 

Il y a ici vn petit garçon qui a cinq pains d'orge & 
deiuf poiiTons : mais qu'eft-ce de cela pour tant de 
gens > 

10 Adonc Iefus dit, Faites afleoir les gens. ( Or y a- 
uoit-il beaucoup d'herbe en ce lieu-là.) Les gens donc 
s'afsirent,enuiron cinq mille à les conter. 

11 Et Iefus print les pains : & après qu'il eut rendu 
grâces, les diftribua aux difciples, & les difciples à 
ceux qui eftoyent afsis , & fembiablement des pojf- 
fons autant qu'ils en vouloyent. 

il Et après qu'ils furent raflafiés,il dit à fes difci- 
ples, Amaffez les pièces qui font de relie, afin que 
rien ne foit perdu. 

1 3 Ils les amarrèrent donc , & emplirent douze pane- 
rees de pièces des cinq pains d'orge , qui eftoyent de- 
meurez à ceux qui en auoyent mangé. 

14 Or les gens ayansveu le miracle que Iefus auoît 
fait, difoyent , Ceftui- ci eft véritablement le Prophète 
qui deuoit venir au monde. 

1 ? Dont Iefus ayant cognu qu'ils deuoyét venir pour 
le rauir afin de le faire Roy, derechef fe retira tout feul 
en la montagne. 

16 '•■ Et quand le foir fut venu, fes difciples dépendi- 
rent à la mer. 

17 Et eftans montés en la naffelle , tiroyent outre la 
mer vers Capernaum : &faifoit défia obfcur, & fi n'e- 
ftoit point Iefus venu à eux. 

18 Et la mer s'eileuapar vn grand vent qui foufÏÏoic 



SELON S. IX H A Ni 



M5 



19 Apres donc qu'ils eurent ramé enuîron vingt- 
cinq ou trente ftades,ils voyent Iefus cheminant fur 
la mer, & s'approchant de la nafTelle : dont ils eu- 
rent peur. 

20 Mais il leur dit, Ceftmoi,ne craignez point. 

ar a Ils le receurent donc volontiers en la nafTel- 
le, & incontinent la nafTelle print terre au lieu ou ils 
alloyent. 

Le lendemain les troupes qui eftoyent demeu- 
rées de l'autre cofté de la mer , voyans qu'il n'y a- 
uoit point là d'autre nafTelle, finon celte feule, en la- 
quelle eftoyent entrés fes difciples: & que Iefus n'e- 
ftoit point entré auec fes difciples en la nafTelle: mais 
que fes difciples s'en eftoyent allés feuls 

23 ( Or d'autres naiïèlles eftoyent venues de Tibe- 
rias près le lieu où ils auoyent mangé le pain, après 
que le Seigneur b eut rendu grâces.) 

24 Les troupes donc voyans que Iefus n'eftoit 
point là , ne fes difciples , eux aufsi montèrent de 
dans les nafTelles, & vindrent en Capernaum, cer- 
chans Iefus. 

^î Et I'ayans trouué outre la mer , ils lui dirent, Mai 
ftre,quand es-tu arriué ici ? 

16 Iefus leur refpondit,& dit, En vérité, en vérité ie 
vous di., vous me cerchez non pointpource que vous 
auez veu des fignes , mais pource que vous auez man- 
gé des pains,& auez eftéralfofiés 

27 Trauaillez,non point après la viande qui périt, 
mais après celle qui eft permanente à vie éternelle : la 
quelle le Fils de l'homme vous donnera. Car * le Pè- 
re, affkuoir Dieu, l'a c approuué de fon cachet. 

28 Ils lui dirent donc,Que ferons-nous pour œuurer 
les œuures de Dieu ? 

19 Iefus refpondit , & leur dit, v d C'eft ici l'ceu 

ure de Dieu , que vous croyiez en celui qu'il a en 

uoyé. 

30 Adonc ils lui dirent, * Quel figne donc fais-tu 

afin que nous le voyions, & que nous croyions à toi? 

quelle œuure fais-tu ? 

51 t Nos pères ont mangé la manne au defert, 



« Gr. Ils le 

voulurent 
donc rece- 
uoir. 



b afTaU. pouf 
obtenir vnc 
bénédiction 
fi admirable. 
c Gr. lafetl- 
lc de fon ca- 
chet.afla. en- 
tant qu'il por 
te en f* qua- 
lité d homme 
& h vérité 
& la pleine 
efficace de la 
vertu du Pè- 
re. 

d c. TceiiufC 
que Dieu 
vous recom- 
mande,& du- 
quel vous de- 
uez attendre 
le comble de 
toute béné- 
diction: ou, 
l'ceuure que 
Dieu veut 
faire en vous 
par l'efficace 
de fon E- 
prit. 

* Aitt.i.l'J. 
Ô 17 $ fit* 
\.\\.& [oui 
10.36". 
•• i.leban^. 
*?• 

«MtffMl. 
38. & lù.X. 
l.cor.i.ii. 

«t Sxod. 16. 
xq.notn. 1 1. 
7 .pf 78. 24. 
ftp.i6.lO. 



*4L 



Ev 



A N 6 1 l E 



ainfi qu'il eil efcrit, U leur a donné à manger le pain 
du ciel. 

31 Iefus donc leur dit,Enverité,en vérité ie vous di, 
Moyfè ne vous a point donné a le pain du ciel : mais 
mon Père vous donne le vr,ai pain du ciel. 
3 5 Car le pain de Dieu c'eit celui qui eit defeendu du' 
ciel,& qui donne vie au monde. 
5eDièu ërac 1 ^ 4 ^ s l u * ^irét donc,Seigneur, donne-vous toufîours' 
ce pain-là. 

3 5 Et Iefus leur dit, le fuis le pain de vie : * qui vient 
à moi, b n'aura point de faim:& qui croit en moi,n'au-' 



« voyez 1. 
Cor.io.j. 
* Sm 4.14. 
I c. fentira 
vn rafiïafîe- 
ment fpiri- 
tuel & accô 



afliu. l'atti- 
rant à moi 
par fon e- 
iprir. 

d afia en pre- 
nant à moi 
cefte nature 
humaine,fe- 
lon la condi- 
tion de la- 
quelle ie me 
comporte en 
conuerfant 
entre vous. 
'•Sus 530. 



raiamaisibif. 

3e» Mais ie vous ai dit, que vous m'auezvcu, &iîne 

croyez point 

37 Tout ce que mon Père c me donne , viendra à 
moi,& iene îetterai point hors celui qui viendra à' 
moi. 

38 Car ie d fuis defeendu du ciel >" non point pour 
faire ma volonté , mais la volonté de celui qui m'a! 

e c. non feu- / * t 

lement quii enuoye. 

39 Et c'eft ici la volonté du Père qui m'a enuoye, que 
ie e ne perde rien de tout ce qu'il m'a donné : mais[ 
que ie le refïïifcite au dernier iour. 

40 Et c'eit ici aafii la volonté de celui qui m'a enuoye, 



n y ait rien 
«le perdu, 
mais que 
tout foit en 
tierement 
fauué. 



/ ou, &<jue que quiconque contemple le Fils , & croit en iceiui,: 
fcite&c Ul " !a ^ v * e éternelle : f & pourtant ie le reflufeiterai au! 
g a(T. comme dernier iour. 
le Souuerain; 4I Les juifs donc murmuroyent de lui pourcequil- 

autheur de \~ .,.__., • 1 r J J • 1 ' 

toute grâce j auoit dit : le fuis le pain defeendu du ciel. 
1 en moi. j 42 ç; ar \\ % difoyent , * N'eft-ce pas ici Iefus le fils de. 

h ^ne I3 for? Io ^ e P n > duquel nous cognoiiîbns le père & la mè- 
re ? comment donc dit ceitui-ci , le fuis defeendu» 
du ciel? 

43 Iefus donc refpondit,& leur dit, Nemurmurez^ 
point entre vous. 

44 Nul ne peut venir à moi, fi ? le Pere^qui m'a en-^ 
uoyé h ne le tire : & ie le reflufeiterai au dernier 



me en lui la 
volonté de 
mecognoi- 
ftre , en le re 
nouuellant 
par la grâce 
defonEfprit: 
au lieu que 
le fens natu- 
rel de lhom-( lOUr. 
me n'y tend 
nullement. 

*£/*■ 54-13 



45 II eit eferit es Prophètes, t Et ils feront tous en- 
seignés de Dieu. Quiconque donc a ouï du Père, &a ; 
apprins,vient à moi. " - 



t 



SELOK S» . IÉHaLn. 



Ml 



46 Non point * qu'aucun ait veulePere,fïnon celui 
qui cil de Dieu : ceftui-là" a veu le Père. 

47 En vérité , en vérité ie vous di, v Qui croit en moi 
a vie éternelle. 

48 le fuis le pain de vie. 

45? Vos Pères ont mangé la mànne au deferî.,& a font 
morts. 

50 Ceft ici le pain qui eft defeendu du ciel , afin que 
fîquelcunenmange, b il ne meure point. 

51 le fuis le pain c vinifiant, qui fuis * defeendu du 
1 ciel : fi quelcun mange de ce pain-ici , il viura éternel- 
lement;^ le pain que ie donnerai, c'efr ma chair, d la- 
quelle ie donnerai pour la vie du monde. 

51 Les Iuifs donc fè debattoyent entr'eux, difans, 

Comment nous peut ceftui-ci donner fa chair à 

manger? 

Ï3 Lorslefus leur dit, En vérité, en veritéie vous di, 

Que fi vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, & 

neBeuuezle fang d'icelui, vous n'aurez point vie en 
I jvous-mefmes. 

j i 54 Celui qui mange ma chair & qui boit mon fang, 
| a vie éternelle: &ie le reiTufciterai au dernier iour. 

5 ç Car ma chair eft vrayement viande,& mon fang eft 

vrayement bruuage. 

$6 Celui qui mange ma chair & qui boit mon fang, 

demeure en moi,& moi en lui. 

57 Comme le Père qui eft viuant m'a enuoyé,& ie 
fuis viuant de par le Père : ainfi celui qui me mangera, 
viura aufsi de par moi. 

58 Ceft ici le pain * qui eft defeendu du ciel : non 
point comme vos Pères ont mangé la manne , & 
font morts :qui mangera ce pain ici, viura éternel 
lement. 

55» Il dit ces chofes en la fynagogue , enfeignant en 
Capernaum. 

60 Plufieurs donc de fes difciples Tayans ouï,dirent, 
Celle parole eft rude, qui la peut c ouir ? 

61 Mais Iefus fâchant en foi-mefme que fes difci- 
ples murmuroyent de cela, leur dit, Ceci vous fean- 
dalize-il ? 
6z guefera-ce donc fïvous voyez le Fils de l'homme 



*Matthiù 
îj.luc 10. 
22. fm i.iff, 
■•S» 3.16. 
18. 

c. ils n'ont 
pas efté ga- 
rttitis de la 

mort. 

k c. qu'il (bit 
garemi du 
pechcS: de 
la mort éter- 
nelle. 

54 Sut }.n, 

ou,viuanr. 
d afià. la ren- 
dant vraye- 
ment nour- 
riflfante fpi- 
rituelleinenr, 
entât qu'ayar. 
accompli tou- 
te iuftice en 
icelle par 
'obeifiance 
que l'aurai 
rendue pour 
lespecheurt 
en ma mort, 
ie leur com- 
muniquerai 
cefte mefme 
chair, pour 
leur faire re- 
couurer en 
«celle toute 
iuftice & fan- 
édification, 
t Sa; 3.13, 



t ou , rece- 
uoir,a.draç> 

trç, 



* aflVnon 
comme s'il 
n'y eftoit 
plus:(iis j.r ; 
mais comme 
retournant 
en ceft eftat 
de gloire , au 
lieu de la cô- 
dition din- 
firmité à Ia- 
cjuelle ils'eft 
afluietti vo- 
lontairement 
pour le /âlut 
du Monde. 
b c. ce que ie 
vous di tou- 
chant cefte 
nourriture 
fpirituellepar 
le moyen 
de ma chair, 
ne fe rappor- 
te pas à la 
chair, entant 
ju'elle eft 
implement 
créature, 
mais fe doit 
entendre à 
Tefgard de 
ce qu'elle eft 
vnie à la 
fource de 
vie, qui eft 
la Parole erer 
nelle du Pè- 
re, par la- 
quelle cefte 
chair efiant 
rendue viui- 
6ante,cômu- 
nique l'E- 
fprit de vie à 
tous ceux qui 
larecoiuent 
parla prédi- 
cation de TE 
uangile. 
*Maith.i6 
lôfout il. 
27. 

e foit qu'ils 
fuffent de- 
meurés feuls 



246 



F v a m a. t t v 



monter a là où il eftoit premièrement ? 

5$ C'eft b rEfpritquiviuitie :1a chair ne profite rien: 

les paroles que ie vous di font efprit& vie. 

64 Mais il y en a d'entre vous qui ne croyenr point. 

Car Iefus fauoitdés le commencement qui feroyent 

ceux qui ne croiroyent point , & qui feroit celui qui le 

trahiroit. 

6$ Dont il leur dit, Pourtant vous ai-ie disque nul 

ne peut venir à moi,s'il ne lui eft donné de mon Père. 

66 Dés cefte heure-la plusieurs de Tes difciples 
s'en allèrent en arrière , & ne cheminoyent plus a- 
uec lui. 

67 Dont Iefus dit aux c douze ,Et vous ne vous en 
d voulez-vous point aufsi aller? 
6% Simon Pierre donc lui refpondit, Seigneur à qui 
nous en irons-nous? tu as les paroles de vie éternelle 

69 Et nous auons creu , & auons cognu * que tu es 
le Chrift le Fils du Dieu viuant. 

70 Iefus leur refpondit, Ne vous ai-ie pas choifi vous 
douze,& l'vn de vous eft c diable ? 

71 Or difoit-il cela de IudasIfcariot,/?/s de Simon: 
car c'eftoit celui à qui il deuoit aduenir de le trahir, 
combien qu'il fuft l'vn des douze. 

C h a p. VII. 

Je fus Qnrifi fe trouuant en Jcrufaiem fur [afin de lafeffe 
des tabernacles , 14 fe prefente en plein temple , après di 
uers iugemens qu'on f ai foit de lui comme abfent , 16 &> 
rend fuffifante raifon de fa dofîrine , redarguant la mau- 
uaife confeience des Juifs, 3 o dont fe defcouurent déplus 
en plus leurs affections diuerfes. 3 z Des fer ge ans eft ans 
enuoyés pour prendre Jefus 3 n'en font rien, & leurs mai- 
fires fe trouuent confus ,poune que le Seigneur cependant 
ne cejfoit de publier fa vérité. 

1 A Près ces chofes Iefus conuerfoit en Galilée: 

lx car il ne vouloit point conuerfer en Iudee, 

pomee que les Iuifs cerchoyent de le f mettre à mort. 

ou bien qu'il en fbft demeuré peu auec eux. d aflâu. non comme s'il les en 
metroit en liberté : mais pour les fuire tant mieux profiter en la fermeté en laquelle il les 
maùuenoitparû gvscc. < t.dw touubâdônc £peché. f aff.fon heure n'eftât encore vernit. 



SELON S. IEHAN. 



24J 



Or la felte des Iuifs,* dite des tabernacles, citoitfi'«.*3 34 
prochaine. 

Ses a freres donc lui dirent, Pars d'ici, & t'en va 
en Iudee, afin que tes difciples aufsi contemplent les 
ceuuresquetufais. 

4 Car nul ne fait aucune chofe enfecret,qui cerche 
b de fe porter franchement. Si tu fais ces chofes-ici, 
!monftre-toi toi-mefme au monde. 
: 5 • Car fes freres mefmes ne croyoyent point en 
lui. 

6 Iefus donc leur dit, c Mon temps n'eft point encores 
venu : mais voitre temps eft toufiours preft. 

7 Le monde ne vous peut auoir en haine : mais il m'a 
jen haine, pourtant que ieren tefmoignage de lui que 
* fes œuures font mefehantes. 

8 Vous autres montez à celte fefle, quant à moi, ie 
ne monte point d encores à celte fefte , * d'autant que 
mon temps n'eft point encores accompli. 

9 Et leur ayant dit ces chofes,il demeura en Ga- 
lilée. 

10 Et comme fes freres furent montés, lors il monta 
aufsi à la felte, non point manifeftement 3 mais comme 
e en cachette. 

11 f Les Iuifs donc le cerchoyent à la felte , & di- 
foyent. Où eft ceftui-là ? 

1 2, Et y auoit grand murmure de lui entre les troupes 
Les vns difoyent, Il eft homme de bien :& les autres) " s»*?.!* 

- 42. 



c. fes plus 
proches pa- 
rens. voyez 
Mat.15.jy. 

ou> de fe 
faire cognei- 
ftre : ou, de 
faire parler 
de fou 

M4yc3.ll 
«#.1.14. 

c. le temps 
qui m'efr cô« 
uenablc. 
x Sus 3.19. 
d c. fi roft 
quevoiiSj& 
en voftre 
compagnie. 
~ SôUi 8.20. 

c. fans fc 
biffer reco- 
gnoiftre pour 
vn temps, 
pour Pocca- 
fïon de ce 
qui s'enfuit. 
/ c. le corn, 
mun de la na- 
tion s enque 
roit pour- 
quoi on ne le 
voyoit point, 



difoyent, Non eft , mais il feduit le peuple. 

13 Toutesfois nul ne parloit franchement de lui" pour ^aïScs g Q u 
la crainte s des Iuifs. 

1 4 Et comme la felte eftoit ia demi paffee, Iefus monta 
au temple,& enfeignoit. 

15 Dont les Iuifs s'efmerueilloyent,difans, Comment 
fait ceftui-ci h les Efcritures,veu qu'il ne les a point £vn fimpie 
apprinfes? /-'feT^ 

16 Iefus leur refpondit,&dit,Madoanne n'eft point vous m'efr 
* mienne,mais de celui qui m'a enuoyé. 

17 Si quelcun veut k faire la volonté d'icelui , il co 
gnoiftra de la dodtrine,afTauoir fi elle eft de Dieu, ou fi 
ie parle de par moi-mefme. 

18 Qui parle de par foi-mefme, il cerche fa propre 
! , ! QJiij 



& n. 



uerneurs & 
chefs de h 
nation. 
h ou , les 
lettres, 
affau.come 



mez 

k aff.enbon* 

ne confeien 

cepourreco- 

gnoiftre la 

vérité. 



A4&. 



I r* £xo. 20. 1. 
\\er- 24. 3. 

52.^ I0.20J 

tu es 



£ a<fa. entant 
qu elle a efté 
prëmiei émet 
ordonnée de 
Dieu à Abra- 
ham , & que 
depuis elle a 
efte eftablie 
par le mini- 
ftere dcMoy- 
fc 



E v a n a x t v 



gloire : mais celui qui cerche la gloire de celui qui ' 
l'aenuoyé,ceftui-làeit véritable, & n'y a point d'iniu- 
iticeenlui. 

19 * Moyfe ne vous a--il pas baillé la Loy?& toutefois 
nul de vous ne met en eflfe& la Loy: '•" pourquoi taf- 
chez-vous à me faire mourir ? 
transporté d uj io Les troupes refpohdirent , * a Tu as le diable qui 
c eit-ce qui tafche à te faire mourir ? 

2 1 Icfus refpondit , & leur dit, l'ai fait vne œuure , & 



malin efprit 
en parlant 
ainfi. 

*6^».i 7 .io vous t Q US en e j[ es efmerueillés. 

22 Tant y a que Moyfe vous a baillé , la circoncifion 
( * b non point «qu'elle foit de Moyfe , mais des Pères) 
& vous circoncifez l'homme c au Sabbat. 



23 Si l'homme reçoit la circoncifion au Sabbat, afin 
que la Loy de Moyfe ne foit violée :eites-vous cour- 
roucés contre moi pource que i'ai gueii vn hom- 
me tout entier au Sabbat ? 

24 " d Neiugez point félon l'apparence, mais iugea 
c aflàu. s'iifdd'vrj droit iugement. 

25 Adonc quelques-vns de ceux de Ierufalem di- 
foyent,N'eft-ce pas ceitui-ci qu'ils cerchent à faire 
mourir ? 

z6 Et voici, il parle franchement, & fi ne lui difent 
nen,les Gouuerneurs auroyent-ils bien cognu de fait 
que celtui-ci eft véritablement le Chriit? 
27 Or nous fanons bien d'eu eft ceihii-ci : mais quand 
le Chriit viendra,nul ne faura d'où il eft. 
zà Iefus donc crioit au temple , enfeignant , & difant, 
Et e vous me cognoiffez, & fauez d'où ie fuis, &*ie 
ne fuis point venu de par moi-mefme , mais celui 

gnoiftre,maid qui m'a enuoyé, eft véritable, lequel vous ne coenoif- 
fez point. 

29 Mais moi , ie le cognoi : car * ie fuis de par lui , & 
iceltii m'a enuoyé. 

30 Adonc tafehoyent-ils de l'empoigner : mais nul 
Vr Soi4s'8.zdne mit la main fur lui ,* d'autant que fon heure n'eftoit 

point encore venue. 

31 Et plufïeurs d'entre les troupes f creurent en lui, 
& difoyent, Quand le Chriit fera venu , feta-il plus 
de fignes que ceilui-ci n'a fait? 

32 Les Pnarifiçns entendirent la troupe murmurant 



troutie <^ue 
ïe Sabbat 
foit le hui- 
tième iour 
de fa naif- 
fance. 

11 Deut.i.iy, 
prou. 24.23. 

d cne iugez 
point félon 

vos opinions, 
mais iugez 
en vérité. 
t c. vous cui 
dez meco- 



vous ne me 
cognoiffez 
pas pourtant 
a la vérité. 
* Sus 5.43. 
foui 8.42 



row.3.4. 
* Sous 8.20. 
/ c. furent 

affectionnes 
à lui, pour 
bien prendre 
fa doctrine. 



SELON S. IE H AN. 



1A9 



ces chofes de lui: dont iceux Pharifîens auec les prin- 

cipaux Sacrificateurs enuoyerent des fergeans pour 

l'empoigner. 

3 3 le fus donc leur dit , le fuis encores pour vn peu 

de temps auec vous, puis ie m'é vai vers celui qui m'a 

enuoyé. 

3 4 * Vous me cercherez,& ne me trouuerez-point,& 

* là où ie ferai, vous n'y pouuez venir. 

3 5 Donc les Iuifs dirent entr'eux , Où doit aller ce 

ihii-ci, que nous ne le trouuerons point ? doit-il aller 

vers b ceux qui font efpars entre les Grecs, <k enfei- 

gnerles Grecs? 

3 6 Quel elt ce propos qu'il a dit,Vous me cercherez, 

&ne me trouuerez point: Sdàoùieferay, vousny 

pouuez venir? 

37 Or ''en la dernière & grande iournee de la fefte; 

Iefus fe trouua là, criant, Scuiifanr, Si quelcun c a foif, 

qu'il viene à moi & boiue. 

3 S Qui croit en moi , fuiuant ce que dit l'Efcriture, 

* il découlera des fleuues d'eau viuante de lbn ventre. 
3i> (Or difoit-il cela de l'Efpritque deuôyent rece 
uoirceux d qui croyoyentenlui : car e îefain<5lEfprit 
n'eitoit point encore donné,pource que Iefus n'eitoit 
point encore glorifié.) 

40 Plufieurs donc de la troupe ayans ouï ce propos, 
difoyent,Cefhii - ci elt véritablement le Prophète. 
4r Les autres difoyent,Ceihn'-cîert le Chrilt. Et les 
autres difoyent,Mais aufsi le ChrilH viédra il de Ga 
lilee? 

41 L'Efcriture ne dit-elle pas que le Chrift viendra de 
la femence de Dauid, &r u de la bourgade de Beth 
le-hem,où f a eftéDauid? 

43 II y eut donc s diilenfîon entre le peuple pour 
lui. 

44 Er quelques vns d'entr'eux le vouloyentempoi 
gner: mais nul ne mit les mains fur lui. 

4ï Ainfi les fergeans s'en reuindrentsux principaux 
Sacrificateurs & aux Pharifîens ,-lefquels îeur dirent, 
Pourquoi ne l'auez-vous amené? 
46 Les fergeans refpondirent,Iamais homme ne par- 
la comme fait cett homme. 



*Sous2.zi. 

« ou , là où 
icm'en v*'v.8c 
ainfi confe- 
quemmenr. 
b Gr. la di- 
fperfion des 
Grecs :a<fau. 
ceux dentre 
ces Iuifs cm" 
habitoyent 
hors du pais 
deludee. 



c voyez Max. 
S.6. 

ioci 2.28. 

d ou , qui 
croiroyerît. 
e c. la pleine 
efficace des 
dons du S. 
Hlprit , qui 
deuôyent e- 
ilredcfployc» 
furies croyîs 
neftoit pas 
encore ma- 
nifdtetsd'.iu- 
tant qu'elle 
deuem cftre 
referucc iuf- 
ques après 
rafccpfio do 
Seigneur. 
■t Sus i.$6. 
" M»cfc.$.2. 

rtiAt. 2.5. 
/ aflau. du 
temps qu'il 
a vefeu com- 
me parti cu- 
lier.ou , là où 
cftoitla niai- 
fon de Dauid. 
tf Gr. fchik 
me:c.diuerfi- 
lé d'opiuiôs. 



1JO 



EvAjJGIIB 



*$*/$. 2. 






'-Luc 28.10 
affa.fe per- 
fuadans qu'il 
neprononce- 
roit point 
fentence de 
condanmatio 
contre elle, 
ons'ilbcon- 
damnoit,pre- 
rendans de 
faire apparoir 
«jti'il faifoit 
chcfe con- 
traire à fa 
prédication 
«rdinaire. 



47 Parquoi les Pharifîens leur refpondirent, N'auez- 
vous point elléfeduits vous aufsi? 

48 Aucun des Gouuerneurs ou des Pharifîens a-i! 
creuenlui? 

4P Mais ce populaire ici , qui ne fait que c'eftde la 
Loy,eftplus qu'exécrable. 

50 Nicodeme( * celui qui eftoit venu vers Iefus de y 
nuiét,& qui eftoit vn d'entr'eux) leur dit, 

5 1 Noftre Loy iuge-elle vn homme deuant que I'auoir 
oui,8c: cognu ce qu'il a fait? 

5 1 Ils refpondirent,& lui dirent, N'es-tu pas aufsi de 
Galilée? enquier-toi, & fâche que nul Prophète n'a e- 
fté fufcité de Galilée. 
53 Et chacun s'en alla en fa maifon. 

C H A P. VIII. 

Le Seigneur procède à l'endroit de l'adultereffe à lui prefentee 
félon fa charge, 1 z rament oit aux Iuifs la grâce de 7) ieu 
qui leur eft prefentee en fa perfonne, 13 & fur leurs ré- 
plique s Je s ramené à l'autbarite du Tere, 14 les aduertif- 
fant de leur pour e fin par leur incrédulité: 30 & comme 
il en fonde quelques vnsyquiprenoyent mieux fa doftrinejl 
defcouure tant plus leur ingratitude & impiété, 42 les 
redarguant qu'ils tienent du diable comme de leur père. 

1 Tk K Ais Iefus s'en alla en la montagne des Oli- 
IVl uiers: 

2 Et au poinct du iour derechef il vint au temple , & 
tout le peuple vint vers lui , & eihnt afsis,il les enfei- 
gnoit. 

3 Adonc les Scribes & Pharifîens lui amenèrent vne 
férne furprinfe en adultère: & l'ayâs mife là au milieu, 

4 Lui difent, Mail tre,cefte femme-ici a efté furprinfe 
fur le fait mefme commettant adultère. 
$ Or v en la Loy Moyfe nous a commandé de lapider 
celles qui font telIes:toi donc qu'en dis-tu? 

6 Or difoyent-ils cela le tentans, a afin qu'ils euffent 
dequoi l'accufer.Mais Iefus s'eflant encline en bas,ef- 
criuoit du doigt en terre. 

7 Et comme ils continuoyét de l'interroguer, lui so- 
rtant redreffé, leur dit, * Celui de vous qui eflfans pe- 
ché 3 iette le premier la pierre contre elle. 
3 Et derechef eftantencliné,il efcriuoit en terre. 



SELON S. IEH AN. 



**r 



P Or quand ils eurent ouï cela , eftans redargues par 
leur confcience,ils fortirent vn à vn,commençans de- 
puis les plus anciens iufques aux derniers: tellement 
que kfus demeura feul, &la femme quieftoit là au 
milieu. 

i o Adonc Iefus s'eftant redrelTé , & ne voyât perfon- 
ïie finon la femme, lui dit, Femme, où font ceux là qui 
t'accufoyentPnul ne t'a-il condamnée? 
ii Elle dit,Nul, Seigneur, Et Iefus dit, le ne te a con- jne-'der* 
damne point aufsi:va, & ne pèche plus, 
i x Iefus donc parla derechef à eux,difant, * le fuis la 
lumière du monderqui me luit,ne cheminera point en 
ténèbres, ains il aura lumière de vie. 

1 3 Alors les Pharifiés lui dirent, Tu rens tefmoigna- 
ge de toi-mefme , ton tefmoignage n'eftpoint b digne 
de foi. 

14 Iefus refpondit, & leur dit, ''Encore que ie rende 
tefmoignage de moi mefme, mon tefmoignage eft di- 
gne de roy:car ie fai d'où ie fuis venu,& ou ie vai,mais 
vous ne fauez d J où ie vien,ni ou ie vai. 

1 5 Vous îugez c ièlon la chair , moi d ie ne iuge per- 
fonne. 

1 6 Que fi mefme ie iuge , mon iugement eft digne de 
foy: car ie ne fuis point feul , mais ily a moi & le père 
qui m'a enuoyé. 

17 Mefme il eft eferit en voftre Loy , K que le telmoi 
gnage de deux hommes eft digne de foy. 

18 le luis celui qui réd tefmoignage de moi-mcfme, 
& le Père qui m'a enuoyé,rend tefmoignage de moi 

1 9 Us lui dirent donc , Où eft ton Père? Iefus refpon- 
dit, Vous ne cognoilTez ni moi , ni mon Père. Si vous 
me cognoifsiez, vous cognoiftriez aufsi mon Père. 

20 Ces paroles dit Iefus c en la threforerie,enfeignât 
au temple: & nul ne l'empoigna, t pourtant que fon 
heure n'eftoit point encore venue. 

2 1 Et Iefus leur dit derechef,Ie m'en vai, & " vous me 
cercherez, & mourrez en voftre péché: là où ie vai, 
vous ne pouuez venir. 

22 Les Iuifs doc difoyent,Se tuera-il foi-mefme?d'au- 
rant qu'il di^ JU où ie vai, vous ne pouuez venir. 



afla. rcToa 

qualité de 

ugc terrien: 

nais bict'ad- 

icrtt de t'a- 



ne telle eft 
na charge de 
c iugcrqr.ât 
' la confeien- 
ce. 

Sus 1.5.9. 
fous 6.5. c5" 
z.46. 
Gr. verira. 
blc : & ainfi 
confequem- 
ment. 
Sllf c.ji. 
c. félonie 
fens & afre- 
diondellitt- 
me.' 

d c.ic ne pro- 
nonce icutc- 
ccdccodam- 
nation cotre 
perfonne: en 
UOl iloppo- 
: fa modéra- 
tion à leur 
îaligne pré- 
cipitation. 

T>eut. 17. 
6.& \6. 15;. 
nuit. 18. 16. 

2.cW.ÎJ.t. 

fo6.io.a8. 

aff.en l'en- 
droit où e- 
ftoitle tronc, 
là où on ap- 
portoit les 



dons&ofhra- 

des. Marc iz. 

4L 

* Sus 7.8. 

JO. 

S«$7. î4» 



m. 



tYAHg IÏT„ 



«aflâ. le Fils 
de Dieu, par 
lequelfcul le 
péché eft o- 
fté. 

i on , le fuis 
ce que ie 
vousdienco* 
res , le com- 
mencement. 
* Sus 7 28. 
rom. ^.4. 
s voyez Tous 

J2.J2. 



«f c.monftre- 
rent quelque 
afientiment à 
ù. doctrine. 



c. vous do 
nera la vraye 
liberté spiri- 
tuelle. 



■Rom.6.20 
z.pier. 2.ip 



/ comme s'il 
difoit , N'a 
point de pla- 
ce en vos 
cœurs , pour 
ce que vous 
eftes pleins 
de fcmttitf de 
vous-mef- 
jnes. 



23 Adoncil leur dit, Vous elles d'embas,ie fuis d'en 
haut:vous eftes de ce mode , moi ie ne fuis point de c 
monde. 

24 Pourtant vous ai-ie dit, que vous mourrez en vos 
péchés: car fi vous ne croyez quece a fuis-ie, vous 
mourrez en vos péchés. 

2 ï Adonc ils lui dirent , Toi qui es-tu ? Et Iefus leur 
dit, b Ce que ie vous di dés le commencement. 
2ct l'ai beaucoup de chofes à parler & iuger de vous 
mais * celui qui m'a enuoyé,eft veritable:&les chofes 
que ï ay ouïes de lui,ie les di au monde. 

27 -Ils ne cognurét point qu'il leurparloitdu Père. 

28 Parquoi Iefus leur dit, Quand vous aurez c efleué 
le Fils de l'homme, vous cognoiftrez lors que ce fuis 
ie,& que ie ne fai rien de par moi-mefme, mais que ie 
di ces chofes ainfi que mon Père m'a enfeigné. 
x9 Car celui qui m'a enuoyé,eft auec moi, le Père ne 
m'a point laiffé feul , pourtant que ie fai toufiours les 
chofes qui lui plaifent. 
3 o Comme il difoit ces chofes , plufîeurs d creurent 
en lui. 

3 1 Adonc difoit Iefus aux Iuifs qui auoyent creu en 
lui , Si vous perfiftez en ma parole , vous ferez vraye 
ment mes difciples. 

32 Et cognoiftrez la vérité, & la vérité e vous anran 
chira. 

3 3 Ils lui refpondirét, Nous fommes la pofterité d'A- 
braham^ fi iamais ne feruifmes àperfonnercomment 
donc dis-tu vous ferez affranchis? 
3 4 Iefus leur refpôdit, En vérité, en vérité ie vous di, 
quiconque fait péché, v eft ferf de péché. 
3 5 Or le ferf ne demeure point à toufiours en la mai- 
fon:ie fils y demeure à toufiours. 

36 Si donc le fils vous affranchit, vous ferez vraye- 

ment francs. 

3 7 le fai que vous eftes la pofterité d'Abraham : mais 

vous tafehez à me faire mourir, pource que ma*paro- 

le f n'a point de lieu en vous. 

3 8 le vous di ce que i'ai veu chez mon Père : & vous* 

aufsi faites les chofes que vous auez veuè'schez vo 

ftre père. 



SELON S. IEH AN. 



*< 



jp Ilsrefpondirent, &Iui dirent, Noftre Père , c'ei 
Abraham.Iefus leur dit,Si vous eftiez enfans d'Abra- 
ham, vous feriez les ocuures d'Abraham. 
40 Or maintenant vous tafehez à me faire mourir, 
moi qui fuis vn homme qui vous ai dit la vérité, la- 
I quelle i'ai ouïe de Dieu : Abraham n'a point fait cela. 
'41 Vous faites les œuures de voftre père. Dont ils 
''lui dirent, Nous ne fommes point nés de paillardife. 
jNous auons vn pere,qui eft Dieu 
4i Pource Iefus leur dit, Si Dieu eftoit voftre père, 
certes vous m'aimeriez, car ie fuis ifïu de Dieu,& vie 
>dedeucrsliii:càï * ie ne fuis point venu de par moi-mef- * Sus $. 4$. 
me, mais lui m'a enuoyé. & 7. :? 

'43 Pourquoi n'entendez-vous point mon parler? 
| a d'autant que vous ne pouuez ouir ma parole. 



44 



ou 

vous ne pou- 

cz ouir ma 



Le père dont vous elles ifïiis , c'eft le diable , & u 
.vous voulez faire les defirsde voftre père. lia efté P ar °| c - , 
, b meurtrier dés le commencement, &* n'a point per- xjjfaf 
'feueréen la veritércar vérité n'eft point en lui. Toutes t afl*. ayant 
iles fois qu'il profère menfonce , il parle de ce qui lui d « lors <J" e 

o m y-L D o ni , j^ 1 homme fut 

elt propre :car il elt menteur, &elt le c père de men- cre^rendu 
>fonge. lh , i Pl couI " 

.45 Et pourtant que ie di vérité, vous ne me croyez Ha mort"" 
{point 



^6 Qui eft celui d'entre vous qui me redarguera de J, 
,peché?&: fî ie di verité,pourquoy ne me croyez-vous?j w 



le pre- 
micraurheur, 
l'ir.uëteur 



i47 * Celui qui eft de Dieu, oit les paroles de Dieu: 
'pourtant ne les oyez-vous point, à caufe que vus 
'n'eftes point de Dieu. 

[48 Adonc les Iuifs refpondirent,'& lui dirent,Ne di- 
Tons-nous pas bien que tu es vn d Samaritain, & u que 
Itu as le diable? 

\^9 Iefus refponditje n'ai point le diable,mais i'hono- 
;re mon Pere,& vous me def-honorez. 
150 Orne cerche-iepointmagloireiilyaquilacer- 
'che,& qui en\ -âge. 

51 En vérité , en vérité ie vous di , ♦ que fî quelcun 
garde ma parole, il ne verra iamais la mort. 
5 z Dont les Iuifs lui dirent, Maintenât cognoifibns- 
nous que tu as le diable. Abraham eft mort & les 
prophetes,& tu dis, Si quelcun garde ma parole, il ne 



<£../>/;« 4.1» 



1 Sut 7. jo. 
fout 10.20. 
d c-vnfaux 
ïuif,& nulle- 
ment vrai 
Ifraelite. 



^Sous.ix. 

25. 



tsâ. 



Evangh! 



affâ. félon 
lafoy.qui 
voit aufsi bié 
les chofcs 
promifes & à 
■venir comme 
lesprefentes. 
£ afiâ. enrant 
que tout ho- 
me que vous 
jne voyez, ie 
fuis neant- 
xnoins aufsi 
Dieu coeter- 
rel & cocf- 
fentiel au 
Père. 



Ceci fem- 
We eftre dit 

5 source que 
es Iuifs e- 
ftoyent ab- 
breuucsde ce 
fte erreur que 
les âmes paf 
fôyent d'vn 
corps en I au- 
tre. 

i afTpour di- 
te que ce 
«ju'il eft né a- 
Beugle îc rap- 
porte au pé- 
ché de iiii,ou 
«l'icenx for- 
mellement. 

c. que la 
fiifcn le por- 
terie cours 
de mon mi- 
jufterc. 



gouftera iamais la mort. 

53 Es-tu plus grand que nortre père Abraham quieft 
mort? les Prophètes aufsi font morts : qui te fais-tu 
toi-mefme? 

54 Iefusrefpondit,Siieme glorifie moi-mefme, ma 
;loire n'eit rien : mon Père etr celui qui me glorifie, 
auquel vous dites qu'il eitvoftre Dieu. 

55 Toutesfoisvous ne l'auez point cognu:mais moi, 
ie le cognoi : & fî ie di que ie ne le cognoi point,ie fe- 
ray menteur , femblable à vous , mais ie le cognoi, & 
garde faparole. 

5c? Abraham voftre père a rreiïâilîi deioyedevoirce 

fte miene iournee, & a l'a veuê,&: s'en eft efiouï. 

57 Les Iuifs donc lui dirent, Tu n'as point encore 

cinquante ans , & tu as veu Abraham. 

5 8 lefus leur dit, En verité,en vérité ie vous di,deuât 

qu'Abraham fuir, b ie fuis. 

59 * Adonc ils leuerent des pierres pour ietter cotre 

luhmais lefus fe cacha, &fortit du temple,ayantpafTé 

au trauers d'eux;& ainfi s'en alla. 

C H A P. IX. 

Je fus Qorift ayant miraculeusement guéri en vn hur de Sab- 
bat vn aueugle né, 13 &fon œuure eftant calomnié par 
les TharipenSyfait que fa gloire en eft d'autant plus mani- 
festée par la confefion de celui qu'il auoit guéri: 2 8 dont 
la malice des Thariftens s' eftant defcouuerte & defebargee 
fur ce poure perfonnage-là, 3 3 il fe fait recognoi(îre à lui 9 
& le confole , 3 9 prononçant fentence d'aueuglemet con- 
tre la nation des Juifs. 

1 "TJ Tainfique/ç/^pafïbit, il vidvn homme aueu- 
JCf gle dés fa nahTance, 

2 Dontfesdifciplesl1nterroguerent,difans,Maifrre, 
qui a péché, ceftui-ci , ou fon père , ou fa mère, c pour 
eftre ainfi né aueugle? 

3 lefus refpondit, Ne d ceftui-ci n'a peché.ne fon pè- 
re , ne fa mère : mais c'eft afin que les œuures de Dieu 
foyent manifeftees en lui. 

4 lime faut faire les œuures de celui qui m'a enuoyé, 
tandis e qu'il eftiouj;. Lanui&vient que nul nepeut 
befongner. 



SELON S. IEHAN. 



?" 



if Tandis que ic * fuis au monde,* ie fuis la Lumière 
du monde. 

6 Quand il eut dit cela , il cracha en terre , & fit de la 
boue de fa faliue , & oignit de celte boue les yeux de 
l'aueugle. 

7 Et lui dit, Va t'en , & te laue au lauoir de Siloé (qui 
vaut autant à dire b qu'enuoyé.) Il y alla donc,& fe le- 
ua,&reuint voyant. 

8 Or les voifins,8c ceux qui auparauant auoyent veu 
qu'il eltoit aueugle,difoyent,N'eft-ce pas ceitui-ciqui 
eftoitafsis, &rqui mcndioit? 

5> Lesvns difoyent, Ceftceftui-ci. Et les autres di- 
foyent,IIluireflemble. Luidifoit, Ceftmoi-mefme. 
io Ils lui dirent donc, Comment ont elle ouuerts tes 
yeux? 

1 1 II refpôdit,&r dit, Ceft homme qu'on appelé Iefus, 
a fait de la boue , & en a oint mes yeux , & m'a dit, Va 
au lauoir de Siloé, & te laue. Apres donc que i'y fuis 
allé,8<: me fuis Iaué, i'ai recouuré la veuë. 
ii Adonc ils lui dirét,Où eft ceftui-là?Il dit,Ie ne fai 
13 Ils t'amenèrent aux Pharifiens, voire celui qui a 
tuoit autres fois elle aueugle. 
114 Or efloit-il Sabbat quand Iefus auoit fait delà 
bouë,& lui auoit ouuert les yeux, 
iï Les Pharifiens donc l'interroguerentaufsidere- 
chef,comment il auoit recouuré la veuë.Et il leur dit, 
Il a mis de la boue fur mes yeux, & ie me fuis laué , & 
ie voi. 

16 Parquoi auelques vns d'entre les Pharifiens di 
foyentjC'eftnomme-cin'eltpointdeDieu : car il ne 
garde point le Sabbat.Les autres difoyent, Comment 
peut c vn mefchant homme faire ces fignes ? Et y auoit 
d diffenfîon entr'eux. 

17 Ils dirent derechef à l'aueugle , Toi que dis-tu de 
lui, de ce qu'il t'a ouuert les yeux? Il refponàit, Il eft 
Prophète. 

18 Mais les Iuifs ne creurent point de lui qu'il eufte- 
fté aueugle,& qu'il euft recouuré la veuë, ïufques à ce 
qu'ils eurent appelé le père & la mère de celui qui a- 
noit recouuré la veuë? 

19 Us les interroguerét donc,difans, Eft-ce ici voftre 



aff>n cefte 
prel'cncc du 
corps,laquel- 
lc porte »uee 
foi la venu & 
la grâce de 
Dieu pour 
tous affiigci. 
"Ski 1.5.9. 
éf-S.iz.fou» 
11.46. 

b quipou- 

uoit mefme 
auoir rapport 
à laveritc du 
vrai ru i fléau 
fpirituel ,cn- 
uoyc du ciel, 
aflau. Iefus 
Chrift. 



e Gr. vn pé- 
cheur. 

d Gr. fchif- 
me.cdiuerfi- 
té d'opùiioj : 
comme fus 7 
4*. 



Sus 7.13. 
fous 12. 42. 

afà. Iefus 
le fils de Ma- 
rie. 

h e.feroic re- 
jette de l*a£ 
iêmblee&du 
corps du peu 
pie & de 1 E 
g'ife:&com-t 
me nous di 
rios, excom 
munie. 
« c. Di vérité 
d'autat qu'en 
ladechrarion 
d'icelle Dieu 
proprement 
eft glorifié, 
lofue 7. 19. 



'•'SK.s8.14, 



rj5r.ni y. 

d Gr. les pé- 
cheurs: afTau 
ceux qui s'a- 
donnent à 
péché. 

c. adonné 
à feruir Dieu 



2^ 



EVAN G I t E 



ïiïs que vous, dites auoirefté néaueugle? comment 
donc voit-il maintenant? 

20 Le père &la mère d'iceluiIeurrefpondirent,&di- 
rent,Nous fauons que c'eft ici noftre fils, & qu'il a efté 
néaueugle. 

21 Mais comment maintenant il voit, ou, qui lui a 
ouuert les yeux, nous ne le fauons point; il a de Taage 
interroguez-le,il parlera touchant foi-mefme. 

22 Son père & fa mère dirent ces chofes * pource 
qu'ils craingnoyent lesluifs. Car les Iuifsauoyent 
défia arrefté que fi quelcun a l'aduoùoit eftre le Chrift, 
il feroit b îetté hors de la fynagogue. 

23 Pour celle caufe fon père & fa mère répondirent, 
Il a de l'aage , interroguez-Ie. 

24 Us appelèrent donc pour la féconde fois l'homme 
qui auoit efté aueugle,& lui dirent, c Donne gloire à 
Dieu:nous fauons que ceft homme eft mefehant. 

25 II refpondit,& dit, S'il elt mefehant, ie ne fai: vne 
chofe fai-ie bien,c'eft que i'eftoye aueugle,e^ mainte- 
nant ievoi. 

z6 Dont il lui dirent derechef, Que t'a-il fait ? com- 
ment a-il ouuert tes yeux? 

27 II leur refpondit,Ie le vou s ai défia dit, & ne l'auez 
point efeouté, pourquoi voulez-vous aufsi eftre fes 
difciples? 

28 Lors ils l'iniurierent, & dirent, Toi fois fon difei- 
ple:quant à nous,nous fommes difciples de Moyfe. 

29 Nous fauons que Dieuaparîéà Moyfe : '•' mais 
quant à ceftui-ci,nous ne fauons d'où il eft. 

3 o L'homme refpondit , & leur dit,Certes en cela eft 
vn cas eftrâge,que vous ne fauez d'où il eft, & toutes- 
fois il a ouuert mes yeux, 

3 r Or nous fauons * que Dieu n'exauce point d les 
mefehans: mais fi quelcun e eft feruiteur de Dieu, & 
fait la volonté d'iceluijil l'exauce. 
3 z One ne fut-il oui dire , qu'aucun ouurift les yeux 
d'vn aueugle né. 

33 Si ceitui-ci n'eftoitde Dieu, il ne pousroit rien 
faire. 

34 Ils refpondirent,&Iui dirent, Tu es du tout né en 
péchés, & tu nous enfeignes l Et le ietterent hors de U 






SELON S. IIHAN. 



M7 



fous 1 2.47. 

afla. def- 
ployer laver- 
tu de Dieu à 
diuerfes fias. 



b c. vous ne 
feriez pas 
ainfi malheu- 
rctix& déplo- 
rés que vous 
eftes, fi vous 
cognoifsiez 
veitre aueu- 
glenaenr. 



fyiiagogue. 

3 ? Iefus entendit qu'ils l'auoyét ietté hors : & l'ayant 

I trouué,lui dit, Crois-tu au Fils de Dieu? 

[$6 Etilrefpondit,&dit,Quieit-i!,Seigneur,afinque 

liecroyeenlui? 

, 3 7 Iefus lui dit, Tu l'as veu, & c'efl celui qui parle a- 

uectoi. 

[3 8 Lors il dit, l'y croy,Seigneur:& l'adora. 

^9 Et Iefus dit, le fuis venu en ce monde * pour 2 ex- 

e;YcHugemét,afin que ceux qui ne voyét point, voyét: 

& ceux qui voyent deuienent aueugles. 

40 Et quelques vus d'entre les Pharifiens qui eftoyét 
auec lui , ouïrent cela,& lui dirent, Et nous fommes 
nous aufsi aueugles? 

41 Iefus leur dit, b Si vous eitiez aueugles,vous n'au- 
jriez point de peché:mais maintenantvous dites,Nous 
Voyons:pourtant demeure voltre péché. 

C H a p. x. 
Le Seigneur remonflre fous le nom du berger & des brebis, 
quelle cfifori affection entiers [on £glifc,& queleft le deuoir 
defon Eglife enuers lui , 1 o oppofant par le contraire le 
faux femblanî des mauuais bergers, 28^ fondant la co- 
folation des fiensfur la bonne volonté du Père : 3 1 puis 
maintient contre les répliques des Juifs , qui eft le Fils de 
*Dieu 3 & qu'ils en font coua'mcuspar l'excellence & maie fié 
defesœuures. 
1 "C N vérité, en vérité ie vous di,j|>w celui qui n'é- 
JZr tre point parla porte à la bergerie des brebis, 
mais y monte par ailleurs, cit larron & brigand. 

Mais celui qui entre par la porte, eiUe berger des! 
brebis. 

3 Leportier ouureà celhii-là,& les brebis oyent fa | 
voix , & il appelé fes propres brebis c par leur nom, Sq^c^îS 
les mené hors. 

Et quand il a mis hors fes brebis,il va deuant elles, 
& les brebis le fuiuent } car elles cognoilïent fa voix. 

Mais elles ne fuiuront point vneltranger,ains s'en- 
fuiront arrière de lui : car elles ne cognoiflent point' 
la voix des étrangers. 

6 Iefus leur dit celte fimilitude: mais ils n'entendirér 
point quelles eitoyent les chofes qu'il leur diioit 

K 



qui diroit v> 
ne par voe. 



L5JL 



ilVANGILE 



Iefus donc leur dit derechef En vérité, en vérité ic 
vous di, que ie fuis la porte des brebis. 

8 Tout autant a qu'il en eit venu deuant moi,font Jar- 
rôs & brigâds : mais les b brebis ne les ont point ouïs 

9 Iefuislaporterfiquelcun entre par moi, il fera fau 
S£fî m s'aitrt M :& entrera &fortira, &trouuera pallure. 

10 Le larron ne vient finon pour defrobber , cV tuer, 
Se deltruire: ie fuis venu afin qu'elles ayent vie, voire 
qu'elles en ayent en abondance. 
ii * le fuis le bon berger : le bon berger met fa vie 
pour fes brebis. 

2 Mais le mercenaire,& celui qui n'eft point berger 
(à qui n'appartienent point les brebis) voit venir le 
otnpasadhe- l 0U p,& delaiffe les brebis, 6c s'enfuit: & le loup les ra 
uit,& efpard les brebis. 

1 3 Ainfi le mercenaire s'enfuit, pource qu'il eft mer- 
cenaire^ n'a cure des brebis. 

14 le fuis le bon berger,& cognoi mes brebis 3 & fuis 
les nations icognu des mienes. 

qui font en- 
cores à pre- 
fentefloignes 
<te ma co- 
gnoifiânee 



t c. qui ont 
voulu mener 
les brebis par 
ailleurs que 



buerce qui 
n'appartient 
m'a moi feul, 
ê voulâs ren- 
dre chefs de 
l'Eglife. 
b c. les vrais 
fidcles:& s'ils 
en ont efte a- 
bufes, ilsny 



Epi.40. 1 1 
t\eck. 34-13 
& 37.24. 

aifau. des 
efleus d'entre 



1 5 Comme me cognoift le Père , aufsi cognoi-ie le 
Pere,& mets ma vie pour mes brebis. 

16 l'ai encores c d'autres brebis qui ne font point de 
celte bergerie: il me les faut aufsi amener , & elles or- 

•«y.3 7. 22. ront ma voix : & il y aura '• vn feul troupeau, & vn feul 

berger. 
*£f a -53-7- 17 Pour celte caufe m'aime le Pere,pourtant que *ie 

laiffe ma vie, afin que ie la prene derechef. 

1 3 Nul ne me l'oite , mais ie la laifTe de par moi-mef- 

me : i'aipuilTance de la biffer, &fiaipuirTancede la 

prendre derechef.I'ai receu ce mandemétdemo Père. 

\9 Adonc d diiîenfion aduint derechef entre les Iuifs 

pour ces propos. 

20 Et plufieurs d'entr'eux difoyent,* Il a le diabie,& 
eft hors du fens:pourquoi l'efeoutez-vous? 

2 1 Les autres difoyé*t,Ces paroles ne font point d'vn 
{foS^tTe- démoniaque : le diable peut iiouurir les yeux des a- 

ueu^Ies? 
biançedice-| 22 Q r la/è/fc de ta* dédicace fe fit en Ierufalem , &e 

lui, le nom n • 1 

ftoithyuer. 

2 3 Et Iefus fe pourmenoit au temple , au porche f de 

Salomon. 

z* Les Iuifs donc Eenuironnerent , & lui dirent, Iuf- 



d Gr. fchif- 
me : comme 
fus 7. 4$. 
-%SW7. 20. 

•8.48.52. 

voyez 1. 
Maccab.4.^9 



honneur 
lui en auoit 
efte attribué: 
Aftcs S' "• 



SELON S. IBHAK. 



*ÏP 



qu'à auand tiens-tu noftre ame en a fufpens? fï tu es le 

Chriit,di-le nous franchement. 

25 Iefus leur refpondit, le le vous ai dit, & vous ne le 



la perplexité 
ne venoit pas 
Ucux-mcl- 
mts. 

croyez-point. * les œuures que iefai au nom de mon| *&«'«. 16 

Père, rendent tefmoignage île moi. 

16 Mais vous ne croyez-point: car vous n'eftes point 



*- c om m e -4 



de mes brebis : comme ie vous ai dit. 

27 Mes brebis oyent ma voix, cV ie b les cognoi,& el- 
les me fuiuent 

28 Et moi, ie leur donne vie éternelle , & ne périront 
iamais:nul aufsi ne les rauira de ma main 
19 Mon père, qui me les a données, eft plus grand 
que tous, & perlbnnene les peut rauir des mains de 
mon Père. 

30 MoievIepere x fommes c vn. 

31 Adonc les Luifs prindrent derechef des pierres 
pour le lapider. 

3 1 Iefus refpondit , le vous ai fait voir plusieurs bon- 
nes œuures de par mon Père: pour laquelle d'iceUes 
d me lapidez-vous? 

3 3 * Les luifs lui refpondirent,difans,Nous ne te la- 
pidons point pour quelque bonne œuure: mais pour 
blafpheme } & pource que toi eftant homme, tu te fais 
Dieu. 

34 Iefus leur refpondit', N'eil-il pas eferit en voftre 
e Loy, " l'ai dit, Vous eltes dieux? 
3 5 Si elle a appelé ceux-là dieux? aufquels f la parole 
de Dieu eit adreifee, Se FEfcriturenc peuteltreen- 
frainte 

3 6 Dites vous que ie blafpheme , * moi que le père a 
s fanctifié & enuoyé au monde,pourtant que i'ai dit,ie 
fuis Fils de Dieu? 

37 Si ie ne fai les œuures de mon Père , n 
croyez point. 

38 Mais II ie les fai, & vous ne me voulez croire, 
crovez aux œuures : arin que vous cognoifsiez & 
croyiez * que le Père elt en moi,& moi en lui. 

39 Ils cerchoyentdonc derechef à Pempoignerrmais 
il efchappa de leurs mains: 

40 Et s'en alla derechef 11 outre le Iordain au quartier 

queie fuis le FiU éternel s'y fait voir tcu: clairement, h ou } Aupaifage du . 

r a 



• Sus 8. 19. 
t> c.i'cn ai vri 
loin exprès 8c 
continuel, 
comme crtas 
demesefleu» 

* c. vn fcul 
Dieiiauccdi- 
ftinc'tionper- 
fonnclle du 
l'ereau Fils, 
& du Fils au 
Pcre , & par 
confequent 
Tommes d'v- 
nemefmc vo- 
lonté. 

' A Sous 17.22 
d c. eftes- 
vous après 
pour me lapi- 
der ï 

%Sus 8.59. 
r aifau. en la 
propre Efc n- 
ture fkinclc, 
laquelle s en- 
tend quel- 
quesfois par 
letcrmegene 
ral«de la Loy. 

»P/ê.K».& 

f affa-pour 
ferait de tef- 

nioignagedc 
quelque 
charge & vo- 
cation parti- 
culière du 
Seigneur. 
*S.'«6\27. 
*S«w 14. 
11.& 17.21 
g c. a telle- 
rnem rempli 
de (à grâce & 
vertu encefte 
nature hu- 
maine , telle 
que vous U 
voyez, que la, 
vérité de ce 
ord.ua. 



i6o 



VLAJi G I l _% 



* c. goufte- 

rentlâ doctri- 
ne pour ad 
herer à lui , 
comme au 
Sauueur pro 
mis. 



*Mat. 16.J, 
fousiz.}. 



b afl". {impie 
ment, entant 
que la mort 
<jui en eft ad 
uenue a efte 
occafîon de 
îuanifcfter 
comme vne 
féconde vie 
parla rcfiure 
«ftion qui s'en 
eit enfuiuie 

c. môftroit 
vne affection 
particulière à 
cette maifon- 
là, félon qu'il 
Icurauoit fait 
la grâce de 
profiter en ù 
cognoiffan- 
ce. 



où Iehanbaptizoit premièrement^ demeura là. 
41 Et plufieurs vindrent à lui , &difoyent, Quant 
Iehan,il n'a fait aucun figne : mais toutes leschofes 
que lehan a dites de ceftui-ci , eftoyent véritables 
41 Etplufieurs a creurentlàenlui. 

C H A p. XI. 

lefus Cbrifl rejfufcite à fa feule parole Lazare, quiefloh tref- 
pafié ily auoit défia quatre tours : 45 dont les vns ayan* 
profité h croire au Seigneur ,les autres ayans rapporté ceft 
acte aux Pharifiens , 49 le Sonner ain Sacrificateur pro- 
phétise de lui-mefmeyfan s ypenfer Jonchant le bénéfice de la, 
mort defefus. 54 lequel fe retire pour vn temps de ce 
quartier-là. 

I f\ R y auoit-il vn certain homme malade appelé 
V/ Lazare,deBethanie, de la bourgade de Marie 

& de Marthe fœur d'icelle. 

2, (Et * Marie fut celle qui oignit d'oignement le Sei- 
gneur^ efTuya les pieds d'icelui de fes cheueux:de la- 
quelle le frère Lazare eitoit malade.) 

3 Ses fœurs doc enuoyerét vers lui,difans,Seigneur, 
voici celui que tu aimes,eft malade. 

4 lefus ayant entendue, dit, Celte maladie n'eil 

Î>oint à h la mort,mais pour la gloire de Dieu:aiin que 
e Fils de Dieu foit glorifié par icelle. 

5 Or lefus c aimoit Marthe,& fa fœur, & Lazare. 

6 Et après auoir entédu qu'il eiloitmalade 3 il demeu- 
ra deux iours au mefme lieu où il eitoit. 

7 Et après cela il dit à fes difciples, Allons derechef 
enîudee. 

8 Les difciples lui difent,Maiitre,les Iuifs cerchoyét 
n'agueres à te lapider, & tu y vas derechef? 

9 lefus refpondit,N'y a-il pas douze heure au iour? fi 
quelcun chemine de iour, il ne choppe point: car il 

oit la lumière de ce monde. 

10 Mais fi quelcun chemine de nuic~t,il choppe: car il 
n'y a pointae lumière auec lui. 

I I II dit ces chofes, & puis après leur dit, Lazare no- 
ftre ami dort: mais i'y vai pour l'efueiller. 

iz Dont fes difciples lui dirent, Seigneur, s'il dort, il 
fera guéri. 



f 



SELON S. IEH AN. 



2*1 



« c. profitiez 
de plus en 
lus en la foy> 
tomme qui 
diroir 5 Gc- 
meau. 



x î Or Iefus auoit dit cela de la mort d'icelui ' mais ils 

penfoyent qu'il parlait du dormir du fommeil. 

14 Et pourtant lors Iefus leur dit ouuertement,Laza- 

re ef t mort. 

i î Et fuis ioyeux , pour l'amour de vous,que ie n'y e- 

itoye point, afin que vous * croyiez : mais allons vers 

lui. 

\6 Adonc Thomas appelé b Didyme , dit à fes condi- 

fciples, Allons y aufsi,afin que nous mouriôs aueclui. 

17 Iefus donc eitant venu, le trouua qu'il ef toit défia 
depuis quatre iours au fepulcre. 

18 (Or Bethanie eltoit près de Ierufalem enuiron 
quinze Ihdes.) 

19 Etplufieurs des Iuifs eltoyent venus vers Marthe 
&rMarie,pourles conibler touchant leur frère. 

20 Quand doc Marthe ouït dm que Iefus venoit,eII 
alla au deuant de lui: mais Marie fe tenoit afsifeàl 
maifon. 

2 1 Marthe donc dit à Iefus, Seigneur, fi tu eufles eité 
ici,mon frère ne fuit pas mort. 

22 Maisaufsi fai-iemaintenatquetoutcequetude 
manderas à Dieu,Dieu le te donnera. 

23 Iefus lui dit/Ton frère reflufeitera. 

24 Marthe lui dit, le fai qu'il refïufcitera enlarefur- 
rection au dernier iour. 

25 Iefus lui dit,* le fuis la refurrection&laviejqui^*'* 
croit en moi , encore qu'il foit mort, viura. 

26 Et quiconque vit & croit en moi , c ne mourra 1 
mais: crois-tu cela? 

27 Elle lui dit, Ouï, Seigneur, iecroy'-'que tu es le 
Chriit le Fils de Dieu,qui deuoit venir au monde. 

28 Puis ayant dit cela, elle s'en alla, & appela Marie 
fa fœur en fecret,difant,Le maiftre eit ici,& t'appele. 
19 Et fi toit qu'elle /'euïi entendu, elle fe leua hailiue- 
ment, & s'en vint vers lui. 

30 Or Iefus n'eitoit point encore venu àlabourga- 
de,mais eitoit au lieu où Marthe d l'auoit rencontré. 

31 Adonc les Iuifs qui eitoyent aucc elle en la mai- 
fon, & la confoloyent, auand ils virent que Marie s'e- 
ftoit leuee fi toit,& qu'elle eitoit fortie,la fuiuirent,di- 
fans,Elle s'en va au fepulcre 3 afin qu'elle pleure là 
_ iUiij 



&T-9' 



~S> 



c affau. delà 
mort féconde 
qui fepare de 
la grâce de 
Dieu. 

Matt.i$. 

6. fus 4.4Ï. 
& 6.6$. 



d ou, cftoi; 
venue au de- 
uant de lui. 



%£l_ 



V A' N G I L E 



a(T. comme 
Voulant bien 
monftrer en 
ibi-mefme 
les marques 
de compafsio 
entiers les 
poures affli 
gcs. 
* S«j p. 6. 



t> ou^cauer- 
ne. 



urne 14.1. 



32 Quand donc Marie fut venue là où eftoit Iefus, 
l'ayant veu elle fe ietta à Tes pieds,Iui difant,Seigneur, 
fî tu euffes elle ici mon frère ne fuftpas mort. 

33 Quand Iefus la vid pleurant, & les luifs qui e- 
itoyent là venus auec elle aufsi pleurans/ il frémit en 
fon efprit,&s'efmeut foi-mefrne. 

34 Et dit,Où l'auez-vous mis?Ils lui rcJponduent 3 Sci 
gneur, vien, &voi. 
3? Et Iefus pleura. 

3 6 Les luifs donc dirent, Voyez comme il l'aimoit. 
3 7 Et quelques vns d'entr'eux dirent, * Ceftui-ci qui 
a ouuert les yeux de l'aueugie , ne pouuoit-il pas faire 
aufsi que cefl homme ne mourut point? 
3 8 Lors Iefus fremiflant derechef en foi-mefme, viét 
au fepulcre(or c'eftoit vne b grotte,& y auoitvne pier 
re mife deffus.) 

7,9 Iefus dit,Leuez la pierre. Mais Marthe lafœurde 
celui qui eftoit mort,lui dit, Seigneur il put délia , car 
il eft de quatre iours. 

40 Iefus lui dit, Net'ai-iepasditquefitu crois, tu 
verras la gloire de Dieu? 

41 Ilsleuerentdoncla pierre de deffus le lieu où gifoit 
le mort. Adonc Iefus efleuant fes yeux en haut,dit,Pe- 
re,ie te ren grâces que tu m'as exaucé. 

42 Or fauoy'-ie bien que tu m'exauces toufiours: 
mais ie l'ai dit à caufe des troupes qui font à l'entour, 
afin qu'ils croyent que tu m'as enuoyé. 

43 Et ayant dit ces chofes,il cria à haute voix,Laza- 
re,vien-t'en dehors. 

44 Adonc fbrtit le mort, ayant les mains & les pieds 
liés de bandes : & la face eiroit enueloppee dVn cou 
urechef. Iefus leur dit, Defliez-le,&/£' laiffez aller. 

45 Parquoi plufieurs des luifs qui eftoyét venus vers 
Marie , & auoyent veu les chofes que Iefus auoit fai- 
tes,creurent en lui. 
45" Mais quelques vns d'entr'eux s'en allèrent aux 
Pharifîens, &leur dirent les chofes que Iefus auoit 
faites. 

47 v Adonc les principaux Sacrificateurs & les Pha- 
rifîens arTemblerentleconfeil,&difoyent, Que fai- 
fons-nous ? car ceft home ici fait beaucoup de fïgnes 



SEION 'S.. IEH AN. 



j£i 



*Sus 18.14. 



< aflà. entant 
que le Sei- 
gneur CouRc 
noit encores 
par la grâce 
le miniftere 
Leuitimie, 
quelque cor- 
ruption nu il 
y euft du co- 
ftc des hom- 
mes. 

b ou, coplo' 
terenr. 

afia. atten- 
dant le terme 



48 Si nous le biffons ainfi , chacun croira en lui : & 
les Romains viendront, qui nous extermineront, &le 
lieu & la nation. 

45> Alors vn certain d'entr'eux appelé Caiphe, qui e 
itoit le Souuerain Sacrificateur de cefte annee-là,leur 
dit, Vous n'y entendez rien: 

o Et ne confiderez point* qu'il nous eft: expédient 
qu'vn homme meure pour le peuple, & non point que 
toute la nation perilfe. 

5 1 Or cela ne dit-il point de par foi-mefme , mais lui 
eftant fouuerain Sacrificateur de cefte annee-là/ pro- 
phetiza que Iefus deuoit mourir pour la nation: 
$a Et non pour la nation feulement , mais afin aufsi 

3u'il alfemblait en vn les enfans de Dieu qui eitoyent 
ifperfés. 
5 3 Depuis ce iour-là donc ils b confulterent enfem 
ble de le mettre à mort. 

54 Parainfî Iefus ne cheminoit c pIus ouuertement 
entre les Iuifs,mais s'en alla de là en la contrée qui eft 
près du defert,en vne ville appelée Ephraim,& là con 
uerfoitauec fesdifciplcs. 
%< OileiourdehVtfquz desluifs eftoit prochain, Sc\t e ror , do £- 
pluneurs de ce quartier-la montèrent en Ierufalem a- re. 
uant Pafque,afin qu'ils fe purifiaffent. 
5er Ils cerchoyent donc Iefus,& difoyent entr'eux e 
fhns au temple, Que vous femble ? vous femble-il qu'il 
ne viendra point à la fefte? 

57 Or les principaux Sacrificateurs Se les Pharifîens 
auoyent donné commandement, que û quelcunco- 
gnoiffoit où il eftoit,il le déclarait, afin qu'ils l'empoi- 
gnaffent. 

C H A P. XII. 

Je fus Cbrift maintient l'aclc de Marie à l' encontre de la ca- 
lomnie de Judas, 1 z fait [on entrée royale en Ierufalem, 
19 eft de plm cnplwspourchafsê à l'occafio du miracle fait 
en laper fonne de La^rre refit feité , 23 aduertitfes fidè- 
les touchant l'excellent fruicl de fa mort prochaine, 28 e^ 
reçoit vne voix de par le Pcre 3 monftrant à la troupe comme 
elle y doit profiter. 3 7 Vifjuc de tout le miniftere du Sei 
gneur a l'endroit des vns & des autres, &fa dernière pro- 
teftation contre les Juifs. 

— : : EJiii 



* Mat. té. 6. 
marc 14.3 



'-'Sus 11. t. 

aiïâ. parti 
culierement; 
en ayant auis 
défia verfc v. 
ne partie fur 
li tefte du 
Seigneur, 
voyez Matt. 
2.6.7. 



h c. defloya 
àladefpenf'e 
qui lui eftoit 
tommife: ce 
qui n 'eftoit 
cognu de Tes 
compagnons 
pour lors 
x Sous x 3.29 
■fc Deut. 15 
11. watt. t6. 
II. 



i c.fereti- 
royenr, de 
cki-ans qu'ils 
n'adheroyê't 
point a la fa- 
Aionni c<frn- 
plot de leurs 
gouuer 
neurs. 
*Mat.tt.&. 
nurc 1 1 .8 
lue 19.35 
♦ 'Pf§. 1 ï ». 
té. 
#Zacb. 9.9 



?<4 



E v 



A N G I LE 



I T Efus donc fix iours deuant Pafque vint en Betha 
A nie,où eftoit Lazare qui auoit efté mort, lequel il 

auoit reiTufcité des morts. 

i * Et lui firent là vn fouper, & Marthe feruoit à table, 

& Lazare eftoit vn de ceux qui eftoyent à table a 

uecîui. 

3 Adonc'-* Marie ayant prins vneliure d'oignement 
d'afpic liquide de grand prix, en oignit les a pieds de 
Iefus,& les eiiuva de Tes cheueux : ôcïa maifon fut re- 
plie de l'odeur de l'oignement. 

4 Lorsîudas Ifcaiiot fils de Simon, l'vn de fes difei- 
ples,celui à qui il dcuoit aduenir de le trahir,dit, 

5 Pourquoi ceft oignement n'a-il efté vendu trois ces 
deniers,& donné aux poures? 

6 Or dit-il cela, 116 point qu'il lui chalull àç.s poures: 
mais pourtant qu'il b eftoit larron,& * auoit la bourfe, 
&portoit ce qu'on y mettoit. 

7 Iefus donc dit , Laiffe-là : elle Ta gardé pour le iour 
de l'appareil de ma fepulture. 

8 Car t vous aurez touiiours les poures aueevous: 
mais vous ne m'aurez point touiiours. 

9 Adonc grandes troupes des Iuifs cognurent qu'il 
eftoit là: & y vindrent,non pour Iefus feulement,mais 
aufsi afin qu'ils vifient Lazare, lequel il auoit refliifci- 
té des morts. 

10 Dont ies principaux Sacrificateurs confulterent 
de mettre aufsi à mort Lazare. 

II Car plusieurs des Iuifs fe c departoyent à caufe 
d*icelui,& croyoyent en Iefus. 
la "Le lendemain vne grande troupe qui eftoit venue 
à la fefte,ay ant oui dire que Iefus venoit en Ierufalem, 

1 3 Prindrent des rameaux de palmes , & fortirent au 
deuant de lui, & crioyent,^Hofanna:Benit/^Y le roy 
d'Ifrael qui vient au nom du Seigneur. 

14 Et Iefus ayant recouuré vn afnon , s'afsit deftus, 
îuiuant ce qui eft eferit, 

15 * Ne crain point fille de Sion,voici, ton roy vient 
afsisfur le poulain d'vne afneffe. 

16 Or fesdifciples n'entendirent point ces chofes du 
premier coup: mais quand Iefus fut glorifié, adonc ils 
eurét fouuenance que ces chofes eftoyent efcrite§ de 



SELON S. IBHAN. 



*«s 



luij&au'ils auoyent fait ces chofes en Ton endroit 

17 Et ta troupe qu i eitoit auec lui,portoit tefmoigna- 

ge qu'il auoit appelé Lazare du fepulcre, & qu'il Ta- 

uoit reffufeité des morts. 

i3 Pourtant aufsi alla le peuple au deuant de lui : car 

ils auoyent ouï qu'il auoit fait ce miracle. 

iy Dont les Pharifiens diibyent entr'eux-mefmes, J u ?£ ;| a " tïl 

Nevovez-vous pas que vous ne profitez rien? voici, hors le ter- 

le monde va après lui. moire de I* 

zo Or y auoit-il quelques a Grèves de ceux qui e- b afTa.iheurc 

iroyent montés pour adorer à la fefte, tlir menTd 

21 Lefquelsvindrét vers Philippe,qui eitoit de Beth-^ h croS", a- 

fùda de Galilée : & le prioyent,difans,Seitineur,nous! F" kqud 

j r J • r r J t> j lc;a p i ci:ic . 

délirons de voirleilis. ImenriMnifr 

21 Philippe vient, & le dit à André ,& derechef An-lft« iagioi« 
dré & Philippe le difent à Iefus. 

23 EtIefusIeurrefpondir,difant, b L'heure eit venue 
que le Fils de l'homme doit eitre glorifié. 

24 En verité,en vérité ie vous cli,iîle grain de fro- 
ment tombant en la terre ne meurt, il demeure feul: 
mais s'il meurt,il apporte beaucoup de fruift. 
2* * Qui aime fa vie, la perdra, & qui ait fa vie en ce 
monde,la gardera en vie éternelle. 
16 Si quelcun me fert, qu'il mefuiue: & * 



ferai, là aufsi fera celui quimefert,& fî quelcun me^ 3 é. 
fert,monPere l'honorera. 

27 * Maintenant eft mon ame troublée :& que dirai- 
ie ? Père , deliure moi de celte heure : mais pour cela 
fuis-ie venu à celte heure. 

28 Père, glorifie ton Nom. Lors vne voix vint dufTc 
ciel , difrat , Et ie l'ai glorifié : & derechef ie le glo- £ e £ 
rifierai. • 

19 Et la troupe qui eitoit là, & qui /'auoit ouïe,di 
foit, que c'elroit vn tonnerre qui auoit elle fait,les au 
très difoyent, Vn Ange a parlé à lui. 

3 o Iefus print la parole , & dit , Celte voix n'eft point pr e t ?ndTc& 
venue pour moi, mais pour vous. 
31 Maintenant elt c leiugementde ce monde : main 
tenant le prince de ce monde d fera ietté dehors. 
3 2 Et moi, * fi ie fuis ç enleué de la terre , ie tirerai 



Dieu. 

* Mat. 10. 
39.d> 16.25 
marc 8.35. 
tue 9.14.& 

'•' Sout 14,5, 

& 17.24- 

* Matt.iô, 
?8 &19. 



mua 14.34, 



le temps 
auquel Dieu 
veut déclarer 
le monde du 
tout condam- 
nable 

fera en- 
erement 
depofiedé de 
la dominatiô 
cju'ilavfur- 
pec fur les 
créatures, 
nommément 



trelEglife. 
% Sua 3.14 
t ou , efleué; 
aflau. parla 
mort de la 
croix, &am£ 
auYçr.;4 



c. parlEf- 

criturc Tain- 

<rt € . 

2. Sam. 7. 
13.pZr89.37. 

e^no. 4. 
£•^.37,25. 

«ta». 2.44. 
£#* 1.9. 



yow/.io.ïé. 

mat. 13. 14. 
«2^^4.12. 
/«c 8. 10. 
aiï.zî.zô. 
yom.\ 1.8. 
/> alfa. du Fils 
de Diaueii- 
iant qu'il s'eft 
touftours ma- 
nifeftéàfès 
Prophètes. 
» S»* 9.22. 
Stts ç.44. 
<• c. leur ré- 
putation en- 
uers les hom- 
tnes,quc d'e- 
firè réputés 
diftiples du 
Fils de Dieu. 
$rSout 14.9. 
* Sut 3.19. 

ë*9-39. 

d ou, Moi 
qui fuis la lu- 
mière fuis 
venu au 
monde. 



166 



JE. V A N fi T T. fi 



33 Or cela difoit-il fignifiant de quelle mort il de-j 
uoit mourir. 

34 Lestroupeslui refpondirent,Nousauonsenten-| 
du a parlaLoy* que le Chrift demeure eternellemét:! 
comment donc dis-tu qu'il faut que le Fils de l'hom- 
me foitenleué,quieft-ce Fils de l'homme? 

3 f Adonc Iefus leur dit, Encore pour vn peu de téps 
'•' la Lumière ell auec vous, cheminez tandis que vous \ 
auez la Lumière , que les ténèbres ne vous furprenét. » 
Car qui chemine en tenebres,ne fait où il va. 
3^ Tandis que vous auez la Lumière, croyez en la, 1 
Lumière, afin que vous foyez enfans de Lumière. Ces ; 
choies dit Iefus , puis s'en alla, & fe cacha de de- 
uant eux. 

37 Et combien qui eult fait tant de lignes deuateux 
ils ne creurent point en lui. 

38 Afin que la parole d'Efaie le Prophète fuft ac- 
complie, laquelle il a dite, * Seigneur, qui acreu à 
noitre parole ,&: à qui a efte reuelé le bras du Sei- 
gneur ? 

3.9 Pourtant ne pouuoyent-ils croire à caufe que de- 
rechef Efaie dit, 

40 t II a aueuglé leurs yeux , & a endurci leur cœur, 
afin qu'ils ne voycnt des yeux,& n'entédent du cœur, 
& ne foyent conuertis,& que ie les gueriife. 

41 Ces chofes dit Efaie quand il via la gloire b d'ice- 
ui,8c parla de lui. 

41 Toutesfois plufieurs des principaux mefmes creu- 
rent en lui : mais ils ne le confeflbyent point " à caufe 
des Pharifiens, de peur qu'ils ne fuffent iettés hors de 
lafynagogue. 

45 Car ♦ ils ont plus-aimé r la gloire des hommes 
que la gloire de Dieu. 

44 Or'lefus s'efcria, & dit, Qui croit en moi, ne croit 
point en moi,mais en celui qui m'a enuoyé. 

45 Et * qui me contemple, contemple celui qui m'a 
enuoyé. 

46 * A ïe fuis venu au monde pour eftre lumière, afin 
que quiconque croit en moi, ne demeure point en 
ténèbres. 

47 Et fi quelcun oitmes paroles,& ne les croit point, 



SELON S. ÏEHAN. 



-TXT 



Tw 3 /i 7 . 



'•' Marc 1 6. 
16. 



îe ne le iugepointrcar * ie ne fuis point venu pour 
iuger le monae,mais pour fauuer le monde. 
4« Celui qui me reiette, 8c ne reçoit point mes paro- 
les , il a qui le iuge : '*' la parole que i'ai portée , ce fe- 
ra celle qui le ingéra au dernier iour. 

49 Car ? ie n'ai point parlé de par moi-mefme ,mais 
le Père qui m'a enuové,m'a donne commandement defas m 
ce que i'ai à dire & à parler. 

50 Et iaique fon commandement eit vie éternelle: 
les chofes donc queiedi,ielesdiainn comme mon 
Père m'a dit. 

c H A P. XIII. 

le Seigneur fur lepointt defapafsion latte les pieds kfesdifei- 
plcsy 10 & déclare à Ticrre pourquoi, 15 & comment 
ils doiticn t vfer de/on exemple, 2 1 remarque la mefehan- 
celé particulière de Judas , 34 exhorte les fie ns à dile- 
ction mutuelle, 3 6 & aduertit T 'terre de (à chetttepro- 
chaîne, 

1 t /^\ R deuant la fefte de Pafque,Iefus fachat que 

\^J fon heure eltoit venue pour palTer de ce 
monde au Père, comme ainfifuft qu'il euftaimé les 
fiens,qui eitoyent au monde,il a les aima iuluu'à la fin. 

2 Et après auoirfoupé (le diable ayant dena mis au 
cœur de Iudas Ifcariot fis de Simon,de le trahir.) 

Iefus fâchant que le Père lui auoit donné toutes 
chofes entre mains,& qu'il eiloit iflude Dieu,&'° s'en 
illoitàDieu: 

l Se Ieue du fouper,& ofte fa robbe: & ayant prins vn 
inge,il s'en ceignit. 

5 Puis mit de l'eau en vn bafsin , &:fe print à lauer les 
peds de fesdifciples, & aies effuyer du linge, duquel 
' eltoit ceint. 

Il vint donc à Simon Pierre : & Pierre lui dit , Sei- 
»neur,me laues-tu les pieds ? 

Iefus refpondit , & lui dit , Tu ne fais point mainte- 
nant ce que ie fai,mais tu le c fauras ci après. 

Pierre lui dit/Tu ne me laueras iamais les pieds. Ie- 
fus lui refpondit, Si ienetelaue, tu n'auras point de 
3artauecmoi. 

Simon Pierre lui dit, Seigneur, non feulement mes 
?ieds,mais aufsi les mains & la telle. 



%Mat.î6.u 
marc 14. 1. 
luciô.t. 

c. leurmo- 
ftra fon a- 
mour pour- 
uoyant à leur 
confobtion 
en tout & 
par tout. 

aflau.par fi 
refurredion 
cVafccrîfîon 
nommé- 
ment. 



©iijl'cnten- 
dras. 



fl 



z6$ 



*Seut 15.5, 



E V A y <? I t B 



c. nul n'e. 
ftant fans in- 
firmité, ilfe 
faut mutuel- 
lement ap- 
porter, 8c 
s'abbaifler 
mefme l'vn 
à l'endroit de 
l'autre. 
'•' Matt.io. 
40. lue 6.40. 
foiu 1 5. 20. 

« p/7 4 I.IO. 

i afiau.tant 

plus expref- 

fement. 

•£ Mattb.io. 

qo.lucio. 

16. 

c oU;temioi- 

gna : ou, pro- 

tefta. 

» Mmh.i6. 

ir. marc 14. 

iS. /«c 22. 

21. 

«f afïàu. I'ayat 
rendu capa- 
ble d'vn tef- 
moignage 
d'arïecu on 
particulière, 
pour les dos 
qu'il auoit 
mis en lui. 
c affa. félon 
leurvfige de 
fc mettre à 
table, en fe 
panchant fur 
des petites 
couchettes. 



10 Iefus lui dit, Celui qui eit laué, n*a befoin, fînon 
de lauer les pieds, mais elt tout net. * Or eftes-vous 
nets,mais non pas tous. 

11 Car il fauoit lequel c'eftoit qui le trahiroit : pour- 
tant,dit-il,Vous n'eftes pas nets tous. 

12 Apres donc qu'il eut laué leurs pieds, 8c* reprins 
{es veltemens , & qu'il fe fut remis à table , il leur dit, 
Sauez-vous bien que ie vous ai fait ? 

13 Vous m'appeliez Maiftre & Seigneur , Se vous di- 
tes bien : carie le fuis. 

14 Si donc moi , qui fuis le Seigneur & le Maiftre , ai 
laué vos pieds, vous aufsi a deuez lauer les pieds les 
vns des autres. 

i<; Car ie vous ai donné exemple, afin qu'ainfi que 
ie vous ai fait,vous faciez aufsi. 
ic? En vérité , en vérité ie vous di, " Que le feruiteur 
n'eft point plus grâd que fon maiitre, ruïambafTadeur 
plus grand que celui qui l'a enuoyé. 

17 Si vous fauez ces chofes,vous elles bien-heu- 
reux,fi vous les faites. 

1 8 le ne parle point de vous tous : ie fai ceux que i'ai 
efleus rmais ilfhut que l'Efcriturefoit accomplie, di~ 
fant ,* Celui qui mange lepainauecmoi,a leué fon 
talon contre moi. 

ip Dés maintenant ie le vous di, deuant qu'il aduie- 
ne : afin que quand il fera aduenu,vous fe croyiez que 
cefuis-ie. 

20 En verité-en vérité ie vous di, * Si i'enuoye quel- 
cun , quiconque le reçoit,rne reçoit : & qui me reçoit, 
reçoit celui qui m'a enuoyé. 

21 Quand Iefus eut dit ces chofes, il fut efmeu en 
efprit : dont il " déclara, & dit, En vérité, en venté ie 
vous di, " que lVn de vous me trahira. 

22 Lors les difciples fe regardoyentlesvns les au- 
tres, elhns en perplexité duquel il parloit. 

23 Oryauoit-ilvndes difciples de Iefus, lequel Ie- 
fus d aimoit,quieftoitàtable, e aufeind'icelui. 

24 Simon Pierre donc lui fitfigne, qu'il demandafl 
qui eftoit celui duquel il parloit. 

25 Parquoiceftui-làeihnt encline fur l'eitomach de 
Iefus,lui dit,Seigneur qui elt- ce ? 



SELON S. I E H A N. 



zé9 



%6 Iefus rcïponHît , C'elTcelûi auquel Te baillerai le 

morceau trempé. Et ayant trempé le morceau, il le 

bailla à Iudas Ifcariot fils de Simon. 

27 Et après le morceau,Iors Satan a entra en lui:par- 

quoi Iefus lui dit,Fai bien toit ce que tu fais. 

18 Mais nul de ceux qui eftoit à table n'entenditjfi on '; po ,ef " 

pourquoi il lui auoit dit cela. 

Z9 Car quelques-vns cuidoyent,* pource que Iu-I* S«* 12.4 

das auoit la bourfe, que Iefus lui b euit dit, Ache-f u c d *JU ftvo 

te ce qui nous eft neceifaire pour la feite, ou qu'il dô- 

nait quelque chofe aux poures. 

3 o Apres donc qu'icelui euft prins le morceau , il 0. 
partit incontinent. Or eftoit-il nuict. 

31 Comme donc il fut forti , Iefus dit, Maintenant 
■ eft glorifié le Fils de l'homme, & Dieu eft glorifié 
en lui. 

32 Si Dieu eft glorifié en lui, Dieu aufsi le glorifiera 
en foi-mefmes,&incontinentle glorifiera. 

33 Mes petisenfans,ie fuis encore pour vn peu auec 
vous: vous me cercherez,mais comme i'aidit aux 
Iuifs , '•' que là où ie vai , ils ne pouuoyent venir : ainfi 

4 le vous di-ie aufsi maintenant. 

34 le vous donne vn e nouueau commandement 
* que vous aimiez l'vn l'autre ivoire que comme ie 
vous ai aimez,vous-vous aimiez aufsi l'vn l'autre 
3 f Par cela cognoiltront tous que vous elles mes 
difcipleSjfi vous auez amour Pvn à l'autre. 
3 6 Simon Pierre lui dit,Seigneur,où vas-tu? Iefus lui 
refpondit^Là où ie m'envai,tune mepeuxmaintenât 
fuiure, mais "t tumefuiurasci-apres. 
37 Pierre lui dit, Seigneur, pourquoi ne te puis-ie 
maintenant fuiure ?ie mettrai f ma vie pour toi. 
3 8 Iefus lui refpondit , Tu mettras ta vie pour moi ? 
En vérité, en vérité ie te di, g que le coq ne chantera 
point tantquetum'ayes renié trois fois. 

CHAP. XIII 1. 

Le Seigneur prépare fes difciples a fie confoler & fortifier fur 
ce qu'il a à fè départir d'auec eux, 12 leur offrant toute 
a finance spirituelle , 16 & les affeurant du grand bien 
qui leur aduiendra par fon départ } & comment il leur im- 
petrera l'enuoy du faincl EJprit. 



« c. enpnnt 
comme cn- 



c afîa. curant 
que fon ex- 
trême ancan- 
tiflement a 
cAé le vraî 
cftablifiemêt 
de fa gloire 
en voftrc ré- 
demption. 
".ÎW7.34. 
&2.U. 
d aflau. pour 
vn peu de 
temps quant 
à vous. 
* Ltuit.19, 
jS.matt.2i. 
S9-fous 15. 
1 2.1. iehâ 3. 

« voyez t. 
Iehanî.7.8. 
•fc Sous 21. 
18. 

f Gr. mon 
ame : & ainiî 
au ver. j 8. 
Mat th. 26. 

30. lue 22. 
34. 



■ m - e n , noyea 
vous en 
Dieu': 

l> aff comme 
en celui qui 
eft le Fils 
éternel de 
Dieu, & au 
quel vous eft 
pleinement 
manifefte le 
I>ere. 

<■ aflau.intro- 
duifânt au 
ciel voftre 
nature en 
ma perfonne. 
d affau.vers 
toute mon 
Hglife: à la- 
quelle s'a- 
drefiè ce 
propos en la 
perfonne des 
Apoftres. 
■* Ski i 2.26\ 
fotu 17.54. 
« c. vous le 
poui.ez fa- 
uoir,fi vous 
auez bien 
profité en 
ma doctrine. 
/ c. c eft en 
moi qu'il 
fauteercher 
tout ce qui 
eft requis 
pour auoir la 
vraye co- 
gnoiflancede 
I)ieu à fâlut. 
*Sa* 12.45. 

g c. qui m'a 
recognu en. 
vraye foy. 
*S«J 10.38. 

foUS 17. 21. 
t^fif.5.II 
& i9.II. 

" Mat. 7.7. 
é-21.25. 

marc 11.24. 

fous l $.'].&• 



370 



- EYANG ILE 

Oftre cœur ne Toit poinr troublé : a vous- 
croyez en Dieu : croyez aufsi b en moi. 
2, II y a plufîeurs demeurances en la maifon de mon, 
Père: s'il eitoit autrement, ie vous l'euiTe dit, le vai' 
vous c apprefterlieu. 

3 Et quand ie m'en ferai allé, & vous aurai préparé le! 
lieu,ie d retournerai derecherj & vous receurai à moi:; 

* afin que là où ie fuis/vous foyez aufsi. 

4 Et c vous fauez là où ie vai,& fauez le chemin. 
$ Thomas lui dit, Seigneur nous nefauons là où tu 
vas : comment donc pouuons-nous fauoir le chemin ? 
6 Iefus lui dit , le f fuis le chemin , & la vérité , & la; 
vie : nul ne vient au Père finon par moi. 

Si vous me cognoifsiez,vous cognoiftriez aufsij 
mon Pere:& dés maintenant vous le cognoiflez , &/ 
l'auezveu. 

8 Philippe lui dit,Seigneurmonftre-nous le Père, &i 
il nous fuffit. 

9 Iefus lui rejpondityle fuis de fi long temps auec vous, ; 
& fine m'as point cognu? Philippe, 7 s qui m'a veu,! 
" a veu mon Père : & comment dis-tu, Monitre-nous, 
le Père ? 

10 Necrois.-tu point que h ie fuisauPere,&IePe-t 
re en moi ? les paroles que ie vous di, ie ne les di point . 
de par moi-mefme : mais le Père qui demeure en moi, ; 
Celt celui qui fait les œuures. 

11 Croyez moi * que ie .fias en 0/00 Père , & le Père : 
en moi : lînon croyez-moi pour ces œuures. 

12 En vérité , en vérité ie vous di , qui croit en moi, ' 
ceftui-là aufsi fera les œuures que ie fai , & en fera de ; 

* plus grandes que celles-ci,car » ie m'en vai au Père, i 

13 u Et quoi que vous demandiez en mon nom, ie le 
ferai : afin que le Père foit glorifié par le Fils. 

14 Si vous demandez en mon nom quelque chofe, ie ; 
la ferai. 

15 Si vous m'aimezjgardez mes commandemens. 

16 Et ie prierai le Pere,& il vous donnera vn k autre i 
Confolateur,pour demeurer auec vous eternellemét. j 

* a{T.d'3Utant que la diii inction perfonnelle du Père & du Fils ramené toufîours la foy à r 
l'vnité de l'eflence, entant que la propriété desperfonnes avn rapport du tout formel de j 
l'vne àl'aurre/ansieparation ne confufîon quelconque, i afla. pour delà dcfployer plus ( 
expreflcnienc lavertudemonEfprit. k afTà.entant qu'il eft diftingUC du Père & du Fils ) 
•juom à la propriété perfonnellc î eft.mt vni en efleueg. } 



SELON S. IEHAN 



3J1 



,17 ^AtfauoirjYEfyiït * de verité,que b le monde ne peut 
ireceuoir,pource qu'il ne le void,&ne le cognoiih 
mais vous le cognohTez: car il c demeure auec vous, 
& fera en vous. 

18 le ne vous lailTerai point d orphelins rie e vien- 
drai vers vous. 

\is? Encores vn petit , 8c le monde ne me verra plus, 
jmais vous me verrez : pourtant que ie vi, vous aufsi 
ivi urez. 

zo En ce iour-là cognoiitrez-vous que ie fuis en mon 
Père, & f vous en moi, & moi en vous. 
21 Qui amcscommandemens,&lesgarde,c'eitce 
lui qui m'aime : & qui m'aime,il fera aimé de mon Pe 
re,& ie l'aimerai, & me déclarerai à lui. 
21 Iude (nonpasllcariot) lui dit, Seigneur, d'où 
vient ce que tu te déclareras a nous., & non point vousdeuôit 
au monde ? 
23 Iems refpondit,cVlui dit,Sio,uelcun m'aime, il 



* c quicflle 
fcul autheur 
de toute ve- 
nte. 

b affau.tous 
les hommes 
confidercs en 
cux-mcfmcs, 
qui de leur 
nature' font 
tous vicieux 
& corrom- 
pus. 

c affa. y eftat 
défia par U 
grâce que 
vous aucz 
commence à 
rcteuoir de 
moi. 

d afTa.commc 
fi mon départ 



rendre defb- 
Ws. 

e a(T. par l'ef- 
ficace du C6« 
iblatcur. 
/ affàu. par 



ardera ma parole,& mon Père l'aimera : & nous vie 
drons à lui, & ferons demeuranec chez lui. 

2 4 Qui ne m'aime, il ne garde point mes paroles. Etj r jf Gc a ÏJJ 1 de 
la parole que vous oyez n'eft point s miene,mais dufnionauec 
Père qui m'a enuoyé. 

25 le vous ai dit ces choies demeurant auec vous 
z6 Mais le -Confolateur qui cjt ieS. Efprit, * que le 
Père enuoyeraen mon nom, vous enfeignera toutes 
choies, & vous réduira en mémoire toutes les cho- 
Tes que ie vous ai dites. 

27 le vous laiiTe h la paix , ie vous donne ma paix: 
& ne la vous donne point comme le monde la don- 
ne. Voitre cœur ne (oit troublé, & ne ioit point 
craintif. 

28 Vous auez ouï que ievous ai dit, le m'en vai, 
& fi m'en vienàvous:fi vous ' m'aimiez,vous feriez 
certes ioveux de ce que i'aidit,Ie m'en vai au Père: 
car le Père eit k plus grand que moi. 
Z9 Et maintenant ie vous l'ai dit deuant qu'il 
foit aduenu, " afin que quand il fera aduenu vous 
croviez. 

gard à l'eftaC 

deg!oire,&enrar.rqueiemefuis anéanti moi-nicfmc , prenant forme de fciliiteur, pous 
accomplir le myftere de noftre rédemption. 



vous 
g affàu.come 
à part du Pè- 
re, ou côme 
fi i'cffoy : fe- 
paré 3e lui. 
h affila vraye 
confolarioa 
fpirituellc 
procédante 
de la vertu 
de mou E- 
fprir. 

* Sous ij. 
26. & 16. 7. 
1 affàu.ainfi 
qu'il me faut 
aimer pour 
ma gloire, & 
pour voitre 
falut. 
'• Smjit.i j. 

k afla.euc£ 



« e.fe vient 
prendre à 
moi en ma 
mort : mais 
il perdra fa 
prinfe,& fe- 
ra defeonfit 
par la vertu 
que ie dtf- 
ploycrai mef- 
mes en la 
mort à ren- 
contre de 
lui. 

b c. ce que 
ie me fuis 
ainfi rendu 
fuiet à la 
morr,cVquc 
ie vueil paf- 
fer par icel- 
le,rfmoi- 
guera aux fi- 
dèles que ie 
fuis le vrai 
Sauueur en- 
voyé du Pè- 
re^ rendra 
le M onde 
conuaincu 
«le mon o- 
beiflance 
trcfparfaite 
cnuers le 
Perc. 

* Matth.15. 
!?• 

'•'Sus 13.10. 
e ou 3 fans 
moi. 

d affa.nipcur 
eômencer, ni 
pour pourfui- 
ure , ni pour 
paracheuer 
chofe qui 
foit félon 
Dieu, & qui 
monftre que 
vous foyez 
de Ces c:\- 
fans. 



fr 

tous me deuez porter. 



171 



VANGILE 



3 o Te ne parlerai plus gueres auec vous : car Ie~prin- 
ce de ce monde a vient,& n'a rien en moi. 
3 1 Mais b c'eft afin que le monde cognoiffe que i'ai- 
me le Père, & fài ainft comme le Père m'a commandé. 
Leuez-vous,partons-nous d'ici. 

c H a p. xv. * 
Le Seigneur continue à instruire & confoler fes ^fpoflrcspar 
le tefmoignage de la communion qu'il veut auoir auec eux, 
1 z les ramenât à l'exercice de cefie doctrine qui cofijle en 
la vraye diketion , dont lui eft lajbi:rce i 1 6 les affeurant 
de leur élection, 1 8 & leur déclarant qu'ils ne doiuent at- 
tendre pour eux du monde , que ce qu'il en a receu le pre- 
mier, 16 & leur ramente uant la promejfedel'enuoy du 
[ainft ESprit, 

1 TE fuis le vrai fep,& mon Père eft le vigneron. 

X z * Il taille tout le farmentquine porte point 
de fruift en moi : & efmonde tout celui qui porte 
fruict,afin qu'il porte plus de fruicl 
3 v Vous elles ia nets pour la parole que ie vous 
ai dite. 

Demeurez en moi,o\: moi en vous. Comme le far 
ment ne peut de lui-mefme porter fruidt,s'il ne de- 
meure au fep : ne vous aufsi femblablement,fi vous ne 
demeurez en moi. 

le fuis le fep,& vous en ejies les farmes : qui demeu- 
re en moi,& moi en lui,porte beaucoup de frui& : car 
hors de moi vous ne pouuez rien d faire. 

Si queîcunne demeure en moi,iI eft ietté hors co 
me le farment , * & fe feche,puis on ramaiTe,&le met 
onaufeu 3 &brufîe 

Si vous demeurez en moi, & mes paroles demeu- 
rent en vous,* demandez tout ce que e vous vou 
drez,& il vous fera fait, 

8 En cela eft glorifié mon Père que vous apportiez 
beaucoup de fruicl:,& lors deuiendrez-vous mes 

«z.j.io. difciples. 

9 Comme le Père m'a aimé , ainfi aufsi vous ai-ie ai 
iL. J/,2? v^és : demeurez f en mon amour. 



QUS 

affau. pour 
fructifier tant'mieux en la foy 



/ c. en rameur que ie vous porte: ou en l'amour que 

: 10 Si 



SELON S. IE H AN. 



>7J 



io Si vous gardez mes commandemes, vous dcmeu 
rerez en mon amour : comme i'ai gardé les eomman- 
demens de mon Peie,& ie demeure en Ton amour. 
1 1 le vous ai dit ces choies , afin que * ma ioye de- 
meure en vous,&: que voltre ioye (bit accomplie, 
iz* C'eit ici mon commandement que vous vous ai- 
miez l'vn i'autre,comme je vous ai aimés. 

13 Nul n'a plus grande amour que cefte-ci, ajjauoir 
'•' quand quelcun met foname pour Tes amis. 

14 Vous ferés b mes amisjfi vous c laites tout ce que 
ie vous commande. 

15 le ne vous appelle plus feruiteurs: car le ferui- 
teur d ne fait que Ion maiftre fait: mais ie vous ai nô- 
mé mes amis, pourtant que ie vous ai fait cognoiitre 
e tout ce que i ai oui de mon Pcre. 

16 Ce n'eit point vous qui m'auezefleu,mais c'eft 
moi qui vous aicfleus, & qui vous ai eftablis : * afin 
que vous alliez,& apportiez fruic5t,& que voftre fruicl: 
foit permanent; à celle fin que tout ce que vous de- 
manderez au Père en mon nom,il le vous donne. 

17 le vous commande ces choies., afin que vous vous 
aimiez ivn l'autre. 

18 Si le monde vous a en haine , fâchez qu'il m'a eu 
en haine premier que vous. 

19 Si vous eufsiez efté du monde, le monde aimeroit 
ce qui feroit fien : or pource que vous n'eiks point du 
monde, mais que ie vous ai eiîeus du monde, pourtât 
le monde vous a en haine. 

20 Ayez fouuenance de la parole que ie vous ai dite, 
* Que le feruiteur n'eit point plus grand que fon mai- 
ftre :" s'ils m'ont perfecuté,aufsi vous perlècuteront 
ils : s'ils ont gardé ma parole , a'ufsi garderont-ils f la 
voltre. 

21 * Mais ils vous feront toutes ces chofes à caufe 
de mon Nom :pource qu'ils ne cognoiffent point ce 
luiquim'aenuoyé. 

22 Si ie ne fufîe venu &r n'eufTe parlé à eux , ils n'au- 
royent point s de péché : mais maintenant ils n'ont 
point d'exciife de leur péché. 

23 Qui m'a en haine,a aufsi en haine mon Père. 
14 Si ie n'etuTe fait entr'eux les œuures que nul au 
— = S 



c.la ioye 
que vous re- 
celiez par 
mon moyen. 
■S* 1 ;.J4 

j.tchan j. 

11. & 4-zr. 
l(cm. ç & 
c. îevoùf 

aduoiierai 
pour tels. 

affau. vous 
y ac'oi narts 
franchement 
en la foy que 
ievous aido« 
nce. 

d en a point 
decon muni- 
cationpriuec 
«uec fon mai- 
Are. 

'9- 

t aflau.rouc I 
le fecret du 
bon plaifirdu 
Pcre cp ma 
perfonncjco- 
bien que de 
!cur part ils 
n'y eutfcnt 

pas adi;ancé 
comme ils 
dciioyenr. 
•£■ Mm, 10. 
24. lue 6. 
«o. fut 13. 
16. 

11 uatth. 24, 

P fous 16.4. 
/' alfa, qui e fi 
lamienemef- 
me en voftrc 
bouche. 
^* SùH* 16. 

3- 

g afla.au prix 
ide ce qu ils 

om: fus 51.41, 



}1± 



Tfa.19. 
& 69 5. 
'-Sus j^iô. 

foin 26 .7. 

aif. comme 
de la premiè- 
re perfonne 
cie la fainfte 
Trinité , 8c 
11011 comme 
s'il ne proce 
doit du Filx 
auec le Père: 
mais le nom 
de Pe.e fe 
prend ici co 
me ci dciïus 

* *£&.&* 

h afu. entant 
que voftre 
miniitere 8c 
voftre con- 
lierfation fe- 
ra comme la 
voix Scia bou- 
che du S 
Efprir. 

, que vous 
Tie trouuiez 
eftrange (i 
au lieu cTe. 
rftre reco- 
nnus pour 
ideles ferui- 
teurs du Sei- 
gneur, on 
vous reiette 
comme di- 
gnes d'eftre 
excommu- 
nies & exter- 
minés. 
d voyez fus 
•g.n. 

M Sut 15.21 
•*• Mat. 9.15. 
marc 2.19. 
tue;. 14. 

• aflàu. pour 



Evangile 



tre n'a fàites,ils n'auroyét point de péché: mais main- 

tenant ils les ont veuës , & ont eu en haine & moi & 

mon Père. 

25 Mais c'eft afin que foit accomplie la parole qui eft 

eferite en leur Loy, difant, * Ils m'ont eu en haine fans 

caufe. 

z6 '-'Mais quand leConfoIateur fera venu, lequel ie 

vous enuoyerai de par mon Pere,^«o/>lEfpnt de 

vérité , qui procède a de mon Père , ceitui-là tefmoi- 

gnerademoi. 

27 * Et b vous aufsi en tefmoignerez : car vous elles 

*£ dés le commencement auec moi. 

C H A P. xvi. 

le fus Chrift fortifie & confolefes difiiples, les aduertijfant dit 
traitement qu'ils doiuet attendre des Iuifs me/mes, 8 dé- 
monstratif quelle fera l'efficace de S. Esprit en leur mini- 
stère , lequel il leur enuoyera de par le T ère, 1 6 & adio li- 
ftant pour la fin de fingulieres confo! diom , & promejjes 
pour les acéourager en {on l^om au combat de la foy. 

i TE vous ai dit ces chofes , afin que vous ne foyez 

JL point c feandalifés. 
z Ils vous châtieront hors des d fynagogues : mefme 
le temps vient que quiconque vous fera mourir, cui- 
dera faire feruice à Dieu. 

3 Et vous feront ces chofes, pourtant qu'ils n'ont co- 
gnu le Père ne moi. 

" Mais ie vous ai dit ces chofes,afin que quâd l'heu. 
re fera venue, il vous fouuiene que ie les vous ai dites 
toutesfois ie ne vous ai point dit ces chofes * dés le 
commencementjpource que e i'eftoye auec vous, 

Etmaintenant ie m'ënvai à celui qui m'a enuoyé. 
& perfonne de vous ne me demande , Où vas-tu ? 

Mais pource que ie vous ai dit ces chofes , triftefïè 
a rempli voftre cœur. 

Toutesfois ie vous, di la verité,il vous eit expédient 
que ie m'en aille : car fî ie ne m'en vai , le Confolateur 

vous fortifier 8c conlblerpar rnaprefence corporelle. 



SELON S. IEHAN. 



*7Î 



ne viendra point à vous:fe fi ie m'en vai,ie le vous 
enuoyerai. 

8 Et quand cefhri-là fera venu, il b conuaincra le 
monde de peché,de iulHce,& de iugcment. 

9 De peché.pource qu'ils « ne croyent point en moi. 
io De d iLiitice,pourcequeiem'envaiàmonPere,& 
ne me verrez plus. 

1 1 De iugement, pource que le c prince de ce monde 
ell li iugé. 

12 l'ai à vous dire encore f plufieurs chofes,mais 
vous ne le pouuez porter maintenant. 
\% * Mais quand ceftui-là fera venu, ^//wVl'Efprit 
de vérité, s i! vous conduira en toute vérité: car il ne 
parlera point de par foi-mefme :mais il dira tout ce 
qu'il aura ouï : &: h vous annoncera les chofes à 
venir. 

14 Ceftui-là me glorifiera: car il prendra du mien, & 
le vous annoncera. 

i f • Tout ce qu'a mon Pere,eft mien : pourtant ai-ie 
dit,qu'il prendra du mien,& le vous annoncera. 
i5 Vn petit de temps, & vous ne me verrez point : & 
derechef vn petit de temps, & vous me « verrez, carie 
m'en vai à mon Père. 

17 Dont que!ques-vns de Tes difciples diret entr'eux, 
Qu'eft-ce qu'il nous dit, Vn petite temps, & vous ne 
me verrez point: & derechef, Vn petit de temps, & 
vous me verrez ? &:,Car ie m'en vai à mon Père. 

18 Us difoyent donc, Qu'eft-ce qu'il dit, Vn petit de 
temps ? nous ne fauons qu'il dit, 

19 Et Iefus cognoiffant qu'ils le voulovent interro- 
guerjeur dit. Vous demandez entre vous touchant ce 
que i'ai dit , Vn petit de temps, & vous ne me ver 
rezplus, & derechef, Vn petit de temps , & vous me 
verrez. 

20 En verité,en vérité ie vous di, que vous pleurerez, 
& lamenterez , & le monde s'efîouira : voire que vous 
ferez contriftés,mais voitre triftefTe fera conuertie 
en ioye. 

f c. il vous rendra encore d'auantaçe capables des fecrets de ma vérité, & 
plus en plus profiter, h c. vous donnera mcfinerc'prir de prophétie pour cognoi 
Are l'eftat de l'Eglife prefent & 4 venir. » affau. par laconfblation fpirttucllc : ou, eu 
renuoy du fainA E-piic. 

— —S^- 



« a (Ta fuiuant 
l'ouïr nnance 
duPcrcqu'il 
foit emioyé 
par me re- 
tour vers lui. 
b c. mcitra 
tellement en 
aua?:t le droit 
de Dieu, que 
foit à obeif- 
ftnec ou i. 
rebeîlion : i! 
faudra que la 
vérité vienc 
au defiiis. 
r aff. n'y ayat 
t< utcsfo is au- 
cun moyen 
d'eftre delf- 
urc de péché, 
que par h foy 
en mon Nom. 
* Sut 14. 26, 
d aflàu. b 
vraye iuftice 
ne fê pouuanc 
attendre ni 
trouuer qu'en 
moi feuljeftae 
îeffufcité des 
morts, &re 
ceu eu 1a 
gloire du 
Pcrc. 

'■'Sous 17.10 
e c. pource 
que Satan 
s'en vaeftre 
condamné & 
defpofiTedé de 
la domination 
qu'il auoit 
vfurpec fur 
les créatures, 
voyez fus 
12:3 t. 

f aflau. qui fe 
rapporrer aux 
m cures 
poinftsdema 
vérité que ic 
voin ai dc- 
larce. 
h 0.0 v fera de 



-Il 



176 



V A W G I L E 



xi Quand la femme enfante, ellefcnt Tes douleurs, 

pource que fonterme eit venu: mais après qu'elle a 

fait vn petit enfant, il ne lui fouuient plus de l'angoif- 

fe,pour la ioye qu'elle a a qu'vne créature humaine 

eit née au monde. 

zz Vous donc aufsi auez maintenant trifteffe, mais 

ie vous verrai derechef, & vofhre cœur s'efïouira, &z 

perfonne ne vous oftera voitre ioye. 

23 Et en ce iour-là vous ne m'interroguerez de rien. 

* En verité,en vérité ie vous di, que toutes les chofes 

que vous demanderez au Père en mon Nom, il les 

€ a.Tnon co- vous donnera. 

fïfoit \lt k z * Iufquesàprefentvous n'auez b rien demandé en 
mon Nom : demandez, & vous receurez, afin que vo- 
itre ioye fait accomplie. 

25 le vous ai dit ces chofes par fimiîitudes:mais l'heu 
re vient que ie ne parlerai plusàvousparfimilitudes, 
mais ie vous parlerai ouuertement de mon Père. 
16 En ce iour-là vous demanderez en mon Nom , Se 
ie ne vous di point £ que ie prierai le Père pour vous, 

27 Car le Père lui-mefme vous aime, pource que 
vous m'auez aimé,& v auez creu que iefuishTude 
Dieu. 

28 le fuis iffu du pere,& fuis venu au monde:derechef 
ie deîaiffe le monde,& m'en vai au Père. 
x9 Ses difeipies lui difent, Voici,maintenant tu par- 
ies ouuertement,& ne dis nulle fimilitude. 

30 Maintenant fauons-nous que tu fais toutes cho- 
fes, & n'as befoin qu'aucun d t'interrogue : par cela 
croyons-nous que tu es iffu de Dieu. 

3 1 Iefus refponditjCroyez-vous maintenant ? 

32 * Voici l'heure vient, &elt ia venue que vous fe- 
rez efpars chacun à part foy,&medelai(Terez feul: 
mais ie ne fuis point feul , car le Père eir auec moi. 
3 3 le vous ai dit ces chofes , afin que vous ayez paix 
en moi : vous aurez angoiffe au mode , mais ayez bon 
courage, e i'ai vaincu le monde. 



« Gr. quVn 
homme. 
* Mxt. 7.7. 

& 21. 22. 

Piarc ir.24 
fus 14. 13.^ 
1 $.7.^.1. 5 

ZZ. 

h aif.au prix 
de ce que 
vous deuez,& 
cjûe vous fe- 
rez d'ici en 



nuis pour 
môftrer l'ac- 
cès qu il leur 
donnera à ce 
faire en fon 
Norrijcomme 
s'il n'eftoit 
befoin que 
Iui-met'mcs v 
cntreuinfhoîi 
j] veut dire 

3u'il interce- 
era pour fes 
fidèles dVne 
façon beau- 
coup plus ex- 
cellente en 
l'eftat de fa 
gloi:e,qu'il 
na fait en le 
ftat defonin- 
firmiu-. 
"-' Sous 17.8. 
* Mat.zô. 
3 I. MM/CI 4. 
27. 

d affàu. pour 
t'enfeigner: 
ou, comme 
pour te de- 
mander l'ex- 
pofition de 
ta dodtrine. 
« c i'ai ob- 
tenu la vi- 
ctoire contre 
le péché qui 
regne au 
monde r. 
iehon 5.4.7, 



C H A P. XVII. 



Je fut Chrift fe préparant au facrifice de la croix 3 par vne re- 
cognoijfance qu'il fait ait Tere de l'acquit de fa charge , re- 



SELON S. IEHAN. 



177 



qukrt qu'elle [oit accompagnée de la manifestation de Ça 
gloire pliant à faperfonne, &de la con fer nation des fiens 
quant au corps de l'Fgtife , pour amener tous les fidèles au 
me fine fa lut par la j r ah clip cation de lafoy. 

i T Efus dit ces chofes : puis efleuant fes yeux au 

A ciel , dit , Perc, * l'heure eft venue , glorifie ton 
Fils,afinqueton Fils te glorifie: 
z Comme 'tuluiasdonépuilTanceyrtr «toute chair, 
afin qu'il donne vie éternelle à tous ceux que tu lui as 
jdonnés. 

,3 Et cefte eft la vie éternelle , Qu'ils te cognoif- 
Jent b feul vrai Dieu, & celui que tu as enuoyé, c Ie- 
jfus Chrîft. 

le t'ai glorifié fur la terre. l'ai d paracheué l'œu- 
ure que tu m'as baillée à faire. 

Et maintenant e glorifie moi toi Père , enuers toi- 
mefme,dela gloire * laquelle i'aieuë par deuerstoi 
deuant que le monde fuir fait. 
6 l'ai manifefté f ton Nom aux hommes lefquels tu 
m'as donnés du monde : ils eftoyent tiens,& tu me les 
as donnés,& ils ont gardé ta parole. v 

Maintenant ilsonteognuque tout ce que tu m'as 
donné,eftdetoi. 

8 Carie leur ai donné les paroles que tu m'as don- 
nées, & ils les ont receuès: & ont vrayement co- 
gnu * que ie fuis ifTu de toi, & ont creu que tu m'as 
enuoyé. 

9 le prie pour eux :ie ne prie point s pour le monde, 
mais pour ceux lefquers tu m'as donnés : d'autant 
qu'ils font tiens 

10 Et "tout ce qui eft mien,eft tien, & ce qui eft tien, 
eft mien,& fuis glorifie en eux. 

11 Et maintenant ie ne fuis plus au monde, mais 
ceux-ci font au monde, &ievien à toi. PerefaindT:, 
garde-les en ton Nom , voire ceux que tu m'as dônés 
afin qu'ils foyent h vn,ainfi que nous. 

m Quandi'eftoye auec eux au monde , ie les gardoy 



*Susit.i;0 
Matthit. 
S. fus j.27. 

c. tonte 
perfonne de 
quelque na- 

on& condi- 
tion qu'elle 
foit. 

b aiïl no pour 
forclone le 
Fils on le S. 
Efprit , mais 
ayant cfgard à 
ce vjucle Pc- 
re eft l'origi- 
ne & corne la 
fource de la 
Dcité. 

c alfa, entant 
qu'il eft le 
Médiateur Se 
Rédempteur 
promis. 
d c'eft corne 
pour repre- 
fenrer ion 
minifteie du 
tout accopli. 
* Sus 1.2. 
e c. faiqueie 
foye recognu 
en la pleine 
gloire de ton 
vrai Fils, au 
regard meflac 
de ma nature 
humaine. 
/ afT.tomede 
celui qui eft 
mon Pcre , 8c 
duquel iefuis 
le Fils. 

*S«J 16. 2J. 
g c. pour les 
hommes qui 
permirent en 
infidélité. 
8 Sus 16.x r. 
h afT. par vnc 
faincte vnion 
fpirituclle. 
Sout 18.9. 



en ton Nom : i'ai gardé ceux que tu m'as donnés, * & eft c ' d c c ft" n ? u ] 

dirion pat 

iufte iuge 

S iij 



pas vn d'eux n'eft peri,fînon ; le Fils de perdition, afin! perdirion par 

ment de Dieu fur d propre malice. 



-s 



V A N G I L E 



« aff*. entant 
que ie les en 
ai retires par 
le don de h 



eurs pèches 
& les ayant 
artirc à mon 
amour. 

* ou, du ma- 
lin. 

c. fai a tte 
croyans a la 
vérité , ils re- 
çoivent pat 
icellelelprit 
deîandihca- 
tion- 

d c. eft la 
vraye doirri- 
ne de falut, 
par laquelle 
les hommes 
fort renou- 
uellcs. 

affau.pour 
publier ta vé- 
rité en ma 
perfon.ne. 

Sus i-.?8 
& i4-tr. 
/ afiau. au fâ 
crihee de h 
croix que ie 
te ren en ma 
nanirc hu 
mair.e , en la- 
quelle feront 
anftifiés tous 
les e/leus. 

* Sus 1 o. i o 
g afia. d'eftre 
vnis & fancti 
fiés en mov, 
& dertre en- 
fans de Dieu 
par la foy qui 
eft en moy. 
%Sus it.z6 
& J4 3. 



P/Tiop.3.|que * l'Efcriture fuit accomplie. 

13 Et maintenant ie vieil à toi , & di ces chofes eftant 
encores au monde : afin qu'ils ayent ma ioye accomplie 
en eux-mefmes. 

14 Te leur ai donné ta parole, & le monde les a eus en ! 
haine, pource qu'ils a ne font point du monde: com- 
me aufsi ne fuis-ie point du monde 

fo y ,&enieur 15 le ne prie point que tu les oftes du monde, mais 
quetulesgardes b demal. 

16 Ils ne font point du monde, comme aufsi ne fuis- 
ie point du monde. 

1 7 c Sanctifie-les par ta vérité : ta parole eft d vérité. 

1 8 Comme tu m'as enuoyé au monde , ainfî aufsi les 
ai-ie e enuoyés au monde. 

19 Etpouriceuxme f fanclifie-ie moi-mefme, afin 
qu'eux aufsi foyent fandtifiés en vérité. 

20 Or ne prie-ie point feulement pour eux, mais aufsi 
pour ceux qui croiront en moi par leur parole. 

21 v Afin que tous foyent vn, ainfî que toi Père es en 
moi, 3c moi en toi, afin qu'eux aufsi foyer vn en nous: 
à ce que le monde croye que c'eit toi qui m'as en- 
uoyé. 

22 Et moi aufsi ie leur ai donné s la gloire, que tu 
m'as donnée: afin qu'ils* foyent vn , * comme nous 
fommes vn. 

23 Te fuis en eux,& toi en moi,afin qu'ils foyent con- ! 
fommés en vn,& que le monde cognoifîe que c'eilj 
toi qui m'as enuoyé , & que tu les aimes , ainfî que tu 1 
m'as aimé. 

24 Père, î mon defir eft touchant ceux lefquels tul 
m'as donnés, que là où ie fuis,ils foy et aufsi auec moi:i 
afin qu'ils contemplent ma gloire laquelle tu m'as 
donnée : d'autant que tu m'as aimé deuant la fonda- 
tion du monde. 

2 5 Père iufte, le monde ne t'a point cognu,mais moi, 
iet'aicognu, & ceux-ci onteognu que c'eit toi qui 
m'as enuoyé. 

16 Etieleuraifaitcognoiftretonnom,&leleur fe- 
rai cognoiftre, afin que l'amour duquel tu m'as aimé, 
foit en eiiXjSc moi en eux. 






SËLÔS $. IÈHAN. 



2 7? 



C H A P. XV 1 1 r. 

le Seigneur s*cflant verni rendre au iardin, 3 y cfl faifi pri- 
Jonaier par la conduite de ludas le traislre, 1 3 e H mené 
deuant Caipbfj 19 par lequel eflant imerrogué, il redar- , 
^uc tbypocrifie d'iiclui: 22 dont il en cfl outragé à l'in- 
flant par vn des jergeans, 28 &delarenduà r Pilate i qui 
ne le veut condamner à l'appétit des gouuerneurs, 3 7 ains 
au contraire fur quelques interrogats 3 le trouuant fans au- 
cune charge y ne demande qu'à le deliurer. 17 & z$ La. 
cbeutedeTierre. 

* A Près que le fus eut dit ces chofes, il s'en alla 
l\ outre le torrent de Cedron , où il y auoit vn 
iardin,auquel il entra lui & Tes difciples. 
a Or ludas qui le trahifToit,fauoit aufsi le lieu: car Ie- 
fus s'eftoit là fouuent aflemblé auec fes difciples. 

** ludas donc ayant prins vne bande de foldats,Sc des 
fergeans, de par les principaux Sacrificateurs & de 
par les Pharifiens, s'en vint là auec lanternes,& falots, 
& armes. 

Or Iefus fâchant toutes les chofes qui lui deuoyent 
aduenir,s'aduancant leur dit, Qui cerchez-vous ? 
5 Ils lui refponcfirent , Iefus le Nazarien. Iefus leur 
dit, Ce fuis-ie. Et ludas qui le trahifloiteltoit aufsi 
auec eux. 

Apres donc qu'il leur eut dit,Ce fuis-ie , ils s'en al- 
lèrent à la renuerfe,& cheurent par terre. 

Derechef donc il les interrogua , Qm cerchez- 
vous ? Et ils reJpondkcnt } lt(us le Nazarien. 
8 Iefus refpondit,Ie vous ai dit que ce fuis-ie: fi donc 
vous me cerchez, laifîcz aller ceux-ci. 

C'esloit afin que la parole qu'il auoit dite , fuit accô- 
plie, * le n'ai perdu pas vn de ceux que tu m'as dônés 

10 * Or Simon Pierre ayant vne e(pee,Ia tira, &fra- 
pa le feruiteurdufouuerain Sacrificateur, & lui cou- 
pa l'oreille droite , & ce feruiteur auoit nom Mal- 
chus. 

1 1 Iefus donc dit à Pierre, Remets ton efpee au four 
reau : ne boirai-ie pas la coupe que le Père m'a dônee? 

1 2 Lors la bande , & le capitaine , & les fergeans des 
Iuifs empoignèrent Iefus, & le lièrent. 

: S iiij 



%6. marc 14. 

îi.Luc 22. 
39- 



Matt. 16, 
47 marc. 
14.43. 
lue 22. 47. 



* Sw 17. 
12. 

* M*tt.*6. 
51. marc 14, 
47./HC 22. 
50. 



« foit qu'il 
fuft loge auc< 
ou près de 
Caiphe,oii, 
"lautant qu'il 
tenoit quel- 
que degré 
dauthorité 
en ce qu'il 
cftoit lebeau- 
pere de Cai- 
phe. 

* Luc 3.2. 
'-' Sus n.49 
** Mai. 26. 
$St. mire 14 
54. lue XI. 

J 4 * »J 

A ou , en h 

cour. 

■fc M.if. 16. 

69. rnarc 1 4 

66. lue x 1. 

5>- 

afifa. comme 
difsimular.t 
la caufe pou 
laquelle il 
s'eftoir venu 
rendre h. 



A a(T. comme 
û tu n'en 
pouuois rien 
fauoiriufques 
ici. 



« Mat 16. 
71 .m arc 14 
€9. lue XI. 



280 



V A N G I L B 



13 Et l'emmenèrent premièrement a a * Anne: car il 
eftoit beau-pere de Caiphe,qui eftoit le fouuerain Sa- 
crificateur de cei\c annee-là. 

14 Or • Caiphe eftoit celui qui auoit donné confeil 
aux Iuifs,qu'il eftoit expédient qu'vn homme mouruft 
pour le peuple. 

15 * Or Simon Pierre auecvn autre difciple fuiuoit 
Iefus, & ce difciple eftoit cognu du fouuerain Sacrifi- 
cateur : parquoi il entra auec Iefus en b la falle du fou- 
uerain Sacrificateur. 

\6 * Mais Pierre eftoit dehors à la porte. L'autre 
difciple donc qui eitoit coçnu du fouuerain Sacrifi- 
cateur,fortit dehors , & parîa à la portière , laquelle fit 
entrer Pierre. 

1 7 La chambrière donc , qui eftoit la portière , dit à 
Pierre, N'es-tu point aufsi des difciples de ceft hom- 
me ? Icelui dit,Ie ne le fuis point. 

18 Etlesferuiteurs &fergeans ayansfait du brafier 
eftoyent 1 à,pource qu'il faifoit froid, & fe chauffoy et. 
Pierre aufsi eitoit auec eux,& c fe chautToit. 

tjp Le fouuerain Sacrificateur donc interrogua Iefus 
touchant fes difciples,& touchant fa doctrine. 

20 Iefus lui refpondit, l'ai ouuertement parlé au mo- 
de, i'ai toufiours enfeigné en la fynagogue, & au tem- 
ple , où les luifs s'affemblent toufiours,& n'ai rien dit 
en cachette. 

21 Pourquoi 4 nVinterrogues-tu ? interrogue ceux 
qui ont ouï que c J eft que ie leur ai dit : Voila , ceux-là 
fauent ce que i'ai dit. 

22 Quand il eut dit ceschofes,vndes fergeans qui 
eftoit prefent, bailla vn coup de fa verge à Iefus, di- 
fant,Eft-ce ainfi que tu refpons au fouuerain Sacri- 
ficateur ? 

23 Iefus lui refpôdit, Si i'ai mal parîé,ren tefmoigna- 
ge du mal : 8c fi i'ai bien ^pourquoi me frapes-tu ? 

24 Or Anne i'auoit enuoyé lie àCaiphe fouuerain 
Sacrificateur. 

25 " Et Simon Pierre eftoit là,&fe chauffoitradonc 
ils lui direntjN'es-tu pas aufsi de fes difciples ? Lui le 
nia,&dit,Ien'en fuis point, 

%6 et vn des feruiteurs du fouuerain Sacrificateur,pa- 



SELON S. IEHAN. 



zSï 



rent à celui à qui Pierre auoit coupé l'oreille, dit, Ne 
t'ai-ie pas veu au iardin auec lui? 

27 Pierre donc le nia derechef, & incontinent le coq 
chanta. 

28 * Puis après ils menerét Iefus de Caiphe * au Pre- 
toireroï c'eiroit au matin, & n'entrèrent point au pré- 
toire de peur qu'ils b ne fuflènt fouilles : mais afin 
qu'ils peuflfent manger r l'agneau de Pafque. 
1.9 Pilate donc fortit vers eux , Se dit, Quelle aceufa- 
tion apportez-vous contre celrhomme-ici? 
30 Ils refpondirent, & lui dirent, Si ceftui-ci n'eftoit 
malfaiteur, nous ne le t'eufsions pas liuré. 
3 1 Adôc Pilate leur dit , d Prenez-le vous,& le iugez 
félon voftre Loy. Adoc les Iuifs lui dirent, c II ne nous 
eir point Joifible de mettre aucun à mort. 
3.2 Ht ce fut x afin que la parole de Iefus fuftaccom 
pliejaquelle il auoit dite , fîgnifiant f de quelle mort il 
deuoit mourir. 

x 3 t Pilate donc entra derechef au Pretoire,& appe- 
la Iefus,& lui dit, Es-tu le Roy des Iuifs? 
3 4 Iefus lui refpondit,Dis-tu ceci de par toi-mefme, 
ou fi les autres le t'ont dit de moi? 
3 5 Pilate refpondit, Suis-ie IuifPta nation &les prin- 
cipaux Sacrificateurs t'ont liuré à moi : qu'as tu fait? 
$6 Iefus refpondit, " Mon règne n'eft point de ce mo- 
de : fi mon règne eltoit de ce monde mes gens comba- 
troyent que ie ne fuffe liuré aux Iuifs:mais maintenât 
mon règne n'eft point d'ici bas. 
3 7 Lors Pilate lui dit, Es-tu donc Roy? Iefus refpon- 
dit , Tu le dis que ie fuis Roy: ie fuis né pour cela, & 
pour cela fuis venuaumonae, à ce queie rende tef- 
moignagesàla vérité. Quiconque eir de vérité, oit 
ma voix. 

3 8 Pilate lui dit, Qu'eft-ce que venté?Et quand il eut 
"dit cela,il fortit derechef vers les Iuifs , & leur dit ;Ie 
ne trouue aucun crime en lui. 

39 * Or auez-vous vne couftume que ie vous en de 
liure vn à la felre de Pafque:voulez-vous donc ie vous 
deliure le Roy des Iuifs? 

40 * Alors tous derechef s'eferierent , difans , Non 

X aC Touchant l€ vray Royaume de Dicu,qui cft le 



*. âflâ.an T'cu I 
de la refiden- 
cc du G*ou« 
îemcurpour 
y administres 
iiifticc. 

* Ma/. 27.2, 
marc 15.1. 
lue 25.1. 

\s48.io. 
28 & n. j. 
b afl'.comme 
fî l'encrée en 
lamailônd'vn. 
Pavcn les ' 
euft rendu* 
fouillés &: in- 
capables de 
célébrer la 
fefte le len- 
demain. 
*Mat. 2 o. 
io./«j 12.22. 

îi.warciç, 

i.luc 2 2,.?. 

c Gr. la PaT- 
que. 

d non qu'il 
l'entedeainfî, 
mais par vn 
dcfdain,pour 
leur repro- 
cher leur 
mpudence, 
de s'adreïïer 
à lui pour lut 
faire conda- 
ner à leur ap- 
pétit vn in- 
nocent. 

* 1. Tim.6. 

t comme s'il 
euflentdit, 
L'authorité 
dexecuter 
nous eft o- 
ftee. 

*Matt. 27. 
\^.mxrt\%. 
à.litc 23.17. 
#.^#.$.14 
f afîà. par la 
condamnât» 
d'vn iuge 
feifi Royaume ie 



Payen,&enlacroix. 
vérité. 



28l 



Evangile 



lé.marc 15. 
«5- 



aff. lefou- 
uerain Sacri 
fîcateur , qui 
eftconuain 
eu quant à lui 
de ma vérité 
plus auât que 
tune peuxe 
rtre de ta 
part. 



pas ceitui-ci,mais Barrabbas.OrBarrabbaseftoitvn 
brigand. 

C H A P. XIX. 

Jefws Qorift après auoir pafsé par toute ignominie & cruauté ', 
1 6 enfin eft abandonné par Tilate à la mort de la croix, 
\9 pour s'eflre aduoué le Roy des Juifs. 23 Ses habille- 
mens partis entre les foldats: 16 lui de la croix pouruoit 
à fa mère : 3 o rend l'ejprit ayant accompli toutes ebofes : 
34 le cofté lui eft percé après fa mort: 38 il e(l honora- 
blement enfeuelipar Jofeph d'^irimathee & Nicodeme. 

I A Lors* donc Pilate print Iefus, & le fouetta. 
l\ z Et les gendarmes plièrent vne courône d'ef- 

pines qu'ils mirent fur fa telle , & le veitirent d'vn vé- 
hément de pourpre. 

3 Et difoyent, Roy des Iuifs , bien te foit.Et lui don- 
noyent des coups de leurs verges. 

4 Ce fait , Pilate fortit derechef dehors,& leur dit, 
Voici,ie le vous amenedehors,afin que vous cognoif- 
fiez que ie ne trouue aucun crime en lui. 

Iefus donc fortit hors portant la couronne d'efpi- 
nes,& le vertement de pourpre: & Pilate leur dit,Voi- 
ci l'homme. 

6 Mais quâd les principaux Sacrificateurs & les fer- 
geans le virent^ils s'efcrierent 3 difans,Crucifie,cruci- 
fie. Pilate leur dit,Prenez-le vous-mefmes , Se le cru- 
cifiezrcar ie ne trouue point de crime en lui. 

7 Les Iuifs lui refpondirent, Nous auons vne Loy, & 
félon noflreLoy il doit mourir: car il s'eft fait fils de 
Dieu. 

8 Quand donc Pilate eut ouï celte parole, il crain- 
gnirpîus fort. 

9 Et entra derechef au Prétoire , & dit à Iefus , D'où 
es-tu?Et Iefus ne lui donna point de refponfe. 

10 * Adonc Pilate lui dit , Ne parles-tu point à moi?ne 
fais-tu pas que i'ai puifïance dete crucirier,& puilTan- 
ce de te deliurer? 

I I Iefus refpondit,Tu Maurois puifTancequelcôque 
fur moi^s'il ne t'eftoit donné d'enhautipour celle cau- 
ie a celuiqui m'a Hure a toi , a plus grand péché. 
1 2 Depuis cela Pilate tafehoit à le deliurer : mais les 



SELON S. IEH AN. 



2$$ 



lu ifs crioyent, difans,SitudeIiuresceituï-c!, tu n'es 
point ami de Cefàrxai quiconque fe faitRoy,contre 
dit à Cefar. 

1 3 Et quand Pilate eut ouï celle parole , il amena Ie- 
fus dehors, cx r s'afsit au fiegeiudicial , au lieu appelé 
Pauement,cV: en Hebrieu Gabbarha. 

14 Or elloit-il/ar* la préparation dePafqueenuiron 
fïx heures,& Pilate dit aux Iuifs, Voici voilre Roy. 

15 Mais ils crioyentjOltejOlte^rucifie-le. Pilate leur 
dit, Crucifierai-ie voilre Roy.Les principaux Sacrifi- 
cateurs reipondirent,Nous n'auons point de Roy fïnô 
Cefar. 

16 Parquoi lors il le leur liura pour eltre crucifié.*lls 
prindrent donc Iefus,& l'emmenèrent. 

1 7 Et icclui a portant fa croix , vint en la place qu'on 
appelle laplace du Telt, &: en Hebrieu Golgotha. 

1 8 Où ils le crucifierent,& auec lui deux autres, l'vn 
deca,& l'autre de là,& Iefus au milieu. 

19 Or Pilate efcriuit vn efcriteau , & le mit fur la 
croix: où ilyauoiten efcrit, Iesvs naz arien 

LE ROÏ DES IVIFS. 

20 Plusieurs dôc des Iuifs leurent ceit efcriteau:d'au- 
tant que le lieu où Iefus eltoit crucifié eltoit près de la 
ville : & eltoit efcrit en Hebrieu , en Grec, & en 
Latiu. 

21 Parquoi les principaux Sacrificateurs des Iuifs 
dirent à Pilate, N'efcripoint,Le Roy des Iuifs: mais, 
Que celtui-ci a dit,Ie fuis le Roy des Iuifs. 

22 Pilate refpondit,Ce que i'ai efcrit,ie l'ai efcrit. 

23 '•' Or quand les gendarmes eurét crucifié Iefus,ils 
prindrent fes veltemens , & en firent quatre parties, à 
chacun gendarme vne partie : ils prindrent aufsi le faye: 
mais le faye eltoit fans couilure, tifïu depuis le haut 
toutaulon^. 

24 Dont iîs dirent entr'eux, Ne le mettons point en 
pieces,mais iettôs le fort delTus, à qui il fera. Et f£,afin 
que l'Efcriture fuit accpmplie,difant,* Ils ont parti 
mes veltemens entr'eux , &ont ietté le fort fur mon 
habillement. Les gendarmes donc firent ces cho- 
fes. 5 

2 $ Or eftoyent 1 à près de la croix de Iefus, fa mere,& 



3 T.niArç 1 j, 
11. lue il. 

26. 

« c.' l'ayant 
commencé 1 
porter fcul,âc 
puis eftant 
aidé à la por- 
ter par Sim» 
Cyrenien. 
voyez Marc 
IS-il. 



■' Matt.i-j. 

24. lue 2}. 
34- 



P/Tlî.io. 



T 



V A N G I L E 



t affa. tou 
chant fon o- 
beiflance & 
fes fou.fFran- 
cc$. 

* Pf. 6 9 .ti. 
"Mat. 17.2$ 
« affa d\ne 
branche de 
quelque bois 
aduenanc à 
cela. 

» c. tout ce 
quieft efcrit 
de moi,eftac- 
eompli : ou, 
tourlemyfte- 
re de h ré- 
demption 
e aff. comme 
laiflTant volô- 
tairemeat ù 
vie: Sus 10. 
38. 

/ afiau. pour 
hafter leur 
mort. 



- ou,(fiïïe)de ] a f œ ur de fa meré; Marie * femme de CIëop*âsT8c Mâ^ 
rie Magdeleine. 

*6 Et Iefus voyant fa mere,& le difcipîe qu'il aimoit, 
eftrelà, dit à fa mère, Femme,voila ton fils. 

27 Puis il dit au difcipîe, Voila ta mère. Et dés cefte 
heure-là le difcipîe la receut chez foi. 

28 Puis après Iefus fâchant que b toutes chofes e- 
ftoyent ia accomplies,afin que l'Efcriture fuit accom- 
plie, dit , * l'ai foif. 

19 Et là eftoit mis vn vaiflèau plein de vinaigre.'' I- 
ceuxdonc emplirent de vinaigre vneefponge, & la 
mirent à l'entour c de l'hyfTope, & la lui prefenterent à 
la bouche. 

30 Et quand Iefus eut prins le vinaigre, il dit, d Tout 
eft accompli. Et ayant e baillé la telle, il rendit l'e- 
fprit. 

3 1 Adonc les Iuifs , afin que les corps ne demeuraf- 
fent point en croix au iour du Sabbat.-pource que lors 
eftoit le iour de la préparation : ( car c'eitoit le grand 
iour de ce Sabbat-là ) prièrent Pilate qu'on leur rom- 
pift f les iambes,& qu'on les oftaft. 

32 Les gendarmes donc vindrent,& rompirent les 
iambes du premier, & de l'autre qui eftoit crucifié a- 
ueclûi. 

3 3 Mais quand ils vindrent à Iefus , & virent qu'il e- 
ftoit défia moit , il ne lui rompirent point les iambes. 

34 Ains l'vn des gendarmes lui perça le cofté auec v- 
ne lance, * & incontinent il en fortit fang & eau. 
3 ? Et s celui qui l'aveu , l'a tefmoigné , &fon tefrnoi- 
gnage eft h digne de foy : & ceftui-là fait qu'il dit vrai: 
afin que vous le croyiez. 

35 Car ces chofes fontaduenues afin que l'efcriture 
ruft accomplie,* Pas vn osd'icelui ne fera carié. 

37 Etencores vne autre Efcriture dit, " Ils verront 
celui qu'ils ont percé. 

38 * Or après ces chofes Iofeph d'Arimathee (qui e- 
ftoit difcipîe de Iefus , fecret toutesfois, *pour la 
crainte des Iuifs) pria Pilate qu'il lui permiftd'ofter le 
corps de Iefus :& Pilate le lui permit. Il vint donc, & 
print le corps de Iefus. 
$9 Nicodeme aufsi-, * celui qui eftoit premièrement 



6. 

ÎafT. S. Telian 
ui-mefme , 
qui afsifia à 

tOllt. 

* Gr. vérita- 
ble. 

^Sxod.ti. 
46. nomb. 7. 
11. 

*Zacb. 12. 
10. 
"*• Mtf.27. 

42. lue 23. 

50. 

SHmj 1242. 



SELON S. IEHAN. 



t«C 



venu de nuict à Iefus,y vint apportant vne mixtion de 
myrrhe & d'aloës,enuiron cent Hures. 

40 Lors ils prindrentle corps de Iefus, & lebanderét 
de linges auec fenteurs aromatiques, comme eft la 
couftume des Iuifs d'enfepulturer. 

41 Or y auoit il au lieu , où il fut crucifié, vn iardin, 
&au iardin vn fepulcre neuf, auquel perlbnne n'auoit 
encore elle mis. 
42, Ils mirent donclàIefus,à czufeduiour de la pré- 
paration des Iuifs , pource que le fepulcre eftoit près 

C H a p. xx. 

la refurreclion de le fut Çkrifi manifeflee premièrement à 
Marie Magdeleine , & à Tierre & Jehan , par ce qu'ils 
trouvent le dedans du fepulcre vuide: 1 4 puis le Seigneur 
apparoifl lui-mefmcs à icelle , 19 &en après aux dix en- 
femble, z6 & vn autre fois aux on%e, z? reprochant à 
Thomas [on incrédulité , qui la repare par vnjainftecon 
fefsion, 

1 >^v R* le premier iourde lafemaine Marie Mag- 
\J deleine vint le matin au fepulcre comme en 

core il faifoit obfcur : & void que la pierre eftoit oftee 

du fepulcre. 

2. Adonc elle court,& vient à Simon Pierre,& à l'au 

tre difciple que Iefus aimoit , & leur dit , On a enleué 

le Seigneur du fepulcre, & ne fauons où on Ta mis. 

3 Lors Pierre fe partit, & l'autre difciple, & s'en vin 
drent au fepulcre. 

4 Et couroyent eux deux enfemblejmais l'autre difci- 
ple co'uroit plus vifte que Pierre,& vint le premier au 
fepulcre. 

5 Et s'elhnt baifle , il vid bien les linges mis à cofté: 
toutesfois il n'y entra point. 

6 Adonc Simon Pierre vient le fuiuant, & entra au 
fepulcre, & vid les linges mis à cofté. 

7 Et le couurechef qui auoit efté fur fa tefte,no point 
mis auec les linges, mais a enueloppé en vn lieu à 
part. 

8 Adonc aufsi y entra l'autre difciple qui eftoit venu 
le premier au fepulcre,& le vid,&creur.* 

9 Car ils ne s fauoyentpoint encore l'Efcriture, qu'il 
faloit qu'il refTufcitaft des morts. 



*Marc. itf. 
1. foc 24.1. 



* ou, plie. 



c. n enteit« 
doyeiu pas ' 
encore 1 Et 
ctiturc 






l$6 



tvANGUE 



*Mait. 48. I0 Les difciples donc s'en allèrent derechef chef eux. 

x.marci6. 5 „ * Mais Marie fe tenoitpres le fepulcre dehors en 
pleurant: comme donc elle pleuroit, elle fe baiffa de- 
dans le fepulcre. 

12 Et vid deux Anges vertus de blanc , afsis l'vn à la 
telle , & l'autre aux pieds là oùgiloit au parauant le 
corps de Iefus. 

13 Et ils lui dirent,Femme, pourquoi pleures-tu?EIÎe 
leur dit,Pource qu'on a enleué mon Seigneur,& ie ne 

«' c?cftd^i? &i °û on Ta mis. 

tant qu'il h 14 Et ''(quand elle eut dit cela,, fe retournant en arrie- 
ftownct de \ re e ^ e v ^ Iefus °i u i eftoit là:& ne fauoit point que c'e- 
itoit Iefus. 

1 Ç Iefus lui dit,Femme pourquoi pleures-tuf-EHe pé- 
fant que ce fut le jardinier , lui dit, Seigneur, il tu Tas 
emporté,di moi où tu l'as mis, & ie l'oiterai. 
\6 Iefus lui dit, Marie. Icelle s'elhnt retournée, lui 
dit, Rabboni, qui elt à dire Maiftre. 

1 7 Iefus lui dit, a Ne me touche point : car ie ne fuis 
point encore monté à mon Pere:mais va à mes frères, 
& leur di , le monte à mon b Père, & à voftre Père , & 
à mon Dieu,& à voftre Dieu. 

18 Marie Magdeleine vint annonçant aux difciples 
qu'elle auoit veu le Seigneur, & qu'il lui auoit dit ces 
chofes. 

19 * Et quand fut venu le foir de ce iour-là qui eftoit 
le premier delafemaine,&'queles portes du lieu où 
les difciples eftoyent aflemblés pour la crainte qu'ils 

cïftpo«r q dï auoyent des Iuifs, eftoyent fermées, Iefus vint , & fut 
au milieu d'eux, & leur dit, Paix vous foit. 

20 Et quand il leur eut dit cela, il leur monftrafes 
mains &: fon collé, adonc les difciples s'efîouirent, 
quand ils eurent veu le Seigneur. 

21 Et il leur dit dereche(,Paix vous foit,comme mon 
Père m'a enuoyé, * ainfî aufsi ie vous enuove. 

22 Et quâd il eut dit cela, il fouffla fur eux,& leur dit, 
Receuez le fain&Efprit. 

2,3 " A quiconque vous pardonnerez les péchés , ils 
feront pardonnés:& à quiconquevous les retiendrez, 
ils feront retenus. 
24 Or Thomas l'vrrdes douze, c appelé Didyme, n'e 



*Matt.rt. 



prefencecor 
porelle, poui 
la difpoier 
le recognoi- 
ftretanr plus 
Ipirituelle 
ment: oul>i< 
il a voulu di 
rc qu'il ne 
lés Jaiflfoït 
pas encor , & 
qu'ils le 
pourroyent 
encore voir, 
54 Marc 1 6. 
7 4. lue 24. 
26.1. cor. 15, 

5- 

i il nomme 
tellement 
Dieu tkfnn 
perç&fon 
Dieu 



ftinguer en 
tre ce qu'il 
cft premiè- 
rement au 
Fils , & puis 
ce quil eft 
aux fans 
pour . l'amour 
du Fils. 
*M«,2 8 
19, marc. 16. 

»Mw.i5. 
19.^ 18.18 
e voyez fus 
16.11. 



SELON S. IEHAN. 1$? 

ffolt point auec eux quand lelus vint. 
z ■) Parquoi les autres difciples lui dirent, Nous auos 
VCU Le Seigneur.Mtis il leur dit , Si ie ne voi les enfei- 
gnes des cloux en le*- mains, & fi ie ne mets mô doigt 
fa où dtoyêt les cloux, & fi ie ne mets ma main en l'on 
ccrc-Jc ne le croirai point. 

< Er huit iours ipres Tes difciples derechef cftoyent 
la (k dans, &: Thomas auec eux. /.o;-* Iefus vint,les por- 
tes etbns fermees,& fut là au milieu d'eux,& leur dit, 
Paix vousloit. 

27 Puis i! dit à Thomas, Mets ton doigt ici, & regar- 
de mes mains: auance aufsi ta main,cV la mets en mon 
coiK-:& ne fois point ii>credule,ains fidèle. 

Thom 's lui dit,Mon Seigneur,& mon Dieu. 

29 Iefus lui dit, Pource que tu m'as veu , Thomas, tu 
as creu:* bien-heureux font ceux qui n'ont point veu, 
&ontcreu. 

30 T-jfus fit aufsi plufîeurs autres fignes en la prefen- 
ce de fes difciples , lefquels ne font point efcrits en ce 
liure. « 

3 1 Mais ces chofes font efcr'tes , afin que vous 
croyiez que Iefus eft le Chrift,!e Fils de Dieu,&: qu'en 
croyant vous ayez vie par Ion Nom. 

C H A p. xxi. 

La troisième manifestation du Seigneur à fes ^poftres après fà 
refurreclion: 15 l'examen de V hrre, auec le refiablijjemet 
d'i celui ù paifirc les brebis de Je [us Q)ri$ : 1 8 & Caduer- 
tif\ ornent de [afin violente , mais tant plus heur eufe pour la 
gloire du Seigneur. 

1 A Près cela Iefus fe manifefta derechef près la 

l\ mer de Tiberias, & fe manifeita ainfi: 
i Simon Pierre, & Thomas, appelé Didyme, oVNa 
thanael, quielfoitde Cana de Galilée , & les fils de 
Zebedee . & deux autres de fes difciples eftoyent en- 
fembie. 

3 Simon Pierre leur dit, le m'en a vaipefcher, ils lui 
oifent,Nous y allons aufsi auec roi.Ils partirent, & 
montèrent incontinent en la naiTalle& neprind 
lien en celte nuic1:-Ià. 

4 Mais le matin venu , Iefus fe urouua à la riue ; tou- 



*i.7>*V.r.3. 
Sousi 1.25 



* atf! comme 
n'cfUm in- 
cenuenienc 
[lt de ce faire 
fans oublier 
pourtant leur 



VANGILE 



tesfois les difciples ne cognurent point que c'eitoit 
Iefus. 

5 Iefus donc leur dit, Enfans, auez-vous quelque 
petitpoifTon à manger?ils luirefpondirent,Non. 

6 Et il leur dit,Iettez le filé à coité droit de h narTelle, 

6 vous en trouuerez.Ils le ietterét donc,& ne le pou- 
uoyent plus tirer pour la multitude des poirTons. 

7 Parquoiledifciple quelefusaimoit , dit à Pierre, 
C'eit ie Seigneur.Quand donc Simon Pierre eut ouï, 
que c'eftoit le Seigneur , il fe ceignit de fa iuppe, 
(pource qu'il eltoit nud)& fe letta en la mer. 

8 Et les autres difciples vindrentenlanaflêîle^car 
ils n'eltoyent pas loin de terre, mais feulement enuiron 
deux cens coudees)trainans le filé des poiflbns. 
P Or quand ils furent defcendus en terre , ils virent 
de la braife mife, & du poifïbn mis deflus,& du pain, 
io Iefus leur dit, Apportez des poifTons que vous a- 
uez maintenant pris. 

ii Simon Pierre monta & tira le filé, plein de cent 
cinquante trois grands poi(Tons:& combien qu'il y en 
euft tant,le filé ne fuit point rompu. 
iz Iefus leur dit, Venez édifiiez. Et nul de fes difci- 
ples ne l'ofoit interroguer, Qui es turlachans que c'e- 
ftoit le Seigneur. 

1 3 Iefus donc vient, & prend du pain,& leur en bail- 
le:& du poifïbn femblablement. 

14 Ce fut défia la troifieme fois que Iefus fe manife- 
fta à fes difciples,apres élire reffufcité des morts. 

if Or après qu'il eurent difné, Iefus dit a Simô Pier- 
re, Simon fils de Iona, m'aimes-tu plus que ne font 
ceux-ci?lllui refpo??àix, Ouïvrayement, Seigneur: tu 
fais que ie t'aime. Il lui dit, Pais mes aigneaux. 

16 II lui dit encores derechef, Simon fils de Iona, 
m'aimes-tu?Il lui ^0»dit,Ouï vrayement, Seigneur 
tu fais que ie t'aime. Il lui dit, Pais mes brebis. 

17 II lui dit pour la troifieme fois , Simon)?/* de Iona, 
m'aimes-tu? Pierre fut contrifté de ce qu'il luiauoit 
ditpourla troifieme fois , M'aimes-tu? Parquoiillui 
refpondk, Seigneur, tu fais toutes chofes, tu fais que ie 
t'aime. Iefus lui dit, Pais mes brebis. 

1 8 En Yerité , en vérité ie te di , quand tu eftois plus 
— ;__^ ieune,. 



SELON S. IEHAN. 



iZ? 



ieune,tu te ceignois,& alloisoù tu voulois:mais quad 
tu feras ancien , tu eitendras tes mains , & vn autre te 
ceindra,^' te mènera J où tu ne voudras pas. 

19 Et* celadit-il lignifiant de quelle mort il deuoit 
b glorifier Dieu. Quand il eut dit cela, il lui dit, Sui 
moi. 

20 Et Pierre fe retournant vid le difciple que Tefus ai- 
moit,qui fuiuoit: v Lequel aufsi s'efloit encline aufou- 
per lur l'eftomach di celui, & auoit dit , Seigneur qui 
eft celui à qui il doit aduenir de te trahir? 
zi Quand donc Pierre le vid,il dit à Iefus, Seigneur, 
Et c celtui-ci,quoi? 

21 Iefus lui dit, Si ievueil qu'il demeure iufqu'à tant 
queieviene, qu'en as-tu à faire? toi,fui-moi. 
2 3 Or celte parole courut entre les freres,que ce di 
fciple-là ne mourroit point. Toutesfois Iefus ne lui a- 
uoit point dit,Il ne mourra point:mais,Siie vueil qu'il 
demeure iufqu'à ce que ie viene, qu'en as-tu à faire? 

24 C'eit ce difciple là qui rend tefmoignage de ces 
chofes,& qui a eicrit ces chofes , & d nous faiions que 
(on tefmoign âge eil: e digne de foy. 

25 * Il y a aufsi plufieiirs autres chofes que Iefus a 
faites, lefqueiles eitans eferites dtpoincft enpoinét, 
f ie ne penfe point que le monde mefme peuft tenir les 
liures qu'on en elcrii oit. Amen. 

g> 

fine, peinte de Tviâgc commun : comme pour dire, que qui voudroit raconteV 
gperuetlleux du Seigneur, mec tomes les 
feroit vnc chofe plus qu'infinie. 



* ou, ou ru 
ne veux pas 
af.a. quant ai 
(cncjmcnc 

naturel, oui 
ne s'y rcdpaj 
volontaire de 
fbi-mefmc. ! 

* 2.Picr.t. 
14. 

b alfa, par le 
martyre. 

* Sut 13.27, 
c comme s'i 
pretendoit 
qii il lui deuil 
aufsi tenir 
compagnie 
foufteir pout 
le Seigneur. 
d ccquil dit 
parlant com- 
me au nom 
de toute l'E- 
gli'e, en la 
quelle il auoic 
authotitc 
d'Apcftreiou 
parlant au nô 
de les com- 
pagnons. 
*S»j îo.;o. 
e Gr. vérita- 
ble. 

f C'cft vnq 
manière de 

arlcr exccP 

tous les faits 

reonftauecs particulières de fon miniltcre , ce 



LES ACTES DES SAINCTS 



APOSTRES. 



*ARGVMETÇT. 



LE nom , duquel ce lïure eft intitulé > nwnfirc affb\quel eji 
lefuiet^affauoir que c'cjl vn récit des faits mémorable? des 
*Apojlres,cn la fondation de l'Eglife Çbrejliene s aprés la refur- 
rccîion &• afcenfwn de noflre Seigneur lejm {hr/ft. far le S. 
ëfprit preuoyant le danger qui pourroit aduenir aux fidèles 
f comme de fait il eft aduenu) par la ru je de Satan , en ce qu'il 
tajebe toujiours de corrompre &faljifier l'kiftoire de l'Eglife 



a c'eft vne 
continuation 

<Thiftoire en 
laquelle eft 
«iiftinclemet 
noté ce que 
le Seigneur 
a fait en fà 
çropre per- 
îbnne , pui; 
en la perfon 
ne de Tes A- 

Foftres. 
ou , à caufe 
(de la pro- 
meiîc "> du 
Sain<flEfprit: 
oulefquels il 
aHoit efleus 
• le Sain& 



2 90 Actes 

nous a, voulu laiffer parle moyen de S. lue cejte bifioire au- 
thentique , afin de nous demonftrer la vérité de ce qu'il faut 
croire touchant l'enuoy du S. ëjprit après l'afeenfion du Sei- 
gneur ^pareillement nous déclarer cornent l'Sglije a eflé pre- 
mièrement recueillie d'entre les Juifs par le minijiere des <A- 
poftres , &puis après e [tendue iujques en Samarie , & mefine 
iufques à toutes les autres nations , nommément par le mini- 
fiere de S.Paul, quia efté miraculeufement conuerti alaco- 
gnoijfance de le fus Chrift,afin qu'il portafl le 7{om d'icelui de- 
uant les Gentils , & deuant les rois: dont aujsi le cours de [on 
ministère nous eft particulièrement deferit iujques à ce qu'il a 
efté meni prifonnier à 7(ome 3 pour nous enfeigner comment les 
ëglifes des Gentils ont efté non feulement fondées , rnah aujsi 
reiglees & ordonnées. Or Vvfage de ceftefaincle hiftoire^ n'eft 
pas feulement deferuir à maintenir la vérité des choj'es adve- 
nues du temps de la première fondation des Eglifes 3 mais de 
feruir en outre à propoferlefommairedelapure doctrine E- 
uangelique, aux fermons desfaincls Apofins , & à nom faire 
voir comme à l'œil la feule & vraye reigle dugouuememcnt 
Ecclefiaftique 3 inftitué premièrement par les ^ipoftres, &puis 
obferuépar leurs vrais & légitimes fucceffeurs. Vbïftoirc com- 
prend l'efpace d'enuiron vingt-huit à trente ans , afjauoirde 
puis l'afeenfion du Seigneur iufques à la féconde année de Fem- 
prifonnement de S.Taul à Rome. 

C H A P. I. 

Le Seigiïeur ayant prépare fes Apoftres à l'attente de l'enuoy 
du S. ëfprity afin qu'ils fe peuffent employer en leur charge* 
9 eftenleuéaucieleuxlevoyans: 11 <& les Apoftres ayas 
efté aduertispar les Anges de n'attendre plus lefus Chrift 
qu'au dernier iour 3 fe retirent en Jerufalem , 14 oiiper- 
Jeuerans en oraifon auec le refte des fidèles, à la remonftr ci- 
ce de T terre , & après la prière 3 ils eslabliffent Matthias 
pour eftre l'vn des dou%e. 

O v s a auons fait le premier traitté, 

ôTheophile,touchât toutes lescho- 

fes que lefus s'eit mis à faire & à en- 

feigner: 

2 Iufques au iour qu'il fut receu en 

haut 3 après auoir donné mandemens 

aux Apoitres b par le Saincl: Efprit, 




DIS APOSTRES. 



2PI 



lefquelsilauoitelleus: 

3 Aufquels aufsi après auoir foufTert ,il fe reprefenta 
ibi-mefme viuant, auec plufïeurs approbations , eitat 
veu par eux par quarante iours , & parlant des chofes 
qui appartienent au royaume de Dieu. 

4 Et * les ayant aflemble's, leur commanda qu'ils ne fe 
départirent point de Ierufalem , mais qu'ils attendif- 
fentla promette du Pers:* laquelle, ^'r-/7, vous auez 
ouïe de moi. 

5 Carlehanabaptizé d'eau, mais b vous ferez" ba- 
sptizés du Sainct Efpnt,dans peu de iours. 

6 Eux donc eitans aflemblés hnterroguerent,difans, 
Seigneur, fera-ce en ce temps-ici que tu reihbliras le 
Roy.au me à Ifrael? 

7 Mais il leur dit, Ce n'eft point à vous de cognoiftre 
les temps ou les faifons que c le Père a mifes en fa pro- 
pre puiffance. 

8 Mais vous receurez la vertu du Sain&Efpritvenât 
fur vous:& me ferez tefmoins tant en Ierufalem qu'en 
toute Iudee, & Samarie, ôciufques d au bout de la 
terre. 

9 Et quand il eut dit ces chofes, * il fut efleué , eux le 
regardans , & vne nuée le foultenant l'emporta de de 
liant leurs yeux. 

io Et comme ils auoyent les yeux fichés vers le ciel, 
lui s'en allant, voici deux hommes fe prefenterent de- 
uant eux en veftemens blancs: 
1 1 Lefquels aufsi dirent , Hommes Galiîeens , pour 
quoy vous arreitez-vous regardans au ciel? Ce Iefus- 
ici,qui a efté efleué en haut d'auec vous au ciel , vien- 
dra ainfi que vous i'auez contemplé allant au ciel 
ii Adonc ils s'en retournèrent en Ierufalem de la 
montagne qu'on appelé des Oliuiers, qui eftpres de 
Ierufalem , e le chemin dVn Sabbat. 

13 Etauandils furent entrés 3 ils montèrent en vne 
chabre naute,où demeuroyent Pierre 5claques,lehan 
& André , Philippe & Thomas , Barthelemi& Mat- 
thieu, laques jfad'Alphee, Sz Simon Zelotes, Se Iude 
frère de laques. 

14 Tous ceux-ci perfeueroyent d'vn accord en priè- 
re 5c oraifon auec les femmes, & Marie mère de Iefus 

: Ui_ 



* ou, cSuer- 
fintjou com- 
muniquant 
auec eux: afT. 
après fa re- 
fiarcclion. 

* Luc 24. 
4 9. te h an. 

14. 2 6. 
h c. tous re- 
ceurczvrneC 
moienage 
vifibîe de 
l'efficace du- 
S. E'prir. 
'•'Mot. 3.1 r. 
mure i.y. 
lue 3. 16. 
lehan. 1,26. 
fous ii. 16. 

c afia. com- 
pienanten la 

{erfonne du 
'erejbnam- 
re & Maie/té 
<1iuinc.\ oyez 
Marc tj.?z. 
d voyez Pfe. 
2.8. 
"Luc 24.51 



c qu'on efti- 
me auoir efté 
d'enuiron v- 
ne perirc 
lieue au plus: 
cela eftant 
ai nfi reiglé 
pour lors , 
pour ceuxqut 
pouuoyent 
par necefsîté 
aller ou venir 
auxaduenues 
de h ville. 



P/T4I. io. 

ieban 13.18. 

le ban. 1 8. 



* Mat. 27. $ 



^Mat.ij.% 



t'P/è.69.26, 



Z?l 



ITc 



TES 



* u,f a °c'har- meure foit deferte,& qu'il ny ait nul qui y habite.Ité, 



ge : gr. ion 



que ce foie 
iioftt-e Sei- 
gneur Ielûs 
mefme , au- 
quel cefte 
prière sV 
drefle, corn 
me eftant re- 
cognulechef 
& le condu 
cleur de fon 
Eglife, nom- 
mément en 
ceftade de 
l'eftablifre- 
ment dVn A- 
poftre. 
c c. là où il 
cft ordonné 
félon le iuge 
met de Dieu. 
d afïi comme 
pour en re- 
cueillir la de 
claration dt 
Seigneur qui 
prefide aufsi 
aufort:Prou, 
16.33 



& auec les frères d'i celui 
1 ? Or en ces iours-Ià Pierre fe leua au milieu des di- 
fciples (&là eftoit aiïemblee vne compagnie d'enuirô 
lîx vingts perfonnes)& dit, 

16 Hommes frères* ilfaioitque cefte Efcriturefuft 
accôplie, que le fainct Efprit auoit prédite par la bou- 
che de Dauid touchant Iudas, v qui a eité. la guide de 
ceux quiontprinslefus. 

1 7 Car il eftoit du nombre auec nous, & auoit reçeu 
fa part de cefte adminiftration. 

1 8 Icelui donc s'eftant acquis vn champ de loyer de 
mefehanceté , & * s'eftant précipité, s'eft creué par le 
milieu , & toutes fes entrailles ont efté efpandues. 

1 9 Ce qui a efté cognu de tous les habitans de Ieru- 
falem : tellement que ce champ-là * a efté appelé en 
leur propre langage,Haceldama,c'eft àdire,Le champ 
du fâng. 

20 Car il eft eferit au Hure des Pfeaumes," Que fa de- 



* Qu'vn autre prene a fon adminiftration 
f P n°rembie *i A faut donc que d'entre ces hommes qui fe font 
aiTemblés auec nous tout le temps quele Seigneur Ie- 
fus eft allé & venu entre nous. 

22 Commençant dés le Baptefme de Iehan , iufqu'au 
iour qu'il a efté enleué d'auec nous,que quelcun d'en- 
tr'eux foit tefmoin auec nous de fa refurrection. 

23 Lors ils en prefenterent deux, aftauoir loleph ap- 
pelé Barfabas , ( qui eftoit furnommé Iurte) & Mat- 
thias. 

24. Et en priant dirent, b Toy Seigneur, quicognois 
les cœurs de tous, monftre lequel de ces deux tu as- 
eileu, 

25 Afin qu'il prene fa part de ce miniftere & Apofto- 
lat, dont Iudas s'eft. deftourné pour s'en aller c en fon 
lieu. 

z6 Adonc ils ietterent le d fort d'iceux:&le fort cheut 
fur Matthias,qui d'vn commun accord fut mis au no- 
bre des onze Apoftres. 

C h A p. 11. 
Le S. 'Efprit eftant vifiblement enuoyéfur les apoftres, 6 & 
plusieurs Juifs eftans efmeus par les marques d'vn tel en- 



DE S APOSTRES. 



191 



uoy afe trouuer vers keux , 14 T terre met m auant la 
vérité de ceflaclc fi admirable, & maintient par ï 'Ejcrit li- 
re que ce font là les cffcclsde la vertu du Sauucur , lequel 
ildcmo'rtjirecflrcccmejmelcfm qu'on auoitfait mourir, 
&qui cfloit rcffufcitè des morts: 37 fur quoi vn grand 
nombre de Juifs acquie fiant à la vérité, font baptisés : & 
ainfi l' 'ê glife commence as'accroislrc. 

1 T7 T comme le iourdelaPentecofte s'accomplif- 
JZlr fok,ils eltoyent a tous d'vn accord en vn mefme 

lieu. 

2 Lors foudainement il fefitvnfon du ciel comme 
d'vn vent qui fouffle en veheméce,lequel remplit tou- 
te la maifon où ils eltoyent afsis. 

3 Et leur apparurent des langues départies comme 
de feu 3 & fe pofa fur vn chacun d'eux. 

4 Dont ils furent tous remplis du Sainct Efprit, & 
[commencèrent à parler langages b effrange s,ainfi que 
ll'Efprit leur donnoit à parler. 

Or y auoit-il des Iuifs feiournans en Ierufalem, 
nommes c deuots 3 de toute nation qui eft fous le ciel. 

Apres donc d que le bruit en fut fait, vne multitude 
vint enfemble,laquelle fut tout eLmeuë, pourtat qu'vn 
chacun les oyoit parler en fon propre langage. 

Dont tous eltoyent eftonnés , & s'efmerueilloyent 
difans l'vn à l'autre: Voici tous ceux-ci qui parlent,ne 
font-ils pas e Galileens? 
8 Comment donc vn chacun de nous les r oyôs-nous 
parler en noltre propre langage, auquel nous fommes 
nés? 

Parthiens, & Mediens,& Elamites,& nous qui ha- 
bitons en Mefopotamie, & en Iudee, & en Cappado- 
ce,Ponte,8cAfie: 

10 EtPhrygie.,&Pamphylie,enEgypte. > &és parties 
de Libye , qui eft à l'endroit de Cyrene , & nous qui 
nous tenons a Rome: 

1 1 Tant Iuifs que Profelytes/ Creteins,& Arabiens, 
nous les oyons parler chacun en nos propres iangues 
les chofes magnifiques de Dieu. 
1 z Us ertoyeht doc tous eftonnés,& ne fauoyent que 
penfer,difans l'vn à l'autre, Que veut dire ceci? 

3 Et les autres fe mocquansdifoy ét^C'eit qu'ils font 
; XJij 



afT.les dou- 
ze Apoftres, 
ou bien les 
120. mentib- 
ncsfusi.iîv 



b c. quîn'c 
ftoyent pas 
communs au 
pais. 

c ou, reli- 
gieux: 

d c. que ce 
miracle adu( 
nu à l'endroit 
des Apoftrcs 
fut diuulgué. 
e alfa, d'vne 
feule nation, 
& mefmes là 
oùonparlele 
plus grofsier. 
/ afl'a. entant 
que les Apo- 
ftres s'adref- 
foyent, aux 
vns, puis aux 
autres , félon 
qu'ils arri- 
uoycntlà,co- 
me s'ils euf- 
fent cfrcleurs 
Docteurs 
particuliers» 
vn chacun. 
g ou , Can- 
diots. 



« ou , leur 
adreflà pour 
refponfe , ce 
qui s'enfuit 
i> afT. comme 
fui les neuf 
heures deitât 
midi: l'Apo 
ftrene infi- 
ftantplusoii' 
tre à en pur 
ger foi ni fes 
compagnons 
pnur fe peu 
de. fondemét 
qu'il y auoit 
cncela,com- 
me poureui- 
ter toute oc- 
casion de fe 
monftrerirri- 
tés pour leur 
particulier. 
*fi/2r.44.î. 
ioel 2 z 8, 
- ïoet 2. 3 2. 
rom. io. i?. 
t c. la puif- 
iànco qu'a la 
mort fur les 
trefpaifés,çn 
reduifit leurs 
corps en 
pourriture & 
en poudre, 
qui font co- 
rne le pro- 
grés des dou- 
leurs cor 
relies ' qu'on 
fouifre en cç 
monde. 
d ou, en 
temps. 

*pf:i6.8. 

c. ma per- 
ibnne,oumô 
corps mort, 
vo- ez Leuit. 
i 9 . i 

f ou,atixheux 
ba,s. c'eft le 
motqu'ô ex 
pofe auftien 
fers, félon les 
«iiuerfes cir- 
conftances 
des partages 



S 94 

pleins de vin doux. 



Acte 



14 Mais Pierre fe prefentantauec les onze ,efleua fa 
voix, & a leur dit, Hommes Iuifs, & vous tous qui ha- 
bitez en Ierufalem , ceci vous foit notoire , & mettes 
mes paroles en vos oreilles. 

1 5 Car ceux-ci ne font point yures,comme vous cui- 
dez, veu qu'il eft la b troifieme heure du iour. 

16 Mais c'eit ici ce qui a efté dit par le Prophète Ioel, 

17 * Et aduiendra es derniers iours(dit Dieu) que ie 
refpandrai demonEfprit fur toute chair: & vos fils 
prophétiseront, &vos filles aufsj, &vos ieunesgens 
verront des vifions, & vos anciens fongeront des 
fonges. 

1 S Et pour vrai en ces iours-Ià ie refpandrai de mon 
Efprit fur mes feruiteurs & fur mes feruantes, dont ils 
^rophetizeront. 

19 Et ferai des chofes merueilleufes auciel en haut,& 
fignes en terre en bas, fang & feu & vapeur de fumée. 

20 Le foleil fera châgé en tenebres,& la lune en fang, 
deuât que ce grâd & notable iour du Seigneur viene. 
2 1 v Et aduiendra que quiconque inuoquera le nom 
du Seigneur fera fauué. 

2 2 Hommes Ifraëlites , oyez ces paroles :Iefu s le Na- 
zarien , perfonnage approuué de Dieu entre vous par 
vertus, parmerueilles& par fignes, lefquels Dieu a 
faits par lui au milieu de vous, comme aufsi vous le 
fauez: 

23 Icelui eftant liuré par le confeil défini &prouide- 
ce de Dieu, auez prins,&rauez mis en croix,& occis 
par les mains des iniques. 

tout 24 Lequel Dieu a refïufcité,ayant deflié les c douleurs 
de la mort, pourtant qu'il n'ef toit pofsible qu'il fut re 
tenu d J icelle. 

74 Car Dauid dit de lui,*Ie contemploye d toufîours 
le Seigneur en ma prefencexar il eft à ma dextre, afin 
que ie ne foy* esbranlé. 

2t? Pource s'eftefioui mon cœur, & ma langue en a 
eu liefle,8c' outre plus ma chair repofera en efperance. 
2,7 Car tu ne delaififeras point e mon ame f aufepul- 
cre, & ne permettras point que ton fain& fente cor- 
ruption. 



DES APOSTftES. 



i9S 



i8 Tu m'as fait cognoiitre les voyes de vie , tu m'em 

pliras de liefle a auec ta face. 

z9 Hommes freres,ie vous puis bien dire franchemét 

touchant le patriarche Dauid , * qu'il eit trefpaffé, & a 

efté enièueli : & Ion fepulcre eft entre nous iufques à 

ceiour. 

3 o Comme ainfi foit donc qu'il fuft Prophete,& qu'il 

ièuiï que Dieu lui auoit promis auec ferment que du 

fruicl: cie fes reins, b felô la chair,ilfufciteroit le Chrift, 

pour le faire feoir fur fon throne. 

3 1 Lui preuoyant a parlé de la refurrection de Chrift, 

* que fon ame n'a point elté delaiiTee au fepulcre, & 

que fa chair n'a point fenti corruption. 

3* Dieu a reflufcité iceluilefus : de laquelle chofe 

nous fommes tous tefmoins. 

3 3 Apres doc qu'il a elté efleué par la dextre de Dieu, 

& qu'il a receu ae fon Père c la promelfe du Saincl: Ef- 

prit,il a refpâduce que maintenât vous voyez & oyez, 

3 4 Car Dauid n'eft point monté aux cieux:mais lui- f^™"^ 6 

mefme dit,* Le Seigneur a dit à mon Seigneur,Sieds 

toi à ma dextre, 

3 ? Iufqu'à tât que i'aye mis tes ennemis pour le mar-|£ Tfuo.r. 

chepied de tes pieds. 

7,6 Que donc toute la maifon d'Ifrael fâche afïeuré- 

ment que Dieu l'a d fait Seigneur & Chriir,zw* icelui 

Iefus que vous auez crucifié. 

3 7 Ces chofes ouïes, ils eurét componc'Ho de cœur, 

& dirent à Pierre & aux autres Apoftres , Hommes 

frères, que ferons-nous? 

3 8 Et Pierre leur dit amendez-vous, & qu'vn chacun 

de vous foitbaptizé c au no de Iefus Chrift,en f remif- 

fïô des péchés :& vous receurez le dô du fainct Efprit 

3 9 Car à vous & à vos enfans eft faite la promené, & 

à tous ceux qui font ° loin,autant que le Seigneur no- 

ftre Dieu en appeler a à foi. 

40 Etparplufïeurs autres paroles il tefmoignoit, & 
les exhortoit, difant, h Sauuez-^/^de celte généra- 
tion peruerfe. 

41 Ceux donc qui receurent d'vn franc courage fa 
parole , furent baptizés , & furent ■ adiouftez en ce 
des comrç lui à leur propre ruine, i afl*. à l'Eglifç. 

; i_mi 



« c. en me 

manift-ftant 
rar'ace,cnme 
faifânt iouir 
de ta prefea- 
ce. 

* 2. Rois 2. 
10. fous 13. 

•P/Ti 32.11 

b alfa, pour 
môrtrer qu'il 
y auoit bien 
quelque au- 
tre thofe de 
plus grand au 
Mefsias pro- 
mis que la 
nature hu- 
maine. 

* -Pf. 16.10. 
fous 11. 3 y. 
c d'accom- 



d c. déclare 

& ordonné 
pour eftre re- 
cognu & ad 
uoué tel de 
tous. 
e caduouans 
Iefus Chrift 
pour Sau- 
ueur. 
f c. pour ob- 
tenir pardon 
de vos pé- 
chés, comme 
le Baptefme 
en eft le Sa- 
crement, 
g aflfau. des 
Iuifs nom- 
mément. 
/; c.monftrez 
que vous ne 
adhérez 
point aux en- 
nemis du 
Sauueur qui 
1C fout ban* 



« afla. en la 
communica- 
tion de chari- 
té fraternel 
le,laquelle ils 
demôrtroyét 
les vus en- 
tiers les au- 
tres c:i pre- 
nant leur re- 
pasenienib'.c, 
&fiielnies en 

Ladiouftant 
celebratiô 
de la S. Cène. 
b aî'ù. quant 
àlVlâge, non 
pas quant à la 
propriété, 
nulnefaifant 
cftat dauoir 
tien defeparé 
daueefes frè- 
res 

c aflf.au corps 
des fî leles 
«qui faifoyent 
profeision 
d'adhérer à la 
doctrine des 
Apoftres, fuî- 
tiant la voca 
«ion du Sei- 
gneur. 
d aff. comme 
il'Eglife eftat 
i le fcullicude 



retraite à fa 
lut. 

e aflau félon 
l'vfage qui en 
cftoit alors 
parmi le peu 
pie de Dieu, 
pour en tou 
tes fortes tef- 
moignerîeur 
vnion auec 
lereftedcs 
fidèles. 
/ ou , les 
prioit de lui 
donner fau- 
mofne. 
f c.en la ver- 
tu de Iefus 
Chrift , le- 
quel veut m 



^ Actes ~" 

iour-làenuiron trois milie âmes. ' 
42, Or perfeueroyent-ils tous en la doctrine des Apo 
ftres, & en la a communion , & en la fraction du pain, 
& aux prières. 

43 Or toute perfonneauoit crainte: &beaucoupde 
merueiiles & lignes le faifoyent par les Apoftres. 

44 Et tous ceux qui croyoyét, & eftoyét enfemble en 
vnmefmelieu, & auoyent toutes choies b cômunes. 

45 Et vendoyent pofîefsions& biens, & les diftri- 
buoyent à tous félon que chacun en auoit befoin. 

4<s Ettousîes iours perfeueroyent tous d'vn accord 
au temple:& rompans le pain de maifon en maifon,ils 
prenoyent leur repas auec ioye & iimplicité de cœur: 
47 Louans Dieu, Scayans grâce enuerstout le peu 
ple:Scle Seigneur adioignoit de iour en iour à c l'Egli 
fe gens pouf d élire fauués. 

C H A P. III. 

Pierre entrant au temple auec Jehan , 4 & à Vinuocation 
du nom de Jefus ayant fait marcher un qui estait boiteux 
dès le ventre de [a mere y 1 1 fait une remontrance vint 
au peuple touchant Jefus le vray & feul autheur de ce mi- 
racle , 1 7 & leur ramextoit comme nonobstant leur in- 
gratitude il leur est offert & adrefépour le feul Sauueur 
promis* 

1 /"X R Pierre&Iehan montoyent enfembleau téple 
V^ à l'heure de la e prière qui esloit à neuf heures. 

2 Et vn certain homme qui efloit boiteux dés le ven- 
tre de fa merey eltoit porté, lequel on mettoit iour 
neliement à la porte du temple, nommée la Belle,pour 
demander Paumofne à ceux qui entroyent au temple 

3 Icelui voyant Pierre 3z Iehan voulans entrer au té- 
ple, f les pria,afin d'auoir vue aumofne. 

4 Mais Pierre auec Iehan ayât l'œil fiché fur lui , dit, 
Regarde-nous. 

5 Et il les i*egardoitattentiuement,s'attendantdere- 
ceuoir quelque chofe d'eux. 

6 Adonc Pierre dit, le n'ai ni argét,ni or:mais ce que 
i'ai , ie le te donne , § Au Nom de Iefus le Nazarien le- 
ue-toi& chemine. 

iifefter fa vérité par ceft afte de fi grâce. 



DES APOSTRES. 



*P7 



7 Et l'ayant prins par la main droite, le leua-& incon- 
tinent les plantes & cheuilles de lès pieds deuindrent 
fermes. 

8 Et il fauta, &: fe tint debout , & cheminoit : & entra 
auec eux au temple , cheminant & fautant , & louant 
Dieu. 

9 Et tout le peuple le vid cheminant &• louant 
Dieu. 

io Et le recognoiiïans que c'elfoit ceitui-îà mefme 
qui eltoitafsis à la Belle porte du temple, pour auoir 
faumofne, furent remplis d'esbahiflèment& d'eiton- 
nementtouchantcequiluiefroitaduerui. 
ï i Et comme le boiteux qui auoit efté guéri tenoit 
par la main Pierre & Iehan , tout le peuple tout eftôné 
courut à eux a au porche qui s'appeîe de Salomon. 

1 1 Mais Pierre voyant cela , dit au peuple , Hommes 
Ifraehtes, pourquoi vous efmerueillez vous de ceci? 
ou pourquoi auez-vous l'oeil riche fur nous, comme il 
par noirre puilTance ou faincteté nous auions fait che- 
miner ceftui-ci? 

*3 * Le Dieu d'Abraham , &d'Ifaac, &de Iacob, le 
Dieu de nos Pères a glorifié fon Fils lefusjequel vous 
auez liuré & renié deuant la face de Pilate , combien 
qu'icelui iugeail qu'il deuoit élire deliuré. 
14 v Mais vous auez renié le faincl;,& le iufte, & auez 
requis qu'on vous donnait vn meurtrier : 
i* Et auez mis à mort le prince de vie, que Dieu a 
reiîufcité des morts . dequoi nous fommes tefmoins. 

16 Et par b la foy du Nom d'icelui, fon Nom a raffer- 
mi celhii-ci lequel vous voyez & cognoiiïèz : voire la 
foy qui eftpar icelui , a donné à celhii-ci celte entière 
difpofltio de tous fes membres en la prefence de vous 
tous. 

17 Et maintenant frères, ie fai que vous I'auez fait 
parignorance,commeaufsi c vosGouuerneurs. 

1 8 Mais Dieu a ainfi accompli les chofes qu'il auoit 
prédites par la bouche de tous fes Prophètes 3 que le 
Chrilr. deuoit fouffrir. 

19 Amendez-vous donc, &r vous conuertiflez , afin 
que vos péchés foyent effacez : 

10 Quand d les temps de rafraifchiiTement feront ve- 



voyez 
Iehan 10.2/. 



*Sow$.îo. 



'•' Matth.i'jt, 
lo.marc 15. 

11. lliC 1$. 

1 8. iehan 
18.40. 
b c. la vertu 
qui procède 

celui citât 
réclamé en 
fov. 

afia.les ca- 
prenant com- 
me en vn 
corps, &non 
comme cha- 
cun à part 
foy. 

d c. que le 
principal & 
dernier ef- 
fcA de la ré- 
demption 
promife ar- 
riuera pout 
le dernier 
jour. 



*9% 



Actes 



©U, fCÇOl- 

m6. 



b Gr.dés le 
iecle. 

jf.fow 7 .ij 



e aiTau. <n y 
comprenant 
Samuel mef- 
me. 

«i c. cefteftat 
de l'Eglife 
par Faduene- 
ment du Ré- 
dempteur. 

g*/. 3.8. 

: les fuc- 
ceffeurs ^e la 
promeflê & 
de l'alliance. 
f ou , en 
vous bénit 
iânt, afin que 
vous-vous 
retiriez vn 
chacun de 
vos mauuai. 
Iticsraffau par 
"e don dere- 
pentance & 
renouuelle- 
ment du S. 
£/prit. 



nusdelaprefencedu Seigneur, & qu'il aura enuoyc 
Iefus Chrift,qui auparauant vous a elré annoncé : 

21 Lequel il faut que le ciel a contiene,iufques au 
temps du reilabliflèmét de toutes les chofes que Dieu 
a prononcées par la bouche de tous les iain&s Pro- 
phètes b dés le commencement du monde. 

22 Car Moyfemefmea'ditaux pères,* Le Seigneur 
voftre Dieu vous fufcitera vn Prophète d'entre vos 
frères tel que moi : vous l'efcouterez en tout ce qu'il 
vous dira. 

23 Et aduiendra que toute perfonne qui n'aura 
efcouté ce Prophete-là , fera exterminé d'entre le 
peuple. 

24 Et mefmes tous les Prophètes c depuis Samuel, 
& ceux qui l'ont fuiui, tous tant qu'il y en a qui ont 
parIé,ontaufsi prédit ces d iours. 

25 Vous eftes e les enfans des Prophètes , & de l'al- 
liance que Dieu a traitée auec nos Pères, difant à A- 
braham,'-' Et en ta femence feront bénites toutes les fa- 
milles de la terre. 

16 C'elt pour vous premièrement que Dieu ayant 
fufcité fon Fils Iefus , l'a enuoyé f pour vous bénir, en 
retirant vn chacun de vous de vos mauuaiftiés. 



c H a p. 1 1 1 1. 

'Pierre & Jehan font mis enprifon par les gouuerneurs des 
Juifs j à caufe du bruit cjleué du miracle fait au nom de 
Je fus : 7 puis enqu'is du fait ,& Tierre leur ayant refon- 
du franchement touchant la. vérité de laper fonne de Je fus, 
8 ils font renuoyés auec menaces & defences de ne plm 
parler en ce nom , 19 ce qu'ils n'acceptent nullement: 23 
dont retournés vers les leurs , & ayans fuit prière au Sei- 
gneur , ils font fortifiés tant plus, 32 & l'Sglife eft ac- 
cr eue grandement ^& plantur eu fement bénite en la commit- 
?îion de charité. 

1 ]\ >f Ais comme ils parloyent au peuple,Ies Sacri- 
IVl ficateurs &le Capitaine dutemple,&les Sad-» 

duciens furuindrent : 

Eftans en grand' peine de ce qu'ils enfeignoyent le 

peuple , & qu'ils annonçoyent la refiirreftion des 



DES APO S TRE S. 



199 



morts au nom de le fus 

3 Et ayana letté les mains fur eux , ils les mirent en 
prifon îufques au lendemain : car il eiroit défia vefpre. 

4 Er plufieurs de ceux qui auoyent ouï la parole 
creurent : & fut le nombre des perfonnes enuiron 
cinq mille. 

5 Or aduint que le lendemain leurs Gouuerneurs 
s'affemblerent,& les Anciens ,& les Scribes enle- 
rulàlom. 

6 Et Anne fouuerain Sacrificateur 3 & Caiphe,& 
3fehan,& Alexandre,& tous ceux qui eitoyent de la li- 
gnée facerdotale 

7 Et les ayansmisenla.place,lesinterroguerent,rfi- 
/: -S Par quelle puiifance,ou au nom de qui auez-vous 
fait ceci-- 

8 Adonc Pierre rempli du faindtEfprit leur dit,Gou~ 
uerneurs du peuple,& vous Anciens d'Iïrael, 

Puis que nous fommes aujourd'hui a recerchés 
pourvn bien qui a elté fait à l'endroirdVn homme im 
potent, pour Jaunir b comment il a elté guéri. 
jo Soit notoire à vous tous , & à tout le peuple d'If- 
rael, que ça cfté aunomdelefusChrift le Nazarien, 
que vous auez crucifié, lequel Dieu a refïufcité des 
morts -.voire c en vertu du Nomdeceltui-là cefthô 
me afsilte fain ici deuant vous. 
1 1 * C'eft celte Pierre qui a elté reiettee par vous d les 
edifians^qui a elté faite le principal du coin, 
iz Et.n'y a point de faluten aucun autre : car aufsi 
v n'y a-il point d'autre nom fous le ciel qui foit donné 
aux hommesjpar lequel il nous faille eltre fauués. 

13 Eux alors c voyans la hardiefîe de Pierre & de 
Iehan,& cognoiiTans aufsi qu'ils eitoyent hommes 
fans lettres & f idiots, s'efmerUeilloyét, & recognoif- 
foyent bien qu'ils auoyent elté auec Iefus. 

14 Et voyans que l'homme qui auoit elté guéri, 
eftoit prefent auec euxj ne pouuoyent en riencon 
tredire. 

1$ Adonc leur ayans commandé de fortir hors du 
confeil,ils conferoyent entr'eux : 
16 Difans , Que ferons-nous à ces gens ici? car il 
cil manifeite à tous les habitans de Ierufalem qu' vn fi- 



«■ ou , exami- 
nes du bien, 

h ou , de pai 
quii&c. 



c Gr.parcc- 
ftui-là. 

* p/:n?. 

2z.efa.2S; 
\6.tnatt. 2r. 
efZ.ma.rc 12. 
10. lue 20. 
-ijram.ç.ii 
i.piér.i.6. 

• - M.TM.2T. 

d c. qui en 
tenez la pla- 
ce, quoi que 
vous faciez 
tout le con- 
traire. 
e ou, confî- 
derans l'af 
feurance. 
/ c. perfon- 
nes priuees 
ou gens vul 
gaiics. 



ou , les 
ayans mena- 
cés de plus 
fort : Gr.ayâis 
adioufté des 
menaces. 

Vf.2.1. 

h corne s'ils 
enflent efté 
plus d'vn 
peuple à cau- 
ie de leurs 
tribus,en la 

J>erfonne de 
eurs chefs 
& gouuer- 
neurs. 

afla. entant 
qu'en ce fait 
Jurtous au- 
tres le Sei- 
gneur a vou- 
lu faire re- 
luire fa fou- 
ueraine fâ- 
geffe, en fai- 
fânt venir à 
chef par des 
moyens les 
plus eftran- 
ges qu'on 
fàuroit efti- 
mer lceuure 
plus qu'ad- 
mirable de 
la redemptiô 
de Ces elleus 
en la conda- 
mtion de fon 
propre'Fils. 



300 



Acte 



gne notoire a cité Fait par eux , & ne le poution* 
nier. 

17 Mais afin qu'il ne foit plus diuulgué parmi le peu- 
ple,, defendons-leur auec menaces expreffès qu'ils 
n'ayentplus à parler à homme viuanten ce nom. 

18 Parquoi les appeians,ils leur cômanderent que to- 
talement ils ne parlaient ni enfeignaflent au nom de 
Iefus". 

ip Mais Pierre & Iehan refpondans leur dirent Ju- 
gez, s'iïefHuite deuantDieu de vous obéir pluftoll 
qu'à Dieu. 

20 Car nous ne pouuos que ne difions les chofes que 
nous auons veuè's & ouïes. 

21 Adonc a auec menaces ils les relafcherent , ne 
trouuans comment ils lespeuflènt punir , à caufe du 
peuple, pource que tous glorifïoyent Dieu de ce qui 
auoit efté fait. 

2 2 Car l'homme fu r lequel auoit elle fait vn tel mira- 
cle de guerifon,auoit plus de quarante ans. 

23 Or après qu'on les eut laifîes aller , ils vindrét vers 
leurs gens, & leur racontèrent tout ce que les princi- 
paux Sacrificateurs & les Anciens leur auoyent dit. 

24 x Ce qu'ayans entendu , ils efleuerent tous d'vn ac- 
cord la voix à Dieu,& dirent, Seigneur y tu es le Dieu 
qui as fait le ciel & la terre Ja mer, & toutes les chofes 
qui y font : 

25 Qui as dit par la bouche de Dauid ton feruiteur, 
* Pourquoi ont frémi les nations, & ont les peuples 
proietté chofes vaines? 

16 Les Rois de ta terre fe font afTemblés^&îes princes 
font conuenus enfemble contre le Seigneur 3 & contre 
fon Chrift. 

27 Car de vrai, contre ton fainct Fils Iefus , que tu as 
oincl:,fefontafifemblésHerode & Ponce Pilate auec 
les Nations 8c b les peuples d'Ifrael, 

Pour faire toutes les chofes c que ta main &ton 
confeil auoyét auparauant déterminées d'eftre faites. 
9 Maintenant donc , Seigneur, regarde à leurs me- 
naces, & donne à tes feruiteurs d'annoncer ta parole 
auec toute hard-ieffe :_ 
30 Eneitendanttamain,à cequeguerifon^&fignes, 



DES APOSTRES. 301 

'Zz merueilles letacent parle nom de ton faincl Fils 
llefus. 

31 Quand donc ils eurent prié , le lieu auquel ils 
eirovent alfemblés , trembla,& ils turent tous a rem- 
plis du fainct Efprit,& annonçoycnt la parole de Dieu 
auec hardieflè. 
31 Or la multitude de ceux qui croyoyent,n'eftoit 
qu'vn cœur,& qu'vne ame : & nul ne difoit aucune 
chofeefïre iiene de ce qu'il pofledoit 3 ains toutes cho 
fes b eftoyent communes entr'eux. 

33 Aufsiîes Apoftres rendoyent à grand' puifîan ce 
tefmoignage c de la reiurrection du Seigneur lefus:& 
grande grâce eftoit fur eux tous. 

34 Carïl n'y auoit difetteux aucun entr'eux ,pource 
que tous ceux qui pofledoyent champs ou maifons, 
les vendoyent, Scapportoyent les prix des chofesqui 
eftoyent vendues, 

35 Et le mettoyent d aux pieds des Apoftres : & cela 
eftoit diitribué à chacun félon qu'il en auoit bofoin. 
3^ lofes donc ,qui par les Apoftres fut fumommé 
Barnabas ( c'eft à dire > fils de confolation ) Leuite & 
Cyprien de nation: 
37 Comme ainfî fuft qu'il euft c vne poffefsion, la 
vendit :& en apporta le prix ,& le mit aux pieds des 
Apoftres. 

c h a p. v. 

Exemple espouuantable du iugement de Dieu fur Ananias & 
Saphira 3 àcaufè de leur mcnfonge & facrilege. 12, Les 
<Apo$frcs accompagnés de la vert h extraordinaire du Sei- 
gneur à faire miracles, 17 &arreflésprifonniers > i$>puii 
deliurès par l'Ange 3 continuent à cnjcigner tout publique- 
ment: zj dont e fi ans enquïs & reprins parles goutter 
neurs 3 z<? ils refpondent par la bombe de Vierre , qu'ils 
ont charge de maintenir la venté de Jt fus , 40 & pour 
. ceftecaujc font renuoy es auec le fouet. 

1 A/T ~^ s vn certam h° mrp -e nommé Ananias, auec 

iVl. Sapphira fi femme,vendit vnepoflefsion: 
2, Et fouilraya vne partie du prix, à ce confentant auf- 
û fa femme,& en apporta quelque partie , & la mit aux 
pieds des Apoftres. 



afl*. comme 
c ne or es d'à- 
bondât pour 
fortifier 
plus en 
plus. 



b voyez fus 

2.44. 

c afT. comme 
du principal 
chef requis 
pour lors à 
manifefter la 
vérité delà 
perfonne & 
office du Sei- 
gneur. 
d c. Le leur 
prefentoyér, 
& leur en 
commetroyét 
l'entière ad- 
miniftration, 
afin auilsle 
diftnbiufTenc 
félon qu'ils 
trouuoyent 
élire conuc- 
nablc. 
e ou, vu 
champ. 



'. polir 
penfer decc- 
eoirleS.Ef- 
prit< 



Ot 



Atttè 



l OU, YaC' 
couftrerent: 

^flau. félon la 
couftume 
pour l'enfe- 
welir. 

ou,l'enfê- 
»elircnt:& 
ain/î au ver. 
£>. &io. 



d aflf.cteceux 
qui rénovent 
le parti des 
Sacrifîca- 
reurs. 

c. rendoit 
tefmoignage 
à l'ceuure du 
Seigneur en 
leur mini- 
flere. 

/ Gr.grab- 
bats. voyez 
Marc 2, s. 



Dont Pierre dit, Ananias , pourquoit a batan rem- 
pli ton cœur a pour mentir au S. Efprit, 8c îbuftraire 
du prix de la poffefsion ? 

Situl'euffes gardée ne te demeuroit-elle pas : & 
eftant vendue n'eftoit-elle pas en ta puiffance ? qu'y 
luoit-il pourquoi tu deufles mettre cela en ton cœur? 
tu n'as point menti aux hommes,mais à Dieu. 
$ Et Ananias oyant ces paroles , tomba, & rendit l'ef- 
:>rit:dont aduint grande crainte à tous ceux qui en- 
tendirent ces choies. 
6 Et quelques ieunes compagnons fe leuans b le prin- 
drent,& l'emportèrent hors, & c l'enterrèrent. 
17 Aduint enuiron l'efpace de trois heures après, que 
fa femme aufsi ne fâchant point ce qui eltoit aduenu, 
entra. 

Et Pierre prenant la parole lui dit , Di-moi, a 
uez-vous autant vendu le champ ? Et elle dit, Oui, 
autant. 

9 Adonc Pierre lui dit , Qu'y a-il que vous ayez fait 
complot entre vous de tenter l'Efprit du Seigneur 
voici à la porte les pieds de ceux qui ont enterré ton 
mari, & ils t'emporteront. 

10 Et au mefmeinftant elle tomba aux pieds d'ice- 
lui,& rendit l'efprit. Et quand les ieunes compagnons 
furent entrés,ils la trouuerent morte,& remportèrent 
hors, & l'enterrèrent auprès de fon mari. 

1 1 Dont aduint grande crainte à toute l'Eglife , & à 
tous ceux qui oyoyent ces chofes. 

12 Et par les mains des Apoitres eltoyent faits beau 
coup de fignes,& de merueilles entre le peuple ( Se ils 
eltoyent tous d'vn accord au porche de Safomoii. 

13 Et nul d des autres ne s'ofoit adioindre à eux,mais 
le peuple les e magnifioit. 

14 Et de plus en plus s'augmentoit la multitude de 
ceux qui croyoyent au Seigneur , tant d'hommes que 
de femmes, 

1 5 Tellement qu'ils apportoyent les malades es rues, 
&lesmettoyent en petits lifts & f couchettes, afin 
que quand Pierre viendroit, au moins fon ombre paf- 
faft fur quelcun d'entr'eux. 

16 Le populaire paieillemët des villes, qui ejloyent voi- 



DF.S APOSTRES. 



12! 



" îmes, s'aflembloit en IerufaIem,apportans les malades 
& ceux qui eitoyent tormentés des efprits immondes: 
lefquels tous eitoyent guéris. 

1 7 Lors le fouutram Sacrificateur fe leua , lui & tous 
ceux qui eitoyent auec lui, (qui eftoit la fe&e des Sad- 
duciens)& furent remplis d'enuie : 

18 Et ietterent les mains furies Apoilres,& les mi- 
rent en la prifon publique. 

19 Mais l'Ange du Seigneur ouurit de nuict les por- 
tes de la prifon, & les ayant mis dehors,/m- dit. 

20 Allez, & vous prefentans au temple, annoncez au 
peuple toutes les paroles de cette a vie. 
2i Eux donc ayans oui cela, entrerêt enuiron le poinct 
du iour au temple , & enleignoyent . Mais le fou- 
uerain Sacrificateur eitant venu, &: ceux qui eiroyét 
auec lui,aiTemblerentleconfeil, & tous les Anciens 
des enfansdlfraelj&enuoyerentàla prifon pour les 
faire amener. 

2z Mais quand les fergeans y furent venus, ils ne les 
trouuerent point en la prifon : ainfî s'en retournèrent, 
& le rapportèrent : 

23 Difans , Nous auons bien trouué la prifon fermée 
auec toute feureté, & les gardes qui eitoyent dehors 
deuantles portes :mais quand nous l'auons ouuerte, 
nous n'auons trouué perionne dedans. 

24 Incontinent que le (oîiuerain Sacrificateur, Se le 
capitaine du temple, & les principaux Sacrificateurs 
eurent om ces paroles , ils eltoyét en perplexité d'eux, 
que deuiendroit cela. 

2? Mais quelcun furuintqui leur en fît vn rapport, 
difant, Voila les hommes que vous auiez misenpri. 
fonfontautéple,&fetenanslàenfeignent le peuple 

26 Adonc le capitaine du temple auec les fergeans 
s'en alla , & les amena, mais fans violence : car ils crai- 
gnoyent le peuple,qu'ils ne fufTent lapidés. 

27 Et les ayans amenez , ils les prefenterent au con- 
feil. Et le fouuerain Sacrificateur les interrogua, 

28 Difant, * Nevousauons-nous pas défendu par 
exprès commandement de n'enfeigner point en ce 
nom ici ?& voici, vous auez rempli Ierufalemdevo 
ftre doctrine , 8c voulez faire venir fur nous le fang de 
ceit homme. 



« aflfju. poiy; 
mor.ftrer 
que la do- 
ctrine de l'E- 
lan gile porte 
lavrave vie 
infaillible- 
ment auec 
elle de la 
part du Sei- 
gneur. 



* Sut 4.18, 



* aflau.nom- 
niément en 
cas <ie con- 
trariété. 
*Shî 3. 13 



V lehan ij. 

26.27. 
h c.qui ad- 
uoiient fâ 
grâce en la 
perfonne du 
Sauueur,& 
«royent en 
lui. 
*Sous 21. 

38. 

voyez Io- 
fephe liure 
20. des Anti- 
quitez. 
d ou. Outre 
ceftui-là. 
Cefte maniè- 
re de parler 
emporte fim 
plement di- 
nerfitc de 
temps quel-' 
cjuesfois, & 
no toujours 
pofteriorité. 
voyez Iofe- 
phe liu 18. 
<ics Antiqui- 
tez. 

Ceft vn 
confeil j>lu- 
ftoft humain 
& politique 
que propre- 
ment decon- 
feience. 
f ou , batail- 
ler contre 
Dieu. 

■£ Kow.ç.3. 
g ou , de ce 
qu'ils auoyet 
eu ceft hon- 
neur, &.C. 
h Gr. euan- 
gelizer : & 
ainfi ordinai- 
rement. 



30± 



ACTE 



25) Lors Pierre & les autres Apoitres refpondans, di- 
rent, Il faut a pluftoft obéir à Dieu qu'aux hommes. 

30 * Le Dieu de nos pères a reffufeité Iefus, lequel 
vous auez mis à mort,le pendant au bois. 

31 Ceft celui que Dieu a efleué par fa dextre pour 
prince & fauueur , pour donner repentance à Ifrael,& 
remifsion des péchés. 

32 Et nous lui fommes tefmoins de ce que nous di- 
fons: & '" le faincl: Efprit aufsi que Dieu adonné à 
ceux qui lui obeiffent. 
3 3 Eux donc ayans ouï cela, grinçoyent les dents, & 
confultoyent pour les mettre à mort. 

34 Adonc vn Pharifïen nommé G amaliel, docteur de 
la Loy,honorable à tout le peuple , fe leuant au confeil 
commanda que les Apoitres fe retiraffent vn peu 
dehors. 

3 5 Puis leur dit,Hommes Ifraè'iites , prenez garde à 
vous touchant ces gens,ce que vous deurez faire. 

35 Cardeuantcetemps-ici * s'eftleué c Theudas,fe 
difant eftre quelque chofe s auquel s'adioignit vn nom- 
bre d'hommes enuiron de quatre cens : lequel a efté 
derfait , & tous ceux qui auoyent confenti à lui ont 
efté rompus & réduits arien. 

3 7 d Apres lui ië leua Iudas le Galiieen es iours de la 
defeription, & deftourna gros peuple après foy, & ce- 
ftui-ci aufsi eft péri & tous ceux qui auoyent confen- 
ti à lui ont efté efpars ça & là. 

38 Et maintenant ie/evousdi,deportez-vous de ces 
hommes ,& les laiffez: car e fi ce confeil ou ceft œu- 
ure eft des hommes,! 1 fera deffait : 
3? Mais s'il eft de Dieu , vous ne le pourrez deffaire, 
e^r^r^quemefmesvousne foyez trouués f faire 
la guerre à Dieu. Et ils furent de fon opinion. 

40 Adonc ils appelèrent les Apoftres,& après les a- 
uoir fouëtrez , leur commandèrent de ne parler point 
au Nom de Iefus,& les laiflerent aller. 

4 1 Eux donc s'en allèrent de deuant le confeil, * s'ef- 
iouïflans s d'auoir efté rendus dignes de fouffrir op- 
probre pour le Nom d'icelui. 

4z Et tous les iours ne ceffoyét au temple & de m ai- 
fonenmaifon d'enfeigner & h annoncer Iefus Chrift. 
_ CHAP.' 



DES APOîMÉT. 



3°f 



C H A P. VI. 

l r n murmure ejlant jitrucuu à l'occafion de certaines vefues fi- 
dèles, z les ^Jpcsires mettent en avant l'élection des dia- 
cres, ç qui jont ejliblis p.ir le commun consentement dt 
l'Eglije , 8 Sslienc l'vn d'iciuxejl tiré à resfwndre de- 
tiant les gouverneurs fows vit faux donné à entendre des 
propos qu'il tenait de Icfus. 

i TTJ T en ces jours- là, commeles difciples femuhi" 
Ej plioyent,il aduint vn murmure a des Grecs cô~ 

tre les I-kbrieux, poureeque leurs vefues eiloyent 

b mefprifees au (eruice ordinaire. 

2 Parquoi les douze , ayans appelé la multitude des 
difciples, dirent , Il n'eu 1 pas raifonnable que nous de 
laissions c la parole de Dieu d pour feruir aux tables. 

3 Regardez donc , frères , de choifir fept hommes 
d'entre vous de qui on ait bon tefmoignage, e pleins 
du S. Efprit&deiapience,auquelsnouscommettiôs 
ceit affaire. 

4 Et quant à nous , nous pourfuiurons à vacquer à la 
prierej&al'adminilliationdefaparole. 

5 Et ce propos pleut à toute la compagnie qui eftoit 
là prefente, dont ils efleurent Eiliene , perfonnage 
plein de fbyôV du S. Efprit, & * Philippe, & Procu- 
re^ N icanor, & Timon,& Parmenas,& Nicolas pro- 
fe!yte,Antiochien : 

Lesquels ils prefenterent deuant les Apoftres:& 
iceux aptes auoir prié leur impoferent les mains. . 

Et la parole de Dieu f croifloit,8c le nombre des 
difciples fe multiplioît fort en Ierufalem : grand nom 
?re oufsi s des Sacrificateurs obeiiToit à lai'oy. 

8 Or Eilïene plein de foy & de vertu , faifoit grands 
miracles & figues entre le peuple. 

9 Et quelques-vns de la fynagogue qui eft appelée des 
Libertins, & des Cyreniens, & des Alexandrins, & de 
ceux qui eftoyent de Cilice , 6c d'Alîe , ie leuerent di- 
tputans contre Eftiene. 

io Et ne pouuoyent relîlter à la fapience 5c à l'Efprit 



306 



Acte 



par lequel il parloït. 

ii Adonc ils fuborrterent des hommes , Iefquels di- 
foyent , Nous lui auons oui proférer paroles blafphe 
matoires contre Moyfê & contre Dieu. 

1 2 Et efmeurent le peuple,& les Anciens,&Ies Scri 
bes : & lui courans lus le rauirent & l'amenèrent au 
conleil : 

13 Etprefenterentdesfaux-tefmoins,qui difoyent, 
Ceft homme ici ne cefTe de proférer paroles blaiphe 
matoires contre ce iainft lieu &la Loy 

14 Car nous lui auons oui dire , que ce Iefus le Na- 
zarien deitruira ce lieu ici, & changera les ordonnan- 
ces que Moylè nous a baillées 

15 Et comme tous ceux qui eftoyent afsis au confeil 
auoyent les yeux fichez fur lui, ils virent fa face a co- 
rne la face dVn Ange 

c h a p. vil 

Eftiene repre fente aux Juifs tout l'eïlat de F alliance de Dieu 
auec leurs pères, 39 <& le train d'iceux entiers D ieu,paim 
montrer qu'Us ont toujours eflé rebelles, 51 & qu'ils fe 
montrent tels plus que iamaisjors que la vérité de l'alliait 
ce leur efl offerte en la perfonne de Jefus : 54 dont iceux 
irrités <& transportés de fureur contre lui, le lapident , in 
uoquant le Seigneur, mefmepour eux 

1 A Donc le fouueràin Sacrificateur dit, Ces cho- 

l\ fes font-elles ainfi ? 
1 Et il dit,Hommes b frères & peres,oyez, f Le Die 
de gloire s'apparut à noftrepere Abraham, du temp 
qu'il eftoit en Mefopotamie , deuant qu'il demeura: 
en Carran 

3 * Et lui dit, Sors de ton païs&d'auec ton parent 
ge,& vien au pais que ie te monftrerai. 

4 Adonc eitant forti du pais des Caldeens , il habita 
en Carran. Et de là,apres que fon père fut mort. Dieu 

rc grâce, & 

acceptée par fby, & tellement déclarée & entretenue de temps en temps , que c'a ede par 
vn fenl fupport paternel du Seigneur contre l'ingratitude, de/loyauté, & rébellion conti- 
nuelle du peunlcpo reonelurre qu'ils font euidemment en train de déchoir dutout de ce» 
fie alliance pa. leur prçfomptiozi & endurriffemen. volontaire , comme il eft fiiialeaieac 
aduenu. 



c remplie 
d'vne maie- 
ûé extraor- 
dinaire, com- 
me fi c'euft 
efté vn Ange 
qui leur fuft 
apparu : afiau 
pource que le 
Seigneur les 
\-ouLit ren- 
dre tant plus 
conuaincus 
de leur en- 
durciffement 

cefte occa- 
fion. 

Il les ho- 
nore de ces 
titres, avant 
efgard à la 
vocation du 
Seigneur, 
laquelle ne 
peut cftrea- 
neantie par 
la malice des 
hommes, au- 
tant qu'il 
plaift au Sei- 
gneur la fup- 
porter. 
"* Gen.n.i, 

Il prétend 
demonftrer 
qu'il n'y a 
jamais eu 
quVne feule 
alliance de 
Dieu auec 
fon Eglife, 
en la perfon- 
ne de leurs 
pères , ou'i- 
celle allian 
ce a regardé 
àvn feul mé- 
diateur pro- 
mis, qu'elle 
a efté fon- 



DES APO S TRI S. 



197 



le tranfporta en ce pais auquel vous habitez mainte 

nant. 

j Et ne lui donna aucun héritage en icelui , non pas 

feulement pour alleoir le pied, combien qu'il lui euft 

promis de le lui donner en poflfefsion, ik a fa poiterité 

après lui,i.içoit qu'il n'eult point d'enfant. 

6 Mais Dieu en parla ainh,* Ta poiterité feiourne- 
ra en terre eltrange : tk là ils l'aiîeruiront,cx: malmène- 
ront quatre cens ans. 

7 Mais ie iugerai la nation à laquelle il auront ferui, 
dit Dieu : & après cela ils lbrtiront J & me (eruiront en 
ce heu. 

B Puis lui donna '•' l'alliance de Circoncifion ,* & 

ainfi .Abraham engendra Ifaac, lequel il circoncit au 

huitième iourrt & Ifaac engendra Iacob, " & Iacob 

les douze Patriarches. 

9 * Et les Patriarches meus d'enuie vendirent Io- 

(èph pour cïîre mené en Egypte : mais Dieu eitoit a- 

aec lui: 

io Qui le deliura de toutes fes tribulations, & lui 

lonna grâce & fipience deuant Pharao Royd'Egy- 

>te, * qui l'établit gouuerneur fur Egypte, & fur tou- 

:efamaifon. 

:i Or il aduint vne famine par tout le piïs d'Egy 

rte, & en Canaan , & grande angoitfe : tellement que 

ios pères nepouuoyenttrouuer viures. 

i Mais * quand Iacob eut entérîu qu'il y auoit du blé 

n Egvpte, il y enuoya premièrement nos pères : 

Et à la féconde fois loféph a fut recognu par fes 
reres, & la lignée de loieph fut déclarée à Pharao. 
4 Adôc lofeoh enuoya quérir Iacob fon père: & tout 
anparentage * qui effoyent fçptintz-cir.q imes. 
% * Iacob donc defeendit en Egypte, " &y mourut, 
ii& nos pères. 

*Lefquels furent transportés en Sichem,cVmvs 
au (epufere qu'Abraham auoit acheté à prix d'argét 
es fils d'Emmor b fih de Sichem. 

Mais comme le téps de la promefle s'approchoic, 
pour laquelle Dieu auoit iuré à Abraham, * le peu 
le creut %c fe multiplia en Egvpte. 
8 Iufqu'à tant qu'vn autre" Roy fe leuaen Egypte, 

— 3Lil 



* Gen. ij» 



'Gen 17.10 

*G<».u 2. 

B Genef. 19. 

i$.&» 30.5. 

*Gen.îi.it 



* (7f.41.37. 



GtM.àft 2. 

Çf»4S4. 

ou, fc don- 
na à cognoi- 
ftre à fes frè- 
res. 

*Ge 4^.27. 
dem to 22. 

» Ge. 49 .u. 

*?XQ I 2. . I £ 

iof.2.4. Si- 
*Ge.ix.i6. 
&• 23.19. 

r>u,(pere) 
deSi< hem. 
t ou. laquelle 
Pieu ..; 
faite à Abra- 
ham auec fer- 
ment. 
* £xoU. 1.7. 



;ô$~ 



~fi~C T E 



keb.il. zi. 

• Gr. beau, 
ou, detrci*- 
bonuc grâce 
à Dieu. 
i> ou, lete- 
Tuntjl'ayant 
adopte pour 
fon rîls. 

'• Exo.i 1.2 



lequel n'auoît point cognû IafephT" 

19 Icelui vfantde rufeàl'encontre de noftre mtion, 
mal mena nos pères , iufques à leur faire expofer à l'a- 
bandon leurs enfans,afin d'en faire faillir la race. 

20 * Auquel temps nafquit Moyfe, qui fut* diuine- 
ment beau,& fut nourri trois mois en la maiiondc 
fon père. 

Puis quand il fut expofé à l'abandon , la fille de 



e ou, foulé. 
d Gr. ft*. 
pan t. 



*EXQ.Z.l$ 



£ îxo. 3.2 



G.dubuif- 
fon. 



!/Gr 
vlie. 



Deft.v 



foi 



comme 



Pharao l'emporta , & le nourrit pour 
fon fils. 

22 Et fut Moyfe inltruit en toute la fapience des Egy- 
ptiens : or eitoit-il puifTant en dits & en faits. 

23 '•' Mais quand il vint à l'aagede quarante ani ,jj 
lui monta au cœur d'aller vifîter fes frères les en- 
fans d'ifraet : 

24 Et voyant l'vn d'iceux à qui on faifoit tort , il î 
défendit, &: vengea celui qui eitoit c outragé, d r 
l'Egyptien. 

25 Or penfoit-il que fes frères entendirent que Dieu 
leur deuoit donner deliurancepar fa main : mais ils 
ne l'entendirentpoint. 

z6 * Et le iourfuiuantil fe trouuaentr'eux comme 
ilsfecombatoyent,6\rtafcha de les mettre d'accord. 
difant,Hômes,vous elles frères, pourquoi faites-vous 
tort l'vn à f autr 

27 Mais celui qui faifoit tort à fon prochain, le re 
bouta , difant , Qui t'a ordonné prince de iuge fu? 
nous? 

28 Me veux- tu tuer,ainfîque tu tuas hier l'Egyptien 
Z9 Adonc Moyfe s'enfuit fur vn tel propos , Se fu 
eifranger au pais de Madian , où il engendra deux fils 

30 Et quarante ans accomplis, t l'Ange du Seigneu 
s'apparut à lui audefertde la montagne de Sina,ei 
vne flamme de feu e qui eitoit en vn buiiibn. 

3 1 Et quand Moyfe le vid, il s'efmerueilla de la vilîon 
&: comme il s'approchoit pour con/iderer que c'efioit 
la voix du Seigneur lui fut adrefTee, 

3 2 Difant , le fuis le Dieu de tes pères , le Dieu d'A 
braham , & le Dieu d'Ifaac , & le Dieu de Iacob. E 
Moyfe tout tremblant n'ofoit coniiderer que c'efioit. 
3 3 Adôc le Seigneur lui dit^ f DeichamTe les foulier 



.RES, 



4-Oi 



de tes pieds : car le lieu où tu es,eft terre faincte. 
34 l'ai veu,i J aiveu l'affliction de mon peuple qui eft 
©nEgvpte, &i'aioui leur gémi (Te m et, 8c fuis defcédu 
pour les deîiurer: maintenant donc vien-ça,ie t'en- 
uoyerai en Egypte. 

55 Ce Moyfe lequel ilsauoyent renié, difans , Qui 
[t'a ordonné prince & iuge?c'eft celui que Dieu en- 
uoyapoiT piince& libérateur a par la main dePAn- 
ge qui lui apparut au buiiïon. 
g<ç Ceft celui qui les rira hors,* faifant miracles & 
, en Egypte, & en la mer rouge, & au defert, par 
quarante ans. 

3 7 C'elr ce Moyfe qui a dit aux enfans d'ïfrael , v Le 
Seigneur voitreDieu vous fufcitera vn Prophète tel 
que moi d'entre vos frères : efcoutez-le. 
38 * Ceft celui quifiiten l'afTemblee au defert auec 
l'Ange qui partait a lui en la montagne de Sina , & qui 
fut auec nos Pères : lequel a receules b diuines pa- 
roles viues pour les nous donner : 
3P Auquel nos Pères ne. voulurent point obéir, mais 
Je rebouterent, & fe détournèrent en leur cœur;««r seigrS C 
retourner en Egypte, 

40 Difansà Aaron, * Fai-nous des dieux qui aillent 
deuant nous : car nous ne fauons qu'il eft aduennà ce 
Moyfe ici qui nous a amenés hors du païs d'Egypte. 

41 Etencesiours-làils firent vnveau,&: offrirent fa 
crifices à l'idole, & s'efgayoyent es œuures de leurs 
mains. 

41 Donc aufsi Dieu fe c deftourna , & les" abandon 
na à feruir à la gédarmerie du ciel, ainfi qu'il eft efcrit 
au liure des Prophètes, M Maifon d'Ifrael,m'auez-vous 
offert facrifices & oblations par quarante ans au 
defert ? 

43 Ains vous auez porté le tabernacle de Moloch, & 
l^itoille devoftre DieuRemphan :lefquelles figures 
vous auez faites pour les adorer : pource vous tranf- 
porterai-ie outre Babylone. 

44 Le tabernacle du tefmoignage a efté auec nos Pè- 
res au defert, comme auoit ordonné celui qui auoit 
dit à Moyfe } * qu'il le fit félon le patron qu'il auoit 
reu. 

: . v-i£ 



c. par U 
conduite 8c 
Verni. 

Sxcd.f. 

11.U.&14. 

Dent. t8. 
S.ftes 3.22. 

î: £xo. 19.3. 

k ou , les or- 
donnances: 
ou , les ou- 
ïes viuans 



Rom. $.2. 

■fc ^#.32.1, 



c aflau. com- 
me iceux s'e. 
Kans les pre- 
miers retour- 
nés en ar- 
rière. 

{] ^imos J.2J 
eu ce pajjage 
A efté expefê. 



* Exod.2$, 



310 



C T E S 



45 * Lequel tabernacle aufsi nos Pères receurent, 8c 
l'amenèrent auec Iofué a au pais qui efloit poifedé 
par les Nations, que Dieu a deiettees dedeuant nos 
Peres,iufques aux iours de Dauid. 
46* '•' Lequel trouua grâce deuantDieu,& demanda 
qu'il trouuafl vn tabernacle au Dieu de Iacob. 

47 * Et Salomon lui édifia vnemaifbn. 

48 "fc Mais le Souuerain n'habite point es temples 
faits de main,comme le Prophète dit , 
4P "Le ciel eft mon throne,& la terre le marche-pied 
de mes pieds: quelle maifon me bafHrez-vous? dit le 
Seigneur : ou quel elr le lieu de mon repos ? 

50 "M a main n'a-elle.pas fait toutes ces chofes ? 

5 1 b Gens de col roide , & c incirconcis de cœur & 
d'oreilles , vous-vous aheurtez toufiours contre le 
Sairrd Efprit : comme vos pères ont fait , aufsi fai- 
tes-vous. 

$1 Lequel des Prophètes n'ont perfecuté vos pères? 
ils ont mefme tué ceux-là qui ont prédit Taduenemét 
du d Iufte,duquel maintenant vous auez elle trailtres 
& meurtriers. 

53 Vous * qui auez receu la Loyparla difpofition 
des Anges,& ne l'auez gardée. 

54 Eux oyans ces chofes, creuoyenten leurs coeurs, 
&grinçoventîcs dents contre lui. 

55 Mais lui elhnt plein du SaincT: Efprit, ayant les 
yeux fichés vers le ciel, e vid la gloire de Dieu, & 
Iefus eitant à la dextre de Dieu. 
5<* Et dit, Voici ievoy les cieux ouuerts,& f le Fils 
de l'homme eitant à la dextre de Dieu. 

57 Adonc s'efcrierent-ils à haute voix , & eftoupe- 
rent leurs oreilles, & tous d'vn accord fe s ruèrent 
contre lui. 

58 EtTavansietté hors de la ville , ils le lapidoyent: 
& h les tefmoins mirent leurs veftemens aux pieds 
d'vn ieune homme nommé Saul. 
%9 Et lapidoyent Eftieneinuoquant&difant,* Sei-| 
gnéur Iefus reçoi mon efprit. 

aflTau pour 

raonftrerque cefuftplurtcft d'impetuoiité en tumulte , que par procédure qui enftapp*. 
rente de iuftic'e. h affàîf. comme ceux qui corrimençoyent les premiers àieteer lespierrçs 
contre celui contre lequel ils auoyenucfmoignc.voyczDcut.i 7.7. 



* i«r.M4. 

«t Gr. en la 
polfefsion 
des Nations. 
'•' t.Sam.ié. 

I : . z fjm. 7. 
2.^.132.4. 

X K.K9U 61. 
I. Crà.ïJ.l 2. 

•ÎT i.Kwx 8 
27.1 crott.il 
6 fout 17.14. 

S fa 66 1. 
manière de 
parier ordi- 
naire aux Pro 
Î hères & à la 
.oy, pnnfc 
par fimilitu- 
<ie des beftes 
qui ne fe veu 
lent (ubmet- 
treà tirer le 
ïoug. 

c.qui ne te- 
nez rien delà 
vérité de la 
circoncifl. m 
fpirïtuelle. 
voyez D eut. 

aflTau de Ie- 
fus Chriftqui 
eftTautlieur 
de route in- 
itie e Se la iu- 
fticemefme. 
4* Sx 0.19. 3. 
gat 2 ij. 

aflau. par v- 
«c vertu ex- 
traordinaire 
du S Efprit. 
/ affaii. Iefus 
çn fà maiefté 
fouueraine, 
en qualité 
d'homme eC- 
leué en la 
gloire du vrai 
Fils de Dieu 
%?Lu>. 23.46 



P E S A P O 8 T * E s. 



* 



34- 



tfo Puis s'eftât mis à genoux , il s'efcria à hautevoix, 
difant ,* Seigneur ne leur impute point ce péché. Et 
quand il eut dit cela,il s'endormit. 

c ha p* viii. 

Eslicne ayant cs7cenfeueli s 4 la dijperfion qui enfuit cette 
perfecut ion-là fait que la paroje de Dieu commence à s'ef- 
pandrc par tout , iujqua, en Sumarie } 5 nommément pa,r 
le ministère de Thi lippe : 14 dont plu fie ur s ayans eïié 
baptixesy Pierre &- Jehan leur font enuoyés, & à l'impofi- 
tion de leurl mains auec prière ils résinent les dons du S. 
Esprit: 18 & àcefte occafion la maudite confeicme de Si- 
monnayant contrefait le fidcle,eftdefcouuerte. 16 Le Sei- 
gneur attire à fa cognoïfance l'eunuque de la roine Canda- 
ce par le ministère de Tbi lippe. 

1 ^\ Reitoit v SaulconfentantàIamortd , icelui:& 
K.J a en ce temps-là fut faite grande perfecution à 

l'encontrede lEglife qui eftoit en Ierufalem : dont 

tous furent efpars par les quartiers de Iudee & de Sa 

mane,hormis les Apoftres. 

i Et quelques hommes craignans Dieu, emporte 

rent Eltiene^ow l'enfeuelir , & menèrent grand dueil 

fur lui. 

$ * MaisSaul rauageoit l'Eglife, entrant par toutes 

les maifons : & traînant par force hommes & femmes 

i lesmettoirenprifon. 

4 Ceux donc qui furent efpars t c alloyent ça & là 
annonçans la parole de Dieu. 

5 Et d Philippe eftant defeendu en vne ville de Sa- 
inarie,leurprefcha Chrifr. 

6 Et les troupes eiroyent attentiues d'vn accord à 
ce que Philippe difoit, oyans & voyans les fïgnes 
qu'il raiibit. 

7 Car les efprits immôdes en criant à haute voix for- 
toyent hors de plufieursqui en eiroyent détenus, & 
beaucoup de perclus &de boiteux furent guéris. 

8 Dont grand' ioyeaduint en cefte ville-la. 

9 Oryauoit-il eu auparauantenla ville vn homme 
qui s'appeloit Simon,qui exercoit l'art d'enchanterieJ 
&: e enforceloit le peuple de Samarie,fe difant eftre ^e""SJlf n « 
quelque grand perfonnage. 
1 V i"j 



'•' Sausiî. 

20. 

" Gr. en ce 

iour-Ià. 

* SOVA 2 2. 4. 

b ou , les & 

uroit ( pour 

cftremisjen 

prifon. 

"t Matt. 10. 

* aiT. Je Sef. 
gneur accô- 
pagnam les 
fïens de fês 
dons,& leur 
adreffant co- 
in e vnc voca- 
tion extraor- 
dinaire. 
<*■ qui eftoic 
l'vn des fepe 
fus <5.y. 
« aflaii. leur 
rendant le 
fats tcllemct 
trouble, qu'ils 
croyôyent 
eitre vrai 
tout ce qua 
ceft inipo- 
fteur leur di- 
foit de fa 
perfonne. ou» 
rauiflbir hor« 



au vewu. 



a c. donna 
«flcntiment à 
laveritc,&en 
fit profefsion 
aucc les au- 
rres,mais non 
qu'il en fuft 
toutlrc au 
cœur pro- 
prement. 
b afTau. non 
comme eftas 
mai (1res fur 
leurs frères: 
mais afin de 
maintenir 
vnio:i en 
l'Egl.Tefous 
Taiuliorité 
du collège 
des Apoihes. 
c c. les do is 
cxrraordinai-'' 
res qui accô- 
pâenoyent la 

Î>rofefr>ion de 
ifuy pour 
lors. 



d ou, de por- 
tion. 



e voyez 
Peut. 29.18, 
8iHcb.11.15 



ÎVL - 7 rACTES 

10 Auquel tous eftoyent attentifs depuis le plus pe- 
tic iufques au plus grandjdifans , Ceftui-ci eft la vertu 
de Dieu,la grande. 

11 Et eltoyent attentifs à Iui,pource que dés long 
temps il lesauoit enforcelés d'entendement par fes 
enchàntemens. 

ï z Mais quand ils eurent creu à Philippe, annonçant 
ce qui appartient au royaume de Dieu, & au Nom de 
Iefus Cnrift, tant hommes que femmes furent ba- 
ptizez. 

13 Et- Simon n creut aufsi lui-mefme : lequel après 
aubir elle baptizé , ne bougeoit d'auprès de Philippe: 
& voyantles fîgnes & vertus qui fe fàifoyent,eiloit ra- 
ui comme hors de foi-meime. 

14 Or quand les Apoltres qui eftoyent en Ierufalem, 
eurent entendu que Samarie auoitreceula parole de 
Dieu, ils b leur er.uoyerent Pierre &Iehan : 

15 Lefquels eihns là defeendus prièrent pour eux* 
arm qu'ils receuffentle c faincl Efprit, 

16 (Car il n'eitoit point encore defeendu fur aucun 
d'eux, mais feulement ils eftoyent baptizés au nom 
du Seigneur Iefus.) 

1 7 Puis ils leur impoferent les mains , & keux receu- 
rentlefainâEfprit. 

18 Adonc Simon ayant apperceu que par Pimpofi- 
tion des mains des Apoltres le fainct Efprit eltoit dô- 
néjlleurprefenta de l'argent: 

19 Difant, Donnez-moi aufsi cefte puiiTance, que 
tous ceux à qui i'impoferai les mains, reçoiuent le S. 
Efprit. 

20 Mais Pierre lui dit, Ton argent periffe auectoi, 
de ce que tu as elHmé le don de Dieu s'acquérir 
par argent. 

ir Tu n'as point de part ne d d'héritage en ceft aft'ai- 
re : car ton cœur n'eft point droit deuant Dieu. 
22 Repen-toi donc de celte tienne malice, & prie 
Dieu, fi pofsiblela penfee de ton cœur te feroit par- 
don née. 

3 Car ie voy que tu es * en fiel tref-amer,& en lien 
d'iniquité. 
24 Lors Simon refpôdit,& dit, Vous antres priez poi 



DES APO S*TRES" 



Ul 



t moi entiers le Seigneur,afin que rien ne vienêlïïrmoi 
des choies que vous auez dites. 
x$ Eux donc après auoir tefti fi é & annoncé la parole 
du Seigneur,retournerent en Ierulàlerh , & annoncè- 
rent l'Euangiie en plufieurs bourgades des Samari- 
tains. 

i6 Puis après l'Ange du Seigneur parla à Philippe, 
difant,Leue-toi, &t r en va vers le Midi,au chemin qui 
defcend de lerufalem à Gaza,celle qui elt a deferte. 
27 Lui donc le leuant s en alla, & voici vn homme E 
thiopien, b Eunuque, c qui auoit tout maniement fous 
Càmiâcç roine des Ethiopien^ commis fur toutes les 
rictieffes d'icelle: & qui eftoit venu pour adorer en le 
rufalem. 

zS Or s'en retournoit-il eftant afsis en Ton chariot,& 
Iifoit le Prophète Efaie. 
19 Adôc FEfprit dit à Philippe,Approche,& t'adioin 
-à ce ch:iriot. 

50 Et Philippe accourut, & l'ouit qu'il Iifoit le Pro 
pheteEfaie,&lui dit,Maisentens-tu ce que tu lis? 
3 r Lequel dit, Et comment le pourroy'-ie entendre , fî 
quelcun ne me guide ? Et pria Philippe de monter , & 
s'alfeoir aueclui. 

32 Orlepaflagede l'Efcriture qu'il Iifoit, eftoit ce 
itui-ci , * Il a eité mené comme vne brebis à la tuerie, 
& comme vn agneau d muet deuant celui qui le tond, 
ainfî n'a-il point ouuert fa bouche. 

33 En fon abbaiffement fon iugement à efté hauiîe: 
mais qui racontera fa duree?car fa vie eitenleuee de la 
terre. 

3 4 Lors I E unuque print la parole,&dit à Philippe,Te 
te prie,de qui dit cela le Prophète ? de foi , ou de quel- 
que autre? 

35 Adonc Philippe ouurant fa bouche, & commen- 
çant par celte Efcriture, & lui annonça Iefus. 
3 6 Et comme ils alloyent par le chemin , ils vindrent 
à quelque eau: adôc l'Eunuque dit, Voici de l'eaurqui 
m'empefche d'eitre baptizé? 
3 7 Et Philippe dit, Si tu crois de tout ton cœur, il elt. 
loifîble. L'eunuque donc refpôdant^dit, le croy que Ie- 
fus Chriit elt le Fils de Dieu. 



« ainfî nom- 
mée pour la 
difeerner dv- 
ne autre Ga- 
za qu'Alexan- 
dre auoit rui- 
née. 
b voyez Ge. 

i% 36. 

c ou , qui e- 
itoic l'vn de» 
princes de U 
cour de Caa- 
dacc. 



;. qui ne 
point. 



5 T4 



Acte 



« é. Tcnlcua 
foudain pjr 
vnc vertu ex- 
traordinaire. 



*Gal.u i?. 
i.tim. r. x$. 
A ou , fouf- 
flant encore 
menaces & 
rnerie. 

affau. vers 
ceux , enuers 
refqucl ils a- 
rfoycnt alT- 
thnriré patti- 
culiere à cau- 
fe de leur re- 
ligion. 
d eu, profc£ 
lion. 

''Sous 22.6. 
& 26.1 $. 
î: i.Cor. iç. 
8.2. cor. 12. 
2. 

c. de te 
prendre à 
plus fort que 
toi. 

1/ voyez fou? 
I 22.9.011, me 
! voix, ou , le 

i bruit. 



3 8 Et commanda que le chariot fuit arrèfté : & tous 

deux defeendirent en l'eau , Philippe & l'Eunuque: & 

illebaptiza. 

3 9 Et quand ils furent remontés hors de Peau, I'Efprit 

du Seigneur* rauit Philippe , & l'Eunuque ne le vid 

plus: & s'en alla ioyeux par fon chemin. 

40 Mais Philippe fe retrouua en Azote : &en paflfant 

annonça l'Euangile par toutes les villes, iufqu'à ce 

qu'il vint en Cefaree. 

C H A P. IX. 

La conuerf on plus qu'admirable de Saut, 20 &fon%eleà 
prefeber la vérité du Seigneur y 23 dont ejlant perfe- 
cuté en Damas , il fe retire en ferufatem, 29 oh il fait 
aufoi pareil deuoir , & pour ce/le cauje eft contraint de 
Je retirer en Tarfe. 3 2 Tierre vif tant les Sglifes de lu~ 
dee, guérit Eneee le paralytique > 36 ejîant appelé en lop- 
pe , y reffufeite Tabitha , 43 & loge pour vu temps che\ 
vn certain Simon conroyeur, 

KJ tuerie contre les difciples du Seigneur, s'eltât 
.adreiTé au fouuerain Sacrificateur, 

Lui demanda lettres de fa part pour porter en Damas 

aux Synagogues -.afin que s'il en trouuoit quelques 

vns de celle d fe&e, hommes & femmes, il les amenait 

liés en Ierufalem 

Or aduint qu'en cheminant il approcha de Da- 
mas , & foudainement vne lumière refplendit du ciel 
comme vn efclair à Tentour de lui. 

Dont eltant tombé par terre , * il ouit vne voix qui 
lui difoit, S'aul, Saul, pourquoi me perfecutes-tu? 

Et lui refpondlt, Qui es-tu Seigneur? Et le Seigneur 
dit,Ie fuislefusjlequel tu perfecutes:ilt'eitdur e ae re- 
gimber contre 'es aiguillons. 

Lequel tout tremblant & effrayédit, Seigneur, que 
veux-tu que ie face?Et le Seigneur lui a?/7,Leue-toi,& 
entre en la ville, & là il te fera dit ce que tu dois faire. 

7 Or les hommes qui cheminoyentaueclui, s'arre- 
tterent tous efpouuantés, oyans bien la voix f eticelm 9 
mais ne voyans perfonne. 

8 Et Saul fe leua de terrée ouurât fes yeux ne voyoit 



DES APOSTRE S. 



perfonnerparquoi ils-Ie conduisirent par la main , ^ « 
menèrent en Damas. 

9 Où il fut trois iours fans voir , a & fans manger ne 
boire. 

10 Oryauoit-il vn certain difciple en Damas nom- 
mé Ananias, auquel le Seigneur dit en vifiô, Ananias: 
Et il dit, Me voici, Seigneur. 

Et !e Seigneur lui dit, Leue-toi,&r t'en va en la rue 
quielrr.ommeela Droite , & cercheenlamailbnde 
IuHas vn nommé Saul, qui eit de Tarfe: car voila jl 
prie. 

ii b ( Or auoit Saulvtw en vifion vn perfonnage no- 
me Ananias,entrant & lui impofant la main, afin qu'il 
recouuraftlaveuë) 

13 Et Ananias refpondit, Seigneur, i'ai ouï pir/ir à 
plufieurs touchant ce perfonnage , combien de maux 
il a tait à tes faincts en Ierufalem. 

14 Mefmes auisi il a ici authonté de par les princi- 
paux Sacrificateurs, de lier tous ceux qui f inuoquent 
ton Nom. 

1 f Mais le Seigneur lui dit, Va : car il m'eft vn inftru- 
ment d'édité/ pour porter mon Nom deuantles Gen 
ti.ls,& les Rois, & les enrans dlirael. 

16 Car ie lui montrerai combien il lui faut îbuffrir 
pour mon Nom. 

1 7 Ananias donc s'en alla , & entra en la maifon. Et 
ui impofant les mains,dit, Saul frère, le Seigneur^ 

noir Iefus, c qui t/eir, apparu par le chemin par lequel tu 
venois,m'aenuoyé afin queturecouureslaveuë, & 
fois rempli f du fainct Efprit. 

1 8 Et foudain cheurét de fes yeux comme des efcail- 
Jes , &: à Imitant il recouura la veué puis il fe leua , & 
fut baptizé. 

ip Et ayant mangé il reprint force. Ainfî Saul fut par) 
quelques iours aueclesdifciplesqui eitoyent en Da-] 
mas: 

zo Et prefcha incontinent es fynagogues,que Chrîir 
eltoitFilsdeDieu. 
2 r Dont tous ceux qui l'oyoyenteftoyent comme ra- 
uis hors d'eux-mefmes , & difoyent , N'ehVce pas ce- 
itui-ci qui a deilruit en Ierufalé ceux qui inuoquoyet 



le 



ou, durant 
e r quels il 11c 
Dirigea ui ne, 

eut. 



f> ou,Frila-j 
veu , &c. en 

continiMiiclc 
propos du 
Sagnciu à 
Ananias, rou» 
chant lciUt 
de SauL 



c ou, qui ré- 
clament ton 
Nom:t.qiiite 
feruent : ou, 
qui fe renom- 
ment des tics 
& ainfî au 
\'cr.2r. 
d c.pcurrcu- 
dre tc.'moi- 
gna»cdcmoi 
enpleinchar- 
die(7c. 

u, lequel 
tu as veu. 



f alfa, au re- 
gard des dos 
particuliers: 
fus 8.1 j. 



m 



Acte 



« OU, cftoit 
fortifié. 
b atfà. par 1 
conférence 
des Ecritu- 
res. 
*2.Cor.it. 
32. 



t afTau. pour 
eniter l'iniu- 
fte violence 
des perfecu- 
teurs aucc 
vne bonne 
prudence & 
fins feanda- 
Ie. 

d ou,s'eftoit 
porte fran- 
chement en 
parlant, &c. 
« voyez fus 
6.1. 

f afToupour 
fa. plus gran 
de feuretc , 
«a pour lu 
donner quel- 
que relâche 
en attendant 
l'opportuni- 
té. 

% c'eft le ti- 
tre commun 
des fidèles , 
oui mon- 
firoyent par 
leur conuer- 
lâtron que ce 
nom leurco» 
Benoit aufsi, 
fe feparans de 
cœur & de 
fBk de Pa- 
mour du mo- 
de. 



h comme qui 
dir oit en no. 
foc langage. 
Dûn. 



ce Nom,&:ert venu ici exprès, afin qu'il les emmenaft 
liés aux principaux Sacrificateurs? 

22 Mais Saul a s'efforçoit de plus en plus , & confon- 
dent les Iuifs qui habitoyent en Damas , b confermant 
que ceftui-ci eitoit le Chrift. 

23 Or long temps après les Iuifs complotèrent en- 
femble pour le mettre à mort. 

2,4 Mais leurs embufehes vindrent à notice à Saul. 
* Or gardoyent-ils les portes iour & nuidfc , afin de le 
mettre à mort. 

2 ? Mais les difciples le prenans de nuict , le c defeen- 
dirent par la muraille,, en Pauallant en vne corbeille. 
2cT Et quand Saul fut venu en Ierufalem,ii tafehoit de 
fe ioindre aux difciples: mais tous le craignoyent , ne 
croyans point qu'il fuit difciple. 
27 MaisBarnabasleprint, & le mena aux Apofrres, 
& leur raconta comment par le chemin il auoit veu le 
Seigneur qui auoit parlé à lui: Se comment il d auoit 
parlé franchement en Damas au Nomdelefus. 

Ainfi donc il eitoit allant & venant auec eux en 
Ierufalem. 

19 Et fe portant franchement au Nom du Seigneur 
Iefus, il parloit & difputoit contre les e Grecs:mais ils 
tafehoyent de le mettre à mort. 
3 o Ce que les frères cognoilTans,le menèrent en Ce- 
faree, & Tenuoyerent f en Tarfe. 
3 1 Ainfi donc les Eglifes par toute Iudee, & Galilée, 
& Samarie auoyét paix,eitâs edifiees& cheminans en 
la crainte du Seigneur, &eftoyent multipliées par la 
confolation du fainétEfprit. 

3 2 Aduint que comme Pierre pafiToit par deuers tous, 
il vint aufsi vers s les fain6ts qui habitoyent en Lydde. 
3 3 Et trouua là vn homme nommée Enee,qui depuis 
huit ans gifoit en vn petit lict & eftoit paralytique. 
3 4 Et Pierre lui dit, Enee,Iefus Chrift te guerifTe:Ie- 
ue-toi, & te fai ton liai : & incontinent il fe leua. 
3 f Et tous ceux qui habitoyent en Lydde & en Sarô 3 
!e virent:lefquels furent conuertis au Seigneur. 
35 Oryauoit-il aufsi en Ioppe vne certaine difciple 
nommée Tabitha, qui fignifie h Dorcasrlaquelle eitoit 
oléine de bônes œuures&d'aumofnes qu'elle faifoit. 



! 



D ES APÔST*BS .~ 3I7 

37 Aduintences iours~-là qu'elle deuint malade ,"& 
mourut. Et quand ils l'eurent a lauee , ils la mirent en 
vne chambre haute. 

3 8 Et d'autant que Lydde eftoit près de Ioppe, les di- 
fciples entendans que Pierre eftoit en Lydde,enuoye- 
rent vers lui deux hommes , le prians qu'il ne tardait 
point de venir iulqu'à eux. 

39 Pierre donc feleu a .,& s'en vint auec eux. Et quâd 
il fut arriuL-, ils le menèrent en la haute chambre: & 
toutes les vefues fe prefenterent à lui en pleurant , &z 
monitrans combien de robbes & veitemens faifoit 
Dorcas quand elle eftoit auec elles. 

40 Mais Pierre après les auoirtous enuoyés hors,fe 
mit à genoux 3 8c pria, puis fe retournant vers le corps 
dir,Tabitha , leue-toi. Elle.ouurit les yeux , & voyant 
Pierre, fe rafsit. 

41 Adoncilliii donna la main ,&: la leua: puis ayant 
appelé les fainds& les vefues } il h leur prefentavi- 
liante. 

41 Et cela fut cognu par toute Ioppe : & plufieurs 
creurent au Seigneur. 

43 Et aduint qu'il demeura plufieurs iours en Ioppe, 
chez vn certain Simon conroyeur. 

C H a p. x. 

Tierre [muant vue vif on à lui adrejfee ,s 3 en va vers Cor- 
ncille Cc^tcnicrVayen s homme ta adonné à la crainte de 
T>ic/t } pour lui annoncer fc fus CbrisJ : 34 &ainfi qu'il 
lui a:angeli%e Omsl^ le S. Efprit ratifie le tout, enpreue- 
nantmcfme le Baptefmc^qui cft à ccfte o:c afi on prompt emlt 
adminijhré par l'ordomace de Tierre à Corneille, & à tous 
ceux quife irouuent auec lui. 

1 /^V K y auoit-il vn certain perfonnage en Cefaree, 
VJ nommé Corneille } Cétenier de fa bande appe- 
lée Italique. 

2 Homme deuotieux 6v b craignant Dieu , auec toute 
fa famille , faitantaufsi beaucoup d'aumofnes au peu- 
ple^ priant Dieu afsidueilement. 

3 Icelui vid en vifion manifeitement enuiron neuf 
heures du iour , vn Ange de Dieu qui vint àlui 3 & lui 
ditjCorneille, 



affâu.felon 
l'vûge du 
temps & da 
lieu^pourret 
moigner ta£ 
feurancequo 
auoit de la • 
efurreftio» 
a venir. 



h c. r/adïafr. 
rat point aux 
idolâtries des 
Pajens donc 
il eftoit, ains 
tefmoignanc 
qu'il reco- 
gnoiflfoit lo 
(cul vrai 
Dieu que le* 
Iuifs ajo- 
royent , & e£ 
perant au 
vîefsias àve- 
îir > encores 
qu'il ne fuit 
>oint citeou- 
H. 



« c. le Sei- 
gneur a exau- 
cé tes pric- 
TeSjfuiuantlc 
tcfmoignagc 
«le fa crainte 
«jujl auoit 
nûfe en ton 
cœur. 



* e. de fcs 

plus intimes 
domeftiques 
qui ne bon 
geoyent da- 
lice lui. 

arTui. furie 
toift , qu'on 
faifojt en 
plateforme, 
tellement 
qu'on s'y 
fouuoit 
pourmener. 



d c'eft ayant 
efgard à l'vfà 
ge de la Lov 
* il efloii 
•défendu aux 
Juifs de man 
gerdecertai 
nés fortes de 
viande: dont 
Pierre n'en- 
tend oit pas 
encores que 
on de uft cftre 
affranchi par 
Jc'îis Chrift, 
Kon plus que 
h but de ce- 
(te vifion. 



3l8 A C Y £ S 

4 Et îcelui ayant les yeux fichés vers lui , &: effraye, 
dit, Qu'y a-il Seigneur ? & il lui dit , a Tes orailons & 
tes aumofnes fontmontez en mémoire deuant Dieu. 

Maintenant donc enuoye gens en Ioppe,&enuoye 
quérir Simon qui efl furnommé Pierre. 

6 II efUogé chez vn certain Simon conroyeur , qui a 
fa maifon près de la mer : cefrui-là te dira ce qu'il te 
faudra faire. 

7 Quand l'Ange qui parloit à Corneille s'en fut allé, 
il appela deux de fes feruiteurs, & vn gendarme, crai- 
gnât Dieu, b d'entre ceux qui fe tenoyet autour de lui 

8 Aufquels ayant le tout raconté ,il les enuoya en 
Toppe. 

9 Or le lendemain comme iceux cheminoyét, & ap- 
prochoyentde la ville , Pierre monta fur la maifon 
pour prier, enuiron les fix heures. 

10 Aduint que lui ayant faim voulut prendre fa réfe- 
ction: & comme ceux de la maifon lui appreltoyent à 
manger,ilIuifuruintvnrauirTementd'efpnt. 

11 Et il vid le ciel ouuert,&vn vailTeau defeendant 
fur foi comme vn grâd linceul lié par les quatre bouts, 
& deuallant en terre. 

x z Auquel il y auoit de toutes fortes d'animaux ter- 
re(tres,à ouatre pieds, & des belles fauuages,&des re- 
ptiles^ des oifeauxduciel. 

13 Et vne voix lui fut adrefTee,difant,Pierre,!eue-toi, 
tue,& mange. 

14 Mais Pierre refpçn^it, Ainfîn'aduiene Seigneur: 
cariamais ie ne mangeai aucune d chofe pollue ou 
fouillée. 

Et la voix dit encore pour la fecodefois,Les cho- 
f£sque Dieu a purifiées, ne les tien point pour pol- 
lues. 

16 Or aduint cela par trois fois : & puis après le vaif- 
feau fe retira au ciel. 

17 Et comme Pierre eftoit en perplexité en foi^mef- 
me , quelle vifion c'eftoit qu'il auo-it veuë : lors voici 
les hommes quieftoyent enuoyésdelapartde Cor- 
neille, s'enquerans de la maifon de Simon, furuindrét 
à la porte. 

i 3 Et ayans appelé ^/^demandèrent fi Simô, qui 



3H 



DES APOSTRES. 

eltoit iurnomme Pierre, eltoit logé leans. 
j? Et comme Pierre penfoit touchant la vifîon,l'Ef- 
prit lui dit, Voici trois perfonnagesqui te demandent. 
20 Pai quoi * Ieue-toi,& defcen , ïk t'en va auec eux, 
fans en taire ditficulté:car c'en; moiqui les ai enuoyés, 
zi Pierre, donc eitans defcendu vers les gens qui lui 
auoyentefté enuoyés de la part de Corneille,te//rdit, 
Voici, ie fuis celui que vous cerchez : quelle eit la 
caufe pour laquelle vous eltes venus? 

22 Lefquels dirent,Corneille Centenier, homme iu- 
ite&r craignant Dieu, & ayant tefmoignage de toute 
la nation des luirs,a elle aduerti de Dieu par vn fainâ 
Ange de t'enuoyer quérir pour venir en iamaifon , Se 
•t'oiiir parler. 

23 Adonc Pierre les ayant fait entrer, les logea, &le 
lendemain s'en alla auec eux, & quelques vns des fre 
res de Ioppe lui tindrent compagnie. 

24 Et le lendemain ils entrèrent en Cefaree. Or Cor- 
neille les attendoit, ayant appelé les parens & Tes fa 
miliers amis. 

25 Et comme il aduint que Pierre entroit, Corneille 
venant au deuant de lui , & Ce iettant à fes pieds , b l'a- 
dora. 

16 Mais Pierre le releua,difant, e Leue-toi.ie fuis auf- 
fî homme. 

27 Puis parlant auec lui , il entra, & trouua plufieurs 
qui s'eftoyent 1 1 aflêmblés. 

28 Et leur dityVous fauez v comment il n'eltpas loili- 
ble à vn homme Iuif de le iomdre,ou d'aller vers vn e 
ftranger: mais Dieu m'a montré que ie ne die aucun 
homme eftre poilu ou fouillé. 
2p Parquoi aufsieftant enuoyé quérir , ie fuis venu 
fans contredit : ie vous demande donc , Pour quelle 
caufe m'auez-vous enuoye quérir? 

30 Alors Corneille /«/dit, Il va quatre iours à cette 
heure que i'eltove en iufne,& raifoye prière à neuf 
heures enmamaifon:adoncvoici, vn homme lèpre- 
fenta deuant moi en vn vertement relui faut. 

31 Et dit, Corneille, ta prière eft exaucée , &tesau- 
mofnes ont e'té ramc;nteués deuant Dieu. 
3 1 Enuoye doc en Ioppe,& enuoye quérir de là Sim<* 



*Sousty? % 



a Gr. ouit 
parole» de 



b c. s'abaifli 
fe profternat 
deuant lui 
d'vne foçoa 
excefsiue. 
c aflT. d'autanc 
que Pierre 
remarquent 
en cefte xc- 
uerence» vnc 
cfpecc dede- 
uotiô ennetS 
Dieu. 



220 



A C~T Ê S 



qui eff furnooïme Pierre , qui eftlogéen lamâïfon de 
Simon conroyeur près de la mer , lequel eftantvenu 
parlera à toi. 

3 3 Parquoi i'ai incontinent enuoyé vers toi , & tu as 
bienfait devenir. Or maintenant nous tous fommes 
prefens deuant Dieu pour ouïr tout cequit'eft com 
mandé de Dieu. 

3 4 Adonc Pierre ayant ouuert fa bouche dit.En véri- 
té i'apperçoi que* Dieu n'a point d'efgard a à l'appa- 
rence des personnes: 

35 Mais qu'en toute nation celui' qui le craint , & 
s'adonne à iuftice, lui eft agréable. 
3 6 c C'eft ce qu'il aenuoyé fîgnifieraux enfansdlf- 
raël,annoncant paix par Iefus Chrift,Iequel eft le Sei- 
gneur de tous, 
lités e «eri-u 7 Vous fauez la parole aduenue par toute Iudee v en 
gerfonne" commençant par Galilee,apres le Baptefme que Iehan 
a prefché: 

3 8 Ceft affauoir, comme Dieu a oincl: du S.Efprit & 
de vertu Iefus le Nazarié,Iequel a pafle de lieu en lieu, 
en bié-faifant, & gueriffant tous ceux qui eftoyét op- 
preftés du diabîexar Dieu eftoit auec lui. 
3P Et nous fommes tefmoins de toutes les chofes 
qu'il a faites, tant en la contrée des Iuifs qu'en Ierufa- 
lcmrlequel ils ont fait mourir, le pendant au bois. 

40 Ceft ceftui-là queDieuareffufcité au troifieme 
iour , & qu'il a donné pour eftre manifefté: 

41 Non point à tout le peuple, mais aux tefmoins au- 
parauant ordonnés de Dieu: à nous qui auons mangé 
&beu auec lui après qu'il a efté relïufcité des morts. 

42 Et nous a commandé de prefeher au peuple, & de 
tefmoigner que c'eft lui qui eft ordonné de Dieu pour 
iuge des viuans& des morts. 

43 A icelui rendent tefmoignage tous les Prophètes, 
que quiconque croira en Iui,receura remifsion de fes 
péchés parfonNom. 

44 Comme Pierre tenoit encore ces proposée fainct 
Efprit defeendit fur tous ceux qui efeoutoyent d ce 
qu'il difoit. 

45 Dont les fidèles de la circoncifion qui eftoyent 
venus auec Pierre, s'eftonnerent que le don du fain& 

; ; Efprit 



*T>euu 10 

ij.z.crott. 
19. 7.10b 34.' 
l^.rem.2. 
U.galat. 2 
t.epbef. 6.9. 
tolofa.is 
t.pier.i.ij. 
eaux qua 



S'oit de la na- 
tion , ou au 
trement. 
'•Luc 4. 14. 
b c.qui mon- 
ftre qu'il re 
cognoift le 
Seigneur en 
viuant auec 
fes prochains 
en toute 
droiture & 
charité. 
f ou , Vous 
fuiez laparo. 
le que (Dieu 1 ) 
a emioyee 
&c. 



i Gr. 
rôle. 



lapa 



bEs AposYREs. 



352 



Efprit eftoit aufsi bien refpandu fur les Gentils. 

4* Car ils les oyoyent parler a langages , & magnifier 

Dieu. 

47 Adonc Pierre print la parole difant, Quelcun 
pourroit-il b empefcner qu'on ne baptizait d'eau ceux 
qui ont receu le fainct Efprit comme nous? 

48 Et c commanda qu'ils fuffent baptizés au nom du 
Seigneur. Adonc ils le prièrent de demeurer /à: quel 
ques iours. 

C H a p. xi. 

V terre rend rai fin aux fidèles en Jerufalem de fin allée vers 
Corneille, dont ils louent Dieu. 19 La parole de Dieu s'e 
Jtendnonjeulement aux confins de fudeejnaismefmesiuf- 
qucs aux r Paycns i nommêment en ^Antioche, z 6 où les fi 
deles font premièrement nommés Chrejtiens. 28 ^gabus 
predijant vne famine à venir, les fidèles d'Anîiocbefe met 
ient en dcttoir de fecourir leurs frères de ludee. 

1 r^K Ries Apoitres & les frères qui eiroyent enlu- 
vJ dee, entendirent que les Gentils aufsi auoyent 

receu le parole de Dieu. 

x Quand donc Pierre fut remonté en Terufalé, d ceux 

de la Circoncifion difputoyent auec lui: 

3 Difant, Tu es entré chez des hommes incirconcis, 
& as mangé auec eux. 

4 Adonc Pierre commençant leur expofa le tout par 
ordre,difant, 

5 I'eitoye en prière en la ville de Ioppe , & eltant raui 
en efprit,ie vi vne vilion ,afiauoir vn vaiffeau defcendât 
comme vn grand linceul qui s'aualloit du ciel , lié par 
les quatre bouts,& qui vint iufqu'à moi. 

6 Dedans lequel ayant ietté mes yeux, i'apperçeu, & 
vi des animaux terre! très à quatre pieds, & des beltes 
fauuages,&des reptiles,&des oifeaux du ciel 

7 I'oùi aufsi vne voix qui me dit,Pierre,leue-toi,tue, 
& mange. 

8 Et ie refpondi, Ainfî n'aduienne,Seigneur:car iamais 
chofe pollue ou fouillée n'entra en ma bouche. 

9 Et derecheflavoixmerefponditdu ciel, Ce que 
Dieu a purifié, ne le tien point pour poilu. 

10 Et cela fe fit iufques à trois fois , & derechef tou- 
tes ces chofes furent retirées au ciel. 



* aflâ. langa- 
ges eftrangei 
Si non accou- 
tumes. voyez 
fus 2.4. 
b Gr. l'eau 
pour ne ba« 
prizer. 
c affa. non 
comme dc£ 
daignant de 
le faire lui— 
mefmes,mais 
pour faire le 
tout par l'or- 
dre conuena- 
ble pour lors, 
au<;uel peut 
titre les dia- 
cres eftoyent 
employés à 
baprizer , ou 
bien nous di- 
rons que ce 
commande- 
ment ne s'a- 
drefle pas à 
ceux qui ba- 
ptizoyent; 
mais à ceux 
qui deuoyent 
eftre bapti- 
zés , foit par 
Pierre me£ 
me , ou par 
quelque au- 
tre. 

à affa. les fi« 
deles Iuifs 
quiretenoyêt 
encorespour 
lors fvfage 
de la cirton- 
cifion. 



afla. en les 

reccuant en 
foy. 

*S«r 2.4. 
*•' Mat.i.ix 
vtarci.SUuc 
3.i6.ieka»x 
26.fus 1.5. 
fous 19.4. 
é> c. le don 
Je conuerfio 
Dieu parv- 
ne vraye pro 
fefsiô de for ; 
iâns afniftiô 
aux ceremo 
nies. 

*Sus 8.1. 
c. pour e 
itrereceusen 
grâce , & vi- 
vre à iuftice , 
en l'attente 
de la iouif- 
fânee de la 
vieeternelle. 
rf afla.de Sy- 
rie, ville des 
plus célèbres 
pour lors de 
tout le Le- 
vants & non 
eflognee de 
la Cilice 
9 eaux Pay- 
ens , &. Gen- 
tils , en pre- 
nant ce mot 
autremêt que 
fus 6. j. 
/ c. la vertu 
du S. Efprit 
fe defploya là 
contre toute 
cipersiice. 



321 



A C TÏS 



II 



Puis voici , trois hommes en ce mefme inttànt fe 
prefenterent en la maifon où i'eftoye, ayans etté en- 
uoyés de Cefaree vers moi. 

12 Et PEfprit me dit que i'allaffe auec eux, fans en 
faire difficulté: aufsices fîx frères ici vindrent auec 
moi , & nous entrafmes en la maifon du perfon- 
nage. 

1 3 Lequel nous raconta comme il auoit veu vn An- 
e en fa maifon qui s'eltoit prefenté à lui , & lui auoit 
it,Enuoye gens en Ioppe,&: enuoye quérir Simô qui 

eft furnommé Pierre: 

14 Lequel te dira des paroles par lefquelles tu a feras 
fauué,toi, & toute ta maifon. 

1 f Et quand i'eu commencé à parler,Ie Sainc"t Efprit 
defeendit fur eux , * comme aufsi ileftoit defcenduïuï 
nous au commencement. 

16 Lors i'eu fouuenance de la parole du Seigneur, 
comme il difoit, : Iehan a baptizé d'eau,mais vous fe- 
rez baptizés du fainct Efprit. 

17 Puis donc que Dieu leur a donné vn pareil don 
comme à nous , qui auons creu au Seigneur Iefus 
Chrilt:qui eftoy'-ie moi,qui peuffe empefeher Dieu? 

1 3 Adonc ces chofes ouïes , ils s'appaiferent , & glo- 
rifièrent Dieu, difans, Dieu donc aufsi a donné aux 
Gentils b repentance c pour auoir vie. 

19 * Or quand à ceux aufsi qui auoyent elle efpars 
par l'opprefsion aduenuë à caufe d'EÎtiene , ils parlè- 
rent iufqu'en Phenice , & en Cypre, & en Antioche, 
fans annoncer à perfonne la parole, linon aux Iuifs 
feulement. 

20 Toutesfois il y en eut quelques vns d'entr'eux, 
Cypriens,& Cyreniés, lefquels entrés en d Antioche, 
parloyentaux e Grecs,annoncans le Seigneur Iefus. 

21 Et la f main du Seigneur eftoit auec eux:tellement 
quVn grand nombre ayant creu fut conuerti au Sei- 
gneur. 

22 Dont le bruit en vint iufqu'aux oreilles de l'Eglife 
qui eftoit en Ierufalem, à raifon dequoi ils enuoyerét 
Barnabas pour palfer iufqu'en Antioche. 

2 3 Lequel eftant arriué,& ayât veu la grâce de Dîeu, 
fereliouitj & les exhortait tous de perfeuererd'vnc 



DES APOSTREi 



3>3 



fermeté de cœur au seigneur., 

24 Car il eftoit homme de bien , & plein du faindt Ef- 
prit & de foy : & grande multitude fut 
Seigneur. 

25 Puis Barnabas s'en alla en Tarfe, pourrecercher 
Saul. 

25 Et l'ayât trouué,il le mena en Antioche: & aduint 
que tout l'an entier, ils s'affemblerent auec l'Eglife, & 
enfeignerent grand peuple, tellement qu'en Antioche 
Jes difciples premièrement furent nommés b Chre- 
ftiens. 

27 En ces iours-là dépendirent quelques Prophètes 
de Ierufalem en Antioche. 

28 Et l'vn d'eux nommé Agabus fe Ieua , Se fignifia 

{>arl'Efprit que grade famine deuoit aduenir par tout 
e monde:laquelle aufsi aduint fous Claude Cefar. 
25» Et les difciples, c chacun félon fon pouuoir,deter- 
minerent d'enuoyer quelque chofe pour fubuenir aux 
frères demeurans en Iudee. 

30 *Ce qu'ils firent aufsi, l'enuoyans aux Anciens 
par les mains de Barnabas & de Saul. 

C H A P. XII. 

Herode ayant fait mourir Jaques frère de Jehan, & préten- 
dant faire lefemblable à l'endroit de Pierre, 6 le Seigneur 
deliure miraculé ufement fon ^Apoftre , 15? dont Herode 
fait mourir les gardes aufquels il auoit commis i ierre . 20 
Tuis défendant en fcfaree, 22 &fe biffant attribuer le 
tiltre de Dieu , en cft frapé à mort par l'^inge du Sei- 
gneur. 

1 TJ T en ce mefme temps-là le roy d Herode fe mit à 
XL mal-mener quelques vns de ceux de l'Eglife. 

2 Et mit à mort par Pefpee laques frère de Iehan. 

3 Et voyant que cela eftoit agréable aux Iuifs , il fit 
encore d'auantage , & s'auanca d'empoigner aufsi 
Pierre. 

4 Or eftoit es iours des pains fans leuain. Et quand il 
l'eut empoignéjil le mit en prifon, & le bailla à garder 
à quatre quatraines de gendarmes, le voulant produi- 
re au fupplice deuant le peuple après hfeftedePzC- 
que. 

j Ainfi Pierre eftoit gardé en la prifon: mais l'Egli 

xj|j__L 



4 afT par IV- 

nionà i'tjli- 



b lefqufls e- 
ftoycitt nem- 
mes par les 
ennemis Na- 
zarenicnSjSc 
fcmble que 
c'eftici corn, 
nie vne mar- 

3uc exprefîe 
u commen- 
cement de la 
vocarion des 
Gentils. 
c ou,feIonIe 
moyen quvi» 
chacun en a* 
uoit. 



d furnomme 
Agrippa fils 
d'Ariftobu- 
lus,& petit 
fils dHerod» 
le grand: non 
celui duquel 
il cft fait mé- 
tion en TB» 
lungile. 



« ou,ilfefai 
faix prière 

<ontînuelle 
eu l'Eglifc, 



1*4- 



C T F. S 



b ou } prom- 
ptcmcur. 



c. fe fift a- 
tfuellement 



à c. comme 
çanc à fe re 
foudre que c< 



fe a faifoit prières fans ceflè à Dieu pour lui. 

6 Et comme Herodele deuoit produire au fupplice, 
Pierre dormoit celte nuict-là entre deux gendarmes 
lié de deux chaines , & les gardes deuant la porte gar- 
doyentlaprifon. 

7 Et voici, vn Ange du Seigneur furuint, & vne lu 
miere refplendit en la prifon, & frapant le cofté de 
Pierre il l'efueilla, difant,Leue toi b légèrement. Et les 
chaines tombèrent de Tes mains. 

8 Adonc l'Ange lui dit , Cein toi, & chauffe tes fou- 
liers.Ce qu'il fit. Puis lui dit, Iette ta robbe fur toi , & 
me fui. 

9 Lui donc fortant, le fuiuk,& ne fauoit point que ce 
quife faifoitpar l'Ange c fuit vrai, mais cuidoit voir 
quelque vifion. 

10 Et quand ils eurent paffé la première & la féconde 
garde , ils vindrent à la porte de fer, qui fe rend en la 
ville,Iaquelle s'ouurit à eux d'elle-mefme, & eftâs for- 
tisils paflèrent vne rue, & incontinent T Ange fe de 
partit de lui. 

1 1 Lors Pierre d eftant reuenu à foi-mefme,dit,Ie co 
n'eftoitpoinj gnoi maintenant pour vrai que le Seigneur a enuoyé 
mafsqueTa' fon Ange, & m'a deliuré de lamaind'Herode, & de 
chofe fe fai- toute l'attente du peuple des Iuifs. 

nunt" fh '' elle Iz ^ ayant confîderé le tout^'mx. en la maifon de Ma 
rie,mere 'de Iehan , furnommé Marc: où eftoyentplu- 
fîeurs aflèmblés, & faifans prières. 

1 3 Et quâd il eut heurté à la porte du porche, vne fille 
nommée Rode vint pour efcouter. 

14 Laquelle ayant cognula voix de Pierre, deioye 
n'ouurit point le porche:mais s'é courut en la maifon, 
& annonça que Pierre eftoit deuant le porche. 

1 5 Mais ils lui e dirent, Tu es folle. Mais elle au con- 
traire affermoit qu'il eftoit ainfî:& difoyent, C'eft fon 
Ange? 

16 Mais Pierre continuoit à heurter,& quand ils eu- 
rent ouuert, ils le virent , &c furent comme rauis hors 
d'eux-mefmes. 

17 Et lui leur ayant fait ligne de la main qu'ils fiffent 
fîlence , leur raconta comme le Seigneur l'auoit mis 
hors de la prifon, & leur dit, Annoncez ces chofesà 



e afT.nonco 
nie pair outra 
ge j mais pai 
vne manien 
de parler. 



DES APOSTRES. 



r-* 



laques & aux frères. Puis fortant de là , il s'en alla en 

vn a autre lieu. 

1 8 Mais le iour eilant venu il y eut vn grand trouble 

entre les gendarmes, pour fauoir que Pierre leioit 

deuenu. 

ip Et Herode l'ayant recerché , & ne le trouuant 

point après en auoir fait procès aux gardes,comman 

da qu'ils fuiTent menés au fupplice.Puisdefcenditde 

Iudee en Cefaree, où il feiourna. 

20 Oreftoit-il en courage de guerroyer contre les 
Tyriens & Sidoniens.Mais ils vindrent à lui tous d'vn 
accord : & ayans gaigné Blaire qui efroit chambellan 
du Roy,demanderent b appointement,pource que leur 
contrée eiroit nourrie de celle du Roy. 

21 Etenvn certain iour ordonne, Herode reuefru de 
robbe royale, s'afsitau fiegeiudicial, &leurharan- 
guoit. 

22 Dont le peuple s'eferia, Voix de Dieu,& nô point 
d'homme! 

23 Et à l'indant c vn Ange du Seigneur le frapa,pour 
ce qu'il n'auoit point donné gloire à Dieu : & fut ron 
*é de vermine, & rendit refprit. 

24 Mais la parole du Seigneur croifToit, &femulti 
?lioit. 

2? Barnabas aufsi & Saul* après auoir accommpli 
d leur charge , retournèrent de Ierufalem , ayans aufsi 
prins auec eux Iehan,qui eftoit furnommé Marc. 

C H A P. XIII. 

Barnabas & Saul ordonnés parle Seigneur pour aller euange 
li%er aux Gentils , 3 font enuoyés par l'Çglife d'An- 
tioche, 5 & en feignent en Cypre. 6 où vn enchanteur 
voulant empefeher le proconful de venir à lafoy eflaueu- 
glè. 14 Delà trauerfans en ^Antioche de Tijidie , Taul 
annonce Je fus Christ en pleine fynagogue : 42 & depuis 
remplit la ville de la cognoifjance du Seigneur , nommé- 
ment à l'endroit des Gentils: 45 dont quelques Juifs 
eftans defpitésytafcbentàs'oppofer àTaul, 46 quipro- 
teftant de leur ingratitude , leurfîgnifie comme il a charge 
de s'adrejjer aux Gentils de là en auant. 

X iij 



afli. en vne 
autre maifon, 
ou autre 
quartier de la 
ville ou du 
pais,pour va 
temps. 



4 Gr. paix. 



voyez Io- 
fepheliu. 19» 
des antiqui- 
tés. 



*Su$ ii.jow 
d oiijleurad- 
miniftration. 



'O 



R y àuoit-i! «n Antioche,enrEgIife qui^ eftoir^ 
certains Prophètes & Docteurs , affauoir Bar- 
* .afla. par je habas,&Simeon .qui eltoit appelé Niger ,&Lucius le 
l'Egiifc, cela Cyrenie,& Manahem(qui auoit elte nourri auec He- 
iyantdîcrc- r0( i e l e Tetrarque)&Saul. 

licrementT z Eux donc feruans en leurminiftere au Seigneur, & 
queicun de- eftans en iufne,le fain£tEfprit a dit, Séparez moi Bar- 
*So»s i 4 . naDas & Saul, pour Pœuure auquel ie les ai appelés. 
i6. ' 3 Parquoi après auoiriufné&prié,* b ils leur impo 
; air. comme ferent les mains, & c leur baillèrent congé, 
deïeurpaf" 4 Eux donc enuoyés du fain&Efprit,defcendirent en 
n tel enuoy Seleucie:&de là nauigerenten Cypre. 
•Eeiife de * ^ c quand ^ s furent en Salamis , ils annoncèrent la 
s ou,ieshif- parole de Dieu es fynagogues desluifs: & auoyent 

f i T lu\ pour ail ^ S * ^ enan d P 0Ur a ^ e - 

leur feVnir en k Puis ayans trauerfé Pifle iufqu'en Paphos, ils trou- 



sA 



Acte 



[eur charge: uerent /^ vn certain enchanteur, faux-prophete Iuifl 

jr. pour mi. _ . - ' r r * 

qui auoit nom, Bar-ielu. 

Lequel eltoit auec le Proconful Serge Paul, hom- 
me prudent. Icelui ayât fait appelerBarnabas & Saul, 
denroit d'ouir la parole de Dieu. 

Mais e Elymas, c'eft à dire, enchanteur (car fon nom 
eltoit ainfi expofé) leur refiiloit , cerchant de deftour 
ner le Proconful de la foy. 

9 Mais Saul (qui efl aufsi appelé f Paul ) eftant s rempli 
du faincl Efprit, ayant les yeux fichés fur lui, dit, 

10 O plein de toute fraude & de toute rufe, fils du 
diable,ennemi de toute iuftice,ne cefleras tu point de 
renuerfer les voyes du Seigneur qui font droites? 

11 Pour ce maintenant voici la main du Seigneur fur 
toi,& tu feras aueugle fans voir le foleil iufqu'à vn cer- 
tain temps. Et àPinftant obfcurité & ténèbres tom- 
bèrent fur lui,& tournoyant il cerchoit qui le condui 
roitparlamain. 
11 Adonc le Proconful voyant ce qui eftoit aduenu, 

creut eftant tout efpouuanté de la doctrine duSei- 



jr. pour 

liftre. 

r c'eftoit vn 

nom prins 

tntrelesido- 

atres à grand 

lonneur, 

:ommc oui 

iiroit , Con- 
cilier de 

Dieu, ou ho- 
me verte & 

entendu aux 

chofes ù- 

rrces , com- 
me Ci telles 

gens auoyent 

participation 

i*ec leurs 

dieux , pour 

donner con- 

feilamc hom- 
mes. 

f afTa. entant 

qu'il pouuoit 

aunir IVn & 

l'autre nom , 
ou à l'occafiô 

de faconuer- 
Hàtion plus 
ordinaire d'i- 
ti en auant 
entre les 
kîenrils. 

r-so?<j 15.58 

{ c. eftant inrpirc particulièrement, h c.profica tant \ u'U fit profcfsioa de U vérité , 3k 
aduoua la douane des feruiteurs dtf Seigneur, 



13 Et quand Paul,& ceux qui eftoyent auec lui furet 
départis de Paphos,ils vindrent à Perge, ville de Pam- 
phylie. v Adonc Iehan s'eftant retiré d'auec eux , s'en 



DES AP0STRES. 



3*7 



retourna en Ierûîalëm. 

14 Eticeux departans de Pergevindrenten Antio- 
che ville de Pifîaie:là où eftans entres en la fynagogue 
au iour du Sabbat,ils s'afsirent. 

1 5 Or après la le&ure de la Loy &des Prophètes, les 
principaux de la fynagogue enuoyerent vers eux , di- 
fans,Hommes freres,s'il y a de voltre part quelque pa- 
role d'exhortation pour le peuple, dites-la. 

16 Lors Paul s'efhntleué, & ayant fait fîgnede la 
main qu'on fiftfilence,dit,HommesIiraëlites,&vous 
qui craignez Dieu,oyez. 

1 7 Le Dieu de ce peuple dlfraël a efleu nos pères, & 
ahaufle ce peuple du temps qu'ils demeuroyent au 
pais d'Egypte , & les fit fortir hors d'icelui ï auec bras 
efleué. 

18 Et a * fupporté leur train au defert enuiron le téps 
de quarante ans. 

ip Puis ayant deftruit fept nations au pais de Canaâ, 
* il leur a diftribué leur pais par fort. 

20 Et après cela enuiron quatre cens cinquante ans, 
il leur ordonna des luges iufqu'à Samuel le Prophète, 
ii t Puis après ils demanderét vn Roy,& " Dieu leur 
donna Saul fils de Kis , homme de la lignée de Benia- 
min: ainfîp afférent quarante ans. 

21 Et Dieu l'ayant b ofté leur fufcitaDauid pour Roy, 
duquel aufsi il donna tefmoignage,& dit,*I'ai trouué 
Dauid fils de Iefle, perfonnage felô mon cœur, lequel 
fera tout mon vouloir. 

23 * Dieu de la femence d'icelui félon fa promefTe,a 
fufeité le Sauueur à Ifraël, afiauoir Iefus: 

24 Iehan ayant auparauant prefché le baptefme de 
repentance à tout le peuple d'Ifraël , * c deuant l'adue- 
nement d'icelui. 

if Et comme Iehan paracheuoit fa courfe, ildifoit, 
v Qui me prefumez-vous eftref'ie ne fuis point ceftui-là, 
mais voici il en vient vn après moi, duquel ie ne fuis 
point digne de deflier le foulier de fes pieds. 

26 Hommes frères , enfans tle la race d'Abraham , & 
ceux qui d'entre vous craignez Dieu , c'ell à vous que 
la parole de ce faiut a elté enuoyee. 

27 Car les habitans de Ierufalé & leurs gouuerneurs 
X liij 



*Exo 1.1. 
'Sxo.1j.16 



* caeftéco- 
rinuellemcnr, 
irrité par i- 
ceux à caufè 
de leur maii- 
uais rrain. 

* 10/14.2. 

'î.Sa.io.i, 

l ou, depofe. 

* 1. Sam 11 
14.^89.20 



*Mal.i.i, 
ruatt.i.x.é* 
11.10. marc 
1.2. 
c commequi 
diroit, à l'en- 
trée de la ma- 
ri ifeftatioa 
d'icelui. 
"Aitff. 3.1I«| 
marc. 1.7. . 
/«c?. \6, 
ithani. 20, 



Î[z3~ 



Acte 



nëPâyans point cognu , ont mefmes en le condamnât 
accompli les paroles des Prophètes , qui fe lifent par 
chacun Sabbat. 

28 Et * combien qu'ils ne trouuafient en lui aucun 
crime digne de mort , ils requirent Pilate qu'il le mift 
à mort. 

29 Et après qu'ils eurent accompli toutes les chofes 
qui eftoyent efcrites de lui,on Toita du bois, & le mit- 
on en vnfepulcre. 

3 o Mais Dieu l'a refîufcité des morts. 
3 1 v Et il a ef té veu par plusieurs iours, de ceux qui e 
ftoyent montés enfemble auec lui de Galiee en Ie- 
rufalem : lefquels font fes tefmoins enuers le peuple. 
32, Et nous aufsi vous annonçons touchant la pro 
mefïe qui a efté faite à nos pères, 
3 3 Que Dieu l'a accomplie enuers nous qui fommes 
leurs enfans , ayant a fufcité Iefus , comme aufsi il eft 
efcritair fécond Pfeaume,*Tu es mon Fils,ie t'ai au- 
iourd J hui engendré. 

3 4 Et pour monflrer qu'il l'a refîufcité des morts, pour 
ne deuoir plus retourner au fepulcre, il a dit ainfi, t le 
vous donnerai les fainctetés de Dauid affeurees. 
3 ? Et pource dit-il aufsi en vn autre endroit, "Tu ne 
permettras point que ton Sainc"t fente corruption. 
35 Car certes Dauid, après auoir en fon temps ferui 

*\.Roi$ 2. auconfeil deDieu,*s'eftendormi,&aeftémisauec 
îZ.fus 2.29. f es pères, &afenti corruption. 

5 7 Mais celui que Dieu a refîufcité, n'a point fenti 

corruption. 

. „ 38 Parquoi homes frères, qu'il vous foit notoire que 

*ue U cro l it C e°n :>ar icelui vous eft annoncée la remifsion des péchés: 

iui,cftiuftifié. 2,p Etquederoutcedequoivousn'auezpeueftreiu- 

agr C eabk & liftés par la Loy de Moyfe : b quiconque croit eft c iu- 

receuengra- [tifié par iceîui. 

ftanchf n de f " *° Regardez donc qu'il ne vous aduiene ce qui eft dit 

condamnatio É? Prophète S. 

\\ * Voyez contempteurs , & vous efmerueillez , & 
1 foyez efuanouisrcar ie rn'é vai faire vn œuure en vo- 
tre temps : voire vn œuure que vous ne croirez point 
S quelcun le vous raconte. 
\t Puis eftans partis de la iynagogue des Iuifs , les 



*M<Zît.T.'J. 

ll.lucil.22 
ithan 19.6. 



"Mm, 28. 

é.marc \6. 
6. lue 24. 6. 
iehan 20.19 



« ou , refïu- 
feitc. 

*P/-. 2 . 7 . 
heh. i.$.& 

*efe-SS-î- 



"Vf. 16. 
fus a. 31, 



& de pechc 
&Haba.i.$ 

d ou,& deue 
nez à rien. 



DP, S APOSTRES. %l$ 

qu'au Sabbat enfuiuant ils leui 



Gentils le prièrent 
annonçaient ces paroles 

43 Et quand Paflèmblee fut départie , plufïeurs des 
Iuifs & profefytes feruans à Dieu,fuiuirent Paul& 
Barnabas , lefquels en parlant à eux b les enhorterent 
de perfeuerer en la grâce de Dieu. 

44 Mais tixiom ^ Sabbaten(uiuant,prefque toute la 
ville s'affembla pour ouïr la parole de Dieu. 

45 Adonc les Iuifs voyans les troupe s/urent remplis 
d'enuie , & contredifoyent à ce que Paul difoit , voire 
contredifans & blafphemans. 

46 Adonc Paul & Barnabas ayans prins hardieffe,di- 
rent, * Ceftoitbienàvous qu'il faloit premièrement 
annoncer la parole de Dieu: mais puis que vous la dé- 
boutez, &que vous-vous iugez vous-mefmes indi 
gnes c de la vie éternelle, voici, nous-nous tournons 
vers les Gentils. 

47 Car le Seigneur le nous a ainiî commandé , difant, 
'•' le d t'ai ordonné pour eftre la lumière des Gentils 
afin que tu fois falut iufqu'au bout de la terre. 

48 Et les Gentils oyans £*/<*, s , efïouïiToyent& glori- 
fioyent la parole du Seigneur : & tous ceux qui e- 
ftoyent ordonnés à vie éternelle creurent. 

49 Ainfi la parole du Seigneur s'efpandoit par toute 
la contrée. 

50 Mais les Iuifs incitèrent quelques femmes • de- 
uotes& honorables, & les principaux de la ville, & 
efmeurentperfecution contre Paul &Barnabas,& les 
ietterent hors de leurs quartiers. 

? 1 Mais iceux * ay as fecoùé la poudre de leurs pieds 

contr'eux,s'en vindrent en Iconie. 

S z Et les difciples eitoyent remplis de ioye , & du S. 

Eiprit. 



o- ou,auSal>- 
bat d'cntre- 
dcux:ou,ca 
l'enrrcdcux; 
du Sabbat: 
c. en atten- 
dant le pro- 
chain Sabbat. 
b ou , leur 
pcrfuadç- 
ient. 



* MtfMO.tf. 



C H AP. X I I I I, 



Paul euangelt%cmt en Iconie , 6 s'en retire à caufe de la 
malice des Juifs : 8 e^ ayant qjieri vn impotent en Ly- 
jlre , 1 1 & à cefle occasion eïtant réputé four 'Bien , 
15 remonïlre la vérité du feul vrai Dieu : 15 mais 
eïtant par les Juif* furuenans d' Iconie expofé à la fureur 
du peuple, eft lapidé & trainé comme mort: 20 dont fins 18.6. 



« afTau. en 
l'ouïe en o- 
beitfàncc de 
rEuangile. 
'•' Efa.ûfi). 6. 
d aff.cn com- 
prenant auec 
Paul les com. 
pagnons d'i- 
celui, & en 
fon ministè- 
re l'efficace 
fpirituelle du 
Seigneur. 
voyez fous 
26.18. 

c. qui e- 
ftoyent en 
réputation 
pour quel- 
que tefmoi- 
gnagepatti- 
culier de 
leur deuo- 
tion,& c- 
ftoyent d'en- 
les Gen- 
tils qui s'ad- 
ioignoyent 
aux Iuifs, 
n'eftans pas 
encore tou- 
tesfois pro- 
felytes. 
* Matt. 1 o. 

4 votre 6.' 
12. lue ç.f. 



?m 



Acte 



» Gr. rendi- 
rcnt mauuai- 
fes,emmali- 
cerent les 
âmes. 
* 



2 9, 



toutefois ne je rejf entant point 3 eJïrecognu pat les fidèles, 
21 reuifite les Eglifes , 23 eUablitdes ^Anciens , 16 
& finalement fe renden Antioche, dont il eftoit départi 
auec Barnabas. 

OR aduint en Iconie qu'ils entrèrent enfemble 
en la fynagogue des Iuifs, & parlèrent en telle 
maniere,qu'vne grande multitude de Iuifs &de Grecs 
creut : 

Mais les Iuifs qui eftoyent rebelles efmeurent & 
induifirent à mal les courages des Gentils contre 
les frères. 

Ainfi donc ils demeurèrent /à affez longtemps fe 
Marc 1 6. foortans hardiment au Seigneur, * lequel rendoit tef- 
moignage à la parole de fa grâce , donnant que lignes 
& merueilles fe fiffent par leurs mains. 
4 Mais la multitude de la ville fut partie en deux , & 
les vns eftoyent du cofté des Iuifs, &les autres du co- 
dé des Apoftres. 

Et comme il fe preparoit vne efmeutedes Gentils 
& des Iuifs auec leurs Gouuerneurs, pour leur faire 
outrage,& pour les lapider : 

6 La chofe entendue , ils s'enfuirent aux villes de Ly- 
caonie , affauoir Lyftre & Derbe , & aux quartiers d'a- 
lentour. 

7 Et là eftoyent annonçansTEuangile. 

8 Or vn certain homme de Lyftre impotent de fes 

f)ieds eftoit là afsis boiteux dés le ventre de fa mère, 
equeliamais n'auoit cheminé. 

9 Icelui ouït parler Paul , lequel ayant fiché fes yeux 
furlui,& b voyant qu'il auoit foy d'eftre guéri, 

10 Dit à haute voix , Leue-toi droit fur tes. pieds. Et 
icelui faillit & chemina. 

11 Et les troupes ayansveuce que Paul auoit fait, 
efleuerent leurs voix , difans en langue Lycaonique, 
Les dieux s'eftans faits femblables aux hommes , font 
defcendus vers nous. 

12 Et appeloyent Barnabas Iupiter,& Paul Mercure, 
pource que c'eftoit lui qui portoit la parole. 

1 3 Et mefme le Sacrificateur c de Iupiter , qui eftoit 
deuant leur ville,ayant amené des taureaux d coiiron- 



i afiau. par 
quelque in- 
fpiration par- 
ticulière, fui- 
liant le uC- 
maignage 
«juepouuoit 
donner ceft 
homme-là 
qu'il arten- 
doit quelque 
foulagement 
corporel du 
Seigneur par 
le minifterc 
de Paul. 

c. du tem. 
pie de Iupi- 
tei. 

à Gr. auec 
eouroanes. 



DES AP0 S TRE S. 



m 



nés , iurqu'à l'entrée de la porte ,vouloit facnher a 
uec la foule. 

14 Mais quand les ApoftresBarnabas & Paul eurent 
entendu cela, ils defehirerent leurs veftemens 3 & failli- 
rent au milieu de la troupe,s'efcrians, 
1 ? Et difans,Hommes,pourquoi faites-vous ces cho- 
Tes? Nous lommes aufsihommes,fuiets à mefmes af- 
fections que vous, vous annonçans que de telles cho- 
fçs vaines vous -vous conuertifsiez au Dieu viuant, 
* qu i a fait le ciel & la tei réclamer, & toutes les cho- 
fes qui font en iceux. 

16 Lequel es temps palTés v a laifle toutes les Natiôs 
cheminer en leurs voyes. 

17 Nonobltant qu'il ne s'eft point laifle fans tefmoi- 
gnage,en bien faifant,& nous donnant pluyes du ciel, 
& faifons fertiles, & rempliflànt nos cœurs de vian- 
de & de ioye. 

18 Et en difant ces chofes à peine appaiferent-ils les 
troupes qu'elles ne leur facrifiaflent. 
\9 Adonc quelques luifs furuindrent d'Antioche, & 
d'Iconie : lefquels gagnèrent le peuple, * fi qu'ayans 
a lapidé Pauljle traînèrent hors la ville, cuidans qu'il 
fuft mort. 

20 Mais les difciples s'eftansaflèmblés à Pentourde 
lui, il fe leua, &: entra en la ville , & le lendemain s'en 
alla a'uec Barnabas en Derbe. 

2r Et après qu'ils eurent annoncé l'Euangiie en ce- 
lte ville-là :& b endoctriné plufieurs,ils retournèrent 
àLyftre, enIconie,&en c Antioche: 

22 Confermans les courages des difciples , & les en 
hortansdeperi1irerenla£oy, de leur rcmonHrans corn 
me c'eft par plufieurs opprefsions qu'il nous faut en- 
trer au royaume de Dieu. 

23 Et après que d par l'aduis des aflfemblees, ils eurét 
eilabli des c Anciens par chacune Eglife, ayans prié 
auec iufnes,ils les recommandèrent au Seigneur, au- 
quel ils auoyent creu. 

24 Puis ayans trauerfé la Piiîdie , ils s'en vindrent en 
Pamphylie. 

11 Et ayans annoncé la parole en Perge, ils dépendi- 
rent en Attalie, 



* Gen.x.x. 

pf. 146.6. 
apoc.i^.f. 



* î. Cor. 11. 

<* ou, chargé 
de pierres. 



h ott,re cueil- 
li plufieurs 
difciples. 

«a. de Pi- 
fidic. 



alfa, félon 
l'ordre con- 
uenable ea 
l'Eglife. 

c. des Pa- 
fteurs ordi- 
naires , ayans 
charge d'ad- 
miniîîrer le* 
Sacremcns,<5: 
enfemble la 
difeipline d< 
l'Eglife. 



àflâ. de Sy- 



m. 



Actes 



rie-.sus iy.i. *£ Et de là nauîgerent en a Antioche, * d'où ils a* 
* Sus ij. j. uoyenteité recommandés à la grâce de Dieu, pour 
eu>? r ' 3UCC l Joeuure <ju j ils auoyent accomplie. 

(ou.con- *7 Et quand ils furent venus, & eurent afiemblé TE 
uerferent. g]if e jl s racontèrent toutes les chofes que Dieu a- 
cuflent char- uoit faites b par eux , & qu il auoit ouuert aux Gen- 
ge & voca- tils la porte de la foy. 

non pour « 
enfeiçner, ou' 2 '" 
parce qu'ils 
cnmettoyent 
en auant co- 
rne fous Tau- 
thoiité de 
TEglife de 
Ienifalem. 
t aflau. ceux 
qui auoycnc 
efté conuer- 
tis à la foy, 
ayans cfté 
Payens au 
parauant. 
V Gal.$.2. 
f afla.pteten- 
dans que 
nonobftant le 
Baptefme & 
la profefsion 
de la foy, la 
circoncifion 
«leuft demeu- 
rer inuiola- 
blement com- 
me la mar- 
que ordinaire 
de l'alliance 
de Dieu, 
g ou > trou- • 
ble. 

h affa.à caufe 
qu'il s'agit 
bit de Pv- 
jiicn des E- 
glifes, & que 
on preren 



fe faloit en 
rien dépar- 
tir de Fvfage 



mfalem. 
ou, après 



Et c demeurèrent là long temps auec les dif- 
ciples. 

c H A p. XV. 
Kefolution tref-remarquable furie différent efmeu entre les 
fidèles Juifs & Gentils ^en l'Sglife d'^intioche, touchant la 
circoncifion & l'vfage des cérémonies : où l' a fsi fiance du 
S. Sfpritfe donne fingulieremeht a cognoUstreau ministè- 
re des Aposlres en lerufalem. 36 Dislrafîien de Tant 
& Barnabas à l'occafion de Jehan >furnommé Marc. 

OR queîques-vns qui eftoyent defcendus de lu- 
dee, d enfeignoyent les c frères, difans, '•' Si 
vous n'eftes circoncis félon l'vfage de Moyfe , vous ne 
pouuez eftre f fauués. 

Dont grand s débat & difpute eftant furuenue à 
Paul & Barnabas à I'encontre d'eux, il fut ordôné que 
Paul & Barnabas, & quelques autres d'entr'eux mon- 
teroyent en lerufalem vers les Apoftres & Anciens 
pour h celte queftion. 

Tceux donc \ enuoyésdeparl'Eglife,traiierferent 
Phenice & Samarie , racontas la conuerfion des Gen- 
tils : & donnèrent grand ioye à tous les frerès. 

Puis eltans arriués en lerufalem , ils furent receus 
de l'Eglife & des Apoftres & Anciens , & annoncè- 
rent toutes les chofes que Dieu auoit faites k par 
eux. 

5: Mais queîques-vns difoyent-ils , de la fecte des Pha- 
doi/quïne rifîens qui ont creu,fe font leués, difans qu'il ] les faut 
circoncir, & leur commander de garder la Loy de 
Moyfe. 



ceffd? 1 ^ 6 Ac * onc les Apoftres & les m Anciens s'aflèmblerét 



pour aduifer à ceft affaire. 



que l'Eglife les eutenuoycs. k. Gr. auec eux. / afiau. reux d'entre les Payens qui vic- 
nent à la foy. .m c. ceii? qui fçiuoyenc au miniftçre fous 1cî Apoftres comme IucUsâc 
Silas fous-nommés. 



DES 



A POSTRES. *** 

7 Et après grande difpute, Pierre fe Ieua , 8e leur dit. 
Hommes frères/ vous fauez que * dés longtemps 
Dieu a efleu d'entre nous que les Gentils ouilfentpai 
ma bouche la parole de l'Euangile, & creuiTent. 

8 Et Dieu qui cognoiit les cœurs, leur en a rendu 
tefmoignage,leur donnant le Sainft Efprit comme 
aufsiànous, 

? Et n'a point fait de différence b entre nous & eux, 
ayant purifié leur cœur par foy. 
io Maintenant donc pourquoi tentez-vous Dieu 
pour mettre vn c ioug fur le col des difciples, le- 
quel ne nos pères ne nous n'auons peu porter ? 
1 1 Ains nous croyons que nous ferons fauués par 1< 
grâce du Seigneur Iefus Chritt ,comme eux aufsi. 
ii Lors la multitude fe teut:&efcoutoyent Barna 
bas & Paul,racontans quels fîgnes & merueiiles Dieu 
auoit faites par eux entre les Gentils. 

13 Et après qu'ils fe furent teus, d laques print la pa- 
role,di(ant,Hommes freres 3 efcoutez moi, 

14 Simon a raconté comme Dieu a premièrement 
regardé les Gentils pour en prendre vn peuple à fon 
Nom. 

15 Et à cela s'accordent les paroles des Prophètes, 
félon qu'il eitelcrit, 

îfi * Apres ceci ieretournerai,&baftirai letaberna 
cle de Dauid, qui elt cheut, & rebaftirai fes ruines, & 
le redrefTerai : 

17 Afin que le refidu des hommes recerche leSei 
gneur,& toutes les Nations furlefquelles eir, inuoqué 
mon Nom,dit le Seigneur qui fait toutes ces chofes. 

18 De tout temps font à Dieu cognuës toutes fes 
œuures. 

19 Parquoi ie fuis d'aduis de c nefafcher ceux des 
Gentils qui fe conuertifTent à Dieu: 

20 Mais bien de leur efcrire qu'ils ayent à s'abftenir 
f des foùillures des idoles, & de paillardife, & des 
chofes eitouffees, & s du fang. 
2.1 Car h quant à Moyfe ilad'ancienetégenspar cha 
que ville qui le prefchent, veu qu'es fynagogues il eft 
leu par chaque Sabbat. 

où les fidèles des nations ne feront difficulté par ce moyen d'afsifter . 



* Sut ro. 

20. &■ II. J. 

« Gr. des les 

iours anciés. 
b alla. q liât aa 
fondemér de 
fa grâce , qui 
eftvri fculie- 
Ais Chrilt,ap- 
prehendé cri 
vraye foy. 
'•" Mat. 2 lu 
c afla.îe ioug 
delà malédi- 
ction & con- 
damnation 
quelaioy & 
les cérémo- 
nies demon- 
ltrcnt à 1 ho- 
me, lequel e-^ 
ftoir du tout 
importable 
horsl'attenrej 
du bénéfice 
du Redem- 
preur. 
d art", le fils 
d'Alphce. 
x ylm. ri 

* ou,nenict- 
rre en trou- 
bleraflân. de 
confcicnce. 
f ces poincts 
eftans diuer- 
fement ne- 
ceiïaireSjlcs 
vns pourvu 
temps, les 
autres pour 
toufiours, au 
lieu que les 
Payens n'y 
auoyent nul 
efgard. 

g c. de man- 
ger du fang. 
h c. il ne 
faut cftimer 
que la Loy 
ioit vilipen- 
dée pourrir* 
veu qu'on ne 
difcontiiuicra 
pas la lectu- 
re de Moyfe 
auxafiéblees, 



334. 



ACTBS 



« Gr. condu- 
cteurs : c. qui 
auoyent char, 
ge, &eft©yéc 
3es premiers 
d'entre les 
frères. 
b c. le refte 
du corps de 
l'Eglife. 



e Gr. par pa- 
role. 
d aflf. entant 
eue nous 
fommes com 
mefà bouche 
en noftre 
charge. 

non enco 
tes les vnes 
comme les 
autres absolu- 
ment. 



/ e. du faincl 
confcil, tcf- 
tnoin de la 
bonne vnion 
& charité de 
rEelife de 
Iudee auec 
eux. ou, de 
l'exhortation, 



il Lors il iemblabon aux Apoftres&aux Anciens 
auec toute l'Eglife, d'enuoyer en Antioche , gens ef- 
leus d'entr'eux , auec Paul & Barnabas, ajfauoir ludas 
furnomméBarfabas,& Silas , hommes a principaux 
entre les frères. 

23 En efcriuant par eux ce qui s'enfuit, Les Apoitres 
&les Anciens, & b les frères aux frères qui font des 
Gentils en Antioche,& en Syrie,&en Cilice,falut. 

24 Pource que nous auoris entendu que quelques 
vns partis d'entre nous, vous ont troublés par quel- 
ques propos,i éuerfans vos âmes en vous commandant 
a eftre circoncis , &de garder la Loy, aufquels nous 
n'en auions point donné de charge : 

2 j Nous auons elle d'aduis eitans aflfemblés d'vn ac- 
cord , d'enuoyer vers vous perfonnages qu'auons ef- 
leus,auec nos tref-chers Barnabas & Paul : 

16 Perfonnages qui ont abandonné leurs vies pour 
le nom du Seigneur Iefus Chrilt. 

27 Par ainfi nous auons enuoyé ludas & Silas, les- 
quels aufsi vous feront entédre le mefme c de bouche 

28 Car il afemblébonauS.Efprit& à d nous, de ne 
mettre plus grande charge fur vous que ces chofes 
e neceflaires : 

19 Ceil que vous vous abfteniez des chofes facri 
fiées aux idoIes>& du fang, & des chofes eftouffees , & 
de paillardilè defquelles chofes fi vous vous contre 
gardez, vous ferez bien.Bien vous foit. 

3 Iceux donc ayans prins congé , vindrent en An 
tioche:&ayans affemblé la multitude , rendirent les 
lettres. 

3 1 Et quand ils les eurent leuës , ils furent refîouïs 
f de la confolation. 

3 2 Pareillemét aufsi ludas & Silas , comme ainfi foit 
qu'eux aufsi fuffènt Prophètes, exhortèrent les frères 
par plufieurs paroles,& les confermerent. 
3 3 Et quand ils eurent demeuré là quelque efpace de 
temps, ils furent renuoyésenpaixparles frères vers 
les Apoitres. 

34 Toutesfois il fembla bon à Silas de demeurer là. 

35 Et Paul & Barnabas demeurèrent en Antioche, 
enfeignans&annonçans auec aufsi plufieurs autres 



DBS APOSTKES. 



W 



aflati. poot 
leurafsiftcr 
en leur char» 



V, 



a parole du Seigneur. 
3 6 Et quelques iours après , Paul dit à Barnabas , Or 
fus retournons, & vifitons nos frères , par toutes les 
villes efquelles nous auons annoncé la parole du Sei- 
gneur,/>o«r voir comment ils fe portent. 
37 Et Barnabas confeilloit de a prendre auec eux 
Iehan furnommé Marc. 

3 8 Mais il ne fembloit pas raifonnable à Paul , * que 
celui qui s'eltoit départi d'auec eux dés Pamphylie, 
& n'eltoit point allé auec eux en cefte œuure-là , leur 
fuit adioint. 

39 Dont il y eut telle b aigreur qu'ils fe feparerent 
Tvn de l'autre, & que Barnabas prenant Marc,nauigea 
en Cypre. 

40 Mais Paul ayant choilî Silas pour l'accompagner 
fe départit, eihnt recommandé à la grâce de Dieu par 
les frères. 

41 Et trauerfa Syrie & Cilice, confermatles Eglifes 

c H a p. xvi. 
Paul ayant prins auec foi Timothee, & Payant circoncis conti- 
nué à s'employer par les Sglifes : 9 & eïlant attiré e? 
Europe par vne vif on exprejje > iz fe rend en Thilippe, 
de Macedone, 13 là où commençant à y recueillir l'Sglife 
à l'occafon d'vn efprit de Tython , qu'il fait fortir , il efi 
tiré aux gouuerneurs auec Silos, 22 & fouetté , puis mu 
enprifon, 2$ où eïfant afsifté du Seigneur, 30 le geo 
lier mefme,<& tous les fiens font conuertis à Dieu, 39 é 
tAposlre auec Silas relafcbé honorablement par les gou- 
uerneurs mefmes. 

1 /~\ R arriua- il à Derbe & Lyftre : & voici , vn cer 
v^ tain difcipleeitoit là, nommé v Timothee , fils 
d'vne femme Iuifue,fldele,mais d'vn père Grec, 
x Lequel auoit bon tefmoignage des frères qui e 
ftoyent à Lyftre Se Iconie. 

3 Parquoi Paul voulut qu'il allaft auec lui : & l'ayani 
prirts auec foi le circoncit, à caufe des c Iuifs qu 
eftoyent en ces lieux-là : car tous fauoyentque for 
père eitoit Grec. 

4 Eux donques pafTans par les villes,les inftruifoyem 
de garder les ordonnances décrétées par les Apo- 



Sw 13.13. 



I> afTau. non 
comme s'ils 
ne fuflent 
demeurer 
bons frères 
& bien vnis: 
mais pour 
monftrer 
qu'il peut 
aduenir d{- 
uerfité d'opi- 
nions en tels 
faits quife^ 
prefenrenr, 
où l'infirmité 
humaine fe 
peut gliffer 
parmi le 
fainct zele,^ 
& la charité 
mcfme. 



'•* Row. 1 6. 
H. phil.z.zf 
ï.thef.i.i. 
t & non pour 
la confeience 
de Timothee: 
qui toutefois 
voulut bien 
fupporter ce- 
la pour fe 
rendre tant 
plus vtile, on 
moins fuiet 
à reproche 
aux infirmes 
& ignorans 
pour ces téps 
& ces lieux- 
là. voyez Gai. 
2.J. 



« ou, ils fu- 
rent engar- 



* ou,rEfprit: 
atfàu. qui les 
ïnfpiroit par- 
ticulièrement 
en ces affai- 
res extraorcU 
aaires. 



e.ville nou 
uellemcnt ha 
l>itce par ceux 
qui yauoy^nt 
efté enuoyés 
<lailleurs,afra. 
par les Ro- 
mains. 

d alftu. Paul 
expreflement 

cette occa 
fion, laquelh 
il ne trouua 
cftre à mc£ 
prifer. 



voyez l. 
Sam. 28. 7. 



/ ou , vous 
annoncent. 



j\ê A C Y E S 

itres, & par les Anciens de Ierufalem. 

AinfïlesEglifeseftoyentconfermees enla foy, & 
croiflbyent en nombre par chacun iour. 

Puis ayans trauerfé la Phrygie & la contrée de Ga- 
latie, a il leur fut défendu par le S. Efprit d'annoncer 
la Parole en Aiie. 

7 Eftans donc venus en Myfîe, ils effayoyent d'aller en 
Bithynie ; mais b TEfprit de Iefus ne le leur permit 
point. 

8 Parquoi ayans paffé Myiïe , ils defeendirent en 
Troas. 

Or vne vifîon apparut de nui et à Vm\,c'ejiqu\n. 
homme Macédonien fe prefentant deuant lui, le pria, 
difant,Paffe en Macedone , & nous aide. 
10 Quand donc il eut veu la vifion , incontinent 
nous tafchafmes d'aller en Macedone, concluanspar 
cela que le Seigneur nous auoit appelés pour leur 
euangelizer. 

ii Ainfï eftans départis de Troas,nous tirafmes droit 
en Samothrace,&le lendemain à Neapolis : 

12 Et de là à Philippes,qui eft la première ville du 
quartier de Macedone, & eit c colonie : & feiournaf- 
mes quelque temps en la ville. 

13 Et au iour du Sabbat nous fortifmeshors la ville 
auprès du fleuue où l'on fouloit faire la prière, & eftâs 
là afsis, d nous parlions aux femmes qui eftoyentlà 
affemblees. 

14 Adonc vne certaine femme nommée Lydie, delà 
ville de JThyatiré> marchande de pourpre, feruant à 
Ditxx^nomou'it, de laquelle le Seigneur ouuritle cœur 
pour entendre aux chofes que Paul difoit. 

1? Et quand elle eut efté baptizee, elle & fa famille, 
elle nous pria, difant , Si vous m'auez eftimee eftre fi- 
dèle au Seigneur, entrez en ma maifon,&y demeu- 
rez. Et nous contraignit. 

16 Or aduint comme nous allions à la prière, quVne 
certaine chambrière ayant l'efprit de e Python, nous 
rencontra , laquelle faifoit vn grand profit à fes mai- 
ftres par deuiner. 

17 Tcelle fuiuant après Paul & nous > crioit difant, 
Ces gens font feruiteurs du Dieu fouuerain, f \d- 

«_ quels 



33/ 



DES APOSTRE5. 

quels nous annoncent la voye de falut 

18 Et cela fit-elle par pluneurs iours : mais Paul en 

efhnt ennuyé, fe retournant dit à l'eiprit , le te com 
mande au nom de Iefus Chriit que tu fortes hors d'el- 
le. Et il fortit au mefme infhnt. 

19 Adonc les maiilres d'icelle voyans que l'efperan- 
cede leur profit eltoit perdue, empoignèrent Paul& 
Silas,&Ies tirèrent en la place du marché aux Ma- 
giifrats. 

20 Et les prefenterent a aux Gouuerneurs,difans,Ces 
gens ici efhns Iuifs troublent noitre ville 

21 Et annoncent des ordonnances lefquelles il ne 
nous eft point loifible de receuoir, ne de garder, veu 
que nous fommes b Romains. 
az Aufsi le populaire s'efleua enfemble contr'eux 3 & 
les Gouuerneurs leur deîchirans leurs robbes , com- 
mandèrent qu'ils fuiîent fouettés. 
23 * Et après leur auoir c donné plufieurs coups de 
fouet, les mirent en prifon, commandans au geôlier 

u'il les gardait feurement: 

4 Lequel ayant receu vn tel commandement, les mit 
au fin fond de la prifon, & leur enferra les pieds aux 
ceps. 
25 Or fur la minuicl: Paul & Silas prioyent chantans 

oùanges à Dieu : tellement que les prifonniers les 

ntendoyent. 

16 Et foudainement fut fait vn grand tremblement] P la y a 
déterre, de forte que les fondemens de la prifon cro 
loyent : &: incontinent toutes les portes furent ouuer 
tes,& les liens de tous furent lafehés. 

27 Adonc le geôlier elhnt efueillé , & voyant les 
portes de la prifon ouuertes, defgaina fon efpee , & fe 
vouloit tuer, cuidant que les prifonniers s'en fuf 
fent fuis. 

28 Mais Paul cria à haute voix, difant, Ne te forfai 
point : car nous fommes tous ici. 
7.9 Lors icelui ayant demandé de la lumière, faillit 
dedans , & tremblant fe ietta aux pieds de Paul & de 
Silas. 

30 Et les ayans menés hors, leur dit, Seigneur^, que 
me faut-il faire pour eitre fauué ? 



• Cx. aux ca- 
pitaines :& 
ainfï conlc- 
queniment. 



l> afTa. entant 
que nul de 
quelque na- 
tion que ce 
fuft,nc pou- 
uoit auoir 
autre religion 
que celle qui 
citoitapprou-. 
uee par le 
Sénat de Ro- 
me. 
* 2X0r.il. 

2. 

c Gr. fait 

plufieurs 



as 



ACTES 



Gr. fcr- 
geans à ver- 
ges : c'eftoyec 
ceux qui por- 
toyenc les 
battons, ou 
mefnies les 
verges atta- 
chées à leurs 
hacbes,pour 
Sarque de 
rauthotitc du 
Magiltrat. 

Sow 22. 

. bour- 
geois de Ro- 
me :& ainfi 
au ver ?8. 

a(Tau. d'au- 
tant que c'e- 
ftoit a&e ca- 
pital que de 
faire force 
ou violence 

la perfonne 
d'vn bour- 
geois de Ro 
me, fans lau- 
thoritc du 
peuple, la- 
quelle eftoit 
{>our lors en 
a ruain de 
l'Empereur. 



51 Ils lui dïfent,Croy au Seigneur Icius Chriit, &m 
Teras fauué,toi& ta maifon. 

51 Et lui annoncèrent la parole du Seigneur, & à 
:ous ceux qui eftoyent en fa maifon. 
5 3 Apres cela, les prenant en celte mefme heure de la 
nuicvt, il laua leurs playes :puis incontinent il futba- 
)tizé,lui & tous Tes domeftiques. 
} 4 Et les ayant amenés en fa maifon , il leur mit la ta- 
Ae : & s'efiouït , pource qu'auec toute fa maifon il a- 
uoitcreu en Dieu. 

55 Et le iour venu, les Gouuerneursy enuoverent 
des a fergeans,difans,Baille congé à ces gens-la. 
3 6 Adonc le geôlier rapporta ces paroles à Paul , d$~ 
fanty Les Gouuerneurs ontenuoyé dire qu'on vous 
baillait congé : maintenant donc fortez, & vous en al- 
lez en paix. 

3 7 Mais Paul leur dit, Apres nous auoir fouettés pu- 
:>liquement,fans forme de iugement, nous qui * fom- 
mes b Romains, il nous ont mis en prifon :& main- 
tenant nous mettent-ils hors en cachette ? Il n'en fera 
point ainlî: mais qu'ils vienent eux-mefmes , & nous 
mettent hors. 

3 8 Et les fergeans rapportèrent ces paroles aux Gou- 
uerneurs, lefquels c craignirent ayans entendu qu'ils 
eftoyent Romains. 

7,9 Parquoi ils vindrent vers eux, & les prièrent, & 
les ayans mis hors,les requirét qu'ils fe partiflent hors 
de la ville. 

40 Adonc eftans fortis de la prifon , ils entrerét chez 
Lydie : & ayans veu les frères, ils les confolerentrpuis 
fe partirent. 

CHAP. XVII. 

Taul arriueen Theffalonique, 10 &delà estant perfecuté, 
par les fui fi s'en va en Beree: 14 puis estant conduit tuf- 1 
que s en ^Athènes, i z ily fait vne excellente remonftran- [ 
ce touchant la vérité d'vn feul Dieu inconnu aux *Athc-\ 
niens } 31 & touchant le iugement avenir en la perfonne 
de Je fut Chriftreffu [cité des morts : 34 dont s'cnjïtit du 
fruicl. en la conuerfim du T}ç?w l'Areopagite , & de quel- 
ques autres. 



DES APQSTRES. 

vis ayans trauerfé par Amphipohs £r Apo 



}}9 
i y) vis ayans trauerie par Amphipolis Sr Apolïo- 
1 niCjils vindrent en ThefTalonique , où il y auoit 
vne fynagogue de Iuifs. 

2 Et Paul félon la couftume entra vers eux,& par 
trois Sabbats difputoit auec eux par les Efcritures: 

3 Leur déclarant & propofant qu'il auoit falu que le 
Chrilt fouffrift & reffufcitaltdes morts : &que Iefus 
elloit le Chrilt,lequel,^/V-/7 3 ie vous annonce. 

4 Et quelques- vnsd'entr'euxcreurent,& furentad- 
ioints à Paul&Sihs,& grande multitude de Grecs 
feruans à Dieu , &: de femmes de qualité non petit 
nombre 

rç Mais les Iuifs rebelles , efmeus d'enuie^rindrent 
icertains vautneants,bateurs de paué, lefquels ayans 
fait amas de peuple,efmeurent toute la ville : & faifans 
effort à la maifon de Iafon , cerchoyent de les amener 
vers le peuple. 

6 Et ne les ayans trouués , tirèrent Iafon & quel- 
ques frères aux Gouuerneursdela ville, en criant, 
Ceux-ci qui ont remue tout le monde, font aufsi ve- 
nus ici. 

Lefquels Iafon a retirés chez foi : &eux tous font 
contre les décrets de Cefar, difans. Qu'il y a vn autre 
Roy, qu'ils nomment Iefus. 

Ils efmeurent donc le peuple & les Gouuerneurs 
de la ville qui oyoyent ces chofes. 

Mais après auoirreceu caution de Iafon & des au- 
tres, ils les Iaifierent aller. 

io Et incontinent les frères mirét hors de nui£t Paul 
& Silas four aller en Beree: lefquels eftans là venus,en- 
trerent en la fynagogue des Iuifs. 
ii Or ceux-ci furent plus a courageux que les Iuifs 
qui eftoyent en ThefTalonique,entant qu'ils receurent 
la parole auec toute promptitude, b conferans iour- 
nellement les Efcritures, pour fauoir c s'ileftoitainfi. 

12 Plufieurs donques d'entr'eux creurent , & des 
femmes Grecques honorables , & d'hommes non pe- 
tit nombre. 

13 Mais quand les Iuifs de ThefTalonique feurent 
que la parole de Dieu elloit aufsi annoncée par Paul 

Uï 



ou, gcne- 
rcu : , nobles. 
b ou , fon- 
dans. 

non cora« 
me pour en 
iugci de leur 
fens & antho- 
rité j mais 
pour fe con» 
fermer & ef- 
claicir tant 
mieux par 
le rapport de 
rEfcrirurc a- 
ucclavcritc 
qu ils auoyenc 
eatendue. 



54° 



Acte 



ou, plei. 
ne d'idoles. 



qui eftoit 
vn titre com 
nie de crime 
capital en- 
tr'eux. 

comme qui 
tiroir , Le 
palais des 
caufes capita- 
les: & c'e- 
ftoitvne pla- 
ce au haut de 
la ville d'A- 
thènes, por- 
tant le nom 
de leur dieu 
Mars. 

d le mot fi- 
gnifievne re- 
nerence en- 
tiers ce qu'on 
lecognoift 
pour Dieu, 
procédante 
ce crainte & 
frayeur. 

le mot fï- 
gnifie ce qui 
cft expofe en 
veuë, afin que 
on y rende 
quelque fer- 
«ice de reli- 
gion. 

f c. préten- 
dez d hono- 
rer. 
' Sus 7. 48. 



en Beree,ilsyvindrent,&e(meurent le peuple. 

14 Mais alors les frères enuoyerent incontinent Paul 
dehors pour aller comme vers la mer rmais Silas & 
Timothee demeurèrent encoreslà. 

15 Et ceux qui auoyent prins la charge de mettre, 1 
Paul à fauueté , le menèrent iufqu'en Athènes : & 
après auoirreceu mandement de lui àSîlas & Timo- 
thee, à ce qu'ils reuinffentbientoltverslui,ils par- 
tirent. 

16 Or comme Paul les attendoit en Athènes, fon 
efprits'aigriffoiten lui-mefme,confiderant la ville du 
toutaddonneeà a idolâtrie. 

17 Parquoi il difputoit en la fynagogïïe auec les 
Iuifs,& auec les religieux,& tous les iours en la place 
du marché auec ceux qui fe rencontroyent. 

18 Lors quelques-vns d'entre les Philofophes Epi- 
curiens & Stoïciens s'adrefferent à lui en propos :& 
les vns difoyent 3 Mais que veut dire ce babillard ? Et 
les autres difoyent , Il femble eftre annonciateur b de 
dieux effranges : pource qu'il leur annonçoitlefus & 
la refurrection. 

19 Etl'ayans appréhendé , le menèrent en c l'Aréo- 
page, diîans, Pourrons-nous point fauoir quelle eu 
celte nouuelle doctrine dont tu parles? 

20 Car tu nous mets certaines chofes eftranges en 
nos oreilles mous voulons donc fauoir que veulent 
dire ces chofes. 

21 Or tous les Athéniens & les étrangers qui fe te- 
noyentlà, ne vacquoyent à autre chofe qu'à dire ou à 
ouïr quelque nouuelle. 

22 Adonc Paul fe tenant au milieu de PAreopage,dit, 
Hommes Athéniens , ie vous apperçoi en toutes cho- 
fes comme par À trop deuotieux. 

23 Car en pafTant & contemplant vos e deuotions, 
i'ai trouué mefmes vn autel auquel ef toit eferit , A v 
diev iNcoGNv:Ie vous annonce donc celui 
lequel vous f honorez fans le cognoiftre. 

24 Le Dieu qui a fait le mode & toutes les chofes qui 
y font, comme ainfi foit qu'il foit Seigneur du ciel & 
de la terre, * n'habite point es temples faits de mains: 

j v Et o'eft point ferui par mains d'hommes, comme 



DBS A P OS TRES 



*4I 



ayant necefsité de quelque chofe, veu que c'eft lui qui 
donne à tous vie,&refpiration,& toutes chofes. 
z6 Et a fait 1 d'vn feul fang tout le genre humain, 
pour habiter fur toute l'eftendue de la terre : ayant dé- 
terminé des faifons au'il a auparauant ordonnées , & 
les bornes de leur habitation : 
27 Afin qu'ils cerchent le Seigneur, fi en quelque 
forte ils pourroyentrattoucher^wwf en taftonnant, 
&trouuer:iacoit qu'il ne foit point loin d'vn chacun 
de nous. 

1$ Car par lui nous auons vie , & mouuement , & 
eftre : comme aufsi quelques-vns de vos b Poètes ont 
dit/ Car aufsi nous fommes lignage d'icelui. 

29 Comme ainfi foit donc que nous foyonsle ligna- 
ge de Dieu, * nous ne deuons nullement eftimer la di 
uinité eftre femblable à or, ou argent, ou à pierre 
taillée par art & par inuention d'homme. 

30 Dieu donc ayant difsimulé les temps de l'igno- 
rance, maintenant dénonce à tous hommes .en tous 
lieux,qu'ils fe repentent. 

51 Pource qu'il a ordonné vniour auquel il doit iu 
eer le monde vniuerfel en iuftice , par l'homme qu'il ; 
déterminé, dont il a donné certitude à tous, l'ayant 
reflufeité des morts. 

3 1 Et quand ils ouïrent ce mot de la refiirreftion des 
morts,les vns s'en mocquoyent,& les autres difoyent, 
Nous t'orrons derechef fur cela. 

33 Ainfi fortit Paul du milieu d'eux. 

34 Certains perfonnages toutesfois fe joignirent à 
lui, &creurent: entre lefquels eftoit aufsi Denis l'A- 
reopagite,&vne femme nommée Damaris, & autres 
auec eux. 

Chap. xvii 1. 

"Paul recueille PSglife en Corinthe , où il efi confolé & forti- 
fié par le Seigneur, n'ayant cependant de [daigné d'y tra- 
uailier de fes mains : 18 puis fait vn voyage par vœu en 
ferufalem, z 3 dont il retourne vers la Galatie & Thry- 
gie. 24 ^Apollos receuant inslruclion plus ample qu'il 
n'auoitjè rend en Corinthe 9 ou U fruftifie grandement. 

Yiij 



c. d'vn 
feulprcrmec 
perc Adam. 



h aff*. Aratus 
Poëte CJi:çc 
notable, 
c ou, Car 
de lui fom- 
mes-nous 
nous meftnes 
le lignage. 
40.18. 



c iign 



*Rotn.i6,3 



« affà.des ten 
tes qu'on 
faifoir. de 
peaux cou- 
fues enfem- 
We pour les 
garnifons. 



"Matt. to. 
z4.yMf.13.3x 



^x.Or.i.i^ 



341 



C T E S 



1 /^v R après ces chofes Paul repartant d'Athènes 
KJ vintàCorinthe. 

2 Et ayant là trouué vn certain Iuif * nommé Aqui- 
le, de la nation de Ponte,qui vn peu auparauant eftoit 
venu d'Italie, auec Prifcille fa femme (pource que 
Claude auoit commandé que tous les Iuifs vuida£ 
fent de Rome) il s'addreiïa à eux : 

3 Et pource qu'il eftoit de mefme meftier, il demeura 
auec eux,&beiongnoit.Et leur meftier eitoit de faire 
a des tentes. 

4 Et difputoit en la fynagogue par chaque Sabbat, & 
induifoit à croire tant les Iuifs que les Grecs. 

5 Et quand Silas & Timothee furent venus de Mace- 
done , Pauieftant enferré en jon Efprit,teftifioit aux 
Iuifs que Iefus estoit le Chrifr. 

Et comme iceuxs'oppofoyent,&blafphemoyent, 
ayant fecoùé fes ve.ftemens,illeur dit, Voftre fang 
foii fur voftre telle, i'en fuis net; dés maintenant ie 
m'en irai vers les Gentils. 

7 Adonc eiiant parti de là , il entra en la maifon d'vn 
nommé ïufte,Ieruant à Dieu : duquel la maifon tenoit 
à la fynagogue. 

8 Et * Crifpe principal de la fynagogue creut au Sei- 
gneur auee toute fa maifon : plufîeurs autres aufsi des 
Corinthiens l'ayans ouï,creurent , & furent baptizés. 

9 Or le Seigneur dit de nuict par vifïon à Paul, Ne 
crain point.mais parle,& ne te tai point : 

10 Carie fuis auec toi,& nul ne mettra les mains fur 
toi pourte mal-faire : car i'aivn grand peuple en ce- 
lle ville. 

11 Parquoi il demeura là vn an &fix mois renfeignat 
entr'eux la parole de Dieu. 

1 2. Mais du temps que Gallion eftoit Proconful d'A- 
chaie, les Iuifs tous d'vn accord s'efleuerent contre 
Paul,&r l'amenèrent au fïege iudicial. 

13 Dif ms, Ceftui-ci induit les gensdeferuiràDieu 
contre la Loy. 

14 Et comme Paul vouloit ouurir fa bouche, Gallion 
dit aux Iuifs, O Iuifs, fi c'eftoit matière de quelque 
outrage,ou maleficeyie vous fupporteroye autant que 
il feroit raifonnable. 



DES APOSTR.ES. Hl 

? Maïs s'ileit queition de paroles^ de mots, & de 
voltre Loy,vous y regarderez vous-mefmes : car ie ne 
vueil point eltre îuge de ces chofes 

16 EtleschalTadufiegeiudicial. 

17 Lors tous les Grecs ayans empoigné * Sofrhenes|*i« c <»".i.i 
le principal de la fynagogue, le batoyent deuant le fie- 
geiudicial :& n'en chaloit rien àGallion. 

18 Mais quand Paul eut encore elle là alTez long 
temps , il print congé des frères , & nauigea en Syrie, 
( & auec lui PrilcTlIe & Aquile) '•' après qu'il fe futL 
fait a raire la telle en Cenchree ; car il auoit vœu. 



ï9 Puis ilarriuaenEphefe, & les laiiïa là, mais lui tefm 
elhnt entré en la fynagogue,diiputa auec les Iuifs. ex«L- 
20 Lefquels le prians qu'il demeurait encore plus 15- quel cftoit . 
guementaueceuxjil ne s'y voulut point accorder: 



ota - 1 24. 
aflaii. pour 
<>it;ncr 
par tcfîafte 
extérieur, le 



21 Ains print congé d'eux, difant, lime faut tota- 
lement b faire la felte prochaine en Ierufalem :mais 
ie retournerai encores vers vous, * s'il piailla Dieu. 
Ainfï il defancra d'Ephefe. 

22, Et quand il fut defeendu en Cefaree, il monta en 
Jerufakm : & après auoir falué l'Eglife, defeendit en 
Antioche. 

23 Puis ayant feiourné là quelque temps j il s'en alla 
trauerfant tout d'vn train la contrée de Galatie&de 
Phrygie,confermanttous les difciples. 

24 Mais * vn certain Iuif nommé Apollos, Alexan- 
drin de nation, homme éloquent &puhTant es Efcri- 
tures,vinten Ephefe. 

25 Lequel eitoit aucunement inftruitenla voye du 
Seigneur :& elhnt enferueurd'efprit parloit,& en- 
feignoitdiligemmét les chofes qui font du Seigneur, 
c cognoiifant feulement le Baptefme de Iehan. 

z6 II commença donc à parler franchement en la fy 
nagogue. Et quand Prifcille & Aquile l'eurent ouï, 
ils le prindrent auec eux,8dui déclarèrent plus auant 
la voye de Dieu. 
27 Et comme icelui vouloit pafler en Achaie^ 
les frères l'avans exhorté de ce ^z/Vc,efcriuirentaux 
difciples qu'ils le receulTent, lequel elhnt arriué 
profita beaucoup à ceux qui par grâce auoyent 
creu. 

Y iiij 



indiffèrent 
en foy, qu'il 
honoroit 
toLifiotir<: la 
religion delà 
nation. 

afla. pour à 
ccfteoccafio 
auancerrant 
plnsloetiure 
du Seigneur, 
&non com- 
me au regara 
de la fefte ea 
foy. 

* l.Cor.4. 
iç.iaq.+lf. 
ti.Cor.i.i* 



c en ayant 
point pafle 
Pcftole de 
Iehan Bapti- 
fte,oùlesrii- 
dimens de la 
foy eftoyent 
enfeignes. 



444 



Acte 



2,8 Car il conuainquoit publiquement les Iuifs en. 
grande véhémence , demonftrant par les Efcritures 
que Iefus ef toit le Chriit. 

C H A P. XIX. 

Vaut impofe les mains en Epbefè fur certains qui auoyent eslè 
baptisés du baptejme de Iehan , le fquels reçoiuent les dons 
du jainci Ejprit, 8 &y afjemble vne fort belle ëglijc, en 
f allant beaucoup de miracles . 1 3 Quelques imposteurs 
pretendans le contrefaire , en font puni* par l'efprit malin 
1$ Zples Ephefiem condamnent p ubliquement les arts illi- 
cites de magie. 23 Vn certain Vemetrimfàifant despetis 
temples de Diane, tafche ày efmcuuoir fedition cotre Paul; 
3 5 leqitel eft réprimé par la remontrance d'vn greffier 
de ville. , 

1 A Duint comme Apollos efroit en Corinthe,que 
±\ Paul après auoir trauerfé tous les quartiers 

d'enhaut vint en Ephefe : où ayant trouué certains 
difcipleSj il leur dit, 

2 Auez-vousreceu a le faindl: Efprit, quand vous a- 
uez creu ? Mais ils lui relpondirent , Nous n'auons pas 
melmes oui dire s'il y a vn faincl: Efprit. 

3 Adonc il leur dit. En quoi donc auez-vous efté 
baptizés ? Lefquels rejpondivent , Au Baptefme de 
Iehan. 

Alors Paul dit, Iehan a bienbaptizé * du Baptef- 
me de repentance, difant au peuple qu'ils creuffenten 
celui qui venoit après lui : b aifauoir en Iefus qui est 
le Chriit. 

Ces chofes ouïes,ils furent baptizés d au nom du 
Seigneur Iefus. 

6 Et après que Paul leur eut impofé les mains, le S 
Efprit vint fur eux,&ainiî ils e parloyent langages, & 
prophetifoyent. . J 

Et eftoyent tous ces perfonnages-Ià enuiron 
douze. 

8 Puis il entra en la fynagogue,&rparloit franchemét 
I'efpace de trois mois, difputant& induifantà ce qui 
eft du royaume de Dieu. 

Mais comme quelques-vns s'endurcifToyent , & 
t^Xio^Weitoyent rebelles , meldifans de la voye du Seigneur 



* le. 1« dons 
particuliers 
du S- Efprit, 
le.'qudv ac- 
côpagnoyent 
pour lors la 

rorefsion de 
tfoy. voyez 
fus 8. 1 y. 

* Mat 3.1 r. 
marc t.S/uc 
3.l6.iebà 1. 
26. fia 1.5, 
& II. 16. 
h afiau. pour 
îtionftrer que 
le Baptefme 
<le Iehan ne 
les deuoit 
nullement ar- 
refteràlaper- 
fonne d'ice- 
lui , comme 
Iehan lui- 
mefmc les en 
auoit fuffi- 
làmmcnt in- 
ftruits. 

ou , Et 
(ceux qui 
l'ont ouï, 
ont efté ba- 
ptizés, Sec. 
2 c.aduoiians 
Iefus pour le 
ièul Seigneur 
&Sauueur. 
« voyez fus 



< 



T5TT5 — ÀPÔSTflE 5." 



W 



deuant la multicude:lui le départant arrière deux , le 
para les difciples, difputant de iour en iour en i'efcole 
d'vn certain ??f>/?/wcTyrannus. 

10 Et cela 3 continua l'efpace de deux ans, tellement 
que tous ceux qui habitoyent en Afie, ouïrent la pa 
rôle du Seigneur lefus, tant Iuifs que Grecs. 

1 1 Et Dieu faifoit des vertus non accouihimees par 
les mains de Paul: 
n De forte que mefmes on portoit de defïiis Ton 
corps des couurechefs & b deuâtiers fur les malades 
& leurs maladies fe departoyent d'eux , & les mauuais 
efprits fortoyent hors. 

13 Adonc quelques vns d'entre les Iuifs exorcilres 

3uitrottoyent cà &là 3 s'eflayerentd'inuoquerle nô 
u Seigneur lefus fur ceux qui auoyent des mauuai 
efpritVjdifans, Nous vous adiurons par lefus que Paul 
prefche. 

14 (Et ceux qui faifoyent cela, eftoyent fept certains 
fils de Sceua Iuifj de la race des principaux Sacrifica 
reurs.) 

15 Maisl'efprit malin refpondant dit, Iecognoile- 
fus,& fai qui elt Paul:mais vous */*/m,qui eftes-vous? 
1^ Et l'homme en qui ef toit le malin elprit , fautât fur 
eux,& s'en eitant rédu maiftre c vfa de force côtr'eux, 

j de forte qu'ils s'enfuirétnuds&naurés de celte mai- 
i fon-là. 

17 Orcelavintà notice à tous lesluifs & Grecs de 
meurans en Ephefe: dont crainte les faifît tous , & le 
Nom du Seigneur lefus eitoit magnifié. 

1 8 Et plufîe\irs de ceux qui auoyent creu , venoyent 
confefïans &declarans leurs acles. 

19 Plufieurs aufsideceuxqui s'eitoyent adonnés à 
chofes d curieufes,apporterent leurs liures,& les bruf- 
lerent deuant tous : dont calculans le prix, ilstrou- 
uerent qu'il montoit à cinquante mille pièces d'argét. 

20 Ainlî croiflbit la parole du Seigneur puiflammét, 
& fe renforçoit. 
11 Or comme ces chofes furent accomplies , Paul 
propofa par e l'efprit de parler par Macedone & A- 
chaie,& d'aller en Ierufalem, difant, Apres que i'aurai 
eité là,il me faut aufsi voir Rome. 



* Gr.fut fait 
par lefpace. 
Se. 



b mot pour 
rr.or, Demi-j 
ceints > qui 
fcmblent a- 
uoir efte dcs| 
pièces de 
toile aflez 
larges, dont 
en ces temps 
là on fe cei- 
gnoitfurle 
corps, &s'en 
feruoit on à 
s'cflliycr les 
mains: ou, 
mouchoirs. 



c ou, l'em- 
porta fur eux. 



d afTillickcs 
& condam- 
nées parla 
parole de 
Dieu. 

e c.felon que 
le Seigneur 
luicninfpi- 
r >k le defîr 
fuiuant fa vo- 
cation mef- 
me fuiuant la 
teuelarion 
particulière 
qu'il en pou- 
doit auoir. 



g 4 £ 



ACtïs 



zz Et ayant enuoyé en Macedone deux de ceux qui 
lui afsiitoyent , afiauoir Timothee &Erafte,il demeura 
pouf vn temps en Afie. 
13 Mais en ce temps-là aduint vn grand trouble à 

bro? (A C U cau ^ e a ^ e ' a doctrine. 

Eafo7,gr. 2,4 Car vn certain nommé Demetrius, qui befognoit 
rfe kvoye. d'argenterie , & faifoit des petis temples d'argent de 
Diane , apportoit beaucoup de profit aux ouuriers du 
meftier: 

25 Lefquels ayans aiTemblé auec ceux qui befbn- 
gnoyent en ces ouurages-là , il dit, Hommes, vous fa- 
uez que tout noitre gain vient de celte befongne: 
z6 Or voyez-vous & oyez comme non feulement en 
Ephefe,maisprefque par toute Afie, ce Paul-icipar 
Tes perfuafions a deftourné grande multitude, difant 
que ceux ne font point dieux , qui font faits de mains. 

27 Et n'y a pas feulement dâger pour nous en ce que 
noftre fait ne vieneàedredefcrié, mais aufsi que le 
temple delà grande Diane ne foit plus rien eitimé du 
tout,&qu'il n'aduiene que fa maiefté,que toute Afie& 
le monde vniuerfei a en reuerence, ne viene aufsi à 
néant. 

28 Eux donc , ces chofes ouïes , furent tous remplis 
de colère , & s'efcrierent , difans, Grande efi la Diane 
des Ephefiens! 

19 Et toute la ville fut remplie de côfufion:&fe ruè- 
rent iousà'vn courage dedans le théâtre , & rauirent 
Gaie & Ariftarque Macédoniens compagnons de 
voyage de Paul. 

1 c»eftoyent ~ £ t comrae p au l youloit entrer vers le peuple, les 

certains per- ■>.. r . . 1 1 rr • c - 

formages en difcipîes ne le Iaitierent point taire. 

offîccquiad- 3 j q uelques vns aufsi d'entre b les Afiarques qui lui 

les adirés du eiiovent amis,enuoyerent vers lui,le pnans qu il ne fe 

public, & a- prefentalt point au théâtre. 

gc de ce %T 3 2 Ees vns doc crioyét d'vn,& les autres d'autre:car 

je&ifoken rafTemblee eltoit confufe: & pluiîeurs ne fauoyent 

^^TaSâ P our q ue ^ e cauie ils eftoyent afïemblés. 

auanr' 33 Adonc fut c auancé Alexandre hors de la foule, 

onïn'un'do- ^ es * U ^ S * e pouf^ 115 en auant. Et Alexandre faifant 

nàft audace. d figne de la main, vouloit alléguer e exeufe au peuple, 

deffcflï^S- 34^M 21S quand ils eurent cognu qu'il eltoit Iuif, vne 

semble. c ° voix de tous s'efleua , quafiparl'efpace de deux heu-- 



"DITS AP0S TRES, 



TÎ7 



res,en criant, Grande ejt la Diane des Lphenens! 

3î Adonc le greffier ayant appaifé la multitude, dit, 

Hommes Ephefiens, & qui cil celui des hommes qui 

ne fâche que la ville des Ephefienselb dedieeaufer 

uice de la grande Diane , & à b l'image qui elt defcen- 

due de Iupiter: 

3 6 Ces chofes donc efrant telles fans contredit,il co- 

uient que vous foyez appaifés , & que ne faciez rien à 

l'eftourdie. 

37 Car vous auez amené ces gens qui ne font ni fa- 

crileges,ni diffamateurs de voltre deeffe. 

3 8 Que fi Demetrius & les ouuriers qui font auec lui 

ont à rencontre d'aucun quelque caufe, on tient les 

plaids,8cy a des c Procô(iiIs,qu'ilsaccufétl'vn l'autre 

3 9 Et fi vous demâdez quelque chofe d'autre cas,cela 
iè pourra conclurre en vne aflèmblee deuè'ment con- 
uoquee. 

40 Car nous fommes en danger que ne foyons accu- 
les de (édition pour ce iourd'hui : veu qu'il n'y a caufe 
aucune pour laquelle puifsions rendre raifon de celte 
efmeute. Et quand il eut dit ces chofes,il bailla congé 
" " affemblee. 

C H A P 

\Taul enfeignant enTroas, 8 rejfufcitevnieune homme tref- 
paffè , 17 enuoye quérir les anciens ctEphefe à Milct , 
18 e^ le ur rament oit tout le cours defon miniftcre, & ce 
ment il s'en est acquit é , 28 les aduertiffant de leur de- 
noir,& proteflant defon intégrité parmi eux. 

• 1 r^\ R après que fut ceflé le trouble, Pai 

\J pelé à foi les difciples , & les ayant d embraffés, 

fe partit pour aller en Macedone 

2 Et quand il eut cheminé par ces quartiers-là , &les 
eut ennortés par plufieurs paroles,il vint en Grèce 

3 Là où quand il eut elle trois mois , d'autant que les 
Iuifs lui dreflbyent embufehes , s'il eut nauigé en Sy- 
rie,l'aduis fut de retourner par Macedone. 

4 EtSopaterBereen le deuoit accompagner iufques 
en Afie:& des Theïïaloniciens, Arilhrque,& Second: 
& Gaie Derbien , & Timothee;& de ceux d'Afie, Ty 
chique & Trophime. 

5 Ceux-ci donc eftans allés deuant/ nous attendiiét 



XX. 



!c mor 
Grec iîgnif7« 
ce qu'on ap- 
pelé ordinai- 
rement mar- 
guilliencom- 
me ouidiroir, 
tft le propre 
temple. 
b c'cftoitvn* 
impofture 
dontilcanm- 
foyent les 
pourcs igno- 
ans de ces 
lieux-Ià,com- 

e quafi par 
tout de mc^- 
mes ailleurs. 

ùfTu.en la 
perfonne des 
Licutcnans 
c;u il y pou- 
uoit auoircn 
la prouin.ee. 



d aflà. pour 
prendre con 
gc d cuxpour 
lois. 



t afTàu.Pauî, 
auquel Luc ■ 
iaifoit ordi- 
irement 
compagnie- 



34«" 



Actes 



« les fidèles 
retenoyenc 
encores ces 
nos de iours 
Guis fuperfti- 
tion , a caufe 
del'vfage an- 
cien félon la 
loy : comme 
fous 1 7. o. 
* £«* 2. 42. 
£ Appelé de- 
puis commu- 
nemét le Di- 
mâchc:apoc 

:o. auquel 9 
iour TEglife " 
s'afiembloit 
plus volon- 
tiers qu'au 
iour du Sab- 
bat, à ce faire 
àinfi dés lors 
inlpireepar 
le S. Eiprir. 
toyez i.cor. 
16.1. 



c. les pa- 
yeurs ordi- 
naires, voyez 

flB 14. 2J. 



enTroas. 

6 Mais quant à nous, après a les iours des pains fans 
leuain , nous defancrafmes de Philippes , tk vinfmes 
vers eux àTroas au bout de cinq iours: là où nous fe- 
iournafmes fept iours. 

7 Et b le premier iour de la femaine,Ies difciples eftâs 
affemblés * pour rompre le pain , Paul ( d'autant qu'il' 
deuoit partir le lendemain ) traittoit de la parole auec! 
eux, & ef tendit fon propos iufqu'a la minuicT:. 

8 Or v auoit-il en la chambre naute, où ils eftoyét afJ 
fembles, beaucoup de lampes. 

Et vn ieune homme nommé Eutyche , afsis fur vne 
feneftre, eftant abbatu de profond fommeil , cependât 
que Paul traittoit de la parole plus longuement, em- 
porté de fommeil cheuten basdutroifieme eftage, & 
fut leué mort. 

10 Mais Paul eftant defeendu , fe pancha fur lui , &i 
Pembraffa,&: dit, Ne vous troublez point,car fon ame< 
elt en lui. ! 

1 1 Et quand il fut remonté, & eut rompu le pain , & J 
mangé , & parlé lôg temps iufqu'à l'aube du iour,ainlî t 
il fe partit. j 
iz Et ils amenèrent là le ieune homme viuant, dont 
ils furent confolés grandement. 

13 Or nous elhns venus au nauire, fufmes portés en 
AlTos : & de là deuions reprendre Paul : car il auoit' 
ainlî ordonné , voulant quant à lui , faire ce chemin à 1 
pied. 

14 Quâd donc il nous eut rencontrés en AfTos, nous \ 
le prinimes auec nous,& vinfmes à Metelin. 

1 5 Puis eftans partis de là , le iour enfuiuant vinfmes 
à l'endroit de Chios.Le lendemain nous arriuafmes à 
Samos: & ayans demeuré à Trogylle, le iour enfuiuât 
vinfmes à Milet. 

16 Car Paul auoit propofé de paffer outre Ephefe,afin, 
qu'il ne lui faluft point feiourner en Afïe : car il fe ha- 1 
(toit d , eltre(s'il lui eftoit pofsible) le iour de Penteco- ! 
fte en Ierufalem. 

17 Or il enuoya de Milet en Ephefe,& enuoya quérir 
c les Anciens de TEglife: 

1 % Lefquels eftans venus vers Iui,il leur dit, Vous fa- 



. 1 



PIS APO STRES. 



M* 



' uez comme ie me fuis porté toufiours auec vous * dés 
le premier iour que ie fuis entré en Afie: 

| 19 a Semât au Seigneur auec toute humilité,, & auec 
plufîeurs larmes, & b tentations,lefquelles me font ad- 
uenues par les embufehes des Iuifs. 

20 Comme ie n'ai rien retenu à dire des chofes qui 
vous eitoyent vtiles , que ie ne les vous aye prefehees 
&enfeignees publiquement &par lesmaifons: 

21 Teirifiant tant aux Iuifs qu'aux Grecs la repentâ- 
ce qui eit enuers Dieu , & la foy en Iefus Chrift noitre 
Seigneur. 

2z Et maintenant voici, c eftant lié par I'efprit,ie m'en 
vai en Ierufalem , ignorant les chofes qui m'y doiuent 
aduenir. 

23 Sinon que lefaincl: Efprit d m'aduertit de ville en 
' vil!e,difant,Que liens & tribulations m'attendent 

24 Mais ienefaicasderien:& mavienem'eftpoint 
precieufe, e moyennant qu'auec ioye i'acheue ma 
xotirfe, &leminilterequei'ai receu du Seigneur le 
Tus , pour teftifier l'Euangile de la grâce de Dieu. 

la? Et maintenant voici, iefaiquenulde vous tous, 

iparmi lefquels i'ai palTé prefehat le royaume de Dieu, 

ne verra plus ma face. 

16 Pource ie vous pren à tefmoins auiourd'hui que 
■ jie f fuisnetdufangdetous. 

j 27 Carie ne me fuis point retenu que ie ne vous aye 
1 annoncé tout sleconfeildeDieu. 

2 5 Prenez doc garde à von s mefmes &: à tout le trou 
roeau, auquel le fainct Efprit vous a eltablis Euefques, 
pour pailtre PEglife de Dieu, laquelle il a acquife h par 
fon propre fang. 

29 Car ie fai cela , qu'après mon départ il fe fourrera 
parmi vous des loups, ' trefdangereux , n'efpargnans 
point le troupeau. 

30 Et d'entre vous-mefmesfeleueront des hommes 
annonçans chofesperuerfes,afin d'attirer les difciples 
après eux. 

31 Pourtant veillez , ayansfouuenancequeparl'ef- 
pace de trois ans, nuict & iour , ie n'ai cefTé auec lar- 
jmes d'admonnefter vn chacun. 

, 3 2 Et maintenât freres,ie vous recommande à Dieu, 






*Sut if.r. 

* afft. en l'e- 
xercice de 
mon minifte- 
re en toutes 
les parties 
<Ticelui. 
A'ou,e(prel»- 
ucs. 

c c.lcS.E- 
ibrix me fai- 
sant tcllemcc 
cognoihre 
quelle cft fâ 
volonté que 
ie ne m'en 
puis aucune» 
ment dé- 
tourner : où, 
efbnt lié e» 
(mon) efprit. 
A aflà. par le 
tefmoignage 
des Prophè- 
tes , par les 
Eglifes. 
t ou, au pritf 
de ce que ie 
defirc de pa- 
racheucr ma 
courfe. 
/ manière de 
parler prinfc 
des Prophè- 
tes, pour dire 
qu'on n'eft 
pascoulpable 
de la perdi- 
tion d'vn au- 
tre, voyez 
Ezcch. 3.1S. 
g afTa. entant 
quelEnangi- 
le contient 
vne pleine 
declaratio du 
propos arrê- 
té du Sei- 
gneur toui- 
chant le falut 
des fiens en 
Iefus Chriftv 
h alfa, entant 

Sue Iefus 
hrift eft le 
vrai Dieu 
mamfcftc ca 
chair. 

i ou,quivous 
greuerôt. gr. 



* ou,Sanfti- 
fiés. 



*Seus i8.j. 
i.cor.4.12. 
i.theff.i.ç, 
ï.thejf. 3.8. 



M? 



ACTES 



& à la parole de fa grâce : lequel eiè puiiiantdepara- 
cheuer de vous édifier, & de vous donner héritage a 
uec tous les a Sainc"ts. 

33 le n'ai conuoité ne l'argent, ne l'or, ne la robbe 
a aucun." 

34 Etvousmefmes fauez*que ces mains ont fourni 
les chofes qui m'eitoyent neceffaires, & à ceux qui e- 
ftoyent auec moi. 

3 ï le vous ai monftré en tout, qu'en trauaillant ainfi, 
il faut fupporter les infirmes, &auoir mémoire des 
paroles du Seigneur Iefus:car il a dit , Que c'elt chofe 
plus heureufe de donner que de receuoir. 
3 6 Et quand il eut dit ces paroles , il fe mit à genoux, 
& pria auec eux tous. 

37 Lors il y eut grand pleur de tous: &feiettansfur 
e col de Paul, le bailbyent: 

38 Eltans trilles principalement pour la parole qu'il 
auoit dite,Qu'ils ne verroyent plus fa face. Et le con- 
duirent au nauire. 

C h A P. XXI. 

Taulfe tramant en Tyr,& depuis en Cefaree, 8 efl aduerti 
par le S. efprit de ce qui lui deuoh adueniren ferufalem, 
17 <&• depuis arriuè vers les frères , z6 & s' accommo- 
dant à leur confei/ } pour diuertir certain fcandale des infir- 
mes , eflprins dedans le temple par les luifs , 31 ^ àpeu 
près tué 3 fmon que le Capitaine de la gamifonfuft furuenu, 
qui le leur enleue 3 &fefaifit de lui. 

AInfi donc eltans départis & reculés d'eux, nous 
tirafmes tout droit à Coos,Sc le iour enfuiuant 
àRhode,&delàenPatara. 

Et ayant trouué là vn nauire qui trauerfoit en Phe- 
nice,nous montafmes deiïus,&'partifmes. 
3 Puis ayans defcouuert Cypre , nous la lailfafmes à 
main gauche : & tirans vers Syrie , arriuafmes a Tyr: 
car le nauire deuoit là defcharger fa charge. 
4. Et ayans trouué là des difciples, nousydemeuraf- 
rc'iiîaVnon mes fept iours.Iceux difoyétpar b l , Efprit à Paul c qu'il 
ne montait point en Ierufalem. 

5 Mais ces iours-là eltans accomplis nous partifmes: 

6 nous mettans en chemin , eftans conduits de tous, 
auec leurs femmes &: enfans , iufques hors la ville, 6c 



l c.parledon 
de prophétie 
en leur mini 
ftere. 

aiTùu. pour 
I'afTcurance 
defaperfon 



comme pre. 
tendans de le 
deftourner 
de l'obeifTan 
ce du Sei- 
gneur. 



DES APOSTRE S. 



SS1 



ayans mis les genoux en terre fur le riuage , nous 
priafmes. 

Puis après nous eftre embrafles les vns les autres, 
nous montafmes au nauire, & les autres retournèrent 
chez eux. 

Par ainfi acheuans noftre nauigation , de Tyr nous 
abordafmes à Ptolemais : & après auoir falué les fre- 
res,demeurafmes vn iour auec eux. 
8 Le lendemain Paul & fa compagnie partirent, & 
nous vinfmes en Cefaree:& eftans entrés en la maifon 
de Philippe l'EuâgiIilte(* quieitoitl'vndes fept)nous 
demeuralmes chez lui. 

^ Icelui auoit quatre filles vierges , lefquelles a pro- 
phetizoyent. 

10 Et comme nous demeurions là plufieurs iours, il p^ 1 " ^ 
furuint vn Prophète de ludee," nommé Agabus. 
ii Lequel eltantvenu vers nous, & ayant prins la 
ceinture de Paul, s'en lia les mains & les pieds,difant, 
Ces chofesditle fàinctEfprit, Ainfi lieront les Iuifs 
en Ierufalem l'homme à quielt celte ceinture, & le 
liureront es mains des Gentils. 
ii Et quand nous eufmes entendu ces chofes, tant 
nous que ceux qui eitoyétdulieu, l'exhortafmes qu'il 
ne montait point en Ierufalem. 

1 3 Adonc Paul refpondit , Que faites-vous,en pleu- 
rant & b affligeant mon cœur?car quant à moi, ie fuis 
tout preft non feulement d'eftre lié,mais aufside mou 
rir en Ierufalem pour le nom du Seigneur Iefus. 

14 Ainfi ,pource qu'il ne pouuoiteltre induit à cela, 
nous-nous en deportafmes, difans,La volonté du Sei 
gneurfoit faite. 

1 5 Et quelques iours après, ayans chargé nos hardes 
nous montafmes en Ierufalem. 

16 Et quelques vas àzs àxiciylzsx'inàrznt aufsideCe- 
faree auec nous,amenâs auec eux vn certain Mnafon, 
quieitoit Cyprien,anciendifciple, chez lequel nous 
deuions loger. 

17 Quand nous fufmes venus en Ierufalemjes frères 
nous receurent fort volontiers. 

Et le iour fumant, Paul vint auec nous chez Va- 
ques, & tous les Anciens y furent aflemblés. 



*Sus6.$.fr 

8.40. 

c. auoyent 
re don extra- 
ordinaire de 



nir par la re- 
uclation du 

Efprit. 

Sus u.z8 



b oujcafèr- 
rant. 



c aflau.kfik 
de Alphee, 
qui refidoït 
particulierc- 
menren Ie- 
rufalem pour 
l'cntretene- 
ment de 1TK- 
glife,auec vn 
collège de 
Paftcurs or- 
dinaires, no- 
mes les Aa- 



31* 



ACTE 



dont IVfâ- 
ge n'eftanr 
vrayeméc ne 
ccfîairc en 
foi,routes 
fois pour 1 in 
iîrmicc de 
plusieurs 
Luifs fidèles 
cftoit enco- 
res requis 
ifour lors 
*Nomfi iS. 
fusiZ. i 



'•'SKSI5. 20 
«£•20. • 



fous 24.18. 



i>^ Et après qu'iriesein embraflesjl racôta depoincï 
enpoinétles chofes que Dieu auoit faites entre les 
Gentils par Ton miniftere. 

20 Ce qu'ayans oui, ils glorifièrent le Seigneur: & 
lui direnr, Frère , tu vois combien il y a de miliers de 
luifs qui ont creu,^ tous font zélateurs de la Loy. 

21 Or ont-ils elle informés de toi , que tu enfeignes 
tous les luifs qui font entre les Gentils de fe départir 
de Moyferdifant qu'ils ne doiuent point circôcir leurs 
enfans,ne cheminer félon a les itatuts. 

21 Qu'ell-il donc de faire? Il faut entièrement af- 
fembier la multitude : car ils orront dire que tu es 
venu. 

23 Fai donc ce que nous te difons, Nous auons qua- 
tre hommes qui ont fait vn vœu: 

24 Pren-les,& te purifie auec eux, & contribue auec 
eux , * afin qu'ils fe rafent la telte : & que tous fâchent 
qu'il n'eft rien des chofes dont ils ontefté informés de 
tournais que toi aufsi chemines gardant la Loy. 

2f Mais touchant ceux qui ont creu d'entre les Gen- 
tils , nous en auons efcrit, après auoir ordonné qu'ils 
n'obferuent rie de femblable : finô qu'ils fe gardet de 
ce qui eit facrifié aux idoles, & du fang , & des chofes 
eitouffees, & de paillardife. 

26 Adonc Paul ayant prins ces hommes auec foy,& 
le iour enfuiuant s'ellant purifié auec eux entra au 
temple, * dénonçant l'accompliflement desiours de 
la purificationjiufqu'à tant que l'oblation fuit prefen- 
tèe pour vn chacun d'eux. 

27 Et comme les fept iours fe deuoyent accomplir 
quelques luifs d'Afie, l'ayans veu au temple efmeurét 
toute la multitude,& ietterent les mains fur lui, 

Cri ans, Hommes Ifraëlites,aidez-??0j# : voici cefl 
homme qui enfeigne par tout vn chacun contre le 
peuple, & la Loy, & ce lieu-ci: d'auantage, il a aufsi a- 
mené les Grecs dedans le temple, & a pollué ce faintr. 
lieu. 

29 Car auparauant ils auoyent veu Trophime Ephe- 
iîen en la ville auec lui,lequel ils eitimoyent que Paul 
eut amené dedans le temple. 

30 Et toute la ville fut efmcuë,&: le peuple y acourut: 
; &ayaas 



DE S APOS TRES 



m 



ir ayans empoigné Paul , ils le tiroyent hors du tern- 
ple:& incontinent les portes furent fermées, 
ai Mais comme ils le tafchôyent à le mettre à rnorr 
le bruit vint au Capitaine de la bande de lagarvijbn que 
toute Ierufalem eitoit en trouble. 

3 2 Lequel tout à l'heure print des gendarmes & Ce- 
teniers , & courut vers eux:dont iceux voyans le Ca- 
pitaine & les gendarmes celTerent de battre Paul. 

33 Adonc le^Capitaine approcha & fe faifît de lui, 
commandant qu'il fuft lié de deux chaines,puis demâ 
daquiil eftcutj&r que c'eft qu'il auoitfait. 

3 4 Et les vns crioyent d'vn, & les autres d'autre,en la 
foule: &pource qu'il ne pouuoit cognoiflre rien de 
certain à caufe du bruit, il commanda qu'il fuit mené 
enlaforrerelTe. 
3 ? Er qjjand il fut venu aux degrés,il aduint qu'il fuit 
porté des gendarmes pour la violence de la foule. 
3* Car la multitude du peuple le fuiuoit , crians, 
a Orte-le. 

37 Et comme Paul commençoit à efrremené en la 
forterelTe,iI dit au Capitaine, M'elt-il permis de te di- 
re quelque chofef'Et il demanda,Sais-tu parler Grec? 
3 8 * N'es-tu- pas l'Egvptien qui ces iours palTés as ef- 
meu vne fedition, & as retiré au defert quatre mille 
brigandeaux? 
3P Et Paul lui dit,Certes ie fuis homme Iuif, v citoyé 
natif de Tarfe,ville renommée de Cilice,ic te prie per- 
mets-moi de parler au peuple. 
40 Etquad il lui eut permis,Paulfe tenant fur les de 
grés, fit ligne de ta main au peuple: puis grand' filence 
eftant fait, il parla à eux en langue Hébraïque, di 
fant: 

C H A P. XXII. 

T aulrepre fente aux Juifs façonner fation , 6 puis fa conuer- 
fion miraculeufe , 2,1 <&* comme l& Seigneur l'appela pour 
Venuoyer vers les Gentils : 2 2 fur quoi l'audience lui e- 
fiant rompue , // retombe en la fureur des Juifs : 24 e^ à 
cefte occafwn il ejlprc fente alaquefim par le Capitaine 
2? mais alléguant fa bourgcoific de Rome , en eftfoudain 
rc/afehé. 



* c. qu'il fois 
excerminé. 



* Sut $.î6. 



S0W22.J, 



3<4 



Actes 



à voyez fus 
7.2. 



*S«r 21.59 
b c. fous 1 J 
difcipline de 

Gamaliel. 
Toyez Deut 

« afïa. félon 
rioftruftion 
qui m'en a 
uoit eftcdo- 
nee. 

*- Sm 8. 3. 
«£ Gr.voye. 
« afTa. aux 
luifs des Sy 
mgogues de 
dehors. 
* <S"«j 9. 3 
fous 26. 12 



/Gr. de 

gloire. 



1 T_T Ommes a frères & pères , efeoutez moy etî 

.11 ladefenfe donti'vfe maintenant enuers vous 

i Et quand ils ouïrent qu'il parloit à eux en langue 

Hébraïque, tant plus rirent ils de fîlence: Adonc il dit 

3 Certes ie fuis homme Iuif , * né en Tarfe de Cilice, 
mais nourri en celte ville b aux pieds de Gamaliel, 
ayant elré initruit en la Loy des Peres,eftant c zélateur 
de Dieu , comme aufsi vous eftes tous aujourd'hui: 

4 v Qui ai perfecuté celte d doctrine iufques à la 
mort, liant & mettant es priions tant hommes que 
femmes. 

5 Comme mefme le fouuerain Sacrificateur m'eft tef- 
moin & toute l'affemblee des Anciens : defïquels aufsi 
ayant receu lettres adreffnntes e aux frères, i'alloye en 
Damas pour amener aufsi liés en Ierufalem ceux qui 

itoyent là,afîn qu'ils fuiïènt punis. 

6 Ôr*aduint comme iecheminoye, &approchoyc 
de Damas enuiron midi, que foudainement vne gran- 
de lumière venant du ciel, refplédit comme vn elclair 
àl'entourdemoi. 

7 Et ie tombai fur la place,& ouï vne voix qui me dit, 
Saul ,Saul pourquoi me perfecutes-tu? 

8 Et ie refpondi, Qui es tu,Seigneur> Et il me dit , le 
fuis ïefus.le Nazarien que tu perfecutes. 

9 Or ceux qui envoient auec moi virét bien la lumiè- 
re^ en furent tous effrayés : mais ils n'ouïrent point 
îa voix de celui qui parloit à moi. 

10 Lorsiedi, Seigneur, que ferai-ie? Et le Seigneur 
me dit, Leue-toi, & t'en va en Damas,& là te fera par- 
lé touchant tout ce qui t'eit ordonné de faire. 

ir Etpource queie ne voyoye goutte, àcaufe f de la 
fpîendeur de celte îumiere-Ià , ie fu amené par la main 
de ceux de ma compagnie,& vin en Damas. 
1 2- Depuis vn certain AnaniaSjhôme craignant Dieu 
félon la Loy, ayant tefmoignage de tous les luifs qui 
demeuroyent là vint, à moi: 

13 Et eftant près de moi me dit,Saul frère , recouure 
la veuë. Et à celte mefme heure ie regardai vers lui. 

14 Et il dit, Le Dieu de nos Pères t'a preordôné pour 
cognoiltre fa volonté, & voir ie Iuite , & ouïr la voix 
de fa bouche: 

1 J Car tu lui feras tefmoin enuers tous hommes des 



DES APOSTRES. 



3*ï 



chofesquetua< 

16 Et maintenant que tardes tuf-leue-toi & fois ba 
ptizé & a latlé de tes péchés, en inuoquant le Nom du 
Seigneur, 

1 7 Or après il aduint que quand ie fu retourné en Ie- 
rufalem, Scprioye au temple, ie fu raui en eeftafe 
iS Ht iele vi'qu'il me di;oit,Hafte-toi, &pars legere- 
nvét de Ierufâlem: car ils ne receurôt point le tefmoi- 
gnage que tu leur rendras de moi. 

19 Et ie di, Seigneur,* eux-mefmes fauent comme ie 
mettoy' en prilbn, & fouéttoyepar les fynagogues 
ceux qui croyoyent en toi. 

20 Et lors que le fang d'Eftiene ton b martyr futef- 
pâdu 'i'v eltoye aufsi prefent , &: tôfentoye a fa mort. 

21 M. lis il me dit,Va-ten,car ie t'enuoyerai loin vers 
les Gentils. 

21 Or ils l'efeouterent iulqu'à ce mot: adonc ils efle- 
uerent leurs voix , difans, Olte de la terre vn.tel hom- 
311e, car il n'ett point conuenabîc qui viue. 

23 Et comme ils crioyent à haute voix , & fecoiioyét 
Jeurs veitemens,& iettoyent la poudre en l'air: 

24 Le Capitaine commanda qu'il ftift mené en la for-jpioy 
terefle, & ordôna c qu'il luit examiné par le fouet, afin 
qu'il fceult pour quelle caufe ils crioyent ainii con- 
tre lui. 

2t Quind donc ils l'eurent garroté de courroyes 
Paul dit au Centenier qui elloit près de lui , Vous efl 
il loifibie de fouetter vn homnïe d Romain, & non 
condamné? 

16 Ce qu'ayant entendu le Centenier , il s'en alla au 
Capitaine pour l'aduertir,difant, Regarde que tu as à 
faire : car ceft homme-c i efr. Romain. 

27 Et le Capitaine vint à lui, 6v lui dit, Di-moi,es tu 
Romain-.S<:il^//;o«dit,Oui vrayement. 

28 Le Capitaine lui dit, l'ai acquis celte bourgeoise 
à grand' lomme d'argent. Et Paul dit,Et moi iele fuis 
denaiflTance. 

29 Parquoi incontinent ceux qui ledeuoientexami 
ner fe retirèrent de lui. cv le Capitaine aufsi eut crain 
te quand il eut cognu qu'il eltoit bourgeois de Rome, 
& qu'il c i'auoit lié. 

_j ^JlA 



j afTâ. par la 
réception du 
B.<i>reimc, 
connue enc 
ftant le Sa- 
crement or 
diuairc. 



Sus 8. j. 



Sus 7. 58, 

t> ce nom de 
martyr qui 
r.mc autant 
que tefmoin 
eft ainfi de 
meure com- 
me confâcré 
en l'vlâgc de 
l'Eglifê,pour] 
déclarer tem 
(qui ont era 

leur 
vie , & font 
pafles parle 
tormes , mcC~ 
memenr iuf- 
quesàlamort 
pour ic nom 
du Seigneur. 
* c. qu'il faft 
mis à la que- 
stion. 

à c. bour- 
geois de Ro- 
tne:& ainfi 
confequem- 
meut. 



t afii. pouj 
le fouetter. 



1 1 



*Exo.i2.zZ 



" Sous 24. 
22.phil.$.5. 



34 Matt. 22 
■2ï.njarci2, 

l2.luC20. 

27. 



«*- 



Ac 



TES 



30 Or le lendemain voulant fauoir pour certain pour 
quelle caufe il eftoit accufé desluifs 3 illedefliades 
iiens,& commanda que les principaux Sacrificateurs 
s'afTemblafTent, & tout le confeil, & amena Paul , & le 
prefentadeuanteux. 

Chap. xxiii. 
Taul commençant à parler de foi datant le confell des Iuifs, 
2 efi outragé par l'ordonnace d'^Ananias fouuerain Sacri 
ficateur , 3 duquel il redargue la mefcbanceté , 6 puis 
les ayat mis en diuiponfur le point! de la refùrrtclion, qu'il 
maint enoit auec les Tharijîens, 1 o & efiant ret irè d'en- 
tr'euxpar le capitaine, 20 efi deliurépar le mefme d'vn co- 
plot fait pour le tuer : 31 & ainfi efi tranfporté de nuicl 
de Jerufalem en Cefaree vers legouuerneur Félix. 

1 TJ TPaul ayant les yeux^lreiTés vers le confeiljdit, 
JCi Hommes frères , i'ai conuerfé en toute bonne 
confciencedeuant Dieuiufqu'àceiour. 
2, Adonc le fouuerain Sacrificateur Ananias com 
manda à ceux qui eftoiét près de lui de le fraper fur le 
vifage. 

3 Lors Paul lui dit , Dieu te frapera , paroi blanchie: 
que tu fois afsis pour me iuger félon la Loy 3 & qu'en 
tranfgrelfaht la Loy tu commandes que ie foie frapé? 

4 Et ceux qui eftoyent prefens dirent > Iniuries-tu le 
fouuerain Sacrificateur de Dieu? 

? Et Paul dit^FrereSjie ne fauoye pas qu'il fuit fouue- 
rain Sacrificateur: carileftefcrit, * Tu ne mefdiras 
point du prince de ton peuple. 

6 Et Paul fâchant quVne partie d'entr'eux eftoit de 
Sadduciens 3 & l'autre de Pharifiens , s'efcria dans le 
confeiljHommes frères/ ie fuis Pharifien^fils de Pha- 
rifien., ie fuis tiré en caufe pour l'efperance & refurre- 
ction des morts. 

7 Et quand il eut dit cela, diffenfion fut efmeuë entre 
les Pharifiens & Sadduciens : & l'affemblee futdi- 
uifee. 

8 Car * les Sadduciens difent qu'il n*y a point de re- 
furre&ionjni Ange,ni efpritrmais les Pharifiens con- 
fèrent l'vn Sd'autreT 

? Et fut fait vn grand cri. Adonc les Scribes de la par- 



ht.« Abàfnr cr 



— -IS7 

tie des Pharifiensfe leuerent &debatoyent, difans, 
Nous ne trouuôs rien de mal en ceft homme-ici: mais 
fi vn efprit ou vn Ange a parlé à lui, ne bataillôs point 
contre Dieu. 

i o Et comme grande diuifîon fuft aduenue , le Capi- 
taine craignât que Paul ne fuft mis en pièces par eux-, 
commanda que les gendarmes defcendifTent,& qu'ils 
le rauiffent du milieu d'eux, & PamenafTent enlafor- 
tereffe. 

ii Et la nuiâ: enfuiuant , le Seigneur fe prefentaa 
Iui,& dit,Paul aye bon courage: car comme tu as ren- 
du telmoignage de moi en Ierufalem 3 ainfi t'en faut-il 
aufsi tefmoigner à Rome. 

1 1 Le lendemain venu,quelques Iuifs firent complot 
& ferment auec exécration, difans qu'ils ne mange 
royentni ne boiroyent iufqu'àtant qu'ils euffent tué 
Paul. 

1 3 Et eftoyent plus de quarante qui auoyent fait ce- 
lte coniuration auec exécration de ferment. 

14 Lefquels s'adrefTerent aux principaux Sacrifica 
teurs& aux Anciens, de leur dirent, Nousauons fait 
vœu auec exécration de ferment,que nous ne goutte- 
rions de rien iufqu'à tant que nous ayons tué Paul 
1 $ Maintenât donc, vous autres faites fauoir au Ca- 
pitaine a par l'aduis du confeiL,qu'il le vous amené de- 
main,comme fî vous vouliez cognoiftre quelque cho 
fe plus auant de lui : &nous ferons tous prefts pourk 
tuer deuant qu'il approche. 

16 Mais le fils delà feeur de Paul ayant entendu ces 
embufches,vint & entra en la forterefle,& le rapporta 
à Paul. 

1 7 Et Paul ayant appelé à foi vn des Centeniers , lui 
dit, Mené ce ieune homme vers le Capitaine: car il a 
queloue chofe à lui rapporter. 

18 II le print donc , & le mena vers le Capitaine, & 
dit,Paul qui eftprifonnier m'a appelé,& priéd'amener 
ce ieune hommevers toi,d'autant qu'il a quelque cho- 
fe à te dire. 

ip Et le Capitaine le prenant. par la main , fe retira 
à part, & lui demanda, Qu'eft-çe que tu as à me rap- 
porter? 

Z iij 



ou , de I* 
part du cou- 
fol. 



« ou 3 fut- la 
tioifieme 
heure: afia. 
<omme fur 
les crois heu 
res demnt 
iour. 



lS7ê 



TES 



3<« . . _ 

20 Et il fiflf dit , Les Tuifs ont confire de te prier que 
demain tu enuoyes Paul au confeil, comme s'ils vou- 
loyent enquérir quelque chofe plus auant de fui. 
2.1 Mais ne t'y accorde point: car plus de quarante 
hommes d'entr'eux (ont en embufehes contre lui , qui 
ont fait vœu auec exécration de ferment de ne man- 
ger ne boire iuiqu'àtant qu'ils l'ayent mis à mort: & 
maintenant ils font tous prefts , attendans ce que tu 
leur promettras. 

22 Le Capitaine donc renuoya le ieune homme, 11 
commandant qu'il ne dift à perfonne qu'il lui euil dé- 
claré ces chofes. 

23 Puis ayant appelé deux certains Centeniersdit, 
Tenez preits deux cens gendarmes pour aller iuiqu'à 
Cefaree, & feptante hommes de cheuaî , & deux cens 
archers , a à trois heures de nuict. 

24 Et qu'il y ait moniturespreites, afin qu'ayant fait 
monter Paul,ils le mènent en fauueté au Gouuerneur 
Félix. 

25 Et lui efcriuit vnes lettres d'vne telle teneur, 

16 Claude Lyfias au tref-excellent Gouuerneur Fe 
lix, Salut. 

27 Comme ceft homme empoigné des luifs eftoit 
preit d'ellre tué par eux , ie itiis furuenu auec la garni- 
fon^ le leur ai ofté,ayant cognu qu'il effoit Romain. 

28 Et voulât fauoir la caufe pourquoi ils l'aceufoyét, 
ie le menai en leur confeil. 

%9 Làoùi'ai trouué qu'il eltoit aceufé touchant des 
queitionsdeleurLoy, n'ayant commis nul crime di- 
gne de mort oivd'emprifonnement. 
30 Et ayant elle aduerti des embufehes que les luifs 
auoyent drelfees contre lui , incontinent ielet'aien- 
uoyé : ayant aufsi commandé aux aceufateurs de dire 
deuant toi les chofes qu'ils ont contre lui. Bien te 
{bit. 

21 Les gendarmes donc,feîô qu'il leureitoit enioint, 
prindrent Paul, Scie menerentde nuitt en Antipa- 
tris: 

32 Et le lendemain ayant laifTé les hommes de cheuaî 
pour aller auec lui,s'ëh retournèrent à lafortereffè. 
3 3 Iceux donc ellans venus en Cefaree 3 après aùoir 



DES APO S TRE S. 



HZ 



rendu les lettres au Gouuerneur, prefenterent aufsi 
Paul deuant lui. 

34 Et quand le Gouuerneur /w eut leuès , SrPeutin- 
terrogné de quelle prouince il eftoit, ayant entendu 
qu'il etloitdeCilice. 

55 le t'orrai, dit-il plus amplement,quand tes accufa- 
teurs feront aufsi venus. Et commanda qu'il fuft gar- 
dé au palais de Herode. 

Chap. xxiii i. 
TaiU accufc deuant Félix par les Juifs y 10 leur ferme lu 
bouche en repre/eutant fimplcment la vérité du fait auec 
Ja bo'rine ce?/ fi ience , 2 3 demeure encorcs prifonnierfous 
l'attente de la venue de F y fus : 2? cependant aya?/t accès 
vrrs Félix , s' employé à lui annoncer quelques poincls nota- 
bles de la vérité: 2.6 lequel n'y profite point à bon efeient, 
eflant préoccupé de fou auaricc. 

1 /~x Rcinq iours après, Ananias le fouuerainSa- 
VJ criricateur descendit auec les Anciens , & 

Tertulle vn certain orateur,ïefquels comparurent de- 
uant le Gouuerneur à Pencontre de Paul. 

2 Et Paul elhnt appelé, Tertulle commença à Paccu- 
fer,difant. 

3 a Tref-excellent Félix , nous recognoiflbns en tout 
&partout auec tout remerciement, que nous auons 
obtenu grade paix par toi,&rpar les bônes ordonnan- 
ces que tu asdrefTees en ce peuple, félon ta pour- 
uoyance. 

4 Mais afin que ie ne t'empefche plus longuement, ie 
te prie que tu nous oyes en peu de paroles félon ton 
équité. 

5 C'elt que nous auons trouué ceft homme peftilen- 
tieux 8c efmouuant fedition entre tous lesluifspar 
tout le monde , & chef de la fe&e des Nazariens. 

6 b Qui mefmes a attenté de profaner le temple : le- 
quel aufsi nous auons faifî , & Pauons voulu iuger fe 
Ion noltre Lov. 

7 Mais le Capitaine Lyfîas furuenant le nous ofta 
d'entre les mains auec grande violence, 

8 Commandant que fes aceufateurs viniTent vers toi 
duquel toi-mefme après inquifition faite , pourras 
Z iiij 



on, Corn- 
me ainfi foie 
que nous 
ayons obtenu] 
vne grande 
tranquillité 
partô moyé» 
& par le boa 
ordre que tu 
is eftabli en 
cefte nation 
par ta pour- 
uoyâce, nous 
t'en faifons 
xecognoiÊ 
fanceen tout 
& par tour, 
ttef-exccl- 
lent Félix , 
auec tout 
reniercicméc 
b Cecieft 
ainfi remon- 
ftré au nom 
des Juifs, . 
d'autant que 
ils prerendét 
de rendre le 
fait de Paul 
fimplemcnc 
fuiet à leur 
cognoiflan- 
cc,comme 
concernant 
leur (eligioa. 



c. troimcr 
cftre veriu- 



A ou v profe£ 
fîon. 



Gr. ie m'e- 
xerce. 

*Sm 11.30. 



•*S»j 21.26. 



É* cliquerai 

dite tout 

haut: gr. 

criée. 

* Sw 23. 6. 



$j£q Actes 

tauoir toutes ces chofes,defquelles nous Taccufons 

9 Adoncles Iuifsaufsi s'y accordèrent, difans, que 
ces chofes alloyent ainû. 

10 Mais Paul , après que le Gouuerneur lui eut fait 
figne qu'il parlait , refpondit , Sachant qu'il y a ia plu 
fieurs années que tu es iuge de celle nation 3 ie refpon 
pour moi mefme de meilleur courage. 

1 1 Veu que tu peux a cognoiftre qu'il n'y a pas plus 
de douze iours que ie fuis monté pour adorer en Ieru 
falem. 

12, Et fi ne m'ont point trouué au temple difputant a- 
uec aucun 3 ni faifant amas de peuple^niés fynagogues 3 
ni en la ville. 

13 Et ne peuuent maintenir les chofes defquelles ils 
m'aceufent. 

14 Or ie te confefTe bien ce poinc*t>que félon la b voye 
qu'ils appelent fecle , ainfîiefers au Dieu de mes Pe 
res,croyant à toutes les chofes qui fonteferites en la 
Loy & es Prophètes: f 

1 5 Ajtant efperance en Dieu , que la refurreclion des 
morts 3 tant des iultes que des iniufles , laquelle aufsi 
ceux-ci mefmes attendent, aduiendra. 

1 6 Et pourtât aufsi c ie mets peine à ce que i'aye tou- 
fiours la confcience fans orTenfe enuers les hommes. 

17 Or après pîufieurs années pajjees , *iefuis venu 
Jour faire aumofnes&oblations en ma nation. 

Et moi ce faifant,ils m'ont trouué purifié au tem 
:>le, non point auec troupe ni tumulte, 

19 Et ce furent certains Iuifs d'Afie: 

20 Lefquels deuoyent comparoir deuant toi,& m'ac- 
eufer , s'ils auoyent quelque chofe à l'encontre de 
moi: 

21 Ou que ceux-ci mefmes dient, s'ils ont trouué en 
moi chofe inique,quand i'ai efté prefenté au confeil 

22 Sinon quant à celte lèule parole d de laquelle ie me 
fuisefefié eftant entre eux ,* Auiourd'hui ie fuis tiré 
en caufe par vous pour la reftirrection des morts. 

2 3 Ces chofes ouïes , Félix les remit à vne autre fois, 
difant, Apres que i'aurai plus diligemment cognu que 
c'eltde celte icûe, quand le capitaine Lyfias fera dç- 
fcendu>ie cognoiltrai entièrement de vos affaires. 



M 



DES A PQSTRE S. 361 

T Et commanda à vn Centenier que Paul fuïheni 
en garde , &: qu'il euilrelaiche,& qu'on n'empefchail 
perionnedesnens de lui ièruir, ou de venir vers lui- 
25 Et quelques iours après , Félix vint auec Drufille 
fa femme qui droit Iuifue :&enuoya quérir Paul, & 
l'ouït parler de la foy qui eit en Chriit. 
16 Et comme iltraittoit touchant la iu(Hce,& Pat- 
trempance, & le iugement à venir , Félix tout eftrayé, 
refpondit, Pour maintenant va t'en, & quand i'aurai 
opportunité ie te rappelêrai. 

27 Efperant quand & quand aue quelque argentluî 
feroit baillé de Paul, pour le deliurer, pour laquelle 
caufe aufsi fouuent il l'enuoyoit quérir, & deuiibita 
uec lui. , 

28 Deux ans accomplis, Feîix eut pour fuccefleUr 
Portius Felhis :& voulant gratifier aux luifs, laiifo 
Paul emprifbnhé. 

c H a p. xxv. 

ta. caufe de Paulpropofee à F est m par les luifs en Jcrufalcm, 
4 eflremijeàfuiureenCefarec, 7 oh ils feûenent ren- 
dre ïnslans contre lui, fans pouitoir ricnprouuer. 9 Feftm 
enclinant à ouïr Taul en Ierufalem , pour contenter lcs ] 
luifs , 1 1 icelui en appelé à Ce far : \i & efl receu en. 
fo?i appel : 1 3 fur quoi Feftus fe trouuant pcrplex,en com- 
munique auec le Roy ^Agrippa, 2 2 qui demande d'ouïr le 
perfonnage. 

1 "p Eftus donc eilant entré en la prouince , monta 
x trois iours après de Cefaree en Ierufalem. 

2 Et le fouuerain Sacrificateur, & les premiers d'en- 
tre les luifs , comparurent deuant lui contre Paul , & 

, le prioyent: 

3 Demandans faueur à l'encontre de lui . afin qu'il le 
fiit venir en Ierufalem , drefTans embufehes pour le 
tuer par le chemin. 

4 A quoi Feftus refpondit que Paul elloit bien gardé 
en Cefaree,& que de brief il s'y en deuoit aller. 

5 Que ceux donc (dît-il) d'entre vous qui le peuuent 
faire , defeendét enfemble : & s'il y a quelque 3 crime 
en ceit homme,qu'ils l'accufent. 



1 le mot gr. 
(ïgnific pr». 
prenict quel- 
que chofe 
mal conuena- 
ble. voyez lue 



afla. entant 
que pour 
maintenir 
l'innocence 
contre i'op- 
prefsion & 
violence des 
mefthans, 
l'appel .& im- 
ploration du 
Magiftrat, 
quel qu'il 
foit au de- 
meurant,!! 'eft 
contraire àla 
profeftion de 
iafoy. 



3^2. ~~~ A c "t es 

~6 Et après n"auoif3êmëûrë"ëntr'eux pas plus de dix 
jours , il defeendit en Cefaree : & le lendemain s'afsit 
au fiege iudicial, & commanda que Paul fuit amené. 

7 Lequel efhrit là venu,les Iuifs,qui eitoyent defeen 
dus.deIerufalem,l'enuironnerent,lui mettant à fus 
plufieurs griefs crimes, lefquels ils ne pouuoiét prou 
lier: 

8 Paul refpondant qu'il n'auoit en rien failli , ne 
contre la Loy des Iuifs, ne contre le temple, ne con- 
tre Cefar. 

Mais Feftus voulant gratifier aux Iuifs, refpondit à 
Paul, &dit, Veux-tu monter en Ierufalem, &là eftre 
iugé de ces chofes deuant moi ? 

Et Paul dit, I'afsifte au fiege iudicial de Cefar , ou 
il me faut eftre iugé : ie n'ai fait aucun tort aux Iuifs, 
comme aufsi tu le recognois tresbien. 

1 1 Que fi i'ai forfait ou commis quelque chofe digne 
de mort , ie ne refufe point de mourir: mais s'il n'eft: 
rien de cela, dequoi ils m'accufent,nul ne me peut do 
ner à eux : a i'en appelé à Cefar. 

12 Lors quand Feftus eut conféré auec le confeil,iI 
refpondit,En as-tu appelé à Cefar ? tu iras à Cefar. 

13 Or quelques iours apres,le Roy Agrippa & Berni- 
ce arriuerent à Cefaree pour faluer Feltus. 

14 Et après auoir demeuré là plufieurs iours, Feftus 
fit mention au Roy de l'affaire de Paul, difant, Vn cer 
tain perfonnage a elle delaiffé prifonnier par Félix : 

15 A caufe duquel , moi efhnt en Ierufalem, les 
principaux Sacrificateurs & les Anciens des Iuifs 
font comparus requerans condamnation à l"e;icon 
tre de lui : 

16 Aufquels i'ai refpondu que ce n'eft point l'vfa- 
ge des Romains, de liurerquelcun à la mort, deuant 
que celui qui eit aceufé ait fes aceufateurs prefens , & 
qu'il ait lieu de fe défendre du crime. 

1 7 Quand tlonc ils furent venus ici, fans que rVfafTe 
d'aucun délai, le iour enfuiuant feant au fiege Judi- 
ciaire commandai que le perfonnage fuit amené. 

18 Duquel les aceufateurs eftans là prefens, n'ame- 
nèrent aucun crimerouchant ce dont ie me doutoy'. 

19 Mais auoyent quelques queitions à rencontre 



DES APOSTRE7T 



1*1 



de lu i,touchant leur funeritition , & touchant vn cer^" 
tain Ieiiis mort, lequel Paul afferment eitre viuant. 
20 Or moi eftant en perplexité' , comme ie m'en- 
queroy' de cela, demandai s'il vouloir aller en Ieru- 
falém, & là èftre iug« de ces chofes. 
i r Mais pource qu'il en appela demandant d'eltre re- 
ferué £ la cognoiliance d'Auguite,iecommâdai qu'il 
fuit gardé iufqu'à tant que ie l'enuoyafle à Cefar. 
ai Lors Agrippa die a Feihis,Ie voudroy' bien ouïr 
aufsi le perlonnage. Demain,dir-il, tu l'orras. 

23 Le lendemain donc quand Agrippa &Bernice fu- 
rent venus auec grand' pompe, & furent entrés en 
l'auditoire auec les Capitaines & gens d'authorité 
de la ville, Paul pat le commandement de Feftusfut 
amené. 

24 Et'Feftus dit,Roy Agrippa , & vous tous qui elles 
ici auec nous, vous voyez celt homme, duquel toute 
la multitude des Iuifs m'eit venue interpeller , tant en 
Ierufalem qu'ici, crians qu'il ne le faloit plus laiffer 
viure. 

25 Mais moi ayant trouué qu'il n'auoit rien fait qui 
fuit digne de mort, nea'ntmoins puis qu'il a appelé à 
Augufte,i'ai arrefté de le lui enuoyer. 

6 Dequoi ie n'ai rien que i'efcriue de certain au Sei- 
gneur. Parquoi ie le vous ai prefenté , & principale- 
ment à toi,Rov Agrippa : afin qu'après inquifition fai- 
te,i'aye dequoi eferire. 

27 Car il me femble qu'il n'y a point de raifon d'en- 
uoyer vn prifonnier, fans lignifier le cas qu'on lui met 
à fus. 

c H a p. xxvi- 

Taul maintient fon innocence deuant le Roy .^grippa, par 
le fefmbïgnage de fa première conuerfation, 1 2 & du 
miracle de ja c on lier fi on à Je fus Çhrifl , 1 9 & comme il 
s'éfi employé en fon de Hoir. 24 Vont Feflm l'ayant appelle 
injenfé, 25 Pauls'excu/è en toute modestie & granité, 
27 continuant fon propos n agrippa , lequel en eft au- 
cunement efmeu. 3 o L'innocence de Taul à plein reco- 
nnue de tous. 



3-5 



Actes 



« aflaa. com- 
me Feitus 
lui déférant 
par honneur 
de tenir ce 
rang auec 
lui en fon 
tribunal. 
i ou , mit en 
auant pour fa 
defenfe ce 
qui s enfuit. 

ce n'eft ni 
pour le flat- 
ter» ni pour 
rendre Am- 
plement fa. 
caufe fauora- 
b!e j mais 
rendre tant 
plus attentif 
Agrippa,qui 
r^efteit fi 
ignorant en 
tout & par 
tout du fait 
delà religion 
comme eftoit 
Ecfttts. 



aflau. en la 
perfor.ne de 
ceux qui le 
recognoif- 
foyenr pour 
ieMefsias. 
* Sus 8.3. 



G. cfe de- 
hors: afla.aux 
villes qui e- 
ftoyent hors 
du païs de 
ludec. 

; s * 9-î- 



1 A Donc* 
jl\ parler pour toi. 






Agrippa dit à Paul, Il t'eit permis de 
Paul donques ayant eitendu 
la main, b commença à rendre raifon de fon faift, 
dipint. 

2 Roy Agrippa , c ie m'eftime bien-heureux que ie 
doi reîpôdre auiourd'hui deuât toi, de toutes les cho- 
ies deiquelles ie fuis accule par les Iuifs. 

3 Et fur tout d'autant que ie fai que tu as tref-bonne! 
cognoifîance de toutes les couitumes& queftios qui' 
font entre les Iuifs :parquoi ie te prie que tu m'oyes 
patiemment. 

4 Ainfi donc quant à la vie que i'ai menée dés ma 
ieuneflè telle qu'elle a elle du commencement parmi 
ma nation en Ierufalem,tous les Iuifs la fauent. 

Ayans par ci-deuant cognu de plus long temps 
(s'ils en veulent rendre tefmoignage) que dés mes 
anceftres t'ai vefeu Pharifien félon la fedte la plus ex- 
quife de noftre religion. 

6 Et maintenant pour l'efperance de la promelTe que 
Dieu a faite à nos Pères , i'afsifte eftant tiré en caufe : 

A laquelle nos douze lignées continuellement fer- 
uantesàDieu nuict & iour,efperentdeparuenir:& 
de laquelle efperance ( ô Roy Agrippa ) ie fuis aceufé 
par les Iuifs. 

8 Quoi? tenez-vous pour chofe incroyable que Dieu 
fïufcite les morts ? 

Certainement quant à moi , il m'a bien femblé qu'il 
faloit que ie fiffe grands efforts contre d le Nom de 
IefusleNazarien: 

10 Cequ'aufsii'aifaitenlerufalem:* &ai conftitué 
prifonniers plufieurs des faincts, ayant receupouuoir 
de ce faire des principaux Sacrificateurs : & quand; i 
on les mettoit à mort,i'en bailloye ma voix. 

11 Et fouuent par toutes les fynagogues en les pu- j j 
nifTant,ie les contraignoye à blafphemer,& eftant for- j ! 
cené à l'encontre d'eux tout outre , ie les perfecutoye ! j 
iufques aux villes e effranges: 

12 En quoi faifant, '•' comme i'alloye aufsi en Damas 
auec pouuoir & commission de par les principaux I 
Sacrificateurs, 

13 le vi ( ô Roy ) par le chemin , en plein midi vne 



DES APQSTRES. 



3S 



lumière du ciel, plus grande quelafplendeur dufo- 
leil,qui refplendit à Tentour de moi , & de ceux qui 
cheminoyentauecmoi. i 

14 Dont nous tous eihns tombés par terre, i'ouï vnc 
voix parlant à moi,&difant en langue Hebraique, 
Saiil, SauI;pourquoimeperfecutes-tu?ilt'eit dur de 
regimber contre les aiguillons. 

15 Lors ie di, Qui es-tu, Seigneur ? Et lui refpondit, 
le fuis lefus, lequel tu perfecutes: 

1 6 Mais leue-toi,& te tien fur tes pieds : car pour ce 
ile caufe te fuis-ie apparu , pour te conitituer miniftre 
& tefmoin tant des choies que tu as veuès, que de cel- 
les elquelles ie t'apparoiitrai : 

17 Tedeliurant du peuple, & des Gentils , vers lef- 
quels maintenant ie t'enuoye : 

18 Pour ouurir leurs veux, afin qu'ils foyent con- 
uertisdes ténèbres à la lumière, & de la puiffance de 
Satan à Dieu, pourreceuoirremifsion de leurs pè- 
ches, &part entre ceux qui font fanctifiés parla foy 
quieltcnuersmoi. 

19 Parquoi (ô Roy Agrippa) ie n'ai point efté defo- 
beiiïant à la vifion celeite: 

20 Ains * premièrement i'ai annoncé à ceux qui 
efloyev.t en Damas, & puis en Terufalem, &rpar toute la 
contrée de Iudee,& aux Gentils , qu'ils fe repétiffent, 
& fe conuertifïênt à Dieu , en faifant œuures conue- 
nables àrepentance. 

2 1 Pour celle caufe les Iuifs^m'ayans prins dans le 
tempIe,ont tafirhé de me tuer : 

il Mais avat receu fecours par l'aide de Dieu, ie fuis 
viuant iufqu-'à ce iourd'hui: teftifiant à petit & à grâd: 
&rne difant rien fors les chofes que tant les Prophètes 
que Movfe ont prédites deuoir aduenir : 

23 Ajfauoir qu'il faloit que le Chrift fouftrift, & qu'il 
fuit le premier de la refurrection des morts , qui deuft 
annoncer la lumière au peuple & aux Gentils. 

24 Et comme il vfoit de celle defenfe, Feltus dit à 
haute voix, Tu es hors du fens,Paul : le grand fauoir 
es lettres te met hors du fens. 

25 Et Paul dit , le ne fuis point hors du fens , tref-ex- 
cellentFeitus: mais ie profère paroles de vérité &de 



*Sta 9.22. 
& 14. 



■Sui 21.30. 



« c. que tu 
les riens pour 
véritables 3 & 
en fais pro- 
fefsion entre 
jceiTx deno- 
ftre nation. 



ic ne fê 

troiuie char- 
gé de chofe 
2ucune,&c. 



3*L 



Xc~ 



TES 



fens rafsïs. 

26 Car le Roy fait que c'eit de ces chofes, auquel 
aufsi ie parle franchement, pource que i'eftime qu'il 
n'ignore rien de ces chofes : car cela aufsi n'a point 
eité fait en quelque coin. 

27 Q Roy Agrippa, crois-tu aux Prophètes ? ie fai 
que tu a y crois. 

28 Et Agrippa refjwnàix. à Paul/Tu me perfuades à peu 
près d'eftre Chreïtien. 

29 Lors Paul dir,Ie fouhaiteroy' enuers Dieu,que nô 
feulement toi, mais aufsi tous ceux qui m'oyent au 
iourd'hui , & à peu près & bien auant f uffent faits tels 
que ie fuis,hors-mis ces liens. 
3 o Et Paul ayant dit ces chofes , le Roy fe leua & le 
Gouuerneur,& Bernice,& ceux qui efloyent afsis 
auec eux. 

3 1 Et quand ils fe furent retirés à part , ils confererét 
entr'eux,difans,Ceit homme b ne commet rien digne 
de mort ou de prifon. 

32 Et Agrippa dit àTeftus,Ceft homme pouuoiteftre 
relafché, s'iln'euit appelé à Cefar. 

C H a p. xx v 1 1. 

Le voyage de Taul prifonnier par mer , accompagné deplu- 
fieurs extrémités , aitfqueUes leSeïgneur lui ajsifle conti- 
nuellement,: 23 &pour lui tefmoigner fa faneur , don- 
ne la vie a tous ceux qui eftoyct au mejme vaijfeau auec lui. 

1 s~\ R depuis qu'il fut arrefté que nous nauigeriôs 
\J en Italie, ils baillèrent Paul auec certains au- 
tres prifonniers à vn Centenier nommé Iule, delà 
bande appelée Auguite. 

2 Et eitans montés en vn nauire.d'Adramite ,nous 
partifmes pour tirer vers les quartiers d' Afie , eihnt 
auec nous Ariitarque de Macedone Theffalonicien. 
3, Et le iour fumant nous arriuafmes àSidon:&Iule 
traitant humainement Paul,permit qu'il allait vers fes 
amis,& qu'ils eulTent foin de lui. 

Puis eftans partis de là , nous tinfmes la route 
d'au deflbusdeCypre,pourceque les vents eftoyent 
contraires. 

Et après auoir paflé la mer qui eit à l'endroit de 









R * s AP OS TRES. 367 

;lice &: de Pamphylie , nous vinfmes à Myra v/7fc de 
Lycie. 

6 Là où le Centenier trouua vn nauire d'Alexandrie, 
tirant en Italie,auquel il nous fit monter. 

7 Et comme par plusieurs ioursnous najiigions pe- 
famment, tellement qu'à grand' peine eftions-nous 
paruenus à l'endroit de Gnide , pource que le vent ne 
nous poutToit point , nous paiîafmes au deiïbus de 
Crète à l'endroit de Salmone. 

8 Laquelle coitoyans auec grand'peine,nous vinfmes 
en vnlieu qui eu. appelé, Beaux-ports, près duquel! 
eitoitlaviiledeLafee. 

9 Et d'autant que beaucoup de temps s'eftoit patte, 
& que défia la nauigation eitoit perilieufe , pource 
que défia mefme le d iuine eitoit pa(Té,Paul lesad- 
monelta 

io Leur difant, Hommes , ie voy que la nauigation 
fera auec péril, & grand dommage , non feulement de 
la charge du nauire,mais aufsi de nos vies. 
1 1 Mais le Centenier croyoitplus au gouuerneur & 
patron du nauire qu'à ce que difoit Paul. 
1 1 Et d'autant que le port n'elloit point en bonne af- 
fiete pour hyuerner,la plus-part furent d'aduis de par 
tir delà, pour voir fi on pourroit aborder à Phénix, 
pour y palfer l'hyuer : qui eit vn port de Crète , regar- 
dant vers le vent de Libs & de Corus. 

13 Adonc le vent de Midi commença à fouffler dou 
cernent, cuidans eitre au defîus de leur intention, 

eihns départis, ils convoyèrent Crète de plus près. 

14 Mais tantoft après vn vent tempeltueux,qu'on ap 
le Euroclydon,fe leua du collé d'icelle : 

r 5 Et le nauire ettant emporté du vent , tellement que 
il ne pouuoit parer au vent, nous fufmes emportés, 
ayans abandonné au vent le nauire. 
ï6 Et ayans padé au deiïbus d'vne petite ifle appe- 
ee Clauda,à grand' peine peufmes-nous eltre mai- 
ftresdei'efquif: 

17 Lequel ayans attiré, les nautonniers cerchoyent 

tous remèdes ceignans le nauire par deflbus : & crai- 

nans de tomber en Syrte, après auoir abbatulafar- 

tie,eitoyent ainfi portés. 



* qui fe" ren- 
controit fur 
l'entrée de 
Septembre» 
Ivfage des 
Iuifs. voyez 
Leuit.2j.27. 

ÔCÛIS T.O.6. 



t ou,pafTans 
à l'endroit 
d'Aflbs ils 
coltoyoyent 
Crète: & no- 
tez que Pline 
remarque vne 
certaine ville 
nommée A- 
fos, ou Aflbs, 
en Crète ap- 
pellee main- 
tenant Can- 
die. 



368 



Acte s 



^/Ta. depuis 
h tempcfte 
fus mention- 
née. 



4 afTencom- 
prcnant l'or- 
àbrmance du 

Seigneur en 
toutes fes 
parties, pour 
en faire ranc 
mieux reco- 
»noiftre la 
fermeté : & 
par mefme 
moyen deP 
murant la 
malice des 
«miniers. 



i3 Or pource que nous eihons agités de grande te^ 
pefte,Ie iour fuiuant ils firent le ie&. 

19 Puis le troifîeme iour nous iettafmes de nos pro- 
pres mains l'equippage du nauire. 

20 Et comme ainfi fuftque parplufîaurs iours il ne 
nous apparut ne foleil ni eitoiles,& que grande tempe- 
fte nous preffaft de près, toute efperance de nous pou- 
uoir faùuer à l'aduenir fuit oflee. 

21 Mais après qu'ils eurent efté long temps fans man- 
ger , lors Paul fe tenant au milieu d'eux , dit , O hom- 
mes , certes il faloit me croire , & ne partir point de 
Crète, & gagner ce dommage & perte. 

21 Mais maintenât ie vous enhorte que preniez bon 
courage : car il n'y aura perte aucune entre vous quât 
S la vie,mais feulement du nauire. 

23 Car celte propre nuift: s'eft prefenté à moi l'Ange 
du Dieu auquel ie fuis,& à qui ie fers : 

24 Difant,Paul,ne crain point, il faut que tu fois 
prefenté à Cefar : & voici 3 Dieu t'a donné tous ceux- 
ci qui nauigent auec toi. 

25 Parquoi, ô hommes, ayez bon courage, car ie 
croy à Dieu qu'il fera ainfi comme il m'a elle dit. 

26 Mais il faut que nous foyons iettés en quelque 
îfle. 

27 Quand donc^ la quatorzième nuict fut venue, 
comme nous eflions portés cà &Iàenla»œr Adriati 
que,enuiron minuit, les mariniers eurent opinion 
que quelque contrée leur approchoit. 

28 Et iettans la fonde en bas, trouuerent vingt braf- 
fes : puis eftans palTés vn peu plus outre, & ayans de- 
rechef fondé,ils trouuerent quinze braiTes. 
%9 Et craignans qu'ils ne tombaient en quelque ef- 
cueil, ils ietterent quatre ancrés de la pouppe du nauï- 
>r,defirans que le iour vinfl. 

30 Et comme les mariniers cerchoyent à s'enfuir du 
nauire,ayans aualé l'efquif en la mer,comme s'ils euf- 
fent voulu lafeher les ancres du cofté de la prouè : 
3 r Paul dit au Centenier & aux gendarmes, Si ceux- 
ci ne demeurent dedans le nauire, b vous nepouuez 
vous fauuer. 

3 1 Adonc les gendarmes coupèrent les cordes de 

" : " l'efquif^ 



DES AP OS TRES. 



l*x 



î'efquif,& le laiflèrent choir en bas 

33 Et pendant que le iour deuoit venir , Paul les en- 
horta tous de prendre quelque nourriture,difant, Au- 
iourd'hui eft le quatorzième iour qu'en attendant 
» vous eltes demeurés à iufn,& n'auez rien prins: 

34 Parquoi ievous enhorte que preniez quelque 
nourriture, attendant qu'il eit expédient pour vofrre 
fauueté: * car il ne cherra de nul de vous vn cheueu 
de la tefte. 

3$ Et quand il eut dit ces choies, & prins du pain, il 
rendit grâces à Dieu deuant tous: & l'ayant rompu 
commença à manger. v 

3<? Adonques tous ayans prins courage fe prindrent 
aufsi à manger. 

37 Or eftions-nous au nauire en tout deux cens fe 
ptante-fix âmes. 

38 Et quand ils furent ra (Ta fi es de viande,ils allégè- 
rent le nauire,iettans le blé en la mer 
3P Mars le iour eftant venu,-ils ne recoenoiiïbyent 
point le pais : ains apperceurent vn goulre ayant ri- 
uage,auquel ils deliberoyent ietter le nauire, s'ils euf- 
fent peu. 

40 Parquoi ayans retiré les ancres , ils l'abandonnè- 
rent à la mer, lafchans quand & quand les attaches 
des gouuernaux: & l'artimon leue au vent, tirèrent 
Ivers leriuage. 

L41 '•' Mais eftans tombés en vn lieu où deux courans 
jfè rencontroyent,ils y heuterent le nauire, & la prouë 
jeftant fichée demeuroit ferme, mais la pouppe fè rom- 
poitpar la violence des vagues. 
42 Adonc le confeil des gendarmes fut de tuer les 
prifonnicrs,depeurquequelcun s'eftant fauué à na- 
ge ne s'enfuit. 

|4? Mais le Centenier voulant fauuerPaul,les empef- 
cha d'exécuter ce confeil, & commanda que ceux qui 
pourroyent nager, fe iettalTent hors les premiers, & fc 
fauuaifent en terre: 

44 Et les autres , les vns fur des ais , & les autres fur 
quelques pièces du nauire. Et ainfï aduint que tous f« 
ûuuerent enterre. 

Aa 



• c. auer efté 
comme fins 
manger. 

*Matt. ic. 



'•2. Or. 11. 
2 5- 



121 



Actes 



« aiïàu. ceux 
de rifle. Les 
Grecs nom- 
ment Barba- 
res ceux qui 
ne font de 
leur langue 
& nation. 



comme qui 
diroit, La iu- 
ftice fecrette 
de Dieu qui 
pouriliit par 
tout certains 
malfaiteurs 
particulière- 
ment. 



CHAP. XXVIII. 

Taul arrïue du naufrage } à fauueté en l'ifie nommée Malte, 
3 où vne vipère l'ayant atteint il n'en reçoit aucune nui- 
fance, 7 & y guérit vn homme notable, 9 & à [on oc- 
cafton plufieur s autres : 10 dont au/si il eftconùoyê ho- 
norablement par ceux de l'ifle; 12 de là irauerfant par 
Syracufè 3 enfin arriue à Rome, où il fe confole de la veuè des 
frères. \6 En après demeurant en garde particulière af 
fe%^ libre, fait comwquer ceux de la nation des Juifs ,& leur 
déclare la caufe defaprifon & de fa venue à Rome , 23 
fuis leur en feigne la vérité du Seigneur, z$ laquelle il 
feelle d'vne menace conuen/ible fur l'endurcijjement de 
quelques vns. 

1 "p Stans donc venus à fauueté: ils recognurent 
-CL alors que Pille eftoit appelée Malte. 

2 Et les a Barbares vferent d'vne finguliere humani- 
té enuers nous : car ils allumèrent vn grand feu, & 
nous recueillirent tous, pour la pluye qui nous pref- 
foit,& pour le froid. 

Adonc Paul ayant ramafle quelque quantité de 
farmens,commeilleseutmis au feu s . vne vipère for- 
tit hors à caufe de la chaleur, & lui enuahit la main. 

4 Et cjuand les Barbares virent la belle pendante à fa 
main,ils dirent l'vn à l'autre, Certainement ceft hom- 
me-ici eft meurtrier : lequel après eftre efchappé de 
la mer^la b vengeance ne permet point viure. 

5 Mais icelui ayât fecoùéla belle dedans le feu, n'en 
eut aucun mal. 

6 Au lieu quiceux s'attendoyent qu'il d'euft s'enfler, 
ou fubitement choir tout mort : mais quand ils eurent 
longuement attendu , & veu que nul inconuenient ne 
lui en aduenoit , ils changèrent propos, difans , Qu'il 
eftoit dieu. 

7 Or eftoyent en ceft endroit-là les poflefsions du 
principal de l'ifle, nommé Publius, lequel nous re 
cueillit, &par trois iours nous logea fort gracieufe 
ment. 

8 Et aduintquelepere de Publius gifoit détenu de 
fieures &dyfenterie;vers lequel Paul alla : & quand il 
eut priéjSc lui eut impofé les mains,il le guérit. 



ft** APOSTKES. ^ZJC 



2 Cela donc eftantaducnu , tous les autres aufsi de 
Tifle qui eiroyent malades, vindrent vers lui, & fu- 
rent guéris. 

10 Lefquels aufsi nous firent grand honneur, & au 
départir nous fournirent de ce qui nous eftoit ne- 
celTaire. 

1 1 1 Or trois mois après nous partifmes en vn uauire 
Id'Alexandrie qui auoit hyuerné en Tille , & auoit 
pour enfeigne Caitor &: Pollux. 
ï: Et elhns arriués à Syracufe , nous dcmeurafmes 
là trois iours. 

13 De la ayans tournoyé nous arriuafmes à Rhege. 
Et vn iour apres,le vent de Midi eftant furuenu , nous 
vinfmes le deuxième iour à Puzol. 

14 Auquel lieu ayans trouué des frères, nous fufm.es 
pries de demeurer auec eux fept iours. Et ainfi vinf- 
mes à Rome. 

i? Et quand les frères de là eurent ouï nouuellesde 
nous, ils vindrent au deuantdenousiufquesauMar 
ché d'Appius,& aux Trois boutiques: lefquels Paul 
voyant,rendit grâces à Dieu,& pnnt courage. 
\6 Quand donc nous fufmes venus à Rome , le Cen- 
tenier liura les prifonniers au Capitaine gênerai: 
mais quant à Paul, il lui fut permis de demeurer à 
part foi auec vn gendarme qui le gardoit. 

17 Aduint trois iours après que Paul conuoqua les 
principaux des Iuifs : & quand ils furent venus, il leur 
ditjHommes frères , combien que ie n'aye rien com- 
mis contre le peuple , ne contre les coultumes des Pè- 
res , toutesfois eftant emprifonné dés Ierufalem,i'ai 
efté liuré es mains des Romains: 

18 Lefquels après m'auoir examiné me vouloyent 
relafcher,pource qu'il n'y auoit aucun crime digne de 
mort en moi. 

\9 Mais les Iuifs s'y oppofans, i'ai efté contraint d'en 
appeller à Cefar: non point que rayedequoi aceufer 
ma nation. 

20 Pourcefte caufe donc vous ay-ie appelles, pour 
Tousvoir &parler à vous :car c'ell pour l'efperance 

Idlfrael que ie fuis enuironné de celte chaine. 
z 1 Mais ils lui r^<wdirent,Nous n'auons point receu 
Aa ij 



ou, en leur 

teftifaiit. 



\ a(T. ayant cC- 
jard aux re- 
jettes & en- 
durcis. 

efa.6.9. 
mat. 15. T4 
marc 4 iz, 
lue 8. ïo. 
iehan 1 2.40 
rom. 1 1.8. 
t on , de 
louie. 



JJL 



Actes des apost hes/ 



lettres de Iudee touchant toi , ni perfonne des frères 
n'eft venu qui,ait rapporté ou dit quelque mal de toi. 
21 Neantmoins nous entendrons bien volontiers de 
toi ce que tu fens : car quant à cefte fecte, il nous eil 
notoire qu'on lui contredit par tout. 

23 Et quand ils eurent afsigné iour,pIufîeurs vin- 
drent à lui au logis : aufquels il expofoit a par tefmoi- 
gnages le royaume de Dieu : & les induifoit à croire 
cequieftde Iefus,tantparla Loy de Moyfe que par 
les Prophetes,depuis le matin iufqu'au iour. 

24 Dont les vns furent perfuadés par les chofes qu'il 
difoit : mais les autres n'y croyoyent point. - 

2? Parquoi eftans en difcordentr'eux;ils Te dépar- 
tirent après que Paul leur eut b dit vn mot, affauoir 3 Le 
faindlElprit a bien parlé anosperesparEfaie le Pro- 
phète, 

26 Difant,* Va vers ce peuple,&di, Vous orrez c de 
l'oreille, & n'entendrez point :& en regardant vous 
verrez, & n'apperceurez point. 

27 Car le cœur de ce peuple eft engraifle : & ont ouï 
dur des oreilles , & ont cligné de leurs yeux : afin que 
ils ne voyent des yeux,& qu'ils n'oyent des oreilles,& 
qu'ils n'entendent ducœur&nefe conuertiffent,& 
que ie les guerifTe. * 

sS Qu'il vous foit donc notoire, que ce falut de Dieu 
eft enuoyé aux Gentils,& iceux l'orront. 
^9 Et quand il eut dit ces chofes, les Iuifsfe partit et 
d'auec îui,ayans grande difpute entr'eux. 

30 Mais Paul demeura deux ans entiers en fon pro- 

Î>reloage, &recueilloit tous ceux qui venoyent vers 
ui: 

3 1 Prefchant le royaume de Dieu , & enfeignant les 
chofes qui font du Seigneur Iefus Chrift,auec toute 
haxdieile de parlerons aucun empeichement. 




EPISTRE DE S. PAVL 



APOSTRE AVX 

Romains» 



tARGF&iENT. 



TOutainfiquelebutde la doctrine tant Apostolique que 
Trophetiquejè rapporte à la vraye déclaration dufouue- 
rain bénéfice du Seigneur en la redeption du genre humain 3 pav 
le moye de Je fui Chrifl : c'efl au/si à ce but là qu'il fi ut rappor- 
ter la fubjlace de tout le contenu aux Epiflres de Sahci Taui 
Lefquelles s encores qu'elles ayent eflé efcrites à diuerjcs Sglifei 
&perJonnes 3 & en diuers temps , & à diucr\es occafions , ton 
tes fois ne font que comme vnjeul corps de dcclrine, cfîans auf 
fivne mefmcfource de vérité, dont nous puifons Juffifamment 
ce qui eft necefiaire pour noftre injïrucîion & conjolation 
Quant à ce nom d'Spiflres , qui vaut autant à dire que let- 
tres mifsiues , il a pieu au S. Efprit en vfer,pour y faire tant 
mieux recognoiflre la /implicite du mini (ï ère Euangelique, le- 
quel gift plus en l'efficace intérieure de l'Sfprit, qu'en ce qui a 
apparence félon les hommes. Joint auf si que ce n'efl pas i hofè 
nouuelle ;aimal conuenablc ,de traitter me fine de chofe s gra- 
ttes & ferieufes par Epiftres , lefquelles eftans plus ai fées font 
par confequent plus accommodées à la capacité de tous .-comme 
il fe pourroit montrer par les exemples de plufieurs aut heurs 
tant Scclefiafliques que profanes. Or la doctrine contenue en 
ces fainfîs efcrits fe peut aifémet réduire comme à trois chefs 
principaux : Le premier eft touchant les poinfts ou articles 
fondamentaux de noflre foy : Le fécond touchant les mœurs 
conucnables à la vocation celefle: Le troifieme touchant lu 
difeipline ou fait police de FEglife en ce monde. €t le tout y efi 
fi proprement trùtté, que qui fe voudra cot enter de ceftejim- 
__ A* jij 1 



3 74 EPISTRE S. PAYL 



fie vérité , trouuera qu'on n'a que m faire de tant de que fiions y 
C^ refolutions qui ont efié depuis adiouftees à la doctrine des 
Aposlres. far quant à ce qu'il nom faut croire , nous y fim- 
?nes instruits comme par la bouche rncfme du fainéî Efprit, 
que toute la confiance de noflre falut doit estre mife en vnfiul 
vrai Dieu, lequel fui uant fin propos éternel a enuoyéfon Fils\ 
vnique au monde 3 afin qu' ke lui, e fiant lefeulvrai Roy, Sacri 
ficateur & "Prophète de l'Eglife, accompli]} toute iujîicepour 
nous , <&par me/me moyen nous iustifiant,nom fifi participas 
de l'Sfprit de fanttificàtion, à ce qu'est ans affranchis de la 
malédiction de la Loyj& de la captiuhè dupeché,pour lui cftre 
vn peuple peculier , adonné à bonnes œuures , nous cheminif- 
fions en fa crainte tous les iours de nostre vie 3 pour cstre fina- 
lement rendus iou'iffans de la gloire du royaume des deux. De 
ce premier point! s'enfuit le fécond, touchant la vie des Chré- 
tiens, entant qu'ayans esté Iwnorés d'vne vocation fi excellen- 
te, nous deuons refiondre au Seigneur par vnefaincte conuer- 
fat ion, laquelle ait rapporta fa grâce : en quoi gift proprement 
Ttostre fanclification . C'est pourquoi les vertus vrayement 
Chresiienes , qui font les vrais fruicls & naifs de l'Efprit d'a- 
doption , nous y font ordinairement recommandés : tellement 
que les deuoir s de la foy, charité, efpcrancc, bénignité, patien- 
ce, douceur, atïrempance, humilité, iusîice , & pieté nous font 
toufiours propofés comme est ans le feul vrai chemin qu'il nous 
faut tenir pour paruenir à la vie bien-heureufe. Le troifiemé] I 
poinct,qui efi comme vne dépendance des deux autres, est auf-\ 
fi clairement , & fufffamment expofé en ces Spistres : de forte 
que nom y auons vne tref ample instruction touchant l'ordre 
qu'il faut tenir pour establir les Tasteurs & anciens , & les 
diacres :le légitime exercice des charges Ecclefiastiqucs: le 
vrai vfage des dons fpirituels : la vérité & vfage des Sacre- i 
m cas institués par le Seigneur pour tous fidèles : la naifue fa- | 
çmide traitter la parole de Dieu :& la difeipline tant au re- 
gard des Tasteurs quk de tout le corps de l'Sglife, déclarant à 
vn chacun fin deuoir particulier , & mefme le deuoir des vm i 
enuers les autres : comme des magistrats <& des fuiets ,percs\ | 
& en fins , maris & femmes , maistres &feruiteurs ,femmes\ \ 
tant aagees,que ieunes, mariées que vefues , & filles à marier^ | 
&"aon a marier : item le deuoir d'vn chacun à l'endroit des\ I 
infirmes &fcandaleux,& mefmes des hérétiques. Or tom cev 
poincts font tellement trait tés par ci & par là, en toutes fafj 



AVX ROMAINS. 



-w 



Spiïtres de faine! Paul, & ncantmoinsauecvn tref- excellent 
ordre félon les diucrjes occafions qu'il a eues de publier la véri- 
té de naître Sonneur en diuers endroits, que PEpiftre aux Ro- 
mains fembk esire comme vnfommaire tref accompli de la do- 
\ftrine de j'ai ut : de manière que c'eït aufia bon droit! qu'elle 
a e fié mi je la première en rang,comme eslant la clef non feu 
. kment des autres 6piftres y mais aufli de toute t 'S friture fain- 
t!e 3 & par ce moyen donnant vne telle entrée à l'intelligence 
des mystères du Seigneur, que quiconque l'entendra ainji qu'il 
appartient, pourra bien aifément & aucc vn tref grand profit 
lire & méditer le reste des Hures facrés : & notamment en y 
conioignant l'Spiftre aux Hebrieux, laquelle traitte du tout 
diuinement de laperfonne & office de noslrc Seigneur le fus 
Chris!, & delà conformité & rapport de Tanciene alliance à 
la nouuelle,à laquelle feule toute l' S glife fi doit entièrement 
arresler. E t c'ejl aufi la caufe, pour laquelle nom-nom fom 
mes contentés depropofer en ces! endroit!; ce fommaire de la 
doclrhie ^ApoHolique,pour en donner comme vngouft aux le- 
de ur s, fans nom arresler à la declarationparticuliere de l'ar- 
tifice, & de la fuite des argumens de chacune Epistre , cemme 
h vne ebofe qui efl plus propre pour les traittés qu'on fait en 
l'e fiole, &pour les commentaires, que pour l'inftruftionpar- 
I ticuliere du commun des fi délies. 

c H a p. i. 

t Vocal ion de S. Paul. 3 Sommaire de PEuangile : 9 auec vne 
déclaration du defir de V^épostre de communiquer auec les 
Romains. 16 Item de la grâce de D ieu manifestée en l'S- 
uangilc , 18 & de fin tu fie courroux à l' encontre de 
l' impiété & iniuftice des hommes. 

Aul a feruiteur de Iefus Chrift^appe- 
lé à eftre Apoitre , * mis à parc pour 
annoncer l'Euangile de Dieu. 
z ( Lequel il auoit auparauant pro- 
mis par les Prophètes es fain&es Ef- 
criturcs) 

3 Touchant Ton Fils ( " qui a efté 
faitdelafemencede b Dauid, c félon lachair : 
4 Et a ei\é pleinemét déclaré Fils de Dieu en puiffan 
ce , félon l'Efprit de fanctification , par la refurre&ion 
des morts) c J eit affauoir noitre Seigneur Iefus Chuft. 
: A a iiij 




afîàu cftant 
employé par- 
ticulièrement 
au minifrere 
de FEuangt- 
e. 2. Cor. ir. 

gal.i 15. 
6 en la mai- 
fon & pofte- 
rité duquel 
cftoit afsi- 
gncclanaifc 
lance du Ré- 
dempteur. 
2.Tim.2.8. 

afla. afin de 
recognoiftre 
en lui la véri- 
té de fa natu- 
re humaine, 
vnie nean:- 
moins per- 
sonnellement 
à la Parole 
éternelle. 

v Lu( 1.32, 






« ou, enuers 
tous les Gen- 
tils: afla.com- 
me ceite am- 
baflade lui 
ayant efté 
commife fin- 
gulieremenr. 
Aft.26.17. 
* 1. Cor.1.2. 
tphef.x. 1.2. 
tim.1.9. 
b c.accroif 
feme.nt de 
tout bien 
Spirituel pro- 
cédant du bô 
laifir de 
ieu , & por- 
tant toute cô 
folation anec 
foi par le 
moyen de Ie- 
fus Chrift: & 
ainfi ordinai- 
rement aux 
epiftres de 
S. Paul. 
€ c. de tout 
mon cœur& 
de tref entiè- 
re affection. 
d aflau.aux 

Frieres pour 
eflat de l'E- 
glife en fon 
miniftere. 

10. 

* >ouà ry. 

*?. & 29. 

Jri.Thef.i. 

17. 

u 1. Cer.i 
18. 



tzL 



Epistre s. pavl 



î ( Par lequel nous auons receu grâce & charge d'A- 
poftre,afin qu'il y ait obeiflance de foy, a entre tous les 
Gentils en Ton Nom. 

6 Entre lefquels aufsi vous elles, vous qui elles ap 
pelés de Iefus Chrift) 

7 A vous tous qui elles à Rome,bien aimés de Dieu, 
* appelés à élire faincts , b Grâce vous folt&c paix de 
par Dieu noilre Père , & de par le Seigneur Iefus 
Chrift. 

8 Tout premièrement ie ren grâces touchant vous 
tous à mon Dieu par Iefus Chrift,de ce que voftre foy 
ell renommée partout le monde. 

9 Car Dieu ( auquel ie fers c en mon Efprit en l'Euâ 
gile de fon Fils) m'eft tefmoin que fans ceflè ie fai 
d mémoire de vous: 

10 v Requérant toufiours en mes oraifons que ie 
vieneàvous,fiàlaparfinenquelque manière que ce 
foit ie puis obtenir adrefîè pour paruenir à vous , par 
la volonté de Dieu. 

1 1 Car ie defire grandement de vous voir, * afin de 
vous départir quelque don fpirituel, à ce que vous 
foyez confermés : 

1 2 Ceft à dire afin d'eftre confolé auec vous , par la 
foy mutuelle de vous & de moi. 

13 Or mes frères, ie ne vueil point que vous igno- 
riez * que i'ai fouuent propoîe de venir vers vous 
( mais l'en ai elle empefché iufqu'à prefent ) afin que 
ie recueillilTe quelque fruift entre vous aufsi, comme 
entre les autres nations. 

14 e le fuis debteur tant aux Grecs qu'aux f Barba 
restant aux fages qu'aux s ignorans. 
1 i Ainfi entant qu'en moi eît,ie fuis prell d'euangeli- 
zer à vous aufsi qui elles à Rome, 
[itf Carie ne pren point à honte h PEuâgile de Chrift, 

* Som 3., (d veu ^ ue c , e ^ j a i pujflanceJeDieu enfalut à tous 

« c. rai char- |croyans,au Iuif premièrement, puis aufsi au Grec. 
ge de ni'em-k- * Car en icelui fe defcouure tout à plein 

ployer a 1 in- î * r 

ïtru&ion de 

tous, de quelque nation & qualité qa'ils puiflTent cttie. voyez 1. Cor.9.16. / voyez A* 
«âes î8.î. 1 ou, fimples. h c. la do&rine parfaite de la pleine dile<ftion de Dieu enoers 
les poure* pécheurs. » c, le tdinoignage.de la vçrw du Seigneur pour «OUS d«liur«d« 
toute condamnation. 






AVX K O M A IN S. 



va 



•la iuirice de Dieu b de ï'oy en foy:felon qu*il ett efcrir, 

* Or le lutte viura de foy. 

18 Car c Tire de Dieu fe defcouuretout à plein du ciel 

fur toute impieté &iniuftice des hommes/ d'autant 

qu'ils detienent la veritéeniuitice. 

i<? Pour autant que e ce qui fepeut cognoiftre de 

Dieu eft manifefté en eux:car Dieu le leur a manifefté. 

20 Car 7 les chofes inuifibles d'icelui (aflauoirtâtfa 
puiflnnce éternelle que fa diuinité) fe voyét comme à 
l'œil f par la création du monde, eltas confiderees en 
ces ouurages,afin qu'ils {"oient s rendus inexcufables. 

2 1 Pource x qu'a vans cognu Dieu , ils ne l'ont point 



glorifié comme Dieu, & ne lui ont rendu grâces: ains 
jlsfontdeuenus vains en leurs difeours, & leur cœur 
deititué d'intelligence, a eité rempli de h ténèbres 

22 Se'difanseftrefages, ils font deuenus fols. 

23 tEtont changé la gloire de Dieu incorruptible à 
la reflfemblâce & image de l'home corruptible , & des 
oifeaux,& des belles à quatre pieds, &: des reptiles 

24 A raifon dequoiauisiDieu les aliurésauxcon- 
uoiti fes de leurs propres cœurs , à ordure,pour vile 
ner entr'eux leurs propres corps: 
2f Comme eftans ceux lefquels ont changé la vérité 
de Dieu en fauffeté, & ont adoré , & ont ferui la créa- 
ture, en delaiiTant le Créateur , qui eft bénit éternelle- 
ment, Amen 

16 A raifon de quoi Dieu les a liurés à leurs aflfecliôs 
infames:car mefme les femmes d'entr'eux ont changé 
l'vfage naturel en celui qui eft contre nature: 

27 Et femblablement aufsi les malles, delaiffansle 
naturel vfage de la féme,fe font embrafés en leur coiv 
uoitife l'vn enuers l'autre , commettans mafle auec 
mafle chofes infâmes, 8c receuans en eux-mefmes la 
recompenfe de leur erreur k telle qu'il faloit. 

28 Car ainfi qu'ils n'ont l tenu conte de recognoi 

fable, c. ce qui fepeut cognoiftre de la vérité de Dieu naturellement. / ou, depuis la 
création du Monde, que le Mondes cité fait, g c.fansdefenfe raisonnable de n'auoir fer- 
ui à Dieu, h c. d'vnobfcurciflemenrd entendement touchant la verirc de Dieu & la te- 
cognoifiance qui lui eft deue. i arTa.les legifiareurs& grands fages nômemcnr parmi tant 
de nations fi excellentes. K ou, telle qu'il appartenoir. / Le mor fignific proprement 
faire efpretiue de quelque chofe pour la mettre au rang& degré qu'il la faut tenir comme 
pour dire que les hommes ayans fondé ce refte de cognoiflaiwe qu'ils pouuojentauoir de 
la diuinitc,n'eu ont rendu nul dcuoir à Dieu , ains l'ont comme effacé àleur efeient tant 
qu'en eux a efté. 



* Habac. 2. 
4-?4/. 3.11. 
heb. 10. $ff. 
'■" Heb. il.}. 
« c.laiufticc 
que Dieu 
nous com- 
munique ca 
tefus Chrift, 
afin que nous 
lui foyons a- 
grcables , Se 
ce fuiuant la 
vérité & fer- 
meté de fis 
faindes pro- 
méfies faites 
aux Percs. 
KJE^r.4.17. 
b c. par vne 
foy qui prëi 
t ouf ours 
nouvel ac- 
croiftement 
en Chrift. 
■fcS^.12.24 
c hors de 
l'Euangiîe, 
tout crie vc- 
geance con- 
tre l'homme 
à caufe du 
péché qu'il 
ne peuc defâ- 
Kouer. 

d c. d'autant 
qu'au lieu de 
faire va'oir 
LicognoiiTan- 
îetti'.e qu'ils 
la peuucnta- 
uoirdcDieu, 
ils en abufét. 
«• comme qui 
diroit ce qui 
eft coenoii- 



1Z1 



fcPlSTRE S. PAVL 



* atoll, de 
forte que s'il 
leur eft refté 
quelque co- 
gnoiffâce de 
droiture , ce 
n'a peu eftre 
mion pour 
inonftrer 
d'autant plus 
leur propre 
confufion. 

b affa.reffen- 
tans naturel- 
lement quel- 
que remords 
qui lesad- 
iourne pour 
leurs mef- 
clnncctés au 
iuçement de 
Dieu. 

C'eft à vne 
forte de gens 
qui fembloy- 
ent cftre en- 
nemis du vi- 
ce , que s'a- 
crefie TApo- 
ftre. 

* Matt. 7.1. 
l.Cer.4 e. 
d c. tu por- 
tes en toi- 
mefme tant 
de pafsions 
couuertcs 
qui te tranf- 
portent , & 
qui font te- 
nues pour 
aucat d'actes 
formels de- 
canrDieu: 
ou meimes 
tu commets 
les meimes 
adtes couuer- 
tement. 

« ou t'amc- 

•£7.^34.11. 

matt. 16.27 

apQC. 2 1.12. 



ftre Dieu, ainji Dieu les a liurés a en vn efprït defpour»- 
ueu de tout iugement pour commettre chofes qui ne 
font nullement cônuenables.- 

ip Eftans remplis de toute iniuftice,paillardife ,mef- 
chanceté,auarice,mauuaiftié,pleinsd'enuie,meurtre, 
noife,fraude,malignité: 

30. Rapporteurs, détracteurs, haïflans Dieu, iniu- 
rieux,oi«gueiIJeux,vanteurs, inuenteurs de maux, re- 
belles a pères & à mères: 

31 Sans entendement, netenans point ce qu'ils ont 
accordé: fan s affection naturelîe,gens qui iamais nefe 
rappaifent, fans mifericorde. 

32 Lefquels combien qu'ils ayent b cognu le droicl: 
de Dieu, affauoir que ceux qui commettent telles cho- 
fes, font dignes de mort: ne les commettent pas feule- 
ment, mais aufsi fauorifent à ceux qui les commet- 
tent. 

C H a p. 11. 

Déclaration de l'ire du Seigpeur à l' encontre des hypocrites, 
6 & de [on tu fie iugement fur les luifs & Gentils : 17 ite 
de la vaine confiance que les luifs mettoyent en la circon- 
cijion &■ aux cérémonies extérieures de la Loy ,fans auoir 
aucun fondement de bonne confeience. 

1 T\ Ourtant c ôhomme,quiconquefois-tu*quiiu- 
1 ges des autres, tu es fans excufexar en ce que tu 
iuges a autrui, tu te côdamnes toi-mefme,veu que toi 
qui iuges, d commets les mefmes chofes. 

Ôrnousfauonsquele iugement de Dieu eft félon 
enté fur ceux qui commettent telles chofes, 

Et cuides-tu, ô toi homme, cjui iuges de ceux qui 
commettent telles chofes,& qui les commets , que tu 
doiues efchapperle iugement de Dieu? 
4 Oumefpriffes-tules richeffes de fa bénignité , Se 
de fapatience,&de fa longue attente.-ne eognohTant 
point que la bénignité de Dieu e te côuie à repentâce? 
Mais par ta dureté , & ton cœur qui eft fans repen- 
tance, *tut'amaiTesireauiour de l'ire & de la décla- 
ration du iufte iugement de Dieu: 
6 x Qui rendra à chacun félon fes œuures: 



A YX ROM AI N S. 



179 



7 l Afiauo'ir à ceux qui auec b patience à bien faire 
cerchcnt gloire, honneur & immortalité Ja vie eter 
nelle: 

8 Mois à ceux qui font contentieux, & c qui ferebe! 
leot contre la vérité, & obeiffent à iniuftice ,/ô -a indi- 
gnation & ire. 

9 ïly.aura tribulatiô 8z angoiiTe fur toute ame d'home 
iaiftnt mal,du Iuifpfemierement,pujs aufsidu Grec: 
io Mais gloire Jionneur, &paix àvn chacun qui fait 
bien : au luit premierement,puis aufsi au Grec. 
1 1 * Car enuers Dieu d il n'y a point d'efgard à Pap 
parence des perfonnes. 

ii Car tous ceux qui auront péché fans e la Loy,peri 
ront aufsi f ians la Loy: & tous ceux qui auront péché 
g en la Loy,tèront iugés parla Loy: 

13 (Car ceux quioyent la Loy, ne font point iuftes 
deuant Dieu : mais ceu »;ui mettent en effectla Loy, 
feront h iuitifïés. 

14 Car veu que les Gentils qui n J ont point la Loy,fôt Scignc 
naturellement 'leschofes qui font de la Loy : iccux ,lIi 
n'ayans point la Loy,font loy à eux-mefmes. 

1 5 Comme ainfi foit qu'ils montrent k Pœuure de la 
Loy,efcrites en leurs cœurs,leur confeience rendani 
pareillement tefmoignage , & leurs penfees entr'elles 
s'aceufans, ou aufsi s'exeufans.) 
\6 AuiourqueDieu iugera les fecrets des hommes 
par Iefus Chrift félon ' mon Euangile. 

1 7 Voici, œ tu es furnommé Iuif,& te repofes du tout 
en la Loy,& te glorifies en Dieu. ■ 

1 8 Et cognois fa volonté , &: fais difeerner ce qui eft 
contraire, eftant inftruit par la Loy: 

19 Et te cuides eftre conducteur des aueugles,lumie- 
re de ceux qui font en ténèbres: 

o Inftrudteur designorans ,enfeigneur des idiots, 
ayât le patrô de la cognoifsace &de la vérité en laloy. 
2. 1 Toi, donc qui enïeignes autrui , ne t'enfeignes-tu 

ftre rcdargucsfuiuant iccllc. g c. ayant faitprcfefsion de recegnoif relaEov. b c.decjj- 
rcs iuftes. ; afla.cn défendant ce c] ne laLoy défend, nu commandant ce qu'elle urfnmaa- 
de.comme il appert par les bonnes loix de toutes les nations. K c. ce que la Loy de Dieu 
défend, & ce quelle commande de faire. / duquel nfcft commis le miniHerc enuen 'ou- 
ïes nations, m c'eft comme s'ils adrefloit en perfonneà quclcun faifant profefsion de 
pliure U doctrine delà Loy,& d'y trouuer le vrai repos de la confeience. 



« ou , a ceux 
qui peififtct, 
on,auxpa- 
tiens la gloi- 
re comicna- 
ble aux bon- 
nes (Euuretj 
honneur , & 
immortalités 
a(T.à cuixqui 
cci client la 
viec'.crncllo. 
*T>e«/. 10. 
17.2. croff. 
10.7.^34, 
ly.eât. 10. 
34.^/.! 6, 
ephefS\ 0. 
b Gr. de 
bonne oeu- 
ure:c. àceux 
qui perfiftent 
enl amour & 
crainte du 
:i( 

fin. 

'•" Mat.j.zt. 
iaq.i.zz. 

: c. ceux qui 
reiîftent à la 
vérité cotre 
leur propre 
confeience. 
d afl'i. pour 
dire que foit 
le norad cne 
nation au 
prix d*vne 
autre, (bit 
toute autre 
qualité ertc- 
rieure foit 
de queîgue 
poids en font 
higement. 

afla.cfcrirs 
& ordonnée 
par V.oyfc. 
f affa.fans e 



« c. ne fais 
m pas pis 
que les ido- 
lâtres, quand 
fous le nom 
«lu vrai Dieu, 
4fe de fon fer- 
uice ru es 
comme du 
toutprofané': 

*Bfa.sx.%. 

e%ech.36.-0 
t afTa.enrant 
cju'il n'y a na 
fcion plus de- 
praueeque 
celle qui s at 
tribue le rirre 
dépeuple de 
Dieu à fi 
mauuaifes en 
feignes. 
c- c. eu es te- 
nu deuant 
Dieu comme 
û ru n'auois 
point la Cir- 
concifion, 
ains comme 
Jî tu eftois 
încirconcis. 
"Cet. 2. 11. 
rf c. l'eftran 
ger & incir- 
concis, 
e c.oui te te- 
nant à l'exté- 
rieur de la 
Loy , ne re- 
gardes point 
s purifier la 
eonfeience. 
f c. félon la 
fens extérieur 
& fuiuant la 
fîmple obfer- 
nation des 
cérémonies. 
g voyez Ad:. 

54 Sous 9. 4. 
h c. la fer- 
meté de fà 
pvomeife. 

£2. 77/». 2. 



380. 



Epi 



STRE S. PAVL 



point toi-mefme?toi qui prefehes qu'on ne doit point 
dcfrobber,defrobbes-tu? 

22 Toi, qui dis que l'on ne doit point commettre l 
aduItere,commets-tu adultere?toi qui as en abomina- j 
tion les idoles,commets-tu a facrilege? 

23 Toi qui te glorifies en la Loy, defhonores-tu Dieu; 
par la tranfgrefsion de la Loy? 

24 Carie nô de Dieu b eft blafphemé àcaufedevous ! 
entre les Gentils: * comme il eft eferit. 
25; Car vrai eft,que la circoncifion eft profitable,fi tu | 
gardes la Loy: mais fi tu es tranfgrefîeur de la Loy, c ta 
circoncifion deuient prépuce. 
z6 Sidonc d le prépuce garde les ordonnances de la, 
Loy, fon prépuce ne lui fera-il point réputé pour cir 
concifion? 

2 7 Et fi le prépuce qui eft de nature,accomplit la Loy, 
ne te iugera-il point, toi qui par c la lettre & circonci- 
fion es tranfgrefîeur de la Loy? 

28 Car celui n'eft point Iuif qui l'eft par dehors, & 
celle n'eft point circoncifion qui eft faite par dehors 
en la chair, 

29 Mais celui eft Tuif, qui l'eft au dedans, &"lacir- 
concifiô eft celle qui eft du cœur en efprit, non point 
f enla lettre: duquel Tuifla louange ne vient point àts 
hommes, mais de Dieu. 

C H A P. III. 

Déclaration de l'excellence des fuifs par dejpts les autres na- 
tions , 5 & comment le Seigneur fait tirer fa gloire de 
leur incrédulité. 9 Item comment tous ont cfté affuietth 
a péché, tant Juifs que Grecs, 20 afin que les efleusfuf 
fent wftifièspar la feule foy en JefusXbrift ,fans œuure de 
la Loy: 30 laquelle ne 'an t moins eft eft ablie par ladoclrine 
de l'Suangile. 

1 S~\ Vel eft donc Pauantage du Iuif? ou quel eft le 

V^_ v profit de la Circoncifion? 
s Grand en toute manière: * fur tout en ce que les 
s oracles de Dieu leur ont ef té commis. 

3 Car qu'en eft-il , fiquelquesvns n'ont point creu? 
" leur incrédulité aneantira-elle h la foy de Dieu? 



; 



AVX ROMAINS. 



m 



I Ainfi n'aduiene'ains * Dieu foit véritable, '•' & tout 

homme menteur.felon qu'il eft efcrir , * Afin que tu 

fois trouuc iufteen tes paroles,& a que tu ayes gain de 

cau(è quand tu es iugé. 

ï Que fi noftre iniuftice recommande la iuftice de « oû/queeo 

fnrmontes. 
* Gr.faitvc 
nir l'ire. 

c c. félonie 
fens humain 



■■ Pf.62, IO. 

& II4.1I. 



iDieu, que dirons-nous? Dieueft-il iniufte quand il 
î h punit? (ie parle c en homme.) 
1 6 Ainfi n'aauiene?autrement,t comment Dieu iuge- 
ra-il le monde? 



\7 Car fi la vérité de Dieu d eft plus abondante parmaj^. fcmon- 
menterie à fa gloire, pourquoi fuis-ie encor condam 
né pour pécheur? 

8 Ainspluftoft félon que nous fommes blafmés , & SS£2 
félon que difènt quelques vns que nous difons,que ne 
faifons-nous des maux , afin que bien en aduiene? 
(defquels la condamnation e eftiufte.) 

9 Quoi donc? H fommes nous^pltis excellens? Nulle-] r ?H ce 
ment. Car s nous auons a-deuant conuaincu que 
tous,tant Iuifs que Grecs,font fous péché. 
io Selon qu'il eftefcrit,* h II n'y a nul iufte, non pas 
vn feuh 



ii II n'y a nul qui entende , il n'y a nul qui recerche 
Dieu. 

1 2 II ont tous fouruoyé , Se ont efté enfemble rendus 
' inutiles:il n'y a nul k qui face bien, non iufqu'à vn 

1 3 * Ceft vn fepulcre ouuert , que leur gonenlls ont 
frauduleufement vfé de leurs langues: *fous leurs 
leures il y a venin d'afpic. 

14 v Defquels la bouche eft pleine de maledidtion & 
d'amertume. 
1 ? * Leurs pieds font légers à efpandre le fang. 

16 ] Deftru&ion & mifere eft en leurs voyes. 

17 Et n'ont point cognulavoye de paix. 

18 ■£ La craints de Dieu -«'eft point deuant leurs 
yeux. 

19 Or fauons-nous que tout ce que la m Loy dit, n el 
le le dit à ceux qui font fous la Loy, afin que toute 



ftre t.tnt pli 
expreflemet. 
t aflâ.cntant 

onuaincus : 
en eux-mef- 
mes quils ar- 
guent contre 
toute appa- 
de vc- 



" Sus a. 17, 

g*L ? .Ï2. 
**£«*& 

5? -4- 

f afia.poure> 
ftre Iuifs. 
g comme s'il 
difoir. Nous 
auons fait le 
procès tant 
aux Iuifs 
qu'aux 
Grecs. 

* 77:140.4. 
•.•P/Tio.7. 

*Vrou.i.6. 

•fa. r 9.7. 

& 56.2. 
h Ce font dî- 
ners pafîâgcs 
qui fe rap- 
portent tou» 
avn potnâ , 
c'eft que la 
finale co- 



gnai/fonce de la vérité au miniftere des prophètes non feulement n'a point change le na- 
turel des Iuifs,maispluftoft leur fait par tout leur procès formellement. i .îfla.à toutbic, 
au lieu qu'ils n'auoyenr efté créés que pour la gloire du Seigneur. K ou qui s'adonne à 
bénignité. / c. toutes leurs enrreprinfes n'apportent que ruine & malheur, m c. l'efcri- 
ture du vieil Tcftament. « c. elle Vadrefle particulièrement à ceux qui font profcliion de 
radtio*or& receuok comme laLoy deDùu, 



SL 



* c. trouue 
ftiict à con- 
damnation. 
h c. nulle 
créature, hu- 
maine ve- 
nue d'Adam 
Se tenant de 
la femblance 
d'Adam après 
le péché. 
c c. par l'o- 
beiflance 
qu'on peut 
prétendre de 
rédre à Dieu 
fuiuât l'vfagc 
delà Loy. 
d c. celle de 
laquelleDieu 
ïuftifie les hô 
mes , ou la- 
quelle les 
hommes font 
tenus d'ap- 
porter pour 
eftre iuftifiés 
deuant Dieu. 
voyezfusi.17 
t c.fans qu'il 
foit qneftion 
de prefenter 
à Dieu quel- 
que intégrité 
qui procède 
de nous ma- 
rnes, ou à la- 
quelle nous 
puifsiôs par- 
tientr par ïo 
beiffanec de 
la Loy. 
/ aflà. tous 
les fideles,de 
quelque na- 



tPISTRE S. PAVL 



ouche fort fermée , & que tout le monde foit a coul- 
pable deuant Dieu. 

20 Parquoi b nulle chair ne fera iuftifiee deuant lui 
par tes œuures de la Loy : car par la Loy eft donnez 

cognoiffance du péché. 

21 Mais maintenant d la iuftice de Dieu eft manife- 
ftee e fans Loy , eftant à icelle rendu tefmoignage par \ 
la Loy 5 &par les Prophètes. 

22 Voire la iuftice de Dieu , qui eft parlafoyenlefus 
Chrift,enuers f tous, & fur tous les croyans:(car il n'y 
a nulle différence: veu que tous ont péché, & font en- 
tièrement destitués § de la gloire de Dieu) 
2 3 El tans iuftifiés h gratuitement par la grâce d'ice- 
lui,par la rédemption qui eft en Iefus Chrift: 
24 Lequel Dieu a ordonné 1 de tout temps pour k pro- 
pitiatoire parla foy, au ^angd'icelui, afin de démon 
ftrer fa iuftice,par la remifsion des péchés m précédés, 
n fuiuant la patience de Dieu: 

2$ Voire afin de demonftrer fa iuftice au temps pre- 
fent, afin qu'il fo it trouué'mi te, &iufti fiant celui qui eft 
delà foy de Iefus. 

16 Où eft donc ° la vantance ? Elle eft forclofe , p par 
quelle loy ? eft ce par celle des œuures ? * Non. mais par 
la Iov de la foy 

27 Nousconcluôs donc que l'homme eftiuftifiépar 
foy fans les œuures de la Loy. 

z% Dieu eft-'û feulement le Dieu r desluifs^ne Veft-il 
point aufsi des Gentils ? certes il l'eft aufsi bien des 
Gentils. 

Z9 Car ilyavnfeul Dieu qui iuftifiera de la foy la 
Circoncifîon, & le prépuce par la foy. 

Tion ou qua- 
lité que ils fo et. g c.cc Phoneur qu'ils auoyent receu du Seigneur d'auoir efté créés à fou 
image en fâinâeré Se iuftice. h c. par pure grâce, fans rien apporter de leur part que leur 
feule indignité & corruption, qu'ils aduouent en l'humilité <re la foy qui leur eft donnée. 
i aff.pour diftinguer entre le teps de fon aduenemenr, & l'efficace d'iceluL qui a toufiours 
efté deuant les yeux des fi ieles félon les promettes du Seigneur, k afla. comme cela eftoic 
figure par le Propitiatoire de Parche de l'alliance ,1e touteftant pleinement vérifié en Ie- 
fus Chrift. / duquel aufsi les anciens facrifices eftoyent la figure, m affada venue de Ie- 
fus Chrift: entant que la vraye expiation en a efté faite par le fang d'icelui. » ou , durant la 
patience de Dieu. c.la gloire que l'homme peut auoir de fa propre iuftice. p c par 
quelle doctrine, q alfa, entant que l'opinion de l'obeilfance qu'on prétend rendre à la 
Loy,en:rerienr l'homme en fa préemption naturelle, s'il n'eft humilié à bonefeient parla 
vobe de l'Euangiîe. r affa.pqur dire que Dieu ayant donné aux Iuifs le facrement dc;fbn 
a!liance,ait fc rebs de ù. grâce tous les autres peuples 3 aufquels ce facrement-Là n'eft poiat 
©rdonné. 



AVX KOMAINS. 



T*? 



30 Aneantnrons-nous donc la Loy a par la toy ? Ainh 
n'aduiene : ains nous b eftabliflbns la Loy. 
C H a p. 1 11 1. 

Déclaration du moyen par lequel Abraham a cjlc iufiifiê, 6 
e> de la vraye béatitude de l'homme : 1 o Juiuavt laquelle 
lafoy a efté allouée pour iuftice à Abraha „ 23 qui a efté 

. censlituc le perc des croyans , afin que tot/i tant Juifs que 
Grecs joyent iujliftés par vn mejmc moyen de lafoy. 

1 /^\ Ve dirons-nous donc c qu'Abraham noftre 
Vipère « trouué félon la chair? 

a Certes iî Abraham a elle iuftifié par les œuures , il 

a dequoi fe vanter,mais non pas enuers Dieu. 

3 Car que dit l'Efcriture?* Abraham a creu à Dieu,&: 

Bil lui a efté alloue à iuftice. 
4 Or à celui d qui œuure, le loyer ne lui eft point al 
loué c pour grâce, mais pour chofedeuë. 
% Mais à celui f qui n'œuure point, ains s croit en ce 
lui qui iuftifié h le mefchanvfa foy lui eft allouée à iu 
ttice. 

6 Comme aufsi Dauid déclare la k béatitude de l'ho- 
me à qui Dieu alloue iuitice fans œuures , difant, 

7 '-'Bien -heureux font ceux defquels les iniquités font 
pardonnees , & defquels les péchés font couuerts. 

8 Bien-heureux aï l'homme auquel le Seigneur n'au 
ra point imputé le péché. 

9 Celte déclaration donc de la béatitude ! eft die feu 
lement m en la circoncifion, ou aufsi au prépuce ? car 
nous difos que la foy a efté allouée à Abrahâ à iuitice. 
1 o Comment donc lui a-elle efté allouée? a-ce efté lui 
eftant ia circoncis, ou durant le prépuce ? ce n'a point 
cité en la circoncifion,mais durant le prépuce. 

10 x Puis il receut le ligne delà circoncifion pour vn 
■ feau de la iuftice de la roy , laquelle ilauoit recette durât 
le prepuce,afin qu'il fuit père de tous ceux qui croyét 
eftas au prepuce,& que la iuftice leur fut aufsi allouée 
ix Et père de la circoncifion , afauoir de ceux qui ne 

'font point feulement de la circoncifion, mais °qui 

ble , mais eft 
receu en grâce en Iclis Chrift. i afîa.d'auta'rit que c'eft rinftrumct & lempyen qui nous 
eft donné de Dieu , par lequel nous appréhendons Icfus Chrift , qui eft la iuitice laquelle 
nous tait fubfiftcr demnt le Seigneur, k c. nommément le VflÉ repos de h confcicnce. 
I c. ne fc peut elle raporter ni recognoiftre. m ou, pour la circoncifiompotir le prépuce. 
M c. vue marque par laquelle Dieu a voulu fccller en lui la iuftice delà foy. «S c. qui chemi- 
nent félon le train d'Abraham,par lc< vraye* anures de la foy. 



afT. comme 
on calomni- 
>it fairflcmét 
la doctrine 

de l'Euagile. 
aflàu. cn- 

am que le 
droit de la 

y eft p!ei- 
ncment rc- 
cognu, &ac- 

ompli en Ic- 
fiis Chrift qui 
eft la fin delà 
Loy : fous 
10.4. 

* Gcn.\<>.6. 
gal.i.é.iaq. 
2.23. 

affa. auquel 
nul ne fe 
voudroit pre 
feier, nimef- 
mes efgalcr. 
d c. quipeue 
dire qu'il a 
en-ployc ou 
apporté du 
fien. 

e c.poureho- 
fequi lui foie 
purement 
donnée. 
■•TflZ.1,2. 

f c. qui n'ap- 
porte rien du 
fien pour o 
ftre iuftifîé 
par cela. 

g c.ferepofe 
fur la promef- 
fe du Sei- 
gneur entiè- 
rement gra- 
tuite. 

h c. celui qui 
de fa nature 
eft du tout 
condamna- 



m t. qu'en fa 
femcnce tou- 
tes nations 
recetiroyent 
bénédiction. 
b c.qui p;n- 
lent eftre iu- 
ftifiés par les 
cetmres delà 
I>oy. 

:. particb- 
pans de la be- 
nedidiô pro- 
mife à Abra- 
ham. 

d e. tant s'en 
faut qu'elle 
«ii/pofe 1 ho- 
me à trouuer 
grâce enuers 
Ti ieu, qu'elle 
lui defeou- 
lire tant plus 
là condamna- 
tion & cor- 
ruption , & 
ainfî le fait 
trouuer plus 
efloigné de 
tout bien & 
repos. 
- (7*8.15.4. 

&$> 

t afiâ. à qui 
depuis a efté 
ordonnée la 
Loy: Gai. 3. 
a*. 



}*+ 



EpT<«rttir n. p^yt; 



aufsi fuiuent le train de la foy de noftre Père Abraha, 
laquelle il a eue durant le prépuce. 

13 Caria promette n'eft point aduenue par la Loy à A- 
braham , ou à fa femence (afîauoir* d'eftre héritier du 
monde)maisparla iufticedelafoy. 

14 Car fi ceux b qui font de la Loy font c héritiers, la 
foy eft aneantie,& la promette abolie: 

15 Veuque la Loy d engendre ire : car là où il n'y a 
point de Loy,il n'y a point aufsi de tranfgrefsion. 

16 Pour celte caufe c'eftparfoy: à ce que cefoitpzv 
grâce , afin que la promette Toit affeuree a toute la fe- 
îrïence : non feulement à celle e qui eft de la Loy , mais 
aufsi à celle qui eft de la foy d'Abraham, lequel eft pè- 
re de nous tous. 

1 7 ( Selon qu'il eft eferit , * le t'ai eftabli père de plu- 
fleurs nations)deuant Dieu, auquel il a creu , lequel 
fait viure les morts, & appelé les chofes qui ne font 
point comme fi elles eftoyent. 

18 Lequel .Abraham outre efperan ce creutfousefpe- 
rance, a ce qu'il deuinlt père de plufieurs natiôs.felon 
ce qui lui auoit efté dit , '• Ainfi fera ta femence. 

19 Et n'eftant pas débile en la foy , n'eut point efgard 
à fon corps ia amorti,veu qu'il auoit enuirô cent ans, 
ni aufsi à l'amortiflement de la matrice de Sara. 

20 Et ne fit point de doute fur la promette de Dieu 
par deffiance: mais fut fortifié par foy,donnant gloire 
àDieu. 

21 Et fâchant certainement que celui qui lui auoit 
promis, eftoit puiftant aufsi de ce faire. 

22 Parquoi aufsi cela lui a efté alloué à iuftice. 

23 Or que cela lui ait efté alloué à influe n'a point efté 
eferit feulement pour lui : 

24 Mais aufsi pour nous , aufquels auft il fera alloué 
aftauoirànous,qui croyons en celui qui a reftufeité 
des morts Iefus noftre Seigneur: 

2? LequeJaefté liuré pour nos offenfes, &eftreflu* 

feité pour noftre iuftification. 

C h a p. v. 

déclaration des fruits de lafoyjar laquelle nous formes iu~ 
ftifiés y % % & de la diTecliofi queDieueJpanden nos cœuri 
parle S. Efyrit. 1 2 Qompawfon d'Adam , par lequel le 
. pidsL 



■» BOMAIMS. 



iH 



ftchè & la mort font entrés au Monde , aucc Je fus Qmfl> 
par lequel nous eft donnée iufiiee & vie. 
i T2 Stansdonc iuftifiésparfoy , a nous auons paix 
je! entiers Dieu par noitre Seigneur Iefus Chriff . 

2 * Par lequel aufsi nous auons eifé amenés par foy à 
celle grâce, en laquelle nous-nous tenons fermes , & 
nous glorifions b en Pefperance de la gloire de Dieu. 

3 Et non feulement cela, mais nous-nous glorifions 
mefmes es tribulations: fachans que latribulatiô pro- 
duit patience, 

4 '•' Et la patience efpreuue , & c l'efpreuue efperance. 

5 Or l'efperance ne confond point , pour autant que 
d ladile<5tion de Dieuelf efpandueennos cœurs par 
le fainctEfprit qui nous a eité donné. 

6 Car du temps que nous eitions encore defnuésde 
toute force^Chrift e(t mort en fon temps pour nous qui 
citions du e tout mefehans. 

7 Car à grand 1 peine aduient-il que quelcun meure 
pour vn iulte : mais encore pourroit-il eitre que quel- 
cun oferoit mourir pour quelque f bien-faite ur. 

8 Mais Dieu recommâde du tout fa diledtion enuers 
nous, * en ce que lors que nous n'eftiôs que pécheurs, 
Chriil efl mort pour nous. 

9 Beaucoup pluftof t donc,efîans maintenant iuflifiés 
en fon fang, ferons-nous fauués de l'ire par lui. 
io Car fi lors que nous eftions s ennemis , nous auôs 
elfe reconciliés à Dieu par la mort de fon Fils : beau- 
coup pluftoft , eftans délia reconciliés , h ferons-nous 
fauués par la vie d'icelui. 

ii Et non feulement cela, mais nous-nous glorifions 
mefmes en Dieu par nolf re Seigneur Iefus Chriil: par 
lequel maintenant nous auons obtenu reconcilia- 
tion. 

12 Parquoi comme par vn feul homme le péché efl 
entré au môde,& par le péché la mort : & ainfi la mort 
eftparuenuë fur tous les hommes, * d'autant que tous à i'impuutiô 
ompeché. ft&m. 

13 CarMufqu'ala Loy le peene étroit au monde:or, deons-nous 

la iouiftance 
entière de noftrc rédemption. » ou, en qui tous ont peché:afl"a. entant qu'ilsont efté con- 
prins en la perfonne de Adam, comme vu chacun y Citant pour fon efgard. £ c.meûne du 
temps deuant que la Loy fuit donnée 

Bb 



c nous 
Tommes 
pleinement 
réconciliés à 
Dieu, dont 
procède le 
irai repos de 
loftre con- 
lience. 

>eph.2.i9 4 

' affau. non- 
obftant no- 
ftre eftat ex- 
térieur , quf 
femble ne 
monftrer au- 
cun auantage 
pour auoir e- 
fté iuftifiés 
par foy. 
•laa.r.i. 
c air.rc/prcu- 
uedela grâce 
& afsiitance 
du Seigneur, 
laquelle nous 
fait de. plus 
en plusefpe 
reren lui. 
*i.Pk.j.i8 

ad. l'amour 
dont Dieu 
nous aime 
tant que par 
icelui il nous 
attire à l'ai- 
mer en no- 
ftre infirmi- 
té. 

en quoi 
font coprins 
tous homes 
confidercs en 
leur naturel 
f ou,homme 
de bien 

aflau. pour 
noftreelgard 
eftans fuiets 



ï$6 



ilPISTRE S. PAVL 



le péché a n'eft point imputé quand il n'y a point de | 

Loy. 

14 Mais la mort a b régné depuis Adâ iufqu'à Moyfe, 

mefme fur ceux qui n'auoyent point péché c à la façon 

delà tranfgrefsion d'Adam, d qui eft figure de celui 

qui deuoit venir. 

1 ? Mais il n'en prend pas au don comme de Poflfenfè. 

Car fi par l'offenfe d'vn feul, e plufieurs font morts, 

beaucoup pluftoft la grâce de Dieu,& la donation par 

la grâce, qui eft d'vn feul homme, ajfauoir de Iefus 

Chrift, a abondé f fur plufieurs. 

16 Et n'en prend pas ainfidudon comme de ce qui eft 
entré par vn feul qui a péché. Carlacoulpeeftsd'vne 
feule offenfi en condamnation : mais le don eft de plu- 
fieurs offenfes h à iultification. 

1 7 Car fi par l'offenfe dVn feul la mort a regnépar vn 
feuI,beaucoup plultoll ceux qui reçoiuent l'abondan- 
ce de grâce, & du don de iuftice , régneront en vie par 
vn feul^j&ztfo/rpar Iefus Chrift. 

Comme donc par vne feule ofFenfe la coulpeeft ve- 
nue fur tous hommes en condamnation,a$nfi aufsi par 
vne feule iuftice nous iuftifiante le donefi venu k fur 
tous hommes en iultification de vie. 

19 Car comme parla defobeiflance d'vn feul homme 
plufieurs ont efté rendus pécheurs, ainfiparl'obeif- 

fance d'vn feul, plufieurs m feront rendus iuftes. 

20 Or la Loy eit entretenue, afin que l'offenfe n abon- 
dait: mais là où le péché a abondé, grâce y a abondé 
par deiïus: 

1 1 Afin que corne le péché a régné à mort, ainfi aufsi 
la grâce régnait par iuftice à vie éternelle , par Iefus 
Chrift noftre Seigneur. 

de la mort , pour n'auoir commis péché actuellement, d c. qui eft oppofe & a correfpon- 
dance auec Iefus Chiift, qui eft le rédempteur promis, e affa. non comme pour en for- 
clorre quelques vns d'entre les hommes, mais pourmonftrer que l'offenfe commife par 
Adam , & la coulpe & corruption qui s'en eft enfùiuie, n'a pas efté particulière pour fa per- 
fonne,ainsapa(Vé de père en fils. / afTa.non furd'auanrageennombre,qu'ily a en nombre 
de pécheurs : mais le mot de plufieurs a efgardà ce que la grâce eft communiquée àplus 
d'vn,paflTant de Iefus Chrift en tous croyans. g ou, d'vn feul(honimc') h ou, à iuftice iu- 
ftifiante.afla. à reconciliation , & abfolution pour auoir le reftabliffement en iuftice. i Gr. 
vne iuftifîcatiomc'eft le mefme mot dont l'Apoftre a vfé au verfi 6. k aftà.confiderés en la 
mafleou corps du genre humain , & non comme fur tous vn par vn, entant quêtons n'en 
font rendus participais. / affà.la coulpe & corruption ne demeurant point enclofe en vn, 
mais paffant à la pofterité. m c.feront déclarés non feulement non coulpables de mort, 
mais mefmes capables de U Vie. n affa. cndemonftrantlacouuption&cc«idamnaùond« 
l'homme. 



« c. eft tenu 
comme pour 
rien , n'eft 

Ïoint formel 
ement im- 
puté, de for- 
te qu'il n'y 
auoit point 
de fui et 
apparent ni 
formel déco- 
damnation, 
8c toutesfois 
la mort ne 
laifferoit pas 
d'auoir fon 
cours :qui 
monflre bien 
qu'elle pro- 
cedoit du 
cours du pe 
ché originel 
inherant en 
tous. 

b c. a tenus 
affuiertis 
tous les vi 
tans, comme 
coulpables 
de péché : fî- 
«on ceux qui 
>ar la foy en 
a grâce du 
Sauueurpro. 
mis,enontef- 
peré la deli- 
luance. 
c aftà. par 
tranfgrefsion 
formelle & 
actuelle delà 
Loy, comme 
cela s'eft 
monftré aux 
petis enfans 
qui n'ont pas 
efté exempts 



AVX ROMAINS, 



3& 



C H A P. VI. 

Déclaration de la grâce de fancîif cation, 3 comme cela nom 
effl rcprc fente au Baptcfme , en ce qu'eftans vnis à Jefus 
Çbrijl , nous fomme s faits participans dufruicl & de la vi* 
gueurdefamortjfepulture&refurreffion, 11 afin que 
mourans àpecbé 3 nous ne fer nions plus à iniuflice, mais que 
pluftoft feruans à iujîice & faincleté nous obtenions la vie 
éternelle par icelui noftre Seigneur. 

1 /^V Vedirons-dous donc? demeurerons-nous en 
V^/ peché,afin que la grâce abonde? 

2 Ainii n'aduiene. far nous qui fommes morts à pé- 
ché, comment viurons-nous encore en icelui. 

3 Ne fauez-vous pas * que nous tous qui auons efté 
baptizés en Iefus Chrift, auons efté baptizés en fa 
mort? 

'•'Nous fommes donc enfeuelis auec lui enfa mort 
parle Baptefme : afin que comme Chrift eft reffufeité 
des morts par la gloire du Père, * nous aufsi pareille 
ment cheminions en nouueauté de vie. 

Car fi nous auons elté faits vne mefme plante auec 
lui parla conformité de fa mort, aufsi le ferons-nous 
par la conformité de fa refurrection: 

Sachanscela,que noftre vieil homme a efté crucifié 
auec lui, à ce que a le corps de péché fuft b réduit à 
neant:afin que nous ne feruions plus à péché. 

7 Car celui qui eft mort, eft quitte de péché. 

8 Or fi nous fommes morts auec Chrift nous croyos 
qu'aufsiviurons nous auec lui: 

9 Sachans que Chrift eftant reffufeité des morts ne 
meurt plus : la mort n'a plus de domination fur lui. 

10 Car ce qu'il eft mort, il c eft mort pour vne fois à 
peché'mais ce qu'il eft viuant, il eft viuant à Dieu. 

1 1 Vous aufsi faites ainfi voftre conte, que vous eftes 
morts à péché: maisviuans à Dieu en Iefus Chrift 
noftre Seigneur. 

12 Que le péché donc ne règne point en voftre corps 
mortel pour lui obéir en fes conuoitifes. 

13 Et n'appliquez point vos membres pour eftre d in- 
itrumens d'iniquité à péché : mais e appliquez-vous à 
Dieucomme de morts eftans faits.viuans,& vos mem 
bres pour ejlre inftrumens 4e iuftice à Dieu. 

Bb ii 



* Sa/. 3.27, 
'•' Col.i. 12. 
*E\>b. 4.2 3. 
cet. 2.10. 
l.pter.4.1. 

* c. tout ce 
qui eft du na- 
turel dei'ho* 
me .qui n'eft 
que comme 
vne malle de 
péché. 
b ou,defnuc 
de toute for- 
ce. 

c aflfa. pour 
ne Lutter rien 
en arrière de 
ce qui eftoic 
requis pour 
faire du touc 
perdre la for- 
ce au péché: 
i.Pier. 4.1.2. 
& dontils'e- 
ftoit rendu 
chargé par 
imputation 
pour nous: 
2. Cor. y.21. 
d- Gr. armes: 
& ainfi co.'i- 
fequemment. 

* a(T. comme 
ceux qui fe 
trouuent 
près de leuc 
Seigneur 
pour eftre 
employés à 
ion feruice, 



« c. fous le 
xniuiftere de 
la Loy, qiu 
rendoirlaco 
fcience con- 
liaincue de 
>ethé , Tans 
'en pouuoir 
deliurer. 
h affa. fous le 
miniitere de 
Icfus Chrift 
en lEuangile 
auquel eft 
appliqué le 
vrai remède 
contre le pé- 
ché. 



e c.devoftre 

condition 

prefente. 



p au", fans lui 
rendre la fit 
ïeclion que 
vous lui dé- 
liiez.^ 
e affa. enre 

5 'enfant feu- 
ement. 
/ oujlefalai- 
re :&ainfiau 
ver. 2i. 
g c. deliurés 
de la niifera- 
ble feruitude 
du péché. 



5ia_ 



JJJPJSTRE g» PAVL 



14 Car péché n'aura point domination fur vous,puis 

que vous n'elles point a fous la Loy : mais b fous la 

grâce. 

x ï Qu°i donc?pecherons-nous pourtant que nous 

ne fommes point fous la Loy, mais fous la grace?Ainfî 

n'aduienne. 

16 Ne fauez-vous pas bien qu'à quicôque vous-vous 
rendez ferfs pour obeïr, vous elles ferfs de celui à qui 
vous obéiriez , foit de péché à mort,ou d'obeilfance à 
iuilice? 

1 7 Or grâces à Dieu que vous auez efté ferfs du pé- 
cherais vous auez obeï de cœur à la forme expreffe 
de doctrine à laquelle vous auez elle attirés. 

Ayans donc elle affranchis du péché, vous elles 
faits ferfs àiullice. 

19 le parle à la façon des hommes , à caufe de l'infir- 
mité c de voftre chair. Ainfi donc que vous aués appli- 
qué vos mébres pour feruir à fouilleure & iniquité, à 
commettre iniquité : ainfi appliquez maintenantvos 
membres pour ièruir à iullice , en faincteté. 

20 Car lors que vous elliez ferfs du péché, vous e- 
fliez d francs quant à la iullice. 

2 1 Quel frui6t donc auiez-vous lors es chofes def- 
quelles maintenant vous 6 auez honte? certes f la fin 
d'iceîleselllamort. 

22 Mais maintenant ayans elle s affranchis du péché, 
& faits ferfs à Dieu, vous auez vollre fruià en fancti- 
fication:& pour fin vie éternelle. 

23 Car les gages de péché c'eft la mort : mais le don 
deDieiijC'ellla vie éternelle par IefusChrifl nollre 
Seigneur. 

c H A P. VII. 

Déclaration duvraivfage delà Loy à l'endroit des hommes 
tant régénérés que nonregenerés, 14 item du combat de 
la chair contre l'efprit en ceux qni ont receu le don de rege- 
neratio , 25 &dela victoire qu'ils obtiennent par la grâ- 
ce au Seigneur. 
1 Vf E fauez vous pas,freres,(carie parle à ceux qui 
iN entendent que c'ell de la Loy) que la Loy a do- 
mination furlaperfanne tout le temps qu'icelie per- 
fonneeitenvie? 



1 1 



A V X R_Q_M_A I N S . 



3 S * 



a Car * la femme qui eft en puiffance de mari , tant 
que fon mari eft en'vie,eit liée à icelui par la Loy:mais 
h fin mari meurt,clle elt deliuree a de la Loy du mari. 

3 Le mari donc viuant,fi elle fe ioint à vn autre mari, 
elle fera appelée adulterefTe,mais/0tf mari efhnt mort, 
elle eft deliuree de la Loy : tellement qu'elle ne fera 
point adultereffe fi elle eft iointe à vn autre mari. 

4 Ainfimes freres,vouseftes aufsi morts à la Loy par 
Je corps de Chrilt : afin que foyez à vn autr e 3 aj] avoir à 
celui qui elt reffufcité des morts , à celle fin que nous 
fructifions à Dieu. 

? Car qu âd nous eftiôs b en la chair,les affections des 
péchés (cftans e/hiei/es par la Loy) auoyent vigueur en 
nos membres,pour fructifier à la mort. 

6 Mais maintenant nous fommes deliurés de la Loy, 
c eftans morts à celle,en laquelle nous eftions retenus: 
afin que nousferuionsennouueautéd'Efprit, &non 
point en vieillefTe de Lettre. 

7 Que dirons-nous donc ? d La Loy efl-clle e péché? 
Ainfi n'aduiénerainçois ie n'ai point f cognu le péché, 
fïnon par la Loy. Car ie n'eufTe point cognu z que c' eft oit 
de conuoitife , fi la Loy n'euftdit,'- h Tuneconuoite 
ras point. 

8 Mais le péché, ■ ayant prinsoccafion, a engendré 
k en moi l toute conuoitife par le commandement : car 
fans la Lov le péché eft mort. 

9 Car iadis que m ïcjloye fans la Loy , ie viuoye : mais 
quand le commandement u eft venu, le péché ° a com- 
mencé à reuiure. 

i o Et moi ie fuis deuenu p mort: & le commandemét 
qui m'ejloit ordonné pour vie , a elle trouué me tourner à 
mort. 
ir Car péché prenant occafion, par lecommande- 

que c eftoit 

de péché, g c.iulques où la conuoitife eft à condamner afTa. iufques aux premiers mouue- 
mens & affections encore mefme qu'on y refîfte. b c.Tu n'auras vne feule penfee qui tien- 
ne tant peu qtiecefoit de l'amour de toi-mefme. i c. efhnt irritée par la Loy. K II fe 
propofe lui mefme côme pourvnexcple comun,afin quenuldes'cxéptedcccfte côfefsiéS 
ou applicatiô iï formelle. I aff.nô pas quât à l'effcct, mais qnat à la vitiofîté'cônuinc à tous 
hommes, m c.ie n'apprehendoy' point iufques où laLoy donne contre le naturel de fbô- 
nie pécheur, comme ilenaduientainfi à ceux qui ne font point touchés proprement en 
leur confeiencede la force de l'Efprit de Icfus Chriih b c.iepenfoy' vin e ne fentant 
point mon pechc. o c. s'eft t'ait cognoiftre Si fcntir. p c.me fuis trouué djbitimçtie vi- 
gueur a tout bien & enclin à tout mal. 

. : BbLitf 



*i.Cor.i.io 

a c.dclaftri- 
(ftion de fa 

ferfonne à 
endroit de 
fon mari. * 
b jfia. en I'e- 
ftat tel qu'il 
fe trouué en 
toutes per- 
fonnes n'ayaf 
que leur na 
turel qui eft 
toyfiours 
mauuais en 
foi , comme 
au premier 
mariage. 
c ou , ce!u£ 
cfbnt mort: 
affa.Ie péché, 
par lequel & 
en qui nous 
eftions déte- 
nus. 

'•' Sxoi.io. 
tj-deu. 4.21 
d affau.fous 
ombre que 
nous difons 
qu'au reçard 
de noftre 
chair nos af- 
fections fui- 
(ftinoycntà 
peclic & à 
mort par la 

Loy. 

caufe du 
pet hé : ;]ffau. 
des arïe&ios 
naturellestel- 
les qu'elles 
font ticuât la 
(régénération 
/ c.appcrceu 



l£0_ 



iiPlSTRE S. PAVL 



ment m'a feduit , & par icelui m'a mis à mort. 

12 * La Loy donc e/^faincte, &le commandement e/2 
fain^&iuile,&boh. 

13 Ce donc qui eft a bon.,m 5 eft-il tourné à mort?Ainn" 
n'aduiene, mais b le péché , afin qu'il apparuft péché, 
m'a engédré la mort par le bien : à ce que le péché fuft 
rendu excefsiuement péchant par le commandement. 

14 Car nous fauons que la Loy eft c fpirituelle:mais ie 
fuis d charnel, e vendu fous péché. 
14 Car ie n'approuue point ce que f ie fai , veu que ic 
ne fai point ce que ie vueil , mais ie fai ce que ie hai 

16 Orfîiefaice que ie ne vueil point, ieconfen àla 
Loy qu'ellô eft bonne. 

17 Maintenant donc ce n'eft plus moi qui fai cela: 
mais c'eft le péché habitant en moi. 

1 8 Car ie fai qu'en moi ( c'eft à dire s en ma chair) 
n'habite point de bien:car le h vouloiref t bien ! attaché 
à moi : mais ie ne trouue point le moyen k de parfaire 
le bien. 

19 Car ie ne fai point le bien que ie vueil , ains - ie fai 
le mal que ie ne vueil point. 

20 Que fiie fai ce que ie ne vueil point, cen'eftplus 
moi qui le fai,mais le péché qui habite en moi: 

21 le trouue donc celte 1 Loy e/rreenmoi, c'eft que 
quand ie vueil faire le bien,le mal eft attaché à moi. 

22 Car ie pren plaifîr à la Loy de Dieu quant m à l'ho- 
me de dedans-. 

22 Mais ie voy vne autre Loy en mes membres , ba- 
taillant contre la Loy n de mon entendement , & ° me 
rendant prifonnierà laLoy de péché, qui eit en mes 
membres. 

24 (Las ! miferabîe que ie fuis ! qui me deliureraP du 
corps de celte mort? 

25 le ren grâces à Dieu parlefusChriftnoftreSei- 

Yeffctt quant 

au mal fe trouue fans vouloir en moi , d'autant qu'il parte par defliis le vouloir qu'il trouue 
tropfoibleà luirefiiter. ; aff.par grâce, k afla. d'eftre entièrement fans aucun mouuemét 
de péché. / c.vne affection plantée en moi , & dominante en mon naturel à caufê du pé- 
ché qui eft entré en la nature humaine par la tranfgrefsion d'Adam, m c. quant à ce qui 
eft de renouuellé en moy parle don du Seigneur. « c. de la partie renouuellee, entât que 
l'intelligence en lame eft corne le fiege des mouuemens d'icelle. aiT. au regard de ma 
chair, f ou, de ce corps de motnafToù le péché a encor tant de force & par icelui la mort 
fe rendant encores comme nuiftrefie. 



*i.Tâ».x.8 

* aflfa. en foi 
mefme. 
h c. ma cor- 
ruption &vi 
tiofité natu- 
relle. 

€ c.qu'ellene 
régardepoint 
Amplement 
aux actes ex- 
terieurs:mais 
qu'elle s'a- 
drefie à la 
penfee & l 
tout le mou 
uement du 
cœur. 

d c.vitieux& 
corrompu er 
Adam. 
e voyez 1 
Rois 2i. 20, 
/ alfa.ee que 
iefenen moi 
vn moime- 
ment &affe 
€t\on de pé- 
ché, en c ores 
que ien'ycô 
fente pas 
pourtant, 
g c. en tout 
ce qui eft de 
ma nature 
corrompue 
h c. le don 
de vouloir 
le bien m'eft 
donné : mais 
il n'eft accô 
pagné de fa 
pleine effica- 
ce: tellement 
que c'eft vn 
vouloir fans 
entier ef&cl 
Au contraire 



AVX RO M A INS. 



3*1 



gneur.) Moi-mefme donc iers de l'entendement à la 
Loy de Dieu, mais de la chaîna la Loy de péché. 

C H A' P. VIII. 

Déclaration delà pleine ab foin t ion & fanclification des en- 
fans de Dieu : 5 item desfruicls de l'Efprit , par lefquels 
onlesrecognoijly 18 & de la patience s foy ,efperance,& 
cenjolation que Dieu leur donne fuiuant Jon propos éternel 
pour les rendre conformes à Chrift tant aux affliftions qu'e 
la gloire. 

1 A Infi donc il n'y a maintenant nulle condamna- 
î\ tion à ceux a qui font en Iefus Chrift c'eft à dire 

b qui ne cheminét point félon la chair, mais félon l'Ef- 

pnt. 

z Car c la Loy de d l'Efprit de vie qui eft en Iefus Chrift 

m'a affranchi de la Loy du péché & de la mort. 

3 Car ce e qui eltoit impofsible à la Loy d'autant 
qu'elle eftoit foible en la chair , Dieu ayât enuoyé fon 
propre Fils en forme de chair de péché, & pour le pe 
ché , 6 a condamné le péché en la chair: 

4 Afin que h la iultice de la Loy fuit accomplie en 
nous, qui ne cheminons point félon la chair , mais fé- 
lon l'Efprit. 

5 Car ceux qui font félon la chair , font affectionnés 
aux chofes de la chair:mais ceux qui font Ma l'Efprit, 
aux chofes de l'Efprit. 

6 Car 'l'affection de la chair eftmort:mais k l'affecti5 
de l'Efprit eft vie & paix. 

7 Pource que l'affection de la chair l eft inimitié con- 
tre Dieu: carelleneferendpointfuietteàla Loy de 
Dieu:& de vrai elle ne le peut. 

8 Parquoi m ceux qui font en la chair ne peuuentplai- 
re à Dieu. 
p Or vous n'eftes point en la chair mais en l'Efprit voi 

! lemenr accomplir le droit de la Loy. / chu ayant fait prendre à foi en vnité de per- 
! forme vue nature humaine fuiette à toute infirmité & tentation, auec ce que toute la malé- 
diction de la Loy a efté defehargee furlui.par pure imputation, voyez?. Corinth. 5. 21. 
g c. l'a fait déchoir de tout ce qu'il poiuoit prétendre en vertu dç la Loy contre la nature 
humaine en la perfonne desefleus de Dieu, h ou ledroicl de Loy. c. tout ce que la 
Loy requiert de nous, afin que nous foyons tenus pour iuftes deuant Dieu, i c.cc 
que le naturel de l'homme fe propose pour s'y adonner ^affaii. l'amour de foimcfme, ne 
tendquà le rendre condamnable à ment éternelle. K c. ce que l'homme renoutigllc le 
propofè,aff. l'amour de Dieu en Iefus Chrift, l'entretient au vrai train de vie à falut. / c. 
n'eftque vne purerefiftanceàce qui eft de l'amour de Dieu, m c.quinefententquelcutS 
afiècoo» naturelles & du tout contraires à Dieu. 

B b iiij 



« c. qui font 
vnis à Iefus 
Chrift , com- 
me les mem- 
bres à leur 
chef. 

b c. qui pre- 
neur vraye- 
mentle traire 
de l'amour de 
Dieu par la 
conduite du 
S. Efprit. 
c c. le droit 
que le S. E- 
fprit aobtenu 
& qu'il exer- 
ce en nous 
par la vertu 
de Iefus 
Chrift , nou$ 
obligeant a 
le feruir en 
faintftetc & 
iuftice, nous 
affranchit de 
la tyrannie 
du péché & 
de la mort. 
d c. la nou- 
uelle vigueur 
que Iefus 
Chrift nous 
a acquife en 
foi ^& qu'il 
nous fait ap- 
preheder pat 
foy. 

e afïa. au re- 
gard de ce 
que la nature 
humaine defr 
nuée de tou- 
te force par 
lepeché , ne 
'pouuoit nul- 



m 



PIS TRE S. PA V L 



F- 



refî l'Efprit de Dieu a habite en vous: maisfîguelcunj 
n'a point l'Efprit de Chrift, ceftui-là b n'eft point à lui 
io Et fî Chrift*?/? en vous,' le corps eft bien mort à 
caufe du péché : mais d l'Efprit eft vie à caufe de la iu 
ftice. 

ii Or fi l'Efprit de celui qui a refTufcité Iefus des 
Tnorts habite en vous, celui qui a reffufcité Chrift des 
morts , viuifiera aufsi vos corps mortels , e à caufe de 
fon Efprit habitant en vous. 

12 Pourtant donc, mes frères, nous,fommes detteurs 
non point à la chair,pour viure félon la chair. 

1 3 Car fi vous viuez felô la chair,vous mourrez:mais 
fi par l'Efprit vous mortifiez les faits f du corps vous 
viurez. 

14 Car tous ceux qui font conduits par PEfprit de 
Dieu, font enfans de Dieu. 

1? Car vous n'auez point receu vns efprit de fer- 
uitude , pour estre derechef en crainte , * ains vous a- 
uec receu l'Efprit d'adoption , par lequel nous crions 
AbbaPere. 

16 C'eft ce mefme Efprit qui rend tefmoignage auec 
noftre efprit que nous fommes enfans de Dieu. 

17 Et fi nous fommes enfans , nous fommes donc heri- 
tiersrheritiers de Dieu,& cohéritiers de Chrift : voire 
fi nous h foufFrons auec lui,afin que nous foyons aufsi 
glorifiés auec lui. 

18 Car tout bien conté, i'eftimequelesfouffrances 
du temps prefent ne font à contrepefer à lagloire à ve- 
nir, laquelle doit eftre reuelee en nous. 

19 Car le grand & ardent defir des créatures eil en ce 
qu'elles attendent 1 que les enfans de Dieu foyentre- 
uelés. 

20 Car les créatures font fuiettes k à vanité , nô point 
de leur vouloir: mais à caufe de celui qui les a afîuiet- 
ties,fous efperance qu'elles feront aufsi deliurees de la 
feruitude de corruption, l poures~lre enla liberté de la 
gloire des enfans de Dieu. 

21 Car m nous Càuôs que toutes créatures foufpirét & 

pons a Ces __ 
fouffrances,foit par conformité de noftre cftat extérieur, foitpar vn reffentiment intérieur 
quenousenportiôscontinuellemët en noftre cœm:2.Tim. 2. iï.jî. i c. h déclaration de 
lefbt heureux des fidèles, duquel aufsi dépend reftaMitfèment du môdeaducnivHeb.t.y. 
K c. à vn cfbt fuiet à changement, & à vneefpecc dancantiffement.voyez2, Pier.3.10. 
" afla.cn la forte qu'il plaira à Dieu, m afK par le don dejate^» 



a c. condui 
voftre cœn 
& le gouuer 
ne. 

h affa. enco 
res qu'il en 
euft la mar 
que & la pro 
fefsion par 
l'extérieur. 
c c.cequire- 
fte de la vi 
tiofitc de vo 
ftre nature 
tant en l'anie 
qu'au corps 
où , le corps 
eft tenu pour 
îugéàlamorr 
à caufe du 
pechc auquel 
il eft affiliera 
*GaL 4. $.6, 
d c. le nou- 
liel homme 
eft le c 5men- 
cernent de 
vie en l'eftat 
intérieur , 
puis que la 
iufticequieft 
roppofite du 
péché ypred 
fa racine & 
fon fîege. 
« oitjpac.fon 
Efprit, 
/ aff. du vieil 
homme , te 
nant encor 
comme fi 
garnifon au 
corps. 
g c'eft vne 
manière de 
parler propre 
à FEfcritme 
pour remar- 
qucrles mou- 
uemeos de 
famé , & les 
motifs d'i- 
ceux. 
h c. partici- 



AVX ROMAINS. 






m c. raccom- 
plifltnient 
parÎJir «Je 
nofirc ado- 
ption en nos 
propic 
fonne 
que noftre 
nuire dt cn- 
c< es aucune- 
ment détenue 
prifonnicre 
de la ! 
pèche,: 
fllieâion airs 
m if ères pvc- 
fentes 6c à L» 
corruption 
de nos corps. 
* L«c n.if 
£ c. ce qui 
cil cfpcré. 
c c. nous en- 
feigne à prier, 
produisant en 
nous îles gc:- 
mi(ïeme::s 

defauels nou* 
ne (aurions 

comprendre 
la force. 
A voîrcmrf 

plus 
fefpouuanra- 
b es en z\?i- 

a pieu i 

. nef- 
mes qu'ils fufi 
fen«, n'y en 
ayant aucune 
caufe hors de 
fon bon plai- 
fir. 
f affau. pour 

: fou- 
dre eu la 
vraye paix du 
Seigneur co- 
tre toutes 
fortes de dif- 
ficultés. 
g affa. de la- 
quelle nous 
fommes con- 
iointsàClnïft 
par le lien in- 



font en trauail enfemble iufques à maintenant 

22 Et non point /aY/cs feulement,mais nous aufsi, qui 
auons les prémices de rEfprit,nous-mefmes foufpi 
rons en nous-mefmes , en attendant a l'adoption ajja- 
îioïr * la rédemption de noitre corps. 

23 Car ce que nous fommes fauués , c'eit en efperan- 
ce: or b l'efperance qu'on voit n'eft point efperance: 
car pourquoi mefmes efpereroit quelcun ce qu'il voit 1 
2^ Mais û nous efperons ce que nous ne voyons 
point, c'eit que nous l'attendons par patience. 

25 Pareillement aufsi l'Efprit foulage de fa part nos 
foibleflès : car nous ne f nions point ce que nous de- 
uons prier comme il appartient:mais l'Efprit lui-mef- 
me c fait requelte pour nous par foufpirs qui ne fe 
peuuent exprimer. 
z6 Mais celui qui fonde les cœurs, cognoift quelle 
eit l'affe<£t.ion de l'Efprit: car il fait requelte pour les 
faincls félon Dieu. 

27 Orfauons-nous aufsi que d toutes chofes aident 
enfemble en bien à ceux qui aiment Dieu , afjauoir à 
ceux qui font appelés félon fon propos arrelté. 

28 Car ceux qu'il a e cognus auparauant, il les a auf- 
fi predeilinés a eltre rendus conformes à l'image de 
fon Fils :afinqu'icelui foit le premier né entre plu 
fieurs frères. 

19 Et ceux qu'il a predeitinés,il les a aufsi appelés: & 
ceux qu'il a appelés,il les a aufsi iuftifiés : & ceux qu'il 
a iuftihésjil a aufsi glorifiés. 
3 o Que f dirons-nous donc à ces chofes ? fi Dieu eu: 
pour nous,qui fera contre nous ? 
3 1 Lui qui n'a point efpargné fon propre Fils , mais 
l'a liure' pour nous tous : comment ne nous eflargira- 
il aufsi toutes chofes auec lui ? 
32 Qui intentera aceufation contre les efleus de 
Dieu ? Dieu eft celui qui iuftifie. 
3 3 Qui fera celui qui condamnera ? Chrift eit celui 
qui eit mort, &qui plus eit qui eit relïufcité: lequel 
aufsi eit à la dextre de Dieu , & qui fait mefme reque- 
lte pour nous. 
34 Qui nous feparera s de la dile&ion de Chrift 

feparable de la vraye foy. 



P4 



iêra-ce oppreision,ou angoiffë^ou periecution, ou ta- 
mine,ou nudité,ou peril,ou efpee ? 
3? Ainfî qu'il eflefcrit, * Nousfommes liurés à la 
mort pour l'amour de toi a tous les iours , & fommes 
eftimés comme brebis de la boucherie. 
3 6 Ains en toutes ces chofes nous fommes plus que 
vainqueurs par celui qui nous b a aimés. 
3 7 Car ie fuis affeuré que ni mort, ni vie,ni Anges,ni 
c principautés , ni puiflances , ni chofes prefentes , ni 
chofes à venir. 

3 8 Ni hauteffe, ni profondeur , ni aucune autre créa- 
ture ne nous pourra feparer de la dile&ion de Dieu, 



Epistre s. pavl 



ou, tout le 
tour : comme 
s'il difoir,A 
tous mornes, 
durant tout 
le cours de 
cefte vie. 

* ?/:44.*3. 
z.cor. 4.11. 

an", comme 
il le monftre 
e*prefTémcnt 
en la vertu 
qu'il defploye 
encores en 
nous. 

c'eft par 
vue manière 
«Tamplifica- 
«ation:finon 
jii'il s'enten- 
h'ft desmau- 
»ais Anges. 
d voyez 
lehan 1.20. 

Gr. eftre 
anatheme, 
c'eft à'vn zz- 
le tref-entier 
félon lequel 
il s'oublie 
fbi-meimes 
en fon ef- 
gard , pour 
monftrer fa 
charité félon 
Dieu enuers 
ceux de fa 
nation, voire 
fi cela s'euft 
peu faire. 
'■ .4a. 9 .x. 
I.cor.jyp. 
54 S m 2.17. 
•£ Sphef.2. 
12. 

/ c'eft pour 
refpondre à 
ce qu'on pré- 
tende it que 
le peuple de 
Dieu nu pou- 
uoic déchoir d 
ae regarde pas 



u'ii nous a môltree en Iefus Chrift noiire Seigneur. 

C H A P. IX. 

Déclaration de l'affettiontref-entkrc de S Waul enuers les 
Juifs. 6 Jtem du propos éternel delà prédestination de 
Dieu 3 fondé fur la feule trefiufte volonté d'icelui, 24 fui- 
uant laquelle les Gentils ont eslé appelés >& les fuifs re- 
jettes. 

1 T E di vérité en Chrift , d ie ne men point,ma con- 
x feience me rendant tefmoignage par le fainct 

Efprit, 

2 Que i'ai grande triftefïè & continuel torment en 
mon cœur. 

3 Car '■' ie deflreroy' moi-mefme eftre c feparé de 
Chrift pour mes frères , qui font mes parens félon la 
chair : 

4 Lefquels font Ifraelites, defquels eft l'adoption , Se 
* la gloire, & * les alliances, & l'ordonnance de la 
Loy,&leferuicediuin,&lespromefTes. 

5 Defquels font les pères ,8c defquels félon la chair 
eft défendu Chrift, qui eft Dieu fur toutes chofes , bé- 
nit éternellement. Amen. 

6 H f Toutesfois il ne fepeut faire que la Parole de 
Dieu foit decheute : car tous ceux qui font dlfrael, ne 
font pas pourtant Ifrael : 

7 Et pour efrrefemence d'Abraham ils riz font point 

ra'liance.nonpas,dit-il,s'il eft le vrai peuple de Dieu : car au demeurant on 
au lignage charnel. 



AVX ROMAINS. 



121 



en a Ifaacteferaappe- 



f>ourtanttous entans : mais, 
ee femence. 

8 Ceft à direction point ceux qui font h enfans de la 
chair , font entans de Dieu : mais v ceux qui font en 
fans de la promette, c font réputés pour femence. 

9 Car voici la parole de lapromelTe,'* le viendrai 
d en celle mefme faifon,& Sara aura vn fils 
io Et non feulement ceflui-ci , * mais aufsi Rebecca 
quand elle eut conceu d'vn, ajfauoir de noitre père 

jlfaac. 

'il Cardeuantque les enfin s futtent nés, & qu'ils eui- 

' fent fait ne bien ne mal, ( afin que le propos arrefté fe 

Ion I'eledtion de Dieu demeurait. 

n Non point par e les œuures, mais par celui qui 

appelé ) il lui fut dit, ■ Le plus grand f feruira au 

moindre : 

1 3 Ainfi qu'il eft eferit, * l'ai aimé Iacob , & ai hai 
Efau. 

14 Que dirons-nous donc ? * Y a-il iniquité enuers 
Dieu ? Ainfi n'aduiene. 
if CarilditàMoyfe, * l'aurai merci de celui de qui 
i'aurai merci : & ferai mifericorde à celui à qui ie fe- 
rai mifericorde. 

16 Ce n'eft point donc ne du voulant ne du courant: 
mais de Dieu qui fait mifericorde. 

17 Carl'Efcriture dit à Pharao , '•* le t'ai g fufeité à 
celle propre fin pour demonftrerentoimapuiiTance : 
& afin que mon Nom foit annoncé en toute la terre. 

18 II a donc merci de celui qu'il veut, & endurcii 
celui qu'il veut. 

19 Or tu me diras , Pourquoi fe h plaind-il encore î 
car qui elt celui ' qui peut refiiter à fa volonté ? 

20 Mais pluitolt ô homme , qui es-tu, toi qui conte- 
ftes contre Dieu? x La chofe formée dira-elle à celu: 
qui l'a formee,Pourquoi m'as-tu ainfi faite 

21 Le potier de terre n'a-il point puiflance defain 
d'vne mefme mafife de terre vnvaiffeau à honneur, & 
vn autre à deshonneur ? 

21 Et qu'elt-cô , fi Dieu en voulant monltrer^ ire 
& donner à cognoiltre k fa puiflance, a toléré er 

feuucrainc cauie de toutes chofes. i ou,quiartilfté. K ou,fonpouuoir 



Gm.ti.tt 

heb.ii.i9. 

G.tl.4.i2. 
*G>«. 18.10 
■£(7 £«.25. 21 
» alfa. comme 
en celui qui 
dcuoit porter 
en l'on origi- 
ne comme va 
patron dele- 
lc&ion de 
Dieu en fe« 
defeendans. 
H Gen.t^.i% 
l> c.lcs dcflc- 
dans félon 
.'ordre ou 
droit de natu- 
re fimp'.pmcr. 
c. font te- 
nus pour la 
via', epefterf- 
té d'Abr.ihjm 
qui dcuoit c- 
ttre bénite en 
Ch'rift. 
d aflâ.Pan te- 
ndu. 

aflàu. non 
plus à faire 
que défia faî- 
tes. 

/ afTa cSpre- 
nant fous la 
feruitudela 
reieclion. 
* Mala.l.t é 

7.Z56 8.5. & 
54.10. 

g c. mû en 
auant, ou fait 
naiftre. 
"•• £xod.9.l6, 

*ef«:4$. 9 . 

ier.iî.6.faû. 
15.7. 

h aflade l'en- 
durciflemenc 
de quelques- 
vns : veu que 
fa volonté 
(impie eft ti 



Ï96 



PISTRE S. PAVL 



« t. cet» qui 
lôrit ordon- 
nés à damna- 
tion, &qui 
font difpo- 
fcs à perdi- 
tion, par vn 
iugement de 
Dieu qui ne 
peut eiixe 
que trefiufte, 
quoique la 
caufe ne nous 
en foie pas 
toujours ma- 
nfféftee. 

* OfeS 2.2?. 

I. pier.2,10. 
Ofèei.io. 
h c. ceux qui 
fonr ordon- 
nes à falut 
par grâce. 



^Efa.1.9. 

c c.neeom- 
prenoyent 
rien ni delà 
grandeur de 
leurs péchés, 
ni du remède 
pour en eftre 



ddiurés. 



d c, qui con- 
tient la vraye 
reigle de iu- 
ftice., mais 
ne iuftifîe pas 
pourtant. . 
*PfllS.22. 

eft.S. 14. & 

2%. 16.1. 

fier. 2. 6. 

♦ P/.2.12. 

pron.16.20, 
Ùr.17.7. 



grande patience les a vaifTeaux d'ire 3 appareillés à 
perdition ? 

23 Et pour donner à cognoiftre la richefTe de fa gloi- 
re es b vaifTeaux de mifericorde, lefquels il a préparés 
à gloire ? 

24 Lefquels aufsi il a appelés, ajfauoir nous,non point 
feulement d'entre les Iuifs > mais aufsi d'entre les 
Gentils. 

2? Selon aufsi qu'il dit en Ofee, * I'appelerai mon 
peuple celui qui n'eftoit point mon peuple :& la bié- 
aimee celle qui n'eftoit point bien-aimee. 
16 '■' Et aduiendra qu'au lieu où il leur a efté dit,Vous 
n'eftes point mon peuplera ils feront appelés les en- 
fans du Dieu viuant. 

27 Aufsi Efaie crie touchant Ifrael, * Quand le nom- 
bre des enfans d'Ifrael feroit comme le fablon de la 
mer,le feul refidu fera fauué. 

Car le Seigneur met à fin & abbrege l'affaire en 
iuftice : voire il fera vn affaire abbregé fur la terre. 
2j> Et comme Efaieauoit dit auparauant, * Si le Sei- 
gneur des armées ne nous euft laiffé quelque femence, 
nous eufsions elle faits comme Sodome , & eufsions 
efté fembîables à Gomorre. 

30 Que dirons-nous donc? Que les Gentils qui c ne 
pourchafToyent point la iuftice , ont atteint la iuftice, 
voire la iuftice qui eft par foy. 

3 1 Mais Ifrael pourctiaffant !a Loy d de iuftice , n'eft 
point paruenu à la Loy de iuftice. 

_ 2 Pourquoi ? Pource que ce n J a point efté par foy, 
mais comme par les œuures de la Loy : car ils ont 
leurté contre la pierre d'achoppement. 
3$ Ainfi qu'il eft eferit, " Voici, ie mets en Sionja 
pierre d'achoppement : & la pierre de tresbuchemét, 
** & quiconque croit en lui ne fera point confus. 

C h a p. x. 

Déclaration du %eh des Juifs 3 4 de ce que lefm Chrîfl est 
la fin de la Loy, $ & dumoyenpar lequel on peut eslreiu- 
ftifîépar la Loy , ou par la foy. 1 7 Jtem comme la foy eft 
par l'ouïr, 19 & comment les Juifs ont reiettè la parole 
de l'Euangile, 



AVX ROMAINS. 



197 
i T^ Reres, quant à la bône attention de mon cœur, 
x Se la prière que ie fai à Dieu pour Ifrael, c'eil 
a qu'ils foyent faunes. 
i Car ie leur porte tefmoignage qu'ils ont le zèle de % £*j J ^ 

l> c. le but 
auquel re- 
gardent la 
Loy , telle- 
ment qu'en 
lui nous 
trounbhs 
l'entier ac- 
complifTe- 
tnent d'iceï- 
lc. 

'•• Leuit.jS* 
$.e\cch.io. 

* Deut. 30. 
12. 



Dieu,mais non point félon cognoifîance. 

3 Car ne cognoiflans point la iuftice de Dieu, & 
cerchans d'eftablir leur propre iuftice, ils ne le font 
point rangés à la iulHce de Dieu. 

4 Car * Chrift elt b la fin de la Loy , en iuftice à tout 
croyant. 

5 Car Moyfe deferit amfi la iuftice qui eft par la Loy, 
ajjauoïr,-' Que l'homme qui fera ces chofes,viura par 
icelles 

6 Mais la iuftice qui eft par la foy , dit ainfi, * Ne di 
point en ton cœur , Qui montera au ciel ? cela eft ra 
mener Chrift d'enhaut : 

7 Ou, qui defeendra en l'abyfme ? cela eft ramener! * Deut. 10. 
Chrift des morts. 

8 Mais que dit elle ? * La parole eft près de toi en ta 
bouche , & en ton cœur. Ceft là la parole de la foy, 
laquelle c nousprefehons. 

9 CarfituconfefTes le Seigneur lefus de ta bouche, 
& que tu croyes en ton cœur que Dieu l'a d reiîufci 
té des morts,tu feras fauué. 

10 Car c de cœur on croit à iuftice, Se de bouche on 
fait confefsion à falut. 

ir Car l'Efcriture dit, n Quiconque croit en lui , n 
fera point confus. 

1 2 D'autant qu'il n'y a point de différence du Iuif'n 
du Grec : car il y a vn mefme Seigneur de tous qui el : 
riche enuers tous ceux qui Pinuoquent 

1 3 * Car quiconque inuoquera le Nom du Seigneu 

fera fauué. 

_, 1 . .... ... p ar ' a p r °- 

14 Comment donc înuoqueront-ils celui auquel il; fefiion e«c- 

n'ont point creu? & comment croiront-ils en celui nemc F our 

r 1 1 m 1 • •• 1 n obtenir le 

f duquel ils n ont point oui parler ? & comment 01 
ront-ils fans qu'il y ait qui leurprefche 5 



14. 

c afïau. telle- 
ment que 
quiconque 
reçoit cefte 

farole, fent 
efficace du 
S. Efpritcn 
fon cœur. 
«£fa. 23.i6 
fui 9. il. 
d aua.pourla 
pleine iufti- 
fication,fus 
4.ay. 
♦Ioe/2.32. 

• aft. 2.21. 
« c. la foy 
eftant plan- 
tée au cœur, 

; elle fedoic 
maintenir 



t- r : r »-i • • ils n < 

i? Et comment prefenera-on linon qu il y en ait qn po int 
foyent enuoyés ? ainfi qu'il eft eferit , # O que les #*"/*. 5^7- 
pieds de ceux s qui annoncent paix font beaux, 70\' ft< T m IIJ 
re de ceux qui annoncent les chofes bonnes! 



bter 
but d'icclle. 
/ ou, lequel 
'ls n'ont 
ouï. 



g Or. cuajn 
geliïeat. 



I 



su 



"Ep istre s. pavl 



ithanïi.i%. 

• Gr. ouïe.c. 
ce qui nous 
a efté reuelé 
ifin qu'il fuft 
fait ouïr des 
autres par 
noftre mini- 
ftere. 

*Deu.i 2.2.1 

A c. procède 
delacognoif- 
fance que 
Dieu donne 
de fa vérité 
par la cômif- 
fion qu'il en 
adrefîecà Tes 
feruiteurs. 

alfa, les na- 
tions qui ont 
efté lourdes 
f\ long temps. 
d aff. l'aduer- 
tiiTemcntcu 
endoctrine- 
ment qu'on 
a deu recueil- 
lir de Tordre 
des créatu- 
res. quelques- 
vns rapporter 
ceci à la pré- 
dication des 
Apoftres par 
vne allufion 
au partage du 
Pfeaume. 

ou, incré- 
dule & defo- 
beiflant. 
"i. Rois ïo. 
10. 

/ affau. pour 
.dire que leur 
rébellion les 
ait fait retran- 
cher entière- 
ment de l'al- 
liance de 
Dieu. 

* l.Rotf I?. 
18. - 

g c. lequel il 
a «hoilî deuat 



1er Mais tous n'ont pas obéi à l'Euangile : car Efaie 
dit,Seigneur,quiacreu à noftre* a prédication? 

17 La foy donc eft par l'ouïr :& l'ouïr b par la paro- 
le de Dieu. 

1 8 Mais ( ie demande) ne c Font-ils point oui ? ains 
'•* d leur fon eft allé par toute la terre, &: leurs paroles 
iufques aux bouts du monde. 

19 Mais ( ie demande ) Ifrael ne l'a-il point cognu ? 
Moyfe le premier dit," le vous prouoquerai à ialoufïe 
par celui qui n'eft point peuple : ie vous efmouuerai à 
ire par vne nation deftituee d'intelligence. 

20 Et Efaie s'enhardit tout à fait,& dit, * l'ai efté 
trouué de ceux qui ne me cerchoyent point : & fuis 
manifeftement apparu à ceux qui ne s'enqueroyent 
point de moi. 

21 Mais quant à Ifrael, il ditj'aitoutleioureftendu 
mes mains vers vn peuple e rebelle & contredifant. 

c H A P. XI. 

Comme les Juifs ne font pas tous reiettés, n & que par 
leur chêute lefalut eft aduenu aux Gentils v 1 3 tellement 
que les Gentils ne doiue'nt point mefprifer les Juifs, ains 
pluftoft les ejmouuoir à ialoufïe fa ce qu'eux au fi foyentfau- 
ués, 1 5 fuiuant le fecret de leur plein reftablijjement>afin 
que la profondeur de lafageffe de Dieu/oit adorée de tous. 

1 y E demande donc , Dieu a-il f débouté fon peu- 
JL pie? Ainfî n'aduiene : carie fuis aufsi Ifraelite, 

de la pofterité d'Abraham,de la lignée de Ben-iamin. 

2 Dieu n'a point débouté fon peuple, s lequel ilaau- 
parauant cognu. Ne fauez-vous pas que I'Efcriture 
dit d'EIie? n comment il faitrequefte à Dieu contre 
Ifrael,difant, 

Seigneur , ils ont tué tes Prophètes , & ont démoli 
tes autels : & ie fuis demeuré moi feul , & fi tafehent à 
m'ofter la vie, 

4 Mais que lui fut-il refpondu de Dieu ? * le me fuis 
referué fept mille hommes, qui n'ont point ployé le 
genouil deuant Baal. 

Ainfi donc aufsi au temps prefent h il y a du refîdu 
félon l'élection de grâce. 

nefine qu'icelui fuft en eitre fuiuant fbn bon plaifîr. h ou,iIyaeiU 



"AVX ROMAINS. 

Que il c'elt par grâce, ce n'eit plus 



1*9 

par les œu-j' «rcnSpiM 

~ parcelles qui 



ures: autrement, grâce n'eft plus grâce: mais fi c'eftijùjucntiavo. 
par les œuures,ce n'eft plus par grâce : autremét, œu- "tion , que 
ure n'eft plus oeuure 



pourroit pc- 



cedee. 

aiTau.ce nie 
qui ont part 
àl'eledlionde 
grâce. 

Sfa.6.9. 
Vnatt. 13. 14. 

2. 



7 Quoi donc > ce qu'Ifrael eft après à cercher,il ne l'a ^ri'auoirpre 
point obtenu, mais b l'élection Ta obtenu,& les autres " 
ont efté endurcis : 

8 Ainfi qu'il efteferit, * Dieu leur a donné vn efprit 
aiïbpii&desyeuxpour ne point voir, & des oreilles 
pour ne point ouïr iufqu'au iour prefent. 

9 EtDauid dit, ■' Que leur table leur foit tournée tnY" arc *- 1 
piege,&en tresbuchemét, Ôcce pour leur rétribution. *£ an '™ 

10 Que leurs yeux foyent obfcurcis pour ne point 
voir : & courbe continuellement leur dos. 
n Mais ie demande, Ont- ils choppé pour c tresbu- 
cher? Ainfin'aduiene: mais par leur cheute le falut 
eft aduenu auxGétils, d pour les prouoquer àialoufie. 

11 Or fi leur cheute eft la richefTe du Monde , & leur 
diminution la richefTe des Gentils : combien plus le 
fera leur c abondance? 

15 Car ie parle à vous. Gentils, entant certes queie 
fuis Apoftre des Gentils, ieren honorable mon mi- 
niftere: 

14 Tourvoir fi en quelque façon iepuis prouoquer 
ceux de ma chair à iaIoufie,& en fauuer quelques vns 

15 Car fi f leur reie&ioneftla reconciliation du mo 
de, quelle fera leur réception, fînon vie d'entre les 
morts ? 

16 Or files s prémices font fain des, aufsieftlamaf- 
fe : & fi la racine eft fainc~te,aufsi font les branches 

1 7 Que fi quelques-vnes des branches ont efté h re- 
tranchées : & toi qui eftois oliuier fauuage, as efté en^ 
té ' en la place d'icelles,& as efté fait participant de la 
racine & de la graiffe de l'oliuier : 

1 8 Ne te glorifie point contre les branches : que fi tu 
te glorifies , ce n'eft pas toi qui portes la racine , mais 
c'eft la racine qui te porte. 

19 Or tu diras,les branches ont efté retranchees,afin 
que i'y fuffe enté : 
zo C'eft bien dit,elles ont efté retranchées par incre 

pues pour cAre ieteecs là:& ainfi confcqucmxncnr. i Gr. eu kelks. 



'•' Pf.69.1?. 

aflau. fans 
qu'ils en don- 
nent eftre re- 
leués. 

ou,pourles 
efmouuoir à 
leur porter 
cnuie: & ainfï 
confequem- 
ment. 

t c. leur plein 
rcftablifle- 
ment : affati. 
quand toute 
la nation ren- 
trera enl'E- 
glife. 

/ c. l'occafio 
que Dieu a 
voulu pren- 
dre He recon- 
cilier le mon- 
de à foi. 
g c les pères 
qu'il a pieu a 
Dieu fanfti- 
fîer à foi. Ce 
qui eft dit par 
vne allufion 
aux prémices 
de la nouuel- 
le parte qu'on 
irefentoit fc- 
on la Loy 
jour fancti- 
ier le pain 
qu'on man- 
geoit. 
b Gr. rom- 



40Q 



Fpt^tpt; c ntyf 



dulité,& tu es debout par foy : a ne t'efleue point par 
orgueil, mais b crain. 

2 1 Car fi Dieu n'a point efpargné les branches natu- 
relles , garde qu'il n'aduienne qu'aufsiilne t'efpargne 
point. 

22 Regarde donc la bénignité & la feuerité de Dieu: 
aiTauoir la feuerité,fur ceux qui font tresbuchés: & la 
bénignité enuers toi , il tu perfeueres c en/4 bénigni- 
té : autrement tu feras ainsi coupé. 

23 Et quant à ceux-là aufsi, s'ils ne perfeuerér point 
en incrédulité, d ils feront entés: car Dieueftpuif- 
fant pour les enter derechef. 

24 Car fi tu as efté coupé de l'oliuier qui de nature 
ef:oitfauuage,&as efté contre nature enté en l'oli- 
uier franc : ceux e qui le font félon nature , combien 
pluftoft feront-ils entés en leur propre oliuier ? 

2? Car frères , ie vueil bien que vous fâchiez ce fe- 
cret,afin que ne foyez fages en vous-mefmes : c'efc que 
il eft aduenu endurciiTement en Ifrael f en partie , iuf- 
qu'à ce que s la plénitude des Gentils foit entrée. 
16 Et ainfi tout Ifrael fera fauué : ainfi qu'il eft efcrit, 
* Celui qui fait deliurance viendra de Sion, &de- 
ftourneradelacob les h infidélités: 

Et aurout de par moi cefte alliance, '• C'eft quand 
i'ofterai de deflus eux leurs péchés, 

28 Ils font certes ennemis quant à PEuangile, à caufe 
de vous :mais ils fontbien-aimés quanta l'élection, 
à caufe des Pères. 

29 Car les dons& Ia.vocation de Dieu font i fans 
repentance. 

30 Car comme vousauez aufsi autresfois efté re- 
belles à Dieu,& maintenant vous auez obtenu miferi- I 
corde k par la rébellion de ceux-ci. 

31 Pareillement aufsi maintenant iceux ont efté re- 
belles, afin qu'eux aufsi obtienentmifericorde par la 
mifericorde qui vous a efté faite. 

Car Dieu a enclos 1 tous fous rebellion,afin qu'il 
fift mifericorde ■ à tous. 
5 3 O profondeur des richefTes,& de la fapience,&r de 

. k c. à l'occafion de leur rébellion. / c. rous les defcendans d'Adam. 



laco- 



A Y * RQMAI K_&. 



A91 



r-aîTSu. et" 
ui lui plaift 
crerminer 
de les créatu- 
res. 

fap.9.11. 
" Job 4i.î. 
/> aflau. leco- 
ieil fècret du 
Seigneur que 
"1 retient par 
deuers foi. 

ou, prie. 
d c. vos per- 
fonnes entiè- 
res , & que 
vciire con- 
uerfation ex- 
térieure le . 
demonftre 
expreiTémct. 
*Efbe. S .i 7 

ibef.4.1. 

c. fe mon- 
trant vraye- 
ment refta- 
bli en vne 
vie Ipirituel- 
le: ce qui 
peut auoiref- 
gard tant aux 
facrifices de 
la Loy, lef- 
quels fe fai- 
fans de bertes 
efgorgees 
ucuoyentccf- 
fer , comme à 
leur vie pat 
fee qui nete- 
noit que de 
la mort fpiri- 
tuclle. 

■£ \.[or. 12. 
1 



la cognoiffance de Dieu ! que a fes iugemens font in- 
comprehenfibles,& fes voyes impofsibles à trouuer! 

34 Car * <juieit-ce quiacognu b la penfèe du Sei- 
gneur ? ou qui a eité Ton confeiller ? 

35 '• Ouquieit-cequiluiadonnélepremier,&illui 
fera rendu ? 

36 Car de lui, & par lui, & pour lui font toutes cho 
fes : à lui ioit gloire eternellement,Amen. 

c h ap. x 1 r. 

Snfeignemens touchant le vrai exercice delà foy y tant en la 
pieté entiers Dieu^u'en la charité entiers le prochain , en 
toutes occafions & vocations. 



exhorte donc frères , par les compafsios 

en fa- 
vote 



1 tEvous 

•■■de Dieu, que vous prefentiez d vos corps en fa 
crifice e viuant, fainct, plaifant à Dieu, quieft f vote 
railbnnable feruice. 

Et ne vous conformez point à ce prefent /îecle, 
mais foyez transformés par le renouuellement de vo- 
ftre entendement, * afin que vous efprouuiez quelle 
eftla volonté de Dieu, bonne, &plaifante & g par 
faite. 

Or h par la grâce qui m'eit donnée , ie di à chacun 
Centre vous que nulneprefume d'eirre fage pardef- 
fus ce qu'il faut eltre fage: mais qu'il foit fage à fobrie 
té , t félon que Dieu a départi à chacun la ' l mefure 
de foy. 

4 Car comme nousauons plufîeurs membres envn 
feul corps, & tous les membres n'ont pas vne mef- 
me opération: 

5 Ainfî nous qui fommes plufîeurs , fommes vn feu 
corps en Chriir : & vn chacun en fon endroit mem- 
bres l'vn de Tautre. 

6 Or comme ainfî foit que nous ayons dons diffe 
rens félon la grâce qui nous cil donnée: (bit pro 



I. epbef 



4.7. 

/ c. le pur 
feruice que 
vous dt-iiez 
rendre à Dieu 
en e.'prit & 
vérité, vous tenans affranchis des cérémonies extérieures ordonnées en la Loy. g ou,ac 
complic : aflau.entant qu'e n la doctrine de l'Euangilc nous suions 1 entier accomp'iiTemenc 
«le ce qui eftoit requis pour nolhe plein reftabliflement en Icfus Chriir, & par conséquent 
vncfurnTanteiniViUiftiondetouslesdeuoi.sùe pieté, h aflau.fuiuantnu charge cklinftru- 



Aion que i'en ai receue du Seigneur, 
ticuliçrcs &diftuufcs. 



Il ferublc auoirefgaidaux dons & 

Ç_Q 



0. à :10m par- 



10* 



« c.enrappor 
tant toute la 
doctrine quô 

Fropo e en 
Eglife aux 
poincts fon- 
damentaux de 
la vérité du 
Seigneur cô- 
prife au fym- 
boledesÂpo- 
ftres. 

h c. en y vac- 

quant fbi- 

gneufement 

pour l'edifica- 

tion de 1E- 

glife. 

"•' 2.Cokç.j. 

* lAmos 5. 

^ephef.4.1, 
heb.11.11. 
pier.i.rz.& 
2.17. 

* Plnlip.4. 
4 i.tbefy.16 

* L«c 18.1. 
*l.Cor.i6.i 
'•• Hei.il. i. 
Ipier.4 9. 

1 Pf.isi.t. 
"Prou. z.j. 
tfa. s.zi.fui 

II. 2Ç. 

"v Prou. 20. 

22. >».«.£. 
39.1. f7<?.? 9 
^•a.Cor.8. 
ai. 

* Heb.u.14 
'■' Mai. 5.35 . 
54 D«<r. 32. 

3o.. 



PISTRE S. P A VI 



?heùe,propbeti%o?is a félon 1 analogie de la rbyr 

7 * Soit miniltere, que ce [oit b en adminiirration : foi 

que quelcun enièigne,^- 'il donne enleig- i orient ; 

Soit que quelcun exhorte, que cejoii en exhortatio 
foit que quelcun diihibue , qu'il le face en iimplic ité 
foit que quelcun c preUde^/Yte face foigneufemét; 
foit que quelcun exerce mifericorde , qu'il le face 
îoveufcment. 

Qjue la charité foit fans feintife. x Ayez en hor 
reur le mahvous tenans collés au bien : 
10 * Enclins par charité fraternelle à monftrer affe- 
ction l'vn enuers l'autre : " d preuenans I'vn l'autre par 
honneur. 

ii Non parefTeux à vous employer pour autrui : fer 
uansd'efpritrferuans e au Seigneur, 
ii * Ioyeux en efperance: patiens en tribuîation: 
* perfeueransenoraifon. 

1 3 * Cômuniquans aux necefsite's des fain&s : pour- 
chaffans hofpitalité. 

4 v Béniriez ceux qui vous perfecutent.-benifièz- 
les,& ne les maudiffez point. 

i? Soyez en ioye auec ceux f qui font en ioye : St 
foyez en pleur auec ceux s qui font en pîeur 
\6 * Ayans vn mefme fentiment les vns enuers les 
autres :t n'affedhns point chofes hautes .-mais vous 
accommodans aux chofes baffes. " Ne foyez point 
fages en vous-mefmes. 

17 * Ne rendez à perfonne mal pour mal. * Pour 
chaffez choies honneftes deuant tous hommes. 

18 * S'il fe peut faire , entant qu'en vous eit, ayez 
paix auec tous hommes. 

19 " Ne vous vengez point vous-mefmes , mes bien- 
aimés: mais h donnez lieu à l'ire, car il eir efcrit, * A 
moi appartient la vengeance : ie te rendrai, dit le Sei- 
gneur. 

20 * Si donc ton ennemi a faimrdonne lui à manger: 
s'il a foif,donne lui à boire . cir en ce faifant tu lui af- 
fembleras charbons de feu fur fa teite. 

■tPro.îç.21 

c afla.àla côdkite des affaires de l'Eglife. d c reputans touiîoiirs autrui plus que foi-me£ 

me « ou, au teps:c. prenans occafîon du temps de môftrerPœiui'-e de Dieu en vous, f c. 

3 ni ont quelque repos en leur particulier, g cqui font en quelque codition qui'< 
e gémir en leur particulier, h c.laùfez faire àDieu,&vororçmettezàliû,fans v 
emporter à aucune impatience. 



es côtra nt 
eus huiler 



il Ne fois point a furmonté du mal : mais furmonte 
le mal par le bien. 



A V X KOMAIKS. 



4°J 



C H A P. XIII. 



« ce qui ad- 
uient vraye- 
mcnt quand 
on fe laifle 
tranfportcr, i 
la vengeance 
n'y ayant au 
cunplus vain 
eu que l'im- 
patient. 
* Tite$.l.im 
pier.i.i^. 
v Sap.6.4 

b afïau. pour 
en auoir 
frayeur: & 
ainficonfe- 
quemment. 
c c. feras dj. 
gne mefme 
d'honneur 
enuers iccl- 
le : afia. félon 
l'ancien vfi- 
ce , auquel 
le! 



enfeiçnemcnt touchant le deuoirdes (lyrcffiem enuers les ma- 
gikrats ytion feulement pour tordre extérieur, mais aujii 
pour la conjc ience : 8 item touchant ^exercice continuel 
de charité, laquelle cft ï accompli ffement de la Loy. 

1 * /^v Ve toute perfonne foitfuiette aux puifTan- 
V^ ces fuperieilres : "•' car il n'y a point de puif- 
fancefinondepar Dieu :&r les puiflances qui font en 
eftat,font ordonnées de Dieu. 
1 Parquoi qui refilte à 1 a puiiTance, refilte àl'ordon 
nanceaeDieu: &rceux qui y refirent, feront venir 
condamnation fur eux-mefmes. 

3 Car les princes ne font point b à craindre pour bon 
nés œuures, mais pour mauuaifes. Or veux tu nej 
craindre point lapunTance ? fai bien, & c tu receuras J* ^" c ° u r n * 
louange aicelle. eftoyent re- 

4 Car le prime eft feruiteur de Dieu pour ton bien. <;°g m,s - 

• r c ' 1 J» j*i . « c« pour u 

mais 11 tu fais mal crain : d autant qu 11 ne porte point 
l'efpee fans caufe : car il eft feruiteur de Dieu, ordôné 
pour faire iuftice en ire, de celui qui fait mal. 

Et pourtant il faut eftre fuiets , non point feulemét 
d pourl J ire,mais aufsi e pourlaconfcience 
6 Car pour celte caufe aufsi payez-vous les tributs: 
d'autant qu'iceux font miniftres de Dieu f s'employas 
à cela. 

* Rendez donc à tons ce qui leur eft deu : à qui tri 
but,le tribut: à qui péage, le péage : à qui crainte, la 
crainte : à qui honneur,! J honneur 

8 Ne deuez rien à perfonne, s fmon que vous aimiez 
l'vn l'autre : car qui aime autrui,il h a accompli la 
Loy. 

9 Car ce quiefldit y * Tu ne commettras point adultè- 
re: Tu ne tueras point: Tu nedefrobberaspoint:Tu 
ne diras point faux tefmoignage: Tune conuoiteras 

ie"t. e\î8. 
alla pource que la dile ction cft vne dette qu'on doit deïïrer de deuoir ce ntintiellcman.c, 
b c. en a atteint le vrai but fclonla mefure de la grâce du Seigneur. 

Ce ij 



crainte de 
punition. 

* c. pour la 
crainte qui 
eft deuë* à 
Dieu mefme 
àcau r c defon 
ordonnance. 

* Matt. 12. 
ai. 

f c. ordon. 
nés pour fe 
employer à 
cela : affau. 
pour confer- 
uerl'efbrde 
la focietc bu- 
maineparh 
protection 
desbons,& 
punition de* 
mauuais. 

•î:£a 04.24. 
4 



■ 



4P4 



Epistre S. pavjç. 



point :& s il y a quelque autre commandement; eft 
fommairement comprins en ce poinà ici, affàuoir. 
Unit. x 9 . Tu aimeras ton prochain comme toi-mefme. 
imanzz. 10 La chanté ne fait pomt de mal au prochain -'Tac^ 
39-™rciz. complément donc de la Loyc'eft charité 
ïaffî: 1 *' l l Moment ; veu lafaifon , ajfauoir qu'il eft ia 
v lTim.i. s f en ?f s <* e n °us refueilier du fommeil : car maintenant 
«air a . fumant lefahit eftplus près de nous, que lors que nousa- 

Baduercjflc- uonS CreU. 
ient du ver. . T . rt ' .* __ 

j, 12 La nuiûeftpaflèe, & le iour eft approché : re- 

lufvSf • te" s ,^ le i? Llures de ten ebres, & foyons reue- 

oy fe doit 
monftrerplus 
aduacee main 
tenant qu'en 
fcs premiers 
commencc- 
mens. 
*i.TheJf. $ . 



•îrLwczr.34 
~ Gai. 5 .i6 
i. pier. t. ii. 
•: aff.le temps 
denoftrei- 
gnorance. 

ou, au re- 
gard de Tes 
conuoicifes. 

c. qui neft 
fî pleinement 
informé com- 
me il feroip 
requis en la 
cognoiflance 
<lu droit de 

liberté que 
lefus Chrift 
nous a acqui- 
fe touchant 
aftridtion 
des chofes 
extérieures, 
portée par la 
Loy. 

/ c ne faites 
difficulté en ' 



ftus des armes de lumière 

* Cheminons honneftement corne de iour-* non 
point en gourmadifes, ni en yurongneries : non point 
en couches , ni en infolences ; non point en noife , ni 
enenuie. 

14 Mais foyez reueftus du Seigneur lefus Ohrift, & 
n'ayez point foin de la chair * pour accomplir fcs 
conuoitjfes. 

Chap. xiii r. 
£n feigne mens touchant le deuoir mutuel de ceux qui font plus 
ou moins aduancés en la cognoiflance de l'vfage de la liberté > 
Cbrcsliene : 10 afin qu'ayans tous à comparoir deuant I 
Jefm Cbritt , nous puifions rendre conte de noftre con- \ 
uerfation. 

OR quant à celui qui eft e débile en foy, f re- 
ceuez-le à vous, mais non point en débats de 
difputes. 

2 L'vn croit qu'on peut manger s de toutes chofes, & 
l'autre qui eft débile h mange des herbes. 

3 Celui i qui mange , qu'il ne mefprife celui qui ne 
mange point : & celui qui ne mange point,qu'il ne iu- 
ge point celui qui mange. Car Dieu k l'a prins à foi. 

4 * Qui es-tu 1 toi,quiiugesleferuiteur d'autrui? 
il le tient ferme ou tresbuche à fon propre Seigneur, 
mefmement fera-il affermi : car Dieu eft puiflant pour 
l'affermir. 



toute frater- _i, 

nitéde communiquer auec lui. g afla.pour le regard delà liberté de confeienee. *> c. s'ab- 
itient des viandes mcfmes ordinaircs-pluftoft que de manger quelque chofe défendue. 
2 c. qui a ce don de fauoir qu'il peut vfer librement de toutes choies, k c. luia donnétef- 
tnoignagç qiuH'apptQuijoiv. / c, qui prefiimes dçta liberté pour iuger outre ta condi- 
tion. 



AVX ROMAINS. 



40? 



ra f fi d e c e 
qu'il en doit 
fentir en foi 
m afin c , fans 
'empefeher 
beaucoup du 
fentiment 
ci autrui. 
b aflT. rappor- 
tant Ton fait « 
ce qu'il peiu 
entendre c- 
ftre fclon 
Dieu , & ce 
fuiuant la 
Loy. 
c afl. d autal 



5 LVn eftime vn iour plus que l'autre,& l'autre eftime 
chaque iour efgalement : quVn chacun foit pleine- 
ment refolu a en fon entendement. 

6 Celui qui a efgard au iour., il y a efgard b au Sei- 
gneur , & qui n'a point d'efgard au iour, il n'y a point 
d'efgard' au Seigneur, Qui mange, il mange au Sei 
gneur : car il en rend grâces a Dieu : & qui ne mange 
point,il ne mange point au Seigneur, & d en réd gra 
ces à Dieu. 

7 Car nul de nous ne vit à foi , & nul ne meurt à 
foi. 

_. - .. . "*-■•'• *"' u ««niai 

8 Car foit que nous viuions, nous viuons au Sei- quïi eft bien 
eneur : ou foit que nous mourions, nous mourons au j nf 2 inié <3 ue 

fc . . 1 1 • • r • ie Seigneur ; 

Seigneur. Soit donc que nous viuions, foit que nous abo!i y es cc . 
mourions, nous fommes au Seigneur. remontes de 

9 Car pour cela Chriltertmort,&eltreffufcité,&elï^^' cft 
retourné à vie : afin qu'il ait feigneurie tant fur les] néanmoins 
morts que fur les viuans. 

10 Mais toi, pourquoi iuges-tu ton frère Pou toiauf- 
fi,pourquoi mefprifes-tu ton frère ? * certes nous cô- 
paroiftrons tous deuant le fiege iudicial de Chriil 

1 1 Car il eft eferit, v le fuis viuant , dit le Seigneur 
que tout genouilfe ployera deuant moi, & toute lan- 
gue donnera louange à Dieu. 

12 Parainfî donevn chacun de nous rendra conte 
pour foi-mefme à Dieu. 

13 Ne iugeons plus donc l'vn l'autre: mais vfez plu 
ftoft de iugement en cela , de ne mettre aucun achop 
pement ou tresbuchement deuant voflre frère. 

14 le fai & fuisperfuadé parle Seigneur Iefus^que 
rien n'eft fouillé de foi-mefme :fînon à celui qui efti 
me quelque chofeeftre fouillée, elle lui eft fouillée. 

15 Mais fî ton frère eft contrifté pour la viande, tu ne 
chemines plus félon charité,* ne deftrui point pour 
ta viande celui pour lequel Chrift eft mort. 

16 Que donc voftre c bien ne foit point blafmé. 

17 Car f le royaume de Dieu sn'eft point viande 
ne breuuage : mais eft iuftice,paix,& ioyepar le S. 
Eiprit. 

1 8 Car qui en cela fert à Chrift , eft agréable à Dieu, 
& eft approuué h des hommes. 
, Cc iij 



Seigneur felc 
le tefmoign. 
ge de ù. côh 
feience. 
*2.Cor.<;.iQ 

plnl.2.10. 
e c. lYfage 
extérieur de 
Fa/Franchifle- 
met que vous 
reffentez en 
vous-memics 
que Icfus 
Chrift vous 
acquis. 
/ a<Fa. levray 
v/jgc oui 

!>rorcfsion de 
a grâce du 
Seigneur. 
*x.Cor.2.iz 
g c.negiftpas 
propremet en 
aucune obfcr 
nation de tel- 
les chofes ex- 
térieures 
four y eftablfr 
e feruice de 
Dieu. 
b afT.des fidè- 
les ayis bônç 
confçiencç. 






\06 



tlt.trtf. 

aflau.en el- 
les mcfmes & 
de leur natu- 
re. 

vi.Cor.S.xi 
h c. en fai- 
iânt chopper 
vne autre par 
l'exemple 



Ep îTt r E~" $7" P A V L 



19 Pourchalibns donc les chofes qui font de pâlxT^c: 
qui font d'édification mutuelle. 

20 Ne ruine point l'œuure de Dieu pour la viande : 
* vrai eft que toutes chofes font a nettes: mais il y a 
mal pour l'homme qui mange auec b achoppement. 

21 'Ml eft bon de ne manger chair,& de ne boire vin, 
ne faire chofe 5 en quoi ton frère choppe, ou fe fcanda- 
Iize,oufoit débilité. 

2.2, c As tu foy ? aye la en toi-mefme deuant Dieu: 
bien-heureux eft celui qui ne fe iuge point foi-mefme 

ïndifcretquc U n ce d qu'il approuue. 

23 Mais celui qui en fait fcrupule, il eft condamné, 
S'ilen mange : car il n'enmange point par foy; or e tout 
ce qui n'eft point de foy eft péché. 



ou, Tu as 
la foy : affau. 
touchant la 
liberté Chre- 
fliene dont 
îl ne faut 
vferfinon à 
édification. 
d c. qu'il e- 
ftime eftre 
fait en bonne 
confeience. 
* c. tour ce 
qui n'eft 
point fait a- 
«ec vne cer- 
taine cognoif 
fance que 
Dieu le veut 
ainfi. 



*Pf6 9 . 10 
/ c. ie les ai 
ienties fur 
Jnoi,cor/une 
iî elle s euf- 
lent efté iet- 
tees à Tencô 
*re de moi. 
g c. quel'EÉ 
criture nous 
donne. 
*S«j 12.16 
J.cor.1.10. 
fhtl. 3.1c». 
A c. qui eft 
la fourec de 
patience & 
de toute ver 
tu. 



C H A P. XV. 

<Aduertiffement touchant le deuoir des mieux instruits cnuers 
tes /bibles, en l'vfage des chofes indifférentes : 8 Hem tou 
chant le fondement de la vocation tant des Juifs que des 
Gentils, 1$ la charge & deuoir de l'ApoSire , 25 & le 
voyage qu'il deuoh faire en Jerufalempoury porter les an- 
mofnes des Eglifes de Macedone & Achaïe. 

1 /~X R deuons-nous, nous qui fommes forts , fup- 
yj porteries infirmités des foibles,& non point 

complaire à nous-mefmes. 

2 Pourtant quVn chacun de nous complaife à fon 
prochain en bien pour édification. 

3 Car aufsi Chriftn'a pointvoulu complaire à foi- 
mefme .-mais ainfi qu'il eft eferit, * Les reproches de 
ceux qui te font reproches (ont tombés f fur moi. 

4 Car toutes les chofes qui ont efté auparauant eferi- 
tes s ont efté e'fcrites pour noftre endocîrinementrafin 
que par patience &confolation s des Efcntures nous 
ayons efperance. 

5 Or le Dieu h de patience & confolation * vous 
doint fentir vne mefme chofe entre vous félon Iefus 
Chrift: 

6 Afin que tous d'vn courage , & dVne bouche 
vous glorifiez le Dieu, & Père de noftre Seigneur 
Iefus Chrift. 



AVX ROMAINS. 42Z 

Araifon de quoireceuezlvnl'autrccommeaufsi 
Chriit. nous a receus à loi à 1j gloire de Dieu. 

8 Or iedique lefus Chriit a eiré minilrre de laCir- 
conciiîon , pour !a vente de Dieu, afin de ratifier ' les 
promeiTes faites aux Pères : 

9 Ex. pour faire que les Gentils honorent Dieu pour 
fi mifericorde : félon qu'il eit elcrit, * Pour ceire cau- 
fe ie te donnerai louante entre les Gentils, & pfalmo- 
dierai à ton nom. 

10 Et derechef il dit, Gentils, eiîouiiïèz-vous auec 
fon peuple. 

ii Et derechef, H Toutes nations, louez le Seigneur, 
& vous tous peuples,celebrez-le. 
1* Et derechef Efaie dit, t II y auravne racine de 
Ielîcs&r vn qui s'efleuera pour gouuerner les Gentils : 
les Gentils auront efperance en lui. 

1 3 Le Dieu d'efperance donc vous vueille remplir de 
toute ioye,&: de paix,en croyant: afin que vous abon 
diez en efperance par la puifïance du S.Efprit. 

14 Ormes frères , ie fuis aufsi moi mefme perfuadé 
de vous,que vous aufsi eftes pleins de bonté , remplis 
de toute cognoiffance,& que vous pouuez mefmes 
admonneiterl'vn l'autre. 

15 Mais, frères, ie vous ai efcrit en quelque forte 
b plus librementjcomme vous remettant en mémoire, 
&ceàcaufedelagracequim'aeftédonnee de Dieu: 

16 Afin que ie foyeminiitre de lefus Chriit enuers 
les Gentils, c vacquant au facrificede l'Euangile de 
Dieu : à ce que Toblation d des Gentils foit agréa 
ble, eftant fan&ifiee par le S. Efprit. 

17 l'ai donc dequoi me glorifier en lefus Chriit. es 
chofes qui appartienent à Dieu. 

18 Car ierfoferoye rien dire que Chriit n'ait fait par 
moi pour amener les Gentils à obeifîance, par parole, 
&par œuure: 

19 Auec vertu de fignes & miracles, en la puifîance 
del'Efpritde Dieu; tellement que depuis Ierufalem 
& à I'enuiron iufqu'en e Tlllyric, f i'ai fait abonder 
TEuangile de Chriit. 
ao M'eftudiant ainfi affe&ueufement d'annoncer 
Ce iiij 



« Gr.lespro 
méfies des 
pères. 

* i.Sam.zz 

*/y:ii7.i. 

t ?/«.ii.x ( 
& 10. 



* Gr. p!»s 
hardiment. 
c c. m em- 
ployant en 

la predfcario 
de 1 Fuangi- 
le, comme fî 
parle moyen 
de Ton mini- 
ftere les Na- 
tions eftoy- 
ent offertes 
en Tacrificc 
à Dieu en 
l'obeiffance 
de la foy. 
à afTau. du 
corps des 
nations que 
le Seigneur 
appelé à fa 
cognoiffance 
par mon mi- 
nifiere. 

* appelé 
maintenant 
Sclauonie. 

/ ou, i'ai ac- 
compli le 
miniftere de 
1 Euangilçd* 
Chrift. 



4 o 8 



PISTRE S. PAVL 



*£/i.52.iy. 
"Sut I.ÏJ 

tbef.i.ij. 
a alfa, comme 
eftans ia fou 
dés & édifiés 
«Tailleurs. 
34 £*« i.ir. 
i aflau. pour 
Remployer 
«le nouueau 
à fonder quel 
«que Eglife. 
£ Gr. faire 
quelque com- 
munion aux 
poures. 
%i.Cor.l6. 
3.4. 
" i.Or.^.ïi 

14. 

à afTa. comme 
du reuenude 
îa foy que les 
fidèles delu- 
dee ont com- 
muniquée les 
premiers aux 
Gentils. 

aflau. vous 
-apportant 
toute bénédi- 
ction , ou 
vous trouuat 
tous remplis 
de la bénédi- 
ction de TE- 
uangiïe. 
f ou, prie. 
* i.Or.2. 
11. 

g afla. entant 
que ccdeuoit 
c/tre vne co. 
munication 
de la mefme 
fraternité des 
deux nations 
par vne occa- 
sion fi remar- 
quable. 



l'Euangile, non point où ilauoit efté fait mention de 
Chrift ( afin que ie n'edifiaffe fur la fondation d'au- 
trui:) 

21 Ainfî félon qu'il eftefcrit,* Ceux aufquels il n'a 
point efté annoncé de lui,le verront : & ceux qui n'en 
ont rien ouï , l'entendront. 

22 Parquoi aufsi " i'ai efté fouuentesfois empefché 
de venir vers a vous. 

23 Mais maintenant , veu que ie n'ai plus b de lieu en 
ces quartiers ici, & * queiaparplufîeurs années i'ai 
grand defir de venir à vous: 

24 Quand ie partirai pour aller en Efpagne,ie vien- 
drai vers vous : car i'efpere que ie vous verrai en paf- 
fant par deuers vous, & ferai là conduit de par vous, 
après auoir elle premièrement en partie ralTafié d'a- 
uoir efté auec vous. 

2 $ Mais pour le prefent ie m'en vai en Ierufalem pour 
fubueniraux faindts.. 

26 Car * il a femblé bon aux Macédoniens & aux 
Àchaïens de c faire vne contribution pour commu- 
niquer aux poures d'entre les faincts qui font en Ieru- 
falem. 

27 Car il leur a femblé bon ainiî, & aufsi font-ils at- 
tenus à eux. Car " fi les Gentils ont efté participans 
de leurs biens Spirituels , ils leur doiuent aufsi admi- 
nistrer quant aux charnels. 

Apres donc que i'aurai paracheué cela,& que 
i'aurai configné ce d fruict,i'irai enpaffant par deuers 
vousenEfpagne. 

19 Et fai que quand ie viendrai à vous , i'y viendrai 
auec abondance de bénédiction de l'Euangile de 
Chrift. 

30 Or ie vous f exhorte, frères, par noftre Seigneur 
Iefus Chrift, & par la dile&ion de PEfprit, * que vous 
combatiez auec moi , en vos prières à Dieu pour moi: 

31 Afin queie foyedeliurédes rebelles qui font en 
îudee : &' que mon adminiftration que i'ai à faire en 
[erufalem,s foit rendue agréable aux faindts : 

3 2 A celle fin que ie viene à vous en ioye par la volo- 
té.de Dieu,& que ie me recrée auec vous. . 



AVX ROMAINS. 



4O3 



33 Or le Dieu de paix/b'f auec vous tous, Amen 

C H A P. XVI. 

Tjtgçommandatiûns de tdpoftre &dc ceux qui ejloyent auec 
lui aux fidèles de^ome^ 17 auecvn aduertîjjbncnl de fe 
garder desfchifmcs & fcandales. z 5 fie m vne action de 
grâces folennelle , auec une exhortation àperfeuerer en h 
foy. 

1 T E vous recommande noirre fœur Phebe, laquei 
X le eil a feruante de l'Eglife de Cenchree- 

2 Afin que vous la recueillez au Seigneur , comme ï. 
appartient auxfainéts 3 & que lui afsiftiez en toute 
chofe qu'elle aurabefoin de vousxar elle a elle hoitef- 
fe de pfufieurs,voire de moi-mefme. 

2 Saluez * Prifcille & Aquiie mes compagnôs d'œu- 
ure en Iefus Chrift? 

4 Qui ont fubmis leur col pour ma vie:aufquels ie ne 
ren point grâces moifeul, mais aufsi toutes les Egli 
fes des Gentils. 

5 Saluez aufsi l'Eglife qui eft en leur maifon. Saluez 
Épainete mô bien-aimé,qui eft les prémices d'Achaïe 
en Chrift. 

6 Saluez Marie, laquelle a fort trauaillé enuers nous. 

7 Saluez Andronique&Iunias mes coufins, & qui 
ont elle prifonniers auec moi, lefquels font notables 
b entre les Apoltres & qui mefmes ont efté deuant moi 
en Chriit. 

8 Saluez Amplias mon bien-aimé au Seigneur. 

9 Saluez Vrbain noirre compagnon d'œuure en 
Chrift, & Stachys mon bien-aimé. 

I o Saluez Appelles approuué en Chrift. Saluez ceux 
de chez Arilrobule. 

II Saluez Herodion mon coufîn. Saluez ceux de 
chez NarcifTe, qui font en noftre Seigneur. 
iz Saluez Thryphene & Thryphofe, lefquelîes tra- 
uaillent en noftre Seigneur. Saluez Perfide la bien ai* 
mee , laquelle a beaucoup trauaillé en noftre Seigneur, 

13 Saluez Rufus eileuau Seigneur, & fa mère & la 
miene. 

14 Saluez Afyncrite,PhIegon,Hermas, Patrobas, 
Hermes,& les frères qui font auec eux. 
} s Saluez Philologue, & Iulie, Neree , & fa fœur , & 



nifTc:afla. en- 
tant que les 
femmes n'e- 
ftoyentfàns 
exercice ou 
vacariô pour 
lcferuicedcs 
fidèles en TE- 
glife félon 
leur condi- 
tion. 

& 20. 



b foit qu% 
fulfent Euan- 
gcliftes, lef 
quels font 
quelqucsfoi'î 
ornés de ce 
titre d'Apo- 
ftre,foitqu ils 
fuflent fami- 
lierementco- 
gnus entre 
les princi- 
paux Apo- 
ftres. 



4 io 



EPISTRE S. PAVt ÀVX ROM. 



« ou,01ym 
pas. 

l.Cor.16 
20.2.cor.i$ 
11. t. fier 5 

M- 

ft affàu. félon 
f vfàge des 
Orientaux en 
tefmbignage 
<Tvrie intime 
amitié. 
'•* 2. Iefoz». 

10. 

ou , prie. 

Gr. bene 
dirions :co 
meqtu'diroit 
louanges,ou, 
louluits & 
prières en- 
uers Dieu. 



*jf3.x6.i. 

pkll.l.iç. 



oiijlerccc- 
ueur. 
/ c.duquella 
prédication 
sn'eftcomrùi 
fe par le Sei- 
gneur. 
* Sfhef.i 

20. 

g Gr des les 
temps éter- 
nels, ou des 
fiecles. 
" Zyhef.% .o. 
(0L1.26.Z. 
tim.i.g. tue 

f.2. 

<f" i.Pier. 1. 
20. 



& ou s diaço- 
niûc. 



Olympe, & tous les fiiincls qui font auec eux. 

16 * Saluez- Vous Tvn l'autre par b vn fainct baifer.Les 
Eglifes vousfaluent. 

17 Or ie vous c exhorte, frères, que vous preniez 
garde à ceux qui font partialités &: fqmdales contre 
la doctrine que vous auez apprinfe : & Vous deftour- 
niez d'eux. 

iS Car ceux qui font tels, neferuent point à noftre 
Seigneur Iefus Chrift, mais à leur propre ventre : & 
par douces paroles & d flatteries feduifent les cœurs 
des fimples. 

19 Car voitre obeiflance'eft paruenue à la cognoif- 
fance de tous: ie m'efioui donc de vous: mais ie defire 
que vous foyez fages quant au bien , & fimples quant 
au mal. 

20 Or le Dieu de paix briferadebriefSatandefîous 
vos pieds. La grâce de noftre Seigneur Iefus Chriil 
[oit auec vous, Amen. 

zi * Timothee mon compagnon d'œuure vous fa- 
lue,& Lucius, & Iafon, & Sofipater mes coufins. 

22 (Moi Tertius qui a elle l'eferiuain de celle Epifire, 
vous iàluè' en noftre Seigneur.) 

23 Gaius mon hotte, & de toute l'EgIifè,vousfaIue. 
Erâile fi le procureur de la ville vous iaîuë,& Quartus 
noftre frère. 

24 La grâce de noftre Seigneur Iefus Chriil foit auec 
vous tous, Amen. 

25 t Or à celui qui eft puifTant pour vous affermir fé- 
lon f mon Euangile, & [don la prédication de Iefus 
Chrift, fui uant la reuelation du fecret '' qui a elle teu 
sdéslestempsiadis: 

16 * Mais maintenant manifefté : & donné à cognoi- 
itre par les Efcritures des Prophètes , fuiuant le man- 
dement du Dieu Eternel , afin qu'il y ait obeiffance de 
foy parmi toutes nations: 

27 A Dieu feulfage,/*?// gloire à tout iamais , par Ie- 
fus Chriit, Amen. 

Efirite de forinthe aux Komains^par Vhebe h fer- 
mante de l'Sglife de Cencbree. 




PREMIERE EPISTRE 



DES. PAVL APOSTRE 

aux Corinthiens, 



C H A P. I. 



+Acl : on de grâces touchant les dons du S. Efprit entiers les Co- 
rinthiens , i o auec vne reprehenfwn des partialités qui 
regnoyent parmi eux, iy & vne déclaration de la vaine 
vantance des hommes aux chofes de ce Monde y i6 & au 
contraire de ce en quoi proprement fe doiuent glorifier les 
fidèles. 




Avl appelé à eftre Apoftre de Te- 
fus Chrift., par !a volonté de Dieu, 
& le frère Softhenes: 
A l'Eglife de Dieu quieften Co- 
rinthe , * aux fanctifiés en Iefus 
Chrift , '•' qui elles appelés à eftre 
faincts^auec tous ceux * uui inuo- 

quent le Nom de noftre Seigneur Iefus Chriit,en tout 

lieu , Seigneur d'eux & nous: 

3 Grâce vous foit, & paix de par Dieu noftre Père, & 
de par le Seigneurlefus Chrift. 

4 le ren toujours grâces à mô Dieu à caufe de vous, 
touchant la grâce de Dieu qui vous eft donnée en Ie- 
fus Chrift. 

* De ce qu'en toutes chofes vous eftes enrichis en 
lui , en tout don de parole & en toute cognoiffance: 

6 Selon que le tefmoignage de Iefus Chrift a aefté 
conferméenvous: 

7 Tellement qu'il ne vous défaut aucun don , ■ cepé- 



*«*#.! 5.9 
i.thefa.j. 
'•"Koot.i. 17. 
ephe.x.x.col, 
1.22.2. 11m. 
1.9. 

* i.Twi. 2. 
22. 
■fCo/.I.IO. 

* afla. par Je 
miniftere de 
fâ parole , &. 
par lesgrands 
dons fpi ri- 
tuels ijui Tôt 
accompagné 
entre vous. 
■P/w/.j.iO. 
m.2.23. 



'-Sfa.i9.i4- 
*£/Â3j.i8. 



* c. pour ca- 
thechizer & 



aii I. Kpistke s. pavi 

dant que vous attédez la manifèftation de noftre Sei- 
gneur Iefus Chrift. 

8 * Lequel aufsi vous affermira iufqu'à la fin, pour e- 
ftre irreprehenfibles en la iournee de noftre Seigneur 
Iefus Chrift. 

9- " Dieu eft fidèle par lequel vous auez efté appele's à 
la communion de fon fils Iefus Chrift noftre Sei- 
gneur. 

10 Or ie vous a prie, frères, par le Nom de noftre Sei- 
gneur Iefus Chrift , * que vous parliez tous vn mefme 
langage,&qu'il n'y ait point de b partialité entre vous: 
ains que vous foyez bien ynis en vn mefme fens , & en 
vn mefme aduis. 

1 1 Calmes frères, il m'a elle déclaré touchant vous 
par ceux qui font de chez Chloé, qu'il y a des conten- 
tions entre vous. 

ii Or voici que ie di , * c'ett quVn chacun de vous 
dit,De moi,ie fuis de Paul:& de moi," d'Apoilos:& de 
moi,de Cephas: c &de moi de Chrift. 
13 Chrift eft-il diuifé ? Paul a il efté crucifié pour 
vous? ou auez-vous efté baptizés d au nom de Paul? 
ï4 le ren grâces à Dieu que ie n'ai baptizé aucun 
d'entre vous, finon * Crifpus & Gaius*. 
1? Afinquequelcunnedie que i'aye baptizé en mon 
nom. 

16 l'ai bien aufsi baptizé la famille de Stephanas , au 
furplus ie ne fai fi i'ai baptizé quelque autre. 

17 Car Chrift ne m'a point enuoyé c pour baptizer, 
mais pour euangelizer : * non point auec fàgefïè de 
parole, afin que la croix de Chrift ne foit anéantie. 
1 S Car f à ceux qui periffent la parole de la. croix leur 
eftfo!ie:mais * à nous qui obtenons falut , elle eft ver- 



*t.Thefi 

■-■ i.Tbeffl 5 , 
24. 

« ou, exhor- 
te. 

phil.$.i6. 
t> Gr. fchif- 
mes : & ainfi 
ordinaire- 
ment. 

•£ Sous 5.4. 
c ceci fe peut 
entendre ou 
des vrais fide- 
les,qui reco. 
gnoiftoyent 
tellement les 
ieruiteurs 
«ju'ils attri- 
buoyent tou- 
te glofre au 
Seigneur, ou 
fcien de quel- 
ques vns qui 
îiefaifans au- 
cun cas des 
pafteurs , fe 
renômoyent 
Simplement 
de Chrift:ou, 
mais moi,ie 
fuis de Chrift 

»^ta. 18. 
24. 

d affa. fur la 
foy que vous 
ayez en PauK 

&Sotts 2.1.4 
& 13.1. pie. 
1.16. 

*Rom.i.r6. tudeDieu. 



19 Car il efteferit, v l'abolirai la fapience des fages, 
& anéantirai l'intelligence des entendus. 

20 *Oùf/Hefage?oùç/He feribe? oùf/?lesdifputeur 
tkuiSe-t" ^e ce fîecle ? Dieu n'a-il pas affoli la fapience de ce 
ceux que le monde? r 

Seigneur ap- 
pelé à fa cogrloi{Tance,afîn de leur adminiftrer puis après le fâcrement du Baptefmc. / c.Ia 
doctrine dcî'Euangile de laquelle le feul fuiet eft Iefus Chrift crucifié: fous 2.2. g c. celui 
91Ù par beaucoup de côference & d'exercice s'eft acquis habitude de traittçr chofes hautes. 



AVX CORIWT HIEN S. 4 !^ 

1 1 Car depuis qu'en a la fapience 3e Dieu, le monde 

n'a point cognu Dieu par fapience, le bonplaifirde 
Dieu a elle de fauuer les croyâs b par la folie de la pré- 
dication 

,2 z Puis* que & les Iuifs demandét ligne Se les Grecs 
cerchent c fapience. 

2$ Mais quant à nous , nous prefehons Chrilt cruci 
fie, qui eit fcandale aux Iuifs, & folie aux Grecs. 

24 Mais à ceux qui font appelés tât Iuifs que Grecs, 
nous leur prefehons Chriir, ■' puiflance de Dieu,& fapien- 
ce de Dieu. 

25 Car d la folie de Dieu, eftplusfage queleshom 
mes;&la foibleffe de Dieu,eitplus forte que les hom- 
mes 

z6 Car,mes frères, e vous voyez voitre vocation, que 
vous n'eltes point beaucoup f defages félon la chair, 
ne beaucoup de forts,ne beaucoup de nobles 
27 Mais Dieu achoifileschofesfoles de ce monde, 



pour confondre les fages:& Dieu a choifi les chofes][^"? am * 

foibles de ce monde, pour rendre confufes les fortes 

28 Et Dieu a choifi les chofes viles de ce monde , & 

les mefprifees , voire celles s qui ne font point, afin 

h d'abolir celles qui font: 

20 Afin que nulle chair ne fe glorifie deuant lui. 

30 Or c'elt de lui que vous eites en Iefus Chriit , qui 
vous a elle fait de par Dieu** fapience,& iuftice,&fan 
ctification,&: rédemption: 

31 Afi n que (comme il elr eferit ) * celui qui fe glori 
fie,fe glorifie au Seigneur. 

G H A P. II. 

Déclaration de la manière tenue par r^pofire àprefeber FE 
ua'/igile, 7 fniuant la fapience céleste, que le S. Sfprit ,qui 
csi le vra,i douleur des ejleus de Dieujuî auoit reuelee. 

1 TJ T de moi , frères, quand ie fuis venu vers vous, 
•C* " ie n'y fuis point venu auec excellence de bien 



mefme con- 
traire à icelui 
félon fà vani- 
té. 

c c.vne do- 
ctrine fondée 
fur la fuffifan- 
cedu fens & 
raifon hu- 
maine. 
* 1er. 23.^ 
•fc 1er. 9. 24. 
i.cor.io.ij 
" Sus 1.17. 
2. pier. 1.16. 
d c.ce qu oa 
penferoit c- 
ftre folie, aie 
confidererair 
fens humain: 
fous 2.14. Ce 
font maniè- 
res de parler 
comme ex- 
ccfsiuespour 
recomman- 
der tant plus l'excellence delafagefle & vertu du Seigneur, e ou ,prene4 garde à vous 
qui e(tesappelcs,commevousne<tes,&c. / c. de ceux qui font en réputation particuliè- 
re de quelque grand fens félonie monde, g c. qui ne tienent nul rang » comme fi de fait 
elles neftoyenr point, h c. d'en faire cognoiftre la vanité quand elles font oppofeçs à U 
fagefie & vérité de Dieu qui reluit eul'Euangilc. 



* c.parlaco 
gnoiflance de 
fa vertu & 
bouté qu'il a 
toufiours de- 
monfiicc 
aux hommes 
en Ces créatu- 
res, fi abufans 
delà raifon 
& intelligen- 
ce qui leur e- 
fioit reftec, 
ils ne fe fuf- 
fét efuanouis 
en leurs dif- 
cours. 
Mat f. 11 

R0M.1.16. 
l> c. comme 
par la voye la 
plus efloi- 
gnee du fens 



AH 



S TRE S. PAYt 



parler ou~3e fapience 3 en vous annonçant le tefmoi- 
gnage de Dieu. 

2 Car ie n'ai rien propofé de fauoir entre vous, finon 
Iefus Chrift,&icelui crucifié. 

3 Et * moi-mefme ai efté entre vous a en foibleffe, en 
crainte, & en grand tremblement. 

Et ma parole & ma prédication n'a point esJé en pa- 
roles attrayantes de fapience humaine . mais b en eui- 
dence d'Efprit & de puilTance: 
f Afin que voitre foy ne Toit point en fapiéce d'hom- 
mes,mais en puiffance de Dieu. 

6 Or nous propofons fapience c entre les parfaits, 
voire vne fapience, non point de ce monde, ne des 
princes de ce fîecle qui s'en vont à néant. 

7 Mais nous propofons " la fapience de Dieu , quiefi 
en myftere , c'eft à dire cachée: que Dieu auoit ia deuât 
tous les fiecles déterminée à noltre gloire. 

8 Laquelle nul des d princes de ce fîecle n'a cognuet 
car s'ils l'euffent cognue, iamais ils n'euffent crucifié 
c le Seigneur de gloire. 

9 Mais ainfi qu'il eft efcrit,* Ce font les chofes qu'oeil 
n'a point veues , ni oreille ouïes, & qui ne font point 
montées en cœur d'homme, que Dieu a préparées à 
ceux qui l'aiment. 

io Mais Dieu les nous a reuelees* par fon Efprit.Cajr 
l'Efprit fonde toutes chofes, voire mefme les chofes 
profondes de Dieu. 
1 1 Car " qui eft-ce des homes qui fâche les chofes de 

homme,fïno l'efprit de l'homme qui eft en lui? Pareil- 
lement aufsi nul n'a cognu les chofes de Dieu , finon 
l'Efprit de Dieu. 

n Orauons-nousreceunon pointl'efprit de ce mo- 
de , mais l'Efprit qui eft de Dieu : afin que nous co- 
gnoifsions les chofes qui nous ont efté données de 
Dieu. 

13 Lefquelles aufsi nous * propofons , non point en 
paroles qu'enfeigne la fapience humaine, mais qu'en- 
feignele SainclEfprjt, approprians les chofes fpiri- 
tuelles à ceux qui font fpirituels. 

14 Or l'homme f animal ne comprend point les cho- 

f c. n'ayant autre fentiment ne vie que celle de rame» 



« afla.eftant 
comme ef- 
loignc de 
toute con- f4 
fiance hu- 
maine. 
b c. en l'eflH 
cace fpiri 
tnelle que le 
Seigneur a 
dcmonftrce 
en ma predi 
cation, 
c afia. entre 
ceux que le 
Seigneur en 
rend eapa 
bles,leur fai- 
sant la grâce 
«Tertre efloi- 
gnés de la 
prefomption 
de leur pro- 
pre fens. 

ay. 

* gfa-ôq. 4. 
i c. de ceux 
qui tienent 
les premiers 
rangs entre 
hommes, par 
la réputation 
de leur grâd 
féns , ou à 
eaufe de leur 
dignité. 
%\.Ieham. 

*7« 

n IVe». 27. 
19. 

* Sus 1.1 j. 
l.pier, 1.16. 

e afla. noftre 
Seigneur Ie- 
fus Chrifr, 
vrai Dieu e- 
ternel auec 
le Père , le- 
quel ils n'ont 
nullement 

recognu en fon aneantiflemenr 
telle que nousJa recelions par noftre nailiance. 



AVX COR I NT H IE N S. 



W 



les qui iont de Tfctpntde Dieu: car elles lui font folie 
& ne les peut entendre, d'autant qu'elles te difcernent 
spirituellement. 

15 Mais le fpiritueldifcerne toutes chofes 3 &: lui n'efl: 
a iugédeperfonne. 

16 Car* quia cognu b l'intention du Seigneur,qui le 
puifTe instruire ? mais nous tenons 
Chiiit 

C H A P. III.. 






l'intention de /*/>•?• 13- 

* c. ne peut 

eftredi r cerné 

par le fen fuel» 

rw ains a ccfl a- 

ReprebenJJon des Çonntnm de ce qu'ils font charnels >& ado 
nés à partialités-: 5 c> comme les minières ne Iont autre 
chofeqiK fruit eurs & in f rumens de Dieu pour nousad- 
tninifirerieja/ut, 11 Déclaration du vrai &vniquefo- 
dement de l'Eglife ,18 &dela vanité de lafagcfje de ce 
Monde 

M Ai s de moi,freres,ie n'aipeu parler à vous co- 
rne à fpirituels,mais d comme à charnels^c'eit 
à dire , comme enrans en Chrifr. 
1 le 'vous ai donédulai&àboire, Stnevous ai point 
donné de la viande 3 car vous ne lepouuiez encore por- 
fty,mefme maintenant ne le pouuez-vous encore; 
pource que vous elles encore charnels. 

3 Car comme ainfi (bit qu'il y ait entre vous enuie,& 
Contentions, & partialités, n'eites-vous pas charnels, 
& ne cheminez-vous pas à la façon des hommes? 

4 Car quand l'vn dit, De moitié fuis de Paul:&l'au 
tre , De moi, ie luis d'Apollos , n'eites-vous pas char- 
nels? 

î Quieft donc t > atîl?& qui eftApûllbs, fînonmini 
.Ires par lefquels y us auez creu, voire comme le Sei- 
gneur a donner chacun? 

6 l'ai planté , Apollos a arroufe: mais f Dieu a donné 
Fàccroiflernênt. 

7 Parquo ; , ni celui qui plante n'eft rien , ni celui qui 
arroufe: mais Dieu qui donne PaccroifTement. 

8 Or tant celui qui phnte que celui qui arroufe s font 
vne meime choie * mais vn chacun receurafon pro- 
pre falaire félon fon labeur. 

Dieu oui a fait croiUre: & ainfiau ver. 7. g 
queat a vae mefme eeuure. 



uantage fur 
lui , quoi que 
le lenfucl, 
mefpri ! 'cle 
fpirituel , & 
prononce re- 
met aircmenc 
de ce qu il ne 
comprend 
nullement. 
b ou, lapen- 
fec. 

c afT. félon la 
mefure que 
le Seigneur 
nous en a de- 
partie: & non 
pas abfolu- 
mët,quenou* 
ne profitions 
toujours de 
foy enfoy: 
fous j$.y 

•$Ui 1.1*. 

d c. il m'a fa» 
luvousfup- 
poircr en ne 
vous en fei- 
gnant que fê- 
on voftre 
foiblcffc: fus 
2.13. 

ie vous 
ai propofe la 
doctrine le 
plus Ample- 
ment que il 
s eftpc 11 faire 
félon v offre 
portée. 

g*/. 6.5; 

f ou , c'eft 
ne font non plus l'vn que l'autre , ains va* 



\16 



■ T- F.P T *Ttt P ' S. 1> A Vf 



« Gr.coope- 



p Car nous fommes a ouuriers auec Dieu: vous 



«teurs àe ^es lelabourage de Dieu, l'édifice de Dieu. 
i)ieu: aff.cn- io l'ai pofé la grâce de Dieu qui m'a efré donnée , le 
nous mSln fondement, comme vn architecte bien expert : & *> yn 
ceaure fous autre édifie deiïlis : mais qu'vn chacun regarde com 
ment il édifie deflus. 



lui. 

b afTu. entant 

nue les Apo- h Carnul c ne peut pofer autre fondement que celui 

ûxcs éftôyé*t ----' -/î--/-' i i -/iT.r_./>i -/i 

fondateurs ïa Que fi quelcun d édifie fur ce fondement, e or, ar 
<ics EgHfes, gent.pierresprecieufes: f bois,foin, chaume: 

xemettans la ° T ; r ,, , r .a n 

conwwmo *3 L œuure d vn chacun fera maniteitee: car s le lour 
&«wncemér la déclarera, d'autant qu'elle fera manifeiteeparfeu; 
fplriwei 'aux & h le feu efprouuera quelle feral'peuure d'vn cha- 

paftcursordi- CUn. 

TâîS'entant H $'* I'œuure de quelcun qui aura édifié deffus , • dé- 
çue Dieu l'a meure,il en receu.ra falaire. 
foMUifrE- [ 5 $i I'œuure' de quelcun k brufle , il en fera perte 
glifc quii ne mais il fera fauué quant à lui, toutesfois ainfî comme 
P eutel t reo -parfeu. 

lie par la ma- r > T r . * 

îicemcfme *6 Ne fauez-vous pas * que vous elles le temple de 
des hommes, rjj eUj &que l'Efprit de Dieu habite en vous? 
JcTtll I7 Si 9 u ^ cun déitruit le temple de Dieu ', Dieu le de- 
rffoiÈeàen- fouira: carie temple de Dieu eitfaindl:, lequel vous 

feignant, foit efteS 

* a aS?cîfofes l8 Que nul ne s^abufe foi-mefme : fi quelcun entre 

correfpon- V ous cuide eftre fage en ce monde , l qu'il foit rendu 

££*£ folafinqu'ilfoitrenduiige. 

tuei. i_9 Caria fageue de ce monde elr folie deuant Dieu: 

v job. 5.13. Sautant qu'il elt eferit, v C'elt lui qui furprend les fa- 

/a^cho^gesenïeurrufe, 

20 Et derechef, * le Seigneur cognoiirles difeours 



nullement 

S$£$ d « fages, qu'ils font vam^ 

mentfpiri- 21 Parquoi que nul ne fe glonhe es homes:car m tou- 
tes chofes font, à vous: 



tueî. 



g c. le temps 
auquel ilpîai- z: 



Soit PauI,foit Apollos/oit Cephas,foit le monde, 
ra a Dieu fo^ j a mort ç Q - lt i es c h f es prefentes i ou les chofes à 

d examiner ■ • J 1 J . 

feftat du miniftere en fbn Eglife. h. afla. le feu de la vertu & efficace du S. Efprit , la- 
quelle fe manifeftera en l'Euaàgilc , & qùadjfc quand le feu des perfecutions.par lequel fe- 
ront examinées les confeiences des fidèles, i c. fe .tr'ouuc cone!pondaute aufondement» 
lors qu'elle fera examinée, k c. efteonfumee & r eduite à néant, aflà. comme n'-eftant cor- 
refpondante au fondement. ^ c. qu'il fe defpouille de toute preibmption de ibi-mefme. 
?» c. tout fe doit rapporter à voftre aiùncement s & non à vous rqndie comme fuiets à Tap- 
getit dçs hoaiuiej. 

i r , sœnir. 



AVX CORIN T HIE N S. 



417 



venir, toutes chofes font à vous , & vous :vChrift, & 

ChrifUDieu. 

Chap. iiii. 

Rcprcbenfîon de ? orgueil des Corinthiens: 9 auec vne decla 
ration des marques de la loyauté de l'Apoftre t nfin miv.if.e- 
re, 14 & de [on affection entiers PEglife de Çorinibe 

1 /^\ Ve chacun nous tiene comme pour minières 
V^de Chrilt 3 & difpenfateurs des fecrets de 

Dieu. 

z Mais au relie, ileft requis entre les difpenfateurs 

que chacun foie trouué fidèle, 

3 Quant à moi , il me chaut bien peu d'eftre iugé de 
vous , ou de iugement d'homme : melmcs aufsi a ie ne 
me iuge point moi-mefme. 

4 Car ie ne me fen b en rien couîpable:mais pour cela 
ne fuis-ie pas iulHfié : ains celui qui c me iuge , c'eil k 
Seigneur. 

5 Parquoi * ne iugez d de rien deuant le temps iufqu'à 
ce que le Seigneur viene, lequel aufsi mettra en lu 
miere les chofes cachées des ténèbres , & manii'eftera 
les confeils des cœurs : & alors à vn chacun fera ren- 
due/* louange de Dieu. 

6 Ôr mes frères, Pai tourné e ces propos par vne façô 
de parler, fur moi & fur Apollos, à caufe de vous: afin 
que vos appreniez en nous , que perfonne ne prefume 
'outre ce qui efteferit : à ce que Pvn pour l'autre ne 
s'enfle contre autrui. 

7 Car qui ef t- ce qui met différence entre toi & vn au 
tre? * & qu'eit-ce que tu as,quetu ne Payes receu? & fi 
tu Pas receu , pourquoi t'en glorifies-tu comme fi tu 
ne Pauois point receu? 

8 f Vous elles défia faoulés, vous elles défia enrichis, 
vous elles faits rois fans nous : & à la miene volonté 
que vous regnifsiez, afin que nous aufsi regnifsions 
auec vous: 

9 Car ie penfe que Dieu nous a mis en monitre , votre 
nous, qui lommes les derniers Apofîres , comme gens 
condamnés à mort , veu que nous fommes rendus le 
fpe&acle du monde, & des Anges,& des hommes 

10 Nous fommes fols pour l'amour de Chrilt , mais 
vous eftes fages en Chrilt: nous fommes debiles,& vous 
Dd 



« afla. pour 
dire que ie 
me tiene à 
ma propre 
cognoifian- 
ce. 

h afla. en l'e- 
xercice de 
mon miniite- 
rc quant à 
laft'eiftion, 
c afl. pour 
prononct* 
demoy ce 
qui en cft. 
*Matt. 7.1. 
rotn» 2.1. 
d alfa, pour 
en detei mi- 
ner abfclu- 
ment, là oïl 
\011s n'auex 
point de fon- 
dement ex- 
près. 

t ou j outre 
la reiglepre- 
fcrite:& lèm- 
ble que ce 
foit vne ma- 
nière de par- 
ler prinfc de 
la façon des 
peintres , ou 
des luitteurs, 
qui or>t com- 
me leurs li- 
mites prefix. 
'•" Pro«. 3.7. 

f c'eft vne 
faincte repro- 
che pour fai- 
re fentir leur 
tant plus 
grand défaut, 
en ce qu'il y a 
tant à dire en- 
tre la condi- 
tion de 1A. 
poftre&la 
ltur,& qu'ils 
ne runteom- 
pre que deU 
leur cepen- 
dant. 



34. ubef.2. 
$.z.thefa.$. 
v Aidr. 5. 44. 
lue 6. 28.^ 
23. 34.^.7 

« ou,rendos 



418 



I. Epïstre S. PAU 



fbrts'vous eftes honorables,, & nous fans honneur. 

1 1 Iufqu'à celle heure nous fouffrons & faim, & foif, 
& fommes nuds, & fommes buffetés,& fommes vaga- 
bonds. 

12 * Et traûaillons œuurans de nos propres mains: 
•' on dit mal de nous , & nous beniffons:nous fommes 
perfecutés,& nous l'endurons: 

13 Nous fommes blalmés,& nous a prions: no